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Photo fake news et Mai 68..

21 Mai

C’est de saison, en Mai fais ce qu’il te plait, et il me plait de faire un petit détour lié aux photos et leur interprétation.

Paris Match a immortalisé en photo une rencontre qui est devenue un symbole de Mai 68, l’insolence de la jeunesse face au pouvoir de la vieille génération,  avec en filigrane CRS/SS…  Mais c’est une autre photo qui est au centre du débat, celle de Georges Melet.

Photo de Georges Melet

Quand on décrypte l’image et son contexte, il s’avère que le personnage de gauche n’est pas un CRS, c’est un jeune policier  de 24 ans , il a un an de plus que Daniel Cohn-Bendit, et  autant cette photo que les autres qui ont fixé ce moment  – il y avait plusieurs photographes- il n’y a aucune tension, plutôt une certaine convivialité le policier semble plutôt avoir un vague sourire.

Mais selon le traitement, couleur ou NB?  et l’angle de prise de vue,  on peut aussi infléchir la perception de l’image: dans cette autre photo, le policier semble bien plus grand, et l’angle ne montre plus son expression.  A partir de ça, chacun y voit ce qu’il préjuge. Il faudrait savoir aussi si les cadrages sont ceux choisis par le photographe, ou s’ils ont été revus par les maquettistes pour des raisons diverses. La même photo dans Libé ou Le Figaro peut donner lieu à des approches très différentes. Surtout si un commentaire a été ajouté pour illustrer l’angle de l’article. Au détriment parfois de ce que voulait l’auteur de la photo.

La célèbre photo de Cohn-Bendit faisant face à un CRS est devenue “LA” photo de Mai 68 attribuée à Gilles Caron dans la mythologie professionnelle.  Mais c’est faux…

Tous les détails ici, c’est très précis:  http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/01/21/33239047.html

Ce n’est qu’un  début, continuons le débat ! 

Norbert Gabriel

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« Datacenter » : Léonel Houssam

29 Jan

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J’ai failli poser cette chronique quelques jours avant noël… ça m’aurait amusé. (Je sais m’amuser seul). J’imaginais le livre sous le sapin. Et puis le temps est passé, l’idée avec… Début janvier, un post de Léonel Houssam (très présent sur les « réseaux » dits « sociaux », sous le nom d’Andy Vérol il y a longtemps, ou encore d’Eliot Edouardson actuellement) m’a fait sourire :

« Au regard des ventes en novembre et décembre, je constate que mes livres ne sont pas des cadeaux de Noël à faire. »

DATACENTER_couv

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Lu cet été (étrange moment qu’inonde le soleil quand se prélassent le calme, le repos et la tranquillité pour qui peut se les payer) : le livre DATACENTER, publié en 2017.

Les photographies de Yentel Sanstitre accompagnent ce récit, roman, dialogue, monologue…? Essai…? Je ne sais pas trop. « Récit fictionnel », précise Houssam.

Littérature… ? Assurément. Au sens où il y a un travail sur la langue, les sons, le rythme, un style travaillé depuis longtemps. La forme rencontre la matière.

Un mot ? Une expression ? Un hashtag ? Oui : « extinction ».
#avantextinction (hashtag utilisé par Houssam) : tout ce qui précède, le monde d’avant l’extinction, le nôtre. Comment on y va. Avec méthode.

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Les jambes croisées, les fesses et le dos calés. La chaise longue était blanche, je crois. Plongée magnifique sur les Pyrénées, immenses, qui barrent la vue et laissent tantôt apparaître le soleil, tantôt la lune, et s’établir le silence. DATACENTER et ses nuances de gris asphalte, de violences quotidiennes et systémiques, inéluctables car liées à l’espèce dominante, établit un contraste saisissant avec l’écrin tranquille qu’envahissent habituellement mes heures d’été. Je m’installe, donc, je reprends la lecture, et je prends des coups. 

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©Yentel Sanstitre

Le récit n’est pas très long : c’est la bastonnade. Je lis lentement, je ne peux excéder quelques pages avant de retourner à une autre occupation, de retrouver le soleil, les sourires, l’inconscience (toute relative) des enfants réunis dans la maisonnée. On joue au ping-pong dans le garage, à la lumière des néons et je songe aux lignes qui viennent de traverser ma cervelle de part en part, laissant blessures, douleurs, cicatrices, éclaboussures.

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Les mots chantés par Serge Reggiani (écrits par Lemesle et Candy), dans « Couleur de colère » me reviennent en mémoire :

Moi l’intrus, l’anonyme
Le cocu, la victime
Je n’veux plus tendre l’autre joue.
Bouge, ma pauvre vie laissée pour compte si longtemps
Et si c’est éphémère, ne te prive pas d’air pour autant.
Rouge, le ciel est rouge et nous promet de beaux printemps
L’avenir est couleur de colère !
De colère ! {x3}

Lire DATACENTER de Houssam, c’est lire ce qu’on aurait préféré ne pas entendre. Tant que ça parle des autres tout va bien, mais le plus souvent, ça vient titiller sans indulgence nos hypocrisies, notre confort et c’est beaucoup moins plaisant… S’il n’est qu’une leçon à retenir : non, je ne vaux pas mieux que le voisin que je pointe du doigt.

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Léonel Houssam

Le récit distribue les torgnoles, la tête du voisin en prend suffisamment, pas besoin de s’en occuper. « Vous prendrez un sucre ? ». Euh, non, mais j’aimerais bien souffler un peu.

Des gifles qui se succèdent, un combat perdu d’avance : comme si le personnage (qu’on croirait narrateur) se trouvait seul un soir, une nuit, dans une salle de boxe et tapait, jusqu’à le détruire, le sac de frappe. « Frappe le sac, ne le pousse pas ». Le sac de frappe, le sac de sable. Quand on ne peut rien, on frappe le sac. Que faire d’autre…? Changer le monde…? D’autres ont essayé. Écrire…? Oui, écrire : les mots sont là et chaque mot vient heurter le lecteur, chaque ligne balance une beigne (au mieux… en attendant pire…). Houssam a trouvé une forme efficace. Le style on le lui connaît depuis longtemps, que l’on lise ses bouquins, ses extraits ou ses statuts (j’ai commencé à suivre le bonhomme sur Myspace, c’est dire si nous datons… — on en a laissé des traces dans le datacenter…).

Il y a les posts et il y a le livre. Pour passer de l’un à l’autre, il fallait trouver la forme, et piquer plus encore vers la littérature.

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©Yentel Sanstitre

Voilà concentrée dans ces pages l’expression du personnage principal, un dingue…? Un dingue qui dérange…? Une expression qui dérange…? La fuite n’est plus envisageable. Personne n’est épargné, car les dingues (dingues ou non) délivrent une boue parfois incompréhensible, parfois grinçante, brutale, crûment physiologique – et disent aussi des vérités qui touchent… en plein dans le mille. L’état détruit, le pouvoir détruit, le pouvoir privé détruit, l’argent détruit, l’humain détruit, l’humain est un animal, l’humain détruit l’animal, le végétal, les liens, l’humain reste passif, la planète tousse et souffre et s’apprête à l’expulser. Houssam raconte « l’extinction », concentre ce qu’il y a à dire de « l’avant extinction », va plus loin qu’on oserait, dépasse largement les limites qu’on aurait posées (par conviction ou par lâcheté), et c’est le style qui promet la cohésion du texte, l’assemblage des différentes parties du « discours », de ce « récit fictionnel » qui remue la non-radicalité, l’hypocrisie, plonge dans le politiquement-très-incorrect.

Désolé, je lis mes mails via mon smartphone. Je suis toujours sur le qui-vive. On est connecté ou on ne l’est pas. Il faut. Je disais donc que nous sommes généralement contre la violence sauf « exceptions ». Toujours. La saveur de la paix, de la tranquillité. Chacun veut être peinard chez lui, ne pas avoir à subir ceux des quartiers pauvres qui sont tellement indisciplinés, pouilleux, méchants, mal élevés. On ne veut pas des jeunes qui font trop la fête, trop de réseaux, trop de choses sexuelles pas nettes. On ne veut pas de l’esprit acariâtre des passagers de transports en commun, des chauffeurs dans les bouchons. On ne veut pas trop des anglais, des arabes, des corses, des marseillais, des ch’tis, des parigots, des portugais ou des sénégalais (…) du merdeux à dreadlocks qui joue du djembé, du mec qui sort de prison, de l’oncle qui est de droite, du cousin socialiste, du chef de service qui aime bien faire des commentaires sur la taille des poitrines de ses salariées. On n’aime personne. On n’aime rien. (…) Je suis meilleur ? Non, j’ai dit « on », je suis dans le « on ».

DATACENTER, Léonel Houssam, extrait.

C’est juste avant l’extinction…
Le regard sans compassion porté par Houssam sur notre monde.

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DATACENTER
, Léonel Houssam, aux éditions du Pont de l’Europe.

120 pages de Léonel Houssam + 14 de photos de Yentel Sanstitre.

yentel_sanstitre


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Un site, des textes :
https://leonel-houssam.blogspot.fr/

Un profil, des statuts :
https://www.facebook.com/leonelhoussam3/

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Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Un certain regard…

6 Nov

 

Photo DR

S’il est une image pour illustrer ce qu’est un regard, (et ce qu’il transmet?)  c’est bien celle-là… Lauren Bacall… Mais pourquoi cette question ? Voilà, au hasard d’une ballade dans la Galerie des Fresques de la gare de Lyon, j’ai été suivi du regard par quelques personnages photographiés par Brian Sokol,

Quand on passe devant cette photographie, où les personnages sont en dimension réelle, les regards de la jeune femme et de l’enfant assis suivent le passant … C’est gratifiant, comme si ces portraits exposés me parlaient personnellement, comme s’ils s’intéressaient aux bipèdes humanoïdes qui traversent leur périmètre de vie photographique . Juste retour des choses. Brian Sokol les a vus, il nous les présente, et eux aussi nous regardent… Virtuellement. Dans ces regards, il y a tout l’espoir d’une fraternité humaine possible. Je me fiche bien que cette jeune femme semble baillonnée par son foulard, ses yeux me parlent.

Voilà pourquoi je tiens pour essentiel dans la communication par l’image, pour un spectacle, que la photo de l’artiste me regarde droit dans les yeux, et pas à côté, surtout si à côté de moi il n’y a personne … Et ci-dessous j’ai vraiment la sensation que Pierre Margot ne joue que pour moi.

Si le regard est le reflet de l’âme, à vous de voir ce que dit une photo qui ne vous regarde pas, ou qui regarde de travers, ou qui regarde ailleurs…

Comprend qui veut comprend qui peut, c’est pas Boby qui dira le contraire…

Et pour conclure, une photo que j’aime entre toutes, merci à Martine Gatineau,

 

Pour en savoir plus sur Brian Sokol,

c’est là, clic sur le kodak  —>

box

 

Norbert Gabriel

Rencontres Marc Robine 2017, 5 ème soirée.

16 Juil


–  Viens t’asseoir, il y a des places à côté de nous, à moins que tu préfères t’asseoir sur les genoux d’Alain Vannaire ? dit Martine à ce gosse en chemise blanche et lunettes rondes, cheveux blonds très courts, assis sur l’escalier.  Non non, j’ai une place réservée, je vais y aller... .  Et il  se lève en disant :  Et maintenant, applaudissez Manu Galure !  Fou rire, on ne l’avait pas reconnu !

Il se met au piano et attaque par une chanson de son troisième album en solitaire, après ses débuts dans le groupe : Les Ptits T’hommes.  Que de la pluie :  Maman :

 Et quand je suis pas sage maman / Fait bouillir de l’eau / Et trempe mes pieds dedans … Et quand je pleure une rivière / On me laisse tout seul / Et quand je pleure toute la mer / On me laisse tout seul / Tout seul avec mon grand frère.  Douloureuse nostalgie de l’enfance, qu’il conjure en faisant valser son piano :

Tourner en rond sans cavalière

C’est une danse singulière

Alors j’échoue à la buvette

Et je me prends une musette

Chaland perdu je me Garonne

Et je noie mes rimes gasconnes

Ma chanson vide comme un tube

Il faudrait que tu me Danube.

Valse moi, valse moi

Il manque un pied à mon poème

Je voudrais que tu me Bohème…

( Paroles de Bernard Joyet).

Et il enchaîne , Trois petits cochons, ( pas pour les enfants), Ramène moi à la maison, Que de la pluie :

La pluie tombe à grosses gouttes

Tous les chats que la nuit dégoûte

Se retrouvent chez moi

Les oiseaux n’ont plus pied

Et je suis dépité

Je déteste les chats

Mais tandis que ça mouille

On entend les grenouilles

Qui nagent de bonheur

Et sont tout en sueur

Ce n’est que de la pluie, que de la pluie 

Qui nous tombe dessus…

En faisant le pitre entre deux chansons,  anecdotes et calembours, (à propos, si quelqu’un sait pourquoi il n’y a pas de voie Q à la gare de Bercy, à Paris,  dites le lui, ça l’inquiète vraiment) façon Higelin , à qui il fait forcément penser.

La fantaisie, l’humour, la poésie, le surréalisme, l’énergie, un répertoire aussi varié qu’improbable, qui va de ses propres compositions à Guillaume d’Aquitaine, le premier troubadour, dont il chante une chanson traduite de l’occitan du 11ème siècle, ou une chanson de Marie Dubas, il a  aussi du Boby Lapointe et un gène de grain de folie de Charles Trenet en lui. Trenet, qu’il a chanté dans le spectacle : Les enfants s’ennuient le dimanche.

Auteur, compositeur, interprète, il a aussi collaboré avec Juliette qui a signé la direction artistique de Vacarme, album coup de cœur de l’académie Charles Cros, avec Sarlo, musique de la chanson L’amour à 12 ans, avec Nicolas Bacchus, et Agnès Bihl, pour qui il a composé la musique de La manif. et il a  fait la première partie d’Higelin en tournée en 2012.

Enfin, c’est un garçon épatant au talent fou.

Troubadour des temps modernes, à l’équinoxe d’automne, le 22 septembre prochain, il va démarrer son tour de France à pied et en chansons, durant deux ans, et à raison de 20 km par jour,  dans tous les lieux où il pourra chanter, y compris chez l’habitant, la carte de France de son parcours est sur son site, avec un formulaire à remplir, si vous souhaitez l’accueillir. Un détail important, il aime le vin rouge.

Pour voir son tour de France, clic sur la carte,

france-terroir

Encore un long entracte, pour préparer la scène pour le deuxième concert, et on comprend pourquoi, quand on découvre le nombre d’instruments de musiques qui envahissent tout l’espace : Ukulélé basse
Banjo
Congas
Tumba
Bongos
Petites percussions
Piano
Orgue
Accordéon
Flûte à bec
Clarinette
Trompette
Sampleur 

Et plus……( message des Escrocs, merci!)  et aussi harmonica.

Les Escrocs, que l’on n’avait pas vus sur scène depuis 10 ans, arrivent, avec leur nouveau spectacle, toujours aussi drôles, impertinents, avec des chansons bien ancrées dans le quotidien, dénonçant avec humour la haine de l’étranger :

 

Tu les aimes pas,
Les autres marionnettes,
Celles en djellaba
Et turban sur la tête.
Elles font des prières,
Toi, t’en as pas besoin,
T’as du bon camembert
Et t’as du bon vin.
Pendant que tu cavales,
Amassant de l’oseille,
Elles n’ont pour capital

Qu’un rayon de soleil. ( Loukoum et camembert)

D’autres, plus tendres et poétiques, ou nostalgiques,

où est le temps des troubadours dans des costumes de velours l’âme légère et bucolique allant de comtés en duchés porter poèmes et musiques contre la table et le coucher.

grivoises, parfois féroces, sur des musiques aux multiples influences, qui vont du jazz à la salsa, en passant par le reggae, le rap, ou un air de biguine, multi-instrumentistes, ils aiment jouer sur tous les tons.

Entre deux chansons, ils nous racontent ce que chacun a fait durant ces 10 ans, Eric Toulis a fait un bout de chemin seul, avec succès, et trois albums : Soyons bref, Soyons classe, Centrale vapeur .

Hervé Koury, alias professeur Koury, a travaillé avec d’autres chanteurs, Adamo en temps que musicien, Bénabar, a enregistré un CD, et Didier Morel, alias docteur Morel a été approfondir sa science des percussion en Amérique du sud.

Et puis, comme le dit si joliment Eric Toulis : On avait gagné le jackpot avec Les assedic, ça nous a permis de bien vivre pendant 10 ans :

Assedic
Je t’écrirai de temps en temps
Toi tu m’enverras mon virement
Directement
Tout là-bas, dans mon île
ASSEDIC
Enfin ma place au soleil
À moi les ciels vermeils
Et les beaux voyages…
M’en priver ce serait dommage
ASSEDIC  

Et ils reviennent sur scène casqués, avec leurs bidons de Solexine pour chanter Mobylette :

Ben nous on roule en mobylette,
Et y’a pas de honte à ça,
Le scooter prend la vedette,
Oui mais nous on aime pas ça, (Couché!)
Pour promener les demoiselles,
Rien ne vaut la Gabrielle,

(Le charme divin, de ce bel engin,
Qui fume et qui pète,
Jolie promenade, dans les pétarades,
Et le bruit des mobylettes,

avec les choeurs féminins du public : Solexine xine, xine…. Et les choeurs masculins: Zoom Vroom Vroom, Sole Sole Solexine » .

La soirée de clôture de ces treizièmes rencontres, sous le signe de la jeunesse, de la féminité, de la diversité, après les remerciements aux nombreux bénévoles de l’association On connait la chanson, aux techniciens, au public, se termine par un poème d’un spectateur venu d’Espagne, lu par Fabrice Peronnaud , beaucoup de spectateurs venus de loin pour cette soirée de clôture, d’Espagne, de Belgique,  et même d’autres artistes venus en spectateurs, comme Yvan Dautin, puis,  la chanson de Danielle Messia interprétée par Marc Robine : Le Paradis des musiciens :

Quand j’ vas mourir, moi
J’ veux aller dans l’ paradis des musiciens
Là où tout l’ monde, ça s’ met ensemble
Là où ça chante de belles chansons
Là où tout l’ monde, ça s’ met ensemble
Et ça joue toute la nuit
Quand j’ vas mourir, moi
J’ veux aller dans l’ paradis des musiciens …

Et c’est tout le public qui chante avec lui.

Voilà, cinq jours riches en émotions, en coups de cœur, en rencontres, en amitié, on se dit au-revoir et à l’année prochaine…

Je reviendrai dans un prochain article sur les coulisses des rencontres, la chorale des spectateurs, l’atelier d’écriture, etc …


Danièle Sala

 

Et pour quelques images de plus, et de Martine Fargeix, voilà !

 

 

NB : un grand salut à Catherine Reverseau, qui éclaire avec talent tous les spectacles d’On connait la chanson, et de La Capitainerie de Joze. (NGabriel)

Prévert et Izis

23 Avr

Avant d’être consacré « poète » avec Paroles, Prévert était plutôt un homme lié aux images du cinéma, scénariste à succès, mais polyvalent, il est l’auteur des textes du Groupe Octobre, les activistes du théâtre à l’usine. Il a été aussi auteur de chansons, presque par hasard, grâce au hasard des rencontres, sa «contrebande » réunissait à peu près des représentants de tous les arts.

Jacques Prévert et l’image

Sa bibliographie comprend des albums à quatre mains co-signés avec des amis peintres Picasso, Chagall, Calder, Miro, Ernst et photographes Izis, Brassaï et tout le monde connait ses ballades avec l’ami Doisneau.

En Avril 2017, le Cherche Midi et Jean-Paul Liégeois ont réédités deux albums, dont un introuvable jamais réédité depuis 1951, Grand bal du printemps.

Izis Bidermanas né en Lituanie, immigré à Paris en 1930, résistant en Limousin de 1941 à 1944, est une des figures de la « photo humaniste » aux côtés de Brassaï, Edouard Boubat, Robert Doisneau, Willy Ronis. Il a co-signé trois ouvrages avec Jacques Prévert : Grand bal du Printemps, Charmes de Londres, Le Cirque d’Izis.

Grand Bal du Printemps est une célébration de Paris, chantée en duo par un poète, Prévert, et un photographe, Izis. Un chant d’amour pour une ville. Jacques Prévert a toujours aimé et chanté Paris : il a été et demeure « le poète de Paris ». Cet ouvrage, de 154 pages, enrichi de 62 photos d’Izis sur Paris, en constitue la meilleure preuve. Paris est tout petit / c’est là sa vraie grandeur . Le Paris de Prévert est celui des quartiers populaires, des musiques de rue, des fêtes et de la misère, des enfants en liberté et des « étranges étrangers ». Le Paris de Prévert est une ville humaine, une ville au quotidien, avec ses grands malheurs et ses petits bonheurs. Les photographies d’Izis donnent des visages à cette humanité.

Charmes de Londres, autre promenade dans Londres, plus près  de l’East End, de Leytonstone, ou de White Chapel que des ors de Buckingham Palace, chacun son folklore, même format que Grand bal du printemps, 105 pages, avec l’essentiel des biographies des auteurs. (dans les deux ouvrages)

Quand il est dit « à quatre mains » ce n’est pas une figure de style, les deux auteurs ont construit ensemble ce qui est un récit lyrique en photos et textes, pas une simple illustration avec des photos plus ou moins en situation. Le mot appelle l’image, ou bien c’est l’image qui appelle les mots..

Pour cet album, rien à ajouter à ce qu’a écrit Charlie Chaplin, en 1952, dans une lettre à Izis, il saluait la qualité du rêve et d’aventure, puis ajoutait en 1954:

La combinaison photographie-poème crée une émotion au delà de toute parole.

Il n’y a pas de meilleure conclusion.

Last but not least, cette double page de Charmes de Londres, qui ira droit au cœur de Valérie B. la rédac-chèvre initiatrice de la revue Le Doigt dans l’oeil, qui a raté Picasso dans sa quête des chèvres d’artistes… Et qui était venue à Paris pour une sorte de thèse sur Prévert avant de mal tourner vers la chanson… mais à cause de ce Jacques… (private joke)

Et puisqu’il est question d’images, de Prévert et de livres, voir éventuellement Prévert n’est pas un poète…  Clic sur le collage, 

 

Norbert Gabriel

Impostures et photos…

10 Mar

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Amis artistes, ou pas amis, ça vous concerne aussi, il arrive de plus en plus souvent que vos chéris spectateurs passent une partie du spectacle à brandir ces machins modernes, superphones ou tablettes au lieu de se consacrer à ce qui se passe sur scène… Jusqu’à hier soir 20 h 30, je gronchonnais volontiers contre ces mal poli(e)s qui … mais depuis hier, je révise mon point de vue, voilà pourquoi: j’étais joyeusement parti au Divan du Monde pour le spectacle de Nilda Fernandez et Ze Gang, et arrivé assez tôt pour être assez bien placé, si possible au balcon. Pari gagné sur ce point. Dès la première partie, l’inquiétude pointe, cette pénombre qui ne montre que l’ombre de la personne en scène, ça présage du souci pour la suite… Le genre d’avanie qui est la marque de fabrique de quelques salles, dont l’éclairagiste éclaire presque tout, à part celle ou celui qui est devant le micro. Ce fut le cas… Autant dire que j’aurais pu passer une assez mauvaise soirée, mais…

Mais la bonne nouvelle, c’est que ma voisine de hasard était équipée d’une tablette, dont l’écran lumineux m’a d’abord agacé, pas longtemps, parce que sur sa tablette je voyais très bien les expressions du chanteur, que je ne pouvais voir « en vision directe » en raison de l’indigence de l’éclairage.

Et là, on revient au titre sur l’imposture des photos -parfois- pourquoi ?

  • les performances du matériel actuel permettent de réaliser des prises de vue dans des conditions qu’on n’aurait jamais imaginées au temps de l’argentique. L’oeil artificiel est comme un chat, il « voit » clairement ce que l’oeil humain distingue à peine en faible lumière. Exemple vécu hier avec la tablette.
  • Le photographe professionnel équipé d’un matériel adapté, performant, peut donc publier des photos impeccables des artistes en scène, même si les spectateurs présents n’ont pas vu grand chose des expressions des chanteuses et chanteurs… Et dans ce cas de figure, si l’on se fie aux images, on risque la désillusion le soir où on ira essayer de voir en salle…
  • Au final, que devrait montrer une photo de spectacle? Ce que le spectateur va voir si possible, et pas une image « artificielle ».. Enfin il me semble.

Pour ce qui est de cette soirée au Divan du Monde, il n’y avait pas que la tablette 18×24 qui montrait bien le visage de Nilda Fernandez, quelques superphones voisins, même sur leurs petits écrans étaient plus lumineux que ce que je voyais de mes yeux normaux, si je puis dire.. Mes yeux normaux ont vu très confortablement Al Jarreau à l’Olympia,  j’étais au fond de la salle, environ 40 m de la scène, alors qu’à 10/12 mètres hier je ne voyais presque rien. Avec le même boitier quasi antique qui ferait sourire tout photographe sérieux, j’ai de bonnes images d’Al Jarreau, mais pas grand chose de Nilda Fernandez hier… C’est dommage, parce qu’il est photogénique, témoin cette photo de 2010 à TaParole Montreuil, faite avec un machin dont je n’avouerai jamais la marque, et pas non plus les quelques billets (de 20) qu’il m’avait coûté.

Et Al Jarreau , vu de loin…mais très bien vu… (avec un boitier bridge assez bien noté … en 2006)

La morale de cette histoire, larirette larirette, c’est que, au bilan, autant rester chez soi pour voir les spectacles en vidéo, en général la lumière est bonne, on n’est pas dérangé par les agitations smartphonniennes des voisins, et il n’y a pas les tournicotis vers le bar, car en plus, dans ces salles sans lumière il y a souvent un bar… pour se consoler sans doute…

Mais tout n’est pas si noir, il y a pas mal de salles qui ont le respect du public et des artistes, L’Européen, le Forum Léo Ferré, l’ex-Vingtième Théâtre , l’Alhambra, les salles où se produit  Chanson Plus BiFluorée (toujours bien éclairés) pour la région parisienne, liste non exhaustive*, et s’il faut un palmarès inversé, je crains que parmi les champions de la dernière place, il n’y ait les 3B, dont l’art en matière de non-éclairage est un sommet. Ou plutôt un abysse…

Et un salut particulier à Stéphane Dutoict, capable d’improviser des éclairages complexes « à la volée » selon le principe « Bien éclairer les chanteurs pour qu’on entende bien les paroles. »

Ce que tout éclairagiste de théâtre pratique au quotidien pour que la parole passe bien.

Last but not least, si j’apprécie les voix, quand je vais en salle, j’aime bien voir aussi les yeux des artistes, imaginer qu’ils chantent pour quelqu’un, ici et maintenant, apercevoir ce qu’ils regardent, moi, peut-être ? Alors voilà…

Photo NGabriel au Divan du Monde le 9 Mars 2017

Norbert Gabriel

*Pour ce palmarès, les bons points, les moins bons, les calamiteux, chacun peut donner son avis, et ses recommandations sur ce qui se passe dans les départements, ça peut pas faire de mal. On a déjà un message d’Auvergne.

Robert Doisneau, Le révolté du merveilleux.

25 Oct

revolte-merveilleux

Si je devais en quelques mots raconter ce qu’est ce film docu sur Robert Doisneau, je le citerais, texto, «Bon sang, mais c’est une radiographie, vous avez regardé à l’intérieur ce qui n’est pas exposé à l’étalage... »*

Voilà ce qu’il aurait pu dire à Clémentine et Marie Deroudille, ce révolté du merveilleux. C’est à la fois un portrait intime, et un portrait « radioscopie » qui ouvre des pistes qu’on ne soupçonnait pas forcément, sauf peut-être les plus passionnés de ce poète de la photo. Dont Prévert disait: « Tu photographies à l’imparfait de l’objectif. » Un imparfait certes, mais qui ajoute à la crudité de la réalité la tendresse du regard. Comme un Pierrot malicieux, curieux, désobéissant, guetteur d’instants privilégiés, pour 3 secondes d’éternité… Il faut la patience et la discrétion d’un pêcheur à la ligne, et l’oeil aiguisé pour les fixer, ces secondes d’éternité.

Dans son œuvre très diversifiée, on trouve ce qui animait Ronis, Boubat, Izis, Sabine Weiss, Charbonnier, un groupe informel sous le label virtuel de la photographie humaniste. Le baiser de l’hôtel de ville est un arbuste qui cache une forêt foisonnante, (350 000 négatifs)  presque une imposture si on ne retient que ça de Doisneau, homme fidèle à une certaine idée de la vie fraternelle,à sa banlieue, à ses gens de peu, mais tellement attachants.

On croit que le Paris de Doisneau a disparu, c’est vrai et c’est faux. Aujourd’hui, c’est en couleurs qu’il ferait les tableaux de rue. En photos pastels ou gouaches que ce badaud émerveillé mettrait en images un autre Paris. Qui n’a plus les mêmes concierges pittoresques, les clodos sont SDF, et c’est peut-être du côté des campings sauvages de Stalingrad de La Chapelle, ou des paysages des nouvelles halles qu’il irait voir le monde d’aujourd’hui… Avec madame Sabine, ou l’ombre de Jacques… sur un air de Crolla ? C’est qu’il m’a semblé percevoir à travers ce documentaire, la vie rugueuse, parfois, et l’amour de la vie, toujours.

C’est sur ARTE+7 en replay, encore 5 jours,  cours-y vite cours-y vite le bonheur est dans la télé.. Pour une fois…

Clic sur le logo, et go !arte-logo

Norbert Gabriel

  • Extrait d’une lettre de 1986 ou 87.
  • Lettre Doisneau 25-10-2016 16-01-34 3129x2476.JPG

HEXAGONE le mag le mook

19 Sep


couv-mook

 

Dans notre univers chansonnesque, c’est bien l’évènement le plus important depuis que l’homme a mis un pied sur la lune : la parution d’une superbe revue consacrée à la chanson. Vous avez déjà lu, vu, apprécié ce que fait Hexagone depuis deux ans, un site vivant et élégant, des captations de concert de grande qualité, des comptes rendus de spectacle, des concerts dans leur salle de spectacle, la Black Room, c’est un panorama à 360° de la vie de la scène chanson.

Aux commandes de ces réalisations, deux artistes pros, passionnés, Flavie Girbal et David Desreumaux. Photographes de talent, graphistes expérimentés, plus une petite équipe resserrée, et voilà le travail. Un magazine, et un portfolio, un book, ce qui donne un « mook ». De très grande classe, dans la lignée de ces revues comme XXI qui a ouvert la voie à une forme de presse qu’on avait oubliée, des revues riches, pas celles mook-format-19-09-2016-15-01-12-2263x2627qu’on feuillette chez le coiffeur, mais celles qu’on garde en bibliothèque, à la suite de Chorus par exemple. Le format 24×21? Voilà, le CD donne l’échelle, presque carré, c’est plus un livre qu’une revue, papier semi mat pour une bonne restitution des photos,  grammage 110g, et plus de 190 pages pour tenir un trimestre.

Vous y trouverez des interviews, et un grand dossier, de très belles photos…mook-portfolio-19-09-2016-15-02-32-3412x2268

Vous y trouverez tout ou presque pour satisfaire votre goût et vos envies de découvertes. Voir ici, clic sur Sarclo ou Champollion, et vous aurez le menu complet.

Tous les renseignements utiles l’avoir chez vous, c’est là, clic sur l’écouteur, et ça s’ouvre. logo-hexagonecasquemodif

 

 

 

C’était une sortie officielle avec spectacle.

Merci au Forum Léo Ferré et à Gilles Tcherniak pour l’accueil et le soutien depuis le premier jour, à Xavier Lacouture carrément immense et parfait en Maître Chambellan, à Gauvain Sers, @ZO (Julien Belliard), Jérémie Bossone, Garance, Valentin Vander, Liz van Deuq, Clio, Hervé Suhubiette, Thibaud Defever (Presque Oui) et la « patronne » Anne Sylvestre qui ont fait un beau spectacle 100% création originale, dont je ne dirai rien, mais vous en verrez probablement des extraits sur le site Hexagone, et vous allez vous régaler.

Norbert Gabriel

Ce que dit CharlElie…

22 Août
Une réflexion d’artiste pluri-culturel  qui apporte quelques éclairages intéressants dans le débat sur la situation des saltimbanques dans nos temps modernes.

CharlElie Couture, auteur compositeur interprète,  peintre, photographe…

©G Rancinan

© Gérard Rancinan

Avant le numérique, la photographie était un métier mystérieux sérieux, qui nécessitait de s’y connaître « même » en chimie ! Une photo était une énigme. Elle valait au moins le prix d’une énigme. Aujourd’hui les progrès de la technologie et les outils digitaux corrigent automatiquement les erreurs d’exposition ou de cadrage. Alors ça fait naître des illusions… d’autant que tout le monde utilise les mêmes médias sociaux.
Pour la musique pareil, plus besoin de posséder les grosses machines onéreuses qui meublaient les grands studios, aujourd’hui tout le monde peut faire un bon son compressé dans sa chambre.
La musique ne vaut plus rien. A peine considère-t-on que l’ensemble de toutes les musiques du monde vaut une dizaine d’Euros, prix d’un abonnement mensuel à une plateforme de streaming.
Les disques n’existent plus. Même certains de ceux à qui l’on a offert mon dernier « LAFAYETTE », ne l’ont pas écouté, l’excuse invoquée étant qu’ils n’ont plus de CD Player. Je pense que les « maisons de disques » devraient changer d’appellation. Peut-être devraient-elles être considérées désormais autrement, plutôt comme des « Plateformes de Développement et Diffusion Musicales ». Je ne sais pas? En fait tout le monde cherche, mais personne ne connaît la réponse.
Visuel et musique, même question : comment faire admettre qu’on est un professionnel de l’image et du son, quand chacun se sent capable de faire une belle photo ou de programmer un morceau de musique, même sans l’avoir apprise, sans avoir pris un cours ou lu le mode d’emploi des amplis.
(La question se pose aussi pour d’autres professions comme celles de l’information qui, depuis que celle-ci est offerte on line, ne permet plus de financer des enquêtes approfondies, mais incite les rédactions à faire une surenchère de titres provocateurs pour chapeauter des articles aux contenus populistes).
Nous vivons désormais à l’ère des grands amateurs. Exigeants et souvent hyper affûtés, ils connaissent l’histoire, la théorie, et surtout la technique de telle ou telle activité qu’ils pratiquent en sérieux dilettantes pendant leurs loisirs, mais leurs motivations n’ont que peu de points communs avec les préoccupations des professionnels. Se retrouvant dans l’impossibilité de dégager un profit de leur talent ou de leur savoir-faire, musiciens et photographes se résignent de façon pragmatique à exercer une autre profession, plus lucrative. Si celle-ci les barbe, cependant elle les nourrit. Alors ils ont beau s’en plaindre qu’ils n’en changeraient pour rien au monde !
C’est le paradoxe d’une société schizophrène qui fabrique des employés/salariés n’ayant d’autre choix que de se tenir à un boulot qui les ennuie grave, tandis qu’ils s’identifient à telle ou telle passion qui ne leur permet pas de survivre.
Alors au soleil couchant de leur existence, ces frustrés qui n’ont jamais pu vivre de leur passion, idéalisent la retraite, l’attendant avec impatience, comme «l’ENFIN !», ce moment de vie parfait qui leur permettra de se réaliser sans qu’ils aient pour autant à se préoccuper de savoir si c’est ou non rentable… Bon, mais pour les jeunes créateurs, c’est une autre histoire !!!
En attendant, comme tant d’autres photographes, je montre ma musique sur Youtube et je me poste, gratos, sur Instagram…

CharlElie
Août 20XVI

Un jour les anges… (Extrait de LaFayette)

 

Nuit du Vingtième… Debout les artistes !

31 Mai

TrompettesLe Vingtième Théâtre est une salle qui depuis des années a programmé, produit ou co-produit des spectacles dans tous les genres du spectacle vivant. Un excellent bilan de fréquentation, un public fidèle, une gestion irréprochable, un financement assez modestement subventionné, par rapport à d’autres lieux au bilan moins probant sur tous les plans, autant de raisons qui ont conduit la Mairie de Paris à liquider tout ça pour un projet destiné à promouvoir la pratique amateur. Liquidation qui inclut aussi le centre des Amandiers voisin. Pour paraphraser La Fontaine,

 

Rien ne sert de réussir, la raison de plus fort est toujours la meilleure. 

Voilà le train du monde et de ses sectateurs.

On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.

Je suis las d’en parler ; mais que de doux ombrage

Soient exposés à ces outrages,

Qui ne se plaindrait là-dessus !

Hélas ! j’ai beau crier et me rendre incommode :

L’ingratitude et les abus

N’en seront pas moins à la mode.

 

 Le Vingtième Théâtre a été le partenaire fidèle de Ponctuelles chanson, sous l’égide d’Edito Musiques, des soirées dans la lignée des Lundis de la Chanson naguère programmés à la Potinière/la Pépinière. Y aura-t-il une salle parisienne pour la chanson tricarde des médias et structures bien en vue?  Pas sûr, il lui restera la rue, c’est là que naissent les révolutions, et il y a comme un vent qui se lève, peut-être un orage qui vient… C’est toujours dans les dépressions de la météo que surgit la tempête. Et pour ce qui est dépressions, en ce moment, il y a le choix.

Venez chanter le 6 juin, la nuit sera debout.

Norbert Gabriel

 

 

nuit 20 ème

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