Archive | Théâtre RSS feed for this section

On voudrait revivre …

16 Jan
Préambule : Gérard Manset s’est appliqué à réaliser des albums « intimes » c’est à dire en écouter plutôt en solo et avec un casque pour être en totale harmonie avec son univers poético musical. Une quête permanente de la perfection qui ne tolère aucun des aléas du direct. D’où son choix de ne pas paraître en scène.

 

Photos ©NGabriel2019 Théâtre de l’Opprimé

Entrez dans le rêve et le studio de Gérard Manset, avec Léop’ et Max.. c’est un voyage musical intime, une réussite exceptionnelle sur le fond et la forme avec deux partenaires alliant la grâce et le talent, l’humour et la sensibilité, la fantaisie poétique et le regard affûté sur la vie et le monde .

On voudrait revivre nous ouvre d’emblée la porte de cette visite au cœur de la création musicale selon Manset. Maxime Kerzanet comédien musicien a conçu ce spectacle avec  Léopoldine Hummel, ils sont en scène en totale complicité amoureuse avec les chansons qui font une fresque entre ombre et lumière, comme un long plan séquence sans interruption d’applaudissements qui casseraient le charme. Ce charme inouï, il scintille dans toutes les plages de cette radioscopie musicale, vocalement les deux partenaires sont parfaits, irrésistibles, on y entend aussi bien des chants d’oiseaux que des interventions diverses de biquettes, de chiens et chats ou de créatures fantasmagoriques (Léopoldine dans tous ses états…) dans une sorte de rhapsodie Manset qui séduit aussi bien les anciens qui ont connu le siècle  des  années 68 que leurs enfants qui découvrent la richesse et la diversité de l’oeuvre.

C’est un spectacle qui se nourrit du meilleur du théâtre avec ces deux comédiens talentueux, et du meilleur de la chanson. Ceux qui ont suivi l’actu dans ce domaine, ont pu le vérifier entre autres avec le Prix Moustaki et le Prix Saravah qui ont salué le talent de Léopoldine et ses musiciens ces 3 dernières années. Et comme au théâtre, ils ne sont pas tout-à-fait seuls dans l’élaboration, donc voici l’équipe qui a réalisé « On voudrait revivre »

Compagnie Claire Sergent
A partir des chansons de Gérard Manset
Mise en scène : Chloé Brugnon

Avec : Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet

Création lumière : Hugo Dragone
Création son : Mathieu Diemert
Costumes et accessoires : Jennifer Minard

 

Il y a encore 4 soirs le 16 (presque plein) et le 18 le 19 et le 20 ..

Au théâtre de l’Opprimé, clic sur le tableau  pour infos –>

 

Pourquoi ce tableau? vous le saurez si vous ne ratez pas les 3 premières minutes..

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Publicités

KANATA-Episode I La Controverse mis en scène par Robert Lepage

14 Jan

    avec la troupe d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil

Robert Lepage dérange dans ce monde du spectacle vivant où tout le monde se connaît et qui peut anéantir une représentation en un clin d’oeil. C’est ce qui est arrivé en juin 2018 alors que Lepage allait monter sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal en compagnie de sa troupe « Ex Machina » pour donné « Slav » (esclave), une création autour de chants afro-américains.

Une vive polémique jeta sa création en pâture aux médias et aux anti-racistes dénonçant un manque de mixité ethnique et une appropriation culturelle. « Ex Machina » contre-attaque en expliquant qu’« il faut que les gens aient le droit d’utiliser les histoires des autres pour parler des leurs ». Rebelotte en juillet, les répétitions de son dernier spectacle : « Kanata », co-écrit avec Ariane Mnouchkine, sont annulées sous la pression de minorités autochtones.

Les deux artistes tiennent bon et modifient le titre du spectacle : Kanata, Episode 1 La Controverse qui sera donné en France dans le cadre du festival d’Automne à Paris.

Un théâtre au carrefour des civilisations

 

Ce qui unit Mnouchkine à Lepage est leur goût pour le théâtre international et plus particulièrement celui d’Orient. Mnouchkine, lors de ses nombreux voyages en Inde, découvre la technique du Theru koothu du théâtre tamoul, genre théâtral de basse caste indienne qui emprunte ses origines aux grands mythes hindouistes. Mais aussi, le théâtre japonais que l’on retrouve dans Kanata  : le mouvement des corps, les costumes traditionnels et les codes de jeux sont empruntés au théâtre Nô, un drame lyrique. Toutes ces influences donnent de la matière à ces deux artistes qui questionnent, à travers leurs spectacles hétéroclites, notre rapport à l’autre dans l’histoire des civilisations. Le spectacle est le résultat d’un apport de diverses cultures qui, dès la mondialisation, ont commencé à s’affronter. Nous ressentons une certaine colère dans cette mise en scène réaliste : la recherche du profit économique aux dépens de civilisations implantées depuis des millénaires et la déforestation en Amazonie. A l’heure du tout numérique et de l’instantané, la préservation d’habitats culturels traditionnels n’intéresse plus comparé aux grandes surfaces complices du néo-libéralisme.

          « On se fait raconter des histoires de toutes sortes de façon aujourd’hui »

Lepage va puiser d’autres manières de faire pour enrichir son théâtre. « Kanata » est une création très influencée par le cinéma. On a l’impression d’assister à une série théâtrale mêlant la vidéo et le jeu des acteurs sur scène. L’apport de l’image filmée rend le spectateur actif, concerné par ce qui se passe sur le plateau et sur l’image projetée. Lepage s’est attelé à défaire l’imaginaire collectif à propos des premiers autochtones d’Amérique du Nord. L’art rassemble mais peut aussi diviser. On passe d’un tableau figé à la mise en mouvement des corps au sein d’un décor kaléidoscopique.

Une énergie restauratrice

L’ensemble du spectacle est rythmé par les fondus enchaînés très précis du décor et des comédiens entrants et sortants. On ne s’ennuie pas un seul instant. C’est un spectacle d’une immense qualité où tous les comédiens sont amenés à jouer dans plusieurs univers : de la forêt d’Amazonie aux bureaux d’un poste de police ou aux bas-fonds d’une rue de Vancouver gangrénée par la misère.

La misère du monde, fameux ouvrage collectif dirigé par le sociologue Pierre Bourdieu, aborde cette question de souffrance des hommes au sein d’une société éclatée. L’« american dream » oui mais le revers de la carte postale est moins attrayant. Ces êtres en perte d’identité déambulent sans savoir où aller, perdus dans cette mégapole devenue malsaine. Des scènes très poétiques, comme en suspens dans le temps viennent ponctuer le spectacle et apporter des nuances très intéressantes.

 

Photos Michèle Laurent

La troupe d’Ariane Mnouchkine est très hétéroclite. Ce sont plus de vingt-deux nationalités qui travaillent ensemble à l’élaboration de spectacles. « Les cultures n’appartiennent à personne » rétorque Mnouchkine à ses détracteurs. Lepage et la patronne du Théâtre du Soleil ont montré que le théâtre était le moyen de ne pas se ressembler et de chercher à être avec l’autre par le jeu.

 

Mathias Youb

 

DES HOMMES EN DEVENIR …

26 Déc

                 

  Mis en scène par Emmanuel Meirieu au Théâtre de Châtillon


Les mots pour dire leur douleur, nous raconter leurs vies éclatées, brisées. Six hommes dont un chanteur viennent chacun exposer leur vécu sur scène derrière un micro. Faire entendre ce qu’ils ont à dire devient une nécessité, parler pour survivre ou pour enfouir davantage une plaie à vif. La douleur exprimée passe par la réminiscence de souvenirs lointains. Des hommes forts, virils, oui mais des humains avant tout. Emmanuel Meirieu s’intéresse à ce qui réside au fond des entrailles de ces hommes pour en faire jaillir toute la sensibilité. Ces paroles viscérales sont prononcées avec une nécessité impressionnante. Le talent des quatre acteurs se révèle dans leurs métamorphoses successives, incarnant différents hommes avec brio. L’acte de parole est la première phase de reconstruction de ces êtres à vif : communiquer ses émotions au public, droit dans les yeux ne peut que nous faire ressentir une certaine empathie. La sensibilité de ces hommes qui se livrent corps et âmes, souvent sans retenue, déconstruit les clichés de l’homme « fort » que nos sociétés entretiennent.

Le rendez-vous des âmes perdues

Ces fameuses réunions de « story telling », imaginées par l’écrivain américain George Dawes Green, ont attiré beaucoup de personnes dès leur création à la fin des années 1990. Partager des instants de vie qui les ont meurtris ou tout simplement marqués pour se libérer et ne pas rester seul face à leur situation. L’humain est replacé au centre. Les corps marqués et imprégnés racontent l’histoire souvent mieux que les mots. Le plateau est plongé dans un clair-obscur inquiétant avec une musique renforçant cette atmosphère déroutante aussi bien pour les personnages que pour le spectateur. La vidéo retransmise en simultané du visage des hommes avec un effet transparent permet d’être à leurs côtés, concernés par toutes leurs histoires.

Mathias Youb

Le théâtre de Chatillon, c’est là –>

Cabaret Louise ..

4 Oct

Photo Xavier Cantat

Au rendez-vous avec Louise (Michel) vous êtes embarqué dans un voyage dans le temps et une série d’aller-retours en tempo vitaminé entre les années 1970 et 2018. Raconter ce spectacle sans divulgacher (en englishe « Spoiler ») est une entreprise impossible, mais …

Mais, on peut essayer de vous allécher sur un autre registre que la ribambelle d’éloges dispensés par la presse depuis sa création.

Imaginons que vous, spectateur aventureux, êtes devant un flipper, un de ces vieux machins que les moins de 40 ans connaissent peu, ça marche comme ça : vous envoyez une boule dans le labyrinthe, elle va retomber sur des plots réagissant en donnant des points ou, comme dans le cas présent, vous envoyer dans des flashes-back de l’histoire : dzoing, et vous êtes en 1968 avec Moustaki et sa Révolution permanente, re-dzoing, rebond vers les années de la Commune de Paris en 1870-71… avec Louise Michel…  et Théophile…  La boule ricoche vers un autre plot qui …

Tiens, c’est bizarre, on entend un discours d’Adolphe Thiers et le plot suivant ressort le même discours d’un président de 2018… Vous avez dit bizarre ? Comme c’est étrange… Quoi que … Avec ces ricochets dans le temps et l’histoire, on croise entre autres Rimbaud, Hugo et Jules Ferry, qui ne sort pas indemne de l’aventure…

Le croirez-vous ? Johnny himself est présent dans le panorama.

Panorama à la gloire de cette femme exceptionnelle, Louise Michel. Et même si on connait ses évangiles révolutionnaires par cœur, quelques images d’Epinal de notre histoire de France se font reloooker le profil.

Dans ces virevoltes, les deux comédiens polymorphes funambulisent entre les pages des chroniques révolutionnaires et leur vie de couple de scène, ou du quotidien de la vie d’artiste; qui est vraiment Louise, et qui est Théophile ? Où est la fiction et la réalité ? Reste la révolution… permanente.

Un spectateur enthousiaste a écrit: «  Un spectacle foutraque et foldingue, d’une intelligence et d’une efficacité redoutables. Un temps de théâtre où plaisir de réfléchir et plaisir de s’amuser font un très bon ménage. Un conseil ? Courez le mardi à 19h30 au Funambule Montmartre. »

C’est un point de vue totalement partagé,

Photo Xavier Cantat

Quelques conseils pratiques ,

  • d’abord arriver à l’heure  19h30, voici pourquoi →
  • Révisez votre bréviaire de Mai 68, vous en serez ravi, et peut-être un spectateur actif.
  • Ça se termine avant 21 H, vous avez le temps d’aller prendre un pot avec les comédiens dans un bistrot voisin ou de vous offrir un restau à une heure décente.

 

Pour les modalités pratiques, clic sur le théâtre

 

 

Et pour quelques images de plus,

PhotosNGabriel2018

Norbert Gabriel

 

Graines de Sons ….

18 Sep

L’association Graines de Sons a été créée en 1999 pour développer la pratique de l’éveil musical, du piano et du chant. Les cours réguliers de l’association se sont étoffés progressivement et l’association accueille actuellement un nombre plus important d’adhérents. En 2006 l’association met l’accent sur les liens entre le corps et la voix, le corps et les pratiques artistiques. Elle propose alors des ateliers d’eutonie et commence à explorer une pédagogie où la pratique corporelle est très présente. En 2010 l’association a pu poser ses bagages dans une nouvelle salle aménagée pour ses activités au 28 rue Eugène Sue à Paris dans le 18e arrondissement. L’association propose et développe depuis des cours réguliers ainsi que de nombreux stages autour de la voix, stages de chant, journées de danse et chant, stages sur l’anatomie de la voix, stages sur le thème du conte musical et de la voix.

En avril 2015, l’Association est déclarée Organisme de Formation Professionnelle par la Préfecture de la Région Ile de France.
Graines de Sons propose dorénavant des formations professionnelles dans le domaine du Conte musical, de l’Eveil musical, de l’Anatomie vocale et de la formation vocale ainsi qu’une formation professionnelle « Acquérir des outils pour la création d’un spectacle vivant : Voix, présence scénique, univers sonore»  ouverte aux personnes qui souhaitent être accompagnées dans leur processus de création de spectacle vivant. Cette formation est conventionnée par l’AFDAS.   
Les formateurs sont tous des professionnels de grande expérience, travaillant dans des domaines divers (chant, musique, danse, théâtre) avec des parcours artistiques et pédagogiques reconnus. Graines de Sons est désormais référencé dans le DATADOCK, la base de données des organismes de formations de qualité répondant aux exigences dictées par la loi. 
Cette année,  en dehors des stages ponctuels, l’association propose des cours de chant, de piano,  de guitare, d’éveil musical et corporel,   de batterie,des ateliers d’eutonie, de feldenkreis,  et des spectacles.

Lieu des cours : 28 rue Eugène Sue 75018 Paris
06 19 30 88 76 contact@grainesdesons.fr

Site  clic ici  —->

 

 

 

Tendresse à quai, embarquement immédiat…

30 Août

Lecteur pressé, voici le pitch pour vous mettre en appétence et vous inciter à courir toutes affaires cessantes au Studio Hébertot,

Sur un quai de gare un monsieur âgé et portant beau s’intéresse à une jeune femme silencieuse qui va peut-être prendre le même train que lui. Le monsieur est peut-être le personnage d’un roman dont il est l’auteur, la jeune femme est peut-être un souvenir phantasmé, peut-être, peut-être pas.

Voilà. Je conçois que, vu comme ça, vous puissiez être dubitatif, voire carrément sceptique. Mais… mais si vous ajoutez au détail, comme on dit au Québec, le talent d’écriture du formidable Henri Courseaux, sa présence scénique exubérante, tonitruante, émouvante, une sorte de mix entre Sganarelle, Cyrano, Alceste, et Figaro, l’affaire prend une tout autre dimension. C’est un duo à plusieurs personnages : qui est vraiment Colette Clairon? Madeleine Godot ? Solange Brémont ?

Quand un personnage frappe à ma porte, il se passe en moi quelque chose d’indéfinissable… comme si je me remettais à exister. (Léon Brémont)

Qui est vraiment Léon Brémont (1942-2018) ? Une sorte d’Alceste gentiment narquois quand il brocarde de quelques chatouilles acidulées les bonnes gazettes de la culture ? Non, pas de nom, je ne dirais rien… Et Marie Frémont ? Dans l’entrelacs des personnages elle virevolte dans le kaléidoscope des sentiments mis en perspective par le subtil observateur des choses de la vie qu’est Courseaux-Brémont . Avec un regard affûté sur ce monde contemporain parfois réduit à l’oeil baissé sur l’écran d’un smartphone … Et le rêve, dans tout ça ? La vie la vraie vie ?? Et la tendresse ? La poésie et la littérature… Est-ce indiscret de vous dire qu’on y voit Mallarmé en filigrane (qui n’a pas commenté, mais qui doit quand même se poser des questions sur cet énergumène qui pourfend l’adjectif d’une plume acérée comme un fleuret…) D’ailleurs sur ce plan, l’ai-je bien compris ce réquisitoire?
L’adjectif c’est la mal bouffe de la littérature. * N’en ai-je point usé et abusé dans l’éloge enthousiaste ?? Peut-être, quoi qu’il en soit ce n’est pas du brouet insipide mais des crèmes qui sont servies,  dirait Roxane en sortant de la soirée. Des crèmes savoureuses, épicées, longues en bouche, succulentes, quoi que dise Brémont sur l’adjectif. Brémont ou … Vous le saurez au théâtre Hébertot. Quand une histoire commence – virgule – c’est après cette virgule que tout peut arriver. Et ça arrive.

La mise en scène est de Stéphane Cottin. Les costumes de … voyez l’affiche…

La salle était comble et comblée, et avec cette rentrée théâtrale, on se sent un peu plus vivant pour l’année à venir, malgré tout.

Pour les infos dates réservations , clic sur le rideau —->

 

NB 1 Sganarelle est un nom récurrent dans l’œuvre de Molière, dont l’origine viendrait du verbe italien sgannare, qui signifie « dessiller » ou, pour mieux définir, « amener à voir ce qu’on ignore ou ce qu’on veut ignorer. »

NB 2 Madame de Sévigné vient d’épistoler par mail en contestant formellement la position de Léon Brémond en matière d’adjectif, mais ceci est une autre histoire.

Et pour quelques images de plus…

 

Norbert Gabriel

Femme et création…

13 Août

En préambule à une petite série annonçant un spectacle qui saluera Pauline Julien, femme de combat et de révoltes contre les petits pouvoirs de tous ordres qui oppriment les humains, ce texte de Carole Thibaut, d’une précision et d’une lucidité exemplaires…  (NGabriel)

Sceneweb

Publié dans Scèneweb

 

Les femmes se font baiser” : le texte coup de poing de Carole Thibaut au Festival d’Avignon .

Pendant tout le festival d’Avignon 2018, à midi, dans les jardins de la médiathèque Ceccano, David Bobée a donné rendez-vous aux festivaliers pour son feuilleton théâtral Mesdames, Messieurs et le reste du monde, en treize épisodes. David Bobée a proposé d’y mettre à plat les contresens, les tabous et les idées reçues sur un concept désormais utile pour repenser le droit à la non-discrimination, à la non-assignation, celui du genre. Parmi les moments forts de ce rendez-vous qui va marquer l’histoire du Festival d’Avignon, il y a ce texte de Carole Thibaut, directrice du centre dramatique national de Montluçon, le Théâtre des Îlets lu lors de la fausse cérémonie des Molières, c’était le 13 juillet. Un texte dont voici l’intégralité. 

 

Photo © Cécile Dureux

A la demande de quelques un.e.s, voici le texte que j’ai lu au jardin Ceccano le 13 juillet, à l’invitation de David Bobée pour le feuilleton « Madame, Monsieur et le reste du monde. » (…)

La  suite ici —->  Clic sur la photo.

 

 

Lire, faites lire, c’est de première nécessité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autrice, metteuse en scène, comédienne, Carole Thibaut dirige depuis janvier 2016 le théâtre des Îlets – centre dramatique national de Montluçon

Le misanthrope vs politique

26 Juil
Cette chronique de spectacle date de la création, elle remonte à la une aujourd’hui suite à une détestable affaire qui montre que le théâtre vivant n’est pas à l’abri de crétins malfaisants et méprisables, et bien sûr anonymes.  Voici ce qui s’est passé à Avignon en ce Juillet 2018.

Il est assez rare que j’exprime une colère ou un dégout mais là, je suis incapable de les retenir : l’ensemble des 200 affiches du Misanthrope posées en cet Avignon 2018 ont été sciemment découpées, arrachées. Au ciseau. Il n’en reste qu’une rue de la Carreterie. L’observation des dégâts ne laisse aucun doute quant au caractère malveillant de la chose.
Nous ne pouvons évidemment désigner personne. La malveillance et la lâcheté des auteurs sont à vomir. Je n’entrerai ni en suspicion ni en délation, cela jouerait le jeu de ces personnes.
En revanche, si vous voulez bien partager ce message, il devrait finir par les atteindre.
Qu’ils sachent que leur petite guerre ne nous a pas empêchés de vivre à nouveau un vrai succès cette année en Avignon.
Je n’éprouve à leur égard que du mépris.
Merci à tous !

Pierre Margot

 

24 Mars 2016, au Vingtième Théâtre.    D’abord présentation de la troupe,

Nastassja Girard, Emmanuel Lemire, Julie Cavanna, Pierre Margot, Benoit Du Pac, Denis Laustriat, Edgar Givry, Annick Roux.

Le misanthrope salut final AAAA 24-03-2016 23-18-58 2641x1318

Et un grand salut à Claire Guyot artiste polytalentueuse, qui a mené ce projet à bonne fin, conçu et mis en scène. Bravo.

En quelques mots c’est une version totalement bluffante de ce classique de Molière. Qui a été revisité régulièrement depuis 1666, théâtre, cinéma, télévision… Les spécialistes ont de quoi expertiser à l’infini. Mais cette version a la qualité rare de faire entrer un public de 2016 de plein pied dans le propos de Molière, en lui donnant à voir des personnages d’aujourd’hui. Que ce public connaisse ou pas ou peu Molière n’a pas d’importance . Pour ceux qui ont en filigrane le Molière des classiques Larousse, Le misanthrope Duo canapé AAAA 24-03-2016 22-48-39 2536x2412les vers et les costumes du 17 ème siècle, ça remet bien les situations en place dans le contemporain. Au 17 ème siècle, Alceste et Célimène parlent d’amour en alexandrins, dans un décor qui n’est pas l’ordinaire de nos appartements, ce qui peut suggérer une certaine distance, alors que vu comme ça dans ce canapé, les mêmes alexandrins sonnent beaucoup plus concrets.

C’est ici et maintenant que les fulminations de cet Indigné majuscule qu’est Alceste prennent toute leur dimension … Au bout de quelques minutes, on a oublié complètement la forme alexandrine du texte pour entrer dans le sens et son actualité. C’est confondant de réalisme. Grâce à tous les comédiens qui donnent à leurs personnages le ton juste en parfaite adéquation avec notre temps. En un sens, c’est désespérant de constater que les mêmes archétypes humains se sont reproduits quasi à l’identique depuis Louis XIV. Et que cet atrabilaire d’Alceste a toutes les raisons d’être misanthrope pratiquant. C’est le frangin de Cyrano, Alceste, il ne transige pas avec les principes, et il y a un écho de monsieur de Bergerac,

Je voudrois, m’en coûtât-il grand’chose

Pour la beauté du fait avoir perdu ma cause.

Et il a le malheur de tomber amoureux de la jolie et coquette Célimène, mais bon, je ne vais pas vous raconter l’histoire, ses émois amoureux, ses virevoltes, ses contre-temps … On voit dans Philinte, Arsinoé, les marquis, Oronte, Eliante, tout le folklore politique qui fait le bonheur de nos gazettes et des réseaux sociaux, autant dans les colonnes du Monde que  les pages de VoiciGala. On voit les conseillers-communicants de l’ombre, les virtuoses de la langue de bois, les habitués des compromissions et les courtisaneries qui font la trame de la vie politique.

Ce que je pourrais dire en conclusion, c’est que cette version est impeccable pour tous publics, c’est un théâtre populaire dans toute la noblesse du terme, qui rejoint les Vilar ou Jean Dasté dans son choix de mettre la vie en scène, dans le réel, sans ésotérisme abstrait, Claire Guyot et sa troupe exaltent les sentiments mélangés, la sensualité des amours turbulents, les travers et les affaires diverses de personnages parfois détestables pour qui on ne peut s’empêcher d’avoir un peu de tendresse.. Humains malgré tout.

 Jusqu’au 8 mai, c’est du jeudi au dimanche, renseignements et horaires ici.         Cliquez sur l’affiche. =====>affiche Mis

Au Vingtième Théâtre, à Ménilmontant.

Et pour avoir un aperçu de ce qui se passe sur scène, quelques photos de la représentation du 24 Mars, ce qui devrait vous donner envie de réserver sans délai.

Le misanthrope montage 2 AA 25-03-2016 18-03-59 5120x4096.jpg

 

Norbert Gabriel

Croustilleux La Fontaine….

16 Juin

Entre le portrait de la rapiate fourmi et celui du corbeau qui se prenait pour Pavarotti, notre bon fabuliste a trempé sa plume dans des encres colorées et épicées pour mettre en scène des saynettes qui préfigurent le loup obsédé sexuel de Tex Avery lâché dans un couvent de Betty Boop en cornette.

Ces pages plus ou moins classées X sont mises en spectacle et interprétées par Jean-François Novelli dans une mise en scène de mademoiselle Noureddine, plus connue sous le nom de Juliette.

La langue de La Fontaine dans ces contes pas trop moraux s’amuse beaucoup en disant sans dire mais tout le monde comprend bien de quoi il est question, en bref et en cru, on baise à cornettes rabattues, les prêtres et abbés tombent la soutane comme un Rocco Siffredi dans ses meilleurs jours..

Mais c’est en termes élégants que ces choses là sont dites.

Le pianiste orne les circonvolutions langagières de notes jazzy ou citations musicales subtiles, l’ensemble sonne moderne d’autant que Jean-François Novelli persille les phrases de La Fontaine de références actuelles, il reste néanmoins que les cul-bénits et punaises de sacristie risquent de faire la grimace en découvrant les fantaisies du clergé et des nonnes dans certaines circonstances, n’en disons pas plus … Des oreilles chastes et innocentes pourraient nous entendre.

Contes grivois, érotiques et donc interdits cela va de soi l’imprimatur fut mesuré mais les livres édités…

Et on pourra y vérifier qu’en cherchant son veau , on a des surprises,

Laissons donc la parole à Jean-François  Novelli pour bien comprendre comment donner de l’esprit aux filles qui en seraient mal pourvues.. Chose impensable de nos jours…  Pour entendre clic sur la page ci dessus.

La suite tous les mercredis et jeudis aux Déchargeurs, clic sur le rideau et marchez gaillardement vers la bonne parole de Jean de La Fontaine.  Tirez  le rideau et il s’ouvrira   –>

 

 

 

Et pour quelques photos de plus ..

Photos NGabriel2018

 

 

Norbert Gabriel

KING KONG THEORIE, théâtre de choc…

26 Mai

Photo DR

Il est rarissime, voire exceptionnel qu’un spectacle pas encore vu soit présenté dans ce blog mais parfois, l’actualité nécessite un relais utile…  Relatif à des faits bien partagés dans le monde entier, les lignes qui suivent vous éclaireront sur l’affaire.

Plaire aux hommes est un art compliqué, qui demande qu’on gomme tout ce qui relève de la puissance. Pendant ce temps, les hommes, en tout cas ceux de mon âge et plus, n’ont pas de corps. Pas d’âge, pas de corpulence. N’importe quel connard rougi à l’alcool, chauve à gros bide et look pourri, pourra se permettre des réflexions sur le physique des filles, des réflexions désagréables s’il ne les trouve pas assez pimpantes, ou des remarques dégueulasses s’il est mécontent de ne pas pouvoir les sauter. Ce sont les avantages de son sexe. La chaudasserie la plus pathétique, les hommes veulent nous la refiler comme sympathique et pulsionnelle. Mais c’est rare d’être Bukowski, la plupart du temps, c’est juste des tocards lambda. Comme si moi, parce que j’ai un vagin, je me croyais bonne comme Greta Garbo. Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter.

– KING KONG THEORIE : Un des textes les plus féministes arrive sur scène à l’Atelier le 25 mai. Des mots qui cognent, une mise en scène musclée de Vanessa Larré avec le trio de choc Anne AZOULAY, Valérie de DIETRICH et Marie DENARNAUD.

 

Et ça se passe ici:  clic sur le rideau rouge –>

 

 

 

 

Norbert Gabriel

%d blogueurs aiment cette page :