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Swing chanson et manoukonneries

7 Mai

Dans le réflexe de l’âne qui se gratte, mon premier geste le matin, c’est clic sur on, et play the TSF. J’ai la radio en écoute en permanence ou presque dans la cuisine, dans le salon, dans la salle de bains, dans la chambre, autant dire que ça diffuse en multi-sons quadriphonie dans toute la maison. Bon.

Ainsi, j’ai  appris récemment par la voix d’un radioteur qui fait souvent de bonnes émissions sur la musique, que Trenet avait été le premier à utiliser le swing dans des chansons en France*… Ça m’a fait un choc. Et  Sablon dès 1935, il faisait de la lambada ? Et Mireille, en 1933, de la polka auvergnate ? Mireille dont Trenet lui même disait qu’elle avait amené le swing en France.

Que Trenet ait beaucoup apporté à la chanson, c’est un fait, mais on ne peut quand même pas dire qu’il a tout inventé, c’est comme le swing  qui a explosé avec le jazz afro américain, mais qu’on trouve chez Jean-Sébastien Bach. Et qui me prouve que Cro-Magnon ne tapait pas sur ses cailloux en swinguant comme Cab Calloway ?

En France, ce sont Mireille et Jean Sablon qui ont vulgarisé le swing par la chanson, avec  Couchés dans le foin  pour Mireille,  chanson qui  commence par la même note répétée 9 fois, mais le balancement du swing change tout. Et le premier succès de Trenet auteur, c’est  Vous qui passez sans me voir, une chanson écrite avec Johnny Hess, sur une musique composée par Paul Misraki, et  Jean Sablon a en fait un succès mondial en 1935. Sablon qui dès 1935, impose des solos de Django Reinhardt dans ses chansons, au grand dam de la maison de disques mais qui ne pouvait rien refuser à Sablon, mega vedette mondiale. Exemple avec  Cette chanson est pour vous  en octobre 1935.

Il est dommage que sur une radio nationale on puisse sortir de telles « approximations de langage » qui décrédibilisent les contenus d’émissions par ailleurs passionnantes sur le plan histoires de musiques… Mais à cause de ces approximations je commence à avoir un doute sur l’exactitude de tout le reste… J’aime bien qu’on me raconte des histoires, mais à condition de savoir où se situe la frontière entre la fiction fantaisiste et la réalité historique.

C’était au cours d’une séquence consacrée au film Django, et sur ce point, la vie de Django, je conseille gentiment au chroniqueur évoqué de lire la bio de Django « Un géant sur son nuage » de François Billard et Alain Antonietto, ce dernier étant un spécialiste expert incontesté de tout ce qui concerne les Reinhardt. (Alain Antonietto a publié de nombreux essais dans Etudes tsiganes )

Et pour finir en chansons, un lien sur les liens ami-musicaux entre Django et Jean, clic sur qui vous voulez, et ça joue..

Et pour illustrer cette amitié,  une swing dédicace élégante de Bix Beiderbecke, A good man is hard to find, qu’on peut traduite par Un bon pote est difficile à trouver.

Et hommage à la première swingueuse française,

*Citation exacte (sur le swing)  le premier qui l’a utilisé dans des chansons c’est Trenet… » le 27 avril, dans l’émission si tu écoutes j’annule tout, chronique sur Django vers 1’30 ».

 

Norbert Gabriel

NB: ce n’est pas de l’acharnement malveillant, mais dans une grande émission chanson diffusée le vendredi soir, le même « animateur »  avait situé l’émergence des « chanteurs ACI à textes »  après Mai 68,  Anne Sylvestre, Brassens, Brel, Ferré, Moustaki et quelques autres ont dû être surpris…  Vous l’avez reconnu?

NB 2:  François Billard et Alain Antonietto ont publié une édition revue et augmentée de leur bio de Django, la voici!

Ecrit à quatre mains, ce livre, longtemps attendu et paru en 2004 chez Fayard est en fait la réédition, revue et augmentée, d’un livre paru en 1993 : Django Reinhardt, un géant sur son nuage aux éditions Lieu Commun.
Il est intéressant de signaler qu’il regroupe un bon nombre des articles (remaniés pour l’occasion) qu’Alain Antonietto publia entre 83 et 86 dans la célèbre revue Etudes Tsiganes, où il resta longtemps le spécialiste musical.

Histoires de chansons et cauchemars…

4 Mai

Il y a quelques mois, un humaniste un peu particulier a dit que l’esclavage n’avait pas que du mauvais, et que les africains déportés et importés comme bois d’ébène au Nouveau Monde étaient en quelque sorte partis pour trouver un monde meilleur. C’est un point de vue qui n’est pas tout-à-fait partagé par tout le monde. Bien sûr, on doit à ces déportations la naissance du jazz, mais c’est quand même cher payé… Les temps changent chantait Dylan vers 1960.. sans doute, mais tout ne change pas aussi bien que ça… Quelques faits divers récents ont mis à la une la légitime défense préventive qui permet à des policiers US de tirer dans le dos d’un individu qui n’a pas d’arme (mais en général afro-américain) … Quelques chansons pour faire le point ? Les temps changent ou pas ?

Melody Gardot vous raconte une partie de l’histoire d’Emmett Till, si vous avez le cœur bien accroché, demandez la suite à mister Wiki…

Auparavant Dylan lui avait consacré une chanson, (chantée aussi par Joan Baez)

Là-bas dans le Mississippi il n’y a pas si longtemps
Un jeune homme de Chicago franchit un seuil de sudiste
La tragédie terrible de ce garçon, je m’en souviens encore
La couleur de sa peau était noire et il s’appelait Emmett Till

This song is just a reminder to remind your fellow man
That this kind of thing still lives today in that ghost-robed Ku Klux Klan
But if all of us folks that thinks alike, if we gave all we could give
We could make this great land of ours a greater place to live.

….

Il y a eu d’autres chansons qui ont fait état de cette tragédie, pour une bonne raison, elle a été  l’origine de la création du mouvement afro-américain des droits civiques.

Les détails de l’histoire d’Emmett Till, et l’horreur, ici, clic sur la photo.

 

Merci à Pascale Gabriel  qui est à l’origine de cette chronique.

Norbert Gabriel

Les Doigts de l’homme à Riom…

2 Mai

Photos Christine Sala 2017

Le cœur des vivants…

C’est à La puce à l’oreille, une petite salle de spectacles vivants à Riom, qu’un public fidèle et nombreux est venu applaudir hier soir Totrio en première partie, et Les Doigts de l’homme .

Une première partie qui m’a permis de découvrir ToTrio, ce trio de jazz manouche, en version quartet désormais, avec l’arrivée d’un saxophoniste Gaspard Baradel. Ces jeunes clermontois nous ont régalé de quelques incontournables du Quintette du Hot club de France, comme Flèche d’or, ou Place de Broukère de Django Reinhardt, de leurs compositions personnelles ou même d’adaptations de chansons de variété, Comme d’habitude de Claude François et Jacques Revaux par exemple .

Virtuosité et joie de vivre pour ce groupe qui a enregistré son premier album éponyme à la Capitainerie de Joze, album sorti en avril 2015 .

Les Doigts de l’homme sont restés fidèles à ce groupe, puisque ils les avaient déjà choisis pour leur première partie il y a 6 ans, toujours à La puce à l’oreille .

D’entrée, les Doigts de l’homme se présentent , répondant à une question existentielle d’importance !  Pour ceux qui se demandent d’où l’on vient, c’est de l’Ardèche du nord ! Un bastion de la résistance !  . Nous n’en saurons pas plus .

Et ce furent deux heures de bonheur absolu avec ces cinq virtuoses du jazz manouche : Olivier Kikteff le leader du groupe, guitare, Benoît Convert, guitare, Yannick Alcocer, guitare, Tanguy Blum, contrebasse, et Nazim Aliouche aux percussions, percussions originales, entre batterie et planche à laver acadienne .

Le groupe fondé en 2002 s’est étoffé au fil des ans, d’abord duo, Olivier Kikteff demande alors à Tanguy Blum de l’accompagner à la contrebasse, et ils deviennent Les Doigts de l’homme, puis Yannick Alcocer, et Benoît Convert a rejoint le groupe en 2007, ils sont cinq aujourd’hui avec Nazim .

Photo NGabriel2015 Jazz aux Puces

D’abord imprégné de musique manouche, Olivier Kikteff a su créer son propre style, enrichi de ses expériences africaines, celtiques, gipsy jazz ou rock manouche, et avec les influences des autres membres, le groupe s’ouvre à toutes les musiques du monde, musique gitane, flamenco, country, et toutes ces différences créent un style qui leur est particulier, et avec une belle unité .

Et l’on est immédiatement embarqués par le jeu de ces voltigeurs , de galop de cheval dans les steppes , en rêverie sur les chemins nomades, d’envol d’oiseaux exotiques, en plongée douce dans les nuages , ou d’autres voyages dans l’humain, avec l’histoire de ce petit syrien qui a nagé 7 km pour atteindre l’eldorado européen : Amir Across the sea .

Des guitares qui racontent, qui chantent, sous Les Doigts de l’homme, avec une suprême élégance, une grâce absolue ! Une musique limpide, cristalline, rythmée par la contrebasse, où viennent se glisser des airs de Louisiane , d’Afrique, ou d’Orient avec les percussions .

Une musique qui nous en fait voir de toutes les couleurs, avec simplicité et virtuosité , et qui nous laisse le temps de voir les paysages.

J’ajoute que ces cinq musiciens , outre leur talent confirmé, sont des garçons charmants! ( je leur avait promis de le dire!)

Et merci à Mathieu Riflard aux lumières, à Mathieu Picot au son, et à Nicolas Besnard à la régie .

Ce vendredi soir était aussi le jour de sortie de leur 7 ème album : Le cœur des vivants .

Toutes les dates de leurs concerts sont sur leur page facebook, là :

Guitare swing doigts(Tout le monde n’a pas la guitare de Crolla sous la main pour cliquer,mais on doit y arriver quand même en cliquant sur le musicien! )

Leur site, c’est là : www.lamastrock.com/les-doigts-de-l-homme/

Celui de ToTrio, c’est là: totrio.com

Leur page facebook, c’est ici : https://fr-fr.facebook.com/ToTrio-1597382910485254/

 

Danièle Sala

Soulableta…

15 Avr

Soulableta…  c’est un nom qui chante, comme les albums vinyles qu’on trouve dans cette boutique qui vient d’ouvrir hier 47 rue Marcadet, Paris 18 ème…  Tout n’est pas tout-à-fait fini, mais, après avoir poussé la porte, fait un rapide tout d’horizon des rayons, bien fournis dans tous les genres musicaux, une ou deux trouvailles assez rares, (en excellent état) et comme on est dans une période très Prévert, voici cet album Zette chante Prévert – 12 chansons mis en musique par Sébastien Maroto – 1975 -disque Jacques Canetti 48.8620, une sorte d’introuvable… Ou qu’on trouve à des prix 5 à 7 fois supérieurs au prix cadeau dont je fus l’heureux bénéficiaire, la chance du débutant, étant le premier client…  Avec d’ailleurs une deuxième chance, que voici,


Après ces petits-grands plaisirs personnels, apprenez qu’il y a des revues, Rock & Folk et leurs comparses, des livres sur la musique, des tourne-disques vintage, tout pour le bonheur des amateurs de son plus affiné que les MP 3 ou 4…

La boutique aux trésors est à quelques encablures du métro Marcadet-Poissonniers, du bus 56, ou 31, même arrêt… Et on peut téléphoner  au maître des lieux, 06 50 78 55 14..

C’est le cadeau de Pâques amis lecteurs qui passez par là, alors heureux ?

Norbert Gabriel

Prim’Dufs 16 février 2017

26 Fév

tribal-musette-couvLes Primitifs du Futur

Définir en quelques mots cette tribu unique en son genre est un exercice intéressant, mais assez complexe. Pourrait-on dire que c’est un cocktail à base de swing-musette auquel s’ajoutent quelques épices délicatement choisis dans les musiques américaines, celles de Belleville ou de Bastille, ou des îles Ukulélé, quand l’accordéon chante avec un oud ou une mandole, un violon et un bandonéon, des guitares manouches, vibraphone et harmonica, des cuivres et des drums, un banjo et une flûte traversière, une cabrette d’Auvergne et une sorte de harpe japonaise -koto- faisant chorus avec le thérémine, des voix et des choeurs, du scat et de la valse, du xylophone et une contrebasse… j’ai oublié personne ?

Faire court avec cette bande qui fluctue de 10/11 en formation réduite scène, et 52 sur album n’est pas chose aisée.En deux mots et un dessin, disons Tribal musette, c’est l’option qui résume le mieux leurs musiques d’un monde où les frontières tombent devant les notes de guitare et l’accordéon voyageur. Musiques populaires au sens le plus riche.

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Photos©NGabriel2017

L’alchimiste de cette fantasia musicale est un homme plutôt discret, deus ex machina qui conduit sa compagnie avec souplesse et bienveillance. Une tribu qui se retrouve toujours avec une joie partagée, contagieuse, et un public heureux.

Au fil de temps Dominique Cravic s’est installé naturellement dans la scène du spectacle vivant musical le plus éclectique, avec une curiosité et un goût de la découverte en parfaite adéquation avec le goût de vivre de Pierre Barouh.  L’un comme l’autre ont fait de leur vie un art de rencontres, les plus inattendues parfois, mais toujours créatives. On peut y croiser les ombres amicales de Didier Roussin de Gus et Tony, Viseur et Murena, Duprat et Crumb, présences réelles ou virtuelles, avec Cordes et Lames… il a rêvé d’une communauté ouverte et chaleureuse de baladins polyvalents, et il l’a faite… Fête de retrouvailles entre amis de plus de … (30 ans ? 40?) comme le jeudi 16 février dans un Studio de l’Ermitage sold out et plein à craquer c’est vraiment le cas de le dire… Les Prim’Dufs, ça va ça vient, ça revient parfois tous les 10 ans, Tribal Musette étant de 2008, peut-on attendre quelque chose en 2018 ?

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Miéko Miyazaki

Et privilège du spectacle vivant, un inédit, un blues « japonais » qui permet de mieux découvrir cette très fine musicienne et son koto, entre poésie musicale et swing tonique.

Tribal musette comme Cocktail d’amour&Blues story, on peut les écouter et les récouter régulièrement, chaque fois on découvre quelque chose, 3 p’tites notes que le 52 ème musicien a glissées entre un solo de violon-Mathilde, un riff de ukulélé-rock, comme si l’album se régénérait chaque fois. C’est ça l’alchimie Cravic… Vivement 2018, on n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

Sur scène, il y avait, dans un ordre aléatoire, de gauche à droite, en commençant par les filles, Mathilde Febrer, Claire Elzière, Miéko Miyazaki, Fay Lovsky, et les garçons, Bertrand Auger, Daniel Huck, Jean-Michel Davis, Jean-Philippe Viret, Daniel Colin, et Dominique Cravic, Hervé Legeay et Max Robin, Khireddine Medjoubi, Mohammed Baazi et  Michel Esbelin…

Et dans la suite qui assure les intendances, Nina-Loup, « Pépette Luter », et même Daniel Richard…

Dans cette soirée extraordinaire, le spectateur ébloui n’est pas au mieux pour faire des photos, mais néanmoins, on peut avoir quelques images d’ambiance… 

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Bis a dit la foule enthousiaste…  Bon d’accord.

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Norbert Gabriel

On peut aller chez Frémeaux pour trouver de belles choses, ouvrez le catalogue,

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Et ici pour Tribal Musette, ouvrez l’album,

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Al Jarreau à l’Olympia…

13 Fév
Retour sur le dernier spectacle d’Al Jarreau en France, fin Novembre 2016 à l’Olympia…  Un très grand moment avec un très grand artiste… Parti de Los Angeles dans les constellations d’étoiles le 12 Février  2017…  C’est un 12 Février que Gershwin a présenté Rhapsody in Blue, en 1924, le glissando de clarinette est un bel accompagnement pour s’envoler vers les nuages… 

 

Photos NGabriel 2016

Photos NGabriel 2016

Al Jarreau, un big band à dominante Ellington, et une soirée à l’Olympia parfaite. Un artiste qui maîtrise son art en toute décontraction, un salut en passant à Michel Legrand, un coup de blues en Summertime, un clin d’oeil musical à Dave Brubeck et Nougaro, un public bien partagé entre seniors et juniors, ce jazz montre toujours son extraordinaire vitalité à conquérir les nouvelles générations. Al Jarreau est aussi venu en France pour recevoir un grand prix de la Sacem, salut l’artiste, c’était un moment rare qui restera dans les mémoires.

 

Ci-après une grande partie du texte qui était publié sur le site de l’Olympia, pour situer comment ce projet est né, et comment il boucle le parcours d’Al Jarreau,

En 2015, Jarreau retourne à l’endroit même où sa carrière a véritablement décollé il y a 37 ans : Hambourg. Lorsque le chef du Bigband Jörg Achim Keller approche Al Jarreau ave l’idée de reprendre le Songbook de Duke Ellington, avec Jarreau comme vocaliste, celui-ci trouve l’idée tout simplement géniale!
Imaginez 18 musiciens entourant un homme de 76 ans trônant comme une éminence au milieu d’eux : souriant, il chante, scatte, apporte ses idées, donne le sourire aux musiciens du big band. Al Jarreau est de retour ! Le bar enfumé ›Onkel Pö’s Carnegie Hall‹ à Hambourg a été le lieu où tout a commencé pour Jarreau en Allemagne : c’est là qu’il a interprété pour la première fois sa version de « Take Five » de Dave Brubeck, qui l’a rendu célèbre 15 jours plus tard dans toute l’Allemagne !
– Bien entendu, je me souviens de cette époque – comment pourrais-je l’oublier ? » Les mêmes personnes qui venaient à l’époque viennent encore aujourd’hui à mes concerts, en amenant leurs petits enfants pour venir écouter Oncle Al ! Venir en Europe a été l’une des meilleures idées de ma vie. Cette expérience a ouvert mes yeux sur le fait que l’Amérique est un pays avec des immigrés européens, africains. Mon idée de départ était de partager ma musique avec le monde, partager un sourire avec les gens, danser, applaudir tous ensemble
Et la première porte qui s ‘est ouverte, c’était Hambourg. Maintenant c’est à lui d’ouvrir les portes une fois de plus : avec le talent de Jörg Achim Keller de combiner les qualités d’Al Jarreau et du NDR Big Band à travers de nouveaux arrangements de ce grand répertoire Ellingtonien, ils ont réussi à créer quelque chose d’entièrement nouveau : un Ellington 2.0 en somme ! Al Jarreau qui a grandi avec la musique d’Ellington, Fitzgerald… a également découvert Ellington sous un tout nouveau jour et a ouvert son répertoire à d’autres morceaux que ceux qu’il interprétait déjà et surtout, en les faisant sien grâce uniquement à sa voix! 
La voix est le premier instrument de l’humanité : on naît avec, elle procure une chaleur que nul instrument ne peut imiter ou remplacer. Le vocabulaire, le message que l’on peut faire passer à travers une chanson via les mots, la suite de mots que l’on choisit pour chanter… tous ces ingrédients créent une forme très spéciale de l’expression humaine. J’adore le langage, écrire des paroles qui ont vraiment du sens, porteurs d’un vrai message avec un objectif clair. Vous pouvez encourager les gens avec les mots : une chance qu’il suffit de saisir !

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Et pour quelques images de plus,

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Et c’est en musique qu’on termine cette ballade, avec ce live in Montreux en 2015,

Norbert Gabriel

Contrebrassens

25 Déc

contrebrassens-cdQu’il est rafraichissant et musical, cet album, il donne une très belle démonstration de la qualité des musiques de Brassens. S’il y a encore des esgourdes ensablées et en friche, voilà de quoi les déboucher et les éduquer. Pauline Dupuy et sa contrebasse ont fait appel à quelques compagnons bien choisis pour tisser des dentelles de notes mutines, rieuses, amicales, amoureuses. Ça jazze avec grâce, ça swingue avec délicatesse, tout dans la finesse de véritables connaisseurs de l’art de Georges. Etre aussi bien honoré par cette voix féminine, il en aurait été bien content le bon gorille de Sète, il en aurait peut-être rosi de bonheur de ces caresses.

Onze chansons traitées comme des bijoux dans des écrins de luxe, décorées comme des psautiers aux enluminures fines d’artistes épris de beauté .

Dans le florilège des articles, voici un extrait qui est particulièrement pertinent,

A l’écoute de Contrebrassens, on est donc constamment entre la musique sacrée et la musique sacrilège, entre le respect immense du spectre paternel et l’irrévérence amusée nécessaire à un tel exercice,surtout avec une figure tutélaire qui se moquait tant des dogmes et des codes.

Mickaël Mottet (février 2014)

Mention spéciale à « La religieuse » dont les subtilités et coquineries du texte sont en parfaite adéquation avec la voix innocente de Pauline… et aussi Chanson à celle.. et aussi… et aussi tout l’album finalement.

Amis de la région parisienne, RDV 19/01/17 – La péniche Antipode – Paris  visitez, clic et  c’est là–>peniche-antipode

01/02/17 – La péniche Antipode – Paris
02/02/17 – Forum Léo Ferré – Ivry
08/02/17 – La péniche Antipode – Paris

et pour les autres régions, voyez le programme, la contrebasse est très voyageuse, vous aurez le bonheur de la voir passer près de chez vous. Clic sur –>

contrebrassens-19052014-1737

Et pour en savoir plus, rencontre,

Norbert Gabriel

Blues avec Chantal Laxenaire + The Gang

5 Nov

chantal_laxenaire_the_gang1

Un coup de blues avec elle, ça se refuse pas, et à la fin, on dit encore-encore… Ici rien à voir ou à entendre avec les ersatzs de blues  parfois proposés par nos hexagonaux singers qui, souvent, en retiennent une forme réduite à une caricature, sans en saisir l’âme… D’ailleurs peut-on vraiment, en Europe,  saisir l’âme de cette musique née d’un peuple déporté, asservi qui s’est construit une identité avec cette musique ? *

Chantal Laxenaire a choisi de faire découvrir des blues et des bluesmen and women, sur le thème de la liberté. Une des très grandes qualités de cet album se trouve dans l’exposition de la richesse musicale de cette musique qui est mise en avant avec beaucoup de finesse.

En gardant l’énergie vitale de ces chants de résistance

En intro,  on pourrait presque dire que la chanteuse a l’élégance de se mettre en retrait pour mieux faire entendre la musique. C’est comme un conteuse qui entr’ouvre des portes sur des nouveaux paysages dans des contrées qu’on croyait bien connaître.

Ensuite Chantal Laxenaire met ses exceptionnelles qualités vocales pour donner toute sa mesure au chant de révolte.

rosa-lee-hill1Et accessoirement, avec Rolled and Tumbled (Rosa Lee Hill) on perçoit que le blues a aussi cherché dans la culture indienne des rythmes et des incantations.

Vous trouverez dans le lien ci-joint tout ce qu’il faut sur cet album, pas mieux à dire sur la démarche de l’artiste, sinon que c’est sans doute un des meilleurs albums pour découvrir le blues, ses richesses, et avoir aussi l’envie irrésistible de partir sur les routes du Sud avec Alan Lomax, Skip James, Memphis Minnie… et Chantal Laxenaire. Pour vivre avec eux cette musique puissante, sensible, qui a donné un sens nouveau à cette musique issue du peuple. Le blues, c’est les racines, le jazz, c’est le tronc et les branches, le rock, la soul et tout le reste, ce sont les pommes. (Probablement BB King)

Clic sur l’album et découvrez Chantal Laxenaire + The gang… prison-blues-couvLe Blues est la seule littérature noire issue des champs de l’esclavage. « Une musique profonde, tronc nourricier de toutes les musiques contemporaines (B.B. King )

* Un indispensable livre sur le blues, «  Le peuple du blues » de Leroi Jones, ( Folio 3003) qui donne toutes les racines sociales, musicales de la musique noire dans l’Amérique blanche.    Voir ici, clic sur the book:le peuple du blues

Norbert Gabriel

 

Elzière, Colin et Cravic vont à Montréal…

20 Août

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Avec ce trio, Claire Elzière, Grégory Veux et Dominique Cravic, c’est Barbara, Anne Sylvestre, Louki, Leprest, Ferré, Patachou et quelques autres fleurons du Gotha de la chanson francophone qui partent  enchanter Montréal. Un trio affiné par une vingtaine d’années (plus ou moins) de complicité et de création musicales.

Pour en savoir plus, lisez ici, clic sur le crapaud..  ou le rossignol.

Logo crapauds

 

 

Mais avant le théâtre Outemont, il y a Montmagny, le 1 er Septembre, au Carrefour Mondial de l’Accordéon, une soirée avec le trio Colin-Cravic-Elzière

 

montmagny

 

Clic sur la photo du trio pour les modalités pratiques.

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Et qu’on se le dise, de Montréal à Vancouver, de Natashquan à Tuktoyaktuk, en passant par Saskatoon, évidemment.

 

Norbert Gabriel

Les temps sont lourds, soyons léger…

30 Juil

En ce temps -là…   Les allemands étaient chez moi, on m’a dit résigne-toi, mais je n’ai pas pu… et j’ai repris mon arme...

etoile zazouD’autres se sont armés de chansons pour mener un autre combat, avec leurs moyens, leurs convictions, leur art, majeur ou mineur, avec leurs musiques et leurs chansonnettes. Il y avait des étoiles pour tous les goûts, zazou en première ligne.

Même les poules ont donné de la voix dans le concert.

1941 La poule zazoue..

Dans les clubs de jazz, uniformes allemands, complets-veston et robes de cocktail écoutaient les airs à la mode de chez nous, avec des titres bien parisiens,  Les bigoudis  ou  La tristesse de St Louis  ou encore  L’infirmerie de St Jacques  sans oublier  La rage du tigre  quand un  début de béguin  avec la  douce Georgette brune  contrarie l’ homme amoureux qui a raté  un rendez vous à Lausanne  à cause de  l’attaque du train A … Et Django envoyait quelques  poussières d’étoiles  par delà les nuages, pour charmer une  drôle de Valentine .

Jouant corps et âme  pour cette  dame sophistiquée  joueuse comme une princesse Micomiconne with his little green scarf… C’est peut-être cela qu’on appelle l’amour… de la vie, et des princesses. Mais ceci est une autre histoire… (Cherchez la princesse, elle vous attend…)

Donc, on a beaucoup chanté, beaucoup joué sous l’Occupation, parce que la vie continue envers et contre tout… On peut se poser les mêmes questions aujourd’hui. Etre un peu léger dans des temps terriblement lourds.

Chacun son point de vue, et chacun ses refrains et ses couplets…

Pourquoi j’voudrais savoir pourquoi pourquoi
elle vient trop tôt la fin du bal
c’est les oiseaux jamais les balles
qu’on arrête en plein vol

La guerre va chanter ses hymnes de colère
Moi je ne chanterai, ni tout haut, ni tout bas
Les mots d’amour, ici, sont de haine là-bas
« J’attendrai ton retour » et même « Il pleut bergère »
Repris par mille voix sont des chants de combat
La guerre va jeter ses éclairs à la ronde
Vers qui vais-je tirer ?
J’ai perdu le chemin
Où est-il l’ennemi ?
À qui est cette main ?
Le tonnerre a couvert nos voix qui se répondent
Ce soir, je vais tuer mon ami de demain

Ça se passe au siècle vingt au pays des hommes
rue de la vertu y’à comme une odeur
des relents de fric et de conseilleurs
de têtes coupées, de larmes et de peur
et des colonels qui attendent l’heure
ça se passe au siècle vingt au pays des hommes
des sexes parias aux amours proscrites
des peuples niés – des langues maudites
des murs renégats où elles sont écrites-
graffitis bretons – patois sodomites
quò se passa au segle vint au pais daus omes
pour cent mille gueux un ventre repu
des prisons bourrées de gosses perdus
délits d’opinion délits de refus
pour tant d’assassins qui ont leur statue

ça se passe au siècle vingt au pays des hommes…

Tu commences à comprendre pourquoi je m’inquiète,
Quand je vois le mépris qu’ont parfois tes enfants,
Pour les Noirs, les Arabes, les Juifs, les Gitans
Qui n’ont pas le talent de passer pour poètes.

C’est au nom de tes ciels aux mouvantes peintures,
C’est au nom des concerts que dirigent tes vents,
C’est au nom de ma chance et de tant de tourments
Que je pose à présent ma question, ma blessure :
Est-ce vrai qu’on t’encombre avec notre nature,
A moins qu’on ne l’exprime d’une scène en chantant.

S’il faut absolument qu’on soit
Contre quelqu’un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes.
Je suis pour les forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu’il soit de n’importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.
Que c’est abominable d’avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c’est abominable d’avoir pour ennemis
Les rires de l’enfance !

http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/pdf/expositions/dossier%20chantons.pdfOn ne peut que constater, comme l’ont fait les historiens contemporains, l’extrême vitalité de la vie culturelle et artistique sous l’Occupation, à Paris comme en province. Malgré la défaite et l’Occupation, Paris garde son renom de capitale intellectuelle et artistique : « premières » et «événements littéraires » se succèdent comme avant-guerre.Le public, lui, suit, saisi d’un véritable engouement. Non seulement les music-halls, les spectacles de chansonnier, les cabarets font le plein, mais bon nombre de pièces de théâtre se jouent à guichets fermés, les cinémas font salles combles et les bibliothèques n’ont jamais connu autant de lecteurs.
Certes, les Français confrontés à des temps difficiles souhaitent oublier leurs préoccupations quotidiennes en se divertissant dans les cabarets, les music-halls, les cinémas, ou en s’évadant à travers la lecture et la musique. Ce n’est pas la seule explication à cette soudaine demande de divertissements. D’une part, celle-ci s’inscrit dans un contexte de massification des pratiques culturelles en marche depuis les années trente. D’autre part, ce renouveau culturel procède d’une volonté affichée de l’occupant de cantonner la France à un rôle essentiellement récréatif relève plus largement du projet culturel de Vichy, qui souhaite rendre accessible au peuple une culture jusque-là réservée aux Français les plus privilégiés Malgré ou à cause de la défaite, de l’Occupation, de la peur et des privations, les Français ont continué de chanter, d’assister à des concerts, d’acheter des disques, d’aller au théâtre ou au cinéma, en somme de s’amuser. Certes, cette attitude a suscité l’indignation de certains pourtant aujourd’hui elle peut être interprétée comme une volonté de vivre en dépit de la situation pesante et difficile.
La vitalité de la vie culturelle n’efface, pour les Français, ni les drames vécus par certaines catégories de la population ni les difficultés de la vie quotidienne.(http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/pdf/expositions/dossier%20chantons.pdf)

Après « Les bigoudis » que d’aucuns connaissaient comme « Lady be good » vous aurez reconnu quelques standards de jazz célèbres, si c’est pas le cas, ça peut faire un jeu culturel et musical en famille.

Dans les extraits chansons, et dans l’ordre, Vladimir Vissotski, Guy Béart, Joan-Pau Verdier, Herbert Pagani et Barbara… Vous pouvez ajouter à votre guise…

Et pour l’air du temps, un air de Paris et de ces temps où il y avait aussi de la légèreté dans l’air. (au piano, Lalos Bing alias Martial Solal, à la contrebasse Emmanuel Soudieux, Jacques David drums )

Norbert Gabriel