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La vie en rose, histoire d’une chanson…

17 Juil

Avant-propos : 11 octobre 1963, Edith Piaf tire le rideau. Depuis, une palanquée de livres tout neufs viennent raconter des bouts de sa vie. Plus les émissions de télé, dont certaines nous font le coup de la môme née sur le trottoir de Belleville, 20 ans après la découverte de sa naissance à l’hôpital Tenon. Il y a aussi un spécialiste qui nous apprend qu’Edith convaincu Montand à adopter la chemise et le pantalon noirs… Alors que Montand a raconté pas mal de fois comment il a choisi cette tenue marron foncé, à Marseille, avant de venir à Paris, où il tombe la veste, Piaf n’y est pour rien, il ne la connait pas encore. Dans tout ce fatras plus ou moins arrangé au gré de la fantaisie des auteurs, il y a un point qu’on pourrait souligner, les chansons naissent souvent dans la solitude de l’artiste, mais c’est parfois une naissance dans une sorte de breanstorming, La vie en rose en est un bon exemple.

La vie en rose, (Edith Piaf/Louiguy)

Comment nait une chanson ? Parfois dans une création collective, dont tous les participants ne sont pas crédités.

Pour « La vie en rose » autour d’Edith Piaf qui en est l’initiatrice et l’auteur à 80%, il faudrait signaler Robert Chauvigny, Marianne Michel, Henri Contet, peut-être Marguerite Monnot, et bien sûr Louiguy.

Il y a plusieurs versions qui racontent l’histoire de cette chanson, en recoupant, et reprenant la chronologie, des faits se dégagent, en 3 temps :

1- Piaf a eu une idée de mélodie, qu’elle a travaillée avec son chef d’orchestre, Robert Chauvigny, sur une ébauche de texte.

2 – Quelques temps après Marianne Michel lui demande de lui écrire une chanson. Piaf esquisse quelques phrases, en disant « la musique était écrite » et dans les mots qu’elle a griffonnés , il y a « Quand je vois les choses en rose » Marianne Michel lui suggère: « … la vie en rose »

3 – Ensuite Henri Contet lui fait remarquer que pour première phrase, ce n’est pas la bonne forme, il faut introduire la cause pour que la suite soit cohérente… La cause ? Quand il me prend dans ses bras… L’effet ? Je vois la vie en rose… Edith Piaf revoit donc son texte : « Quand il me prend dans ses bras … »

La chanson est finie, mais Edith n’étant pas agréée Sacem comme compositeur, il faut trouver quelqu’un pour signer la musique. Marguerite Monnot sollicitée en premier refuse cette niaiserie, un autre compositeur se défile, plusieurs peut-être, et c’est finalement Louiguy qui accepte contraint et forcé. A ce moment, il est un des compositeurs «mineurs» de Piaf. Ça infirme quelque peu la version qu’il donnera après la mort de Piaf, en précisant qu’ils avaient ébauché cette chanson quelques mois avant la date officielle de la rencontre avec Marianne Michel, et il indique une date: le baptême de sa fille. Mais dans ce cas, Piaf qui était réglo, lui aurait proposé la signature en premier, avant Marguerite Monnot… La version tardive de Louiguy semble s’être un peu arrangée avec les années… Il n’a jamais démenti la version d’Edith de son vivant.

Et dans le «monstre» qui a servi à travailler la mélodie, ça commençait par :

«Mais ce qu’on ne savait pas /  c’est que monsieur Dumas/ était un hypocrite… »  On est loin de la vie en rose..

En conclusion : « Il y a sans doute 3 parts de vérité. Celle de Louiguy : la musique et quelques paroles ont pu être ébauchés le jour du baptême de sa fille. Celle de Piaf : Marianne Michel l’aurait incitée à finir le texte. Celle de Contet : lors d’un premier jet, aucune chanson n’est jamais parfaite, et les retouches sont souvent une oeuvre collective. Pour le reste, aucune des trois parts de vérité n’enlève à Piaf la paternité ou la maternité de « La vie en rose », créée par Marianne Michel, puis reprise par son auteur. » Extrait de « Piaf » par Pierre Duclos et Georges Martin, LE livre de référence*.

Depuis sa création, environ 500 artistes l’ont enregistrée pour plus de 1950 versions de « La vie en rose » . Pour une niaiserie, c’est pas mal … Toutefois, Edith était plus ou moins d’accord avec Marguerite, puisqu’elle n’a pas créé la chanson. Elle l’a gravée plusieurs mois après Marianne Michel. Ensuite, Louis Armstrong, en 1950, puis Marlène Dietrich, Diane Dufresne, Montand, Ute Lemper, Iggy Pop, Grace Jones, Emilie Simon et quelques autres ,

voir et écouter  ICI —->

 

 

 

 

 

*Dans les livres sur Edith Piaf, il y a de tout, mais pour les passionnés de chanson, et uniquement de chanson, le meilleur c’est « Piaf »  de Pierre Duclos et Georges Martin, et il est disponible en format poche.On y trouve l’inventaire précis de toute la vie musicale d’Edith Piaf, y compris les chansons jamais enregistrées, les séances studio, et les nombreuses chansons dont elle a été ACI.

 

Norbert Gabriel

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Rencontres Marc Robine, lundi 8 juillet 2019

10 Juil

Cette sixième journée, Journée Les Volcaniques, en partenariat avec les Brayauds, à Saint-Bonnet-près-Riom. Les Brayauds sont une association, loi 1901, crée en 1980,  Dans la vaste sphère du patrimoine rural, elle privilégie d’emblée les domaines de l’expression que sont la musique, le chant, la danse. Recherche, formation, et expression sont les trois axes majeurs de son action.  Et pour en savoir plus sur Les Volcaniques, c’est là : clic sur l’image –>

Cette journée commence par une conférence chantée, avec illustration musicale : De l’oralité à la chanson écrite, en France, jusqu’à l’invention de l’imprimerie au XV ème siècle, puis les nouvelles techniques de la  révolution industrielle de la fin du XIX ème siècle, avec Sébastien Guerrier, voix, guitare, François Fabre, accordéon, Didier Décombat et Eric Desgruillers.

Sébastien Guerrier Photos DR

Ils nous expliquent, à leur façon, les origines de la chanson orale, en France, ces chansons qui sont passées de bouche à oreille, empreintes de toutes les vies, ciment social de la petite histoire, celle des gens du peuple, chansons à bercer, à travailler, à danser, chansons à vivre, tout simplement, plus couramment appelées chansons folkloriques, il est bien difficile de dire quelle sont les plus anciennes,  parmi elles, il y eut La chanson de geste, La chanson de Roland étant la plus connue, fin XI ème. Chansons de troubadours ou de trouvères, célébrant l’amour courtois, les métiers, la nature, l’histoire, puis, à partir du IX ème siècle, on voit apparaître des créations non religieuses, satires anti-cléricales et irrévérencieuses, les troubadours chantaient en latin, ou dans les différents dialectes du pays. La différence avec les chansons écrites, c’est que la chanson de tradition orale, celle du peuple était méprisée par les gens qui savaient écrire.  

Puis au XIV, XV ème siècle, Charles d’Orléans ramène une œuvre considérable de sa captivité en Angleterre,  héritier de la tradition courtoise des troubadours et des trouvères. Et c’est les débuts de la chanson écrite.  Pierre-Jean de Béranger, chansonnier prolifique, auteur-compositeur, écrivain, poète, et homme politique, eut un énorme succès au XIX siècle, il attaque les magistrats, les jésuites, la Restauration, il était la voix du peuple, ce qui lui vaut de perdre son emploi, et d’être emprisonné, à deux reprises, il écrit de la prison, voici la fin d’une de ses chanson ,14 juillet : 

O liberté, ma voix, qu’on veut proscrire,
Redit ta gloire aux murs de ce séjour.
À mes barreaux l’aurore vient sourire :
Un beau soleil fête encore ce grand jour. 

La conférence est illustrée par des chansons, et des musiques, avec les instruments d’époque, la cistre, la mandoline, la  harpe, la flûte, accordéon.

Momitcheta Photo Martine Fargeix

Après un apéritif, et un repas de pays, le cuisinier m’a même donné la recette de la fameuse brandade brayaude, nous retournons dans la grange, pour le concert de Momitcheta, qui signifie jeunes filles en bulgare, cinq femmes chalonnaises, Eva Arnaud, Fanny Chamboredon, Sidonie Dubosc, Ruth Jorry et Rachel Jorry, qui reprennent des chants bulgares anciens, a cappella, un tout jeune groupe, c’est Eva Arnaud qui en est à l’origine, en 2018 : 

Eva Arnaud Photo Studio 3

Dans le cadre de mes études pour devenir professeur de chant à Lyon, je devais monter un projet dans un autre univers musical que ceux que je pratiquais. Les musiques amplifiées, le lyrique, le jazz… je connaissais déjà. Je me suis tournée vers la musique traditionnelle et Milena Jeliazkova, une chanteuse bulgare. Elle a entonné un air et j’ai eu des frissons partout immédiatement, explique la jeune femme. Et elle transmet la passions à ses quatre complices.

Elles interprètent ces polyphonies de leurs voix harmonieuses, avec beaucoup de sensibilité et de sensualité, l’émotion passe, même si on ne comprend pas les paroles, ces chants bulgares sont transmis de génération en génération depuis des siècles, ce sont histoires de femmes,  les premiers émois amoureux, la perte d’un enfant, le ménage, la lessive, qu’elles miment avec une parfaite maîtrise, histoires de femmes bulgares, histoires de femmes de partout…

Et à 23 h, c’est le bal, animé par trois groupes des Brayauds, Tournesol, Là Vielha et Phonème. 

Et, il me tarde de vous parler de la fabuleuse journée d’hier, avec L’insoumise, lecture théâtralisée accompagnée d’un basson et d’un violoncelle, sur le destin de Flora Tristan, une militante de la cause des femmes et des ouvriers, un peu oubliée. Et la soirée Fred Folk, carte blanche à Frédéric Bobin, à suivre…

 

Danièle Sala

   Rencontres Marc Robine vendredi 5 juillet 2019

7 Juil

 La biodiversité de l’échelle planétaire à la région Auvergne, par Christian Amblard, directeur de recherche honoraire au CNRS, c’est avec cette conférence que débute ce troisième jour des Rencontres, à la salle de conférences d’Arcadia, à Riom.

 La biodiversité concerne l’ensemble des êtres vivants, et l’interaction entre eux et dans leur milieu, c’est la vie dans ce qu’elle a de divers, la seule assurance vie de l’humanité, et il est important de protéger cette biodiversité par l’écosystème, définissant un complexe d’organismes et de facteurs physiques ( définition du CNRS ),  écosystème gravement mis en danger, notamment dans la forêt tropicale, dans quelques décennies, les forêts tropicales auront été en grande partie détruites. Par contre, ça se passe plutôt bien en Auvergne, avec une très grande richesse des espèces et des milieux, on a 80% des espèces de libellules française par exemple. Une forte responsabilité envers les espèces en déclin, beaucoup d’espèces qui disparaissent au niveau national sont encore présentes ici, comme le milan royal, le grand murin, le campagnol amphibie, etc… Le déclin de la biodiversité est beaucoup plus modéré en Auvergne que dans de nombreuses autres régions, continuons à nous battre pour la vie, et celle de nos enfants. 

 

Photos DR

On revient à l’espace Couriat à 18 h, pour une lecture musicale, avec Cécile Coulon,  d’abord romancière, et poétesse, prix Apollinaire, qui est le Goncourt de la poésie, pour son recueil Les ronces. Elle a toujours écrit des poèmes, mais n’osait pas les publier, en fait, ses poèmes sont des histoires, des portraits, des scènes de vie, qui parlent d’enfance, du quotidien, des gens, des paysans, des 

  Tout en les connaissant très bien, j’ai complètement ignoré les questions de métriques. Mes poèmes sont des histoires griffonnées. 

C’est un air accordéon qui arrive sur scène, avec Yannick Chambre, puis la fine silhouette noire de la comédienne Marie Bunel : De quoi va t-on parler ce soir… Des frites, des enfants, des volcans, des naissances à venir, vous penserez que ça parle des autres, mais en fait, ça parle de vous. C’est étrange : Si quelqu’un qui n’est pas du voyage voyait ce que je vois maintenant, dans le wagon maigre d’un train sans première classe, cette personne se demanderait sûrement est-ce qu’ils sont morts ? ……………. C’est étrange : J’ai la sensation de veiller sur un troupeau d’inconnus, nous allons tous descendre à la même station, et nous ne saurons rien des uns des autres, mais nous aurons partagé le même sommeil dans le même wagon. 

Là, ce n’est pas du sommeil que nous avons partagé, Je ne veux pas faire une poésie qui va bien sonner, mais qui va bien te sonner 

Nous sonner, nous interpeller, nous surprendre, nous émouvoir, nous raconter les gens, nous, les scènes du quotidien, nous égratigner, comme les ronces, nous enchanter.  Elle arrive, quitte ses chaussures, ses chaussettes, et tiens, justement, il est question de chaussettes, savez-vous que les chaussettes sont une histoire d’amour ? Elle questionne aussi : Qu’est-ce qu’un baiser ? Une braise chaude qui tombe sur le tapis, et par chance, nous avons marché dessus , ou nous fait sourire : Poème publicitaire : Je nage dans le bonheur, mais parfois j’ai pied, parle d’amour : Je suis couchée dans tes bras, comme un chat sur un rayon de soleil, et a une belle philosophie : Si tu veux t’en sortir, non de Dieu, fais ce que tu veux de ta vie, et cesse de poser des questions. J’adhère ! Un moment fort qui fait sortir  la poésie de ses poussiéreuses chapelles, et la partage avec bonheur.  Merci à Cécile Coulon, en toute harmonie et complicité avec Marie Bunel, et Yannick Chambre qui a flâné en musique entre les mots.  Et il est réjouissant de voir une salle pleine venir applaudir la poésie. Je veux écrire pour toi, ne pas apprendre à vivre, mais vivre, le temps ne se rattrape pas, il se protège, bonsoir. 

Photo Martine Fargeix

Et enfin, à 20 h 45, c’est Erwan Pinard qui arrive avec sa guitare,  un grand gaillard à la barbe hirsute, et il attaque en douceur, caressant sa guitare durant un long moment : J’ai entendu sur France Info que quand il y avait trop de chaleur, il fallait limiter les mouvements... Puis : Je suis Erwan Pinard, c’est mon vrai nom, sinon, on pourrait me prendre pour un autre, et si je fais des concerts, c’est pour me venger !  

Provocateur, mais provocateur d’émotions, on le dit punk, rock’n’roll ou crooner, il est surtout atypique, insolite, il caricature la société avec humour, lui y compris, professeur de musique à Villeurbanne, mais l’inspiration a du mal à venir dans la salle des profs. 

Il fouille dans les bas-fonds de la nature humaine,  il parle surtout d’amour, du manque d’amour, dans les supermarchés où tout se vend, mais pas l’amour : Est-ce l’enfance qui s’en va / Quand les marchands s’en viennent ?  les ruptures amoureuses, J’élabore : T’en fais pas / je reviendrai encore  / Prendre de tes nouvelles / Afin de m’assurer que tu ne vas pas bien / Je t’écrirai encore / Des  je t’aime, en vers et en vain / Mais comment écrit-on je t’aime déjà ? 

Photo Martine Fargeix

Il fait le pitre, gesticule, se donne à fond, hurle sa colère, sa détresse, à presque en avaler son micro, mais l’on peut déceler derrière cette provocation une immense tendresse, c’est un sentimental qui brouille les pistes, un poète et un excellent guitariste. 

Erwan Pinard sera à Chailley, dans le Var, le 9 juillet prochain, à Gramby, au Québec, les 22 et 23 août, il prépare un nouvel album, et il peut être programmé dans le Puy-de-Dôme, de préférence pendant les vacances scolaires, il a désormais son gîte assuré ! Vous l’aurez compris, j’espère, Pinard, c’est un bon cru ! 

Danièle Sala

Arnaud Giovaninetti Soleil noir …

2 Juin

 

Photo Florence Dugowson

Le comédien Arnaud Giovaninetti est mort le 23 janvier 2018. Je ne le connaissais pas. Enfin, si… Comme beaucoup de téléspectateurs je me souviens qu’il jouait l’ex-mari de Candice Renoir dans la série éponyme.

Je dis que je ne connaissais pas Arnaud Giovaninetti, en fait ce n’est pas exact : je l’avais plutôt oublié. Car il avait fait des débuts fracassants dans L’Amant de Jean-Jacques Annaud. Parce qu’en 1991, il était un acteur sur le point d’exploser. Il avait ce talent chevillé et évident. Un talent tel qu’il avait obtenu le prix Louis-Jouvet au sortir du Conservatoire. Pas une paille quand même ! Mais oui, je l’avais oublié. Faut dire que je n’habite pas Paris ; que je ne vais pas au théâtre ; et que du coup, je ne l’ai vu jouer ni dans Don Juan ni dans Cripure. Encore moins chez Savary. Malgré tout, ce n’est pas uniquement ma mémoire qui m’a joué des tours. Car la profession a développé aussi, envers lui, un sérieux début d’Alzheimer.

Je ne connaissais pas davantage la journaliste Caroline Constant avant d’ouvrir son livre « Arnaud Giovaninetti ; Soleil noir ». Enfin si… Elle venait de me contacter pour parler de mon bouquin. Elle bosse au quotidien L’Humanité. Mais rapidement on s’est mises à causer de tas d’autres trucs. On s’est bien entendues. Et c’est alors qu’elle m’a parlé d’Arnaud.

Caroline peut l’appeler par son prénom car lui et elle se connaissaient. En vrai. En chair, en os, en sang qui bat. Et pour elle, il est hors de question de l’oublier. Il l’a déjà trop été de son vivant.

L’acteur et comédien s’est suicidé le 23 janvier 2018 à 50 ans. Son début de carrière laissait présager de grands rôles. Il en a eus. Au cinéma, au théâtre. Tout de suite. Très vite. Trop vite. Mais en 2018, pour le public, comme pour moi, il n’était plus le vendredi soir que l’ex-mari de Candice. En 2018, après plusieurs années de chômage, l’artiste était au RSA. Et j’imagine que le 23 janvier de l’année passée, Caroline – que j’apprends à connaître – était folle de rage, de chagrin, devant cette injustice.

Quand vous tapez le nom d’Arnaud Giovaninetti sur Internet, des dizaines d’occurrences s’affichent. Elles commencent toutes par : « La mort d’Arnaud… »

Internet n’a retenu que sa disparition. Le public n’a retenu que la série de France 2.

Photo DR

Alors Caroline a écrit ce livre. Pour qu’on se souvienne. Pour nous permettre de rencontrer – même un peu tard – ce garçon lumineux et sombre à la fois. Cet homme qui ne vivait que pour son art. Pour lui, elle est sortie de son rôle de journaliste. Caroline a interrogé la compagne de l’acteur, ses proches, des comédiens, des professionnels-de-la-profession comme on dit. Avec urgence, elle nous brosse, entre rires et larmes, le portrait d’un type qu’on aurait aimé connaître alors que nous n’avons fait qu’oublier l’humain qu’il fut. Un acteur à qui l’on donnait de moins en moins de rôles. A qui le nouveau monde disruptif du cinéma ne laissait plus de place. Parce que le casting gagnant est souvent aujourd’hui – à l’image de la société entière – une question de réseau et de fric. De tout, sauf de talent. Caroline Constant a voulu rendre hommage, rendre vie, à ce comédien rencontré dans le cadre de son boulot il y a plus de vingt ans et qui lui a tant offert. Une rencontre qui l’a marquée à jamais.

Nous ne croiserons plus Arnaud Giovaninetti. Pourtant grâce à elle, il existe toujours.

« Arnaud Giovaninetti ; Soleil noir » / Editions Ovadia.

Fabienne Desseux

Isabelle Serve, des proies pour l’ombre …

30 Mai

Je ne fais des chroniques que lorsque j’ai un coup de cœur.
Donc je ne parle que de celles ou ceux que j’aime. Mais quand il s’agit d’une pote, c’est un peu plus emmerdant, me direz-vous… Car ça fouette le copinage à plein nez!
Alors je vous réponds oui. On peut le voir de cette manière.
Sauf que non en fait.
Parce que l’auteure dont je veux causer aujourd’hui n’est pas qu’une amie. Elle a un talent d’écriture, une signature, une patte, un style au couteau, au cordeau. Ainsi fait-elle, par exemple, dans le haïku.
Personnellement, c’est un genre qui me passe en général au-dessus de la tête. Mais quand Isabelle balance ses quelques mots, ses deux-trois phrases, son rythme me parle. C’est incisif, moderne, engagé. Ces vers tapent, secouent. Ils sont limpides, puissants, justes.
Donc forcément, quand elle a décidé de sortir un roman, je ne pouvais qu’avoir l’eau à la bouche.
Pourtant le pari était risqué. Car Isabelle nous a concocté un polar… Genre littéraire éculé s’il en est, casse-gueule à souhait. Vu et revu. Lu et relu. Mais si ma Serve sait dépoussiérer les haïkus, elle sait aussi redonner un sang neuf et battant au roman policier. Heureusement pour moi ! Sinon j’aurais été bien en peine de lui dire – les yeux dans les yeux – que j’avais aimé son bouquin alors que bof.
Voici en deux mots, le point de départ « Des proies pour l’ombre » : une flic cassée, sur le fil, qui ne tient que par sa famille de cœur, ses collègues du commissariat de Pigalle. Une affaire résolue qui – comme le Diable – lui tire les pieds pour l’entraîner jusqu’au déséquilibre. Rouvrir la boîte de Pandore d’un dossier violent, sordide, qui avait laissé la commune de Plœmeur en Bretagne, KO debout. Isabelle a la plume acérée, viscérale. Le désespoir au bord des lèvres, la rage pour moteur, son héroïne Elisa Bercot n’a rien d’une caricature. Elle enquête avec cohérence, rigueur, sans tenir compte des conséquences ni pour elle, ni pour celles des habitants. Son seul objectif étant de faire jaillir la vérité, quelles qu’en soient les conséquences.
Ce roman noir, au souffle court, fait plaisir à lire pour les amateurs du genre. Le suspens est serré, l’intrigue bien dissimulée. Le sordide n’y est pas vulgaire. Il n’est que la part inhumaine des hommes qui habitent Plœmeur. Isabelle Serve, ma pote, ma copine, est bien une auteure. Même si elle a choisi un éditeur alternatif à un « officiel », que son choix ne vous fasse pas douter de ses qualités.
Simplement, comme d’autres, elle veut simplement vivre un peu mieux du fruit de son travail. Mais c’est un autre sujet.
Le cœur de celui-ci, c’est de vous convaincre de vous pencher sur les mots d’Isabelle Serve en numérique ou en format papier.
Si ça vous tente, sans copinage, c’est par ici.

Clic sur la librairie–>

Fabienne Desseux

 

Gilbert Laffaille, Kaléidoscope …

29 Mai

Le kaléidoscope est un instrument optique réfléchissant à l’infini et en couleurs la lumière extérieure. Le nom vient du grec, kalos signifie « beau », eidos « image », et skopein « regarder ..

Cette image représente bien le Kaléidoscope de Gilbert Laffaille, un livre qui raconte sa vie, d’homme et d’artiste, où tout s’entrelace, où de multiples ricochets invitent à la balade dans  le temps des belles ritournelles quand elles jouaient avec des vrais musiciens, avec des instruments fragiles et sensibles, une guitare a une âme, un ordinateur, c’est moins sûr… Le parcours de vie est ponctué des chansons qui ont construit un répertoire riche, nourri de toutes les musiques, chroniques de l’air du temps, gentiment ironiques, subtilement piquantes, de cet humour mouillé d’acide quand les travers du monde génèrent des coups de rage – impuissante- et cyranesquement déterminée quand même… même si c’est bien plus beau lorsque c’est inutile. Mais à la fin de l’envoi, l’escrimeur du verbe touche en plein coeur.

On pourrait aussi sous titrer ce Kaléidoscope, « les drôlatiques tribulations d’un rêveur lucide ».   Osons l’oxymore. Au cours de ce voyage de 40 ans avec Gilbert Laffaille, on suit un funambule bien résolu à suivre cette prescription: « Il faudrait être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. » Et envers et contre tout, c’est un bel exemple …

Il y aurait tant à dire sur ce Kaléidoscope, la somme des chansons et des sketches de l’auteur, panorama de la chanson française entre 1968 et 2018, biographie, les aléas du métier, les fantaisies de la vie d’artiste… et plutôt que d’en discourir plus ou moins pertinemment, voici quelques lignes qui expriment très exactement ce qui me pousse à lire et relire ce livre sans modération, et avec jubilation.

  • On ne lit pas un kaléidoscope. On le tient entre deux doigts et l’on plonge, fasciné par une image, et cependant déjà soumis au plaisir de bouger imperceptiblement la main, de faire disloquer les journaux de couleur. Tout est si fluide et doucement changeant. Philippe Delerm
  • Gilbert Laffaille devrait être le dramaturge vengeur de notre temps. Il en a la puissance ricanante, les tripes, la lucidité, la souffrance, le talent authentique de l’écrivain pétri de la langue, inspiré par la langue. Claude Duneton.

J’ajoute volontiers, en invitant Camus : «… l’artiste, qu’il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu’engagé. Il ne s’agit pas en effet pour l’artiste d’un engagement volontaire, mais plutôt d’un service militaire obligatoire. Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps. (…) L’artiste, comme les autres, doit ramer à son tour, sans mourir, s’il le peut, c’est-à-dire en continuant de vivre et de créer. »

Il me semble qu’il y a assez de pistes et de témoins pour justifier que Kaléidoscope de Gilbert Laffaille a sa place dans les livres qui aident à comprendre notre époque.

Editions Christian Pirot 2019

Camus « Discours de Suède »
Avec quelques mots empruntés à Aznavour, Cyrano, Prévert…

 

Norbert Gabriel

Fabienne Desseux est « Virée! »

26 Avr

virée couv db 25-04-2019 14-03-39.JPGÇa peut arriver à tout le monde… Dans les salons où babillent les pontifes énarquisants, on dit « disponible en recherche d’emploi » dans le peuple plus radical et synthétique, on dit plutôt « chomdu »…

Donc il peut arriver , un jour ou l’autre que vous découvriez cette situation dont on sort rarement indemne. Dans cette hypothèse proposons une stratégie selon le principe biens connu de Végèce, (in Epitoma Rei Militaris) , Si vis pacem para bellum... En gros, visse les boulons avant de partir au boulot. (traduction libre) ..

Et pour ce faire, procurez-vous vite fait le bréviaire des néo chomistes, « Virée ! » de Fabienne Desseux, 227 épisodes en 19 mois d’un journal sur le blog qu’elle a ouvert sur un réseau bien connu.

Au fil des jours, on découvre les arcanes du parcours d’obstacles qu’est une « recherche d’emploi » quand il est vain de traverser la rue, comme n’importe quel pékin aventurier naïf. Et on se passionne pour les expériences de cette battante qui n’abdique jamais, qui témoigne au jour le jour avec un humour teinté d’acide, une autodérision salutaire, cruellement lucide et avec un style dru que n’aurait pas désavoué Audiard dans ses élans lyrico-rageurs…

Tout est parfaitement documenté sur les palinodies et aberrations des différentes officines qui prétendent remettre l’égaré du boulot dans le droit chemin du salariat bien encadré. Mais le cadre en question devient de plus en plus incertain. Si en plus on est une femme, on cumule le jackpot des malus qui vous entr’ouvrent le placard des « incasables en quête d’un job illusoire ».

Même si la marcheuse de fond a remplacé l’escarpin mondain par la chaussure de marathon, c’est jamais gagné. A lire ce protest song de la chômeuse de province, -pourtant c’est beau, Nevers- on se marre beaucoup, comme dans un film de Mocky, le rire est parfois grinçant, le topo pas rigolo, mais on se dit qu’on aura des munitions quand un jupitre quelconque de la start up nation évoquera les chômeurs qui se payent des vacances aux Bahamas avec leurs indemnités.. On n’est pas dans la situation fillonesque d’un élu désavoué dont les revenus ne réduisent pas drastiquement le caviar quotidien. Et si dans l’entourage, quelque hurluberlu pontifie qu’on trouve toujours du travail quand on veut vraiment, dites lui de revenir quand il aura lu « Virée ! »

Paru en Avril 2019, en poche, 7 € pour 411 pages dans « Histoire et documents  Editions De Borée» c’est un indispensable dans la bibliothèque sociale du XXI ème siècle …

Et je le redis, c’est un régal à lire. Envers et contre tout.

That’s all folks !

Norbert Gabriel

 

Vous pouvez aussi retrouver  Fabienne dans le Huffpost –>

 

 

L’écrivain Pierre Barrault est barré !

8 Avr

Photo DR

Elle est facile celle-là vous me direz. Eh bien non, figurez-vous ! Parce que lire « L’aide à l’emploi » n’est pas si simple. Sauf si vous êtes… barré. Dans ce cas, ça coule de source.

Pierre Barrault cherche un emploi. Ou non. Pas aisé de le définir. Ce qui est certain, c’est qu’il a trop lu Ionesco et trop regardé les Monty Python. Pour cette raison, Barrault – ou plutôt son héros Artalbur – ouvre des portes depuis chez lui qui le mènent ailleurs. Ou pas. Grimpe dans des bus qui le transportent où il faut. Ou pas. Au restaurant, chez son médecin, dans un magasin. Artalbur se fait écraser. Souvent. Parce qu’il a l’intestin trop long ; enfin je crois. Il rencontre aussi énormément son conseiller d’aide à l’emploi qui ne l’aide pas beaucoup. Un conseiller qui lui téléphone chaque matin. Qui lui propose un poste dans une société, laquelle vend des démons en bois à trois yeux. Mais pour se faire engager, il faut impérativement se faire greffer un troisième œil.  C’est un peu contraignant. Son conseiller lui dit de toquer à plein de portes, d’essayer, même s’il n’a pas le profil, au cas où, on ne sait jamais… Mais même s’il se prend les pieds dans son intestin, Artalbur ne veut pas bosser à tout prix. Il ne veut pas bosser en vérité. Des hommes avec des mallettes en cuir critiquent notre chômeur ne-sachant-pas-chômer avant que la bise soit venue. Parce que les hommes avec des mallettes en cuir sont des gens sérieux, eux.

Artalbur dort, mange, fait couler des bains et du café. Il cherche une sortie, une issue dans le labyrinthe de la recherche d’emploi. Dans une société menteuse, violente, absurde. Car, dans le monde d’Artalbur, on peut être radié si on refuse l’installation de lapins rouges dans son salon. Le conseiller conseille tout et n’importe quoi, mais pense qu’ils vont s’en sortir. Tous les deux. Comment ? Aucune idée. Car dans l’univers fantasque et cruel d’Artalbur, les humains sont des baudruches, des déchets qui font semblant d’être libres. Tous vivent sous le règne de Cron où (à force de ne pas traverser assez de rues) on vous pose des bracelets électroniques. Car ne pas travailler offre la liberté. Cela déstabilise Cron et le système. Et ceci est une vraie folie.

Alors ne croyez pas que j’ai pu vous résumer « L’aide à l’emploi » du barré Barrault…
Si vous ouvrez ses pages, soit vous jetterez le bouquin au loin, au bout de 60 lignes. Soit vous serez absorbé par l’écriture folle et hallucinée de cet auteur. Vous vous laisserez porter par les courants contraires d’une écriture désaxée. Le sourire aux lèvres et l’angoisse au fond du ventre. A l’écart de toute logique.

Mais voilà. S’il y avait une logique dans la recherche d’emploi, ça se saurait !          

« L’aide à l’emploi ». Pierre Barrault. Editions Louise Bottu
Le site des éditions, clic sur la couv’ —>

Fabienne Desseux

 

Jérémie Bossone à l’Arthé Café…

2 Avr

Photos Martine Barbecot Fargeix

C’est dans le cadre du sixième festival Ernest Montpied, un festival qui grandit au fil des ans, au cœur des Combrailles, et qui se déroule cette année du 29 mars au 21 avril, avec des rencontres, des concerts, du théâtre, des balades, des expos, spectacles enfants, cinéma, chansons françaises, poésie, entrées en libre participation, gratuit pour les enfants, que Jérémie Bossone et son frère Benjamin sont venus ce dimanche soir à l’Arthé Café.

C’est Didier Moguelet, secrétaire, chargé de la communication et des évenements du SIET Brayauds et Combrailles qui vient nous présenter ce festival, suivi de Maï Usclade qui nous présente les frères Bossone. C’est au Carrefour de la chanson à Clermont-Ferrand, que Maï a rencontré Jérémie Bossone, en 2011, tout comme Martine Fargeix qui était chargée des photos. Et, inévitablement, toutes deux ont eu un premier coup de cœur pour cet HVNI de la chanson, humain volant ( et voguant) non identifiable… Je préfère à Ovni, car Jérémie est loin d’être un objet !

Maï nous rappelle le parcours de Jérémie, sa notoriété croissante, les nombreux prix reçus pour ses albums, et le premier prix littéraire 2019 pour son roman Crimson Glory.

Jérémie Bossone lance un sonore Bonsoir avant d’avertir les très nombreux spectateurs présents : Y’a du monde ! J’espère que vous serez aussi nombreux à l’arrivée, on va voir les résistants ! …Mais quand même, c’est la quatrième fois que je viens à l’Arthé Café, et j’aimerais bien revenir encore... Alors on s’accroche !

C’est avec Pirate qu’il envoie la couleur, accompagné de sa guitare électrique, de son harmonica, et de son frère Benjamin au clavier  :

Au bal des connards
Je plante un drapeau noir
Que nul ne s’en étonne
Quand les pourris s’éclatent
Il faut s’ fair pirate
Pour rester honnête homme.

Pirate, un cri de révolte contre les grands de ce monde, extrait de son tout récent album Les mélancolies pirates, qui n’est pas vraiment un album, Bossone ne fait jamais rien comme tout le monde ! Mais plutôt un rap-opéra métissé, sauvage, irrévérencieux, poétique et rebelle, la rencontre d’un enfant aventurier, lui, et d’un capitaine sans bateau, Kapuche : Ce disque est un baromètre. Il mesure le degré d’extension des cœurs et des esprits, nos aptitudes à l’aventure. Je l’ai commis comme on commet un crime, comme on donne un coup de sabre, comme on éclate d’un grand rire.

J’avoue, des fois j’explose…

Et il vise juste, en plein cœur, brandissant sa guitare comme un sabre de pirate, avec un jeu de scène époustouflant, un visage expressif, un sourire de gamin qui se crispe parfois, tantôt tendre, romantique, quand il chante l’enfance, nous racontant que, lorsqu’il fait des reprises, il ne choisit pas les chansons qu’il aime vraiment, celles-là, il les garde pour lui, reprendre une chanson, c’est inventer la magie, avec une exception pour Mon enfance de Barbara, qui lui colle à la peau :

Il ne faut jamais revenir
aux temps cachés des souvenirs
du temps béni de son enfance.
Car parmi tous les souvenirs
ceux de l’enfance sont les pires,
ceux de l’enfance nous déchirent. 

Et son interprétation est bouleversante de vérité. Alors, une dernière partie de Playmobil ? les yeux fermés, tout à l’intérieur :

Dernier défi lancé bien haut
Dernier challenge, avant qu’on s’ range
Dernier vol émerveillé au
Pays des ang’, ensuite on s’ range.

Dernier fuck off aux imbéciles
Avant que tous ces cons nous mangent
Dernièr’ partie de Playmobil
Après j’ les range, après j’ me range…

Il se range…Derrière Kapuche, provocateur, aventurier, conquistador, traversant les tempêtes de la vie, ne capitulant jamais dans sa quête de vainqueur :

Il faut vivre en vainqueurs jusqu’à ce qu’on les brise
En serrant sur nos cœurs tout c’que les cons méprisent
On aime jamais trop ce qu’on con dit « futile »…
Et puis c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !
Il faut vivre en brûlant de splendeur et de rage
S’abreuver de ciels bleus, d’amitiés, de voyages
Avoir le désespoir qui chante tel Cyrano !
Voilà ce que j’ai chaque jour sur mon radeau !

Il alterne ainsi les chansons, J’aime ce qui est différent dit-il, en évoquant le beau sourire de Patricia, ou son amour pour Scarlet : Oui, mais en attendant, ce soir

Il reste collé près du bar
Où Scarlett le frôl’ de ses doigts
En espérant qu’il l’emmèn’ra
Ce soir peut-être…

Et une chanson du dimanche : La tombe :

Cette tombe était la sienne
En ce jour, oui, mais demain,
Cette tombe ell’ sera mienne
C’est la ronde des humains.

Ou encore, à ne pas mettre dans toutes les oreilles prévient-il : Spirale, le tourbillon de la vie quotidienne d’un artiste, et la déception amoureuse :

On chante, on s’aime
On s’plante, on saigne
On respir’ mal
Dans les spirales…

Prenant sa guitare folk pour nous chanter une chanson inédite qui raconte l’histoire de l’exode cherokee, La piste des larmes, pendant l’hiver de 1838-1839 où 4000 indiens ont trouvé la mort, Une fleur qui s’est élevée sur leur douleur, la toute blanche cherokee rose, sur les terres que vos larmes arrosent, elle fleurit comme un blason. Ou encore un lied  : Cuckoo.

Mais il faut qu’il bouge, et même si la scène est petite, il le fait bien, chansons théâtralisées, on comprend pourquoi il a eu aussi le prix du meilleur acteur au cours Florent en 2004 .

Mais ce n’est plus lui, c’est l’autre lui, Kapuche qui prend le relais, Kapuche qui vient du hip-hop, du rap, qui a des valeurs humanistes, Kapuche qui lui a ouvert les chemins de l’aventure, qui lui a appris l’amitié, Allez viens Kapuche, dit Jérémie Bossone, en référence à Jeff de Brel, debout Kapuche, pour l’aventure la poésie, tous sur un radeau pourri.
C’est Kapuche qui est Loin devant :

« Vous êtes mille » ? Bah je suis loin devant
Vous avancez la plume au cul
La mienne ell’ s’abreuve à mon sang
Vous avez la gueul’ des vaincus

Moi je suis loin devant
Vos mots sont pris dans l’ starting-block
Moi j’ai d’jà mis la rime en cloque
Il est quelle heur’ ? Victoire o’clock !
Ouais je suis loin devant !

Et de prévenir le public, un peu trop sage à son goût : Personne n’a foutu le camp ? Y’a pire qui vous attend ! Et c’est le rapeur-pirate Kapuche qui se lance dans l’aventure des Mélancolies pirates, et là, faut pas avoir le mal de mer, ça tangue, ça tempête, ça souffle, fini le temps de nos vies sages, ça gronde, putain, c’est ça la vie… Et l’aventure, c’est être un pirate qui frappe, qui rappe / Qui tient bon le cap, et t’es cap ou t’es pas cap, mac !

C’est fini, nous annonce t-il tout à coup…Mais pas pour longtemps, les rappels se font pressants, et c’est La Mélancollectivité générale !

Tous les jours sont des tueurs
Ils étouff’ nos lueurs
Reste un parfum de fleur
Et tous ensemble à jamais

Nous sommes
Pris
Dans
La
Mélancolie

Et puis, il arrive toujours un moment où l’on a plus rien à dire :
Putain, quand on a rien à dire
« Ce n’est pas à coups de silence
Que l’on se bâtit son empire »
Tels sont les mots de ma conscience

Ell’ parle, et moi j’ai rien à dire.

Rien à dire ? Pas facile de dire sur ce phénomène inclassable, indéfinissable, tellement pluriel, mais pour moi incontournable, parce qu’il me bouleverse, m’émerveille, me surprend, et que j’ai une folle envie de le suivre, alors, on continue l’aventure, à l’abordage moussaillons !

Merci à Maï et Marc pour cette soirée d’exception, pour tout ce qu’ils apportent aux amoureux de la chanson, pour leur exigence de qualité, et leur gentillesse. Merci aux organisateurs du Festival Ernest Montpied, une manifestation, humaine et culturelle, de qualité et merci à Martine Fargeix, pour ses photos, et sa disponibilité.

http://www.tourisme-combrailles.fr/festival-ernest-montpied-saint-hilaire-la-croix.html

Danièle Sala

 

Pour le livre Crimson Glory →

 

 

 

 

Pour l’album —>

 

Comme sur des roulettes, polar grinçant …

12 Mar

En fait de roulette, il faut bien intégrer que la roulette peut être celle du patin, celle du dentiste, et elle peut aussi être russe. Donc, le personnage-héroïne nous fait un état des lieux dans lequel la roulette est une sorte d’arme fatale employée par une psychopathe déterminée à tester « in vivo » les mille et une recettes de l’assassinat dans le cadre restreint de la conjugalité… Même si parfois il apparaît qu’elle pourrait bien élargir le champ des bénéficiaires. Une des questions utiles aux proches de l’auteure : qu’y a-t-il vraiment de l’auteur dans le personnage ? Et réciproquement d’ailleurs.

Pour faire le pitch de cette histoire un peu chtarbée quand même, disons qu’il s’agit de la révolte d’une femme quasi objet, ou considérée comme telle par presque tout le monde. Et si elle n’a pas la possibilité matérielle de vous mettre un crochet du gauche ou un uppercut du droit, elle a les neurones qui turbinent superwoman version serial killeuse. Il est donc conseillé de ne pas trop lui piétiner les roulettes, surtout avec de bonnes intentions dégoulinantes de compassion ostensible. Meilleure façon de rejoindre le panel des cibles à éliminer.

S’agissant d’un polar, que dalle pour évoquer le dénouement, sera-t-elle une veuve joyeuse ayant atteint son but ?? Une Landru femelle ou une Marie Besnard multirécidiviste ?? Ou la digne héritière d ‘une tradition familiale ? Je ne dirai rien, faudra y aller voir vous même.

Prototype en cours de construction…

On comprend vite que les roulettes sont celles d’un fauteuil de 200 kgs, de ceux qu’on qualifie pudiquement d’assistant mécanique pour personnes à mobilité réduite, on comprend aussi très vite que cette Terminator myopathe autotractée est une préfiguration extrême de ce que peut arriver à tout le monde, simplement parce qu’un jour ou l’autre, plus ou moins proche, on arrive à son insu de son plein gré, à l’état d’humain au ralenti… Sur le plan moteur ou cérébral.. Et si dans ce cas on n’a plus toutes ses jambes mais toute sa tête, on va vite trouver insupportable les a priori condescendants qui renvoient à un infantilisme humiliant.

C’est le vécu de presque tous les héros presque semblables au personnage de ce polar, et en essayant d’imaginer que des braves gens commencent à me parler comme à un enfant de 3 ans pas très dégourdi parce que j’ai l’âge d’être leur grand-père, donc ramolli du bulbe, ça me fout la rage et l’envie de commander une canne fusil, au cas où … Déjà que ça m’énerve ces jeunes personnes de 20 ans qui se lèvent dans le bus ou le métro pour me laisser leur place, c’est insupportable de voir aussi les  »grandes personnes » de la profession rejoindre la cohorte des sachants qui savent eux, ce qui est bien pour les autres qui ne sont pas comme eux… J’me comprends…

Ce bréviaire de l’assassinat dans le cadre de la conjugalité bien tempérée est en vente libre (oui quand même…) et c’est là :

  clic sur la plume –>

 

et là, pour ebook:

ebookMais sans garantie de bonne fin des propositions assassineuses…

Last but not least, si vous croisez Béluga, ne lui dites pas qu’il est un gentil minou, c’est comme la Machiavel  des myopathes, il a le tempérament susceptible avec les compliments guimauve.

Signé Old Timer Norbert Gabriel

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