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On voudrait revivre …

16 Jan
Préambule : Gérard Manset s’est appliqué à réaliser des albums « intimes » c’est à dire en écouter plutôt en solo et avec un casque pour être en totale harmonie avec son univers poético musical. Une quête permanente de la perfection qui ne tolère aucun des aléas du direct. D’où son choix de ne pas paraître en scène.

 

Photos ©NGabriel2019 Théâtre de l’Opprimé

Entrez dans le rêve et le studio de Gérard Manset, avec Léop’ et Max.. c’est un voyage musical intime, une réussite exceptionnelle sur le fond et la forme avec deux partenaires alliant la grâce et le talent, l’humour et la sensibilité, la fantaisie poétique et le regard affûté sur la vie et le monde .

On voudrait revivre nous ouvre d’emblée la porte de cette visite au cœur de la création musicale selon Manset. Maxime Kerzanet comédien musicien a conçu ce spectacle avec  Léopoldine Hummel, ils sont en scène en totale complicité amoureuse avec les chansons qui font une fresque entre ombre et lumière, comme un long plan séquence sans interruption d’applaudissements qui casseraient le charme. Ce charme inouï, il scintille dans toutes les plages de cette radioscopie musicale, vocalement les deux partenaires sont parfaits, irrésistibles, on y entend aussi bien des chants d’oiseaux que des interventions diverses de biquettes, de chiens et chats ou de créatures fantasmagoriques (Léopoldine dans tous ses états…) dans une sorte de rhapsodie Manset qui séduit aussi bien les anciens qui ont connu le siècle  des  années 68 que leurs enfants qui découvrent la richesse et la diversité de l’oeuvre.

C’est un spectacle qui se nourrit du meilleur du théâtre avec ces deux comédiens talentueux, et du meilleur de la chanson. Ceux qui ont suivi l’actu dans ce domaine, ont pu le vérifier entre autres avec le Prix Moustaki et le Prix Saravah qui ont salué le talent de Léopoldine et ses musiciens ces 3 dernières années. Et comme au théâtre, ils ne sont pas tout-à-fait seuls dans l’élaboration, donc voici l’équipe qui a réalisé « On voudrait revivre »

Compagnie Claire Sergent
A partir des chansons de Gérard Manset
Mise en scène : Chloé Brugnon

Avec : Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet

Création lumière : Hugo Dragone
Création son : Mathieu Diemert
Costumes et accessoires : Jennifer Minard

 

Il y a encore 4 soirs le 16 (presque plein) et le 18 le 19 et le 20 ..

Au théâtre de l’Opprimé, clic sur le tableau  pour infos –>

 

Pourquoi ce tableau? vous le saurez si vous ne ratez pas les 3 premières minutes..

 

 

 

 

Norbert Gabriel

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Anne Peko, Ma cantate à Barbara 2019…

6 Jan

Jusqu’au 10 Février

Dans 4 semaines ce spectacle fêtera une année de présence au Théâtre des Variétés. Programmation intermittente qui donne 12 semaines parisiennes depuis depuis le 19 Octobre les vendredi samedi dimanche. .

C’est déjà un signe fort de la satisfaction du public qui est présent avec bonheur et qui doit faire savoir urbi et orbi que cette Cantate à Barbara sonne très juste, qu’Anne Péko sait faire vivre Barbara das toutes les facettes de son art et de sa fantaisie .

« Cette Cantate à Barbara est une véritable intégrale en spectacle. Anne Peko fait vivre toutes les facettes de Barbara, femme plurielle, l’amoureuse, la malicieuse, la mystérieuse, la délurée, ce qu’on oublie souvent à cause de l’étiquette estampillée « chanteuse de minuit-dame brune hiératique ». Barbara a aussi été l’auteur de « Madame » un texte qui aurait ravi Bernard Dimey au sommet de sa verve truculente pour peindre une de ces maisons accueillantes aux messieurs en goguette. Anne Peko nous emmène dans les sentiers sinueux de ce parcours qui évite la ligne droite et les clichés convenus… suite ici → clic sur la photo,

Mais avant il faut signaler que le spectacle vivant sait évoluer et s’enrichir.. Selon les soirs les musiciens sont différents et c’est la possibilité de voir la richesse des mélodies de Barbara . Avec le piano de Pierre-Michel Sivadier, le violon et la mandoline de Sylvain Rabourdin ou Jean-Lou Descamps dessinent des décors musicaux d’une finesse rare… Des dentelles élégantes… Des enluminures sur mesure…

Un spectacle hommage s’appuie souvent sur des corrélations intimes – hasards ou coïncidences- qui créent des liens particuliers et c’est ce que raconte Anne Peko en fin de soirée… Ce que Prévert aurait résumé par « Il n’y a pas de hasard, il y a des rendez-vous. »

Vous pouvez le vérifier ici –>clic sur la photo,

L’échéance du 6 janvier vient de s’esquiver au profit des prolongations jusqu’au 10 Février.. Si vous avez raté, est-ce possible ? vous avez la chance de bénéficier de ces prolongations.. On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle … et par les temps qui courent … Comprend qui veut.

 

Pour réserver, c’est là –> 

Un aperçu du spectacle ? Voilà ,clic sur le projecteur, Le site d’Anne Peko , suivez la flèche

 

 

 

et pour quelques photos de plus…

photos NGabriel

Norbert Gabriel

Tio Brassens par Christina Rosmini…

18 Déc

Itinéraire d’une enfant de Brassens… c’est la petite princesse du croque notes qui a tricoté à son Tio Brassens un bel habit en patchwork de souvenirs reconnaissants et aimants pour ce tonton virtuel qui l’aidée à grandir pour devenir une femme citoyenne à part entière.

C’est une histoire où une famille déracinée a trouvé un lieu où faire sa vie. Et dans ce voyage intime de migrants espagnols, les chansons de Brassens ont forgé une identité française, celle de Voltaire, de Rabelais, Musset, Villon, de tous les poètes…  et s’il n’en restait qu’un, Hugo serait celui-là.

Si je devais illustrer par une image le patchwork tricoté par Christina, ce serait peut-être par un tableau de Klimt, une composition raffinée et élaborée suggérant toutes les nuances de l’âme humaine quand elle est humaniste. Tricoté, selon Christina Rosmini, avec toutes les paroles de Brassens, pas uniquement celles des chansons, et c’est là ce qui fait de spectacle un moment rare, c’est tout Brassens qu’on entend à travers Christina : l’archétype paternel solaire , universel, protecteur et émancipateur.

Il y a urgence, ce spectacle est à Paris pour deux jours encore, mardi 18 et mercredi 19, et que vous soyez fan de Brassens ou pas, c’est l’opportunité de découvrir « cette toute nouvelle création (-) un véritable hymne à la poésie et la joie avec cette pointe de truculence et d’humour propre au maître » . (Jean Dominique Rega Vaucluse matin)

Libération rappelle que ce spectacle a été récompensé par le Molière du meilleur spectacle musical en 2017. Et les amis de Georges lui ont remis le Grand Prix d’Interprétation Féminine 2018.

Last but not last, les émules de Django et les disciples de Crolla seront émus de retrouver dans les notes de Bruno Caviglia l’écho des guitares de Victor Apicella et de Barthélémy Rosso, ces tricoteurs de dentelles musicales qui soulignent avec finesse la griffe méditerranéenne que Christina Rosmini exalte avec bonheur et jubilation.

Du point de vue d’un vieux routier des spectacles qui doit bien avoir 30 à 40 spectacles Brassens au compteur, c’est une révélation et un bonheur rare de redécouvrir Brassens.

C’est ici que ça se passe pour tout savoir sur les créateurs de ce spectacle , et réserver,

clic sur la guitare.. → (une Favino-Brassens)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Festival Musicalarue 2018 : entretien avec Matmatah

14 Déc

 

Le public de Luxey fut cette année particulièrement joyeux de retrouver à l’affiche du festival Musicalarue le groupe Matmatah, contraint l’année précédente d’interrompre son concert, après avoir interprété six chansons, à cause d’une tempête cataclysmique déchirant le ciel landais d’orages et d’éclairs, qui donnaient pourtant au moment une merveilleuse saveur d’apocalypse météorologique digne de la Bretagne. Héroïques face aux éléments déchaînés jusqu’à la fin du morceau, les artistes avaient finalement dû se ranger à la décision des organisateurs d’annuler la soirée, promettant au public de revenir. Promesse tenue au bout d’une tournée de plus d’un an, au cours de laquelle les chansons du nouvel album du groupe reformé après 9 ans de séparation, « Plates Coutures », rencontrèrent, souvent en salle comble, un public composé bien sûr d’anciens adeptes, mais également de plus jeunes générations, et enjoué autant par la découverte des nouvelles compositions que par la reprises des anciens succès du groupe, dont les premières notes tintent à présent comme des amorces d’hymnes populaires. C’est le privilège des artistes ayant ancré au cœur des gens et dans l’histoire de la Chanson des titres qui désormais appartiennent plus à leur public qu’à eux-mêmes. Il n’en fut pas autrement cette année à Luxey. Le groupe, porteur de nouveaux morceaux aux propos incisifs et pertinents, agença habillement son concert avec intuition, intelligence et un sens très généreux de la complicité avec le public. Matmatah nous ayant auparavant déjà accordé deux entretiens, il nous semblait peu opportun de revenir plus qu’il ne fallait sur les sujets précédemment évoquées. Néanmoins c’est avec grand plaisir que nous retrouvions dans l’après-midi Manu Baroux (guitare), Benoît Fournier (batterie/percussions), et Tristan Nihouarn (dit Stan, chant et guitare) accompagnés du musicien additionnel Julien Carton (claviers/chœurs/harmonica) pour une nouvelle rencontre.

– Messieurs bonjour et merci de nous accorder cet entretien. La question porte sur la chanson « Nous y sommes » et s’adresse plus particulièrement à Stan, puisqu’en ton absence lors du premier entretien où elle avait été effleurée, Manu et Eric nous avaient répondu avec humour qu’il fallait te la poser, car ils n’étaient pas certains d’avoir compris ce que tu voulais y exprimer. Le titres accroche la question de la fin de la civilisation humaine et interpelle sur celle du transhumanisme. Qu’est-ce qui t’a porté à d’aborder ce sujet ?

– Stan : On m’a souvent parlé de chanson écolo ; ce n’est pas du tout une chanson écolo. Ou faussement. C’est même plutôt une chanson super-cynique qui dédouane l’humanité de ses méfaits. L’écologie finalement, c’est quoi ? C’est un concept humain inventé par les humains pour les humains. Il ne s’agit pas de sauver la planète ; la planète n’a pas besoin de nous : elle se sauvera d’elle même. Il ne s’agit que de sauver notre environnement, dans lequel on évolue. Sauver la planète, c’est prétentieux. Aujourd’hui j’écrirais peut-être cette chanson autrement. Je pense que l’humanité, c’est juste la planète qui a attrapé un rhume. Et ça passera. On est à un tournant de notre civilisation : on parle de plus en plus d’un point de non-retour.

– Manu : On en parle, parce que les gens en souffrent. On commence à sentir les effets climatiques ; ça devient du concret. Donc « finalement, c’est peut-être vrai en fait… »

– Stan : Cette chanson est donc cyniquement un constat. Et puis nous sommes des produits de la nature. C’est la nature qui nous a créés. Donc si on en est arrivés là, c’est que la nature a fait en sorte qu’on en arrive là. Je pense qu’il y aura une auto-régulation à un moment donné. Je ne sais pas comment ça va se passer, mais j’ai l’impression que ça va se passer plus tôt que prévu.

– Manu : Ben oui, regardez les dommages collatéraux : le pauvre homme (désignant Benoît resté stoïque), il n’a pas bougé depuis vingt minutes. Donc ça commence par les groupes de Rock, attention !

– Stan : Donc le transhumanisme est peut-être une évolution vers autre chose. La nature survivra à la destruction de l’humanité. Le problème c’est qu’on a tendance à un peu dégager toutes les autres espèces. Mais nous dégager nous mêmes, c’est naturel.

 

– Lors d’un des tous derniers concerts de votre tournée, à Rouillac (Charente), juste avant d’interpréter la chanson « Overcom » qui cisèle un constat acerbe sur la société de sur-communication et sur-médiatisation, tu avais ironiquement taquiné le public parmi lequel quelques personnes filmaient ou photographiaient le concert avec leur téléphone portable. Ces nouvelles mœurs consternent beaucoup d’artistes. Y vois-tu une dérive comportementale agaçante, inquiétante, ou simplement amusante ?

– Stan : J’en parle souvent, encore qu’on a la chance d’avoir un public qui ne pratique pas trop ça. Jack White a interdit les téléphones à ses concerts, et plein de gens commencent à y penser.

– Manu : On n’est pas les pires : certains artistes se voient filmés au portable durant tout le concert.

– Stan : J’ai arrêté de faire de la photo quand je pars en voyage. Parce que quand tu passes ton voyage l’oeil dans l’objectif, t’as été en voyage dans ton Canon en fait. Mais c’est bien de ne pas faire de photo, et de vivre le moment présent.

– Manu (prenant un « selfie » de lui et Stan avec son portable) : Mais on n’est un peu victimes de la société aussi…

 

 

– L’album « Plates Coutures » par lequel vous êtes revenus au devant du public sur les scènes et les ondes s’empare de thématiques sociétales très actuelles par un angle de vue concerné sinon engagé, et laisse par delà la beauté de sa poésie et la finesse de sa réalisation, le sentiment d’un groupe revenu avec beaucoup de choses à dire. Il comporte néanmoins un titre un peu « ovniesque », quasiment instrumental, « Margipop », semblant tellement en décalage avec l’esprit de chansons à propos qu’on se demande bien quel est le sien. Son sens serait-il de rappeler justement qu’une chanson n’a peut-être pas besoin de porter un message autre que celui de sa propre existence pour être utile ?

– Stan : Cette chanson, pour le coup c’est du bricolage : elle a été terminée le jour du mix. Il n’y avait pas du tout de voix dessus, et on s’est dit qu’il manquait quand même quelques voix. Du coup pendant que le gars était en train de mixer à côté, on lui envoyait des pistes en lui disant de rajouter. Mais c’est vraiment du bricolage ; on ne savait pas trop où on allait. On ne le sait toujours pas d’ailleurs…

– Manu : C’était vraiment pour s’amuser. C’est un défouloir un peu.

– Stan : On ne l’avait pas fait depuis longtemps, ça, d’avoir un morceaux instrumental sur un disque. Mais on en a fait, sur le premier album.

 

– Même si l’album n’aborde pas à proprement parler un sujet urgent qui interpelle nos sociétés européennes, le sauvetage et l’accueil de personnes réfugiées politiques, économiques, climatiques, sanitaires, qui arrivent sur nos côtes pour demander asile, on vous sent, par exemple à travers la chanson « Peshmerga » concernés aussi par les luttes et les drames qui se jouent loin de nos frontières. Un peu partout en France cette année des mobilisations citoyennes et des programmations événementielles ont eu lieu avec le soutien d’acteurs des scènes artistique et culturelle pour affirmer l’attachement de nos concitoyens au principe d’accueil et d’assistance de personnes en danger et leur refus du cynisme des politiques migratoires pratiquées ici à l’heure actuelle. Est-ce une cause que vous envisageriez de soutenir ?

– Stan : On pourrait écrire là dessus, mais si c’est pour enfoncer des portes ouvertes, ce n’est pas vraiment utile. On est tous des migrants. Déjà on vient tous d’Éthiopie ; l’humanité s’est construite comme ça. C’est quoi la différence entre nous ? C’est ça l’humanité. Nous sommes des nomades à la base. La sédentarité ne concerne finalement qu’une petite partie de l’humanité et de son histoire.

– Manu : C’est quand même le genre de sujet qui est délicat, car c’est bien beau de dire « il faut » prendre des gens, mais moi, personnellement je n’ai pris personne chez moi. Bien sûr on a des autorités politiques qui sont sensées nous représenter et prendre des décisions pour nous. Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, très loin de là. Mais je me méfie du côté « donneur de leçon », parce que sur le papier, c’est facile à dire. Personnellement je n’ai rien fait en ce sens. Maintenant je pense que si on nous demande notre soutien pour quelque chose, on le fera.

 

– Au cours de cette tournée, le public est massivement venu au rendez-vous des retrouvailles et vous a témoigné un accueil chaleureux et enthousiaste. Est-ce là une motivation supplémentaire qui vous propulse vers une seconde jeunesse -Eric nous parlait l’an dernier d’un « Matmatah deuxième période »- et l’envie de poursuivre et d’écrire un bout de route ensemble ?

– Stan : Oui, ça démange. On est un peu tristes de finir la tournée, parce que c’est un chapitre qui se tourne, mais on a hâte de la terminer quand même, parce que ça démange d’écrire de nouvelles chansons. On n’écrit pas trop en tournée ; on n’a plus de conneries à dire.

 

– Mais on accumule de la matière peut-être ?

– Stan : Oui, on engrange.

 

– A propos de continuation de route, une dernière question au sujet de Julien, le musicien additionnel qui vous accompagne désormais partout et semble se faire de plus en plus indispensable à vos côtés : comment envisagez-vous la suite ?

– Benoît (s’adressant à Julien) : Eh oui, tu commences à pousser maintenant un petit peu.

– Stan : Tu commences à ressembler à un homme… Mais il est quand même en piteux état. On l’avait pas récupéré dans cet état là ; il était tout neuf. Il a quand même pris une sacrée claque. Mais je crois que c’est à lui qu’il faut poser la question.

– Julien : Qu’est-ce que je t’avais répondu à Rouillac?

– Que tu n’avais pas de boule de cristal…

– Stan : En tous cas, ça fonctionne. On n’a eu que de bons échos.

– Manu : Et en plus le fait qu’il n’ait pas encore la puberté permet de défalquer les impôts. C’est un bon plan !

 

 

 

Miren Funke

photos : Carolyn C, Océane Agoutborde, Miren.

Nous remercions Julien Banes pour sa gentillesse.

 

liens : le site c’est là –>

 

 

Et le FB ici –>

 

 

 

 

La bohème

29 Nov

Après avoir chanté sur tous les chemins du monde, et dans plusieurs langues, Charles Aznavour, le chanteur français le plus connu au niveau international,  promène désormais sa bohème dans les champs d’étoiles. La bohème, un de ses plus grands succès a fait le tour de la planète, cette chanson, dont il a composé la musique, sur des paroles de Jacques Plante, est née en 1965, alors qu’ Aznavour avait 12 ans de scène derrière lui, et commençait  à avoir du succès. Un peu autobiographique, Aznavour a pas mal galéré, beaucoup critiqué à ses débuts, il a mis des années à s’imposer sur scène, c’est la chanson d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, la nostalgie d’un Montmartre où les artistes avaient la vie dure,  mais d’une richesse artistique exceptionnelle.

Si vous voulez suivre ma caravane pour un choix subjectif de versions de La bohème par Aznavour, et par quelques uns de ceux qui ont repris cette chanson, en français, et dans bien d’autres langues, je vous emmène…

Cette chanson  avait été proposée tout d’abord à Georges Guétary pour son opérette Monsieur Carnaval, mais la maison de disque de Charles Aznavour, flairant le succès, le  presse d’enregistrer sa propre version, et ce fut aussitôt un immense succès,  la querelle déclenchée par Georges Guétary, on comprend sa déception, et par les maisons de disque, s’arrêtera, grâce à Frédéric Dard, et  avec le succès de Georges Guétary avec cette même chanson :

La version de Charles Aznavour en français, qui commence en piano voix, et continue avec l’orchestre :

Charles Aznavour, qui multipliait les versions internationales de ses chansons, chante ici La bohème en cinq langues, signalées sur la vidéo par des drapeaux :

Toujours Aznavour, et La bohème en anglais   :

En italien :

En espagnol, toujours avec une belle orchestration  :

La bohème a été interprétée  par des chanteurs du monde entier dans de nombreuses langues, ici Idir chante la bohème en kabyle :

En arabe, par Rarah Messai Mahjoub :

En arménien, par Erg Ergoc :

Toujours en arménien, avec des vues et des peintures de Montmartre :

Une version envoûtante, en japonais, par Naomi Chiaki :

En brésilien et la musique qui va avec,  par le Trio Esperança, sous le titre Uma Bela História  :

Une version plus jazzy avec Nicolas Jaar :

En espagnol par Concha Buika, une version dépouillée en piano voix, qui met en valeur la voix de diva du jazz de cette chanteuse espagnole :

Rythmes guitares, swing,  avec Kenji Girac  :

Electro-pop avec le groupe anglais Dubstar :

Catherine Ringer et Corneille, un duo de choc, apprécié et applaudi par Aznavour :

L’étonnant vibrato d’Erza :

Et Pierre Richard, dans le film On peut toujours rêver :

Aznavour avec Les enfoirés, clic sur l’image, ou sur le lien..

https://www.deezer.com/fr/track/108966924

 

L’ interprétation sobre de Bénabar en piano voix :

 

Une version en russe :

Et bien d’autres encore, plus ou moins réussies, et toutes celles qui restent à découvrir.

Voilà, j’ai parcouru, ce jour, avec grand plaisir, et Un brin de nostalgie, les chemins nomades d’une très belle chanson dite de variétés,  d’un chanteur populaire, pour moi, ça n’a rien de péjoratif, je ne suis d’aucune chapelle,  et je plussoie Christian Camerlynck pour dire qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les émotions. Les chansons d’Aznavour, comme celles de Bécaud, et beaucoup d’autres, ont jalonné ma vie, simplement, tout comme Charles Trenet,

Moi, j’aime le Music-Hall
C’est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes

J’aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud

On dira tout c’qu’on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l’école
Où l’on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s’émouvoir
En s’fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J’aim’rai toujours le music-hall

 

Danièle Sala

Qui a peur de Pauline Julien ?

23 Nov

 Quand y a la mer et puis les chevaux 
Qui font des tours comme au ciné 
Mais qu’ dans tes bras, c’est bien plus beau 
Quand y a la mer et puis les chevaux 

Quand la raison n’a plus raison 
Et qu’ nos yeux jouent à s’ renverser 
Et qu’on n’ sait plus qui est l’ patron 
Quand la raison n’a plus raison… 

C’est par ces mots de Léo Ferré que Céline Faucher nous embarque dans l’univers de Pauline Julien qui avait interprété  cette chanson, dans les cabarets de la rive gauche, à Paris, dans les années cinquante, elle chantait Ferré, mais aussi Brecht,  Boris Vian, puis son répertoire s’est enrichi, avec Charles Trenet, Aznavour, Gainsbourg, Brel, ou Montand. Céline Faucher raconte Pauline Julien entre deux chansons, nous dit que c’est elle qui lui a donné le goût de l’indépendance, de la liberté, elles ont la même force et la même tendresse, le même humour, le même amour de l’autre, les mêmes engagements, le même amour de la vie, et l’une et l’autre, pour rassembler les humains, elles chantent, la chanson, c’est leur vie, Quand Pauline Julien n’a plus pu chanter, elle a préféré partir, le 1er octobre 1998, et ça fait plus de trente ans que Céline Faucher chante, et raconte les gens de son pays, et aussi Anne Sylvestre, et bien d’autres. Mais c’est le répertoire de Pauline Julien qu’elle a le plus exploré,  fait connaître, défendu avec fougue et tendresse, et colporté sur les routes du Québec et de France.

Tout au long de la soirée, on redécouvre les plus belles chansons du répertoire francophone, certaines un peu oubliées,  mais épatantes, Bilbao song, de Brecht, adapté par Boris Vian, La chanson du capitalisme, Je ne peux pas rentrer chez moi, d’Aznavour, Une noix de Charles Trenet, La chanson de Prévert, On oublie rien de Brel, et bien sûr Anne Sylvestre, dans la deuxième partie de soirée.  Pauline Julien a dit : Je n’ai aucun problème à chanter Anne Sylvestre au Québec, parce qu’elle parle comme moi.

En 1957, Pauline Julien rentre au Québec, après avoir fait découvrir des chanteurs français, elle défend la nouvelle chanson québécoise comme Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Calvé, Léveillée, Blanchet,  Ferland, Georges Dor, etc…

Puis elle se partage entre le Québec et la France, et c’est en 1962 qu’elle sort son premier disque Enfin. Parmi les chansons de ce premier disque, Céline Faucher nous chante La marquise coton, J’entends, j’entends, d’Aragon et Ferrat.  Jack Monoloy, de Gilles Vigneault,  l’interprétation de cette chanson lui vaudra le second prix au festival de Sopot, en Pologne, en 1964 ,  La chanson de Prévert, de Gainsbourg, Quand l’amour est mort de Bécaud et Delanoë,  ou encore On oublie rien de Brel et Gérard Jouannest.  Et c’est en 1968 qu’elle commence à écrire ses propres textes.

Et ce sont surtout des chansons québécoises, qu’elle ira chanter en Russie, au printemps 1967, comme Les gens de mon pays, La Manic,  Jack Monoloy,  c’est significatif, révélateur d’une personnalité particulière qui exprime  l’universel, parmi une multitude de chansons, seules restent celles qui sont authentiques,  qui portent des témoignages de vie, de lutte, qui font vibrer en nous des émotions partagées, et durant toute sa vie, Pauline Julien a  été une combattante en chanson, de coups de gueule en sourires de tendresse, une insoumise se défendant de vouloir faire passer des messages, elle a chanté sa vérité,  interprétant des chansons d’auteurs progressistes qui lui ont donné ce goût de la liberté, et les siennes, combattante pour les droits des femmes, et pour les droits humains.  Emprisonnée pendant une semaine, en 1970, quand l’armée canadienne faisait la chasse aux indépendantistes, elle fait chanter les femmes en prison : Je ne chante pas la liberté qu’on nous donne, mais celle qu’on nous prend. Chanter, pour moi, c’est mon mode d’expression, c’est toute ma vie. . Et ce sont aussi les mots de Céline Faucher.

Le début de la carrière internationale de Pauline Julien est en 1969, avec des critiques dithyrambiques partout, sauf au Québec ! Qui a peur de Pauline Julien  ? C’est le nouveau spectacle de Céline Faucher.

Céline Faucher qui nous rapporte cette anecdote : Un jour que Pauline Julien chantait  La Manic à Toronto, en anglais, un spectateur s’est écrié, dans la salle : En français ! Ce à quoi elle a répondu, quand je vais chanter dans le monde, par respect,  je chante dans la langue du pays, à Toronto, je chante en anglais, au Québec, je chante en français.

Après une pause bavardage, une deuxième partie du spectacle, des chansons encore, au plus près de Pauline Julien, de ses combats et de ses rencontres. Bozo les culottes, de Raymond Lévesque :

Il a fait sauter un monument
À la mémoire des conquérants..


Bozo-les-culottes. Pour protéger les québécois.  Mais :

Quand on est de la race des pionniers
On est fait pour être oublié
Bozo-les-culottes.

Ne vous mariez pas les filles…  de Boris Vian :

Avez-vous vu un homme à poil 
Sortir soudain d’la salle de bains 
Dégoulinant par tous les poils 
Et la moustache pleine de chagrin ? 

Une version de Gilbert Langevin de Suzanne de Léonard Cohen,  l’Etranger, paroles de Pauline Julien, musique de Jacques Perron :

Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes s’aiment entre eux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes soient heureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Un monde amoureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où il n’y aurait plus d’étranger

une interprétation bouleversante d’ Une sorcière comme les autres, d’Anne Sylvestre, sa sœur de cœur et de scène. Ensemble, en 1988, elles ont créé un spectacle de chanson théâtralisé devenu mythique, spectacle conçu et écrit par Denise Boucher, Anne Sylvestre et Pauline Julien : Gémeaux croisées.  Et pour la première fois, l’album du spectacle est réédité, un double album CD,  disponible là, clic sur l’album –>

Et pour clore ce parcours raconté et chanté d’une voix harmonieuse et profonde, qui colle impeccablement aux chansons de Pauline Julien, et magistralement accompagnée par un pianiste aux multiples talents, Patrick Laviosa, Céline Faucher nous a mis L’âme à la tendresse, une des plus belles chansons écrites par Pauline Julien, que les privilégiés présents ont repris en choeur :

Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui Cette amitié dans la continuité Un mot un regard un silence un sourire une lettre…

Après le repas convivial pris ensemble, on a continué à chanter. Maï a chanté sa Corse, accompagnée par Marc à la guitare, et par un guitariste-spectateur, d’autres ont chanté Montand, et  Les feuilles mortes, Reggiani, Le barbier de Belleville, Henri Genès, La tantina de Burgos,  Le général à vendre des Frères Jacques, et chaque fois qu’il y avait un trou de mémoire, c’est Patrick Laviosa, le pianiste, qui venait compléter, il nous a aussi chanté avec brio une chanson tyrolienne Le coucou de ma grand-mère, d’Andréani. Et Céline Faucher est revenue, à la demande générale, nous chanter Les gens de mon pays, de Gilles Vigneault.

Encore une soirée toute en amitié et en partage, comme savent nous en proposer Maï et Marc Usclade, à l’Arthé café. Un grand merci à eux, et à Céline Faucher, qui contribue à faire perdurer le souvenir de Pauline Julien,  artiste et femme d’exception, qui est aujourd’hui bien oubliée des médias.

C’est avec Jean-Paul Liégeois, auteur de livres sur la chanson, éditeur, et l’un des trois fondateurs d’Initiatives chansons, que Céline Faucher a construit ce spectacle, et la bonne nouvelle, c’est qu’il y aura une suite…

Danièle  Sala

L’actualité de Céline Faucher c’est là, clic sur le Racoon joyeux –>

Sy

Arthur de la Taille, rencontre …

22 Nov

La vie d’artiste? À partir d’une question ouverte pour commencer lors d’une rencontre découverte avec un artiste dont on ne connait que l’album récent, on peut avoir d’entrée ce qui est au centre de sa réflexion sur son métier. Selon Beethoven, « Le génie c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration. »

Ou selon Brassens: « Sans travail le talent n’est qu’une sale manie

C’est sur cette tonalité qu’Arthur de la Taille répond spontanément à la demande: Parlez moi de votre vie d’artiste.

La vie d’artiste c’est un travail de tous les jours, se lever et travailler la guitare et le chant, pour continuer à y croire… par exemple quand je vais chanter dans un hôpital ou pour des enfants, leur chanter du Fréro Delavéga ou Dick Annegarn ou La souris verte, et tant que je suis en contact avec cette matière, je me sens bien, et ensuite à partir de ça, j’essaie de proposer des choses qui sont dans le format commercial au sens noble du terme pour que le plus grand nombre de gens puisse s’y intéresser,

Ça a commencé vers 14 ans avec la guitare, j’écoutais tous les genres de musique, avec un oncle musicien (orchestre du Splendid) puis un déménagement m’a éloigné de tout ce que j’aimais, le sport, le hockey, et un autre oncle m’a fait découvrir les musiques des années 70 et je me suis mis à la guitare, et j’ai commencé à penser en faire un métier. Une autre rencontre, à Bordeaux a été la découverte du jazz manouche, avec un savoir faire spécifique à la guitare qui m’a permis de mettre un pied dans le métier. En accompagnateur..

La chanson, j’y suis arrivé par les anciens, elle était là depuis le début, j’écoutais Trenet Brassens, et dès que je me suis senti plus libre sur le plan instrumental – c’est le moment où est arrivé Sansévérino- ça m’a vraiment donné envie de faire mes chansons. Avec ma sœur on avait monté le duo Calame…  Style duo vocal-guitare avec des chansons de tous les répertoires, des reprises, pour tourner dans les cafés concerts, Higelin, Barbara que ma sœur chantait, Nino Ferrer, des chansons personnelles, ce duo a bien fonctionné durant 10 ans, il existe toujours mais on a eu envie de se découvrir l’un sans l’autre… Chanter à deux est passionnant mais ça peut aussi enfermer… Il y a une rigueur parfois contraignante, en solo on peut se lâcher plus facilement.. Actuellement elle explore un registre anglophone … » 

La vie d’artiste finalement c’est être embarqué dans son siècle, être ouvert à tout ce qui peut donner de nouvelles pistes, dont la résultante est cet album, « Ministère des Ondes » (voir ICI )

Arthur de la Taille était aux Trois Baudets il y a quelques jours, suivez sa route balladine … Clic sur la photo …

Last but not least,   selon les dates de concerts, Arthur de la Taille  se produit dans des formations qui vont du solo au quintet

et voici son contact en contact scène : Mistiroux Productions – 09 52 57 37 82 / 06 83 58 54 51 – info@mistirouxprod.com

 

Et pour en savoir plus sur Calame Duo, c’est là  –>

 

 

 

Pour rappel, l’album est en vente partout et surtout ici.   Clic on the cat ..

 

 

Norbert Gabriel

Têtes de chien « Faces cachées »

22 Nov

Le monde de la chanson et de la musique nous fait parfois la surprise de créations originales dans tous les sens du terme. Ici on a la conjonction d’un ensemble vocal de très haut niveau, de chansons populaires entrées dans le folklore pour tous les âges, mais réhabilitées pourrait-on dire, de leurs couleurs moins naïvement pimpantes que celles des comptines enfantines où elles ont été reléguées… Couleurs bigarrées, parce que parfois, il y a des choses qu’on ne dit pas ouvertement, quelques coquineries érotiques, ou douleurs escamotées qu’on a oubliées aujourd’hui dans les ritournelles anodines chantées dès la maternelle.

Avec des arrangements vocaux  qui voyagent dans les musiques les plus sophistiquées, on est passé de la dimension Disney à celle de Goya ou Rembrandt, ou de Vinci, c’est aussi une part de l’histoire populaire qu’on découvre dans ce panorama, l’amour, la mort, et toutes ces choses de la vie pas toujours rigolote…

 

Scénographie et  décor en parfaite harmonie avec la subtilité du travail de remise en forme de ces chansons éternelles, c’est un spectacle unique en son genre… Une sorte d’opéra moderne de nos refrains d’enfance, épuré, drôle, tendre, cruel, la vie…

 

 

Philippe Bellet – Justin Bonnet – Henri Costa – Didier Verdeille – Grégory Veux Quintette a capella contemporain pour chansons traditionnelles présentent

FACES CACHEES

20 « tubes » de chansons populaires revisitées … Au Clair de la lune – La Claire Fontaine – A La Pêche aux moules – Aux Marches du palais – Perrine était servante… Ne pleure pas Jeannette – Il était un petit navire – Nous n’irons plus au bois… Pauvre soldat…

Nouveau spectacle

Mercredi 28 novembre à 20 h

Dimanche 9 décembre à 18h – mercredi 12 décembre à 20 h

Théâtre de Ménilmontant – 15 rue du retrait – 75020 Paris

Tout public pour « anciens » et « nouveaux » enfants

Nouvel album (disponible au théâtre)

Sortie le 4 décembre chez TO&MA – DifferAnt

Norbert Gabriel

Hexagone automne 2018

20 Nov

 

Ce numéro 9 inaugure la troisième saison d’Hexagone, avec un état des lieux positif pour ce magasine de grande qualité, indispensable pour suivre l’actualité de la chanson dans tous ses états,   mieux connaître ceux qui la font vivre, les artistes, les dates de concerts, les sorties d’album, etc, 700 abonnés : Sans vous demain on joue à la pétanque, dit David Desreumaux dans son édito, et le désir de sortir du tout bénévolat pour avancer, avec des créations d’emplois et des espaces publicitaires. Et David devient le premier salarié de la structure éditrice, un SMIC, un premier pas qui doit en appeler d’autres si nous voulons poursuivre l’aventure…

Et c’est Leïla Huissoud et Alexis HK qui font la une de couverture. La deuxième de couverture étant consacrée à Bertrand Louis, et son sixième album Baudelaire, en résumé : Avec cet album de rentrée, Bertrand Louis accomplit un véritable coup de maître qui l’inscrit tout de go parmi les plus grands interprètes du poète, mais dans une forme totalement originale et renouvelée !

Après les dessins humoristiques d’Eric Mie et de Piérick, quelques vacheries dans les brèves comme celle là : On dit que le spectacle de Rémo Gary, Les falaises de Bonifacio, qu’il est un spectacle poélitique. A la différence de la dernière tournée de Renaud qui était poéthilique, une vue de l’extérieur par Eric Frasiak, sous le signe du nombre 15, associé à François Béranger, ( vous trouverez dans le n° 6 d’Hexagone l’entretien avec Eric Frasiak, ( Mon Béranger, album de reprises est paru en 2014 ), 15, comme les 15 ans de tristesse qu’il a fallu traverser depuis sa disparition, entre autres.

Patrick Engel nous invite ensuite au voyage en chansons, avec les globe-trotteurs chanteurs, et tous les exemples de marche et de voyages dans les chansons  : De tout temps, la marche a accompagné la pensée humaine… Marcher pour se déplacer, oui, mais surtout marcher pour aller vers les autres, afin d’aller vers soi, un soi-même qui ne sera d’ailleurs, du coup, plus tout à fait le même qu’au moment du départ.

Elie Guillou, Paris-Brest à pied en trente jours et trente concerts, Manu Galure et son tour de France de deux ans  en chansons, David Sire et son p’tit vélo dans la tête, sont les exemples actuels de chanteurs-voyageurs.

Rappel de Sémaphore en chansons du 9 au 16 novembre, Et nous entrons dans la collection d’automne partie 1, avec Wally, entretien par Michel Gallas.

Trente-cinq ans de scène pour cet artiste aux multiples talents, et un virage introspectif avec le projet Derli, (Derruau-Lillian), une aventure, humainement extraordinaire, et très touchante, un regard sur une vie d’homme…Rien ne me fait plus plaisir qu’une table remplie avec du vin, des plats simples, des gens simples et des discussions un peu enflammées, l’important, c’est le partage. D’ailleurs la scène, c’est du partage avec les gens. J’adhère à ces mots,  pour une scène partagée avec Wally, et avec bonheur, à l’Arlequin de Mozac.

Puis, c’est la Lumière sur un clown sans fard, Leïla Huissoud qui se confie à David Desreumaux. Leïla, une mignonne rigolote qui travaille dur pour avoir l’air idiote, elle sait se moquer d’elle : En gros, le clown sait tomber. Moi je trouve que c’est de la poésie. Mais derrière cet Auguste elle sait faire passer ses colères, ses émotions avec tendresse et humour : Aussi pathétique, aussi dramatique, aussi douleur soit l’émotion ou la chute qui nous traverse, tant qu’on est pas mort, on fait marrer les gens.

Auguste, le nouvel album de Leïla Huissoud paraîtra le 9 novembre, et partira aussitôt en tournée, et je pense, tout comme David Desreumaux, et pour l’avoir vue l’an passé à Blanzat (Rencontres Marc Robine), qu’on est avec Leïla en présence d’une artiste complète, douée d’un indéniable sens de la scène, et qu’elle est bien partie pour un long et beau parcours.

On fait ensuite plus ample connaissance avec Tom Poisson, au cours de l’entretien avec Flavie Girbal et Michel Gallas, Tom Poisson, son esprit d’équipe, ses différentes aventures collectives, notamment avec Les Fouteurs de joie, son art du récit, son dernier spectacle 2+1, en duo avec Paul Roman, son dernier album sorti en 2016, Heureux comme les cerfs-volants, un album de chansons nées sur scène prévu pour 2019, et la prolongation de tournée avec les Fouteurs de joie de Des étoiles et des idiots : Je fais avec mes armes. Comme dans la vie, j’essaie d’entrer en connivence avec les gens en les faisant rire.Cela ouvre une brèche. Instaurer la confiance, éveiller la curiosité permettent de dire des choses plus profondes ou intimes.

Le regard de Karine Daviet sur Morikan. Une lyonnaise auteur-compositeur-interprète de chansons françaises aux saveurs d’orient, mêlées d’électro, une découverte à l’occasion de la sortie de son EP Royaume en 2015. Pour elle : L’important est de faire les choses avec sincérité et envie…  J’adore la scène, c’est là que je dois porter ma priorité.

Photo archives LDDO NG

Un Retour vers le futur avec Dominique Cravic, propos recueillis par Nicolas Brulebois.

Dominique Cravic, guitariste-chanteur-compositeur-arrangeur à multiples facettes, leader des Primitifs du futur, que j’ai eu le plaisir d’écouter en compagnie de Claire Elzière, cet été, à Volvic.

Il parle de sa récente tournée au Japon, avec Claire Elzière et Les chansons d’amour de Paris, des japonais qui sont amoureux des chansons françaises, de ses diverses aventures musicales, du choix des chansons, les thèmes connus se mêlent aux pépites oubliées : Peu de gens se souviennent du film Quadrille d’amour, d’où vous exhumez Trois jours. Idem pour le thème d’Henri Crolla, tiré du film Une Parisienne.

Il se souvient de ses années de chanteur de bal, qui lui ont inspiré des chansons plus intimistes, de Jean Sablon et Django Reinhardt, un répertoire que j’aime depuis toujours. Lorsque nous avons commencé à monter des groupes, entre blues, jazz, etc, il y avait déjà du Sablon...

Dominique Cravic se veut ni populaire ni rétro, rappelant que les influences ont toujours existé, Ce qui compte, c’est comment tu fais revivre les choses.

La fiche pratique à destination des chansonniers de Boule, Les ficelles du métier, aborde le son, avec humour,  et quelques bons conseils, quoi qu’il en soit : Faire confiance au sonorisateur, même s’il est encore en train de fumer.

Toujours de nombreuses présentations d’albums, qui prouvent que la chanson se porte bien et résiste aux difficultés ambiantes. Alaska de Eryk.e, Auguste de Leïla Huissoud, Les Rescapés de Miossec, Mon frère terrien des Têtes de piafs, C’est un joli nom camarade, par 15 interprètes qui reprennent Ferrat, Un p’tit rêve très court, par Michèle Bernard et Monique Brun, Vanités de Liz Van Deuq, Voix de cailloux, Rémo Gary et Nathalie Fortin chansons inédites de Jacques Debronckart, Gerard Pierron Trésors perdus, et bien d’autres.

Jules, lui, nous dit que C’était mieux maintenant. Autour de Noir Désir, et du deuxième album du groupe : Veuillez rendre l’âme ( à qui elle appartient). Franchement, je n’ai rien entendu d’aussi canon depuis que j’ai l’âge de mettre mes propres TDK D90 dans le lecteur.

Photo Flavie Girbal

Alexis HK se raconte à Flavie Gerbal, dans le dossier qui lui est consacré, Alexis HK pour qui rien n’est jamais acquis sauf peut-être l’expérience.  Pour oublier les baffes à l’âme, les coups bas, les coups de blues, les difficultés financières, et pour son fils, né en 2008, il travaille dur, fait d’heureuses rencontres, et quitte la banque pour fonder La Familia : C’est petit à petit un entourage bienveillant et rationnel qui entoure l’artiste .

Des périodes difficiles, mais vient le succès de Le dernier présent en 2012,  la tournée triomphale du spectacle Georges &  moi,  autour du répertoire de Georges Brassens, avec la complicité de François Morel, avant de  se retrouver seul, et c’est la gestation de Comme un ours ;

En effet, Il est beaucoup question de son dernier album, le neuvième : Comme un ours, suivant un cheminement signifiant à lui seul, qui irait de l’ombre à la lumière.

Alexis HK explique en profondeur la démarche, et le sens qu’il a voulu donner aux chansons de ce dernier album,  dans un entretien prolongé : Ours solaire «  Et la prose apaise nos ecchymoses. ».

Album né d’un besoin impérieux, qui doit être profond et ludique…Comme pour se remettre sur ses pieds après un séisme.

Partant des noirceurs de l’actualité, le racisme, le fascisme, avec un regard lucide et réaliste, ( Les pieds dans la boue, La chasse),  il s’accroche à la vie coûte que coûte, cherchant le réconfort auprès d’un chien, d’une femme, d’un enfant, et fait fleurir des sourires jusques dans l’ombre. Un album où il se retrouve, seul, dans la dualité de l’ombre et de la lumière, comme un ours bipolaire : Pour moi, c’est une obligation d’aller chercher l’espoir.

On raconte qu’il vit seul
Depuis si longtemps
Qu’il engueule ses glaïeuls
Comme si c’étaient ses enfants
On raconte que le soir
Il met deux couverts
Et prépare le dîner
À son pote imaginaire
Comme un ours bipolaire
Un ermite en colère
En apesanteur
Entre les deux hémisphères .

Le regard extérieur de Karimouche  sur Alexis HK ? C’est simple ! En vrai ? La première fois que je t’ai vu sur scène, je suis tombée en amour comme on dit au Québec. Sous l’épaisse fourrure, j’ai tout vu et j’ai tout aimé : ton côté obscur et ton côté lumineux, ta générosité et tes contradictions, tes textes subtils et tranchants et ton humour ravageur. On ne saurait dire mieux.

Et c’est de Gaieté, fantaisie et toutes ces sortes de choses qu’il est ensuite question, thèmes du septième festival Chansons & Mots d’Amou, festival qui privilégie les choix artistiques au rendement des grosses machines estivales en liant la chanson, les belles lettres et l’art de vivre de la Chalosse,  terroir de Gascogne. Chansons, mais aussi une ouverture vers le théâtre, la littérature, poésie, cinéma, photo, etc… Avec Marie-Christine Barrault comme marraine cette année.  Un travail d’équipe, une cinquantaine de bénévoles, près de trente concerts en trois jours dans divers lieux propices du village, 7500 spectateurs en 2017, et plus encore cette année. Des noms connus, des découvertes en mélange harmonieux, Victoria Delarosière et ses Chansons d’amour au couteau, Jeanne Plante la délurée  qui testait sa nouvelle création, Chafouin, Askehoug, Guillo et Gérald Genty, qui ont mélangé leur répertoire avec le spectacle jeune public Minibus, créant un joyeux bordel, la prestation décousue de Nicolas Martel & Alexis Kune ( Devos, Allais et Vialatte), Wally & Roca, et François Rabelais, ( cherchez l’intrus), In vino veritas, trois tisseurs de mots, amateurs de truculence verbales et de libations gouleyantes.

Un festival à dimension humaine qui s’impose comme une valeur sûre et incontournable.

Entrons maintenant dans la Collection d’automne, Partie II, avec Christian Olivier, le leader des Têtes raides qui a sorti son premier album en solo en 2016: Aller de l’avant.

La différence avec Les Têtes raides, c’est son sentiment de replonger dans l’inconnu :  Je ne pense plus à personne en termes de références, même si je ne me débarrasse pas pour autant de l’écriture qui est la mienne, du style de musique que j’affectionne.

Passionné de théâtre, de poésie, fan de Jean Genet, de Dagerman, d’Artaud, de Prévert dont il a fait une adaptation des textes, partageant la scène avec Yolande Moreau, l’une chante, l’autre parle,  il a aussi mis en musique une quinzaine de poèmes de Prévert, réunis dans l’album Prévert, toujours avec la participation de Yolande Moreau. Mais, Christian Olivier n’oublie pas pour autant les Têtes raides, avec qui  il va revenir fin 2019, en effet, il ne faut pas rater l’anniversaire de Ginette, qui a maintenant passé les trente ans. En attendant, ne tournée d’une trentaine de dates est prévue avec Yolande Moreau, pour la tournée Prévert, et ils seront en janvier à Paris, au théâtre du Rond-Point.

Malorie D’Emmanuele pose ensuite un regard sur Louise O’sman, une marseillaise, accordéoniste et interprète, puis auteur-compositeur, portant désormais ses chansons seule en scène, depuis qu’elle s’est séparée de Dilan : J’aimerais pouvoir me libérer de mon accordéon pour être plus mobile sur scène. Et puis je voudrais élargir les collaborations avec d’autres musiciens.

C’est avec de la Poésie dans la marge que l’on continue cette aventure hexagonale, par David Desreumaux, en compagnie de Wladimir Anselme, auteur-compositeur-interprète à la fois tendre et impétueux,  à la fois d’une timidité maladive, et doux bavard invétéré. Il est aussi dessinateur, vidéaste, auteur de fictions sonores pour Radio-France, il a trois albums à son actif, le premier, Mauvaises herbes, sorti en 1999, après trois ans d’initiation à la scène en compagnie d’Alain Aurenche qui l’a amené un peu partout, et a été à l’origine de belles rencontres, notamment avec Allain Leprest, le deuxième Les heures courtes en 2011 et son troisième album, L’Esclandre, sorti en mai 2018 rassemble 10 chansons, comme 10 petits courts-métrages, et ça lui fait drôle de comparer ses nouveaux albums avec les plus anciens : je ne me reconnais pas dedans. Je reconnais le jeune homme que  j’ai pu être… dit-il. Wladimir Anselme prend un soin particulier au choix des mots, ne pas être dans le frontal. Déguiser les émotions, maroufler la mélancolie…

L’Esclandre, c’est une écriture qui s’est mise au régime sec, pour atteindre une densité vertigineuse, dans laquelle de peu jaillit beaucoup et où l’imaginaire de l’auditeur se trouve convoqué.

La musique de cet album est aussi une petite révolution, depuis la période jazz des années 2000, avec un équipage plus rock, plus folk, Wladimir en parle ainsi « On a joué comme on les sentait sur le moment. Ce n’est pas léché mais c’est très profond. Il s’agit là de préserver le feeling originel et de réussir le vieux fond de blues des chansons plutôt que de chercher la perfection. »

On retrouve Patrick Engel qui, lui, pose un regard sur Alysce au pays des malices et c’est un irrésistible délice de se glisser dans les mots de Patrick à propos d’Alscyse :  

Frontispice en prémice aux délices d’Alysce, soulignons sans malice, sous les auspices des haruspices, combien se glissent en coulisses d’indices allusifs, les lisses éclisses en hélice de sa guitare complice regorgent en un bouquet lascif de lys, de physalis, d’hamamélis, iris, volubilis, et quelques tamaris…

Un regard élogieux pour cette jeune artiste musicale,  attachante et nature, et qui fait preuve d’une singulière et intense musicalité, entre chanson, bossa, jazz, folk et classique. elle a remporté le prix du jury, le prix de la Sacem, et le prix du public, du concours de la chanson française de la Truffe de Périgueux.

Photo archives LDDO NG

Et nous arrivons à Paule-Andrée Cassidy pour qui Interpréter est un acte de création. Elle se raconte à David Desreumaux.

Depuis une vingtaine d’année, cette interprète de Barbara, Anne Sylvestre, Boby Lapointe, Gilles Vigneault, et  d’auteurs québécois moins connus, mais aussi auteur-compositeur, arpente les routes du monde, chantant en français, en anglais, en espagnol ou portugais , ambassadrice de ses compatriotes québécois, dans tous les pays francophones, mais aussi en Amérique latine.  Paule-Andrée Cassidy est aussi metteur-en-scène auprès de jeunes artistes, a une formation d’actrice au conservatoire d’art dramatique de Québec, en est à son sixième album, Libre-Echange, paru en 2014 et a reçu le Grand prix de l’académie Charles Cros dans la catégorie Nouveau Talent pour son album Lever du jour.

L’important pour elle depuis toujours c’est la chanson, nourrie de Brel, Gilles Vigneault, Félix Leclerc, de musiques du monde, puis Anne Sylvestre, les chanteuses réalistes, et bien d’autres, par des parents professeurs de mathématiques, mais néanmoins mélomanes. La tonalité de sa voix grave  lui avait fait dans un premier temps choisir le théâtre, mais son enthousiasme à chanter et le contact avec le public ont été décisifs, elle elle a pris des cours de chant classique et a rencontré des musiciens avec qui elle a commencé à collaborer.

Pour elle, interpréter, c’est recréer, c’est faire revivre des chansons dans des univers différents, avec un large spectre émotif, par exemple, Perlimpinpin est une chanson qu’elle réinvente à chaque fois , elle choisit ses auteurs, et respecte les textes, mais il faut qu’il se passe quelque chose entre le texte et elle, ça peut prendre du temps, ou ce peut être un coup de cœur immédiat, comme ce fut le cas pour La petite kurde de Pierre Perret, ou ça ne se voit pas du tout d’Anne Sylvestre. Ce peut être le personnage, l’histoire, ou seulement une phrase, comme celle d’Elsie de Richard Desjardins : « Juste pour te dire qu’on a fait des ponts où les rapides sont furieux. » Cette phrase pour moi résumait l’histoire de l’humanité.  

Paule-Andrée Cassidy insiste aussi sur l’importance de l’expression corporelle : Il faut que le corps soit disponible aux émotions, aux intentions. J’ai souvent dit que la voix était une partie du corps.

 Le décès de son compagnon et pianiste est intervenu quand elle montait le spectacle Libre Echange. Cela correspondait à une certaine ambiance du tango. Le tango distille le sentiment que tout peut se passer :  l’urgence par rapport à la mort, le sentiment de la vie.

Elle parle aussi de son désir de transmission, elle enseigne, et chante avec sa fille Lou-Adriane,  de confrontations gratifiantes avec des gens qui ont une approche esthétique différente, pour dépasser les a priori , de ses projets d’écriture, qui aboutiront peut-être à un nouveau spectacle ou disque.

Tous les chemins mènent à la musique et à la chanson, à condition d’en sortir, et quand c’est une véritable passion, c’est le cas pour Alain Gibert, ingénieur informaticien, et musicien, sur lequel Philippe Kapp pose un regard. Après plusieurs CD caché derrière sa basse au sein d’un groupe, il revient avec son véritable nom, et un premier cinq titres en 2013 : Les marches de l’opéra, suivi de Sublime ordinaire en 2015, et Canyon alibi en 2017. Une pop élégante, un univers cinématographique, des mélodies simples, mais séduisantes, des arrangements qu’il veut au service de ses émotions, les 12 titres de Canyon alibi évoquent les faiblesses humaines, les manquements de chacun, sous une apparente légèreté colorée de pop.

On arrive aux rappels, de festivals passés, d’initiatives, de lieux dédiés à la chanson, toujours avec de magnifiques photos de David Desreumaux, et de très chouettes illustrations de Flavie Girbal. Et  notre première visite est pour Le Bijou La Grotte des Chauvet, les guides étant Marion Fergolia et Michel Gallas.

Les Chauvet, ce sont Pascal et Emma, qui ont repris ce lieu historique en 2012, après plusieurs gérances de la salle de spectacle telle qu’on la connaît aujourd’hui, et qui fut inaugurée en 1989.

Le Bijou, qui fut autrefois un point de rendez-vous de la résistance toulousaine, puis un café-ciné, un dancing, un bistrot fête aujourd’hui et pour deux ans, ses trente ans de spectacles et n’a donc pas fini de faire découvrir des artistes originaux, pour le bonheur d’un public fidèle et curieux. http://www.le-bijou.net/

Chronique brève de l’album, clic sur la couv.

Rappel aussi d’un événement d’importance, La réédition d’un album mythique, en double CD, Gémeaux croisées, spectacle conçu et écrit par Denise Boucher, Pauline Julien et Anne Sylvestre, disponible depuis le 19 octobre, c’est Julos Beaucarne qui en parle : Elles savent le secret du partage des eaux, elles ont le goût du regard échangé, elles vibrent en extrême complicité. Elles nous livrent d’une trace toute leur vie d’inquiétude et d’amour. Elles n’ont plus rien à perdre. Elles gagnent tout.

Rappel aussi d’une belle initiative, par David Desreumaux : Initiatives Chansons, projet bâti sur la passion de la chanson et l’amitié des trois fondateurs, Gilles Tcherniak, dirigeant du Forum Léo Ferré de 2013 à 2017, Gilles Coron, trésorier du Forum jusqu’en 2017, et Jean-Paul Liégeois, auteur et éditeur d’ouvrages sur la chanson. Ils sont six aujourd’hui, tous portés par la même passion, défendre le spectacle vivant, et une jeune scène émergente, que l’on sent de plus en plus intéressée par l’expression scénique. Ne pas se cantonner à une seule catégorie, prendre des risques, La vitrine d’Initiative Chansons s’articule autour de trois piliers : L’interprétation, la valorisation du répertoire, et la création… Le spectacle vivant, ce n’est pas une esthétique unique. Ce peut être du  rock, du jazz, de l’expression théâtrale, des influences de musique classique, etc… Précise Gilles Tcherniak en citant l’exemple de Barjac.

En conclusion, et toujours de Gilles Tcherniak, cette pensée zen : Nous avons peu de moyens mais nous sommes grassement payés en retours élogieux du public !

Barjac, on y est justement, avec la 24 ème édition de son festival Barjac m’en chante : Chansons de caractère sous canicule. Un très bon millésime , et c’est tout d’abord une rencontre avec le directeur artistique de ce festival, le discret mais omniprésent Jean-Claude Barens, qui fait le point sur tous les aspects de ce festival, propos recueillis par David Desreumaux. Fréquentation en légère hausse, et plus uniforme, aménagement des structures, multiplication des différents spectacles,  nécessitant un choix des spectateurs, ll faut créer un petit peu de frustration. Eclectisme dans la programmation, alliant tradition et modernité, découvertes, et quelques points noirs à résoudre, comme les spectacles jeune public dans la cour de l’école, sous la canicule. Fluidité est le mot qui résume cette édition : Fluidité d’une part dans les relations, avec un très bel esprit entre festivaliers, bénévoles, techniciens. Fluidité dans la logistique, parfois la rigueur impose d’obtenir les choses par le biais de beaucoup d’efforts, dans la difficulté. Là, nous avons pu constater une belle fluidité à tous niveaux.

Vus sur scène à Barjac : Coups de projecteur, retours de concerts, par David Desreumaux et Michel Gallas.

La première rencontre est avec Sarclo et son Dylan, que le public de Barjac m’en chante a apprécié, le 2 août dernier : Sarclo sings Dylan ( in french), Dylan et Sarclo, c’est l’histoire d’une vie : Les chansons de Dylan sont des chansons que je connais depuis toujours, et ce sont celles-là que j’ai envie de chanter. Sarclo explique sa façon d’appréhender les chansons de Dylan, et la somme de connaissances et de travail qu’il a fourni pour rester fidèle à l’esprit de la musique et des textes. Deux phrases choisies qui en disent long :

La guitare de Dylan est belle parce qu’elle n’est pas sous les paroles. Elle peut gicler, elle peut être énergique.

Et : Quand tu veux traduire Dylan, tu dois apprendre aux francophones qu’il y a d’autres règles  de versification qui ne sont pas françaises. Et puis, pour chaque image que balance Dylan, il faut dire que cette image a été écrite exprès. Si tu passe à côté parce que tu trouves que ça ne sonne pas en français, tu te fous de la gueule du monde. Si tu veux vraiment faire le taf, si tu n’y arrive pas un jour tu réessaies le lendemain. Tu bosses.

Revus sur scène à Barjac avec grand plaisir des artistes qui figurent ou ont figuré récemment dans Hexagone, Frasiak, Garance, Erwan Pinard, Davy Kilembé, Alexis HK, Leïla Huissoud, Amélie-les-crayons, pour ne citer qu’eux.

Contrebrassens, le 29 juillet, à l’Espace Jean Ferrat,  Pauline Dupuy, qui, seule, a donné un caractère remarquable et très personnel aux chansons de Brassens. Envoûtante, le mot n’est pas surfait. Et en duo avec Alexis HK, pour La ronde des jurons, ce fut inoubliable.

Le 31 juillet, c’est la révélation avec Marion Cousineau, la grande découverte de ce festival, quand elle ne sert pas des bières à la buvette en tant que bénévole du festival, elle chante et enchante le public : Généreuse et authentique, rayonnante d’humanité, elle nous embarque et suscite naturellement une belle relation avec le public.

Le 30 juillet, Govrache.  C’était à la fois  plaisir et pur régal de voir cet orfèvre des mots le lundi 30 juillet à Barjac m’en chante. .. Sous le chapiteau du Pradet, comme au Café de la danse en mai dernier, Govrache a littéralement soulevé le public par la qualité de ses textes, par la maîtrise de la scène qu’il a désormais acquise.

Le 30 juillet aussi, c’est Marie-Paule Belle qui a été la plus grande et belle surprise de cette édition. On croit la connaître, et l’on attend rien de particulier… Et elle surprend : Sur scène, nous découvrons une artiste dotée d’une incroyable maîtrise de l’espace et de ce qui s’y joue, sensible et drôle… Et respectueuse tout à la fois des textes qu’elle sert, du public, et de son équipe technique. ..

Le 31, ce sont Mouchès et Sourrigues qui assurent la séquence fou rire avec leurs révisions de chansons malaxées, revisitées, mais pas à la légère, Amsterdam de Brel en langue des signes, l’aigle noir de Barbara relooké pour les plus jeunes, sans se prendre au sérieux.

Le 1er août, c’est Eric Guilleton qui rendait un vibrant hommage à Pierre Barouh, tout en pudeur et légèreté.

Et aussi Presque Oui, enfin, Thibaud Defever, seul, puisqu’il a quitté son bagage de 20 ans de Presque Oui : Artistiquement, celui-là fait dans la dentelle ; de notoriété publique, c’est un orfèvre… A pleurer tant c’est beau.

Le 2 août, c’est Léopoldine HH sous le chapiteau, avec ses deux musiciens, Charly Chanteur et Maxime Kerzanet, un spectacle dont on ne lasse pas, qui ne sont pas là seulement pour amuser la galerie : mais bien décidés à partager une création détonante au carrefour des arts : chanson, littérature, poésie, théâtre, cirque.

Nous quittons Barjac pour constater, avec Nicolas Brulebois, que Jacques Debronckart sort des oubliettes en cet automne 2018, non pas grâce aux majors pour lesquels il a enregistré, mais grâce à des fidèles artistes qui se passent le mot pour ressortir ses chansons, et des inédits de ce chanteur trop longtemps sous-estimé, et grâce aussi à  la chanteuse-éditrice Clémentine Jouffroy, avec l’aide essentielle de l’épouse de Jacques Debronckart, Janet Rudel, Tous ceux-là ont oeuvré à cette belle renaissance.

Marie-Thérèse Orain NG 2016

Tout d’abord, Marie-Thérèse Orain, interprète historique de Jacques Debronckart, entendait il y a vingt ans, faire redécouvrir celui qui fut son pianiste et ami, et dont elle fut l’interprète privilégiée.

Marie-Thérèse Orain n’aime pas les monuments aux morts, elle veut montrer l’actualité des chanteurs qu’elle interprète, à propos de  Jacques Debronkart, elle dit  : Son œuvre est très vivante : il a écrit l’époque que nous vivons. Un livre-album de 21 titres, dont 10 chansons jusque là inédites de Jacques Debronkart, enregistrées en public, à l’automne 2014, Intacte, est sorti en 2015,  toujours disponible à la boutique Camino Verde.  Coup de cœur de l’Académie Charles Cros en 2015. Et Marie-Thérèse Orain a reçu avec Paule-Andrée Cassidy, le prix Jacques Douai en 2015.

Rémo Gary,  après avoir proposé quatre inédits de Jacques Debronckart dans son précédent album,  vient de sortir tout un album de chansons inédites de Debronckart, un album et un spectacle, avec Nathalie Fortin au piano,  Voix de cailloux, C’est un chef-d’oeuvre, nous dit Nicolas Brulebois.

 Rémo Gary qui précise :  

On me demande Brel, mais jamais Debronckart. Je pense qu’on fait mieux son métier d’artiste quand on chante les gens qu’on ne nous réclame pas. De même, je n’ai pas eu l’impression qu’on m’ait demandé de faire ce disque. J’y ai pris un grand plaisir, ça ne doit pas devenir une comémo, Debronckart est en moi depuis toujours, mais je n’en fais pas une religion. L’adoration ne me dit rien qui vaille.

Christian Camerlynck et Nathalie Fortin (NG 21016)

Enfin, Christian Camerlynck, qui a découvert Debronckart grâce à Marie-Thérèse Orain, dans les années 60, et qui a bien oeuvré pour la transmission de son répertoire : Quand je l’ai programmé dans les maisons de la culture où je travaillais, il m’a reconnu : C’est vous qui êtes toujours à l’Ecluse, entre deux piliers ! Je lui ai demandé des chansons, mais il m’a d’abord répondu Celles pour les hommes, je me  les garde… Nous nous sommes beaucoup fréquentés par la suite. Au moment de signer chez Meys, il avait plus de chansons qu’il n’en fallait, et m’a appelé : Choisis-en, je ne les enregistrerai pas.

Christian Camerlynck a rassemblé 13 titres de Debronckart dans un album en 2006 : Christian Camerlynck chante Debronckart.

Ces interprètes échangent leur façons d’appréhender Debronckart, et ses chansons, et se sont réunis les 27 et 28 octobre sur la scène du Forum Léo Ferré, avec Nathalie Fortin, et Clémentine Jouffroy, pour faire entendre les multiples facettes-amoureuse, acide, engagée- de cet auteur-compositeur longtemps sous-estimé.

Après le calendrier des concerts à venir de Thomas Hellman, qui sera, entre autres dates, au Sémaphore de Cébazat le 2 avril 2019, et avant l’annonce de l’intégrale des enregistrements studio de Jean-Michel Caradec, 117 titres réunis, et un livret de 32 pages, chez EPM Musique, le billet  Rosbif saignant de Mad qui a fort heureusement rendu son papier à temps !  : La littérature, c’est comme la confiture…

NDLR :Toute ressemblance avec les personnes nommées ne saurait être qu’une approche chafouine du lecteur.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les Ceausescu hexagonaux, ainsi surnommés au sein de la rédac’ parce qu’ils font plus que te mettre la tête au carré si t’as le malheur de rendre ton papier en retard… Big Dave et Flavix, donc, pour les intimes de la Blackroom, cela va sans dire, ont tendance à se la jouer littéraire avec un grand L…

Si vous voulez lire la suite de ce billet saignant,  si vous voulez en savoir beaucoup plus sur tous ces sujets, tous ces artistes, alors abonnez-vous, réabonnez-vous, parce que, quand même, l’idée que demain, nos mooksquetaires soient contraints de jouer à la pétanque, ça fout les boules.

 

Danièle Sala

Chanson Plus passe à table !

15 Nov

L’académie MGM*  option chanson, a décerné à l’unanimité les 3 étoiles Spectacle/Chanson aux trois maîtres queux haut de gamme de la nouvelle chanson en cuisine, et réciproquement.

On ne redira jamais assez les grandes qualités vocales  de ces trois baladins format MSX**, qui voltigent avec un égal bonheur dans le répertoire de Francis Natra, Lucas Stafiore, Edmond Santo, Guy Phosate, Roberto Alanoix ou Xaviero Pava-Roesti, (ou plutôt Xavier Pavé-Roti) ou peut-être Roberto Raymond, on ne sait plus exactement qui est qui dans ce carrousel de personnages hilarants et truculents … Avec une bonne cuillerée d’Aznavour, une louche de Brassens, et quelques autres épices de nos meilleurs tribuns nationaux, ou de chants et chorégraphies basques.

Une fois esquissé ce menu de gala, de fête rieuse et joueuse, signalons que nos trois marmitons  facétieux savent aussi faire des contre pieds,  avec « Le pêcheur de pibales » que Victor Hugo n’aurait pas renié dans « ‘Les travailleurs de la mer ».  Et surtout, surtout cette anecdote, où après avoir vainement attendu, dans leur fief du Sud,  un journaliste de Paris qui n’est pas venu, malgré les fougasses, la tapenade,  quelques chopines de nectars locaux, le Pic St Loup, le Fougères ou le St Chinian, et autres succulences locales qui attendaient sur la table, il n’était pas au rendez-vous de janvier;  et au final cher public c’est un peu de Lacrima Christi qui  vous viendra avec cette chanson dédiée à Charlie***. Vous en saurez plus sur ce moment de spectacle qui laisse le public subjugué, mais uniquement en spectacle pour le moment.

Il a beaucoup été écrit sur leur art du détournement de chanson. Une des citations les plus pertinentes est signée Bertrand Dicale,  Un nez rouge à la chanson française, et pas n’importe lequel, une sorte de nez rouge étalon, référence majeure d’un art poétique et joyeux qui aura renouvelé pour longtemps l’art de la parodie chantée.

Car s’il peut être question de parodie, c’est toujours d’une extrême drôlerie, sans méchanceté, ni mépris pour des tubes emblématiques accommodés façon Bocuse et Marx Brothers réunis un jour de Beaujolais nouveau .

Pour les dates , jusqu’à la fin de l’année,

voyez ici clic sur le rideau–>

 

 

 

Il y a aussi un album en vente libre dans tous les bons établissements (avec la participation de Murielle Lantignac dans « ‘Le duo du camembert »  et de Florian Laconi, dans « Spaghetti bolo »,  une comédienne et un ténor  italien, ne nous privons pas du meilleur…

Le voila –> clic sur la couv’,  et MistiMusisShop livrera.

 

 

 

Et pour quelques images de plus,

 

 

  • *MGM  Michelin Gault&Millau
  • ** MSX  Michel P.  Sylvain R., Xavier C
  • *** Charlie, janvier 2015

 

Norbert Gabriel

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