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On voudrait revivre …

16 Jan
Préambule : Gérard Manset s’est appliqué à réaliser des albums « intimes » c’est à dire en écouter plutôt en solo et avec un casque pour être en totale harmonie avec son univers poético musical. Une quête permanente de la perfection qui ne tolère aucun des aléas du direct. D’où son choix de ne pas paraître en scène.

 

Photos ©NGabriel2019 Théâtre de l’Opprimé

Entrez dans le rêve et le studio de Gérard Manset, avec Léop’ et Max.. c’est un voyage musical intime, une réussite exceptionnelle sur le fond et la forme avec deux partenaires alliant la grâce et le talent, l’humour et la sensibilité, la fantaisie poétique et le regard affûté sur la vie et le monde .

On voudrait revivre nous ouvre d’emblée la porte de cette visite au cœur de la création musicale selon Manset. Maxime Kerzanet comédien musicien a conçu ce spectacle avec  Léopoldine Hummel, ils sont en scène en totale complicité amoureuse avec les chansons qui font une fresque entre ombre et lumière, comme un long plan séquence sans interruption d’applaudissements qui casseraient le charme. Ce charme inouï, il scintille dans toutes les plages de cette radioscopie musicale, vocalement les deux partenaires sont parfaits, irrésistibles, on y entend aussi bien des chants d’oiseaux que des interventions diverses de biquettes, de chiens et chats ou de créatures fantasmagoriques (Léopoldine dans tous ses états…) dans une sorte de rhapsodie Manset qui séduit aussi bien les anciens qui ont connu le siècle  des  années 68 que leurs enfants qui découvrent la richesse et la diversité de l’oeuvre.

C’est un spectacle qui se nourrit du meilleur du théâtre avec ces deux comédiens talentueux, et du meilleur de la chanson. Ceux qui ont suivi l’actu dans ce domaine, ont pu le vérifier entre autres avec le Prix Moustaki et le Prix Saravah qui ont salué le talent de Léopoldine et ses musiciens ces 3 dernières années. Et comme au théâtre, ils ne sont pas tout-à-fait seuls dans l’élaboration, donc voici l’équipe qui a réalisé « On voudrait revivre »

Compagnie Claire Sergent
A partir des chansons de Gérard Manset
Mise en scène : Chloé Brugnon

Avec : Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet

Création lumière : Hugo Dragone
Création son : Mathieu Diemert
Costumes et accessoires : Jennifer Minard

 

Il y a encore 4 soirs le 16 (presque plein) et le 18 le 19 et le 20 ..

Au théâtre de l’Opprimé, clic sur le tableau  pour infos –>

 

Pourquoi ce tableau? vous le saurez si vous ne ratez pas les 3 premières minutes..

 

 

 

 

Norbert Gabriel

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Anne Peko, Ma cantate à Barbara 2019…

6 Jan

Jusqu’au 10 Février

Dans 4 semaines ce spectacle fêtera une année de présence au Théâtre des Variétés. Programmation intermittente qui donne 12 semaines parisiennes depuis depuis le 19 Octobre les vendredi samedi dimanche. .

C’est déjà un signe fort de la satisfaction du public qui est présent avec bonheur et qui doit faire savoir urbi et orbi que cette Cantate à Barbara sonne très juste, qu’Anne Péko sait faire vivre Barbara das toutes les facettes de son art et de sa fantaisie .

« Cette Cantate à Barbara est une véritable intégrale en spectacle. Anne Peko fait vivre toutes les facettes de Barbara, femme plurielle, l’amoureuse, la malicieuse, la mystérieuse, la délurée, ce qu’on oublie souvent à cause de l’étiquette estampillée « chanteuse de minuit-dame brune hiératique ». Barbara a aussi été l’auteur de « Madame » un texte qui aurait ravi Bernard Dimey au sommet de sa verve truculente pour peindre une de ces maisons accueillantes aux messieurs en goguette. Anne Peko nous emmène dans les sentiers sinueux de ce parcours qui évite la ligne droite et les clichés convenus… suite ici → clic sur la photo,

Mais avant il faut signaler que le spectacle vivant sait évoluer et s’enrichir.. Selon les soirs les musiciens sont différents et c’est la possibilité de voir la richesse des mélodies de Barbara . Avec le piano de Pierre-Michel Sivadier, le violon et la mandoline de Sylvain Rabourdin ou Jean-Lou Descamps dessinent des décors musicaux d’une finesse rare… Des dentelles élégantes… Des enluminures sur mesure…

Un spectacle hommage s’appuie souvent sur des corrélations intimes – hasards ou coïncidences- qui créent des liens particuliers et c’est ce que raconte Anne Peko en fin de soirée… Ce que Prévert aurait résumé par « Il n’y a pas de hasard, il y a des rendez-vous. »

Vous pouvez le vérifier ici –>clic sur la photo,

L’échéance du 6 janvier vient de s’esquiver au profit des prolongations jusqu’au 10 Février.. Si vous avez raté, est-ce possible ? vous avez la chance de bénéficier de ces prolongations.. On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle … et par les temps qui courent … Comprend qui veut.

 

Pour réserver, c’est là –> 

Un aperçu du spectacle ? Voilà ,clic sur le projecteur, Le site d’Anne Peko , suivez la flèche

 

 

 

et pour quelques photos de plus…

photos NGabriel

Norbert Gabriel

Tio Brassens par Christina Rosmini…

18 Déc

Itinéraire d’une enfant de Brassens… c’est la petite princesse du croque notes qui a tricoté à son Tio Brassens un bel habit en patchwork de souvenirs reconnaissants et aimants pour ce tonton virtuel qui l’aidée à grandir pour devenir une femme citoyenne à part entière.

C’est une histoire où une famille déracinée a trouvé un lieu où faire sa vie. Et dans ce voyage intime de migrants espagnols, les chansons de Brassens ont forgé une identité française, celle de Voltaire, de Rabelais, Musset, Villon, de tous les poètes…  et s’il n’en restait qu’un, Hugo serait celui-là.

Si je devais illustrer par une image le patchwork tricoté par Christina, ce serait peut-être par un tableau de Klimt, une composition raffinée et élaborée suggérant toutes les nuances de l’âme humaine quand elle est humaniste. Tricoté, selon Christina Rosmini, avec toutes les paroles de Brassens, pas uniquement celles des chansons, et c’est là ce qui fait de spectacle un moment rare, c’est tout Brassens qu’on entend à travers Christina : l’archétype paternel solaire , universel, protecteur et émancipateur.

Il y a urgence, ce spectacle est à Paris pour deux jours encore, mardi 18 et mercredi 19, et que vous soyez fan de Brassens ou pas, c’est l’opportunité de découvrir « cette toute nouvelle création (-) un véritable hymne à la poésie et la joie avec cette pointe de truculence et d’humour propre au maître » . (Jean Dominique Rega Vaucluse matin)

Libération rappelle que ce spectacle a été récompensé par le Molière du meilleur spectacle musical en 2017. Et les amis de Georges lui ont remis le Grand Prix d’Interprétation Féminine 2018.

Last but not last, les émules de Django et les disciples de Crolla seront émus de retrouver dans les notes de Bruno Caviglia l’écho des guitares de Victor Apicella et de Barthélémy Rosso, ces tricoteurs de dentelles musicales qui soulignent avec finesse la griffe méditerranéenne que Christina Rosmini exalte avec bonheur et jubilation.

Du point de vue d’un vieux routier des spectacles qui doit bien avoir 30 à 40 spectacles Brassens au compteur, c’est une révélation et un bonheur rare de redécouvrir Brassens.

C’est ici que ça se passe pour tout savoir sur les créateurs de ce spectacle , et réserver,

clic sur la guitare.. → (une Favino-Brassens)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Qui a peur de Pauline Julien ?

23 Nov

 Quand y a la mer et puis les chevaux 
Qui font des tours comme au ciné 
Mais qu’ dans tes bras, c’est bien plus beau 
Quand y a la mer et puis les chevaux 

Quand la raison n’a plus raison 
Et qu’ nos yeux jouent à s’ renverser 
Et qu’on n’ sait plus qui est l’ patron 
Quand la raison n’a plus raison… 

C’est par ces mots de Léo Ferré que Céline Faucher nous embarque dans l’univers de Pauline Julien qui avait interprété  cette chanson, dans les cabarets de la rive gauche, à Paris, dans les années cinquante, elle chantait Ferré, mais aussi Brecht,  Boris Vian, puis son répertoire s’est enrichi, avec Charles Trenet, Aznavour, Gainsbourg, Brel, ou Montand. Céline Faucher raconte Pauline Julien entre deux chansons, nous dit que c’est elle qui lui a donné le goût de l’indépendance, de la liberté, elles ont la même force et la même tendresse, le même humour, le même amour de l’autre, les mêmes engagements, le même amour de la vie, et l’une et l’autre, pour rassembler les humains, elles chantent, la chanson, c’est leur vie, Quand Pauline Julien n’a plus pu chanter, elle a préféré partir, le 1er octobre 1998, et ça fait plus de trente ans que Céline Faucher chante, et raconte les gens de son pays, et aussi Anne Sylvestre, et bien d’autres. Mais c’est le répertoire de Pauline Julien qu’elle a le plus exploré,  fait connaître, défendu avec fougue et tendresse, et colporté sur les routes du Québec et de France.

Tout au long de la soirée, on redécouvre les plus belles chansons du répertoire francophone, certaines un peu oubliées,  mais épatantes, Bilbao song, de Brecht, adapté par Boris Vian, La chanson du capitalisme, Je ne peux pas rentrer chez moi, d’Aznavour, Une noix de Charles Trenet, La chanson de Prévert, On oublie rien de Brel, et bien sûr Anne Sylvestre, dans la deuxième partie de soirée.  Pauline Julien a dit : Je n’ai aucun problème à chanter Anne Sylvestre au Québec, parce qu’elle parle comme moi.

En 1957, Pauline Julien rentre au Québec, après avoir fait découvrir des chanteurs français, elle défend la nouvelle chanson québécoise comme Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Calvé, Léveillée, Blanchet,  Ferland, Georges Dor, etc…

Puis elle se partage entre le Québec et la France, et c’est en 1962 qu’elle sort son premier disque Enfin. Parmi les chansons de ce premier disque, Céline Faucher nous chante La marquise coton, J’entends, j’entends, d’Aragon et Ferrat.  Jack Monoloy, de Gilles Vigneault,  l’interprétation de cette chanson lui vaudra le second prix au festival de Sopot, en Pologne, en 1964 ,  La chanson de Prévert, de Gainsbourg, Quand l’amour est mort de Bécaud et Delanoë,  ou encore On oublie rien de Brel et Gérard Jouannest.  Et c’est en 1968 qu’elle commence à écrire ses propres textes.

Et ce sont surtout des chansons québécoises, qu’elle ira chanter en Russie, au printemps 1967, comme Les gens de mon pays, La Manic,  Jack Monoloy,  c’est significatif, révélateur d’une personnalité particulière qui exprime  l’universel, parmi une multitude de chansons, seules restent celles qui sont authentiques,  qui portent des témoignages de vie, de lutte, qui font vibrer en nous des émotions partagées, et durant toute sa vie, Pauline Julien a  été une combattante en chanson, de coups de gueule en sourires de tendresse, une insoumise se défendant de vouloir faire passer des messages, elle a chanté sa vérité,  interprétant des chansons d’auteurs progressistes qui lui ont donné ce goût de la liberté, et les siennes, combattante pour les droits des femmes, et pour les droits humains.  Emprisonnée pendant une semaine, en 1970, quand l’armée canadienne faisait la chasse aux indépendantistes, elle fait chanter les femmes en prison : Je ne chante pas la liberté qu’on nous donne, mais celle qu’on nous prend. Chanter, pour moi, c’est mon mode d’expression, c’est toute ma vie. . Et ce sont aussi les mots de Céline Faucher.

Le début de la carrière internationale de Pauline Julien est en 1969, avec des critiques dithyrambiques partout, sauf au Québec ! Qui a peur de Pauline Julien  ? C’est le nouveau spectacle de Céline Faucher.

Céline Faucher qui nous rapporte cette anecdote : Un jour que Pauline Julien chantait  La Manic à Toronto, en anglais, un spectateur s’est écrié, dans la salle : En français ! Ce à quoi elle a répondu, quand je vais chanter dans le monde, par respect,  je chante dans la langue du pays, à Toronto, je chante en anglais, au Québec, je chante en français.

Après une pause bavardage, une deuxième partie du spectacle, des chansons encore, au plus près de Pauline Julien, de ses combats et de ses rencontres. Bozo les culottes, de Raymond Lévesque :

Il a fait sauter un monument
À la mémoire des conquérants..


Bozo-les-culottes. Pour protéger les québécois.  Mais :

Quand on est de la race des pionniers
On est fait pour être oublié
Bozo-les-culottes.

Ne vous mariez pas les filles…  de Boris Vian :

Avez-vous vu un homme à poil 
Sortir soudain d’la salle de bains 
Dégoulinant par tous les poils 
Et la moustache pleine de chagrin ? 

Une version de Gilbert Langevin de Suzanne de Léonard Cohen,  l’Etranger, paroles de Pauline Julien, musique de Jacques Perron :

Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes s’aiment entre eux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes soient heureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Un monde amoureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où il n’y aurait plus d’étranger

une interprétation bouleversante d’ Une sorcière comme les autres, d’Anne Sylvestre, sa sœur de cœur et de scène. Ensemble, en 1988, elles ont créé un spectacle de chanson théâtralisé devenu mythique, spectacle conçu et écrit par Denise Boucher, Anne Sylvestre et Pauline Julien : Gémeaux croisées.  Et pour la première fois, l’album du spectacle est réédité, un double album CD,  disponible là, clic sur l’album –>

Et pour clore ce parcours raconté et chanté d’une voix harmonieuse et profonde, qui colle impeccablement aux chansons de Pauline Julien, et magistralement accompagnée par un pianiste aux multiples talents, Patrick Laviosa, Céline Faucher nous a mis L’âme à la tendresse, une des plus belles chansons écrites par Pauline Julien, que les privilégiés présents ont repris en choeur :

Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui Cette amitié dans la continuité Un mot un regard un silence un sourire une lettre…

Après le repas convivial pris ensemble, on a continué à chanter. Maï a chanté sa Corse, accompagnée par Marc à la guitare, et par un guitariste-spectateur, d’autres ont chanté Montand, et  Les feuilles mortes, Reggiani, Le barbier de Belleville, Henri Genès, La tantina de Burgos,  Le général à vendre des Frères Jacques, et chaque fois qu’il y avait un trou de mémoire, c’est Patrick Laviosa, le pianiste, qui venait compléter, il nous a aussi chanté avec brio une chanson tyrolienne Le coucou de ma grand-mère, d’Andréani. Et Céline Faucher est revenue, à la demande générale, nous chanter Les gens de mon pays, de Gilles Vigneault.

Encore une soirée toute en amitié et en partage, comme savent nous en proposer Maï et Marc Usclade, à l’Arthé café. Un grand merci à eux, et à Céline Faucher, qui contribue à faire perdurer le souvenir de Pauline Julien,  artiste et femme d’exception, qui est aujourd’hui bien oubliée des médias.

C’est avec Jean-Paul Liégeois, auteur de livres sur la chanson, éditeur, et l’un des trois fondateurs d’Initiatives chansons, que Céline Faucher a construit ce spectacle, et la bonne nouvelle, c’est qu’il y aura une suite…

Danièle  Sala

L’actualité de Céline Faucher c’est là, clic sur le Racoon joyeux –>

Sy

Arthur de la Taille, rencontre …

22 Nov

La vie d’artiste? À partir d’une question ouverte pour commencer lors d’une rencontre découverte avec un artiste dont on ne connait que l’album récent, on peut avoir d’entrée ce qui est au centre de sa réflexion sur son métier. Selon Beethoven, « Le génie c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration. »

Ou selon Brassens: « Sans travail le talent n’est qu’une sale manie

C’est sur cette tonalité qu’Arthur de la Taille répond spontanément à la demande: Parlez moi de votre vie d’artiste.

La vie d’artiste c’est un travail de tous les jours, se lever et travailler la guitare et le chant, pour continuer à y croire… par exemple quand je vais chanter dans un hôpital ou pour des enfants, leur chanter du Fréro Delavéga ou Dick Annegarn ou La souris verte, et tant que je suis en contact avec cette matière, je me sens bien, et ensuite à partir de ça, j’essaie de proposer des choses qui sont dans le format commercial au sens noble du terme pour que le plus grand nombre de gens puisse s’y intéresser,

Ça a commencé vers 14 ans avec la guitare, j’écoutais tous les genres de musique, avec un oncle musicien (orchestre du Splendid) puis un déménagement m’a éloigné de tout ce que j’aimais, le sport, le hockey, et un autre oncle m’a fait découvrir les musiques des années 70 et je me suis mis à la guitare, et j’ai commencé à penser en faire un métier. Une autre rencontre, à Bordeaux a été la découverte du jazz manouche, avec un savoir faire spécifique à la guitare qui m’a permis de mettre un pied dans le métier. En accompagnateur..

La chanson, j’y suis arrivé par les anciens, elle était là depuis le début, j’écoutais Trenet Brassens, et dès que je me suis senti plus libre sur le plan instrumental – c’est le moment où est arrivé Sansévérino- ça m’a vraiment donné envie de faire mes chansons. Avec ma sœur on avait monté le duo Calame…  Style duo vocal-guitare avec des chansons de tous les répertoires, des reprises, pour tourner dans les cafés concerts, Higelin, Barbara que ma sœur chantait, Nino Ferrer, des chansons personnelles, ce duo a bien fonctionné durant 10 ans, il existe toujours mais on a eu envie de se découvrir l’un sans l’autre… Chanter à deux est passionnant mais ça peut aussi enfermer… Il y a une rigueur parfois contraignante, en solo on peut se lâcher plus facilement.. Actuellement elle explore un registre anglophone … » 

La vie d’artiste finalement c’est être embarqué dans son siècle, être ouvert à tout ce qui peut donner de nouvelles pistes, dont la résultante est cet album, « Ministère des Ondes » (voir ICI )

Arthur de la Taille était aux Trois Baudets il y a quelques jours, suivez sa route balladine … Clic sur la photo …

Last but not least,   selon les dates de concerts, Arthur de la Taille  se produit dans des formations qui vont du solo au quintet

et voici son contact en contact scène : Mistiroux Productions – 09 52 57 37 82 / 06 83 58 54 51 – info@mistirouxprod.com

 

Et pour en savoir plus sur Calame Duo, c’est là  –>

 

 

 

Pour rappel, l’album est en vente partout et surtout ici.   Clic on the cat ..

 

 

Norbert Gabriel

Têtes de chien « Faces cachées »

22 Nov

Le monde de la chanson et de la musique nous fait parfois la surprise de créations originales dans tous les sens du terme. Ici on a la conjonction d’un ensemble vocal de très haut niveau, de chansons populaires entrées dans le folklore pour tous les âges, mais réhabilitées pourrait-on dire, de leurs couleurs moins naïvement pimpantes que celles des comptines enfantines où elles ont été reléguées… Couleurs bigarrées, parce que parfois, il y a des choses qu’on ne dit pas ouvertement, quelques coquineries érotiques, ou douleurs escamotées qu’on a oubliées aujourd’hui dans les ritournelles anodines chantées dès la maternelle.

Avec des arrangements vocaux  qui voyagent dans les musiques les plus sophistiquées, on est passé de la dimension Disney à celle de Goya ou Rembrandt, ou de Vinci, c’est aussi une part de l’histoire populaire qu’on découvre dans ce panorama, l’amour, la mort, et toutes ces choses de la vie pas toujours rigolote…

 

Scénographie et  décor en parfaite harmonie avec la subtilité du travail de remise en forme de ces chansons éternelles, c’est un spectacle unique en son genre… Une sorte d’opéra moderne de nos refrains d’enfance, épuré, drôle, tendre, cruel, la vie…

 

 

Philippe Bellet – Justin Bonnet – Henri Costa – Didier Verdeille – Grégory Veux Quintette a capella contemporain pour chansons traditionnelles présentent

FACES CACHEES

20 « tubes » de chansons populaires revisitées … Au Clair de la lune – La Claire Fontaine – A La Pêche aux moules – Aux Marches du palais – Perrine était servante… Ne pleure pas Jeannette – Il était un petit navire – Nous n’irons plus au bois… Pauvre soldat…

Nouveau spectacle

Mercredi 28 novembre à 20 h

Dimanche 9 décembre à 18h – mercredi 12 décembre à 20 h

Théâtre de Ménilmontant – 15 rue du retrait – 75020 Paris

Tout public pour « anciens » et « nouveaux » enfants

Nouvel album (disponible au théâtre)

Sortie le 4 décembre chez TO&MA – DifferAnt

Norbert Gabriel

Hexagone automne 2018

20 Nov

 

Ce numéro 9 inaugure la troisième saison d’Hexagone, avec un état des lieux positif pour ce magasine de grande qualité, indispensable pour suivre l’actualité de la chanson dans tous ses états,   mieux connaître ceux qui la font vivre, les artistes, les dates de concerts, les sorties d’album, etc, 700 abonnés : Sans vous demain on joue à la pétanque, dit David Desreumaux dans son édito, et le désir de sortir du tout bénévolat pour avancer, avec des créations d’emplois et des espaces publicitaires. Et David devient le premier salarié de la structure éditrice, un SMIC, un premier pas qui doit en appeler d’autres si nous voulons poursuivre l’aventure…

Et c’est Leïla Huissoud et Alexis HK qui font la une de couverture. La deuxième de couverture étant consacrée à Bertrand Louis, et son sixième album Baudelaire, en résumé : Avec cet album de rentrée, Bertrand Louis accomplit un véritable coup de maître qui l’inscrit tout de go parmi les plus grands interprètes du poète, mais dans une forme totalement originale et renouvelée !

Après les dessins humoristiques d’Eric Mie et de Piérick, quelques vacheries dans les brèves comme celle là : On dit que le spectacle de Rémo Gary, Les falaises de Bonifacio, qu’il est un spectacle poélitique. A la différence de la dernière tournée de Renaud qui était poéthilique, une vue de l’extérieur par Eric Frasiak, sous le signe du nombre 15, associé à François Béranger, ( vous trouverez dans le n° 6 d’Hexagone l’entretien avec Eric Frasiak, ( Mon Béranger, album de reprises est paru en 2014 ), 15, comme les 15 ans de tristesse qu’il a fallu traverser depuis sa disparition, entre autres.

Patrick Engel nous invite ensuite au voyage en chansons, avec les globe-trotteurs chanteurs, et tous les exemples de marche et de voyages dans les chansons  : De tout temps, la marche a accompagné la pensée humaine… Marcher pour se déplacer, oui, mais surtout marcher pour aller vers les autres, afin d’aller vers soi, un soi-même qui ne sera d’ailleurs, du coup, plus tout à fait le même qu’au moment du départ.

Elie Guillou, Paris-Brest à pied en trente jours et trente concerts, Manu Galure et son tour de France de deux ans  en chansons, David Sire et son p’tit vélo dans la tête, sont les exemples actuels de chanteurs-voyageurs.

Rappel de Sémaphore en chansons du 9 au 16 novembre, Et nous entrons dans la collection d’automne partie 1, avec Wally, entretien par Michel Gallas.

Trente-cinq ans de scène pour cet artiste aux multiples talents, et un virage introspectif avec le projet Derli, (Derruau-Lillian), une aventure, humainement extraordinaire, et très touchante, un regard sur une vie d’homme…Rien ne me fait plus plaisir qu’une table remplie avec du vin, des plats simples, des gens simples et des discussions un peu enflammées, l’important, c’est le partage. D’ailleurs la scène, c’est du partage avec les gens. J’adhère à ces mots,  pour une scène partagée avec Wally, et avec bonheur, à l’Arlequin de Mozac.

Puis, c’est la Lumière sur un clown sans fard, Leïla Huissoud qui se confie à David Desreumaux. Leïla, une mignonne rigolote qui travaille dur pour avoir l’air idiote, elle sait se moquer d’elle : En gros, le clown sait tomber. Moi je trouve que c’est de la poésie. Mais derrière cet Auguste elle sait faire passer ses colères, ses émotions avec tendresse et humour : Aussi pathétique, aussi dramatique, aussi douleur soit l’émotion ou la chute qui nous traverse, tant qu’on est pas mort, on fait marrer les gens.

Auguste, le nouvel album de Leïla Huissoud paraîtra le 9 novembre, et partira aussitôt en tournée, et je pense, tout comme David Desreumaux, et pour l’avoir vue l’an passé à Blanzat (Rencontres Marc Robine), qu’on est avec Leïla en présence d’une artiste complète, douée d’un indéniable sens de la scène, et qu’elle est bien partie pour un long et beau parcours.

On fait ensuite plus ample connaissance avec Tom Poisson, au cours de l’entretien avec Flavie Girbal et Michel Gallas, Tom Poisson, son esprit d’équipe, ses différentes aventures collectives, notamment avec Les Fouteurs de joie, son art du récit, son dernier spectacle 2+1, en duo avec Paul Roman, son dernier album sorti en 2016, Heureux comme les cerfs-volants, un album de chansons nées sur scène prévu pour 2019, et la prolongation de tournée avec les Fouteurs de joie de Des étoiles et des idiots : Je fais avec mes armes. Comme dans la vie, j’essaie d’entrer en connivence avec les gens en les faisant rire.Cela ouvre une brèche. Instaurer la confiance, éveiller la curiosité permettent de dire des choses plus profondes ou intimes.

Le regard de Karine Daviet sur Morikan. Une lyonnaise auteur-compositeur-interprète de chansons françaises aux saveurs d’orient, mêlées d’électro, une découverte à l’occasion de la sortie de son EP Royaume en 2015. Pour elle : L’important est de faire les choses avec sincérité et envie…  J’adore la scène, c’est là que je dois porter ma priorité.

Photo archives LDDO NG

Un Retour vers le futur avec Dominique Cravic, propos recueillis par Nicolas Brulebois.

Dominique Cravic, guitariste-chanteur-compositeur-arrangeur à multiples facettes, leader des Primitifs du futur, que j’ai eu le plaisir d’écouter en compagnie de Claire Elzière, cet été, à Volvic.

Il parle de sa récente tournée au Japon, avec Claire Elzière et Les chansons d’amour de Paris, des japonais qui sont amoureux des chansons françaises, de ses diverses aventures musicales, du choix des chansons, les thèmes connus se mêlent aux pépites oubliées : Peu de gens se souviennent du film Quadrille d’amour, d’où vous exhumez Trois jours. Idem pour le thème d’Henri Crolla, tiré du film Une Parisienne.

Il se souvient de ses années de chanteur de bal, qui lui ont inspiré des chansons plus intimistes, de Jean Sablon et Django Reinhardt, un répertoire que j’aime depuis toujours. Lorsque nous avons commencé à monter des groupes, entre blues, jazz, etc, il y avait déjà du Sablon...

Dominique Cravic se veut ni populaire ni rétro, rappelant que les influences ont toujours existé, Ce qui compte, c’est comment tu fais revivre les choses.

La fiche pratique à destination des chansonniers de Boule, Les ficelles du métier, aborde le son, avec humour,  et quelques bons conseils, quoi qu’il en soit : Faire confiance au sonorisateur, même s’il est encore en train de fumer.

Toujours de nombreuses présentations d’albums, qui prouvent que la chanson se porte bien et résiste aux difficultés ambiantes. Alaska de Eryk.e, Auguste de Leïla Huissoud, Les Rescapés de Miossec, Mon frère terrien des Têtes de piafs, C’est un joli nom camarade, par 15 interprètes qui reprennent Ferrat, Un p’tit rêve très court, par Michèle Bernard et Monique Brun, Vanités de Liz Van Deuq, Voix de cailloux, Rémo Gary et Nathalie Fortin chansons inédites de Jacques Debronckart, Gerard Pierron Trésors perdus, et bien d’autres.

Jules, lui, nous dit que C’était mieux maintenant. Autour de Noir Désir, et du deuxième album du groupe : Veuillez rendre l’âme ( à qui elle appartient). Franchement, je n’ai rien entendu d’aussi canon depuis que j’ai l’âge de mettre mes propres TDK D90 dans le lecteur.

Photo Flavie Girbal

Alexis HK se raconte à Flavie Gerbal, dans le dossier qui lui est consacré, Alexis HK pour qui rien n’est jamais acquis sauf peut-être l’expérience.  Pour oublier les baffes à l’âme, les coups bas, les coups de blues, les difficultés financières, et pour son fils, né en 2008, il travaille dur, fait d’heureuses rencontres, et quitte la banque pour fonder La Familia : C’est petit à petit un entourage bienveillant et rationnel qui entoure l’artiste .

Des périodes difficiles, mais vient le succès de Le dernier présent en 2012,  la tournée triomphale du spectacle Georges &  moi,  autour du répertoire de Georges Brassens, avec la complicité de François Morel, avant de  se retrouver seul, et c’est la gestation de Comme un ours ;

En effet, Il est beaucoup question de son dernier album, le neuvième : Comme un ours, suivant un cheminement signifiant à lui seul, qui irait de l’ombre à la lumière.

Alexis HK explique en profondeur la démarche, et le sens qu’il a voulu donner aux chansons de ce dernier album,  dans un entretien prolongé : Ours solaire «  Et la prose apaise nos ecchymoses. ».

Album né d’un besoin impérieux, qui doit être profond et ludique…Comme pour se remettre sur ses pieds après un séisme.

Partant des noirceurs de l’actualité, le racisme, le fascisme, avec un regard lucide et réaliste, ( Les pieds dans la boue, La chasse),  il s’accroche à la vie coûte que coûte, cherchant le réconfort auprès d’un chien, d’une femme, d’un enfant, et fait fleurir des sourires jusques dans l’ombre. Un album où il se retrouve, seul, dans la dualité de l’ombre et de la lumière, comme un ours bipolaire : Pour moi, c’est une obligation d’aller chercher l’espoir.

On raconte qu’il vit seul
Depuis si longtemps
Qu’il engueule ses glaïeuls
Comme si c’étaient ses enfants
On raconte que le soir
Il met deux couverts
Et prépare le dîner
À son pote imaginaire
Comme un ours bipolaire
Un ermite en colère
En apesanteur
Entre les deux hémisphères .

Le regard extérieur de Karimouche  sur Alexis HK ? C’est simple ! En vrai ? La première fois que je t’ai vu sur scène, je suis tombée en amour comme on dit au Québec. Sous l’épaisse fourrure, j’ai tout vu et j’ai tout aimé : ton côté obscur et ton côté lumineux, ta générosité et tes contradictions, tes textes subtils et tranchants et ton humour ravageur. On ne saurait dire mieux.

Et c’est de Gaieté, fantaisie et toutes ces sortes de choses qu’il est ensuite question, thèmes du septième festival Chansons & Mots d’Amou, festival qui privilégie les choix artistiques au rendement des grosses machines estivales en liant la chanson, les belles lettres et l’art de vivre de la Chalosse,  terroir de Gascogne. Chansons, mais aussi une ouverture vers le théâtre, la littérature, poésie, cinéma, photo, etc… Avec Marie-Christine Barrault comme marraine cette année.  Un travail d’équipe, une cinquantaine de bénévoles, près de trente concerts en trois jours dans divers lieux propices du village, 7500 spectateurs en 2017, et plus encore cette année. Des noms connus, des découvertes en mélange harmonieux, Victoria Delarosière et ses Chansons d’amour au couteau, Jeanne Plante la délurée  qui testait sa nouvelle création, Chafouin, Askehoug, Guillo et Gérald Genty, qui ont mélangé leur répertoire avec le spectacle jeune public Minibus, créant un joyeux bordel, la prestation décousue de Nicolas Martel & Alexis Kune ( Devos, Allais et Vialatte), Wally & Roca, et François Rabelais, ( cherchez l’intrus), In vino veritas, trois tisseurs de mots, amateurs de truculence verbales et de libations gouleyantes.

Un festival à dimension humaine qui s’impose comme une valeur sûre et incontournable.

Entrons maintenant dans la Collection d’automne, Partie II, avec Christian Olivier, le leader des Têtes raides qui a sorti son premier album en solo en 2016: Aller de l’avant.

La différence avec Les Têtes raides, c’est son sentiment de replonger dans l’inconnu :  Je ne pense plus à personne en termes de références, même si je ne me débarrasse pas pour autant de l’écriture qui est la mienne, du style de musique que j’affectionne.

Passionné de théâtre, de poésie, fan de Jean Genet, de Dagerman, d’Artaud, de Prévert dont il a fait une adaptation des textes, partageant la scène avec Yolande Moreau, l’une chante, l’autre parle,  il a aussi mis en musique une quinzaine de poèmes de Prévert, réunis dans l’album Prévert, toujours avec la participation de Yolande Moreau. Mais, Christian Olivier n’oublie pas pour autant les Têtes raides, avec qui  il va revenir fin 2019, en effet, il ne faut pas rater l’anniversaire de Ginette, qui a maintenant passé les trente ans. En attendant, ne tournée d’une trentaine de dates est prévue avec Yolande Moreau, pour la tournée Prévert, et ils seront en janvier à Paris, au théâtre du Rond-Point.

Malorie D’Emmanuele pose ensuite un regard sur Louise O’sman, une marseillaise, accordéoniste et interprète, puis auteur-compositeur, portant désormais ses chansons seule en scène, depuis qu’elle s’est séparée de Dilan : J’aimerais pouvoir me libérer de mon accordéon pour être plus mobile sur scène. Et puis je voudrais élargir les collaborations avec d’autres musiciens.

C’est avec de la Poésie dans la marge que l’on continue cette aventure hexagonale, par David Desreumaux, en compagnie de Wladimir Anselme, auteur-compositeur-interprète à la fois tendre et impétueux,  à la fois d’une timidité maladive, et doux bavard invétéré. Il est aussi dessinateur, vidéaste, auteur de fictions sonores pour Radio-France, il a trois albums à son actif, le premier, Mauvaises herbes, sorti en 1999, après trois ans d’initiation à la scène en compagnie d’Alain Aurenche qui l’a amené un peu partout, et a été à l’origine de belles rencontres, notamment avec Allain Leprest, le deuxième Les heures courtes en 2011 et son troisième album, L’Esclandre, sorti en mai 2018 rassemble 10 chansons, comme 10 petits courts-métrages, et ça lui fait drôle de comparer ses nouveaux albums avec les plus anciens : je ne me reconnais pas dedans. Je reconnais le jeune homme que  j’ai pu être… dit-il. Wladimir Anselme prend un soin particulier au choix des mots, ne pas être dans le frontal. Déguiser les émotions, maroufler la mélancolie…

L’Esclandre, c’est une écriture qui s’est mise au régime sec, pour atteindre une densité vertigineuse, dans laquelle de peu jaillit beaucoup et où l’imaginaire de l’auditeur se trouve convoqué.

La musique de cet album est aussi une petite révolution, depuis la période jazz des années 2000, avec un équipage plus rock, plus folk, Wladimir en parle ainsi « On a joué comme on les sentait sur le moment. Ce n’est pas léché mais c’est très profond. Il s’agit là de préserver le feeling originel et de réussir le vieux fond de blues des chansons plutôt que de chercher la perfection. »

On retrouve Patrick Engel qui, lui, pose un regard sur Alysce au pays des malices et c’est un irrésistible délice de se glisser dans les mots de Patrick à propos d’Alscyse :  

Frontispice en prémice aux délices d’Alysce, soulignons sans malice, sous les auspices des haruspices, combien se glissent en coulisses d’indices allusifs, les lisses éclisses en hélice de sa guitare complice regorgent en un bouquet lascif de lys, de physalis, d’hamamélis, iris, volubilis, et quelques tamaris…

Un regard élogieux pour cette jeune artiste musicale,  attachante et nature, et qui fait preuve d’une singulière et intense musicalité, entre chanson, bossa, jazz, folk et classique. elle a remporté le prix du jury, le prix de la Sacem, et le prix du public, du concours de la chanson française de la Truffe de Périgueux.

Photo archives LDDO NG

Et nous arrivons à Paule-Andrée Cassidy pour qui Interpréter est un acte de création. Elle se raconte à David Desreumaux.

Depuis une vingtaine d’année, cette interprète de Barbara, Anne Sylvestre, Boby Lapointe, Gilles Vigneault, et  d’auteurs québécois moins connus, mais aussi auteur-compositeur, arpente les routes du monde, chantant en français, en anglais, en espagnol ou portugais , ambassadrice de ses compatriotes québécois, dans tous les pays francophones, mais aussi en Amérique latine.  Paule-Andrée Cassidy est aussi metteur-en-scène auprès de jeunes artistes, a une formation d’actrice au conservatoire d’art dramatique de Québec, en est à son sixième album, Libre-Echange, paru en 2014 et a reçu le Grand prix de l’académie Charles Cros dans la catégorie Nouveau Talent pour son album Lever du jour.

L’important pour elle depuis toujours c’est la chanson, nourrie de Brel, Gilles Vigneault, Félix Leclerc, de musiques du monde, puis Anne Sylvestre, les chanteuses réalistes, et bien d’autres, par des parents professeurs de mathématiques, mais néanmoins mélomanes. La tonalité de sa voix grave  lui avait fait dans un premier temps choisir le théâtre, mais son enthousiasme à chanter et le contact avec le public ont été décisifs, elle elle a pris des cours de chant classique et a rencontré des musiciens avec qui elle a commencé à collaborer.

Pour elle, interpréter, c’est recréer, c’est faire revivre des chansons dans des univers différents, avec un large spectre émotif, par exemple, Perlimpinpin est une chanson qu’elle réinvente à chaque fois , elle choisit ses auteurs, et respecte les textes, mais il faut qu’il se passe quelque chose entre le texte et elle, ça peut prendre du temps, ou ce peut être un coup de cœur immédiat, comme ce fut le cas pour La petite kurde de Pierre Perret, ou ça ne se voit pas du tout d’Anne Sylvestre. Ce peut être le personnage, l’histoire, ou seulement une phrase, comme celle d’Elsie de Richard Desjardins : « Juste pour te dire qu’on a fait des ponts où les rapides sont furieux. » Cette phrase pour moi résumait l’histoire de l’humanité.  

Paule-Andrée Cassidy insiste aussi sur l’importance de l’expression corporelle : Il faut que le corps soit disponible aux émotions, aux intentions. J’ai souvent dit que la voix était une partie du corps.

 Le décès de son compagnon et pianiste est intervenu quand elle montait le spectacle Libre Echange. Cela correspondait à une certaine ambiance du tango. Le tango distille le sentiment que tout peut se passer :  l’urgence par rapport à la mort, le sentiment de la vie.

Elle parle aussi de son désir de transmission, elle enseigne, et chante avec sa fille Lou-Adriane,  de confrontations gratifiantes avec des gens qui ont une approche esthétique différente, pour dépasser les a priori , de ses projets d’écriture, qui aboutiront peut-être à un nouveau spectacle ou disque.

Tous les chemins mènent à la musique et à la chanson, à condition d’en sortir, et quand c’est une véritable passion, c’est le cas pour Alain Gibert, ingénieur informaticien, et musicien, sur lequel Philippe Kapp pose un regard. Après plusieurs CD caché derrière sa basse au sein d’un groupe, il revient avec son véritable nom, et un premier cinq titres en 2013 : Les marches de l’opéra, suivi de Sublime ordinaire en 2015, et Canyon alibi en 2017. Une pop élégante, un univers cinématographique, des mélodies simples, mais séduisantes, des arrangements qu’il veut au service de ses émotions, les 12 titres de Canyon alibi évoquent les faiblesses humaines, les manquements de chacun, sous une apparente légèreté colorée de pop.

On arrive aux rappels, de festivals passés, d’initiatives, de lieux dédiés à la chanson, toujours avec de magnifiques photos de David Desreumaux, et de très chouettes illustrations de Flavie Girbal. Et  notre première visite est pour Le Bijou La Grotte des Chauvet, les guides étant Marion Fergolia et Michel Gallas.

Les Chauvet, ce sont Pascal et Emma, qui ont repris ce lieu historique en 2012, après plusieurs gérances de la salle de spectacle telle qu’on la connaît aujourd’hui, et qui fut inaugurée en 1989.

Le Bijou, qui fut autrefois un point de rendez-vous de la résistance toulousaine, puis un café-ciné, un dancing, un bistrot fête aujourd’hui et pour deux ans, ses trente ans de spectacles et n’a donc pas fini de faire découvrir des artistes originaux, pour le bonheur d’un public fidèle et curieux. http://www.le-bijou.net/

Chronique brève de l’album, clic sur la couv.

Rappel aussi d’un événement d’importance, La réédition d’un album mythique, en double CD, Gémeaux croisées, spectacle conçu et écrit par Denise Boucher, Pauline Julien et Anne Sylvestre, disponible depuis le 19 octobre, c’est Julos Beaucarne qui en parle : Elles savent le secret du partage des eaux, elles ont le goût du regard échangé, elles vibrent en extrême complicité. Elles nous livrent d’une trace toute leur vie d’inquiétude et d’amour. Elles n’ont plus rien à perdre. Elles gagnent tout.

Rappel aussi d’une belle initiative, par David Desreumaux : Initiatives Chansons, projet bâti sur la passion de la chanson et l’amitié des trois fondateurs, Gilles Tcherniak, dirigeant du Forum Léo Ferré de 2013 à 2017, Gilles Coron, trésorier du Forum jusqu’en 2017, et Jean-Paul Liégeois, auteur et éditeur d’ouvrages sur la chanson. Ils sont six aujourd’hui, tous portés par la même passion, défendre le spectacle vivant, et une jeune scène émergente, que l’on sent de plus en plus intéressée par l’expression scénique. Ne pas se cantonner à une seule catégorie, prendre des risques, La vitrine d’Initiative Chansons s’articule autour de trois piliers : L’interprétation, la valorisation du répertoire, et la création… Le spectacle vivant, ce n’est pas une esthétique unique. Ce peut être du  rock, du jazz, de l’expression théâtrale, des influences de musique classique, etc… Précise Gilles Tcherniak en citant l’exemple de Barjac.

En conclusion, et toujours de Gilles Tcherniak, cette pensée zen : Nous avons peu de moyens mais nous sommes grassement payés en retours élogieux du public !

Barjac, on y est justement, avec la 24 ème édition de son festival Barjac m’en chante : Chansons de caractère sous canicule. Un très bon millésime , et c’est tout d’abord une rencontre avec le directeur artistique de ce festival, le discret mais omniprésent Jean-Claude Barens, qui fait le point sur tous les aspects de ce festival, propos recueillis par David Desreumaux. Fréquentation en légère hausse, et plus uniforme, aménagement des structures, multiplication des différents spectacles,  nécessitant un choix des spectateurs, ll faut créer un petit peu de frustration. Eclectisme dans la programmation, alliant tradition et modernité, découvertes, et quelques points noirs à résoudre, comme les spectacles jeune public dans la cour de l’école, sous la canicule. Fluidité est le mot qui résume cette édition : Fluidité d’une part dans les relations, avec un très bel esprit entre festivaliers, bénévoles, techniciens. Fluidité dans la logistique, parfois la rigueur impose d’obtenir les choses par le biais de beaucoup d’efforts, dans la difficulté. Là, nous avons pu constater une belle fluidité à tous niveaux.

Vus sur scène à Barjac : Coups de projecteur, retours de concerts, par David Desreumaux et Michel Gallas.

La première rencontre est avec Sarclo et son Dylan, que le public de Barjac m’en chante a apprécié, le 2 août dernier : Sarclo sings Dylan ( in french), Dylan et Sarclo, c’est l’histoire d’une vie : Les chansons de Dylan sont des chansons que je connais depuis toujours, et ce sont celles-là que j’ai envie de chanter. Sarclo explique sa façon d’appréhender les chansons de Dylan, et la somme de connaissances et de travail qu’il a fourni pour rester fidèle à l’esprit de la musique et des textes. Deux phrases choisies qui en disent long :

La guitare de Dylan est belle parce qu’elle n’est pas sous les paroles. Elle peut gicler, elle peut être énergique.

Et : Quand tu veux traduire Dylan, tu dois apprendre aux francophones qu’il y a d’autres règles  de versification qui ne sont pas françaises. Et puis, pour chaque image que balance Dylan, il faut dire que cette image a été écrite exprès. Si tu passe à côté parce que tu trouves que ça ne sonne pas en français, tu te fous de la gueule du monde. Si tu veux vraiment faire le taf, si tu n’y arrive pas un jour tu réessaies le lendemain. Tu bosses.

Revus sur scène à Barjac avec grand plaisir des artistes qui figurent ou ont figuré récemment dans Hexagone, Frasiak, Garance, Erwan Pinard, Davy Kilembé, Alexis HK, Leïla Huissoud, Amélie-les-crayons, pour ne citer qu’eux.

Contrebrassens, le 29 juillet, à l’Espace Jean Ferrat,  Pauline Dupuy, qui, seule, a donné un caractère remarquable et très personnel aux chansons de Brassens. Envoûtante, le mot n’est pas surfait. Et en duo avec Alexis HK, pour La ronde des jurons, ce fut inoubliable.

Le 31 juillet, c’est la révélation avec Marion Cousineau, la grande découverte de ce festival, quand elle ne sert pas des bières à la buvette en tant que bénévole du festival, elle chante et enchante le public : Généreuse et authentique, rayonnante d’humanité, elle nous embarque et suscite naturellement une belle relation avec le public.

Le 30 juillet, Govrache.  C’était à la fois  plaisir et pur régal de voir cet orfèvre des mots le lundi 30 juillet à Barjac m’en chante. .. Sous le chapiteau du Pradet, comme au Café de la danse en mai dernier, Govrache a littéralement soulevé le public par la qualité de ses textes, par la maîtrise de la scène qu’il a désormais acquise.

Le 30 juillet aussi, c’est Marie-Paule Belle qui a été la plus grande et belle surprise de cette édition. On croit la connaître, et l’on attend rien de particulier… Et elle surprend : Sur scène, nous découvrons une artiste dotée d’une incroyable maîtrise de l’espace et de ce qui s’y joue, sensible et drôle… Et respectueuse tout à la fois des textes qu’elle sert, du public, et de son équipe technique. ..

Le 31, ce sont Mouchès et Sourrigues qui assurent la séquence fou rire avec leurs révisions de chansons malaxées, revisitées, mais pas à la légère, Amsterdam de Brel en langue des signes, l’aigle noir de Barbara relooké pour les plus jeunes, sans se prendre au sérieux.

Le 1er août, c’est Eric Guilleton qui rendait un vibrant hommage à Pierre Barouh, tout en pudeur et légèreté.

Et aussi Presque Oui, enfin, Thibaud Defever, seul, puisqu’il a quitté son bagage de 20 ans de Presque Oui : Artistiquement, celui-là fait dans la dentelle ; de notoriété publique, c’est un orfèvre… A pleurer tant c’est beau.

Le 2 août, c’est Léopoldine HH sous le chapiteau, avec ses deux musiciens, Charly Chanteur et Maxime Kerzanet, un spectacle dont on ne lasse pas, qui ne sont pas là seulement pour amuser la galerie : mais bien décidés à partager une création détonante au carrefour des arts : chanson, littérature, poésie, théâtre, cirque.

Nous quittons Barjac pour constater, avec Nicolas Brulebois, que Jacques Debronckart sort des oubliettes en cet automne 2018, non pas grâce aux majors pour lesquels il a enregistré, mais grâce à des fidèles artistes qui se passent le mot pour ressortir ses chansons, et des inédits de ce chanteur trop longtemps sous-estimé, et grâce aussi à  la chanteuse-éditrice Clémentine Jouffroy, avec l’aide essentielle de l’épouse de Jacques Debronckart, Janet Rudel, Tous ceux-là ont oeuvré à cette belle renaissance.

Marie-Thérèse Orain NG 2016

Tout d’abord, Marie-Thérèse Orain, interprète historique de Jacques Debronckart, entendait il y a vingt ans, faire redécouvrir celui qui fut son pianiste et ami, et dont elle fut l’interprète privilégiée.

Marie-Thérèse Orain n’aime pas les monuments aux morts, elle veut montrer l’actualité des chanteurs qu’elle interprète, à propos de  Jacques Debronkart, elle dit  : Son œuvre est très vivante : il a écrit l’époque que nous vivons. Un livre-album de 21 titres, dont 10 chansons jusque là inédites de Jacques Debronkart, enregistrées en public, à l’automne 2014, Intacte, est sorti en 2015,  toujours disponible à la boutique Camino Verde.  Coup de cœur de l’Académie Charles Cros en 2015. Et Marie-Thérèse Orain a reçu avec Paule-Andrée Cassidy, le prix Jacques Douai en 2015.

Rémo Gary,  après avoir proposé quatre inédits de Jacques Debronckart dans son précédent album,  vient de sortir tout un album de chansons inédites de Debronckart, un album et un spectacle, avec Nathalie Fortin au piano,  Voix de cailloux, C’est un chef-d’oeuvre, nous dit Nicolas Brulebois.

 Rémo Gary qui précise :  

On me demande Brel, mais jamais Debronckart. Je pense qu’on fait mieux son métier d’artiste quand on chante les gens qu’on ne nous réclame pas. De même, je n’ai pas eu l’impression qu’on m’ait demandé de faire ce disque. J’y ai pris un grand plaisir, ça ne doit pas devenir une comémo, Debronckart est en moi depuis toujours, mais je n’en fais pas une religion. L’adoration ne me dit rien qui vaille.

Christian Camerlynck et Nathalie Fortin (NG 21016)

Enfin, Christian Camerlynck, qui a découvert Debronckart grâce à Marie-Thérèse Orain, dans les années 60, et qui a bien oeuvré pour la transmission de son répertoire : Quand je l’ai programmé dans les maisons de la culture où je travaillais, il m’a reconnu : C’est vous qui êtes toujours à l’Ecluse, entre deux piliers ! Je lui ai demandé des chansons, mais il m’a d’abord répondu Celles pour les hommes, je me  les garde… Nous nous sommes beaucoup fréquentés par la suite. Au moment de signer chez Meys, il avait plus de chansons qu’il n’en fallait, et m’a appelé : Choisis-en, je ne les enregistrerai pas.

Christian Camerlynck a rassemblé 13 titres de Debronckart dans un album en 2006 : Christian Camerlynck chante Debronckart.

Ces interprètes échangent leur façons d’appréhender Debronckart, et ses chansons, et se sont réunis les 27 et 28 octobre sur la scène du Forum Léo Ferré, avec Nathalie Fortin, et Clémentine Jouffroy, pour faire entendre les multiples facettes-amoureuse, acide, engagée- de cet auteur-compositeur longtemps sous-estimé.

Après le calendrier des concerts à venir de Thomas Hellman, qui sera, entre autres dates, au Sémaphore de Cébazat le 2 avril 2019, et avant l’annonce de l’intégrale des enregistrements studio de Jean-Michel Caradec, 117 titres réunis, et un livret de 32 pages, chez EPM Musique, le billet  Rosbif saignant de Mad qui a fort heureusement rendu son papier à temps !  : La littérature, c’est comme la confiture…

NDLR :Toute ressemblance avec les personnes nommées ne saurait être qu’une approche chafouine du lecteur.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les Ceausescu hexagonaux, ainsi surnommés au sein de la rédac’ parce qu’ils font plus que te mettre la tête au carré si t’as le malheur de rendre ton papier en retard… Big Dave et Flavix, donc, pour les intimes de la Blackroom, cela va sans dire, ont tendance à se la jouer littéraire avec un grand L…

Si vous voulez lire la suite de ce billet saignant,  si vous voulez en savoir beaucoup plus sur tous ces sujets, tous ces artistes, alors abonnez-vous, réabonnez-vous, parce que, quand même, l’idée que demain, nos mooksquetaires soient contraints de jouer à la pétanque, ça fout les boules.

 

Danièle Sala

Chanson Plus passe à table !

15 Nov

L’académie MGM*  option chanson, a décerné à l’unanimité les 3 étoiles Spectacle/Chanson aux trois maîtres queux haut de gamme de la nouvelle chanson en cuisine, et réciproquement.

On ne redira jamais assez les grandes qualités vocales  de ces trois baladins format MSX**, qui voltigent avec un égal bonheur dans le répertoire de Francis Natra, Lucas Stafiore, Edmond Santo, Guy Phosate, Roberto Alanoix ou Xaviero Pava-Roesti, (ou plutôt Xavier Pavé-Roti) ou peut-être Roberto Raymond, on ne sait plus exactement qui est qui dans ce carrousel de personnages hilarants et truculents … Avec une bonne cuillerée d’Aznavour, une louche de Brassens, et quelques autres épices de nos meilleurs tribuns nationaux, ou de chants et chorégraphies basques.

Une fois esquissé ce menu de gala, de fête rieuse et joueuse, signalons que nos trois marmitons  facétieux savent aussi faire des contre pieds,  avec « Le pêcheur de pibales » que Victor Hugo n’aurait pas renié dans « ‘Les travailleurs de la mer ».  Et surtout, surtout cette anecdote, où après avoir vainement attendu, dans leur fief du Sud,  un journaliste de Paris qui n’est pas venu, malgré les fougasses, la tapenade,  quelques chopines de nectars locaux, le Pic St Loup, le Fougères ou le St Chinian, et autres succulences locales qui attendaient sur la table, il n’était pas au rendez-vous de janvier;  et au final cher public c’est un peu de Lacrima Christi qui  vous viendra avec cette chanson dédiée à Charlie***. Vous en saurez plus sur ce moment de spectacle qui laisse le public subjugué, mais uniquement en spectacle pour le moment.

Il a beaucoup été écrit sur leur art du détournement de chanson. Une des citations les plus pertinentes est signée Bertrand Dicale,  Un nez rouge à la chanson française, et pas n’importe lequel, une sorte de nez rouge étalon, référence majeure d’un art poétique et joyeux qui aura renouvelé pour longtemps l’art de la parodie chantée.

Car s’il peut être question de parodie, c’est toujours d’une extrême drôlerie, sans méchanceté, ni mépris pour des tubes emblématiques accommodés façon Bocuse et Marx Brothers réunis un jour de Beaujolais nouveau .

Pour les dates , jusqu’à la fin de l’année,

voyez ici clic sur le rideau–>

 

 

 

Il y a aussi un album en vente libre dans tous les bons établissements (avec la participation de Murielle Lantignac dans « ‘Le duo du camembert »  et de Florian Laconi, dans « Spaghetti bolo »,  une comédienne et un ténor  italien, ne nous privons pas du meilleur…

Le voila –> clic sur la couv’,  et MistiMusisShop livrera.

 

 

 

Et pour quelques images de plus,

 

 

  • *MGM  Michelin Gault&Millau
  • ** MSX  Michel P.  Sylvain R., Xavier C
  • *** Charlie, janvier 2015

 

Norbert Gabriel

Festival Musicalarue 2018 : entretien avec Shaka Ponk

30 Oct

Revenu faire la tournée des salles, puis des festivals d’été, après un moment d’absence consacré entre autres à la création du nouvel album « The Evol’ », Shaka Ponk était également présent à Luxey. Le groupe allait occuper la plus grande scène de la manifestation, pour y planter son décors personnel, avec projection d’images en trois dimensions et offrir au public un spectacle explosif pour les sens, digne de la tradition à laquelle il a habitué ses fans. Il ne serait cependant pas question de rejouer des scènes usitées à l’identique, comme on revisite un film classique déjà vu : c’est l’honneur de Shaka Ponk d’offrir un concert différent et original à chaque fois, qui témoigne de ce que les membres ont souhaité mettre dans l’actualité de leur création, y compris en évitant de jouer leur succès commerciaux, qui pourtant auraient facilement créé des moments fédérateurs. Du groupe, satisfait de pouvoir grâce au professionnalisme des équipes techniques, retranscrire le spectacle de leur tournée, fidèlement à ce qu’il imagina pour le Zénith parisien, et visiblement heureux de retrouver le public landais, six ans après sa précédente participation à Musicalarue, le chanteur Frah et le claviériste Steve acceptaient de nous accorder un entretien dans l’après-midi, au cours duquel ils purent également parler plus en détail de leur engagement pour l’environnement et la défense de la nature à travers le collectif qu’ils ont créé.

– Bonjour et merci de nous accorder ce moment. Votre album « The Evol’ » prend en considération un thème qui vous est cher, à savoir la question de l’évolution de l’espèce humaine, mais aussi du sort de notre planète, question que vous avez décidé de promouvoir aussi à travers votre collectif « Freaks ». Pouvez-vous nous en parler ?

– Frah : C’est un grand sujet, un grand débat. On a besoin de beaucoup de temps pour en parler. Mais en gros, on a lancé un collectif d’artistes qui se retrouvent autour de gestes simples et efficaces pour lutter contre la pollution et le réchauffement climatique, pour protéger la biodiversité. C’est un travail qu’on a mené en parallèle avec la création de ce disque et e spectacle, qui ne devait d’ailleurs pas forcément voir le jour maintenant. Mais à un moment il fallait y aller. On a travaillé pendant trois ans, entre la date qu’on a faite lors de la dernière tournée où on a été voir la Fondation pour la Nature et l’Homme [] et le moment où on l’a mis en ligne, un peu en sourdine en juillet, avec la FNH, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie) et des bêta-testeurs, pour décortiquer la journée d’un consommateur lambda et établir un théorème. Théorème qui est que si on change, nous les consommateurs, dans notre quotidien, certaines habitudes et certains comportements, uniquement dans notre vie privée, sans parler de travail professionnel, ni attendre que les politiques ou les industriels changent de rythme, on peut tout faire basculer. Ça a été un travail, car il fallait que ce soit vrai, et pas juste de la démagogie. C’était très long ; on a failli laisser tomber plein de fois, pour plusieurs raisons. Mais finalement le système était assez simple : on proposait des choses à la fondation ; quand elle nous validait l’idée, on la testait sur le terrain, voire si c’est quelque chose d’accessible, et si oui, on décidait de parler de ce geste. On a regroupé autour de nous des gens qui ont de gros réseaux. C’est pour ça que ce n’est pas un collectif pour le grand public : n’importe qui dans le grand public peut dire qu’il fait ci ou ça, ce qui ne signifie pas qu’il le fasse vraiment. En revanche si des gens connus parlent à leur followers en disant qu’ils ont cessé de manger de la viande ou d’utiliser des gobelets en plastiques ou des produits à usage unique, ou encore qu’ils sont passés sur un fournisseur d’accès écoresponsable, c’est tellement facile de vérifier si c’est vrai ou faux qu’ils seront obligés de le faire vraiment. Donc on s’est lancés dans un truc qui est selon les professionnels de l’écologie avec qui on a travaillé, une vraie nouvelle bonne solution pour faire changer la seule masse qui peut faire changer les choses : nous. C’est le début d’une histoire.

– Steve : Oui, c’est vraiment le début. C’est un challenge et personnel et collectif, parce qu’effectivement c’est intéressant de changer nos habitudes et de se refiler des combines : on est tous des pré-adolescents responsables d’une nouvelle façon de vivre. Tout ça, on le fait ensemble évidemment. On n’est pas égaux ; c’est difficile. Mais justement ce qui est cool c’est de pouvoir en parler et d’aller dans la même direction et avec la même envie. Le résultats viendra avec les efforts.

– Peut-on imaginer que votre engagement se concrétise sous forme de festivals organisés spécifiquement autour de cette thématique avec d’autres artistes ?

– Frah : Oui… Mais c’est à dire que pour l’instant l’idée est d’informer les gens, de leur donner deux informations : savoir comment changer certains comportements d’une part, et savoir d’autre part qu’il est encore possible de limiter les dégâts. Des dégâts, on sait qu’il va y en avoir. Maintenant il y a assez de scientifiques qui expliquent qu’entre dans dix et cinquante ans, il va se passer des choses très déstabilisantes que l’espèce humaine n’a jamais connues sur cette planète. Mais il est encore temps de sauver les meubles. L’idée est de concentrer l’énergie sur le message du changement plus que sur le fait d’être musiciens et de construire un festival autour de ça. Mais pourquoi pas ? Sauf que là, on est dans un cas d’urgence : on essaye de réanimer le mec !

– Steve : Et puis ça parle ou pas aux gens. C’est en cours. On vit avec. On va faire des manifestations bien sûr. Mais on se concentre plus sur notre capacité personnelle d’action.

– Frah : Et puis les personnalités qui constituent le collectif sont encore en train d’arriver. On attend peut-être juste avant 2019 pour avoir le noyau dur qui va être composé de cent à cent cinquante personnalités, pour trouver par groupe des idées concrètes et faire jouer les réseaux de tout le monde pour faire passer des informations qui sont un peu « rabat-joie », mais apportent des solutions concrètes, avec tout ce qu’il faut de positivisme pour se dire que si on veut, on y arrive. Il faut que les gens vrillent vraiment : on a besoin d’un détour à cent quatre vingt degrés.

– Steve : Il y a tellement d’énergie dépensée dans le déni de l’ensemble de la situation, que ça mérite quand même une réflexion personnelle et d’ouvrir les yeux.

– A propos d’artistes sensibilisés aux questions environnementales, le groupe Guaka [] qui avait assuré votre première partie lors du concert de Bordeaux en 2014, a réalisé un titre en duo avec la chanteuse de votre groupe, Sam, sur son album « Le Jardin des Malices ». Guaka, dont la batteur et percussionniste Mauro Ceballos, également dessinateur, vient de créer la bande-dessinée « Di Vin Sang » retraçant l’histoire du vin au Chili et des liens avec la ville de Bordeaux, et entièrement teintée et peinte avec des vins, partage avec vous l’originalité d’être composé d’artistes s’épanouissant dans plusieurs disciplines (musique, dessin, théâtre…). Comment les aviez-vous rencontrés ?

– Steve : On les a connus en jouant pas loin d’ici, au Krakatoa de Mérignac (Gironde), une salle qui est devenue depuis mythique pour nous, puisqu’elle l’était déjà pour d’autres. C’est le genre de petite salle où on aime bien jouer et puis on y a rencontré Bertrand Cantat, le jour où on a rencontré les Guaka. C’est devenu une espèce de famille pour nous. Guaka, on a rejoué avec, on a chanté avec, ils nous ont peints dans des festivals. On a fait plein de trucs avec ces mecs là ; ils sont aussi fous que nous -et sympas-. C’est vrai qu’on est six, mais qu’ils auraient pu aussi bien rentrer dans le groupe avec nous. Et ils sont libres ! Autonomes, c’est ça qui est quand même bien aussi.

– Le projet de recherche « PIND » [] lancé à l’initiative de Solveig Serre et Luc Robène [] concernant l’histoire de la scène punk française, a fait apparaître au fil de divers témoignages collectés combien l’esprit d’autonomie et de débrouille propre au Punk et à la philosophie du « do it yourself » a influencé et construit énormément de personnes, par delà le mouvement musical et culturel lui-même. En quoi l’esprit Punk vous a-t-il particulièrement formés ?

– Frah : L’esprit punk, c’est un truc qu’on avait, parce qu’on a bousculé des choses. Quand on sent que les choses sont établies et qu’elles n’avancent pas vers quelque chose de constructif, ça nous angoisse et on aime bien les bousculer. Ça peut être un côté « fouteur de merde ». Mais c’était aussi pour jouer avec les deux extrêmes, entre le côté Shakyamuni très posé, très pensé, basé sur la sagesse, le respect, la construction, et le côté punk plutôt du mec qui pète tout sans trop réfléchir.

Steve : C’est la métaphore de l’équilibre juste qu‘il faut trouver entre deux extrêmes qui sont cool à vivre, mais un petit peu, à chercher loin dans les cultures, les différences, les sensations.

– Frah : Mais je pense que si tu demandes à un groupe de Punk si on est des Punks, ils seront pétés de rire !

– Steve : Si c’est pour avoir une étiquette punk, déjà c’est antinomique. Mais la liberté dont on parle, et même dans ses gestes, c’est exactement ça.

Miren Funke

Photos : Carolyn C, Océane Agoutborde

Lien : site officiel de Shaka Ponk : http://www.shakaponk.com/

Fb de Guaka : https://www.facebook.com/GUAKA-105715122132/

Mauro Ceballos : https://www.facebook.com/mauroceballossollabec/

 

NB:  au fil de la lecture, il y a des mots ou des groupes de mots en rouge souligné, en cliquant dessus vous allez sur une page dédiée.

Tournée de présentation d’Amours Sorcières, quatrième album de Julie Lagarrigue (Julie et le Vélo qui pleure) : entretien avec l’artiste

26 Oct

C’est par une tournée de concerts, au cours desquels ses nouvelles chansons viendront à la rencontre du public dès la fin octobre, que Julie Lagarrigue (Julie et le Vélo qui Pleure, voir ICI et  ICI) annonce d’ores et déjà la création d’un nouveau répertoire, dont l’enregistrement s’exécutera dans quelques mois. Quatrième album de l’artiste, « Amours Sorcières », qui sera disponible début 2019, a donc décidé de se dévoiler au préalable sur scène, d’y promener sa poésie, d’y confier son intimité, d’y faire danser ses lueurs, et d’y esquisser les sens rêveurs qui fourmillent toujours dans l’âme de l’auteure-interprète, dont le goût pour la recherche du différent et le talent pour exprimer autrement nous inclinent à osciller d’émotions familières en sentiments étrangers, au jour d’un regard original, tendre et clair-sentient, parfois inattendu et insolite. A l’orée de ce nouveau voyage auquel Julie Lagarrigue nous invite, et pour lequel un appel aux contributions du public -avec possibilité de pré-commande de l’album- a été lancé (lien en bas d’article), Julie Lagarrigue acceptait de nous accorder un moment.

– Julie bonjour et merci de nous accorder quelques instants pour parler de ce nouvel album « Amours Sorcières » en création et pour lequel un appel au financement public a été lancé. Des dates de concerts sont déjà fixées pour les 4 prochains mois, préalablement à l’enregistrement du disque. Cette tournée va-t-elle consister à permettre aux chansons d’exister et d’évoluer peut-être ou de se métamorphoser ?

– Effectivement au préalable, on part en tournée avec « Les P’tites scènes » de l’IDDAC, et quelques autres dates, une vingtaine en tout. J’ai choisi de garder la même équipe de musiciens que ceux qui ont joué sur l’album « Fragiles, Debout » : Ziad Ben Youssef au oud et Anthony Martin à la guitare. En revanche je ne jouerai pas d’accordéon sur ce nouveau répertoire. J’ai acquis un très beau tambour de la Réunion, et puis en cherchant les arrangements des nouvelles chansons, nous avons travaillé avec. Il fallait un tambour avec lequel tout le monde puisse jouer, donc un instrument de taille raisonnable, et dont on puisse jouer à la main, à la baguette, sans cerclage. Quand à l’évolution des titres, on a une belle marge d’évolution devant nous. Il y a déjà une chanson « Le beau de la forêt », pour laquelle Anthony a créé un arrangement très beau avec une guitare portugaise à cordes doublées -moi jouant du tambour et Ziad du oud-. Peut-être la jouerais-je au piano en rappel ? Honnêtement ce qui me passionne le plus, c’est la période de recherche et de création, plus que le résultat. La résultat sera forcément différent chaque soir de toutes façons. On ne sait pas vraiment où cela va mener les chansons. Mais comme dans ce milieu, on nous demande toujours de tout prévoir trois ans à l’avance, j’ai décidé de faire de la résistance, et d’y vivre au jour le jour. De même j’ai préféré un appel aux dons, via la site « helloasso » plutôt qu’une souscription classique. Bien sur il y a des contre-parties et c’est une forme de précommande de l’album.

– Souhaites-tu que tes musiciens expriment leur polyvalence sur ce nouveau répertoire ?

– Ziad et Anthony jouent des percussions. Mais Anthony joue plein de guitares quand même; on n’a pas le cavaquinho pour l’instant sur ce répertoire. Mais tout va peut-être changer, puisqu’on rentre une semaine en résidence et on ne sait pas trop ce qui va en sortir. Pour ma part je vais jouer essentiellement du piano et du tambour.

– Tu évoquais récemment des thématiques plus intimes que sur les précédents albums au sujet de ces nouvelles chansons. Qu’en est-il ?

– Est-ce que j’ai tenu ma promesse ? Je ne sais pas si c’est intime. « Le jardin manque d’eau » est à mon sens une des plus belles chansons qui parle de la terre, mais aussi, comme les autres chansons, des relations hommes-femmes. Je souhaitais mettre les femmes à l’honneur : la femme-amante, la femme-aimante, la femme-mère etc. 

– Et ces femmes, sont-elles toi ou des femmes que tu as croisées et qui ont pu t’inspirer ?

– Il y a des chansons où je parle de moi, mais du moi qui ressemble aux autres; et d’autres où je parle de femmes, d’une femme en particulier, que j’ai rencontrée. La chanson « Si tu la voyais » raconte une femme qui, à la cinquantaine, change de vie et reconstruit. Mais de toutes façons, lorsque j’écris, qu’il s’agisse de moi ou d’autres personnages, je m’exprime toujours à la première personne. « Mon mec est un scientifique » relate l’histoire d’un couple moderne. « Doucement je me décristallise » est une chanson que j’aime beaucoup, et dont cependant je ne sais pas trop ce qu’elle va donner. Je souhaitais y parler du moment où on revit, où après avoir passé une période, qui peut être n’importe quoi, de maladie, de parenthèse, de repli ou de transformation -dans mon cas je me sentais invisible-, on revient à la vie. La chanson « Le beau de la foret » décrit l’aventure d’un homme, toujours à la première personne -j’aime bien me mettre dans la peau d’un mec- qui quand il était jeune avait reçu pendant très longtemps des lettres d’une fille auxquelles il n’a jamais pu répondre, par timidité, et se rend compte vingt ans plus tard qu’en fait il l’aimait. Cette chanson aborde le thème de l’inhibition, de l’introversion qui parfois tétanise. « Amour Sorcières » est un titre court qui a donné son nom au spectacle et probablement à l’album, et qui parle d’aller faire un tour sur la terre

 Voir si les hommes
encore s’étonnent
de voir des coquelicots pousser
au bord des chemins goudronnés .

Il faudrait qu’on arrive quand même à profiter et s’enjouer de ce qui est beau et positif. C’est un spectacle plutôt lumineux en fait.

– En quoi d’autre va-t-il différer des précédents ?

– Normalement je devrais moins parler que sur les précédents spectacles. C’est Cécile Delacherie qui vient jouer le rôle de regard extérieur [voir ICI]  : elle m’aide à ce que ce soit globalement construit, que l’ordre des chansons ait du sens; elle me/ nous fait travailler et nous aide à garder une certaine rigueur dans le travail. Patrick Lafrance s’occupera du son et de la lumière. Le vélo n’est plus là. Mais il y aura de belles surprises. Pour le moment les principales dates annoncées sont en Gironde et dans des départements limitrophes (Landes, Tarn, Dordogne, Creuse), mais nous espérons voyager un peu plus loin avec cette tournée, et pouvoir participer aux festivals de Chanson.

– L’affiche de la tournée te présente en robe rouge au milieu d’un champ de fougères. Lagarrigue dans les fougères, un joli clin d’œil ?

– J’adore le symbole des fougères ; on dit qu’elles ont l’ADN le plus vieux existant sur la terre. Ce sont des espèces de vie pionnières. Et il y a un lien avec les sorcières. Pour moi les sorcières sont des femmes soignantes, qui sont en fait juste des femmes qui suivent leur intuition, qui connaissent les plantes, qui accompagnent l’autre. Je ne pourrais jamais retirer ça de moi : il y a cette part de moi qui est dans le soin, de par mon activité d’art-thérapeute.

Miren Funke

photos : Mathieu Ferguson

  • Dates de concerts : clic sur le vélo  —–>

 

  • Lien de souscription, clic sur la bourse

 

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