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Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs…

11 Juin


Ce récit-roman est en quelque sorte la revanche posthume d’une petite fille espagnole, Rita Monpean Carreras qui voulait devenir Joséphine Blanc, française de nom et de souche, face à l’accueil réservé à ces réfugiés espagnols de merde puants et sales … Mais quelques décennies plus tard, Olivia Blanc à l’état civil, choisit d’être Olivia Ruiz, en mémoire de ces femmes, ses grand’mères, venues d’Espagne en des temps tragiques. Mémoires réinventées, et par ces mémoires croisées familiales, Olivia Ruiz construit la «mamiethologie » qui a fait d’elle l’héritière de ces femmes debout.

Le talent d’écriture, c’est savoir exprimer des sentiments ou des situations complexes en quelques mots, comme ici « … en cent cinquante kilomètres, nous avions grandi de plusieurs années. » Est-ce Rita qui parle ou Olivia qui résume, l’important est de faire ressentir ce que vivent les déracinés, les exilés, qui doivent se reconstruire dans un pays étranger.

Dans ce roman-récit, l’auteure nous emmène dans une fresque kaléïdoscope  maitrisant la réalité des histoires familiales, et les récits imagés, en vraie conteuse-chroniqueuse d’un siècle d’histoire, chaque tiroir de la commode a nourri le récit, dit « roman » l’argument étant l’héritage d’une commode à tiroirs qui sont autant de chapitres de «choses vues» selon Hugo, mais vécues dans la famille. Ouvrir ces tiroirs, c’est maintenir les souvenirs en vie, dit Rita… Et Olivia ajoute, avec une tendresse malicieuse, « … une commode bien rangée et bien remplie, ça rend l’imagination des enfants incroyablement fertile. »

Epilogue : quand vous aurez terminé ce livre, vous ne pourrez plus jamais rester indifférents face aux déracinés-migrants-réfugiés, quels qu’il soient, où qu’ils soient, d’où qu’ils viennent … Enfin, j’espère …

Bande son possible:

et peut-être que vous y croiserez Rita …

 

Norbert Gabriel

Le cas Erwan Larher, auteur

23 Mai

Titre : « Le 1 et le 3 », par Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Sous-titres possibles :

– 2 romans, 1 chronique…

– Erwan Larher, membre de la tribu…

– Comment parler de soi, de lui et d’autre chose ?

– Chronique ni tête…

©Dorothy-Shoes

©Dorothy-Shoes

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Roman n°1

Qu’avez-vous fait de moi ? : un mec qui imagine sa vie, les nanas, quand il sera riche et qui commence par essayer de… trouver un emploi… La suite ? Il s’interroge. Et il a raison. Parce que le pauvre gars ne saisit pas tout. Et pourtant, autour de lui, il s’en passe des choses…

Roman n°3

L’abandon du mâle en milieu hostile : un mec insipide qui sort avec la fille la moins insipide qui soit, qui voit sa vie défiler, thuriféraire, et qui s’interroge… quand tout est fini. Alors, on recommence.

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Hum, hum… On adopte le style d’Erwan Larher assez vite : efficace, jeu sur le mot, la structure, le renversement des points de vue, contre-pied, raquette de squash à la main, recherche du terme hétéroclite… Put one coin ! Erwan prend à cœur son rôle de narrateur, caresse, en apparence et dans le sens du poil, le lecteur en se jouant de lui, car au bout : la surprise. Il n’envisage pas l’écriture sans la surprise, le jeu, le plaisir. Et le petit plus dont il est question tout de suite.

2 lettres pour commencer : EL

Cher Erwan,

En écrivant L’abandon du mâle en milieu hostile, ton troisième roman, tu t’inscris dans un mode qui ne plaira pas à tous : manipulation, paranoïa, complot ? Il faut être un peu au clair avec soi-même et avec le monde pour s’engager sur cette voie. Tu me feras remarquer que ton premier récit Qu’avez-vous fait de moi ?, déjà, respectait, à la ligne, le manifeste originel du « parfait parano(e) ». Tu me parleras alors de ton deuxième roman et je t’arrêterai bien vite pour te dire « laisse-moi la surprise, je ne l’ai pas encore lu ». Concernant ce premier roman et ce dernier en date, que dire ? Ils m’ont plu.

Cher lecteur, quelques rappels concernant la manipulation, la paranoïa, le complot…

Faire sa Cassandre n’a rien de plaisant. Pourtant « les parano(e)s ! » finissent par adopter le terme qu’on leur colle. Ce terme qui devient doux comme une deuxième peau, ils en redéfinissent le sens, finissent par le porter comme un gonfanon et à fabriquer, avec leurs congénères, une petite tribu répondant au nom de « Salut les parano(e)s ! ». Ainsi, autour de la table, les regards échangés permettent aux parano(e)s en tous genres de se repérer les uns, les autres. Ils finissent par former un groupe, une entité, une carapace fraîche : le groupe débile, indélébile, de ceux qui annoncent… et la stratégie est simple : il s’agit de jouer sur le mot, le sens, la situation et de tout renverser… (en commençant par la définition, pour finir peut-être… par la table). Erwan, lui, écrit des romans.

©Dorothy-Shoes

©Dorothy-Shoes

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Erwan, puisque c’est de toi qu’il s’agit

Cher lecteur de Leblogdudoigtdansloeil (NB : c’est pas moi qui ai choisi le nom du webzine…),

C’est le deuxième auteur que je chronique ici. Le premier, Sébastien Ayreault, pour son très beau Loin du monde. Le second, Erwan Larher.

Ces deux-là se sont peut-être croisés, cette année, lors du Salon du Livre de Saumur, au cours duquel Erwan a gagné le « Prix Claude Chabrol ». Depuis, il a raflé d’autres prix et son roman L’abandon du mâle en milieu hostile se retrouve en haut des conseils de lecture pour l’été qui vient (à petits pas…). On parlerait, se murmure-t-il, d’une adaptation pour le cinéma…

©Sandra Reinflet

©Sandra Reinflet

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L’univers

Que puis-je dire de ses « héros » ? Des quidams. Et ce regard porté sur la société… ? Il dit « cynique », je dis « désabusé ». Le personnage principal… ? Il dit « couillon », je dis « naïf ». On peut cumuler les deux. Un héros, anti-héros, héros malgré lui de son plein gré, qui ne se retrouve jamais du bon côté de la barrière. Les filles… ? No comment. Si : un problème. Le blé… ? No comment. Si : un miroir aux alouettes, bien présent. Le rapport à la hiérarchie… ? No comment. Si : des dieux, des maîtres… des manipulations, des machinations. La politique… ? No comment… Ou plutôt, tant à dire… Le narrateur… ? Malin. Malin, joueur, coquin. Joueur et généreux. Un narrateur qui offre moult plaisirs : rebondissements, retournements, éclaircissements, tourneboulements. Un narrateur qui aime les mots, je veux dire par là : le son, le sens et le vocabulaire qui fait un pas de côté (ex : « alacrité »…). Un narrateur qui aime la structure, l’agencement, l’organisation de l’histoire offerte, les références : Metal Urbain, The Cure, Le Clézio, Echenoz ou la finale Noah-Wilander. Sans tout cela… point de plaisir. On l’a déjà dit.

Le personnage mâle, « le couillon », chez Erwan Larher, est toujours un peu paumé. C’est lorsqu’il imagine qu’il commence à saisir deux ou trois choses qu’il est au plus loin de la compréhension du monde ou de son environnement proche.

romans_larher

Mise à jour (mars 2016) : oui, le 2 et le 4 existent… une chronique bientôt.
Et le 5, à venir (avril 2016).

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Machination

Le narrateur offre le point de vue d’un personnage, une représentation erronée, déformée de la société, du réel… images et illusions. Erwan met en scène (pensons qu’il a écrit pour le théâtre aussi) l’oubli, l’aveuglement, devant le paraître, une cécité collective qui ne concerne pas que le personnage principal, l’impossibilité de saisir ce monde qui NOUS entoure, qui donne à voir, multiplie les écrans et les informations… pour mieux tromper… ?

Tiroir supplémentaire à cette présentation bien commode : Erwan joue, fabrique ce jeu des illusions, des ombres, des apparences, des flagrants mensonges… Il se joue aussi de toi (moi), lecteur, et, dessillé (initié), tu y trouveras du plaisir.

©Dorothy-Shoes

©Dorothy-Shoes

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Et puis ?

On avance dans ses récits et l’on se dit qu’Erwan Larher a décidément beaucoup d’imagination, que tout est inventé. On n’est plus sûr de rien… Qui écrit, qui contrôle… ? C’est le mystère de l’écriture. L’écrivain, dingue de fables et de fantasmagories peut TOUT transformer en récit.

Qu’avez-vous fait de moi ?

J’ai pensé au Magnifique, le film avec Belmondo. J’en ai profité pour comprendre le titre.

L’abandon du mâle en milieu hostile

J’ai pensé à THX1138, au futur qui nous attend… Et je me suis dit : « Ils sont très forts ! Mais qu’ont-ils fait de lui ? ».

Pour finir

Erwan, c’est le genre de gars à te mettre en scène des négociations qui se dérouleraient loin des yeux et des oreilles des peuples européens et américains, entre l’UE et les USA pour construire un Grand Marché Transatlantique. C’est le genre de gars qui n’hésiterait pas à pousser le bouchon un peu loin… à essayer de te faire croire que les USA ont mis sur écoute le moindre bureau de la Commission Européenne. N’importe quoi !

Erwan… t’es un parano(e), ou quoi !???

Par Hum Toks / E.5131 / Eric SABA
Le 2 juillet 2013.

©Sandra Reinflet

©Sandra Reinflet

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Chronique des romans 2 et 4 d’Erwan :
https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2017/04/09/le-cas-erwan-larher-auteur-2/

Chronique du roman n°5 d’Erwan :
https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/05/08/marguerite-naime-pas-ses-fesses/

le blog d’Erwan Larher : http://www.erwanlarher.com/

le site de Dorothy-Shoes : http://dorothy-shoes.com/

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NDLR:  Pour le nom de ce Blog collectif, voir dans la page «  Qui nous sommes »  les tenants et aboutissants ..

Entretien avec Mauro Ceballos pour parler de « Confin Art » : une initiative qui propose gratuitement aux enfants de France et du monde des dessins à colorier expliquant les thèmes liés à la pandémie et leur transmettant des principes solidaires pour résister aux angoisses et souffrances avec poésie, douceur et créativité

1 Mai

A l’heure où nombre d’artistes et travailleurs  de l’économie artistique s’angoissent légitimement pour l’avenir du secteur culturel et évènementiel et leur propre survie, certains ont choisi de mettre leur talent au service de la solidarité humaine pour épauler nos contemporains dans nos résistances individuelles et collective aux peurs, aux chagrins et au pessimisme en cette période anxiogène. Artiste pluridisciplinaire, Mauro Ceballos, batteur et percussionniste du groupe Guaka [Lire ici et ici], et auteur de la bande dessinée «Di Vin sang», entièrement réalisée et teintée avec des vins pour raconter l’histoire méconnue des liens entre Bordeaux, sa ville de résidence, et le Chili, son pays d’origine, et de l’épopée de l’implantation des vignobles et de la production de vin sur ses terres, qui a connu un large succès l’an dernier, produit depuis le début du confinement des dessins publiés gratuitement via les réseaux sociaux à destination des enfants, que ceux-ci peuvent imprimer chez eux pour les peindre et les colorier. L’initiative « Confin Art » qui a rapidement rencontré une popularité croissante ici et au-delà des frontières françaises, étant proposée en quatre langues, se révèle, en plus d’un moyen d’occuper les enfants quotidiennement durant les longues heures du confinement, être un outil pédagogique et un soutien psychologique intelligent et accessible à tous, dont les bienfaits se mesurent au nombre expansif des utilisations, partages et réactions enthousiastes qu’elle suscite. Elle œuvre à l’accompagnement des familles non seulement en occupant l’ennui et réveillant la créativité des enfants, mais également en abordant à travers chaque dessin des thèmes relatifs à la pandémie, compliqués et douloureux émotionnellement, parfois inintelligibles pour les plus petits, que l’auteur tente de leur expliquer simplement avec tact et douceur pour amener du réconfort, du bien-être et de la poésie, inculquer des principes de précaution, protection et soucis des autres, et rendre la période plus supportable -et sans doute même engendrer quelques vocations artistiques-. Décidé à poursuivre la démarche au moins jusqu’à la fin du confinement, Mauro Ceballos nous a accordé un entretien pour en parler.

 

– Mauro bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Comment t’es venue l’idée de cette initiative ?

En fait un jour avant le début du confinement, j’avais épuisé mon papier de dessin, et ne pouvais donc plus continuer à travailler avec du papier de qualité. Et comme mes deux filles étaient loin, l’une en Espagne et l’autre dans le nord de la France, j’ai cherché de quelle manière je pourrais les accompagner tous les jours, d’autant que je comprenais en regardant les exemples des autres pays que cette histoire allait prendre beaucoup de temps. Mes filles ne comprenaient pas pourquoi il fallait rester confinés, ni ce qu’était ce virus. J’ai voulu par des dessins leur expliquer ce qu’est un virus, ce qui nous arrive, quelles mesures peuvent nous protéger et comment on peut s’occuper à la maison, pour rendre l’enfermement plus supportable. Les deux premières semaines, il y avait eu beaucoup d’interventions dans les médias pour les adultes, mais rien pour expliquer aux enfants. Les enfants étaient complètement écartés de l’information. J’ai donc cherché comment expliquer avec des dessins aux enfants, à mes propres enfants d’abord. Et puis je les ai publiés sur la page facebook bordelaise «wanted community Bordeaux» [Lire ici], et leur visionnage et popularité a explosé. Il y a eu plus de trois cent messages et commentaires de soutien. Je n’avais pas pensé au préalable que d’autres enfants pouvaient se servir aussi de mes dessins, et j’ai été très touché par ces réactions. J’ai décidé de réaliser des dessins pour accompagner mes enfants chaque jour et de les publier pour que les autres aussi puissent s’en servir. Et puis trois voisins ont vu ça, l’un étant rédacteur, l’autre graphiste, et le dernier réalisateur de vidéos, et m’ont proposé de créer un groupe de travail. Ils m’ont donné un sacré coup de main pour impliquer la presse. Il y a pas mal de chose en France, pas encore dans les presses étrangères, mais petit à petit, il y a une expansion. On a tout fait nous même ; c’est le système hyper méga « D ». Nous avons mis en place des supports de presse et fait une vidéo, en quatre langues : Français, Anglais, Espagnol et Japonais. J’ai aussi commencé à travailler avec une personne russophone pour les traduire en Russe.

 

– Dans quel but ?

Comme je connais pas mal de monde dans plusieurs pays, des gens rencontrés au cours des tournées, et que le confinement existe partout, l’idée est de rendre l’initiative accessible aux citoyens d’autres pays. Cela a bien pris en Espagne, au Chili, au Mexique, en Italie et ça s’est propagé très vite. Aujourd’hui des milliers de parents s’en servent tous les jours et même des enfants harcèlent leurs parents pour qu’ils leur impriment les dessins. Et comme les gens envoyaient des messages de soutien ou remerciement, je me suis dis qu’il serait intéressant d’offrir les dessins accompagnés, chaque jour, d’un message d’une personne, un peu leader d’opinion de chaque pays, puisqu’avec Guaka, nous nous sommes liés à beaucoup de stars au cours des tournées. Un ami, vedette du cirque Arlette Gruss, qui a pu retourner au Chili avant le confinement a écrit un message ; et comme c’est un clown, il est connu des enfants et des parents. Des personnels travaillant à la télé, et aussi beaucoup de musiciens ont fait de même, comme Denis Barthe et les Hyènes [ici], Sergent Garcia, Shaka Ponk [ici], des acteurs et membres du Buena Vista Social Club. L’idée est de lancer un truc différent chaque jour et comme ce sont des gens très connus, ils partagent la page, ce qui fait qu’il y a de plus en plus d’enfants qui ont accès aux dessins.

 

– T’es-tu heurté à des réactions négatives ?

Oui, il y en a eu ; il y en a toujours. Philippe Poutou par exemple a participé, et des commentaires mal intentionnés s’en sont pris à lui en le traitant d’opportuniste et de tout. C’était la première fois que j’associais un homme politique à mon travail, et dès que tu fais rentrer la politique quelque part, il y a toujours des réactions virulentes. Heureusement d’autres ont pris sa défense. Moi, je ne réponds qu’aux commentaires bienveillants. Mais quand il y a des choses moches, je ne réponds pas. En plus mon travail est pour les enfants, pas pour eux. Ils doivent être tellement malheureux pour écrire des commentaires aussi malsains au sujet de dessins pour les enfants. Le malsain, il faut le tuer tout de suite, sinon après il te contamine. J’avais appelé Philippe, parce que c’est un pote, et il m’a écrit un mot très sympa. Mais après il y a toujours des gens cons et aigris qui essayent de salir ce qu’on fait de constructif. Mais si on en tient compte, on n’en finit jamais.

 

– Le but de tes dessins n’est pas uniquement d’occuper des enfants pour rendre le confinement supportable, mais aussi de les aider à comprendre l’actualité que nous subissons. Quels messages peut-on faire passer à des enfants ?

J’essaye de passer des messages très compliqués simplement. Une chose dont on ne parle pas par exemple est que beaucoup d’enfants sont en train de perdre leurs grands parents, sans pouvoir leur dire au revoir ni les accompagner pour l’enterrement. C’est tragique et ça complique le deuil. Mon travail vise donc à traiter ces thèmes. J’en suis actuellement à plus de 90 dessins, car parfois j’en créé plusieurs par jour, suivant les thèmes à aborder, mon inspiration du moment aussi. Si on calcule que ça va prendre entre 30 et 40mn à un enfant pour peindre un dessin, à raison de quatre dessins par jour on peut les occuper deux heures, ce qui est une sacrée pause pour les parents. C’est donc une aide pour les parents, car ça leur dégage du temps et en même temps j’essaye d’expliquer des choses aux enfants. Ce ne sont pas juste des dessins à la con qui ne racontent rien. Et comme les enfants peignent et colorient les dessins, ça leur créé une certaine connexion à l’image qui fait qu’ils s’en rappellent. Cette semaine par exemple le thème choisi est la violence dans les foyers, envers les femmes ou les enfants, les hommes aussi, les couples qui se déchirent. Il faut être non pas consensuel, mais doux pour traiter ces thématiques et proposer des solutions pour vivre un peu mieux le confinement. Je me rappelle que quand j’étais petit, mes parents se battaient tout le temps et j’essayais de dessiner des choses que je trouvais positives, et j’arrivais à calmer les choses. Je voulais juste qu’ils puissent s’aimer, pas se battre. Maintenant je vois la même problématique dans tous les pays. Il faut pouvoir expliquer aux enfants, leur donner des clés, et un peu de joie. Qu’au moins un enfant enfermé toute la journée avec des parents en train de se déchirer puisse s’évader dans le dessin. Psychologiquement ça peut les aider à affronter ces malheurs qu’ils sont en train de vivre. Et puis aussi leur apprendre les questions d’hygiène, à découvrir la musique, le théâtre, construire des jeux, faire attention aux handicapés. Je n’ai pas encore traité le thème des anciens, mais je vais le faire d’ici une ou deux semaines, car il y a dans les Ehpad des papis et des mamies qui peignent aussi. L’idée est surtout d’expliquer qu’il faut se protéger et rester confinés, et essayer de s’occuper et de rendre la vie plus belle. J’essaye aussi de m’inspirer des histoires des victimes du nazisme qui étaient dans les camps, des cosmonautes aussi qui passent un an enfermés dans une cabine spatiale éloignés de leurs proches, des gens qui sont en prison, des étudiants qui sont obligés de rester dans des chambres de 9m², enfin plein de choses auxquelles on ne pense pas lorsqu’on vit dans un endroit spacieux. Je pense toujours à ces gens et les messages sont aussi par rapport à eux. Et je pense aussi ce travail comme celui des dessinateurs de journaux qui dessinent tous les jours en rapport à l’actualité. Je n’ai pas encore touché les thèmes de la mort, de la perte, de la misère ; mais je préfère parler de tout cela à travers l’imaginaire et la solidarité. Ce n’est pas toujours évident, parce qu’on vit quand même dans un monde de merde. Mais il faut au moins essayer de le faire pour les enfants, sans être pédant, juste avec le cœur. C’est une forme de résistance : pouvoir résister tous les jours, et aussi être informés de ce qui se passe jour après jour.

 

Mauro Ceballos et ses amis lancent aujourd’hui un financement participatif en ligne pour compiler les 55 dessins réalisés en un album à destination des enfants de soignants et enfants démunis (Ddass, enfants de réfugiés, enfants hospitalisés). Vous pouvez y commander un exemplaire pour vous (15 euros), et pour chaque album acheté, un album sera offert à un de ces enfants, ou contribuer librement ici : ici

 

 

Miren Funke

Photo de Mauro Ceballos : Bacchus

Liens :

Vidéo de présentation : clic sur la télé–>

 

 

 

 

 

Facebook de l’artiste ->

 

 

et ici —->

 

 

 

 

 

Tronches de vies 

27 Avr

Côté culture, durant ces semaines de confinement, je n’ai pas eu beaucoup d’opportunités de faire chauffer ma carte bleue. J’ai quand même décidé de m’offrir une BD aux Éditions Lapin qui continuent de faire vivre leur petit commerce –  vaille que vaille, loin d’Amazon –  malgré le temps à l’orage.

Si j’ai opté pour « Tronches de vies » de la dessinatrice Soph’ ce n’est pas par hasard. Il y a quelques semaines, ma route virtuelle a croisé la sienne sur les réseaux sociaux et on a un peu discutaillé. Alors, comme je suis gentille, j’ai acheté son ouvrage. Pour voir… Le risque, dans ce cas-là, étant que je me retrouve déçue de cet achat fait par sympathie. Et que je sois obligée de louvoyer en disant « si, si, c’est vachement bien » alors qu’en vérité je trouve le résultat moyen-moyen, voire pire.

Sauf que « Tronches de vies », si si, c’est vachement bien.

Ah ben franchement, c’est drôle ! J’ai même éclaté de rire à la lecture d’une ou deux planches ce qui, en bande dessinée, ne m’était pas arrivée depuis un temps que les moins de vingt  ans ne peuvent pas connaître.

Alors attention, faut apprécier l’humour bête et méchant. Parce que ses personnages, Sonia, Robert ou Josiane, c’est pas le haut du panier ! Ils ont le cerveau en goguette, la matière grise en roue libre. Mais c’est pour ça qu’on les kiffe. Ils ont tendance à traîner un peu trop sur internet et dans les bars. Ils parlent beaucoup de cul, de leurs couples et de leurs gosses. Ils ont aussi une opinion concernant l’éducation, Vincent Lambert, la voyance avec des asperges, Houellebecq, la sodomie, les sondages, le maquillage vaginal, et l’écologie.

Une planche, une histoire, une vanne. C’est cash, c’est court, c’est percutant.

Cela s’explique parce que Soph’ fait aussi dans le dessin de presse. Elle sévit chez Mazette, magazine numérique, satirique et écologique. C’est cet esprit de concision et de tir au but qu’on retrouve dans « Tronches de vies ». La dessinatrice pousse loin le bouchon de notre connerie et de celle des autres. Les deux pieds bien ancrés dans l’actualité, elle n’hésite pas à mettre son nez partout même – et surtout – si ça ne sent pas bon.

Rire d’un humour grinçant est, pour moi, toujours un plaisir. Rire d’un humour qui ne s’embarrasse pas de pincettes et que certains trouvent de mauvais goût, aussi. Dans une époque où le masque est de rigueur, Soph’ ne se cache pas.

Elle y va frontalement et c’est ça qu’est bon !

Page FB Soph’ c’est là-bas  —–> clic sur le nez

ou bien sur ce que vous voulez…

« Tronches de vies » Éditions Lapin 111 pages 14 euros

 

Fabienne Desseux

À quoi ça rime…

12 Avr
 
 Jean-Pierre Fauré est un auteur compositeur interprète, conteur et comédien, né à Épinal . De nombreuses rencontres artistiques, notamment avec Allain Leprest, ont contribué à sa passion de la scène, des mots et de la musique.
À quoi ça rime de continuer à conter, à écrire, quand personne ne s’intéresse à tes histoires ? Changer le monde ? Il ne change pas.
 C’est vrai. Et si je conte encore aujourd’hui, c’est juste pour que le monde ne me change pas. 
Alors, à quoi ça rime ?
«  Depuis le temps qu’on écrit des chansons,
Parlant de luttes et de révolutions,
Contre les cols blancs qui assassinent,
Les exploiteurs de la famine, 
Vers où nos coeurs naufragés s’arriment
À quoi ça rime ? 
Le monde, Jean-Pierre Fauré le voit, avec lucidité, les faux paradis des supermarchés, pourtant, c’était beau :
 «  Ici, il y avait une clôture
Un pré trempant ses pieds dans l’eau
Un lézard bronzant sur le mur
Un arbre pulpant d’abricot…« 
Le nucléaire, les neutrons, les OGM, la pollution,  » Les fâcheux fachos du FN « , les guerres,  jusqu’à l’obsolescence de la vie. 
Sa France est rouge cerise entre l’orange et l’olivier :
 » Mon Dieu, ma France, que tu es belle
Quand tu es ainsi réunie
Quand coeurs et poings serrés se mêlent... » ( à Jean Ferrat). 
Mais, au-delà de ses vieux combats :  » Le point levé, rouge écarlate », la poésie l’attendait, au coin de la rue :
«  L’soir où j’ai posé mon ballot
Quand mon coeur a baissé les bras
Prêt à laisser à ces salauds
Mon drapeau et mes  » ça ira »
Elle s’est radinée bien tranquille
Et m’a regardé dans les yeux
Et moi, comme un vieil imbécile
J’ai pleuré pauvre bienheureux. « 
.
Une poésie populaire, qui raconte les fêlés de la vie, les héros du quotidien, les gens du voyage :
«  Qu’il vente ou bien qu’il flotte,
L’hiver quand ça grelotte
Qu’ça tombe comme à Gravelotte,
Dans sa jolie roulotte
L’un tissait sa pelote
De gentil croque-note
Avec une matelote qu’avait une jolie glotte. »
Les princesses de quat’sous :
 » Un matin, ils ont remplacé
Les caravanes par une pancarte
 » Séjour interdit aux nomades
La petite fille, j’l’ai jamais r’vue
Je n’sais as ce qu’elle est devenue
Mais elle a laissé dans mon âme
L’amour tzigane. »
La fée Carabosse :
 » Elle trottinait le long des quais
Dans ses haillons
Mais dans sa tête s’enivrait un
Accordéon
Quand elle passait devant la cour
D’récréation
Nous on l’app’lait fée Carabosse
On est méchant quand on est gosse.« 
.
Les combattantes, femmes, filles, mères ou grands-mères, qui subissent l’hégémonie des hommes : 
«  Qu’elles se nomment Malala,
Emily, Masih, Rosa
Qu’elles résistent dans un car
Juste pour pouvoir s’asseoir
Qu’elles refusent de mourir
Sous la violence en martyrs
Qu’elles se dressent pour crier NON
Au viol ou à l’excision. »
.
Jean-Pierre Fauré n’oublie pas ceux qui ont payés de leur vie leur amour de la liberté, comme Victor Jara.
Poésie des humbles, de la  » détresse des silencieux », ( Bruno Ruiz) comme cette vieille femme solitaire :
«  Sa mémoire se faisant la paire
Lui laisse un goût d’orange amère. »
L’impertinente cousine de Firmin, les filles du Coq hardi :
 » Mais un jour sombre et morose,
La bonne madame Rose
A dû pour la noble cause
Fermer sa maison close.
Maintenant ses pauvres filles
S’trimballent en talons aiguilles
De décembre jusqu’en janvier. »
Les bourrés du cabaret : 
 » C’est un cabaret pou des cas barrés,
Des gars dézingués, des gonzesses dégazées
Des tares à biscotte, des tarabiscotées
Si tu crains pour tes os, et ben t’as qu’à t’barrer. »
.
Les amoureux de hashtag love duo, Julie et Julot, qui passent à côté de la vraie vie. 
Les seigneurs ( à Jean-Roger Caussimon) :
«  Les seigneurs ne sont pas d’un pays.
Ils ont l’accent d’un peuple
Qui voyage sans fin.
Leurs ports sont les forêts,
Les étangs des prairies
Où l’amour naît d’un rien.
Baladeurs, baladins,
Chasseurs de nuits sans lune,
Enfants de la chimère,
Pourfendeurs de moulins,
L’eau, le vent et le feu
Sont toute leur fortune,
Ce sont des gens si bien. »
.
Les enfants de la misère  qui traînent le long des trottoirs.
Les amours de gosses, ou les amours inoubliables qui laissent des traces de  » Parfums », ou qui finissent  » chagrin ». Et les régimes désespérants qui ne laissent que :  » La part des anges ».
Mais aussi des odes à la nature, tout ce qui touche la sensibilité du  poète, comme cette maison abandonnée :  » La maison aux saisons mortes » qui lui livre l’histoire d’une vie, à travers les photos fanées. 
.
 » Jean-Pierre Fauré fait partie des humbles de la bonne chanson. Il a besoin de s’adosser à des fraternités, se frotter souvent à quelque exercice de célébration. C’est un pauvre qui a la rime riche, du jeu de mot malgré lui, presque obsédant. » dit justement Bruno Ruiz dans sa préface. Il célèbre ainsi Francesca Solleville,  » E Canta Francesca« , Jean Ferrat , Caussimon, José Correa qui a signé les dessins du livre,   Pierre Barouh , etc, et le livre est dédié à Paul Fort et Allain Leprest.

 

 » Ce livre se veut juste être un témoin; le reflet d’un univers. Surtout n’y voyez aucun orgueil, simplement une envie de partage et le désir de laisser une petite trace à ceux que j’aime... » 
.
 Mission accomplie pour le partage, chansons ou poèmes, humour ou nostalgie, Jean-Pierre Fauré est un artisan qui puise ses mots dans les carrières du vivant et de la mémoire,  et même là où on ne les attend pas, dans  »  un geste, un regard, un silence trop bavard ou un vacarme déchiré... » 
  » C’est pas que du vent, c’est des mots
Cris perdus d’un guillemot
Dans les villes et les hameaux,
Sans retenue
Pour vous dire la vie continue
Tête libre et les mains nues
Tout comme, inconnu,
Je suis venu. » 
Danièle Sala

Les comptines de Kikobert…

5 Déc

A quoi rêve un serpent qui n’a pas de pieds pour marcher (ou faire des vers) , pour danser, pas d’ailes pour voler, pas de voix pour faire rock star dans the voice, et pas de cheveux pour faire le néo punk à crête de coq ? A quoi rêve-t-il ?? Rien de tout ça, vous le saurez en écoutant les comptines de Kikobert, dans un panorama élargi et musical de saynettes courtes et rigolotes, malicieuses et zoologiquement pertinentes, on ne saurait contester l’évidence de l’hippopotam-tam ou le désarroi de la coccinelle qui a perdu ses points, et son permis de vol ? Peut-être … L’avis des animaux est une source permanente de petites historiettes où l’on voit en filigrane des tableaux façon Prévert sur une bande musicale inspirée de Gershwin… ou d’un petit rag time guilleret qui dope l’escargot marathonien, tout est possible. Et c’est éducatif, la vie du ver de terre est une initiation maligne à l’arithmétique et la zoologie.

Cet album a été testé et écouté et ré écouté par mademoiselle Nina, 2 ans et demi, qui le conseille sans réserve à tous les parents… C’est un joli cadeau à accrocher dans le sapin .. et c’est un livre disque à lire et écouter , et réciproquement.  Et à colorier, si la boite de crayons de couleurs est aussi dans le sapin..

Auteur, compositeur, interprète : Nicolas Berton dit KIKOBERT  avec aussi la pétillante Liz Cherhal, c’est une offre qu’on ne peut refuser …

Le site de Kikobert c’est là
clic sur le moineau  —–>

 

 

 

Norbert Gabriel

Guy Béart révolutionnaire ou prophète ?

22 Nov
En préambule ces mots de Pierre Barouh :
«  La chanson sait exprimer des sentiments complexes avec des mots simples. »

Prophète ou révolutionnaire ?  Révolutionnaire, et/ou visionnaire ?

Le livre de Michel Trihoreau est exemplaire pour démontrer à travers la chanson et un auteur-compositeur-interprète, Guy Béart, toute la dimension de cet art populaire dans la société. Remettons à sa place l’anecdote piteuse d’Apostrophes, l’exemple même des schémas simplistes pour réduire un débat de fond à une pitrerie désolante de propos de comptoir. Mais parfaite pour faire la joie des habitués des étiquettes, ceux qui ne vont jamais plus loin que le titre à effet sans s’attarder à une quelconque analyse.

Et quand un auteur a une œuvre aussi diversifiée que Béart une seule étiquette ne peut suffire . Ou peut-être, selon Aragon:

«  Le poète a toujours raison, et le futur est son royaume. »

Michel Trihoreau a exploré toutes les facettes de ce personnage assez atypique, que ses « principes » ont mis dans une sorte de terrain vague aux multiples entrées : poète populaire avec « L’eau vive » devenue chanson du folklore, surréaliste amer avec « En marchant » chroniqueur des couleurs du temps, « Qui suis-je… Fille d’aujourd’hui » fabuliste narquois «  Le chapeau », visionnaire dans son métier,  s’émancipant des tutelles du showbizz, en devenant son propre éditeur, bien avant les autres.

Vous trouverez beaucoup d’autres pistes confirmant le titre « Révolutionnaire ou prophète » avec aussi l’envie de découvrir ou redécouvrir un répertoire d’une richesse et d’une diversité rares.

Chacun a sa chanson « de mémoire » en rapport avec une tranche de vie personnelle, selon l’heure et le temps, mais pour finir cette invitation à faire une grande ballade musicale avec Guy Béart, une chanson, en particulier, me paraît symbolique, c’est à la fois la plus belle déclaration d’amour aux femmes -mais pas que- et c’est aussi ce que j’ai envie de lui dire, « ce que j’aime en vous, c’est vous… » la suite ci dessous.

Le livre de Michel Trihoreau est en librairie aujourd’hui, 22 Novembre, édité par  « Le bord de l’eau » à visiter… pour commander en librairie de proximité.

Le Bord de l’eau, c’est ici:
Clic sur la librairie et entrez: –>

 

 

 

Norbert Gabriel

Et pour la librairie en général, soyons des résistants aux hégémonies envahisseuses, voyez ci dessous:

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Nougaro, Brassens se livrent ..

11 Nov

 

Pour bien comprendre les gens, le mieux est d’écouter ce qu’ils disent. ( Pierre Dac ).

Et aussi ce qu’ils chantent, ou écrivent. Voici donc deux livres de notes de Claude et Georges, parus récemment, et qui peuvent faire un cadeau possible quand il est temps de (se) faire un cadeau. Et c’est original, un objet autonome, sans pile, sans wifi, sans connection, ça peut surprendre…

Nougaro :

« Mes chansons sont construites comme un petit film ; j’essaie que, dans mes chansons, il y ait une qualité visuelle, que l’oreille devienne un œil. »

« Ce qui swingue, c’est ce qui fait balancer l’âme, et non pas le cul. »

« Je ne fais pas du divertissement, je fais de la récréation ou de la re-création. Je n’ai pas l’intention de faire passer une heure agréable à madame la sous préfète pour qu’elle aille croquer un petit four sonore. »

« Je veux avoir à faire à des artistes, c’est-à-dire à des hommes qui ne songent point à vous endormir mais à vous réveiller. »

« Quand on parle d’arbre, immédiatement le chêne Brassens pousse. »

Brassens

« J’aime la musique ? J’ai appris à l’aimer par la chanson, parce que la chanson c’est la forme de musique qu’on avait dans les milieux ouvriers. »

« Dans la chanson je m’octroie tous les droits. Dans la vie c’est pas pareil. »

« Mon univers se modifie à chaque instant, autour d’une femme, une fleur, un arbre .. »

«  Ma guitare est une sorte de tam-tam nègre. »

« Solitaire comme dit l’autre mais solidaire. » »

«  Si tous les êtres avaient un esprit de tolérance, la liberté irait de soi. »

« Je parle de Dieu parce que j’ai été élevé par une mère catholique, mais je ne crois pas en Dieu. »

«  Il suffit que j’aie aimé quelqu’un pour qu’il soit vivant jusqu’à ma propre mort. »

«  La musique a une importance capitale, une chanson plait surtout en fonction de sa musique. »

« La musique quand elle est belle donne aux paroles une dimension qu’elles n’ont pas. »

« La chanson en art mineur ? Il y a des chansons mineures, voilà tout.

A travers ces quelques mots choisis dans les 310 pages de ces deux livres c’est une sorte de radioscopie personnelle qu’on peut faire,en trouvant dans les mots et pensées de Nougaro et Brassens ce qui nous ressemble, ou ce qui ressemble à l’image que l’on se fait de ces deux troubadours, le troubadour étant à la fois un chroniqueur et un poète.

– Pour Nougaro, c’est au Castor Astral, par Laurent Balandras et Jean-Paul Liégeois

– Brassens au Cherche Midi par Jean-Paul Liégeois.

Pour rappel, l’excellent Kaléidoscope de Gilbert Laffaille, voir ici : clic sur le livre –>

 

et le dernier numéro de Je Chante, avec un dossier Michel Legrand exhaustif.

Le site c’est là dessous,

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Jérémie Bossone au FLF …

13 Oct

Clic pour agrandir .. Photo ©NGabriel

On ne sort jamais indemne d’une rencontre avec Bossone, c’est comme avec les incandescents puncheurs genre Janis Joplin, Debronckart, Vissotski, qui vous arrivent comme un direct au coeur et au corps, parfois on ne comprend pas les mots, mais on en perçoit bien le sens, et l’essence. Ça carbure aux alcools forts de la vie, ça s’envole vers ces pays de l’étrange et du rêve / Vers l’horizon perdu par delà les sommets, / Vers le bleu paradis, c’est la lointaine grève / Où votre espoir banal n’abordera jamais.*

Bossone, c’est Cyrano et Don Quichotte, c’est Long John Silver et Martin Eden, c’est Gavroche et Kapuche, les voltigeurs de la flibuste de tous les temps, Crazy Horse et Géronimo. Le Wolf Walk, c’est la nef des derniers vivants dans un monde où tout le monde est couché. Et ces Magellan pirates sont le dernier espoir du monde, mais personne ne les entend .  C’est le lot du prophète et du poète, ils voient plus haut que l’horizon, et à travers les murs, c’est dire s’ils sont incompris dans leur temps. Le pirate pousse le dernier cri du monde, et nos oreilles enfantines en recueillent la mélancolie. Ou le cri de guerre.

Quand Bossone convie Kapuche à prendre la barre et donner le cap, on embarque . Faites votre voyage, il y a 3 pistes,

  • le spectacle des Bossone , Jérémie et Benjamin, ça fluctuat sans mergitur,
  • voyez ici → clic sur l’image –>
  • l’album « Les Mélancolies Pirates » ci-dessous
  • et le roman du Crimson Glory, c’est là →
  • Et pour quelques photos de plus …

Avec en bonus extra, ces photos de David Desreumaux, même lieu même heure,
clic pour agrandir

* Avec la participation des « Oiseaux de passage » de Jean Richepin.

 

Norbert Gabriel

Franginades et plus avec Joyet …

7 Oct

Vous aimez la chanson qui raconte, celle qui jongle avec des mots choisis, riches et savoureux, rabelaisiens ou voltairiens, avec le ton hugolien et la verve de Figaro, l’impertinence de Triboulet, ou celle de Scapin le démiurge narquois, alors vous aimerez cette proposition de  Franginades  de Bernard Joyet  dont voici le programme.

(Clic sur l’image et c’est agrandi ! )

Et comme vous êtes des activistes du spectacle vivant et de la chanson rebelle aux modes de ces musiques urbaines souvent pas urbaines et sans musique, vous pouvez le prouver , le mode d’emploi est ci dessous, le mécénat est à votre portée, donc le double album attend votre commande.

 

 

Mais il arrive qu’une bonne nouvelle soit accompagnée d’une autre bonne nouvelle, ce qui n’est dans l’ordinaire des jours depuis  quelques temps, Bernard Joyet publie sous forme de livres, dans des recueils à la typographie raffinée –>

et le deuxième est annoncé,  voici, avec une offre spéciale.

 

 

 

Et pour plus d’infos, si nécessaire, chez monsieur Joyet, c’est là: Toquez à l’huis, et ça s’ouvrira,

 

Et pour quelques images du dimanche 6 Octobre au Forum Léo Ferré..

 

 

Norbert Gabriel

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