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Histoire d’une chanson… L’eau vive

19 Mar

Dans les années 53-57, plusieurs ACI majeurs de la chanson francophone arrivent sur la scène , dans l’ordre: Brassens, Brel, Béart, Anne Sylvestre…

Guy Béart va très vite accéder au succès, avec des chansons qui sont interprétées par Juliette Gréco, Patachou, Hélène Martin, Cora Vaucaire, Zizi Jeanmaire, Odette Laure, Suzy Delair, Annabel Buffet, et avec des chansons qu’il interprète lui-même, bien entouré, entre autres par Boris Vian en directeur artistique …
Mac Orlan et Brassens sont les premiers à témoigner de leur admiration. Mais c’est en 1958 qu’il entre dans l’histoire de la chanson, avec « L’eau vive » qui est chantée dans les écoles,comme un standard du folklore, c’est la première fois que ça arrive à un chanteur vivant, et de plus dans les toutes premières années de sa carrière. « L’eau vive » va être enregistrée par dix des têtes d’affiche de ces années dès les premiers mois de sa sortie, de Tino Rossi à Marcel Azzola, en passant par Colette Renard, Marcel Amont et Marc Ogeret … Et par la suite, elle fait une carrière remarquable, 92 semaines au hit parade de la chanson, avec en prime quelques parodies drôlatiques ou politiques.. Et très vite, le film éponyme dont elle était la bande son a été oublié ( film de François Villiers, sur un scénario de Giono, qui avait adoubé Guy Béart, Pascale Audret est l’héroïne du film, la jeune Hortense.)

Les quelques versions ci-dessous montrent que les versions proposent du kitch vintage avec Tino, mais aussi le presque folk de Denis Pépin, et les versions jazz instrumentales, avec la riche B.O. du film (en deux parties), à vous d’écouter, et honneur au créateur pour commencer.

 

Versions instrumentales de «  l’Eau vive » , comme vous ne l’avez peut-être jamais entendue, la B.O. du film avec ses variations

Partie 1

De Béart à Béart(s)

Hugues

Yvette Giraud

Denis Pépin

Les Troubadours

Tino Rossi

Dorothée

Marcel Amont

Instrumental Harmonica

Marcel Azzola

Orchestre Percy Faith

Guitare classique

Jazz avec Joseph Reinhardt : guitare solo, Dingo Adel : guitare,  Patrice Caratini : contrebasse

Piano et cornet

Maurice Vander

Accordéon

Celtic music

Béart in english

et pour finir la partie 2 de la B.O du film ..

Norbert Gabriel

Louise Perret, Gwen Cahue, Julien Pinel : Melkoni Project…

1 Mar

 

Elle est de ces chanteuses dont la grâce infinie sublime les re-créations, Louise Perret .

Il est de ces musiciens qui nous emportent dans des tourbillons de musique où on a le temps de voir les paysages (pour paraphraser  Sarane Ferret) Gwen Cahue.

Et ils sont  Melkoni Project, en duo ou trio, avec la contrebasse de Julien Pinel… Minvielle, Barbara, Bourvil, Nougaro, Gainsbourg, Trenet et quelques autres ont le bonheur d’être dans Melkoni Project.

Rien à dire d’autre qu’écouter et s’émerveiller

La vie d’ici bas

 

La tendresse

 

Du bout des lèvres

 

Fleur bleue

 

Rimes

 

De dame et d’homme

 

Le poinçonneur et autres hommages La vie en rose Gottingen La mauvaise réputation

 

Louise Perret Цвіте терен (Tsvite teren)

 

Gwen Cahue  Blues en mineur, très bel hommage à Django,

 

Pour plus d’infos,
clic ici —>

Norbert Gabriel

 

L’art est essentiel #la culture est essentielle # les artistes sont essentiels

29 Oct

En préambule à cette réflexion de Camille Solal, on peut mettre en exergue :


« Aujourd’hui j’ai envie de partager ma pensée et de prendre position. Sur quel sujet me direz-vous ?

C’est une réflexion de fond en réaction à des annonces gouvernementales qui, depuis le mois de mars maintenant, ont mis systématiquement les artistes dans la case “non essentielle.”

En effet pendant les confinements, les commerces “essentiels” restent ouverts. Et tout ce qui n’est pas “essentiel” ferme.

C’est-à-dire, selon ces mesures, les théâtres, les cinémas, les salles de concert, toutes les manifestations culturelles.

Qu’est-ce que cela signifie profondément ? Et bien cela signifie profondément pour ceux qui prennent ces mesures que les artistes ne sont donc pas essentiels à la vie.

Donc que la vie peut être vécue sans art et sans culture. Et même pire, que la vie menée par les artistes et les personnels de la culture n’ont aucun sens, dans le sens justement que ce n’est pas “essentiel”.

J’ai évidemment un réel problème avec cette vision ; peut-être que c’est une maladresse de communication ?

Peut-être qu’on aurait pu dire “nous savons que la culture et l’art sont absolument essentiels et fondamentaux à la vie telle que nous la chérissons, mais puisqu’il faut bien faire des choix et des arbitrages nous allons limiter à la vie du corps physique c’est-à-dire la nourriture et le papier toilette. “

C’eût été une communication plus respectueuse et pour le coup qui aurait fait plus de sens.
Surtout qu’il n’y a pas si longtemps, presque 15 jours maintenant, un professeur de la république a été décapité et que l’argument principal qui a été brandi pour lui ou contre lui était le droit à l’art et à la culture. Donc il faut se mettre en cohérence et ne pas utiliser l’art et la culture seulement quand ça « arrange » n’est-ce pas ? Car enfin nous sommes tous des êtres éminemment spirituels, la vie seule du corps physique ne suffit pas, cela s’appelle la survie.

Or la survie est normalement conditionnée à quelques heures, quelques jours voire quelques semaines lorsqu’on est à l’hôpital et qu’on se bat contre la mort, lorsqu’on est pris dans une avalanche, lorsqu’on est tombé dans un ravin etc. Dès que le stimulus de danger de mort est passé alors la vie reprend son cours ; y compris chez des malades très graves atteints de cancers longue durée, ils cherchent à « profiter » de la vie et pas juste à « survivre ». Car survivre pour survivre n’a aucun sens.

Et l’essence même, l’essentiel de la vie c’est la recherche ou plus exactement la définition du sens. Je vous invite sur le sujet à lire ou à relire « La logothérapie » de Viktor Frankl . C’est un psychiatre autrichien qui a survécu aux camps de concentration et d’extermination et qui a pu analyser son vécu sous le prisme du détenu qu’il était mais aussi du psychiatre en exercice. Il a donc pu analyser ses réactions et celles de ses co-détenus ainsi que celles des gardes. Il a pu constater que les détenus qui survivaient étaient ceux qui parvenaient à trouver ou plus exactement a décider un sens à leur vie; ils n’étaient pas juste dans la survie physique car la mort pouvait frapper à chaque seconde, à chaque minute, à chaque heure sans aucun préavis, sans aucun sens et le corps était un champ de ruines. Il explique que les codétenus se retrouvaient comme ils le pouvaient pour raconter des histoires le soir, essayer de mettre de l’humour et se remonter le moral avec des chansons et préféraient même parfois rater la soupe plutôt que ces moments alors qu’ils étaient littéralement affamés . N’est-ce pas bouleversant de lire cela ? Que peut-on en déduire sur l’essentiel? Quelles sont les premières choses que nous souhaitons faire lorsque nous avons échappé à la mort, lorsque nous sortons de l’hôpital où que nous nous savons « condamnés » ? Probablement Voir des amis? , écouter de la musique?, danser? , aller au théâtre?, voir un film?, dessiner? etc. ?c’est-à-dire ce qui est fondamentalement essentiel à la vie en tant que telle et non à la survie.

En tant qu’artiste moi-même, en tant qu’art-thérapeute et en tant que coach je suis meurtrie dans ma chair par cette confusion des mots, par ces décrets que nous sommes « non essentiels » et je trouvais fondamental de m’exprimer aujourd’hui sur ce sujet.

Moi-même j’ai laissé passer tous ces mois en acceptant les différentes mesures et en acceptant cette communication tout en la vivant affreusement mal, en culpabilité, en me disant que oui je devais me mettre de côté, sacrifier ce qui faisait le sens de mon existence même pour l’effort commun.

Jusqu’à aujourd’hui où, en sondant profondément le sens des choses, en ayant pris le recul nécessaire, je trouve absolument vital, absolument essentiel de dire que les artistes, les personnes qui font le monde de la culture, de l’art, de la musique, tous les acteurs techniques qui rendent cela possible, qui mettent en scène, en lumière, qui créent des costumes, des décors, tout ce qui contribue à la vitalité, à la nourriture spirituelle est donc essentiel et vital à nos êtres et que ces personnes et ces métiers sont donc des acteurs majeurs de la qualité et du sens de la vie tout court.

Donc Véritablement, fondamentalement, éternellement essentiels.

Aujourd’hui encore la France est attaquée . Et certains veulent nous faire passer du côté obscur, et éteindre la lumière. Éteindre la joie. Éteindre la sublimation, éteindre le sublime. Annihiler la pensée au nom de la croyance. Donc aujourd’hui plus que jamais nous, artistes, personnes de l’art et de la culture, sommes essentiels.

Ce n’est pas une question d’argent, ce n’est pas une question de salaire tous les mois, il s’agit du sens même de la vie de millions de personnes.

Merci de respecter cela.

 Camille Solal

Clic sur l’image et allez voir –>

Histoire d’une chanson: Toute la musique que j’aime …

26 Oct

Dans ses débuts de rocker simili Presley, et pseudo Halliday ( devenu Hallyday suite une faute de maquettiste) il n’était pas vraiment évident que toute la musique qu’il aimait venait du blues. Un de ses premiers succès Itsy bitsy, petit bikini est assez éloigné de Mamie Smith et son Crazy blues, Muddy Waters, Robert Johnson ou Bessie Smith.. Ensuite c’est le succès du twist, dont on cherche toujours le feeling blues.

Mais un jour, Johnny veut témoigner de ses racines musicales, et c’est en 1973 qu’arrive Toute la musique que j’aime ..

Dans ce tube blues rock emblématique de son répertoire, Johnny chante que

Toute la musique que j’aime
Elle vient de là elle vient du blues
Les mots ne sont jamais les mêmes
Pour exprimer ce qu’est le blues

J’y mets mes joies, j’y mets mes peines,
Et tout ça, ça devient le blues
Je le chante autant que je l’aime
Et je le chanterai toujours

Il y a longtemps sur des guitares
Des mains noires lui donnaient le jour
Pour chanter les peines et les espoirs
Pour chanter Dieu et puis l’amour

La naissance et la réalisation de cette chanson montre que Johnny a souvent été rebelle, en imposant ses vues, et souvent démissionnaire face à « son entourage » professionnel ou privé. Quand il demande personnellement à Hubert-Félix Thiéfaine et Paul Personne un album complet de blues*, il ne répondra jamais à leur proposition et ne donnera pas d’explications à son refus (officiellement c’est le label qui mis le véto)  mais quelques temps plus tard il enregistre un album ersatz de blues**, signé par la plupart de ses compères habituels. Doit-on comprendre que le duo Thiéfaine-Personne n’était pas personna grata dans « l’entourage » ? Comme on le voit dans les deux paragraphes ci-dessous, Johnny peut être directif, et être court-circuité par son directeur artistique, lequel s’avérera désavoué par le public

– Rebelle : après un premier travail de studio avec les musiciens, Michel Mallory enregistre une voix témoin, afin que les instrumentistes aient la mélodie « dans » l’oreille. Le lendemain , Johnny écoute le résultat et déclare :  Ce n’est pas comme ça qu’il faut la chanter , puis demande si tout est près pour enregistrer sa voix . Chris Kimsey, l’ingénieur du son, acquiesce. Par deux fois, en cabine, Johnny écoute le play-back sans chanter, puis annonce : Maintenant vous m’enregistrez et même si je me trompe, laissez moi aller jusqu’au bout !  Deux prises, sur deux pistes différentes, sont réalisées.  Il y avait tant de magie, de puissance et d’émotion dans chacune d’elles, qu’il fut difficile de choisir … écrira Mallory.

À l’écoute, tous sont satisfaits, mais pas Johnny qui trouve  qu‘il manque quelque chose :  un dobro qui jouerait en slide … annonce-t-il après réflexion. Chris Kimsey fait venir l’instrumentiste Brian John « B. J. » Cole , équipé d’un dobro artisanal (fabriqué selon ses dires par son père) et le son qu’il en sort est proche de celui d’une guitare hawaïenne. Une seule prise est réalisée et alors que tous les instruments cessent, Cole, pour le plaisir, continue seul et termine la chanson. L’effet jugé excellent est conservé.

– Démissionnaire : Jean Renard, alors directeur artistique de Johnny Hallyday, apprécie peu la chanson, pas plus que l’intégralité de l’opus Insolitudes et propose pour « sauver l’album » d’y joindre la chanson Comme un corbeau blanc (titre de sa composition, enregistré trois ans plus tôt par Hallyday, initialement pour l’album Vie et resté inédit). Par la volonté de Jean Renard, Comme un corbeau blanc devient le onzième titre d’Insolitudes et la face A du premier single extrait du 33 tours. La musique que j’aime n’est qu’une face B. C’est pourtant elle qui très vite s’impose dans les diffusions radios et au public. Elle trouve immédiatement sa place dans le tour de chant de Johnny Hallyday et, à deux exceptions près (Le Pavillon de Paris en 1979 et le Palais des Sports en 1982), est depuis de tous les spectacles de l’artiste.

– Michel Mallory se souvient de ce début de musique improvisée en Corse et le joue en Mi majeur. Le chanteur écoute attentivement, puis prend la guitare : «Il manque le milieu, le pont, le refrain, écoute, il faut que cela fasse ça… 

En un instant, la musique définitive de ce qui va devenir La musique que j’aime prend forme.Il manque les paroles, écris moi quelque chose de fort, qui me ressemble , demande le chanteur. Le texte, Mallory l’écrit tard dans la nuit, après avoir pris congé de Johnny, dans sa voiture, sur son carnet de rendez-vous :

Toute la musique que j’aime, Elle vient de là, Elle vient du blues,
Les mots ne sont jamais les mêmes, pour exprimer ce qu’est le blues

Péripétie inattendue, Aujourd’hui, « La musique que j’aime n’a plus d’éditeur. Elle nous appartient. On l’a cosignée : Johnny Hallyday-Michel Mallory (J. Hallyday 1996)

Hit Parade : La musique que j’aime est la chanson que Johnny Hallyday a le plus grand nombre de fois interprétée en duo : 50 duos avec 35 interprètes différents.

Quelques versions au fil du temps…

La première


avec Paul Personne 1993


Olympia 2000


Limoges 2015 avec Greg Zlap


et avec les vieilles canailles en 2017,  aux guitares Yarol Poupaud Basile Leroux Thomas Dutronc Fred Chapelier..

 

Et pour finir, un petit film qui montre la démesure du personnage en spectacle, quoi qu’on en dise ..

 

  • * Quand ils ont envoyé l’album, ils n’ont eu aucune réponse de Johnny, quelqu’un de « l’entourage » a plus ou moins éludé sans répondre vraiment. H-F Thiéfaine et Paul Personne ont donc repris cet album pour eux et ont tourné plus d’un an avec cet Amicalement Blues.

** : Le cœur d’un homme (titré soufflé par sa femme Laetitia) n’est pas un album blues mais tendance blues.

Norbert Gabriel

 

Jazz à la Chope des Puces

26 Juin

Après quelques dimanches de fiestas musicales dans une liesse générale, il devient compliqué pour le plumitif admiratif de renouveler le florilège de son vocabulaire enthousiaste et éviter le risque du radotage et des redites. Les épisodes précédents ont largement puisé dans les superlatifs, bien mérités, voici donc, une

Tentative de description objective d’un dimanche après-midi de Juin, à La Chope des Puces 

Plantons le décor : les obligations actuelles ont imposé des concerts en extérieur, et le passage entre les deux bâtiments offre de très bonnes conditions pour l’acoustique, et pour le confort des spectateurs- éventuellement-consommateurs, Qui peuvent danser, bouger, aller et venir au gré de leur envie,

Un dimanche à la Chope des Puces, ça commence à 12 h 30, ouverture de la restauration, puis vers 14h se succèdent les musiciens de jazz dit « manouche » le groupe Opus 4 et ses chansons internationales, en plusieurs sets successifs, en alternance, avec divers invités musicaux ou danseurs, claquettes et plus selon la participation du public. Musicalement, c’est une suite de re-création/ récréations, de surprises et réinventions dans une ambiance rieuse et l’excellence de la musique. Pour laquelle, « on paye sa place au prix de son plaisir » … ou plus précisément selon l’usage, on remplit le chapeau.

Si vous voulez en savoir plus, voyez ICI.

ou clic sur la photo,

Samedi 27 et Dimanche 28 Juin
Ce week-end la Chope Des Puces en plein air
concert de 12 h30 à …. tard …
Il fera beau, et il y aura:
Steven Reinhardt, Benji Nini Winterstein,  Alban Chapelle,
Opus 4 , Serge Camps, Frank Anastasio , Pierre,  Louiba…

 

Venez  pour déjeuner ou pour boire un verre. Rire et danser si vous voulez.

Norbert Gabriel

Chope des Puces 14 Juin ..

15 Juin

… Et entre 17 h et 17 h 10, le ciel s’est ouvert sur une pluie d’étoiles et de notes…
Et pour paraphraser Paganini,  ainsi jouent les anges dans le ciel, et après Steven Reinhardt.

Je raconterai l’histoire de cette phrase de Paganini, mais revenons au début de l’après midi. Dans ce rendez-vous dominical à La Chope des Puces, autour de Steven Reinhardt et Alban Chapelle, il y avait par ordre d’entrée en scène les guitares de Marcel Campion, Tony Landauer, Benji Nini Winterstein , ça se passe en plusieurs sets, avec Opus 4 et c’est vers 17 h que Steven Reinhardt, Benji Nini Winterstein et Alban Chapelle nous ont laissés dans une sidération éblouie, avec une magnifique  improvisation de Steven Reinhardt. Le charme avait bien commencé avec Marcel Campion, et ces sons  souples et onctueux, toujours nourris du swing de ces princes de la guitare, ces musiciens  qui savent faire l’amour à tous les instruments, et c’est bien ce qu’on entend et partage dans ces rendez-vous 122 rue des Rosiers à St Ouen. Une invitation à partager de l’amour, ça ne se refuse pas. C’est vous qui voyez …

Les habitués, Marcel Campion, Steven Reinhardt, Roxane Semadeni et Opus 4 avec Liouba Kortchinskaia  Photos©NGabriel2020

 

Les invités du jour, Tony Landauer et Benji Nini Winterstein, avec Alban Chapelle Photos©NGabriel2020

Comme je ne suis pas sûr de pouvoir bien transcrire ce qui s’est passé, ce sont des moments à vivre, pas à raconter, j’appelle Paganini à la barre, ou au micro.
Voici donc l’anecdote sur Paganini, telle que me l’a racontée mon grand père Giovanni, l’ébéniste de Pierre-Bénite – commune rouge vif comme son nom ne l’indique pas- en des temps quasi préhistoriques.

Au début des années 1800, les grands dignitaires ecclésiastiques de Gênes (ou de Milan) organisent une grande audition de tous les musiciens de la ville pour honorer la visite du Pape ou du roi, avec une bourse prestigieuse à la clé.. Et un poste envié, genre musicien officiel de la ville. Tous les musiciens les plus réputés sont là, interprètent leur morceau de bravoure, et attendent le verdict;  il reste une espèce de loqueteux qui demande à être auditionné, tout le monde s’esclaffe, mais histoire de rire, on le laisse jouer. Il commence, casse une corde, continue, casse une deuxième corde, puis la troisième devant une salle écroulée de rires et de lazzis, et enfin, sur la chanterelle, il fait un numéro qui laisse tout le monde stupéfait. Et ébloui. A la fin, il quitte sa défroque pouilleuse, et déclare :

Cosi suona gli angeli in cielo e dopo Niccolò Paganini 

 Ainsi jouent les anges dans le ciel, et après Niccolò Paganini .

Je ne sais pas si l’histoire est vraie, mais si on é véro, é ben trovato…  Et voici qui  valide une partie de l’histoire : « Un soir, après avoir ôté deux cordes à mon violon (la 2e et la 3e), j’improvisais une sonate intitulée Scena amorosa, supposant que la 1 ère corde était l’homme (Adonis) et la chanterelle, la femme (Vénus). Telle est l’origine de l’habitude que je pris de jouer sur une corde ; car après les éloges qu’on me donna sur cette sonate, on me demanda si je pouvais jouer sur une seule corde ; ma réponse fut « certo » ! »

Niccolò Paganini (Gênes, 27 octobre 1782 – Nice, 27 mai 1840 ), est un violoniste, guitariste et compositeur génois.

Une étude sur ses mains et ses doigts a révélé qu’il avait la maladie de Marfan, maladie génétique affectant le squelette et conférant une grande souplesse des articulations , cette souplesse facilitant des extensions impossibles aux autres musiciens..

Et quand on voit les doigts de Robert Johnson, et ses performances il est possible qu’il ait aussi été affecté par cette maladie génétique

Last but not least, La Chope des Puces remet le couvert musical et restaurant dimanche prochain, suivez le guide !

Clic sur le panneau –>

Photos©NGabriel2020

Norbert Gabriel

La Chope des Puces prochaine tournée…

12 Juin

Premier jour …  Nadia, Les frères Krief, Maxime Bousquet.

Prima la musica ! Comme disait Verdi à Nina Simone .. ou à Duke Ellington qui a répondu, je cite : « It don’t mean a thing , if it ain’t got that swing. » Ouap dou ouap ! Et l’esprit de Django est dans la Chope …

C’est ce jazz tonique qui fait swinguer l’âme qu’on retrouve à St Ouen, à la Chope des Puces. On peut entendre pour la 100 ème fois un standard comme « Minor Swing » il y a toujours quelques chose de différent, l’air du printemps, la chaleur de l’été, la douceur de l’automne, quelque chose d’impalpable qui régénère recrée, rénove.
Parfois, c’est le public qui ajoute une touche pittoresque dans le tableau, en apportant à la musique une couleur particulière. Et chaque dimanche est une surprise possible …. Retour en quelques scènes lors des 3 premiers week-ends …

Premier jour , la réouverture …

Lola en fête

Deuxième tournée

Elise à la marelle, Lola et la danseuse masquée, Zuly #RaisingZuly, et danse avec les ours par Nina et Lola.

 

Troisième tournée, après le concert …

 

Quatrième tournée, le guinche du samedi,

Julia et Redoine, amoureux de la danse, de la vie, de la musique, amoureux….

 

Quatrième tournée, dimanche avec Jean Harlow, Gatsby, Hemingway … ?

et  pour  dimanche 14  Juin , voilà le programme :


– 
à partir de 12h30 en terrasse avec OPUS 4 et Mademoiselle Liouba Kortchinskaia puis Steven Reinhardt et Benji Nini Winterstein aux guitares, Alban Chapelle au saxophone
Venez déjeuner ou goûter, ou boire un verre en musique, c’est à deux pas de la Porte de Clignancourt, le bus 85 vous dépose presque devant.

LA CHOPE DES PUCES chez Sylvie Lacombe , 122 rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen

 

Norbert Gabriel

Henri Crolla et le cinéma

26 Mar

PH 009 Court métrage de Paul Gimault Enrico cuisinier

Crolla et Edith Zedline

En intro Les deux plumes, et Improvisation en bande son de ce qui suit ,

Jusqu’à 11 ou 12 ans Enrico est un gamin de la zone – Porte de Choisy- il joue souvent à esquiver l’école et les devoirs pour aller a spasso … dehors … se promener … et jouer de la mandoline ou du banjo aux terrasses des cafés chics de Montparnasse … Ce qui lui vaut les applaudissements et les pièces sonnantes du public et les coups de règles sur les doigts de la part de l’instit’ peu porté sans doute sur les ritournelles à la mode.

C’est un môme qui n’a pas dû aller au ciné souvent, dans la zone on a des priorités différentes. Pourtant ses sorties musicales sont assez lucratives, c’est pas la fortune, mais une bonne contribution à l’économie familiale. Il joue aussi au chat et la souris quand les pandores l’alpaguent, et le relâchent après l’avoir soulagé de sa recette du jour, mais c’est pas grave, il reviendra demain. Et puis, en 1932/33, il joue devant la Rhumerie Martiniquaise, deux consommateurs à la terrasse sont épatés par ce gamin avec son banjo, insouciant comme un moineau de Paris, ils lui donnent « une grosse pièce » tellement disproportionnée que le gamin répond,: « mais m’sieur j’ai pas de monnaie… » et c’est ainsi qu’Enrico entre dans la « contrebande de Prévert », par Lou Bonin et Sylvain Itkine, hommes de théâtre, qui l’emmènent chez Grimault et Prévert hommes de cinéma à cette époque. Enrico-Riton fait ses humanités avec la grande famille du Groupe Octobre, comédiens, écrivains, sculpteurs, peintres photographes, cinéastes poètes, musiciens, c’est une école des arts, école pluri-disciplinaire totale, une école de combattants, de l’agit prop’ qui porte la culture dans les usines et dans la rue…

Paul Grimault l’accueille chez lui, près de la Porte d’Italie, à quelques encâblures de la porte de Choisy, il y a sa chambre, découvre le jazz et la guitare, et surtout le cinéma.

Cette période dans la galaxie Prévert va nourrir sa vie et son art.

Lorsqu’il commence à faire des musiques pour le cinéma, des courts métrages, des documentaires, c’était le temps des séances de ciné de 2h30, une première partie avec les « Actualités » un documentaire, un dessin animé, et souvent un numéro visuel juste avant l’entracte, bonbons esquimaux chocolats, et ensuite, le grand film.

avec André Hodeir

Pour les musiques de films, Crolla est associé à André Hodeir, le super intello de la musique, 3 prix de conservatoire et violoniste dans la lignée de Grappelli/Warlop. Ce que dit André Hodeir : «  On assistait à la projection, en sortant Crolla prenait sa guitare, et on avait la musique. » A partir du thème, Hodeir arrangeait, orchestrait, et c’est 50 musiques de films qu’ils ont co-signées, entre 1948 et 1960, en toute harmonie complice.

En 1952, il est aux côtés d’Yves Montand dans un film à sketches Souvenirs perdus où il joue son rôle de guitariste accompagnateur…  Première apparition sur un écran dans une fiction.

En 1954, Gilles Grangier les sollicite pour Gas Oil avec Gabin,  Jeanne Moreau et Roger Hanin. Ensuite, il y a aura plusieurs longs métrages, avec Brigitte Bardot en vedette, et des cours de guitare entre deux prises , puis un film  avec Marcel Camus, Os bandeirantes,  puis St Tropez Blues… et Le bonheur est pour demain, qu’il ne verra pas.
( Dans Orfeu Negro, Crolla joue le premier thème à la guitare.)

Voulez-vous danser avec moi ?

 

 

Parmi ces courts métrages, Léon la lune est sans doute le plus intéressant dans sa construction particulière : film sans dialogue, scénarisé par Robert Giraud, avec une jolie musique d’Henri Crolla, on suit ce personnage, le vrai Léon la lune, dans son quotidien, manger, trouver un endroit pour dormir… Il s’agit d’une ballade poético-réaliste avec la guitare sensible de Crolla pour l’accompagner.

Ce film a été primé plusieurs fois (Prix Jean Vigo) et beaucoup diffusé. Il a permis à Alain Jessua de préparer ses longs métrages avec une certaine sérénité. Léon la lune, ou La Journée ordinaire d’un clochard à Paris est sorti en 1956.

Il y aura une autre expérience du même genre, en 1958, film sans parole mais avec musique, La Faim du monde, un court métrage de Paul Grimault en commande de l’UNESCO pour l’exposition universelle . Scénario de Prévert, l’histoire de l’Humanité et la mauvaise répartition des richesses, rebaptisé « Le monde au raccourci. »

On retrouve l’esprit du cinéma des origines comme langage universel par l’image et la musique.

Dans son parcours de vie et d’artiste, Henri Crolla s’est de plus en plus rapproché du cinéma .

Avec Henry Fabiani, sur le tournage à St Nazaire

Enrico cuisinier est un moyen métrage de 1955/56, scénario de Paul Grimault et Pierre Prévert. – Montage par Pierre Prévert dans lequel il a le premier rôle, celui d’un personnage tendre et burlesque, poétique et iconoclaste qui pouvait préfigurer une série à la façon des Charlot ou Harold Lloyd, et c’est en comédien qu’il postule pour « Au bout la soupe » devenu « Le bonheur est pour demain », film tourné en 1960, dont il ne verra pas le montage final, il meurt juste après la fin du tournage. C’est le seul film où il n’a pas voulu faire la musique, uniquement comédien, dans le rôle de José, républicain espagnol et guitariste occasionnel à 4 mains avec le jeune Higelin.

Henry Fabiani, en 2003, témoignera de l’importance de sa présence sur ce tournage, avec cette magie Crolla qui créait des liens spontanés entre tous, quels qu’ils soient, artistes, techniciens, figurants…

Le film de Marcel Camus  » Os Bandeirantes »  est en partie illustré par  « Paris a le coeur tendre »  …

Quelques musiques dans des genres assez différents pour illustrer cette page cinéma,

Une parisienne

 

par Christiane Legrand 

 

 

Valse du balcon

 

Cette sacrée gamine: Jardin dans la nuit

 

St Tropez Blues

Et le thème principal du premier long métrage

 

  • En plus de   quelques apparitions dans des films dont il a fait la musique, Nino Bizzarri, cinéaste italien, lui a consacré un film en 2002, pour la Raï Uno Vie et mort d’un petit soleil tourné à Naples et Paris, avec les témoignages de Moustaki, Higelin, Colette Crolla, Patrick Saussois, Francis Lemarque, Martine Castella, Roger Boumandil… long métrage d’une heure et demie, présenté au Festival de Locarno, et récompensé par un Premio Asolo Miglior Biografia d’Artista a Piccolo Sole – Vita e morte di Henri Crolla en 2006.
  • Henri Crolla apparaît aussi dans le court métrage de Paul Paviot, tourné en 1958, en hommage à Django Reinhardt. ( Film dont Paul Paviot dit qu’il a pu être tourné grâce à l’entregent de Crolla.)

 

 

Norbert Gabriel

Filmographie musicale.

Les précédents chapitres

Henri Crolla 26 Février 1920
L’enfance de l’art de Crolla
Henri Crolla, et l’air du temps
Henri Crolla, l’enfant de Caruso et de Django

Henri Crolla, et l’air du temps…

3 Mar

 

C’était un temps peu raisonnable, années folles d’après guerre qui ne savaient pas que le pire pouvait arriver…

C’était un temps de musiques neuves, l’enfant jazz avait grandi, l’adolescent avait explosé en rag-time, en Dixieland, et son prophète s’appelait Louis de la Nouvelle Orléans.

Louis Armstrong, archange nègre dont la trompette bouleversa le monde.

Cette musique inventée par les esclaves pour ne pas mourir de désespoir charriait dix mille ans de la vie des humains .

Au commencement du tempo était le work-song, chant de travail dans les champs de coton ou de canne à sucre, puis vint le cantique religieux.

Du cantique biblique revu et arrangé par les polyphonies et les rythmes africains, naquit le negro spiritual au 19 ème siècle, puis les Evangiles du Nouveau Testament générèrent le Gospel au début du 20 ème.

Du mélange de la gamme pentatonique africaine et de la gamme heptatonique européenne, naquit le blues.

Puis vinrent le rag-time, et le swing, puis le be-bop, enfin le rock, énergumène turbulent à la musique sommaire mais remuante, rejeton ingrat ignorant parfois ses grands parents spirituels.

Cet enfant métis, le jazz, a marqué le siècle de son big bang harmonique, formidable bouillonnement créatif, musique faite par le peuple pour le peuple et flamboiement populaire face aux musiques savantes et écrites.

Il y eut un soir, il y eut un matin, il y eut de la musique et Satchmo vit que celà était bon.

Il chanta « What a wonderfull wordl » ce mirage américain qui a fasciné les générations de 1920 à 1960. Chaque adolescent se voyait pionnier dans ce Nouveau Monde où Mac Disney, John Wayne,  Johnny Walker , Coca Cola et Hollywood nous montraient l’Eden USA technicolor, but White only for Uncle Tom in American Way of life.

  • – Oncle Sam, c’est loin l’Amérique ?
    – Tais-toi et rame et chante, It’s a long way to Kansas City, it’s a long way to go

 

Il y eut Mamie Smith, la première voix enregistrée du blues en 1920, il y eut Ella scat* et swing, et sa voix comme un instrument naturel fait pour le jazz, et Mahalia Jackson, la mystique qui chantait « The Good Book » uniquement dans les verts pâturages du Seigneur.

Il y eut Billie Holiday, Bessie Smith, sublimes et pathétiques déesses brunes de la rue et des ghettos de Harlem . Et il y eut de « Strange fruit » dans les arbres du Vieux Sud.

A l’Ouest d’Eden, les bons indiens étaient des indiens morts. Notre Far West d’Hollywood avait les couleurs de larmes et de sang, sous les images en noir et blanc.

Il y eut d’autres jours et d’autres lunes et le roi Django voyagea sur les nuages d’un manoir de rêve en forme de verdine manouche.

Et un petit italien Enrico Crolla vit le soleil de Naples.

C’était un temps pas raisonnable… Années folles de rage de vivre encore et encore … On dansait de dépression 29 en embellie 36, les pieds dans la boue et les yeux pleins d’étoiles, la tête dans un ciel où chaque clou d’or ponctue un cri, comme une cicatrice, un espoir, un chemin..

C’était un temps à peine croyable, Guernica et la java, comme naguère le Rwanda et la Lambada, on dansait sous le volcan… Comme aujourd’hui, on dansait …

Honte à celui qui chante quand Rome brûle ?
Elle brûle tout le temps …**

* Scat: au cours d’un enregistrement, Louis Armstrong oublie les paroles et improvise en scat, qu’il vient d’inventer impromptu. Pour mémoire quand on grave une cire dans ces années 78 t, tout le monde est autour du seul « micro », c’est une seule prise de 3 mn, temps imposé par la galette , d’où le standard de 3 mn pour la chanson par exemple.

** Georges Brassens

Mais quand même…

 

Norbert Gabriel
Les ballades de Crolla

Henri Crolla 26 Février 1920

26 Fév

crolla savitry

Photo Emile Savitry

Le personnage le plus extraordinaire … selon Moustaki, témoignage dans une revue dont il fut le rédacteur en chef exceptionnel pour le 3 ème numéro.

Né le 26 Février 1920, à Naples,  Rico, Mille pattes, Enrico, Henri Crolla, puis Crolla, au fil des années et des rencontres et de la notoriété.

Le prince des accompagnateurs selon Philippe Meyer…

Un gitan de Naples sorti d’un dessin animé de Prévert et Grimault selon Montand..

Notre petit copain du Flore en 1943-44 selon Simone Signoret

Mon père spirituel selon Higelin,

Frère de rue et de rêves de Mouloudji,

Fils adoptif virtuel de Prévert et Grimault

Un des enfants de la tribu par la mère de Django,  la belle Laurence…

Musicien subtil et unique, démonstration en 1’55 (avec Martial Solal au piano, alias Lalos Bing)

Et quelques airs pour finir cette première page.. à suivre ..

 

 

Pour infos, au cas où, sa notice wiki c’est là

PhotoNGabriel1999

sur la guitare de Crolla–>

 

 

 

Norbert Gabriel

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