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Croustilleux La Fontaine….

16 Juin

Entre le portrait de la rapiate fourmi et celui du corbeau qui se prenait pour Pavarotti, notre bon fabuliste a trempé sa plume dans des encres colorées et épicées pour mettre en scène des saynettes qui préfigurent le loup obsédé sexuel de Tex Avery lâché dans un couvent de Betty Boop en cornette.

Ces pages plus ou moins classées X sont mises en spectacle et interprétées par Jean-François Novelli dans une mise en scène de mademoiselle Noureddine, plus connue sous le nom de Juliette.

La langue de La Fontaine dans ces contes pas trop moraux s’amuse beaucoup en disant sans dire mais tout le monde comprend bien de quoi il est question, en bref et en cru, on baise à cornettes rabattues, les prêtres et abbés tombent la soutane comme un Rocco Siffredi dans ses meilleurs jours..

Mais c’est en termes élégants que ces choses là sont dites.

Le pianiste orne les circonvolutions langagières de notes jazzy ou citations musicales subtiles, l’ensemble sonne moderne d’autant que Jean-François Novelli persille les phrases de La Fontaine de références actuelles, il reste néanmoins que les cul-bénits et punaises de sacristie risquent de faire la grimace en découvrant les fantaisies du clergé et des nonnes dans certaines circonstances, n’en disons pas plus … Des oreilles chastes et innocentes pourraient nous entendre.

Contes grivois, érotiques et donc interdits cela va de soi l’imprimatur fut mesuré mais les livres édités…

Et on pourra y vérifier qu’en cherchant son veau , on a des surprises,

Laissons donc la parole à Jean-François  Novelli pour bien comprendre comment donner de l’esprit aux filles qui en seraient mal pourvues.. Chose impensable de nos jours…  Pour entendre clic sur la page ci dessus.

La suite tous les mercredis et jeudis aux Déchargeurs, clic sur le rideau et marchez gaillardement vers la bonne parole de Jean de La Fontaine.  Tirez  le rideau et il s’ouvrira   –>

 

 

 

Et pour quelques photos de plus ..

Photos NGabriel2018

 

 

Norbert Gabriel

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KING KONG THEORIE, théâtre de choc…

26 Mai

Photo DR

Il est rarissime, voire exceptionnel qu’un spectacle pas encore vu soit présenté dans ce blog mais parfois, l’actualité nécessite un relais utile…  Relatif à des faits bien partagés dans le monde entier, les lignes qui suivent vous éclaireront sur l’affaire.

Plaire aux hommes est un art compliqué, qui demande qu’on gomme tout ce qui relève de la puissance. Pendant ce temps, les hommes, en tout cas ceux de mon âge et plus, n’ont pas de corps. Pas d’âge, pas de corpulence. N’importe quel connard rougi à l’alcool, chauve à gros bide et look pourri, pourra se permettre des réflexions sur le physique des filles, des réflexions désagréables s’il ne les trouve pas assez pimpantes, ou des remarques dégueulasses s’il est mécontent de ne pas pouvoir les sauter. Ce sont les avantages de son sexe. La chaudasserie la plus pathétique, les hommes veulent nous la refiler comme sympathique et pulsionnelle. Mais c’est rare d’être Bukowski, la plupart du temps, c’est juste des tocards lambda. Comme si moi, parce que j’ai un vagin, je me croyais bonne comme Greta Garbo. Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter.

– KING KONG THEORIE : Un des textes les plus féministes arrive sur scène à l’Atelier le 25 mai. Des mots qui cognent, une mise en scène musclée de Vanessa Larré avec le trio de choc Anne AZOULAY, Valérie de DIETRICH et Marie DENARNAUD.

 

Et ça se passe ici:  clic sur le rideau rouge –>

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Une brise à la Comédie-Française…

20 Déc


C’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai assisté à la première mise en scène de Robert Carsen pour le théâtre. Le metteur en scène quitte momentanément l’opéra pour s’emparer de La Tempête, une des dernières comédies écrites par Shakespeare en 1610.

Par une stratégie politique, le roi de Naples Alonso s’allie avec Antonio, frère du duc de Milan pour éliminer ce dernier en l’envoyant avec sa fille Miranda sur une île perdue au beau milieu de l’océan. Le plateau de la salle Richelieu s’est alors transformé en un îlot coupé du monde aux allures de chambres d’hôpital d’un blanc immaculé. A la Comédie-Française, on s’attendait à une mise en scène classique sans artifices sonores et filmiques mais comme rien n’est immuable, le théâtre a décidé de s’attarder dans la mise en scène de pièces classiques à la façon contemporaine: «Pourquoi pas, si c’est de bonne qualité ?» me direz-vous.  

Les nombreuses interruptions du jeu des acteurs par la vidéo cassent le lien que tissent avec nous les comédiens, ce qui provoque de profonds moments de flottement. Mais d’un autre côté, la mer projetée sur la toile de fond crée un point de fuite pour notre regard, ce qui nous dépayse. De très bonnes idées sont proposées par Carsen: quand Ariel, interprété magnifiquement par Christophe Montenez, surgit au milieu du plateau par des trappes, une avalanche de déchets tombés de nulle part, le jeu poétiques des ombres qui en disent plus que les individus… Les déplacements des comédiens sont très bien orchestrés par rapport au décor: petit à petit, nous comprenons que le public est à la place de la mer quand Ariel se promène sur les sièges du premier rang, comme s’il marchait sur des galets émergés de l’eau.

Si vous vouliez voir des acteurs qui vous transcendent, passez votre chemin spectateurs! En général, quand on s’ennuie dès les premières minutes d’une pièce, c’est que cela ne s’annonce pas glorieux. En effet, la pièce a du mal à démarrer, le personnage de Prospero (Michel Vuillermoz) ne nous captive pas et sa fille Miranda (Georgia Scalliet) est à côté du jeu tout comme le fils du rois de Naples (Loïc Corbery)… Heureusement qu’il y a la mise en scène pour retenir l’attention du public, sinon la durée de la pièce aurait paru plus longue qu’elle ne l’était (2H40 avec entracte). Je ne regrette pas d’être venu, détrompez-vous, car j’ai vu jouer un très grand comédien sur scène: Hervé Pierre dans le rôle du bouffon crasseux Trinculo. Une voix rieuse et aiguë, un vrai petit comique barbouillé de saleté ressemblant au personnage de Ben Gun interprété par le magistral Charles «Chic» Sale dans L’Île au Trésor de Berry Cooper. Dès qu’il faisait son entrée sur scène, l’attention du public se remobilisait, une bouffée d’air frais dans un spectacle tombé à l’eau.

 

Mathias Youb

FESTEN de Cyril Teste à l’Odéon

17 Déc

 Cyril Teste, artiste associé pour la saison 2017-2018 à l’Odéon théâtre de L’Europe s’empare de l’adaptation théâtrale de Bo Hr. Hansen du film Festen de Thomas Vinterberg qui remporta la caméra d’or au festival de Cannes en 1998. Le metteur en scène se sert de la performance filmique pour réaliser un spectacle foisonnant alliant théâtre et cinéma.

Une grande maison de campagne au décor cossu, un anniversaire en famille et des couloirs aux secrets brûlants qui n’attendent plus qu’à nous être dévoilés. Tel est le cadre de cette pièce qui met au centre de l’action une famille et ses problèmes. Chaque famille a ses secrets qu’elle tente de garder enfouis au fond d’elle. Dans cette mise en scène, Cyril Teste endosse le rôle du scientifique, un peu à la manière d’un Gide qui veut voir du haut de ses décors comment ses personnages vont se comporter tout au long de la pièce. Le spectateur n’est pas laissé de côté non plus, il est invité à venir sur scène pour partager ce dîner qui s’annonce mouvementé.


Tout au long du spectacle, un cameraman filme ce qu’il se passe sur scène pour le retransmettre sur ce grand écran accroché au dessus du plateau. Nous avons deux lectures possibles de ce drame familial qui s’offrent à nous: d’une part, une caméra qui filme des détails que nous ne percevons pas à l’oeil nu et d’autre part un plateau de théâtre avec une vue d’ensemble. En ne nous confortant pas dans une attitude passive de simple «voyeur», car il est question d’assister aux scène de la vie familiale», Cyril Teste mobilise notre attention en affûtant nos sens. Des odeurs de plantes, une peinture mystérieuse, une musique étrange préparent le spectateur à être réceptif aux événements qui vont suivre.

Cyril Teste expérimente une nouvelle forme de théâtre qui permet de remettre en question ce qui est à voir: la caméra et le plateau nous offrent deux vérités différentes. Les rapports entre ces personnages diffèrent quand ils sortent de la chambre pour aller dans le salon retrouver les autres convives. Le spectacle place l’humain au centre  pour voir comment il se comporte quand il est dans une situation de crise, à savoir: Christian a été violé par son père quand il était petit et veut dévoiler la vérité au grand jour. En effet, la lumière de la pièce est très blanche, une lumière qui rend compte du moindre détail sur le plateau. En jouant avec ces variations, Cyril Teste crée une multitude d’oxymores qui connotent une réalité plus grave: une famille bien habillée dans un décor magnifique et propre fait opposition aux secrets que cachent cette famille, une réalité plus crue dissimulée derrière ces décors d’apparats. Un mot: ne vous fiez pas aux apparences!

Festen de Thomas Vinterberg et Mogens Rukov, adaptation théâtrale Bo Hr. Hansen
Mise en scène Cyril Teste, avec Estelle André, Vincent Berger, Hervé Blanc, Sandy Boizard ou Marion Pellissier, Sophie Cattani, Bénédicte Guilbert, Mathias Labelle, Danièle Léon, Xavier Maly, Lou Martin-Fernet, Ludovic Molière, Catherine Morlot, Anthony Paliotti, Pierre Timaitre, Gérald Weingand et la participation de Laureline Le Bris-Cep.

Mathias Youb

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Le Tartuffe de Molière mis en scène par Michel Fau au Théâtre de la Porte Saint Martin

3 Déc

 

Michel Fau s’entoure des plus grands pour nous concocter un tartuffe magnifiquement interprété: Michel Bouquet, ancien professeur au Conservatoire national supérieur de Paris et acteur de talent nous captive par sa prestance. Il interprète le rôle d’Orgon, père de Marianne, qui veut la marier à tout prix avec Tartuffe, un faux dévot qui prêche la bonne conduite religieuse en faisant tout le contraire de ce qu’il dit: manger du poulet sans impunité dans l’église, se flageller jusqu’à la chair pour témoigner de sa passion pour la religion et autres hypocrisies que Molière dénonce en 1664 quand il donne pour la première fois sa comédie au Palais Royal devant le roi.

Peindre d’après nature, telle est l’idée principale des pièces écrites par Molière avant qu’elles ne soient censurées à de nombreuses reprises par le clergé. A la suite de la première représentation du Tartuffe ou l’hypocrite, le roi, influencé par l’archevêque de Paris, interdit de jouer la pièce en public et un curé exige le bûcher. Mais Molière ne se laisse pas faire et trouve le moyen de jouer sa pièce en la modifiant pour que la cabale ne la censure pas à nouveau: c’est en 1669, quand l’influence religieuse connaît une période d’instabilité, que Molière donne son Tartuffe au Palais-Royal et remporte un très vif succès !

 

Nous reconnaissons le ton grivois de Molière derrière ces longues tirades en alexandrins que prononce avec brio Michel Fau, déguisé en un tartuffe impie qui se joue de tout le monde et surtout de la religion. Les comédiens évoluent dans un décor baroque vertigineux représentant l’enceinte d’une chapelle ornée de dorures, de croix et autres symboles religieux. Des figures d’apôtres sur une palissade en bois s’ouvrant en deux viennent renforcer cette satire de la religion.

 

Le comique et le ridicule sont les moteurs de cette pièce car l’attitude des comédiens rend compte des caractères de l’époque: perruques ridicules, maquillages blancs et fausses courbettes, robes à dentelles et bâtons de gentilhomme. Les costumes sont signés par Christian Lacroix qui restitue toute la richesse de cette noblesse d’apparat. Tout est bien pensé et le texte est dit de façon très claire, cela change des spectacles que l’on voit en ce moment où les acteurs parlent dans leur barbe… Nous sommes captivés par le personnage de Dorine, interprété par Christine Murillo, ancienne de la Comédie Française. On est dans un spectacle de qualité, je vous le dis ! De plus, Aurélien Gabrielli qui interprète le rôle de Valère, un jeune prétendant avec une voix de crécelle, nous fait mourir de rire.

Saluons également le talent de Nicole Calfan qui interprète à merveille le rôle d’Elmire, femme prude et maligne qui saura berner Tartuffe en dernier ressort.

Quelle énergie et de talent déployés dans ce Tartuffe d’une rare qualité. Nous rendons hommage à l’immense talent d’un de nos meilleurs comédiens et acteurs français: Michel Bouquet qui commence à être très âgé et fatigué mais qui a accouché d’un Orgon parfait ! Il nous captive car avec lui, le jeu n’est jamais faux, toujours dans l’exactitude et ça se ressent!


Avec: Michel Bouquet, Michel Fau, Nicole Calfan, Juliette Carré, Christine Murillo, Justine Bachelet, Georges Bécot, Bruno Blairet, Dimitri Viau, Aurélien Gabrielli, Alexandre Ruby
Costumes Christian Lacroix. Assistant mise en scène Damien Lefèvre.
Décors Emmanuel Charles. Lumières Joël Fabing. Maquillage / coiffures Pascale Fau

Mathias Youb

Pour les infos, dates horaires, clic sur l’affiche–>

BELLA FIGURA de Yasmina Reza au Théâtre du Rond Point

26 Nov

Photos DR.

Autour de moi, on ne parle que d’elle: «Tu as aimé sa pièce ?» C’est la grande mode du Reza today!

Grande effervescence de la part des amateurs de spectacles contemporains typiquement parigots quand Madame Reza écrit un roman ou met en scène une de ses œuvres. Cette femme très discrète ne met pas les pieds dans les médias, d’ailleurs, elle n’en a pas besoin car son talent d’écrivaine l’illumine: récompensée par le prix Renaudot pour son roman Babylone en 2016. Quand on l’écoute, il y a toujours ce petit ton dans sa voix qui nous dit: «Non mais, laissez moi tranquille avec vos questions...» Je me rends alors, curieux et avide de découvrir la patte de cette femmes de lettres mystérieuse, au théâtre du Rond Point pour assister à sa pièce: Bella Figura.

 

Cette pièce n’a pas d’histoire précise: Andréane et Boris se retrouvent en amoureux sur le parking d’un restaurant, seul hic, monsieur s’est fait conseiller le restaurant par sa femme…Tel est le point de départ de cette pièce riche sur le plan implicite, car le matériau qu’utilise Yasmina Reza se base sur les non-dits. En effet, ce qui est intéressant dans l’oeuvre de Reza c’est qu’elle peint un tableau de notre société en remettant en cause cette chirurgie du sociale que les codes nous imposent:

On attend des gens qu’ils soient disponibles, beaux, souriants, toujours optimistes…  Or ici, les émotions à priori positives des protagonistes connotent quelque chose de plus enfoui: les gens pessimistes sont plus susceptibles de faire rire que d’agacer au final. Par exemple, la vieille mère d’Eric qui se plaint tout le temps et qui radote est le personnage qui nous fait le plus rire dans la pièce.

Tous ces personnages ont un point en commun: la solitude de leur quotidien.Nous ressentons une nonchalance chez ces personnages. Reza les confronte un à un dans une sorte de huis clos, qui n’en est pas un, car les décors changent sans arrêt.Au passage, je ne comprends pas l’utilisation de cette toile de fond sur laquelle sont projetées des images d’ombres représentant la forêt, inutile ! Pour ce qui est des décors: simples, intérieur style déco de catalogue de bobo qui achètent du Monoprix gourmet, j’adore! Je pense que Reza prend un certain plaisir à se moquer de cette bourgeoisie qui se plaint de tout et de rien: tu me quittes, je te quitte, il faut aimer la vie, ne perdons pas de temps, carpe diem nous rappelle le personnage de la vieille mère un peu sénile. L’est-elle réellement? Bien sur que non, ce sont autant d’outils donnés au spectateur pour qu’il puisse s’interroger sur la vérité de ces personnages. Quant au titre, faire preuve de «bonne figure» signifie que nous jouons tous un rôle en société mais que nous devons, malgré nos émotions qui prennent le pas sur nous, nous efforcer de sourire et de rire: montrer le contraire de ce que l’on ressent. C’est- à- dire avoir la force mentale de refouler ses émotions.

Pour ce qui est des acteurs: Emmanuelle Devos est parfaite dans le rôle de la garce qui mène son copain par le bout du nez. Tout est dans la démarche, talons rouge vifs, cheveux ébouriffés, robe sobre mais au dessus des genoux. Louis-Do De Lencquesaing, copain dévoué toujours derrière elle, est très juste dans sa façon de jouer, rien qui ne sonne faux! J’aime le personnage d’Eric, jeune juriste brillant et attachant, joué par Micha Lescot qui l’interprète merveilleusement bien.

La pièce alterne entre humour et tragédie, on ne s’ennuie pas une seconde car tout est bien articulé !

Pour le Théâtre du Rond Point, c’est là, clic sur le rideau,

 
 
 
Mathias Youb

90 minutes et plus avec Pierre Arditi. En Auvergne…

31 Oct

Photo Vincent Roche

90 minutes et plus avec Pierre Arditi.

 J’ai voulu, le temps de cet entretien, vous faire partager les mots et le regard d’un homme qui a toujours été pour moi quelqu’un de précieux…

Je vais surtout me retrouver face à ce public qui a choisi de passer sa soirée à travers un nouveau concept entre conférence-entretien, entre intermèdes musicaux joués en live avec des musiciens. Une première, une interactivité public-artiste.

90 minutes avec… est né grâce à vous.

C’est ainsi que David Becker, producteur et artiste présente la soirée , j’ai pu y assister grâce à lui, et avec grand plaisir, parmi un public nombreux, intergénérationnel, qui a accueilli Pierre Arditi très chaleureusement.

Le rideau s’ouvre sur un décor salon, canapé rouge, fauteuil gris, devant des panneaux où sont exposées des photos, comme autant de repères dans l’univers de l’artiste, le tout éclairé par deux lustres, et l’orchestre jazz-rock installé sur la droite de la scène accompagne l’entrée de Pierre Arditi, tout de noir vêtu, en toute simplicité, avec Right Off ( A tribute to Jack Johnson 1971) de Miles Davis : Pierre Larrat au vibraphone, François Brunel à la guitare, Régis Pons à la trompette, Franck Pilandon au saxophone, Marc Verne à la batterie, sur des arrangements de Pierre Larrat, et avec Manon Denimal Cubero au chant.

Et ça commence mal ! Pierre s’affale sur le canapé, en face de David, en toussant, et annonce, qu’il y a des jours où l’on a envie de rien faire, et qu’il a la crève !

Photo Vincent Roche

Mais avec celui qui ne se considère pas comme une vedette, préférant se définir acteur populaire : C’est mon titre de gloire, bien vite repris par la passion de parler de son métier, 52 ans d’activés théâtrales, cinématographiques et autres, la voix revient vite.

Et c’est de sa sœur Catherine,  qu’il nous parle tout d’abord : C’est Catherine, qui à 15 ans, a commencé des études de théâtre au cours de la comédienne Tania Balachova. Moi, non, je la regardais avec envie, intimidé, en me disant, pour moi, ça ne marchera pas.

Ce qui paraissait alors le plus important pour ce jeune homme, né dans le 6ème arrondissement de Paris, d’une famille d’intellectuels assez pauvres, c’était de ne rien demander aux autres, qu’il fallait gagner sa vie, et ça ne l’a jamais quitté.

Il commence donc dans les assurances, pour gagner sa vie, en faisant remarquer qu’il y avait des gens de toutes les classes sociales dans son immeuble, qui vivaient en bonne intelligence, qu’ils avaient tous un boulot, que leurs enfants pouvaient faire des études pour un avenir meilleur, alors qu’aujourd’hui, même les ouvriers sont pauvres, et l’on voit à Paris des employés municipaux qui dorment dans leur voiture, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’avoir un logement, ça, c’est le Pierre Arditi engagé dans le social et l’humanitaire.

Bien que ne se sentant pas particulièrement destiné à ce métier, poussé par sa sœur, et par son père, il débute au théâtre du Cothurne, dirigé par Marcel Maréchal, à Lyon en 1965. Et c’est le début d’une longue et fructueuse carrière au théâtre, au cinéma, à la télévision : Mon père a fait de moi l’acteur, ma mère a fait l’homme, j’ai été bien élevé. Mon père disait :  un homme qui ne pleure pas n’est pas un homme.  se souvient il.

Anecdotes personnelles et inédites, comme l’histoire de son premier baiser amoureux, à 17 ans, mais il en a gardé une telle honte qu’il nous a fait promettre de ne pas le répéter !

PhotoDR.

Anecdotes de tournages de films, par exemple Mon oncle d’Amérique, en 1979, sous la direction d’Alain Resnais, dont il était l’acteur fétiche, il s’inquiétait des multiples grimaces qu’envoyait le cameraman à Alain Resnais, lequel répondait par des mimiques rassurantes ou agacées. (Et il raconte en reproduisant gestes et grimaces). Pris de panique, se disant je suis mauvais, ça ne va pas, il va parler à Resnais après la séquence, mais non, pas du tout lui répond celui-ci, c’est juste que le cameraman s’inquiétait du lustre placé derrière toi, et qui te fait de jolies boucles d’oreilles !

Et il nous raconte comment il a rencontré Alain Resnais, par l’intermédiaire de Lucienne, une amie, et d’une amie de Lucienne, Florence Malraux, dans un magasin de chaussures où il prenait soin de conseiller leur amie commune, Lucienne, sur le choix d’une paire de souliers. Florence Malraux, qui était l’assistante d’Alain Resnais, a adoré cette attention, et rendez-vous fut pris le lendemain pour un rôle dans Mon oncle d’Amérique. Je te prends à trois conditions, que tu lises le scénario, qu’il te plaise, et que tu te fasses couper les cheveux. Ce à quoi Pierre Arditi, fou de joie, répondit : Je suis prêt à me mettre la boule à zéro pour tourner avec vous !

Il nous parle aussi de ses rôles dans les nombreux téléfilms et séries, comme Le comte de Monte-Cristo, ou Le sang de la vigne, cette dernière série a parfait ma culture oenologique.

Mais c’est le théâtre que Pierre Arditi aime avant tout : Le théâtre raconte une histoire au public, et le public joue avec nous, le théâtre est une réunion, alors que le cinéma est une séparation, plans, coupes, le chef d’orchestre étant le metteur en scène, la camera aime ou pas, et il n’y a pas de retour. Le théâtre, moins technique, a une qualité sentimentale, c’est merveilleux.

Et de citer une phrase de Jean-Louis Barrault, pour marquer la différence entre le théâtre et le cinéma : Je préfère faire l’amour dans mon lit que par correspondance . Et pointant l’index vers la scène, il dit : Et le seul endroit où l’on apprend son métier, c’est là.

Mais le succès ne vient pas en claquant des doigts, on se construit, à force de patience, d’espérance, de solitude, de souffrances, le modèle, c’est la vie, le talent n’est qu’une toute petite donnée.

Mon matériau, c’est moi, je fais partie de l’école stanislavskienne :   Sers-toi de toi pour aller vers un autre dont tu ignores tout et que tu connais pourtant par cœur, puisque c’est toi. .

Et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il nous fait le récit d’une expérience personnelle douloureuse, pour nous faire comprendre que le modèle c’est la vie. Un soir, c’était en 1976, ma première épouse, dont j’étais amoureux fou, m’annonce que c’est fini, je n’ai pas supporté, j’étais dévasté, je suis sorti au hasard des rues, j’ai marché, j’ai pleuré, et je me suis dit j’en ai assez, je suis fatigué, et retournant à notre appartement, j’ai pris ce qu’il fallait pour en finir, c’est elle qui m’a sauvé. Quelques années plus tard, j’avais cette réplique au théâtre : « J’en ai assez, je suis fatigué » , et chaque fois que je la répétais, tout revenait dans ma tête, dans mon âme, et j’ai compris que ce personnage que je jouais, c’était moi.

Confidences et récits sont entrecoupés de réflexions sur l’actualité, il ne manque pas de critiquer ceux qui profitent de leur notoriété pour abuser des femmes, et de moments musicaux appréciés de tous, Sweet Gorgia Brown, Your heart is as black as night, Tandem de Gainsbourg.

Après les questions du public, par exemple, d’une spectatrice ayant vu la pièce de Jean-Claude Grumberg l’Etre ou pas, avec Pierre Arditi et Daniel Russo, le 28 octobre dernier, au théâtre de Châtel-Guyon : Votre rôle n’est pas facile dans cette pièce, comment faire pour éviter d’être névrosé quand on est trop dans la tête d’un personnage ? Ce à quoi il répond qu‘en effet c’est un métier pervers, où l’on joue sa vie, et avoue que chaque fois qu’il entre sur scène, il pense à sa mère : En nous les morts ne sont jamais morts.

Enfin, il nous régale de quelques morceaux choisis de  « Je vais passer pour un vieux con« , de Philippe Delerm

Presque deux heures d’entretien et d’échanges, qui ont passé trop vite, avec cet acteur-conteur-comédien qui s’est simplement dévoilé comme un bel humain, un de ceux qu’on aimerait avoir pour ami. Et il a quitté son public auvergnat en promettant de revenir, d’ailleurs il se souvient avoir fait quelques mémorables virées en Auvergne, et en concluant, ouvrant la poche de sa veste : Je vous mets là, dans ma poche, dans les valises de ma mémoire.

Merci à David Becker pour son invitation, ce concept était une première, et je ne suis pas la seule à penser que c’est une réussite, et les prochaines 90 minutes seront avec Thierry Lhermitte, en 2018, à suivre donc.

Liens : Rencontre organisée par Becker’s prod : beckerprod@gmail.com

Crédits photos : ( pour le livret du programme) : Patrick Kovarik-AFP/ Philippe Warin, Jean-Philippe Baltel-Sipa, Gilles de Beauchene/ maxpp/France3.

 

Du 4 au 28 avril 2018,  Pierre Arditi sera au Théâtre du Rond Point  pour : Lit ce qu’il aime, d’après des textes de Jean-Michel Ribes, Yasmina Reza, Philippe Delerm et Michel Onfray.

Pour les réservations , clic sur l’affiche —>

et aux points de vente habituels.

Et c’est un événement Télérama, Paris première et France culture.

Danièle Sala

FESTIVAL SALLE/RUE ET VICE/VERSA ║ 29 mai>10 juin

1 Mai

Le 29/05/2017 19:00


█  FESTIVAL POUR UNE DÉSADAPTATION DU TEMPS  █

Festival

Salle/Rue & Vice/Versa

C’est quoi la différence entre les spectacles de rue et les spectacles joués dans une salle ?

Est-ce que les arts de rue, c’est forcément des jongleurs, un grand éléphant en bois, des trapézistes, des clowns ou bien des djembés ? Est-ce qu’il y a une raison pour que l’on baisse les lumières dans une salle de spectacles ? Est-ce que les spectacles de rue, c’est forcément dans la rue ? Est-ce qu’une salle de spectacles, c’est un peu comme un musée ?

Pourquoi on fait des spectacles aujourd’hui ? Pourquoi on va voir des spectacles aujourd’hui ?

Question bonus (pour les amateurs) : Est-ce qu’il serait envisageable de faire de la « variété » au Théâtre de l’Opprimé et du « théâtre forum » au Théâtre des Variétés ?

Afin de contribuer au décollage de quelques petites étiquettes, nous avons invité des spectacles joués habituellement en rue et d’autres en salle. Durant 11 jours, 11 spectacles seront joués une fois dans leur milieu naturel et une fois dans un milieu inhabituel. Et au 12e jour, pour clôturer les festivités, nous vous proposons un co-plateau entre deux artistes qui n’ont radicalement rien en commun : Laurent Viel & Didier Super !

L’éti, l’éti, l’éti l’étiquette

C’est pratique

Economique

Et ça fait pas penser trop loin

L’éti, l’éti, l’éti l’étiquette.

(Jehan Jonas)

Qu’est-ce que le spectacle vivant aujourd’hui ? Qu’est-ce que le théâtre ?

Pourquoi créer un spectacle et pour qui ?

Comment l’appeler ;  « tragédie », « comédie », « café-théâtre »… ?

S’il s’agit d’un « drame » est-ce que cela veut dire que nous ne pouvons pas rire ?

Et s’il s’agit d’un « one man » ou « one woman show » est-ce que cela implique qu’il ne peut y avoir du « drame » ou de la « poésie »?

C’est du facile
Ça va pas loin
C’est trop subtil, hey !
On comprend rien

Est-ce que les « arts de rue », c’est forcément du cirque, de la musique, du théâtre burlesque ou de la musique ?

Est-ce que c’est forcément dans la rue ?

Est-ce que l’endroit où cela se joue donne forcément un « genre » ?

C’est une gonzesse
C’est un gauchiste
C’est la jeunesse
Capitaliste

 Parce exemple : est-ce qu’il serait envisageable de faire de la « variété » au Théâtre de l’Opprimé et du « théâtre forum » au Théâtre des Variétés ?

C’est très catho
C’est très putain
C’est un bravo
Porte Saint-Martin

Ou bien plus largement : est-ce qu’on peut faire du spectacle de rue dans une salle ? Et l’inverse ?

Afin de s’interroger sur la place du spectacle vivant aujourd’hui dans nos vies, nous invitons des spectacles joués en rue et des spectacles joués en salle. Chacun des spectacles sera joué une fois dans son milieu naturel et une fois dans un milieu inhabituel. À la faveur de ces représentations nous organiserons des discussions entre artistes et spectateurs. Pour ce faire nous avons choisi la variété et les qualités humaines et artistiques de leurs propositions. Et c’est peu dire !

Pour résumé (mais cela ne sera pas les us et coutumes durant ce festival, vous l’aurez peut-être compris ?) : du 29 mai au 11 juin 2017 nous tenterons de décoller certaines étiquettes du spectacle vivant !

Parce que…

L’éti, l’éti, l’éti, l’étiquette
C’est pratique
Économique
Et ça fait pas penser trop loin
L’éti, l’éti, l’éti, l’éti, l’étiquette *
  L’équipe des Cabarettistes

_____________ PROGRAMMATION___________

 Prog - elf pompe a fric
Prog - tentative de disparition     Prog - Boobs
Prog - titre provisoire

    Prog - un poète à new york    Prog - stress et paillettes

Prog - pitchfork disney

Prog - cornu soeur soeur     Prog - Loto     Prog - mon toit du monde     Prog - Dialogues d'exiles    Prog - Co-plateau

La collecte pour nous aider à financer ce festival, comment ça fonctionne ?

1 Vous allez sur ce lien https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/festival-salle-rue-et-vice-versa/contributions/new

2 Vous cliquez sur « soutenir ce projet ».

3 Vous tapez le montant souhaité, puis choisissez votre contrepartie (à partir de 50 euros de dons, vous avez le droit à une invitation sur le spectacle de votre choix de la salle/rue)

4  Vous cliquez sur « Validé. »

5 Vous vous connectez, mettez vos renseignements et choisissez un moyen de paiement.

La somme vous sera prélevée qu’à la fin de la collecte.

La vie en vrac… Un album, et un spectacle…

13 Mar

Il y a presque un an, c’était la découverte de cette formidable épopée musicale, portée par un trio incandescent, Annick Cisaruk, David Venitucci et Yanowski.  Spectacle qui va devenir un album, et vous en serez un des producteurs. C’est une offre qu’on ne peut refuser… 

Et chance pour les heureux citoyens de l’Île de France, « La vie en vrac »  sera en scène au Pan-Piper, le 25 mars 2017, c’est là: https://www.facebook.com/PanPiperParis/

Réservez vite, et RDV au bar…

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3 Mars 2016 au Théâtre de la Contrescarpe.

Annick Cisaruk a trouvé son Mac Orlan, c’est Yanowski. Yanowski a trouvé le Stradivarius qui lui permet d’élargir sa palette à cette vie de femme-flamme qui mord la vie à pleine bouche, et la chante à pleine voix, c’est Annick Cisaruk.

La vie en vrac AC AAAA 02-03-2016 20-26-034C’est une Carmen des steppes qui a décidé, jeune fille, de suivre la route bohémienne, le chemin des saltimbanques, des oiseaux de passage, les migrateurs éternels avides d’autres horizons. Au risque de se brûler les ailes, au risque de cramer sa vie dans des voyages imprudents. Mais flamboyants.

Pour le livret, Annick a raconté à Yanowski sa vie réelle, ses vies rêvées, mises en spectacle en tableaux foisonnants. On frôle des mondes maléfiques, saura-t-on ce qu’il y avait dans le grenier de cette Thénardier inquiétante ? On y trouve des personnages très colorés qu’on dirait échappés d’un cirque des mirages, et Annick Cisaruk, excellente comédienne, incarne la La vie en vrac AC bleue fou 02-03-2016 20-52-55 2779x1923jeune fille partie voir de l’autre côté du miroir, en rupture de ban familial sédentaire incurable et aussi bien, elle devient une paumée mi sorcière, mi pocharde, et on y croit.

En belle Carmen des plaines d’Ukraine, elle va s’amouracher d’un Antonio Ruiz interlope, et la vie balafrée devient rouge cicatrice  et noir chagrin entre bars louches et bas fonds.

La vie en vrac David Vershuren AAA 02-03-2016 20-57-29 2123x2539C’est peut-être dans un de ces bars à marins échoués qu’elle rencontre une sorte de Vershuren digne de figurer dans le plus ringard des folklores balloches pour touristes en goguette. Toute ressemblance avec David Versh… Venitucci n’est pas du tout fortuite – le temps d’une chanson- il est ce Vershuren parfait. Et on y croit, le temps d’une chanson.

La vie en vrac DV AA NB 02-03-2016 20-33-07 2499x2583Le reste du temps, ce génie de l’accordéon donne des décors musicaux somptueux à cette vie en vrac, avec de vrais morceaux de biographie dedans. Comment ça se termine ? En chanson.  A noter que le public du théâtre de la Contrescarpe été totalement subjugué pendant plus de 20 mn, le spectacle s’est enchainé comme au théâtre, en tableaux qui se suivent sans interruption. Ensuite, pour les 50 dernières minutes applaudissements enthousiastes, et salut à l’auteur Yanowski qui passe rapidement sur scène. C’était bien mérité.

Aujourd’hui, Février 2017, c’est un album qui s’esquisse, en totale autonomie d’autoproducteurs, et avec vous, publics exigeants et concernés.

Devenez Producteurs-mécènes de ce prochain album 

« La Vie en Vrac » ! enregistrement avril 2017

Cliquez sur la bourse, pour verser les dollars, les ducats, les lingots, les billets de 375 €, ou toute autre monnaie à votre idée.bourse-cuir-annapurna

Dates à venir, et tout sur Annick et sa vie ( en vrac)  On visite ICI. Clic sur l’accordéon, ou ailleurs…

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Un aperçu?  Voilà:

Et pour quelques images de plus

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Norbert Gabriel

Shaman et Shadoc

2 Mar

C’était à la création, il y a quelques mois, Shaman et Shadoc reviennent,

Shaman & Shadoc ou l’imposture des rats
(6, rue Pierre au Lard 75004 Paris) 
du 9 mars au 13 mai 2017, du jeudi au samedi à 21h30.

 

Photos ©NGabriel 2016

Photos ©NGabriel 2016

Un emmerdeur qui a mal aux pieds peut-il laisser indifférent un homme bien élevé, et semble-t-il très conditionné pour être un citoyen marchant au pas ? L’emmerdeur dûment rechaussé par l’homme secourable entre dans une partie dont il est maître d’un jeu ambigu, équivoque… Mais p1900024peut-il arriver que le maître se fasse battre au jeu qu’il a initié ? D’autant que quelques fantômes entrent dans la danse, virevoltant d’un cavalier à l’autre pour hanter un revival de souvenirs entremêlés …

Dans le jeu pervers de la soumission à l’autorité (clin d’oeil à Stanley Milgram) quels ressorts peuvent inverser les hiérarchies ?

shadok-fin-aa-21-09-2016-22-52-21-1695x2067On commence avec une histoire gentiment picaresque, et on glisse vers la tragédie shakespearienne et ses monstres humains, tellement humains

En filigrane, nos amis les rats illustrent quelques travers ou aberrations de la vie qui va, souvent de travers, et, sourire un peu crispé du spectateur, parfois ça nous ressemble… Comment ça se termine ? Allez voir ce qu’il en est, c’est le mieux.

On peut aussi noter que l’auteur Pierre Margot a servi son comédien Guillaume Orsat avec beaucoup de générosité pour lui offrir ‘un grand rôle’ où il excelle, matois, pervers, manipulateur, entre Boudu et le père Jules… Les « simoniens » comprendront..

Norbert Gabriel

Autre point de vue,

shaman-et-shadok-le-fantome-21-09-2016-21-44-34-2682x2413shaman-et-shadok-chaussures-21-09-2016-21-52-25-2521x2177DUEL AUTOUR D’UN FANTÔME

Démarrage sympathique et fort drôle dans la première demi-heure, rencontre de deux solitaires, façon le fragile et la brute, le Francis Véber des premières années, pas encore piégé par ses formules. Et puis les rires s’espacent et se coincent, on sent poindre la terrible histoire de vengeance. En filigrane, le portrait cruel de notre monde dévoré par la machine capitale, créatrice de misère pour le plus grands profit des maîtres de l’ombre, bien à l’abri du cirque médiatique qu’ils réservent aux pauvres couillons que nous sommes. Et si jusqu’au bout Victor Shadoc (Pierre Margot) déploie la sensibilité déchirante d’un Brel toujours digne, Shaman (Guillaume Orsat) se transforme en monstre formidable, une présence qui n’existait que dans le cinéma (théâtre) français des années 1930, avec des bêtes de scène comme Michel Simon, Raimu, et plus encore Harry Baur. Puissance cassante, amplitude maîtrisée, rouerie pathétique, Orsat retrouve un savoir faire que l’on croyait perdu. Et si le fantôme pour lequel se battent nos deux personnages n’était pas celui de la malheureuse Juliette (épatante Céline Legendre-Herda), mais celui d’un théâtre populaire perdu dont cet épatant trio de comédiens n’arrive pas à faire le deuil ? Un grand texte et des comédiens formidables !

Christophe Champclaux

 

Infos , dates, réservations, c’est là –> clic sur les gradinsgradins_a

Note sur la distribution : en alternance, Pierre Margot, du 9 au 11 mars et du 4 au 13 mai 2017 ou Xavier Béja, du 16 mars au 29 avril 2017, Céline Legendre-Herda du 9 au 15 mars, et les 1, 7, 8, 22, 29 avril et les 5 et 11 mai 2017 ou Julie Allainmat les 16, 18, 23 mars, les 1, 7, 8 22, 29 avril et les 5 et 11 mai 2017

Il y a une bande annonce ,

 

Et pour quelques images de plus…

 

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Photos ©NGabriel 2016

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