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Les Chansons du Dimanche…

20 Sep

Communiqué des activistes passionnés de la chanson,

qu’on se le dise !

A vous, amis de la chanson :

Photo NGabriel

Anne-Claire, Anne-Marie, Cristine et Francis vous proposent de nouveaux rendez-vous  « Les Chansons du Dimanche » au Théâtre Clavel, sur les hauteurs de Belleville…

Une façon de prolonger les « Lundis de la Chanson » du Vingtième Théâtre (à présent fermé…) qui auront été, quinze années durant, des rencontres incontournables  avec des auteur-e-s, des vrai-e-s, sans fard ni artifice, de tout de qui fait la chanson française.

Ils écrivent, ils regardent le monde tourner, les Hommes changer, et partagent leurs regards graves ou amusés…

Ils composent des musiques, des refrains qui collent aux mots et nous entraînent dans les jaillissements de leur univers…

Ils donnent et nous prenons pour faire chanter, ensemble, les couleurs d’un nouvel arc-en-ciel…

Alors, entrez dans la danse, et venez voir ou revoir certains qui n’ont pas été invités depuis longtemps, mais aussi découvrir deux artistes que nous ne vous avons jamais présentés et qui n’ont rien à envier à leurs pairs…

Vous trouverez en pièce jointe l’affiche de notre premier rendez-vous, le dimanche 8 octobre, avec Michel Boutet, dans son spectacle de chansons.

Pour en savoir davantage sur l’artiste, c’est ici : http://www.michel-boutet.com

Si vous voulez être régulièrement informé, vous pouvez aussi vous inscrire sur notre page Facebook, c’est là : https://www.facebook.com/groups/chansonsdudimanche/

Rendez-vous suivant : le dimanche 12 novembre, avec Bruno Daraquy qui chante et dit François Villon.

Le Blog du Doigt dans l’Oeil

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Musicalarue : Miren et Emma ont rencontré Joke Box…

19 Sep

Un juke-box des années 70 crachant une base rythmique sur laquelle voyagent des riffs et des solos de guitare fidèles au son et à l’esprit de l’époque et un chant rauque et viril interprétant des classiques du Rock anglo-américain, et tout ça en spectacle rue : tel est le concept original et délicieux du groupe Joke Box. Binôme de musiciens, Jack au chant et Hervé à la guitare, complété par un troisième membre faisant office d’ingénieur son en temps réel, Bertrand, Joke Box forme un trio de « faux frères », à l’instar de La Maison Tellier, invité à Musicalarue pour animer les rues de Luxey et faire danser les gens durant plusieurs sets d’une trentaine de minutes pendant les trois jours du festival. Et il y en avait des gens qui dansaient -y compris en fauteuil roulant-, des passants happés par l’ambiance rock’n’roll du spectacle, un auditoire grandissant entre les changements de plateau, et même parfois à l’ombre de grands concerts qu’une partie du public désertait par lassitude, pour venir retrouver le sens et les saveurs de la musique et de la fête avec Joke Box et ses reprises des Doors, Led Zeppelin, Deep Purple, The Who entre autres. Le fait que l’on quitte sans regret un concert de Trust pour venir s’enjouer jusqu’aux dernières notes d’une performance de rue alternative, ne semble-t-il pas suffisamment significatif de ce qui se passait là ? De toute évidence quelque chose qu’il n’y avait pas ailleurs! Lequel du naturel, de l’énergie, de la proximité ou de l’authenticité du groupe touchait le plus les festivaliers ? Sans doute tout cela à la fois.  Carton plein pour Joke Box, qui acceptait de nous accordait un entretien, entre deux concerts.

 

– Bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Comment est né le projet de votre groupe ?

– Hervé : On s’est rencontrés à la Poste de St Gilles Croix de Vie. Jack allait poster un courrier, et je lui ai proposé de chanter des chansons des années 70, du Pink Floyd, Led Zeppelin, Deep Purple, etc… Il a essayé et on a monté ce groupe. Comme il nous fallait un professeur d’Anglais, Bertrand nous a rejoints, qui est devenu notre sonorisateur. Il n’avait jamais fait ça avant.

– Bertrand : En fait je suis potier-céramiste de métier, mais cinglé de musique.

– Hervé : On se connaissait parce qu’on est du même patelin, et puis on exerçait le même métier, mais dans des registres différents, comme guitariste et chanteur. Et on s’est rejoints sur ce projet là. J’avais été chanteur pendant pas mal d’années, au sein de mon groupe Vaguement La Jungle [http://www.vaguementlajungle.com/] ; on a d’ailleurs fait plusieurs éditions de Musicalarue, mais sur les grosses scènes. On avait signé un album avec Sony/BMG ( Hervé Bergerat ), qui nous avait ouvert pas mal de portes. Donc on a fait plusieurs scènes, comme les Francofolies, et un peu le tour du monde, mais on ne s’est jamais pris pour des stars. Il faut rester à sa juste mesure, parce qu’on peut vite péter les « boulards » dans ce métier là. Mais on était proches de la cinquantaine, donc ça aide à relativiser les choses. On a connu Matmatah tout au début d’ailleurs on devait jouer un morceau avec eux, mais nous sommes restés finir nos verres au bar ; dans la vie y’a des priorités. J’ai fait ça pendant 16 ans, et puis j’ai arrêté il y a moins d’un an. Et ce nouveau projet est vraiment un groupe de base, parce qu’on joue dans la rue. On ne joue que des reprises anglo-saxonnes du Rock des années 70, ce qu’on écoutait dans les juke-boxes quand on était petits.

 

– Est-ce de là que vous est venue l’idée de jouer avec un juke-box et prendre un nom qui y fait référence?

– Jack : On est de cette génération qui allait boire des bières dans les bars et découvrait plein de trucs dans les juke-boxes. Donc on se ballade avec un juke-box hérité de nos parents, qui est le seul héritage qu’on a eu. On est devenus trois frères, et on a hérité de ce juke-box qui est notre seul gagne-pain.

– Hervé : C’est un vrai juke-box des années 70. Et le nom du groupe, c’est en référence à « joke » qui signifie « blague » en Anglais, parce que l’idée, c’est de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux . Tous les gros sons de basse-batterie-claviers sortent du juke-box, ce sont en partie les vrais sons d’origine, et on interprète chant et guitare dessus. On a fait certains sons, mais d’autres ont été récupérés sur internet. On peut capturer ça dans des banques de son, après il suffit de trafiquer un peu, en mettant des intros, en arrangeant à notre sauce. Dans le groupe où j’étais avant, je faisais trompette, chant et banjo, mais c’était simple, car très acoustique. Là, j’utilise un tas de pédales pour le son de ma guitare ; c’est le plus compliqué.

 

– Le juke-box n’a-t-il pas autant un rôle dans la mise en scène qu’une fonction logistique et musicale ?

– Hervé : Au départ on avait prévu des histoires comme mise en scène, mais ça ne sert à rien. D’abord parce qu’on n’a pas le temps, on enchaine les morceaux, et puis parce qu’en fait la mise en scène est déjà là, en effet.

– Bertrand : Le seul truc qui nous lie et qu’on garde, c’est cette histoire de dire qu’on est trois frères, qu’on improvise si nécessaire, si on a un petit trou.

– Hervé : On a même imploré notre maman, qui est au ciel !

– Jack : She’s dead !

– Hervé : L’autre truc de la mise en scène, c’est que Jack a récupéré les accents anglais et américain, et par exemple s’il y a un intermède, il essaye de parler français avec un accent anglais. L’autre jour, il y a même un garçon qui est venu me voir en me demandant s’il était anglais. Moi, je parle en français, et si je casse une corde ou que quelque chose arrive, c’est Bertrand qui intervient, parce qu’il parle couramment anglais.

– Jack : C’est ça qui est quand même marrant : je suis une burne en Anglais et c’est moi qui chante, alors que Bertrand parle complètement Anglais ; d’ailleurs il m’a donné des cours pour avoir les accents.  

 

– Comment êtes-vous venus à la musique ?

– Jack : Le chant et la comédie, c’est vraiment ce qui m’a porté. Je suis comédien et j’ai travaillé avec des clowns. Mais le chant m’a toujours tenté. Quand j’étais gosse, je voulais être comédien ; j’étais collé devant la télé, et en émoi devant les films de Maurice Chevalier. Naturellement mes parents ne voulaient pas. Mon père voulait que je sois chauffeur routier comme lui !

– Hervé : Idem pour moi. J’aurais voulu une guitare dans mon enfance, mais mes parents n’ont jamais voulu. Alors arrivé au lycée, à 16 ans, l’âge où tu te rebiffes, j’ai appris avec un copain qui en avait une. Et puis à 18 ans, je suis parti sur Paris, et j’ai rencontré plein de monde. Et ça a été le bonheur. J’ai donc appris en autodidacte, même si j’ai pris des cours de piano ensuite pour savoir lire la musique,  je faisais tout à l’oreille.         

 

– Jouer dans les rues était-il le concept du départ du groupe ou est-ce quelque chose qui s’est imposé pour des raisons pratiques?

– Hervé : Au départ, on ne savait pas trop ce qu’on allait faire, pas forcément des scènes. Jouer dans la rue a été un choix, pour la proximité. On aime bien le contact. Je ne bouge pas trop, parce que je dois gérer le son avec mes pédales, et il faut équilibrer le son selon les morceaux. L’idée première était de jouer dans des festivals pendant les intermèdes, entre les changements de plateaux des artistes. On joue plusieurs sets d’une demi-heure chacun, comme font les fanfares. La différence est que nous jouons des choses qui ne se jouaient pas dans la rue communément : d’habitude, il faut être nombreux et ça joue en acoustique. On a pris le pari de jouer du Rock, les bases rythmiques dans le juke-box, les chœurs et autres dans mon i-phone et envoyé sur la tablette de Bertrand qui mixe le tout. Le résultat est assez bluffant.

– Jack : C’est une configuration, on a aussi la possibilité de faire un vrai concert de 2h/2h30.

– Hervé : C’est l’idéal, parce qu’on a de quoi faire un concert de 2h30, avec une progression. Là, on joue des sets d’une demi-heure, il faut rentrer tout de suite dans le vif du sujet. On ne peut pas prendre le temps d’imposer une ambiance avec du Pink Floyd par exemple. Mais il y a un côté spontané et proximal que j’adore. En plus, Jack a un micro HF, donc c’est pratique : hier y avait une fille qui se collait à lui !

 

– Comment vous êtes-vous retrouvés à Musicalarue ?

– Hervé : Comme je te l’ai dit, j’ai fait pas mal de fois ce festival, donc j’ai rappelé le président François Garrain, qui m’a renvoyé vers Bastien Perez qui gère la programmation. J’ai insisté un peu en leur demandant s’ils avaient déjà eu un spectacle de rue dans ce genre, qui joue du rock électrique ; et comme c’était nouveau pour eux, on a décidé de tenter le coup. On a 6 clips vidéos qu’ils ont pu visionner et ils nous ont invité. Ils nous ont proposé de jouer lors de l’évènement « Sur un Plateau » avant, et on a fait un carton. Jack était obligé de chasser les gens avec le pied de micro, pour ne pas qu’ils s’approchent trop du matériel et risquent de l’abimer. Merci à Bastien Perez de nous avoir accordé sa confiance

– Jack : Il voulait de la proximité, il en a eu !

– Hervé : J’ai pris peur, avec des gens qui s’approchaient des pédales avec leur verre de bière ; on ne sait jamais. Et puis on a compris que c’était nous qui provoquions ça, cette ambiance rock’n’roll. Donc il faut assumer.

– Jack : Dans l’inconscient collectif, ce sont des morceaux hyper connus, donc qui parlent à tout le monde.   

 

– Comment s’organisent les répétitions pour ce genre de prestation de rue ?

– Jack : La meilleure répétition que tu peux faire, c’est en concert, parce qu’il y a rien de tel que jouer devant un public pour perdre toutes les paroles dans ta tête ! S’il se passe un truc, une fille qui vient te voir, un type qui renverse son verre de bière, etc… il ne faut pas perdre le fil, et c’est compliqué. Donc il faut roder ça dans les bistrots.

 

– Envisagez-vous un enregistrement ou le groupe est-il purement voué à une vie scénique ?

– Jack : C’est sans prétention. Ce sont des reprises de chanson. Donc est-ce que ça vaut le coup de réaliser un enregistrement ? A moins d’aller ensuite vers un répertoire de composition. Mais c’est une autre démarche. On l’a déjà fait chacun de son côté avant. Mais ce n’est pas notre propos.

– Hervé : Et puis ça demande beaucoup plus de travail. Après ça devient une machine, dans la fabrication et dans la réalisation du projet, mais pourquoi pas, en tout cas il ne faut jamais dire jamais … 

Lien,  clic on the Wurtlitzer  —->

 

Miren Funke et Emma Pham Van Cang

Photos : Carolyn C (1 ; 2 ; 4 ; 5 ; 6 ; 8 ; 9), Miren (3 ; 7)

 

Musicalarue : rencontre avec Un Air Deux Familles

17 Sep

Entretien réalisé par Miren Funke

 

Des artistes familiers de Musicalarue, les membres des Hurlements d’Léo sont sans doute parmi ceux qui ont le plus étrenné les scènes et arpenté les rues de Luxey. Présents l’an dernier dans le cadre de la tournée de leur album d’hommage « Les Hurlements d’Léo chantent Mano Solo », pour un concert après lequel le contrebassiste Renaud nous avait accordé un entretien [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/?s=les+hurlements+d%27leo&submit=Recherche], ils étaient de retour, éparpillés ou réunis au sein de divers groupes : Télégram, fondé par le chanteur et guitariste Laurent (Kebous) et le violoniste et multi-instrumentiste Vincent, et Un Air Deux Familles. Cette dernière formation, sous le nom de laquelle fusionnaient il y a quinze ans Les Hurlements d’Léo et Les Orges de Barback, pour la sortie d’un unique album éponyme et l’aventure collective d’une tournée de plusieurs mois sous chapiteau -le « Latcho Drom »- à travers l’Europe de l’Est, et dont l’existence était restée en suspens depuis (à l’exception de quelques dates en 2007), avait laissé à chacun des groupes, ainsi qu’à leurs publics, la richesse d’une expérience exceptionnelle, tant artistique qu’humaine, et sans nul doute des souvenirs intenses. Une décennie et demi plus tard, 2017 sonne l’heure de la reformation, par une courte série de concerts au départ, qui débouche finalement sur un enregistrement, « Latcho Drom live 2017 », et la planification d’une tournée faisant escale au festival dimanche 13 aout, pour un concert jovial et sans économie d’énergie humaine. Quelques heures auparavant Laurent des Hurlements d’Léo et Fred des Orges de Barback répondaient à quelques questions.

Cet entretien fut mené en conférence de presse avec Radio UPM de Pau.

 

– Bonjour et merci de nous recevoir. L’an dernier, chacun de vous était présent ici : Fredo chantait Renaud et Les Hurlements d’Léo chantaient Mano Solo. Cette année vous voilà rassemblés à nouveau au sein de l’aventure commune Un Air Deux Familles qui vous avait liés il y a quinze ans. Comment est venue l’idée de cette reformation ?

– Laurent : R1 a quitté Les Hurlements pour aller s’occuper de son projet personnel, Wallace, en cours de route, et j’avais alors appelé Fred pour lui demander de venir chanter avec nous lors de la tournée de reprises de Mano Solo, parce que j’ai toujours été habitué à partager le chant avec quelqu’un. Comme on partageait une chambre, un soir on a discuté de ce projet commun qu’on avait laissé en plan il y a quinze ans, et décidé qu’on se ferait bien quelques dates, si ça avait encore un écho dans la tête et le cœur des gens. Il en a parlé avec ses frères et sœurs, moi avec les gars. On a mis des places en vente pour 5 concerts, qui se sont vendues très vite. Les gens nous ont envoyé tellement de bienveillance et d’énergie, et étaient tellement à fond, qu’on s’est dit : « on y va ! ». Les Ogres et les Hurlements sont toujours tellement en avance d’une idée, enfin c’est-à-dire que lorsqu’on est sur un projet, on pense déjà à celui d’après, qu’il ne s’agit vraiment pas d’un manque d’inspiration. C’était vraiment une envie de se retrouver.

– Fred : Durant la tournée qu’on a faite avec les Hurlements, on s’est vus pleins de fois. On a passé trois mois en Europe de l’Est ; on a fait des chapiteaux en France. C’était très intense, avec 25 personnes sur la route. On était très contents de la faire. Comme on dit, on n’a pas fait l’armée ; on a fait le Latcho Drom ! Donc on était contents que ça s’arrête aussi. Pas parce qu’on ne voulait plus se voir, mais parce qu’on voulait se revoir dans d’autres conditions. Et on n’en parlait pas trop, car on ne voulait pas que ce soit un sujet nostalgique entre nous : c’était très bien, mais c’était bien de passer à autre chose aussi.

 

– Avez-vous réussi à vous retrouver avec la même envie qu’il y a quinze ans pour travailler ensemble, bien que vos vies respectives aient évolué ?

– Fred : On a pris de la bouteille. Donc, on est arrivé en répétitions, avec les morceaux déjà choisis. C’est une autre aventure. Aujourd’hui, on se concentre plus sur la scène et le plaisir d’y être que sur toute l’organisation qu’on gérait avant. Le premier Un Air Deux Familles était parti avec un chapiteau, et on s’occupait de tout : les entrées, la logistique, la sécurité, je conduisais même le poids lourd… On était multifonction.

 

– Comment s’est passée la sélection des titres ?

– Laurent : Pour les nouvelles chansons, ça s’est passé comme d’habitude. On a chacun amené des choses, et on a tout mis sur la table. On était d’accord sur les sujets de chansons ; il y avait une échéance politique.

 

– Comment avez-vous ressenti cette élection justement ?

– Laurent : Comme tout le monde ! Mais je ne m’en occupe plus trop. Ça me dépasse.

– Fred : Avec les Ogres et les Hurlements, on a quand même un engagement depuis le début de notre carrière, si on veut appeler ça comme ça. Mais c’est un engagement au jour le jour, pas uniquement en période électorale. C’est pour ça que même quand on gueule sur scène « la jeunesse emmerde le Front National », on y croit avec nos tripes. Mais après le concert et les élections, on reste encore engagé dans le milieu associatif et indépendant. Depuis le début dans notre métier, on est à cheval sur pas mal de choses : le prix des places, des disques ; on ne joue pas pour n’importe qui, ni n’importe où. Ça peut paraitre anodin, mais c’est très important pour nous. Parce que du coup quand on monte sur scène, on se sent très bien, parce qu’on n’a pas fait « d’arrangement ou de grimace » comme disent les frangins de Zebda. On n’est pas tous les jours dans la rue comme ceux qui organisent les manifestations ; on n’est pas une association politique. On est plutôt une association humaniste. Quand il arrive un truc comme ça, c’est toujours la même question qui nous tient. Après notre rôle, bien sûr c’est de dire au gens que le Front National n’est pas la solution. Mais s’il arrive à faire 55% dans certaines villes ou régions, c’est qu’un certain fossé s’est creusé, qui reste complètement inexplicable pour nous. Et je ne pense pas qu’on soit dans des sphères lointaines ; on n’est pas des nantis. Souvent la réponse à ça est de dire que les artistes sont des « bobos » et ne vivent pas dans le même milieu que les Français. J’habite à Cergy-Pontoise dans un quartier, et je ne suis pas complètement déconnecté de la réalité. Pour moi, il n’y a même pas de discussion à avoir avec le Front National ; c’est niet.

– Laurent : On est des artisans : on veille à ce que le pain soit bien fabriqué, car on veut le partager avec des gens, pour la joie et la bonne humeur, pour voyager. Il est évident que de moins en moins d’artistes prennent la parole, parce que ce n’est pas bon pour le business : si ton auditoire est composé de gens qui votent En marche, tu ne peux pas leur raconter n’importe quoi, parce que tu veux continuer à avoir du monde dans la salle quand tu joues. Nous ne sommes pas des artistes ; nous sommes des artisans. Il n’y a rien d’exceptionnel à ce qu’on fait. Tout ça est un accident, un accident heureux, mais un accident.

 

– Il y a eu beaucoup de collaborations de part et d’autre dans vos carrières. Qu’est-ce qui a fait que c’est avec Un Air Deux Familles que l’histoire s’est refaite ?

– Laurent : Au départ, on n’a pas fait ça pour gagner de la caillasse. Le premier billet d’avion que j’ai eu dans la main, ce ne sont pas mes parents qui me l’ont payé : c’est la musique qui m’a fait voyager. C’est un passeport de pouvoir être musicien et voyager avec sa musique ; ça transporte. Et ça forge un état d’esprit ; on comprend mieux ce qui se passe à l’extérieur et on voit ce qui se passe ailleurs, donc on est plus armé et on a plus de recul.

– Fred : Les Ogres et les Hurlements, quand on se rencontre, une espèce de fusion se crée. Il n’y a pas eu que nous sous le chapiteau : il y a eu Debout sur le Zinc, La Rue Ketanou. Mais entre nous ça a été particulier. C’est pour ça que le nom Un Air Deux Familles est super bien trouvé. C’est Zébulon [Raphael, ancien violoniste des Hurlements] d’ailleurs qui avait trouvé ça. C’est vraiment ça : quand on s’est croisés, on s’est reconnus. Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça, mais on aurait pu leur proposer : « tiens, est-ce que demain matin, vous partez avec nous en Europe de l’Est pendant trois mois ? » ; et ils nous auraient répondu : « à quelle heure on part ? ». Tous les autres frangins ont fait partie de l’aventure pour acheter le chapiteau, mais avaient plein de choses prévues. Alors que Les Hurlements ont lourdé l’espoir d’avoir une maison de disque pour partir avec nous.

– Laurent : Si on écoute les albums séparément, la musique des Ogres et celle des Hurlements d’Léo ne se ressemblent pas tant que ça. Ce que les Ogres ont, on ne l’a pas ; et ce qu’on a, ils ne l’ont pas. C’est ce qui a fait qu’on s’est rapprochés ; parce que si on avait été vraiment dans la même instrumentation, on n’aurait pas pu se rencontrer. C’est notre différence aussi qui nous a rapprochés. Et on a chacun fait des choses entre temps, et on s’est retrouvés à des moments clés de l’existence : des mariages, des décès, des anniversaires.

 

– Le Plaisir sur scène est-il intacte quinze ans après ?

– Fred : Ça faisait partie de la condition. Quand on est sur scène -et on se le dit parce que tout le monde n’a pas forcément le même nombre d’années d’expérience-, on monte sur scène jusqu’au dernier souffle. On donne tout ce qu’on a, parce qu’on va faire 15 ou 20 dates cet été, et on n’est pas là pour faire du réchauffé.

– Laurent : La joie est intacte ; on en profite. C’est comme se retrouver à une teuf pour célébrer un gros anniversaire. C’est l’effet que ça me fait. C’est aussi un pied de nez à ceux qui pourraient se demander pourquoi on fait ça : parce qu’on en a envie ! Des fois on a juste envie de faire des choses pour les faire, parce que ça fait plaisir. Et on se rend compte que ça donne aussi du plaisir à des gens, parce que ce qu’ils nous renvoient est énorme. On sort de scène avec une grosse émotion.

– Fred : On est sortis des 5 dates de concert bouleversés, parce qu’on avait l’impression à chaque fois qu’il y avait 1500 personnes qui avaient l’impression de retrouver de vieux potes, et qui chantaient tout par cœur.

 

– Les autres projets sont-ils en stand by ?

– Laurent : Non. Les Hurlements vont mixer un album la semaine prochaine qui sort en 2018. On va fêter nos 20 ans à l’automne. Les Ogres aussi ont plein de choses en préparation. C’est clair que si les Hurlements d’Léo avaient toujours voulu faire la même salade, on n’existerait plus. Chacun allait se nourrir ailleurs, pour retrouver les autres et avoir des choses à se proposer, et qu’on se regarde de nouveau avec un regard tendre et curieux. Et c’est génial de pouvoir faire plein de choses avec d’autres gens.

– Fred : Je joue « Fredo chante Renaud » quand mes sœurs tombent enceinte ; il faut bien que je m’occupe un peu ! Et il y a un disque de reprises de Pierre Perret, avec d’autres artistes, comme Flavia Coelho, Féfé, Loïc Lantoine entre autres, qui va sortir en octobre sous le nom de « La Tribu de Pierre Perret ». Quand on a monté le chapiteau, on avait deux albums auto-produits, mais distribués chez Pias, et lorsqu’on leur a dit que pour le troisième, on voulait sortir un album sans nom, avec juste des lives et des reprises, ils nous ont répondu que c’était impossible, que ça ne se vendrait jamais. Et quand on a dit qu’en plus on partait trois mois sous chapiteau avec Les Hurlements, faire le tour de l’Europe, Pias ne voulait pas nous suivre sur un projet pareil. Donc on a créé le label Irfan pour sortir ça, et on a eu l’idée de sortir Un Air Deux Familles sur ce même label pour payer notre tournée. Depuis Frédéric Fromet nous a fait le cadeau de venir sur notre label, et ça a boosté pas mal, puisqu’il a quand même une belle promo, comme il est sur France Inter tous les jours.   

 

– Lors de l’entretien que Les Hurlements nous avaient accordé l’an passé ici même, Renaud nous disait que la tournée de reprises de Mano Solo drainait vers le groupe une partie du public du chanteur qui n’était pas forcément un public acquis aux Hurlements avant. Sentez-vous que ces gens ont continué à vous suivre ensuite ?

– Laurent : Oui, je pense qu’ils ont continué à nous suivre, en tous cas je le souhaite. La fusion de ces deux publics, celui de Mano Solo et le notre, était vraiment chouette. C’est là que j’ai commencé à comprendre que les gens pouvaient vieillir avec notre musique. Nous, sur scène, avons le même âge que ceux qui sont dans la fosse désormais, et ça amène autre chose dans la façon d’appréhender les choses et de les proposer.

 

– Melissmell qui est venue d’ailleurs interpréter un moment de musique avec vous lors de ce concert, nous a confié qu’elle monterait sur scène demain lors du concert de ton autre groupe, Télégram. Vous ne vos quittez plus ! Comment avez-vous croisé sa route ?

– Laurent : Je ne la connaissais pas spécialement, mais quand j’ai fait le tour des artistes avec qui nous pourrions interpréter des duos sur notre album « Les Hurlement d’Léo chantent Mano Solo », j’ai pensé à elle. Je l’ai contactée, mais elle n’avait pas bien compris la démarche au début. Je lui ai expliqué, et il s’est passé quelque chose ; elle s’est laissé faire. Mélanie, c’est quelqu’un qu’il faut dompter : c’est une lionne. Elle est venue avec ses musiciens, et on a passé un très bon moment. Elle a enregistré une très belle version de « La Rouille ». C’est une interprète exceptionnelle. C’est quelqu’un qui a une très forte émotion dans sa proposition de chant. Et je suis ravi de l’avoir rencontrée grâce à Mano.

 

– Qu’écoutez-vous en ce moment ?

– Fredo : Pas mal de choses. Ce n’est pas le style qui compte pour nous ; c’est la manière dont est faite la chose. On peut avoir un groupe de Trad et qui est rock’n’roll dans la tête.

– Laurent : J’écoute beaucoup Calexico, et de plus en plus de Musiques du Monde, grâce à une application sur le téléphone qui s’appelle « RadiOOOOO», dont le principe consiste à choisir une année et un pays du monde, par exemple l’Algérie en 1962, et tu peux te retrouver à écouter ce qui s’écoutait à l’époque là bas.

 

Lien : Les HDL,  c’est là, clic —>  

Et Les Ogres, c’est ici  ——>

Miren Funke

Photos : Miren (1), Benjamin Pavone (2 ; 3 ; 6 ; 9), Loic Cousin (4 ; 5 ; 7 ; 8)

Sarclo a ses règles, bonus final..

17 Sep

Après la série qui vient de se terminer avec 7 publications quotidiennes du 11 septembre au 17 septembre, terminons par un bonus qui ajoute quelques points de vue complémentaires…

Ce que disait Moustaki, (Questions à la chanson)

Un aphone inculte, par sa seule sensibilité et son lyrisme naturel peut émouvoir. Mieux que la voix ou le cerveau des plus cultivés

 

Suite et fin des discussions FB.

Pierre Delorme : Après les règles et contre-ordre de Sarcloret, puis le point de vue de Guy Béart sur les « grandes chansons », voici celui d’ Alain Souchon:
« Les chansons ne sont pas faites pour être lues, mais écoutées. Distraitement. C’est la musique qui peut accrocher l’oreille et faire entendre les paroles. Les paroles sont derrière, en second plan.
On peut en lisant s’apercevoir que les chansons disent toujours les mêmes choses : que l’amour est difficile, que le temps passe vite, que ce qui est passé est enjolivé, que le monde est mal fait. Tout cela peut être dit de manière provocante, poétique, niaise ou neutre, c’est selon la personnalité de l’auteur
 » (Préface de «C’est déjà tout ça », Ed. Point virgule 1993)

Gilbert Laffaille Bien sûr, écoutées avant tout. Mais pour les jouer il faut bien pouvoir lire les paroles et la musique. Et quand il s’agit d’un auteur qu’on apprécie on a plaisir à voir réunis ses textes dans un livre, au format plus agréable que le livret d’un CD.

Pierre Delorme Ce qui me semble intéressant dans son point de vue est le caractère secondaire qu’il donne aux paroles (qui disent toujours les mêmes choses). C’est une manière de voir.

Marc Servera Aznavour dit que la musique est ce qui fait venir les gens, le texte ce qui les fait rester. Ça relativise un peu le « second plan » de Souchon.
Ce qui est sûr est qu’il est des tubes sans texte, aucun sans mélodie, ce qui tend à démontrer l’importance clé de la musique. Elle est un peu la locomotive sans laquelle les wagons chargés des mots les plus beaux peinent à rejoindre leurs destinataires.

Gilbert Laffaille C’est un peu une coquetterie il me semble. Lapointe, Caussimon, Ferré, Leclerc, Dylan, Annegarn et Desjardins ne disent pas les mêmes choses et pas de la même façon.

Pierre Delorme Oui, une coquetterie, sans doute, mais Brassens aussi expliquait que les gens venaient à ses textes grâce à la musique. C’est un peu la même chose, je crois, que veut dire Souchon. Toute une génération de chanteurs dits « à texte » a d’ailleurs tout misé sur les qualités des paroles, en négligeant trop la musique, ce qui est, à mon avis, une des raisons qui ont fait qu’ils n’ont pas rencontré le grand public et le succès.

Gilbert Laffaille Je suis d’accord. Les paroles, la mélodie mais aussi tout ce qu’il y a autour: l’arrangement, le propos, le style, l’âge, l’allure, l’adéquation à une époque, le son, l’air du temps, les médias etc. Brassens en son temps était bienvenu, Dylan aussi.

Gilbert Laffaille Bienvenus dans le sens où ils ont mis un bon coup de pied dans la fourmilière et fait scandale en leur temps.

Pierre Delorme Il semblerait qu’aujourd’hui le « personnage » soit largement aussi important (voire plus) que les paroles et la musique.

Pierre Delorme J’ai entendu « M » dire qu’il avait commencé par travailler son « look » avant d’avoir écrit ses chansons. 🙂

Gilbert Laffaille Oui l’apparence et le son. Ce qui n’empêche pas M d’être un excellent guitariste !

Pierre Delorme Tout dépend de ce qu’on appelle un excellent guitariste. 🙂

Gilbert Laffaille Dans son genre pop-rock je trouve qu’il est bon.

Sarclo Ret Souchon a une plume splendide, et il la joue modeste. Il veut déléguer le beau rôle à Voulzy… Bien sûr que chacun fait l’un et l’autre le mieux qu’il peut. Chez Souchon, on a l’impression qu’il cache des chansons dans de la variété parce qu’il sait que les médias n’aiment pas la chanson. Pour ma part si j’ai baratiné sur le textes, on aura compris que c’était parce que mes musiques n’ont aucun intérêt…

Pierre Delorme Le problème des musiques en chanson n’est pas forcément l’intérêt mais plutôt la cohérence avec le texte . De toute façon, les auteurs-compositeurs qui peuvent se targuer de composer des choses vraiment intéressantes se comptent, à mon avis, sur les doigts d’une main.

Sarclo Ret Oui.
Des bouts de textes comme ceux de Béart ou Souchon… C’est chouette ! Est-ce qu’il y en a beaucoup d’autre? Ça mériterait d’être rassemblé.

Pierre Delorme Je ne sais pas, ça doit se trouver en cherchant bien… 🙂

Pierre Delorme Il y a aussi cette courte phrase de Brassens, qui à mon avis dit pas mal de choses :  » «Même si on écrit des conneries, il faut poser les trois mots qu’il faut sur les trois notes qu’il faut. C’est un don. Les plus grands poètes ne l’ont pas forcément. »

 

Et pour terminer,   Pierre Barouh (citant Cocteau)

Qui sait écrire ? C’est se battre avec l’encre pour tâcher de se faire entendre.
Ou bien l’on soigne trop sa besogne ou bien on ne la soigne pas assez. Rarement on trouve l’entre-deux qui boite avec grâce.

 

Le Blog du Doigt dans l’Oeil

Sarclo a eu ses règles, voici les trois dernières…

17 Sep

PhotoNGabriel2013

Sarclo a eu ses règles. Ça va mieux… Bien sur y a pas de recettes pour faire une jolie chanson, ni pour en faire une belle. Y a juste quelques conneries à savoir, à entrevoir pour éviter le ridicule. Je vous fous la paix un moment, je suis au bout de mes sottises. là je compile tout ça, avec les réactions, et on peut avoir toutes les chicaneries d’un coup…

Huitième règle : LA MUSIQUE COMPORTE AUSSI QUELQUES CLICHÉS, ET ÉNORMÉMENT DE PONCIFS. Ils sont à éviter. 

Cette règle est suggérée par Manu Galure qui nous déclare : 
« Personnellement, je ne supporte pas d’écouter une chanson pour la première fois et de retrouver la grille d’accords du premier coup. Pire, il m’arrive pendant la première écoute d’une chanson de chanter la fin d’un couplet, un break, un changement d’accord, juste parce que j’ai vu arriver l’effet gros comme un mammouth dans le cul d’une nonne.
Tout le monde n’est pas Kurt Weill, mais si avant d’écrire une musique, les chiens la sifflent déjà, autant dire que pour moi, ça n’est pas une chanson, c’est une merde
. »

Contre-ordre : the very secret John Lennon chord progression… enfin révélé, le secret de « Workingclass Hero » un la mineur suivi d’un sol suivi d’un la mineur, suivi d’un sol, etc. le battement interminable de ces deux accords suffit à garder la tension de la chanson d’un bout à l’autre. Chef d’œuvre.

Neuvième règle : c’est le bordel. Bonne bourre. Faites ce que vous voulez.

Fred Daubert Merci ! 😉

Valérie Bour Vivement l’ovulation !

Sarclo Ret Aucune chance. L’andropause est intervenue avant que je me fasse baiser. Je t’en aurais gardé un…

Pierre Ganem J’adore, pis on est pas payé pour être cohérent, ca se saurait !

Jean-Pierre Lombard J’ai raté les premières règles…C’est super. Merci.

Gaël Turlan Les règles sont déjà finies ? Décidemment, le temps passe (fallait bien) trop vite…

Sébastien De Lyon https://youtu.be/YVo_xmC_X4E
En conclusion 
😃 et comme on a les mêmes choses sur le coeur.

François Béranger « Manifeste »

Rien n’a vraiment changé …

Nicolas Jaillet L’excellent Thierry Chazelle avait un jeu quand il animait des ateliers d’écriture de chanson. Il donnait trois petits panneaux à chacun de ses stagiaires : « Refrain » , « couplet », « gimmick » et puis je sais plus quoi, enfin, j’ai dit qu’y en avait trois de toutes façons. Et il leur passait « Les sombres héros de la mer » et il fallait qu’ils devinent à l’avance ce qui allait se passer. Et ils se plantaient à chaque fois, évidemment, vu comme la chanson est branlée. À part ça, c’est dommage si ça s’arrête, moi j’aimais bien.

Christophe Pochon Ben j’ai un peu rouspété, mais c’était bien bonnard et j’y pense plusieurs fois par jour 🙂

Jean Dekkers la neuf est la bonne !

Nelly Soubeyran « Une chanson est telle lorsqu’elle marche d’elle même »
A song is anything that can walk by itself
Bob Dylan

Pierre Delorme Dites à Manu Galure que la qualité d’une chanson ne se mesure pas à la »richesse » de la grille et à la vitesse à laquelle on peut la relever, sinon pour les oreilles aussi exercées que pointues toutes les chansons seraient mauvaises. Le contexte harmonique, plus ou moins sophistiqué, est le plus souvent une affaire de style, de couleur.

Sarclo Ret ça n’enlève rien à la nécessité d’éviter les poncifs. voir le la mineur de Jacques Bertin…

Christophe Pochon Pierre Delorme Je ne suis pas d’accord. Quand après 10 secondes je repère les 4 accords magiques, genre Gm Eb Bb F, ça me soûle. Pas besoin d’avoir des oreilles si exercées. Si après 10 secondes tu peux chanter « Femme libérée » par-dessus, c’est mort.
Pour la suite de ton commentaire, c’est vide de sens, beurk.

Schneider Jean-François Tu veux dire « genre Ma France de Ferrat » ???!! Contre exemple total…😇

Sarclo Ret Je suis mal à l’aise pour contredire Delorme sur la musique : il est beaucoup plus « qualifié » que moi qui ne sais pas lire une partition. néanmoins il y a pléthore, en France, de chantistes qui ont appris la guitare avec des partoches de Paul Beuscher qui reprenaient du Renaud qui reprenait du Hugues Aufray qui massacrait du Dylan, et on arrive à la très secrète suite d’accord de Jean Vasca (la mineur mi majeur et retour) et ça casse quand même les burnes. Il faut le dire. c’est rigolo, les frères Cuffi ont pas jugé bon de venir ronchonner sur ce débat…

Dixième règle : elle est très juste et elle est de Pierre Delorme. « S’il devait y avoir une règle, peut-être dirait-elle que pour « créer », faire du neuf, la connaissance de la tradition est indispensable. La seule spontanéité vous condamne à piétiner sur des sentiers mille fois battus. »

Contre-ordre : Dylan qui en a fait 700 dit qu’on a tous une chanson en soi, celle de la chance du débutant, elle peut être formidable même si elle est d’une ignorance indécrottable

Les conversations battent leur plein sur Facebook, sur le « mur » du chanteur Sarcloret qui poste ses « règles » et « contre-ordres » concernant l’écriture de chansons. C’est rigolo et provocateur, bien dans sa nature. comme il est dans la nature du scorpion de piquer la grenouille sur le dos de laquelle il traverse une rivière.* Revenons à nos moutons. Y a-t-il vraiment des règles pour écrire des chansons ? Cet art populaire s’accommode mal des règles et théories diverses, il préfère souvent la spontanéité, « l’inspiration », et il n’est que rarement associé à l’idée de labeur.
Les conseils et trucs divers, il y en a à foison dans les ouvrages, généralement confidentiels, de ceux qui ont fait pour ainsi dire profession d’animer des stages d’écriture de chansons, mais ça se limite souvent à des astuces sympathiques et rigolotes pour déclencher l’inspiration chez ceux qui n’écrivent ou n’osent pas écrire des chansons.
Cependant, ceux qui osent et qui n’ont pas besoin qu’on leur pousse la plume ne manquent pas. Mais leur faut-il des règles pour écrire et composer leurs chansons ? Une vingtaine d’années d’enseignement dans un conservatoire auprès d’auteurs-compositeurs m’a permis de réfléchir à la question, à défaut d’y apporter une réponse. Je suis arrivé à la conclusion que les seules règles possibles dans ce domaine sont celles de la versification et celles de la théorie musicale, du moins concernant les notions de tonalité et d’harmonie. Ce sont là les seuls outils que j’ai fournis à mes ouailles. Pour le reste, c’était du bavardage dont j’ignore s’il leur a été utile, mais j’en doute.
J’ajouterai pour terminer que j’ai été frappé également par leur absence à peu près complète de connaissance des chansons du patrimoine. Pourtant, étudier de près ce qui s’est fait par le passé est instructif et formateur. Les grands peintres, même les plus aventureux et inventifs, n’ont-ils pas commencé en recopiant, au Louvre par exemple, les œuvres des maîtres ?
On peut décortiquer avec intérêt les paroles de Brassens, de Brel, de Vian et Gainsbourg, etc., et leur mélodies aussi, ce qu’on aura pu y observer sera toujours utile par la suite, d’une manière ou d’une autre.
S’il devait y avoir une règle, peut-être dirait-elle que pour « créer », faire du neuf, la connaissance de la tradition est indispensable. La seule spontanéité vous condamne à piétiner sur des sentiers mille fois battus.
Et pour terminer, ces deux vers d’un « maître ancien » en la matière, Georges Brassens :  « Sans technique un don n’est rien / Qu’un’ sal’ manie » (Le mauvais sujet repenti).

Serge Leroux Ah les chansons du patrimoine ! Comme ils disent à l’O.L. il faut travailler les fondamentaux !

Floréal Melgar Il me semble que c’est à L’ASM qu’on dit ça, surtout en début de saison.

Marc Servera Ça me fait songer à Primo Levi à qui un auteur en herbe avait demandé quelques conseils relatifs à l’écriture. Il s’était prêté au jeu en déclinant quelques conseils d’ordre pratique voire technique. Rajoutant in fine : « Ah oui, j’oubliais, pour écrire, il faut avoir quelque chose à dire. » Tout est dans le « quelque chose ».

Pierre Delorme faut-il nécessairement avoir quelque chose à dire pour écrire une chanson ?

Marc Servera Non. Mais pour une bonne chanson, demande à Brassens, ça peut être utile.

Pierre Delorme Bien des bonnes chansons de Brassens ne disent pas grand-chose.

Marc Servera Mmmh… Réécoute-les.

Si ton plombier, ton garagiste, ton dentiste, ne savent pas très bien pourquoi ils veulent faire ce qu’ils s’apprêtent à faire, tu ferais peut-être bien de changer de crèmerie. S’il n’y a pas, derrière leur action, une claire intention, un projet élaboré, une vraie réflexion, une ferme ligne directrice, si a contrario c’est du « on verra bien, j’improvise », je doute de la qualité de la prestation et du résultat.
Cette intention de « faire » ou « dire », ça revient au même, est un gage de sérieux.

Hervé Perdry Dire, ou raconter ?

Marc Servera Hervé Perdry Quelle différence selon toi entre les deux termes ?

Hervé Perdry Quand on a quelque chose à dire, c’est un peu qu’on a un message à délivrer. Quand on n’a rien à dire, on raconte sa vie ou des histoires. Et ça fait parfois de la bonne littérature ou des bonnes chansons.
On peut ne pas être d’accord avec cette nuance entre dire et raconter, mais c’est ainsi que je comprends la question de Pierre « faut-il nécessairement avoir quelque chose à dire ? ».

Pierre Delorme Je voulais simplement dire que si dans certaines chansons Brassens semble vouloir dire quelque chose, exprimer un point de vue, dans d’autres le plaisir de la poésie et celui de faire une chanson semblent être la seule source de son travail.

Hervé Perdry C’est un peu ce que j’essayais de… dire. J’ai trouvé la citation de Primo Levi : « Dimenticavo di dirLe che, per scrivere, bisogna avere qualche cosa da scrivere. »…il faut avoir quelque chose à écrire 

Marc Servera Pierre Delorme Je crois que tu te trompes. Il avait toujours à cœur le sens, un sens en tout cas. Tu trouveras par exemple sur le net ses propos relatifs au « Fossoyeur », où il dit que sa chanson est sortie de l’anecdotique à travers ce vers :  » J’ai beau me dire que rien n’est éternel / Je peux pas trouver ça tout naturel. »

Marc Servera Hervé Perdry Si tu opères un distinguo entre « écrire » et « dire », s’agissant du « parcours » de Primo Levi, je sais pas…

Pierre Delorme Que dit-il dans « Mélanie »? Dans « Dans l’eau de la claire fontaine »? Lèche-cocu? etc.

Marc Servera Sur « Mélanie », puisque c’est ta première citée, ces deux vers, hautement subtils : 
« Aussi, chrétiens, mes très chers frères,
C’est notre devoir, il est temps,« 

Marc Servera « La claire fontaine ». L’ingénue prie Dieu qu’il fit du vent. 
On est plus compliqué et contradictoire qu’il n’y paraît.
La tentation est naturelle de ramener à notre niveau ce qui nous passe au-dessus de la tête. On peut aussi se dire qu’une intention existe qui nous échappe.

Hervé Perdry On peut considérer nombre de chansons de Brassens comme des manifestes pour l’amour libre ou pour la liberté sexuelle ; à l’Eau de la claire fontaine et à Mélanie j’ajouterai par exemple À l’Ombre du cœur de ma mie qui est ma préférée… mais est-ce que Brassens a écrit ces chansons parce qu’il avait à dire « oui à la liberté amoureuse », ou est-ce qu’il le dit en passant, simplement parce que c’est là dans sa façon de vivre, dans les histoires qu’il a envie de raconter ?

Une très belle chanson de Brassens, sur un poème de Théodore de Banville : le Verger du Roi Louis. On peut y voir un plaidoyer contre la peine de mort, si on veut ; si c’en est un, ça n’est pas pour autant ça qui en fait une belle chanson. Si ?

Marc Servera Je crois, Hervé, que tu sous-estimes, avec d’autres, la démarche de Brassens, plus creusée et nuancée qu’un tract : 
« Quoi que l’on raconte,
Y a pas plus de honte
A se refuser,
Ni plus de mérite

D’ailleurs, ma petite,
Qu’à se faire baiser. »

Hervé Perdry Dans celle-ci, l’intention de délivrer un message, de dire quelque chose, est très claire, en effet. Je la trouve beaucoup moins bonne, d’ailleurs.

Marc Servera Hervé Perdry Ce n’est pas que tu la trouves moins bonne, c’est qu’elle rejoint moins tes idées ! 😉

Hervé Perdry Non, c’est juste qu’elle en est presque didactique : je vais vous expliquer la vie, écoutez moi. L’intention de dire est tellement évidente qu’elle prend le pas sur la poésie.
(Bien sûr c’est un avis personnel, basé sur mon ressenti et non sur des paramètres quantifiables).

Hervé Perdry Et comme les autres, elle prône la liberté sexuelle, je ne vois pas en quoi elle serait différente de ce point de vue…

Marc Servera Je suis d’accord sur le côté trop didactique. Qui trop embrasse mal étreint !
Sur la liberté sexuelle, il me semble – c’est une perception personnelle – qu’elle ne prône pas plus qu’elle ne déconseille. Une sorte de retenue.

Hervé Perdry La liberté sexuelle inclut celle de ne pas « le faire », c’est ce que je comprends en tout cas…

Marc Servera Hervé Perdry C’est alors la liberté tout court, qui n’est pas forcément de faire ce que l’on veut, mais aussi de ne pas faire ce que l’on veut ! 😉

Sarclo Ret Pierre Delorme, déjà dit, mais je me répète: Voltaire a écrit « je ne pardonne à un livre que s’il m’apprend quelque chose » et j’aime m’interroger sur la translation à faire de cette pensée sur les livres vers les chansons. Les chansons sont toutes pardonnables! même et peut-être surtout celles qui ne disent rien, qui ne nous apprennent rien. Je n’aime ni les chansons de Sardou ni son public, mais je suis bien content qu’ils soient contents, Et ses chansons disent, hélas, plein de choses. mais avoir quelque chose à dire permet de gaver la chanson qui ne le dit pas d’un tas de sous-texte qui nous lance dans la rêverie. Les chansons à message sont souvent le fait de gens qui n’ont justement rien à dire. quand Brassens chante Saturne, il ne fait pas un plaidoyer pour Brigitte Macron et le statut de première dame, il exprime une tendresse assez désespérée pour Püppchen (corrigé, pardon), un genre de noblesse de sentiment. la chanson est un genre sentimental. « Comme à Ostende » est la chanson d’un gars qui regarde partir sa vie dans les yeux verts de la barmaid, et qui pleure pour un limonaire, et qui veut aller aux putes quand il est bourré. allez chercher le message… Mais les sentiments exprimés ont cette vertu de ne pas être univoques, d’assumer leur complexité. la poésie, c’est le sens imaginaire. On a le droit d’en être dépourvu et de faire des chansons qui en sont dépourvues, mais c’est ça que je cherche : un dérapage du sens. Des questions?

Attention à orthographier « püppchen » (petite poupée) avec deux « p » dans ton truc, püpchen c’est un petit pet, dit-on. Il paraît que l’erreur avait été faite par le marbrier sur la tombe de Brassens et son éternelle fiancée, à Sète. Remarque de Pierre Delorme, merci !

Marc Servera Sarclo Ret « Avoir quelque chose à dire permet de gaver la chanson qui ne le dit pas d’un tas de sous-texte qui nous lance dans la rêverie. les chansons à message sont souvent le fait de gens qui n’ont justement rien à dire.« 
J’aime beaucoup cette approche qui implicitement exprime deux choses :
1. Que dire n’est évidemment pas produire du tract, c’est un peu plus fin.

2. Que ce n’est pas non plus produire de la carte postale, c’est un peu au-delà, ou en-deçà, dans le sous-texte, possiblement même entre les lignes. Ça me semble forcément relever d’une intention. C’est devant le même paysage le regard du photographe qui ne peut pas être exactement le même que celui du touriste.
Autrement dit, dans le cadre d’une démarche artistique dire n’est pas expliquer encore moins asséner, mais suggérer, donner possiblement à regarder un peu plus que la chose vue.

Laurent Guillaume méééééé ! c’est pas Gretschen, c’est Püpchen !!! M’enfin !

Sarclo Ret Laurent Guillaume T’as bon… Quand je ramène ma science on voit bien les lacunes…

Vincent Chanet J’ai pas tout lu mais ça a l’air vachement intéressant..Vive Sarclo Ret sans qui ce débat n’aurait pas lieu…

 

Eh bien voilà, c’est fini… mais on peut ajouter ce que pensait Guy Béart,

Une grande chanson doit contenir quatre points. Si miraculeusement elle les contient, elle possède de grandes chances de toucher. En un la chanson doit enchanter, toucher ce que nous gardons en nous d’enfance, par le jeu des sonorités et celui des mots. En deux elle doit séduire, charmer ce que nous avons de féminin. En trois, après l’enchantement et la séduction, la chanson doit intéresser ce que nous avons de masculin en nous, c’est l’information. En quatre enfin, la chanson doit être mystérieuse, dire les choses entre les lignes, pour nous rendre complices d’un secret. Les grandes chansons de révolte, complètement séditieuses, sont anodines en apparence…
C’est important le mystère, dire les choses au premier degré […] c’est facile et ça m’a toujours profondément ennuyé
.

(Paroles et musique 1985)

 

Le blog du Doigt dans l’Oeil

 

Sarclo a ses règles, sixième et septième jours..

16 Sep

Pour le week end, double dose, en attendant l’apothéose de dimanche…

PhotoNGabriel2013

Sarclo a ses règles. Passée l’andropause, ça n’est pas si douloureux…

Sixième règle : se donner un style et s’y tenir, et CHAIRIR* LA SONORITÉ DE CHAQUE SYLLABE. Certaines chansons peuvent venir en une heure et d’autres demander des mois de chantier, ne pas renoncer, ne rien se pardonner. Les « e » muets qui font un pied dans une strophe et n’en font pas dans l’autre, les consonnes qui s’entrechoquent comme un pot de chambre qui dévale les escaliers, les césures qui se baladent sans rythme ni raison, les voyelles qui se suivent et n’ont pas de sonorité, les verbes qui changent de temps pour arranger un vers, voilà des péchés souvent audibles dans les oeuvrettes de certains de mes aspirants collègues. Si vous lisez ça dans une chanson, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.

En contradiction avec mon article concernant les adjectifs j’ai eu le bonheur de lire ces vers. Pensez à la façon si soignée de Thiéfaine de mâcher ses syllabes et jouissez de cette sonorité irréprochable. Les chansons sont trop courtes pour les attifer de phrases mollassonnes…

« On attend l’ange inquisiteur
Dans le calme froid de l’aurore
Quand les chiens vitreux de la peur
Flairent l’odeur sucrée de la mort »

in « Libido moriendi », sur « Scandale mélancolique » de H-F. Thiéfaine.

Contre-ordre : la scansion classique peut parfaitement être considérée comme dépassée. « Des biscuits pis des jokes avec un vieux mur crasse / Rempli d’trous pis d’silences / Y’avait l’tapochage du voisin / La smoke à mon bec m’rappelle l’odeur de ta main / L’aimera? L’aimera pas? La marguerite chante son refrain ».
Le rap, Zebda, Bernard Adamus etc. ont jeté ça aux orties depuis belle lurette. Cette règle n’est à prendre au pied de la lettre que pour ceux qui veulent rimer « à la Brassens » ou assimilé. On peut chercher à la rime une justification, à part celle de faire « comme il faut », et cette justification est la suivante, pour ce que j’en ressens : une belle rime fait sonner les mots comme des proverbes, et annonce de ce fait des vérités indiscutables.
Pour Thiéfaine on pourrait énoncer cette justification comme suit : dire des absurdités sur un ton indiscutable.

* Je dois cette jolie faute à Stéphanie Pahud, que je remercie.

et puis tiens je vous offre une petite chanson très jolie. je sais pas du tout comment elle est foutue. ça n’a aucune importance.

Mathieu Boogaerts – Avant que je m’ennuie [CLIP OFFICIEL]

NOUVEL ALBUM DISPONIBLE! Télécharger sur iTunes: http://bit.ly/boogaerts-itunes || http://www.facebook.com/MathieuBoogaerts || Réalisateur: Didier Richarth P…


Pierre Delorme
 Chercher la rime peut amener à des trouvailles auxquelles l’auteur n’aurait pas penser autrement.

Sarclo Ret Juste. parfait. le dictionnaire de rimes comme gisement d’idées, la sonorité comme piège à associations d’idées. bien dit.

Pierre Delorme La rime (riche ou suffisante) est une sorte d’outil, un matériau, on peut s’en servir et d’autres fois non, selon le type de chanson qu’on veut écrire.

Marc David Gilles Vigneault : « Ce sont parfois les mots qui nous amènent apparemment à la chute, dans la belle cadence d’un vers, mais ce n’est qu’une apparence. La chute, on doit l’avoir en soi, à l’intérieur. »

Marc David Pour Verlaine : « De la musique avant toute chose, 
Et pour cela préfère l’Impair, 
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. 

Il faut aussi que tu n’ailles point 
Choisir tes mots sans quelque méprise : 
Rien de plus cher que la chanson grise 
Où l’Indécis au Précis se joint. 
Que ton vers soit la chose envolée »

Nelly Soubeyran Magnifique !

Eric Maurin La chanson parfaite a 89 ans, elle est plus vieille que Sarclo : https://www.youtube.com/watch?v=BWcTygNI-YE

Dranem  » le trou de mon quai  » 1928

Dranem  » le trou de mon quai  » au piano…

Christophe Pochon Merci pour la chanson de Mathieu Boogaerts. Magnifique, comme souvent.

Eric Maurin Un type adorable. Grand souvenir de sa tournée avec Dick Annegarn il y a au moins 10 ans… Deux cadors.

Alain St-Yves Professeur Sarclo, vous m’étonnez encore! J’apprécie…

Marie-Caroline Burnat-puzin « Chairir » , c’est bien. J’aime bien ce lapsus orthographique.

Sarclo Ret a répondu Stéphanie Pahud, ravissante professeure de français pour étudiants étrangers à l’uni de Lausanne, linguiste, auteur d’un livre qui s’appelle lanormalité, est l’autrice de ces néologismes utiles. elle est sur facebook.

Schneider Jean-François Chairir, c’est faire copieux sans être gras, donc…

Eglantine Phi R Ce ne serait pas un peu minimaliste? (🎶gnagnagnagnanananagna)

Eglantine Phi R https://www.youtube.com/watch?v=vf74z0nJFJk

Delerm et Boogaerts – Na Na Na

 

Sarclo a ses règles... on peut toujours tomber sur un contrôle…

Septième règle : UNE CHANSON EST FAITE POUR ÊTRE CHANTÉE. Ce qui est exigé par la règle précédente est doublé d’une nécessité d’observer les intonations d’une musique et de s’y plier. Les accents de la mélodie doivent dicter la rythmique de l’écriture qui doit s’y adosser. Ça va demander, une fois la musique adaptée à un fragment de la chanson, de faire observer aux autres fragments qui iraient sur la même musique d’avoir une rythmique compatible, y-compris dans ses accents. Si vous entendez une chanson où la mélodie colle mieux à une strophe qu’à une autre, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.
Par exemple, si on écoute l’Histoire du Soldat de Ramuz et Stravinsky, la métrique du mot est un casse-tête, sans cesse collé à la rythmique de Stravinsky, alors que tout est en prose, ce qui implique que la sonorité des mots a des exigences qui sont en dehors de le « belle rime » et de toutes ses règles. Peu avant sa mort Ramuz a écrit : « il y a des choses que je n’ai pas pu dire, parce que ça faisait neuf, et je voulais mettre huit ». extrait de l’Histoire du Soldat :
« Il ne faut pas vouloir ajouter à ce qu’on a ce qu’on avait
on ne peut pas être à la fois qui on est et qui on était
il n’est pas permis de tout avoir, c’est défendu
un bonheur est tout le bonheur, deux, c’est comme s’ils n’existaient plus »

Contre-ordre : « Messieurs dames j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle / La bonne : il ne pleut pas dehors / Et la mauvaise : je ferme » Loic Lantoine écrit comme il veut. Il pose ça comme il veut sur la musique qui se plie à son bazar. Donc une chanson peut très bien ne pas être chantée, ni rimée, et être belle.

Marc David Si une chanson n’est pas chantée, ne serait-ce pas tout simplement un texte accompagné par une musique ? Peut-être me goure-je, mais il me semble que par définition, chanter, c’est interpréter une mélodie avec la voix… Sinon, cela s’appelle dire, déclamer, réciter, parler, slamer, rapper… en ce qui concerne le texte, siffler éventuellement en ce qui concerne la mélodie.

Sarclo Ret Tu mets Loic Lantoine dans quel carton ?

Yoanna Ceresa Plutôt du rouge 😉

Sarclo Ret Yoanna Ceresa Juste. au poil ! On a quand même quelques amis communistes…

Marc David Sarclo Ret Parce qu’il faut absolument ranger un créateur dans un carton ?! Et bien s’il le faut, je le mettrais dans la même catégorie qu’Yvette Guilbert, je le mettrais dans la catégorie « diseur » (moins dix, évidemment) !!

Eric Maurin Le français, ou l’européen, aime bien ranger la musique dans des tiroirs. Quand il ne sait pas ce que c’est ou qu’il ne comprend pas les codes, il appelle ça de la world-music, ça lui permet de tout foutre dans le même bac-poubelle.

Eric Maurin J’ai un pote qui s’emmerde pas, en tant que disquaire, il a créé un bac qu’il a nommé « musique d’alcooliques, de drogués, et de dépressifs », ça lui permet d’accélérer le tri.

Marc David Eric Maurin Ca accélère peut-être, mais surtout il doit y avoir beaucoup de disques !  🤣

Eric Maurin Il vend très peu de disques de Sarclo…

Marc David Eric Maurin Peut-être n’a-il pas su dans quel carton le ranger ?!  😉

Eric Maurin Il hésite encore entre le stoner et le grindcore helvète…

Marc David En référence à Bashung, sur des mots de Boris Bergman, je lui suggèrerais l’ Helvète underground.

Eric Maurin C’est pas déja pris par Jérôme Cahuzac ?

Marc David Eric Maurin Non, lui c’était l’ariégeois chocolat…

Eric Maurin Non, tu confonds avec Cazoul !!! https://www.youtube.com/watch?v=0KxsotMDSFk

Cazoul La nuit je mens

Marc David Tu l’as piqué sur le site dont Sarclo a donné l’adresse il n’y a pas longtemps ?!

Eric Maurin Même pas ! Je connaissais Cazoul avant Sarclo ! Solidarité occitane.

Marc David Eric Maurin Fais gaffe quand même, je vais finir par comprendre que l’on fasse de la solidarité un délit ! 😁

Eric Maurin Que nenni ! Sarclo a fait de très bonnes faces B dans sa jeunesse. Ceci dit sans flagornerie.

Marc David Sarclo, oui, mais Cazoul…?

Eric Maurin Je ne connais pas ses 45 trs… à mon grand dam.

Sarclo Ret Ce Cazoul est un génie absolu !!! sincère, fin, généreux, merci pour cette découverte.

Eric Maurin Très sérieusement, Sarclo, il faut visionner son interviouve lors de sa sélection pour « La France a un incroyable talent ». Les réactions des « parisiens » à sa venue sont croquignolettes… Une vraie tendresse pour ce monsieur.

Eric Maurin https://www.youtube.com/watch?v=4y6FbX3NTUM

Armand Cazeneuve dit CAZOUL reprend Bonnie…

Eric Maurin Sur cette pirouette, bonne nuit à tous !

Norbert Gabriel Dans le genre parlé-chanté, il y a Camille Hardouin qui excelle, dans les parties « parlées » de cette conteuse chanteuse, on entend la musique, elle alterne avec bonheur, il me semble qu’elle est unique en son genre, peut-être avec Lior Shoov selon quelques avis d’amis qui les connaissent toutes les deux…

Hervé Perdry Une parenté avec Léo Ferré, Préface, dans cette règle…

Annik Davister Tu veux dire que c’est fini ? J’ai trouvé ça épatant !

Adriana Gonzalez Une chanson doit donner des frissons, peut importe la rime, la métrique, la melodie .. Si j ai la chair de poule à la première écoute et si je peux l’écouter en boucle sans m en laisser…. Voilà! Une émotion toujours renouvellée… Humble avis de qq qui aime les chansons et qui ne peux que les écouter…. Bravo à vous!

Sarclo Ret Une fois encore, vibrez comme ça vient, je m’en fous. Sardou fait vibrer plus de monde que moi et ça n’a aucune espèce d’importance. Ce jeu de piste que je propose est destiné aux tricoteurs de chansons.

Adriana Gonzalez Sardou??? Fait vibrer?? Pas du tout! En tout cas fait gagner de l’argent à qqn et danser qqn d autre… Je suis Argentine et marre des artistes que tout le monde connait ici et là – bas, marre des radios qui ne passent que de la merde… Et merci toujours aux tricoteurs et tricoteuses de chansons… Vivement Penelope!

Schneider Jean-François « Connemara » : ça fait vibrer même quelques puristes..

.

Joël Burkhard Châtillon-sur-Seine et Tous les gamins du monde sont mes chansons préférées du monde ces temps et effectivement elles sont dans la règle 7 🙃

Sébastien De Lyon Fantastique cette chanson de Loïc Lantoine

Pierre Delorme La langue a des accents toniques, la musique une pulsation et des temps forts, ce dont tu causes c’est le rapport entre eux. 🙂

Sarclo Ret tTes incorrigeable mon Delorme, un vrai Raymond La Science, tu me fais rigoler, c’est délicieux.

Pierre Delorme Pourquoi? C »est comme ça que ça s’appelle, enfin si ça te fait marrer c’est déjà ça.

Norbert Gabriel Pierre Delorme Pour une fois qu’il se marre au lieu de sortir le bazooka, faut en profiter, on ne sait jamais ce que réserve la suite… 😉

Sarclo Ret Ce qui est drôle c’est que l’un de nous deux pense qu’en sachant désigner les choses on les éclaire, et il dit ça parce qu’il sait les désigner et qu’il les trouve plus claires comme ça, ce que je respecte complètement, et que l’autre (moi), paresseux, pense que ça les éteint un peu… J’avais un prof d’architecture structuraliste qui me traitait de fasciste parce que je voulais trouver autre chose pour dire « chaîne paradigmatique de signifiants »… Je suis convaincu qu’il y a des choses qu’il faut savoir désigner, mais je n’ai jamais utilisé le mot vagin en baisant par exemple…

Pierre Delorme Comme ces posts sont destinés à être lus par des gens qui écrivent des chansons, du moins j’ai cru comprendre que c’était aussi leur but, il me semblait intéressant que certains puissent éventuellement se documenter et apprendre des trucs, s’ils en ontenvie. Franchement, parler de pulsation et d’accent tonique me semble moins inutilement compliqué que l’exemple que tu donnes. Voilà, tout, mais si ça te semble être inutile ou simplement le fait d’un mec qui veut la ramener avec sa « science » (?) laissons tomber.

Sarclo Ret Mais non c’est parfait, comme chaque règle a son contre-poison. un prof m’a dit (un bon, celui-là) avec un bon accent suisse mais non c’est parfait, comme chaque règle a son contre-poison. Un prof m’a dit (un bon, celui-là) avec un bon accent suisse allemand: « il y a chez vous une contradiction entre le vouloir faire et le savoir faire« . Il avait raison. ce que tu écris montre à tous ceux qui lisent, au delà des notions que tu leur proposes, qu’on peut prendre les choses par un bout ou par l’autre. Tu es plus analytique et je suis plus spontanéiste. Je n’ai pas beaucoup d’amis comme toi, dit la chanson, et je les garde avec gourmandise ! (si possible) Cela dit tu as écrit plus haut qu’en enseignant des années tu n’avais pas l’impression d’avoir fait éclore beaucoup de talents, alors je propose un peu de déconnade complémentaire…

Pierre Delorme Je ne pense pas avoir écrit ça, ce qui serait insultant pour tous les anciens élèves qui tournent un peu partout et qui lisent Facebook!. J’ai écrit que je n’étais pas forcément persuadé de la pertinence de ce que j’ai pu leur raconter, en revanche la seule chose dont je suis à peu près sûr, ce sont les outils (les choses que je nomme et qui t’agacent !) que je leur ai proposés pour travailler. Cela dit, le talent ils l’avaient (ou non), j’ai aidé un peu, c’est tout

Vincent Ruysschaert Du coup, un couplet, ou un refrain, qui respecte les règles précédentes, mais qui ne colle pas à la mélodie, peut très bien être utilisé pour une autre chanson… Ca t’est déjà arrivé, de recycler quelques vers ?
C’est très instructif, en tout cas, de passer les chansons que l’on aime à ces règles…

Michel Xib Pour faire une bonne chanson faut aussi avoir en face des oreilles qui savent écouter et qui sont réceptives.

Michel Xib Je dois dire Sarclo que ta chanson hommage à André Chavanne, je l’ai écoutée en boucle !

Gilbert Laffaille « Quand sur mes doigts la nuit je compte mes pieds » Dansez sur moi Claude Nougaro

Seb Dihl ohhh, mais de quoi me souviens-je instament??? Sarclo, la grande artiste Dorothée a fait la même chose, avec ses règles! mimi (pas la peine de m’engueuler, suis déjà parti)https://www.youtube.com/watch?v=q04rFGR_rbU

Dorothée : Pour faire une chanson (Club Dorothée 1988)

« Pour faire une chanson » est un titre de…

Sarclo Ret Epatant.

Seb Dihl hééé, pas tant!!!

Seb Dihl j’sais pas pourquoi, je pense que je préférerais 1223 régles de Sarclo que réécouter cette chanson.

Sarclo Ret Y a quand-même not’bon corbier…

Seb Dihl c’est vrai 🙂 Tiens, je le vois bientôt, d’ailleurs 🙂

Alain Collard · 15 amis en commun

Ah… s’il suffisait de suivre des règles pour fabriquer une chanson qui fonctionne !

Sarclo a eu ses règles. Ça va mieux… Bien sur y a pas de recettes pour faire une jolie chanson, ni pour en faire une belle. Y a juste quelques conneries à savoir, à entrevoir pour éviter le ridicule. Je vous fous la paix un moment, je suis au bout de mes sottises. là je compile tout ça, avec les réactions, et on peut avoir toutes les chicaneries d’un coup.

 

Et demain dimanche, grand final avec les trois dernières…

Sarclo a ses règles. Ou comment il essaie fabriquer des chansons… Cinquième jour…

15 Sep

PhotoNGabriel2013

Cinquième règle : MÉPRISER LES ADJECTIFS. Dans les livres de Gérard de Villiers, les cuisses sont galbées, les seins sont lourds, et les verges sont turgescentes. N’utiliser l’adjectif qu’en dernière extrémité, jamais pour la rime, jamais pour conforter une image. Si à la lecture d’une chanson vous voyez des adjectifs utilisés comme de la confiture, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.

Contre-ordre : dans « Sous les Jupes des Filles » Souchon utilise un adjectif (mais, je crois, un seul). Chef d’œuvre. « La seule chose qui tourne sur terre, c’est leurs robes … légères » Règle à observer, donc, avec parcimonie.

Ce chapelet réglementaire a été qualifié de prétentieux par certains commentaires. Certains considèrent que je pense – à tort – que ceux qui ne font pas comme je dis de faire font de la merde. D’autres pensent que je me donne des règles pour éviter d’en faire. En réalité ils ont tous raison. Il faut avoir pour soi beaucoup de considération quand on veut créer (quelque chose de neuf, parce que quelque chose de vieux c’est fait) et il faut donc pas mal de condescendance pour autrui, c’est comme ça. Et il faut aussi avoir contre soi beaucoup de prévention pour s’éviter la médiocrité. Il ne m’appartient évidemment pas de juger si j’ai réussi à créer ou si j’ai échoué dans la médiocrité. Une chose est sure, les engueulades vivifiantes que ces posts ont engendrées donnent de Facebook une autre image que les selfies de mes cousines, et mon règlement, qui est complétement bourratif et rébarbatif à lire d’un coup, semble déclencher des réflexions plutôt vivantes à se voir débiter en une dose d’emmerdement quotidienne. Je vous rassure : mercredi au plus tard, c’est fini.

 

Adriana Gonzalez C’est bien amusant de vous lire! Moi, petite Argentine qui n’ a rien d ‘artiste mais qui voudrais participer à un concours d’écriture de chansons pour gagner un voyage en France ( car grâce à notre gouvernement s’est impossible d économiser , même de vivre…), moi, donc je vous lis avec attention….et ce sera intéressant de rejoindre toutes ces règles dans un petit manifeste, comme le surréaliste, le futuriste… Disons le « Sarcloretiste »😊😉…. Merci et bonne soirée à tous!

Marc David  Voici un couplet :
« 
On attend l’ange inquisiteur
Dans le calme froid de l’aurore
Quand les chiens vitreux de la peur
Flairent l’odeur sucrée de la mort »

La chanson, c’est « Libido moriendi », sur l’album « Scandale mélancolique » de H-F. Thiéfaine. Il y a un adjectif par vers, et pourtant, ce quatrain respecte les 3 règles précédentes.
Ce couplet, de mon point de vue, respecte les 4 règles précédentes, mais bat en brèche la 5ème. Est-ce pour autant une merde ?!

Hervé Perdry Chez Thiéfaine en la matière l’excès devient un style personnel…

Sarclo Ret Tu as raison. quand les adjectifs amènent une image non confortante, ils peuvent être utiles. Cela dit le H.F. est souvent tellement abscons que je m’emmerde.

Hervé Perdry Oui ce sont les chiens vitreux qui sauvent ces 4 vers, tu mets des chiens féroces à la place et ça devient médiocre

Marc David Sarclo Ret Si tu veux, la prochaine fois que nous nous verrons, en plus du bœuf bourguignon et plutôt que d’écouter l’intégrale de Sardou, nous ferons un décryptage de H-F… et peut-être verras-tu que pas si abscons…

Sarclo Ret Marc David Les quatre vers que tu as mis en exergue sont simplement splendides. J’ai vu cet Hubert en 79 à St Cergue chez Nicole Hesse (boulangère, copine de Ferré et syndic de la commune) on était neuf en comptant la patronne et ils sont toujours amis. J’ai eu quelques années ou j’étais gorgé d’admiration pour lui et Couture. J’ai chanté Alligator 427 dans les bistrots de Carouge pour lui remplir une salle alors qu’il était encore inconnu. Thiéfaine a passé une journée chez moi au bord du lac et il a été drôle et charmant. J’ai écouté « Le Pêcheur » de Couture chez lui près de Dole après un tour dans sa Ford Escort. Depuis je me suis frotté à la « machine » Thiéfaine, il s’isole et prend les choses d’un peu haut, il n’a pas été épargné par le succès, mais son écriture est restée brillante, même si le sens imaginaire de ce qu’il écrit ne rencontre plus tellement le mien…

Marc David Sarclo Ret Tu as oublié de dire que tu lui as traduit « it’s allright ma » presque 30 ans avant de l’enregistrer sur « Gueuler partout comme un putois »…

Sarclo Ret Je m’en suis déjà vanté plusieurs fois… « It’s allright, Ma, I’m only bleeding » pour être précis. la meilleure…

Sébastien De Lyon C’est l’écueil chez Thiéfaine. Ça peut être génial ou pas … De mémoire  » les joyeux éboueurs des âmes délabrées se vautrent dans l’algèbre des mélancolies
Traînant leurs métastases de rêves karsherisés etc… »
Là c’est génial

Sébastien De Lyon Et puis  » ça sent la vieille guenille et l’épicier cafard dans ce chagrin des glandes qu’on appelle l’amour »

Marc David Et ?

Sébastien De Lyon Confession d’un never Been 😃

Thierry Longbowmore Pas écouté HFT depuis un moment, mais j’y reviens toujours.
Pour moi, et au hasard, Alligator 427 et Les dingues et les paumés, sont de purs chef d’oeuvre.

Adriana Gonzalez HFT💝 petit matin 3.0! Pas facile pour mes apprenants, un mec qui me fait trop bosser avec ses paroles … Mais c’est bien bon!!

Sébastien De Lyon Tu bosses quoi avec Thiefaine, le français ?

Adriana Gonzalez J adore faire découvrir a mes élèves les bons artistes français , les poètes , donc je  » didactise » leurs chansons

Thierry Longbowmore Et puis cette simple allitération: « horreur harar Arthur »

Hervé Perdry Cette règle rappelle l’histoire des belles oranges pas chères.
Je l’applique quand j’écris (oh, pas des chansons, des choses indigestes où les adjectifs n’ont de place légitime que quand leur absence modifie le sens) et je l’appelle la règle des belles oranges, ou bien « enlever le gras ».

Christophe Pochon La flemme de débattre avec toi de tout ça. J’aime, au fond, ces règles, ça donne à réfléchir. Ce qui me dérange ce sont des phrases comme « C’est comme ça ». Ben non, c’est pas comme ça, c’est ton avis, ce soir. Il changera peut-être demain, ou pas. Et mille autres ont mille autres avis. C’est comme ça 🙂 Remarque que si toi c’est plus le texte, moi c’est plus la musique. Et j’ai moi aussi des réactions de vieux con aigri à ce sujet 🙂

Sébastien De Lyon Contre ordre : les formes oblongues de Madame rêve

Adriana Gonzalez Ahhhh Madame rêve , ma préférée de Alain Bashung

Norbert Gabriel Quoi qu’il en soit, applaudissons ces discussions vivifiantes, rares sur FB… (quand il est question de chanson)

Eric Maurin https://www.youtube.com/watch?v=ZbB-xzBZP-s

Jo Dahan – C’était mieux avant

Eric Maurin A part ça, Nino Ferrer, un des plus grands compositeurs français, après Bobby Lapointe, n’en déplaise à Félix Lobo, en est mort. L’autre aussi. Un bon chanteur est un chanteur mort. ( Sid Vicious ).

Norbert Gabriel Je réécoute régulièrement Métronomie, et toujours avec le même plaisir.. et d’ailleurs, j’y vais de ce pas… Suivez moi, ou pas.. Allons enfants.. https://www.youtube.com/watch?v=q7x7zyY9bBE

Nino Ferrer – Métronomie – 1972 [Full Album] – HD

Eric Maurin Énorme album. Nino était le plus grand. Et ça correspond bien aux divagations-élucubrations du père Sarclo Ret sur les couplets-refrains.

Eric Maurin https://www.youtube.com/watch?v=bXb4rNzVIBc

NOUS SOMMES D ACCORD- GENERAL ALCAZAR

Eric Maurin Faites ce que vous voulez, mais écoutez au moins l’oeuvre de Patrick Chénière, alias Général Alcazar, un truc bizarre et répétitif, grand ami de l’immense Pascal Comelade, l’homme en noir, descendu du Canigou. Un gars parti trop tôt, mais inoubliable, pour ceux qui ont eu la chance de l’avoir connu et fréquenté.

Herve Resse « Il faut avoir pour soi beaucoup de considération quand on veut créer (quelque chose de neuf, parce que quelque chose de vieux c’est fait) et il faut donc pas mal de condescendance pour autrui. »
C’est très vrai, cela. La pratique de l’art est incompatible avec l’humilité, la modestie. Mais la pratique de la médiocrité artistique l’est tout autant. Au bout du compte qui décide et qui décerne les prix… l’art est un autre lieu de grande injustice, je pense. Je vais réfléchir à cette histoire d’adjectifs c’est intéressant…

Norbert Gabriel C’est intéressant certes ces adjectifs, mais si on parle d’un chat qui est noir, on ne peut pas trop éviter de dire « chat noir »…

Schneider Jean-François Non : on dit « un chat de couleur » ou  » un chat de la diversité » !!!

Hervé Perdry Bah oui, dans « un chat noir » y a rien qui dépasse, y a pas de gras. Mais : « les chats puissants et doux », de la merde ! Euh… Ah non attends…

Gilbert Laffaille Bien sûr qu’un chat noir est un chat noir. Ce qu’il faut éviter c’est le chat noir sur la neige blanche devant des arbres décharnés sous un ciel lourd et par un vent glacé. Là c’est sûr on n’est pas en été.

Pierre Delorme Ça dépend si les arbres sont noirs aussi, et le ciel blanc, c’est un début
https://youtu.be/_iQjSLScPMU

CLAUDE NOUGARO le rouge et le noir (live)

Norbert Gabriel Gilbert Laffaille On n’est pas en été, ici, mais là-bas?? En Australie par exemple?? ou en Terre Adélie? Alors?? 😉

Herve Resse Gilbert Laffaille Gilbert Laffaille… comme le chanteur? 😊😎

Gilbert Laffaille Comme Hervé Resse ?

Norbert Gabriel Herve Resse et auteur compositeur, conteur.. 😉

Sarclo Ret Jai croisé Laffaille à la crémation d’Astier… Il a plus l’air de beaucoup vouloir faire chanteur, un genre de baisse de motivation? et la mort de notre ami semblait l’avoir dévasté. En tous les cas il avait l’air de considérer comme moi qu’on en perdait un d’irremplaçable.

Herve Resse Sarclo Ret qu’hélas je ne connaissais pas.

Claudine Fischer Tout est toujours en mouvement alors 😴

Cyril Maillefer C’est occasion de transmettre l’exigence qu’on se met, j’aime bien la tentative impossible de ces règles et la soi disante vulgarité est simplement le signe de la violence avec laquelle il faut faire et créer plutôt que de mettre des claques. C’est très sain.

Nathalie Lillo Et soudain je me demande: ais je des adjectifs dans mes chansons ? Au dela: pourquoi pas d adjectifs ? Parce que trop de graisse ?

Norbert Gabriel Bon les adjectifs, on a vu, et les adverbes?? C’est pour bientôt ? 

Bastien Lucas Là où cette série de règles est mise en abyme, c’est que la majorité des réactions qu’elle provoque s’est plutôt braquée sur la forme (le manichéisme, la « merde », la règle affirmée comme vérité absolue) plutôt que sur le fond, qui est assez convainquant tant qu’il y a des contre-ordres. 
Et j’ai l’impression que c’est précisément de cela que parlent ces règles : comment faire d’un message facilement résumable un moment de poésie « pour autant/cependant »

Philippe Lubrano Lavadera Pauvre Ferré, il a jamais dû faire une bonne chanson…

Yann Buttner Qui en doute? Ou alors je l’ai jamais entendue… il a marqué son époque, il a fait chanter Juliette greco et s’est fait un nom mais sinon je m’ennuie avec lui… surtout niveau chanson…

Gaspard Glaus C’est long, cette merde . . .

Sarclo Ret Je ferai un résumé quand ça sera fini… et c’est moi qui choisirai les interventions défendables… Prétentieux jusqu’au bout. à moins que quelqu’un se porte volontaire pour débroussailler avec moi…?

Norbert Gabriel Sarclo Ret C’est une bonne idée de faire une sorte de synthèse, je peux la relayer éventuellement

Nicolas Jaillet Les adjectifs et les adverbes. Mais c’est pareil, l’adverbe, c’est pour le verbe. D’où son nom.

Thierry Longbowmore La marèe je l’ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe

Herve Resse La chanson la plus hermétique de Léo pour beaucoup de ses admirateurs, la plus grande qu’il ait écrite. Une belle version existe par Lavilliers, aussi.

Sarclo Ret Est-il permis de remplacer, hermétique par pompeux ? Chanson largement envahie par des éléments géographico-météorologiques, voir la troisième règle, mais c’est du Léo, le grand Léo, alors c’est indiscutable. J’ai envie de lui dire « t’embrouilles le comité, mon Ferré… » mais il est mort…
C’est fini, la mer, c’est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d’infini…
Quand la mer bergère m’appelle
E
criture irréprochable, mais si c’est pas lui on dirait qu’il se touche la nouille et qu’il pourrait faire ça tout seul. Putain si Claude Braun tombe là-dessus je suis pas sur que ça va le faire rigoler…

Herve Resse Sarclo Ret Tout est permis. Je suis mordu de Léo, celle là ne me bouleverse pas tant que ça, et j’en connais d’aussi mystérieuses, les Amants tristes c’est pas mal dans le genre…

Denis Charolles pour moi une des plus belles chansons françaises, Monica Passos l interprète merveilleusement.

Hervé Perdry Je ne trouve pas ça pompeux du tout, ce que tu cites pourrait même passer pour naïf… Hermétique ? Ça implique qu’il existe un sens caché… Il n’est pas certain qu’il y en ait un. Mystificatrice ? 


Denis Charolles  Sens caché, images surréalistes, forme de double d une écriture automatique…du Jérôme Bosch poétisé….autre chose que le quotidien naré dans 98% de la chanson. Il faut le faire quand même ! merci Léo

Pierre Delorme C’est une chanson à clés, sur sa vie en Bretagne dans l’île du Guesclin. Hermétique, pompeux, abscons, etc., c’est comme on voudra, n’empêche, la chanson a touché un tas de gens, chantée par lui ou par d’autres, et ça fait partie du mystère de la chanson en général.

Hervé Perdry Chanson à clefs : je sais que c’est ce qu’on dit… Mais ces clefs si elles existent ouvrent elles grand’ chose ? Il reste permis d’en douter ou de s’en désintéresser.
(Je connais aussi l’explication du fantôme de Jersey, seule clef à ma connaissance dévoilée)

Herve Resse Hervé Perdry je connais le sens du mot hermétique.😊je pense que dans cette période nombre de ses chansons ont un sens caché, reposant parfois sur des instants vécus. Ce n’est pas non plus la table d’émeraude, cela dit…

Pierre Delorme Hervé Perdry il y en a d’autres, dévoilées par Maurice Frot, mais ceux qui adorent ou ont adoré cette chanson n’ont pas besoin de les connaître, et même ne veulent pas les connaître! C’est ce qui est remarquable avec cette chanson, à mon avis.


Gilbert Laffaille
 Sur l’écriture de chansons, les adjectifs, les adverbes, les temps, les modes, les formes, etc. lire le très utile « Moulin du Parolier  » de Michel Arbatz. À vos plumes!

Pierre Delorme A mon avis, et après des années d’enseignement, les conseils divers pour écrire des chansons ne servent à rien. Ne compte que l’ensemble des règles concernant la prosodie (métrique, rime, etc.) et des règles de la théorie musicale (l’essentiel du moins). A cela ajouter l’analyse fouillée des chansons des « maîtres ». Ensuite, on se débrouille, on fait ce qu’on peut. Tour le reste n’est que littérature… 🙂

Sarclo Ret Ça nous ramène à la citation de Boris Vian « il est évident que le poète écrit sous le coup de l’inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien… » et à celle de Picasso sur le soleil… Dans ton post je lis les mots « enseignement », « conseils », « règles », « théorie », « analyses » et « maîtres ». Je n’ai pas un très bon souvenir de l’époque où ces termes avaient force de loi dans mon existence. En ce qui me concerne j’utilise aussi le mot règle, mais pour m’en moquer, et je donne à chaque fois l’idée du contre-poison. Je crois comme toi qu’on n’enseigne pas ce qui est du domaine de l’idée et de l’invention. Je pense juste que les quelques règles-boutades que je balance à la mer peuvent lancer de jolis engueulages et fournir quelques outils utiles à un genre de rêverie d’auto-contrôle.

Bastien Lucas J’ajoute qu’il ne faut pas trop penser à ces règles au moment d’écrire afin de ne rien s’interdire. C’est à la relecture, et dans les « 90% de travail/sueur » comme disait l’autre qu’on peut s’en armer (et choisir de relâcher certaines exceptions) 🙂

Pierre Delorme J’ai bien compris l’esprit amusant de ces règles.
Disons que par la force des choses je me suis retrouvé dans un conservatoire à aider des auteurs-compositeurs dans leur travail, et je suis arrivé à la conclusion ci-dessus. Quant à la théorie musicale, elle existe, nomme-la comme tu veux, règle ou autre, mais elle existe et, par exemple, on n’enchaîne pas les accords n’importe comment, autant savoir de quoi il s’agit. A l’oreille ça marche, parfois à peu près, mais comprendre ce qu’on fait, c’est mieux. Les »maîtres » sont des gens dont on aime ou non le travail mais qui ont incontestablement marqué de manière durable l’art de fabriquer des chansons. Peut-on vouloir écrire des chansons et ignorer Bruant, Brassens, Nougaro, Béart, Souchon ? Décortiquer une mélodie de Brassens peut donner des outils pour soi-même, par exemple. Mais c’est vrai que dans ce domaine, fabriquer des chansons, la spontanéité est le plus souvent de mise, le « feeling », et à mon avis c’est dommage, sauf si on a du génie, ce qui est assez rare

Sarclo Ret Pierre Delorme à part Souchon, qui n’est pas bien primesautier, tes maîtres sont morts. les miens sont alcooliques.

Po Laine J’avais compris Sarclo a ses règles »…ses ragnagnas quoi!

 Oui, j’aurais dû dire « maîtres anciens », ce sont des gens qui ont marqué la chanson. Parmi les vivants je ne sais pas qui la marquera… Biolay? Bénabar? Delerm ? Grand corps malade ? Juliette Armanet? Camille? Je ne le saurai jamais, et je m’en fous! 🙂 Mais j’ai du mal à voir qui restera… Je me dis aussi parfois que peut-être la chanson n’a pas besoin de maîtres et que son renouvellement au jour le jour, sans mémoire ni avenir, lui suffit.

Nicolas Jaillet Y a un paradoxe chez Ferré, entre le délire lexical et l’extrèèèèèèème rigueur de la métrique. De là à en faire une loi, y a du chemin, mais c’est un des aspects de sa poésie qui marche bien sur moi, en tout cas.

Sarclo Ret  Les poètes qui comptent les pieds de leurs vers sur les doigts de leurs mains ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes, disait-il. il me semble que les règles de la dactylo ont bien changé… Sans blagues, Ferré avait la métrique chevillée au corps et n’avait pas à compter ses pieds, mais les débutants ont le droit de faire comme ils veulent ou comme ils peuvent. Etre un poète ne doit pas être une prétention, il me semble que c’est rédhibitoire. C’est ce côté « ma poésie me met en dehors du monde » (au dessus?) qui me détourne de ce garçon, même si Denis Charolles à raison de réclamer autre chose que du quotidien pour la chanson…

Pierre Delorme La métrique en chanson, il y en toujours une, même approximative, de même il y a toujours des « rimes » , même approximatives aussi. La poésie a fait sa révolution, on n’écrit plus d’alexandrins comme au XIXe siècle, plus de rimes non plus, alors que la chanson n’ a guère changé en ce qui concerne les textes, sauf des exceptions lointaines, Colette Magny et Catherine Ribeiro et quelques autres. Cela peut s’expliquer par la répétitions des phrases musicales et la contrainte de la carrure (répartition régulière des mesures).

Michel Feilner Il y’a quelques chansons sympas qui traitent un peu de certains sujets abordés dans ces posts. je pense à manifeste de François Béranger,Chantez La Vie, L’amour Et La Mort de Gilles Servat, mais comme dirait je ne sais plus qui : Encore un chanteur ouvriéro- socialo-révolté qui voulait changer le monde et qui – vous allez rire – n’y est pas arrivé.
Ah tous ces mots terribles qui font des chansons. N’oublions pas qu’il y a trois grands dans la chanson Léo Ferré, Georges Brassens et Jean-Claude Mérillon.

Sarclo Ret C‘est celui-là ? y en a pas d’autre sur FB…

Fred Daubert Me vient cet Alexandrin de Brassens : « Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique… » ! 🙂 

Philippe Lubrano Lavadera le problème des règles c’est de faire une forme d’ ethnocentrisme, croire en somme que les notres valent mieux que les leurs, au risque de virer curé.Ce qui n’enlève pas automatiquement la valeur à la démarche de répondre à la question : mais comment ça fonctionne ? Ca me fait penser, d’ailleurs, à une scène du cercle de poéte disparu ou un prof à définit ce qu’était un bon poème en fonction de tout un tas de critères. Je crois encore une foi que la musique, celle des mots, est personnelle. Et essentielle. C’est à mon avis, outre la voix, la musique des instruments, et le charisme des chanteurs (ça compte aussi le physique quoiqu’ on en dise) ce qui forme la rencontre amoureuse, si particulière, d’avec un auteur….Mais cette recontre dans le fond se fout des règles. On peut si l’ on veut dans l’après coup se dire moi j’aime la façon de tel ou untel de faire des vers, c’est ça qui me séduit, mais ça explique pas, à mon humble avis, cette histoire d’amour et de rencontre, cette histoire de profonde intimité et de connivence fondamentale qui nous fait aimer qulqu’ un que l’on ne connait pas dans la vraie vie, et qui nous as donner une part de nous à entendre, puis le quitter. Et parfois le retrouver. Ce qui revient à dire que nous vivons les chansons et les aimons aussi en fonction de nos propres états émotionnels.

Philippe Lubrano Lavadera Et ouis il me semble aussi que si on aime on croit ue c’est bon. Demandé à ceux qui aime Jean Jacques Golman si i pense que c’est de la drouille ? Ce qui me laisse à penser qu’ il y a de l’égo la dessous…..Qui oserait dire qu’il aime de la merde ?

Cyril Maillefer Le thème est fertile.

Mary Villars Tonicello Pourquoi mercredi c’est fini ? Moi je trouve tous ces échanges revigorants et vivifiants, et comme je ne fais pas de thalasso , j’apprécie !

Sarclo Ret C‘est juste que je suis au bout de ce que j’ai à dire sur ce bazar…

Mary Villars Tonicello C’est une bonne raison.

Marc Havet Les adjectifs, c’est comme les scènes de cul dans les films
Si c’est juste pour remplir ou alors si ça apporte vraiment quelque chose à l’histoire

Sarclo Ret Tu veux dire une vraie scène de cul avec les poils ou juste une couillonnade en contre-jour devant la cheminée ?

Marie-Anne Favreau Vas-y Sarclo
Perso, j’adore..

 

Et ça continue demain samedi, jusqu’à dimanche …

Sarclo a ses règles. Ou comment fabriquer des chansons… Quatrième jour…

14 Sep

PhotoNGabriel2013

Quatrième règle : ÉVITER LES QUATRIÈMES DE COUVERTURE. Une chanson ne sert pas à clarifier une situation ou une pensée, mais à l’interroger. Une idée ou un sentiment n’a d’intérêt dans une chanson que s’il charrie de l’incertitude. « Mais voilà que tout au bout de la rue est arrivé un limonaire avec un vieil air du tonnerre qui nous a fait chialer tant et plus » (Caussimon, « Comme à Ostende »). Chaque fois qu’on entendra la chanson le limonaire va démarrer autre chose dans votre esprit et vous emmener à un autre endroit. Si à la lecture d’une chanson vous pouvez déterminer ce que l’auteur a voulu vous dire, si à chaque écoute le sens en est le même, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.

Contre-ordre : « Dollar » de Jean Villard « Gilles ». cette chanson a un message clair : le dollar ne se mange pas et l’or non plus. Mais c’est balancé sur un ton de jolie colère presque désinvolte et le défilé rapide des images fait qu’on n’a pas l’impression de subir une leçon. Rares sont les chansons à message qui sont supportables. (et je demande bien entendu pardon pour celles que j’ai commises).

(Concernant la chanson … quelques rappels au règlement … on peut toujours tomber sur un contrôle … Alors voilà, ça continue, on est à la moitié…)

Geoffroy Lardé Sarclo veut-il subsister graâce a facebook? J’adore tes chansons, mais tu reviens sur mon facebook toutes les 20 mn avec le meme post????

Stefan Martin Ce n’est pas le même post, mais juste les quatre premières règles de Sarclo Ret 😉

Christophe Pochon La bible du Dieu Sarclo Ret en gros. Intéressant. Et ça peut paraître prétentieux de sa part. Ça l’est un peu. En même temps je me dis que c’est peut-être pas ça et qu’il explique justement comment il voit les choses pour lui-même, pour ses propres chansons. Mais il est casse-couilles quand même, parce qu’il se permet de juger les autres. Et ça c’est prétentieux. Il est capable de répondre de manière très manipulatrice en citant mes propres chansons pour démontrer qu’elles sont des merdes. Mais non, il ne va pas le faire. Il ne sait pas même pas que j’existe 🙂 J’ai aimé Sarclo et ses chansons, mais ces derniers temps, il m’agace. Et je ne dis pas pour autant que c’est une merde. En fait je crois que ce qui me dérange le plus dans cet inventaire, assez intéressant, c’est que ce qui n’entre pas dans ce cadre soit traité de merde.

Sarclo Ret Quand je vais à table et que je goûte un truc bon, je dis « c’est bon ta merde! » respire avec le ventre. Quand je dis c’est de la merde, ça veut dire « moi je cherche à faire autre chose« .

Zébulon Pellé faut « respirer avec le ventre« …je l’ai fait et ça marche ! 😜

Yann Buttner Ces conversations autour des théories sarclo sur la chanson me passionnent. Parce que je m’essaye à en écouter (comme une ménagère)? Parce que je tente d’en commettre (comme une institutrice) ? Parce que l’on en est tous là et qu’on essaye de ne pas faire de la merde ? Pourquoi est-ce que je trouve effectivement que Astier, lacouturre, sylvestre, vian, moustaki, joyet, Béart, Bernard, sarclo… (je ne crois pas avoir encore dit de gros mots) apportent un truc en plus ? Pourquoi est-ce que je pense en même temps que l’émotion générée par une chanson peut apporter énormément à l’humanité, même si c’est une merde ? Juste parce que c’est une chanson et pas un simple texte qui sera disséqué par une institutrice ? Cette émotion est impalpable et, que les non ménagères me le pardonnent, elle leur a fait couler les mêmes larmes qu’à moi ou à peut près pour « comme toi » de Goldman, de « je t’aime » de lara Fabian, « je pars » de Sardou (argrr pardon pour le gros mot…). Sur cette théorie sarclo j’ai une question pour lui: comment Piaf a-t-elle pu être aussi géniale sur « l’enseigne de la fille sans cœur » et sur « a quoi ça sert l’amour « ? Ce n’est pas un « contre ordre » en tout cas! Je n’ai qu’un début de réponse que j’emprunte à Truffaut dans « la femme d’à côté » : Fanny Ardant y disait joliment « les chansons disent toujours la vérité ». Vivement le 5eme amendement ! ce sera peut-être une insulte pout toi Sarclo mais je trouve cette chanson à propos dans la conversation https://www.youtube.com/watch?v=vc8maD9nSj4

Charles Aznavour – Pour essayer de faire une chanson

Charles Aznavour – Pour essayer de…

Yann Buttner eh dis?! tu veux pas arrêter la chanson?? A nous expliquer comment tu voudrais les faire???? (pardon pour le « tu », je reviens du Quebec) Moi, finalement dans le genre j’aime bien celle làhttps://www.youtube.com/watch?v=rvhHlspLGPY (essaye au masculin ça pourrait être marrant)

Anne Sylvestre – Il me manquait une chanson

Yann Buttner Pour le coup, à discuter mais les protagonistes sont improbables! juste pour savoir, une merde ou non? Gilles ou Sarapo? ou entre les deux? https://www.youtube.com/watch?v=zZzNOhDAhYA

Hommage de Georges Moustaki à Véronique…

Schneider Jean-François Oui, finalement, le plus intéressant dans l’histoire, c’est l’énigme des chansons qui vous collent aux tripes… et transgressent les « règles », lesquelles semblent pourtant très pertinentes… Je ne sais pas si ça fera partie des 8 règles mais moi j’en ai constaté une : les bons sentiments font généralement de grosses m… Mais, là aussi, il y a des exceptions !!!

Sarclo Ret Celle de Charles A., c’est la chanson faiblarde et il la boucle en moins de 2 minutes. c’est bien foutu mais un peu scolaire. Il déroule un savoir faire graphomane et mélodique qui en rappelle plein d’autres. Il faut s’entraîner à enterrer ce garçon, c’est pour bientôt… 
U
ne fois j’ai fait sauter en l’air Anne Sylvestre en lui disant que ses arrangements étaient datés au carbone 14. Sur cette chanson elle déroule les mille et une recettes qui nous font pardonner de ne pas avoir fait justice à son immense talent. On l’a appelée la Brassens en jupon, mais tonton ne commettait pas ce genre de fautes de goût et on le reconnaissait à la seconde.
C
elle de Moustaki c’est une chanson esquisse. Elles peuvent être impec. Ce qui marche terrible, et c’est en rapport avec la règle d’aujourd’hui: ne pas dire les choses, ça les bloque, n’y faire qu’allusions. ne pas faire les fonds de tiroirs des détails à donner, mais faire virevolter l’esprit en donnant le dixième d’une info pour passer au dixième de la suivante. avec ce petit défaut, Pierre Delorme voulait que je parle de musique et je ne suis pas bien qualifié, mais: il déroule cette facilité coupable des chanteurs guitaristes moquée par Gainsbourg sous le nez de Béart, de faire la si facile pince à trois doigts ré mineur la mineur mi majeur (en tout cas c’est ce que j’entends) qui lui fait faire sa mélodie automatique.
M
oi je vous en propose une aussi: on a pas mal parlé de ménagères et de tupperware… lLa chanson vient à la fin et elle est pas trop longue. www.youtube.com/watch?v=V9CRzEI5tig

Marie-Thérèse Porchet : La réunion Tupperware -…

Hervé Perdry Je crois bien que je suis d’accord pour Anne Sylvestre, il m’est arrivé une fois de l’entendre à la radio accompagnée par une simple guitare et c’était tellement mieux que l’arrangement de la version studio…

Vivian Deux Il faudrait que tous les chantistes réenregistrent leurs morceaux en guitare-voix. Les vieux arrangements sont parfois pénibles.

Hervé Perdry Ou piano-voix, ou même quelque chose de plus complexe, mais pour certains un truc dépouillé où on les entend bien ça ferait du bien oui.
Mais faut pas généraliser, pour moi le problème ne se pose jamais avec Higelin ou Nino Ferrer (qui serait bien en peine de réenregistrer quoi que ce soit 
😥) pour prendre les deux premiers exemples qui me viennent à l’esprit.

Sarclo Ret En ce qui me concerne j’ai enregistré une compilation accoustique : « des tendresses et de cochoncetés« , un duo de guitares avec Bob Cohen, pour avoir l’occasion d’écouter ce qu’il faisait sur scène avec moi, est j’ai été agréablement déçu…

Sébastien De Lyon Gainsbourg était très fort dans ce domaine.

Norbert Gabriel J’ai beaucoup révisé mon admiration pour Gainsbourg suite au plagiat scandaleux envers Olatundji, ça jette une ombre sur pas mal de ses « créations ».. Et humainement, c’est franchement détestable.

Sébastien De Lyon Oui Norbert, de même, j’ai découvert ça avec internet…

Joël Burkhard Rares sont les chansons à message qui sont supportables, tu y vas fort, du coup les Brassens Renaud Saez Bühler qui font ou faisaient beaucoup ça c’est des merdes?🤣

Hervé Perdry Béranger, Anne Sylvestre… les contre-exemples ne manqueront pas. Pour ma part je propose une chanson dont le message est clair est net (il ne s’agit pas du même Béranger !) https://www.youtube.com/watch?v=pr5MVAc3u2s

Les Quatre Barbus – Monsieur Beranger

Joël Burkhard Merci pour la découverte

Jose Maria Baulenas Renalías Il y a beaucoup de « Merdes » millonaires….

Sarclo Ret Ça nous est égal.

Christophe Thiebaud Non, c’est bien ces histoires de règles. Avec celle de l’adjectif on peut s’amuser oulipiennement à les enlever de textes connus, et c’ est marrant. E.g.


« 
Les talons luttaient avec les jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
Interceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d’un insecte
Inquiétait le col des belles sous les branches,
Et c’était des éclairs soudains de nuques,
Et ce régal comblait nos yeux de fous.

Le soir tombait, un soir d’automne :
Les belles, se Pendant à nos bras,

Dirent alors des mots tout bas,
(et) notre âme depuis ce temps tremble et s’étonne. »

Sarclo Ret On peut avoir le texte complet ?

Christophe Thiebaud Les Ingénus


Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
Interceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d’un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles sous les branches,
Et c’était des éclairs soudains de nuques blanches,
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.

Le soir tombait, un soir équivoque d’automne :
Les belles, se Pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,
Que notre âme depuis ce temps tremble et s’étonne.

 C’est surtout début qui fait marrer: « les talons luttaient avec les jupes » au lieu de « les hauts talons luttaient avec les longues jupes ».

Eric Maurin C’est sûrement une contrepèterie…

Eric Maurin https://www.youtube.com/watch?v=Wx7vKvQ4axQ

Richard Gotainer – Le Youki – ClubMusic80s – clip officiel

Sarclo Ret Eric Maurin est un super DJ. aucun doute.

Eric Maurin On y travaille !

Eric Maurin Quoi qu’il en soit, comme dit Stéphane San Séverino, une bonne chanson est une chanson qui te fout les poils, et c’est subjectif. Le reste, c’est de la branlette. Certains morceaux de Dylan ou de Sarclo ( pour faire dans la flagornerie…, « Du brun », par ex…) me mettent la chair de poule. D’autres, des mêmes, m’en touchent une sans faire bouger l’autre. Pour le reste, règles, convenances, etc… pouf pouf ! Si c’est bon, c’est bon, quel que soit le style… J’ajoute que tout est quasiment dit dans ce livre, qui est pour moi une bible, et ne traite pas que du rock ni de la pop… https://images-eu.ssl-images-amazon.com/…/51KAPH9WV1L…

A ce sujet, le point de vue de Nick Cohn, qui avec Nick Tosches et Dave Mc Gillian reste un des plus grands chroniqueurs et observateurs de la pop music, sur Dylan, est saisissant de lucidité.

Régis Morse A quand la ménopause ?

Sarclo Ret C‘est ce soir, c’est ce soir..

Yann Buttner Est ce que ce n’est pas ça finalement le mieux du monde? https://www.youtube.com/watch?v=1OJKglyt-Lc

Félix Leclerc – Prière bohémienne

Yann Buttner je regarde et j’écoute, toutes les règles et contre ordre sont respectés avec une petite âme en plus, avec l’épièglerie d’un Sarclo, avec « te l’ai dit en janvier , te le dirai en août » et je vous aime tous dans ce bordel, et moi j’en pleur! des bisous

Michel Crenn Je trouve que l’ami Sarclo a des règles parfois douloureuses, mais ne dit on pas enfanter dans la douleur ? Merci a toi professeur !

Sarclo a ses règles. Ou comment fabriquer des chansons… Troisième jour.

13 Sep

PhotoNGabriel2013

Troisième règle : ( Il y en aura huit ou neuf) un spectacle de chansons n’est pas une leçon de géographie. LES ÉLÉMENTS DE COSMOGONIE GÉNÉRALE SONT À UTILISER AVEC CIRCONSPECTION : Richard Desjardins donne un exemple de leur utilisation correcte : «Ton dos parfait comme un désert quand la tempête a passé sur nos corps, un grain de beauté où je m’en vas boire… » (« Tu m’aimes-tu ? »). La tempête et le désert sont évidemment des évocations de bouleversements intérieurs et non des éléments de bulletins météo. Si, à la lecture d’une chanson, la nuit n’est qu’une nuit, et le vent ne sert qu’à faire bouger les cheveux de l’être aimé, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.

Contre-ordre : « il pleut sur le lac majeur, j’ai tout oublié du bonheur » l’élément météorologique est bien là pour symboliser un état d’âme, et non pour se représenter lui-même, mais l’état d’âme est si misérable que ça ne sauve rien. La chanson est une merde, et la règle est inopérante.

« ll y a des gens qui veulent mettre le soleil sur une toile, et on voit une tache jaune, et y a des gens qui mettent une tache jaune, et on voit le soleil. » Pablo Picasso

(Concernant la chanson … le format FB donne lieu à plein de réactions pas mal … Alors voilà, ça continue…)

François Lecae Ton explication est comme un soleil posé sur le ciel de Bretagne…Merci!😂

Sébastien De Lyon Il pleut sur Nantes et je me souviens Le ciel de Nantes me rend le cœur chagrin…

Schneider Jean-François Bonne exception à la règle… (mais c’est « rend mon cœur chagrin »)

Sarclo Ret Barbara chante le chagrin bizarre que lui procure la mort d’un père abusif. C’est tellement lourd d’allusions que la laideur ou la beauté de Nantes et de la pluie sont totalement impressionnistes plus qu’illustratifs. Ça a les mêmes qualités que la chanson de Desjardins.

Sébastien De Lyon Je viens d’écouter la chanson de Desjardins, je ne connaissais pas. Putain qu’c’est beau, merci Sarclo.

Stéphane Cadé Il pleut, Jouons du bugle

Michel Feilner En mai fais ce qu’il te pleut. (Belgique)

Pierre Delorme André Gide est à la poésie ce que Sarcloret est à la chanson: 🙂
« 
Je me souviens d’avoir entendu Verlaine, ce musicien, déclarer que, de beaucoup, il préférait à Hugo Lamartine. En tout cas Lamartine est le premier en date et c’est de lui qu’il convient d’abord de parler. Il a des départs prestigieux et je ne connais rien qui puisse être comparé aux premiers vers du Lac ou du Vallon ; mais son essor atteint aussitôt son plafond ; hauteur où il plane ensuite inlassablement (ou du moins ne lassant que le lecteur), sans sursauts, sans nouveaux coups d’ailes. Ce qui manque le plus à ces suites de vers, d’un bercement égal et quelque peu fastidieux, c’est à quoi Baudelaire excellait avec audace : la surprise. Mais, dans le flasque, c’est encore ce que l’on a fait de mieux ». Préface de l’Anthologie de la poésie française d’André Gide, (Lu sur le blog Le jardin aux chansons qui bifurquent de Nicolas Trotignon)

Sarclo Ret Gide : « la mode, c’est ce qui sera vilain l’année prochaine » et « les gens ont de la poésie une idée si vague qu’il la prennent pour la poésie elle-même ». J’aimerais beaucoup être aussi utile que ce garçon.

Pierre Delorme A-t-il vraiment été utile ? Ou du moins perspicace? On peut le penser, mais en même temps, on peut s’interroger sur la clairvoyance d’un type qui, lecteur chez Gallimard, refuse le manuscrit de Marcel Proust. 🙂

Schneider Jean-François Pierre Delorme A donf d’accord avec Gide : jamais pu dépasser la 3e page d’un Proust !!

Pierre Delorme Si on ne peut pas dépasser la 3e page « d’un » Proust, il faut lire l’autre ! 🙂 A part ça, c’est bien dommage. Mais bon, on peut s’en passer.aussi.

Pierre Delorme Ce qui est frappant est que Gide, écrivain mineur et lecteur pour un grand éditeur, passe à côté d’un chef-d’oeuvre de la littérature mondiale. Il parait qu’il s’est excusé ensuite, mais quand même… 🙂

Schneider Jean-François Ecrivain et critique ne demandent pas les mêmes qualités…

Pierre Delorme être lecteur pour un éditeur n’est pas le même métier que critique, même si certains mélangent les genres. Ajoutons à la décharge de Gide que le génie n’est pas toujours facile à apercevoir, c’est toujours plus simple après coup.

Schneider Jean-François Exact. Mais, il n’est pas sûr non plus qu’il existe des critères de définition universels… Le critère premier de l’éditeur, c’est quand même le chiffre d’affaire pressenti !!

Pierre Delorme Je pense qu’à l’époque c’était bien moins marqué qu’à présent, l’éditeur avait aussi une mission « culturelle », il publiait des romans au goût du public mais publiait aussi des oeuvres plus nouvelles et difficiles d’accès, comme un genre de pari sur l »avenir ou simplement parce qu’il avait des convictions. Denöel qui publie Le Voyage au bout de la nuit, est convaincu d’avoir affaire à une oeuvre majeure.

Schneider Jean-François Je n’ai pas dit que c’était le seul critère ! Mais, reconnaissons qu’il y a en permanence « conflit d’intérêt » entre la sincérité des convictions et l’exigence… de survie économique.

Hervé Perdry J’ai essayé de lire Gide, je me suis emmerdé. Par contre, À la recherche du temps perdu, je l’ai dévoré.

Hervé Perdry Évidemment je n’entends pas formuler une opinion définitive sur Gide, il faudrait que je m’emmerde plusieurs fois pour être tout à fait sur de ne pas aimer.

Hervé Perdry Pierre Delorme oui je crois qu’il s’est excusé aussitôt après que Proust a publié le premier volume à compte d’auteur.

Hervé Akrich Malgré toute la compassion que m’inspire le parcours exemplaire de ce pauvre Sarclo, qui a traversé le Léman sur un radeau de fortune pour accoster sur nos rives et trouver refuge en Seine St Denis, terre d’accueil s’il en est, je crois de mon devoir d’intervenir pour préserver la dignité de notre belle langue. Deux fois que je me retiens mais là c’est plus possible. Voilà ce que c’est quand on trahit sa patrie, on s’essaie à un langage dont on n’a pas été nourri au sein, et on écorche. Je pense que lorsque l’helvète nous dit « contre ordre », il faut lire « contre exemple ». Accordons-lui toute notre indulgence, comme on dit au samu de Bombay.

Sarclo Ret lLe proverbe (suisse) dit : « devant un ordre, attendons le contre-ordre, pour éviter le désordre« . C’est comme ça, une logique militaire approximative qui a su garder notre riante patrie à l’écart des conflits. Une édition du « Livre du Soldat » indiquait : « il est difficile de travailler dans l’obscurité, car on n’y voit pratiquement rien« . A part ça la Suisse Romande est la seule partie « réformée » de la francophonie. je ne suis pas un dépatrié économique ni linguistique, je suis un dépatrié sexuel et spirituel. Merci à Hervé pour son enrichissante contribution.

Schneider Jean-François Ce serait pas « contrordre », sans vouloir vous écorcher…

Jean Dekkers Un autre secret qui faisait toute la supériorité de notre Hell-vessie, lu un jour dans un livre réservé aux officiers en cuisine; la liste des ingrédients nécessaires à la confection de ce sommet de l’art culinaire que constituent les pommes de terre au sel, je cite : « pommes de terre, sel »
D’autres questions ?

Gilbert Laffaille Pas d’eau ?

Jean Dekkers Gilbert Laffaille J’ai bien peur que non…

Gilbert Laffaille Jean Dekkers Même pas un peu d’eau en poudre ?

Sarclo Ret Celle qu’on dissout sous le robinet?

Gilbert Laffaille Sarclo Ret Celle-là même, celle qui est lyophilisée.

Félix Lobo Tu m’aimes-tu est un orgasmique chef d’oeuvre dans lequel Richard Desjardins dompte un florilège de métaphores plus savoureuses et majestueuses les unes que les autres. On y apprend qu’une femme qui vous conduit à l’orgasme vous fixe le squelette, qu’on peut croire qu’une femme trop belle pour nous qui nous accepte est « un cadeau de la mort… j’en crois pas mon corps« … Bref… à disséquer ce monument on n’en goûtera pas le millième de la saveur…
A noter que l’ingénieur du son voulait à tout prix caser sa Start-Finishing Reverb et que quand Richard Desjardins a chanté « Tu m’aimes ? « , un clandestin TU s’est glissé en bout de réplique, ce qui a rendu ce refrain ultramoins court mais tout à fait remarquable.
Dans ce studio, on conserve précieusement quelques pépites enregistrées la même semaine : »Ne me quitte pas ne », « Laisse béton laisse », « Les lacs du Connemara les » ainsi que « Quand Jules est au violon quand » et « Yesterday yesterday ».
Bonne journée à tous bonne !

Schneider Jean-François Le « tu » redondant est typiquement québécois ; rien à voir avec les manipulations de l’ingé son…

Félix Lobo Fadaise. Renseignez-vous.

Schneider Jean-François Ça m’a été présenté comme ça par des québécois… Enquête rapide, sur site relatif au « québéquismes »…) : il serait donc impropre de parler de pronom redondant… Mais la pratique du double « tu » est bien avérée. « Jesoutiens les explications de Nicomon. La particule interrogative -tu du parler québécois est une variante phonétique du vieux français populaire -t’y. 

Félix Lobo Jean-François, vous m’inquiétez.

Schneider Jean-François Pourquoi donc ? On doit aussi, en cherchant un peu, trouver des exemples dans Vigneault… Mais, je n’ai pas le temps de chercher aujourd’hui…

Félix Lobo C’est le fait que vous ayez pris ma guignolade au sérieux. Avez-vous lu les exemples farfelus qui ont illustré ma théorie primesautière avez ?
Vous fûtes un tantinet piégé mais avez néanmoins enrichi ce débat avec courtoisie et intelligence. Merci à vous !

Félix Lobo (Bon… Et Sarclo aurait confirmé ma théorie sur la Reverb s’il ne m’avait pas banni depuis l’épisode Vian)

Félix Lobo (Quel soupe au lait… Helvète de mule)

Schneider Jean-François Bien joué (je dois être fatigué !!) Mais, je pensais en lisant aux exploits « studio » des Beatles, qu’on relatait récemment à la « TSF » : donc, j’ai pensé que c’était crédible, cette histoire de reverb !! C’est comme ça que les rumeurs s’épanouissent : il y a toujours un petit quelque chose de « possible »…😂

Xavier Lacouture Petite remise au marbre concernant le lac majeur , il ne pleut pas , il neige ..Il neige sur le lac Majeur
Les oiseaux-lyre sont en pleurs
Et le pauvre vin italien …

Ah quand même, il y en a un qui suit. Et un bon !

Sarclo Ret  Yen a plein qui suivent. mais pas que les détails. Ça t’épate?

Catherine Laugier · Non, pas un détail, puisque c’est la base d’une démonstration. Tu as extrait deux vers, et en plus erronés. Mais à part ça tes théories sur la chanson sont très intéressantes, pour une fois que tu ne déconnes pas.

Sarclo Ret La démonstration est faite sur une immense chanson, « Tu m’aimes-tu« , je m’ai gourré sur la variétoche en contre-ordre. pardon. et toi tu la ramènes à chaque fois pour couper les cheveux en quatre. je suis moyennement surpris, sauf que tout d’un coup en a un qui serait bon. tu te mouilles un poil? bravo.

Catherine Laugier Quand on démontre on fait attention, mais bon, pas grave. Tu as été plus patient sur la remarque sur un autre détail, contre-ordre plutôt que contre-exemple 🙂
Richard Desjardins est un de mes auteurs préférés, et je ne dis pas j’aime, j’aime pas. J’ai des raisons pour l’apprécier. Cependant la chanson ne touche pas que la raison. J’arrête là. Passe une bonne soirée.

Sarclo Ret Catherine Laugier C’est rigolo, ce mot « cependant »… Depuis quelques mois je remarque que les gens de gauche disent « pour autant » et les gens de droite « cependant ». le risque existe, à l’oral, de se faire choper sur le D qu’on prononce quelque fois comme Giscard quand il dit « édredon ». Les gens normaux disent « mais » qui marche pas mal. Pour autant si tu veux dire cependant…

Catherine Laugier Coupeur de cheveux en quatre, tu disais ? Je n’ai rien de droite, MAIS ceci n’a rien à voir. Bises, chouchou.

Valérie Bour La chanson n’est pas une science exacte, personne ne détient la vérité absolue la concernant…chacun sa came…ou bien ?

Xavier Lacouture  Non mais le texte exact est bien celui d’origine …ou bien :-))

Valérie Bour Je ne remets pas en question ton commentaire sur le lac majeur qui n’est pas de la merde à mon sens mais plutôt l’idée générale de règles dans l’art de l’écriture…Chacun ses goûts et tant mieux pour nous si nous trouvons refuge, émotions, nourriture spirituelle dans des chansons qui ne font pas l’unanimité…

Sarclo Ret Evidemment, les recettes de la réussite chez Claude Astier ne seront pas celles de la réussite chez David Mac Neil, pour prendre des exemples réussis, différents et méritoires. L’objet de mon exercice, à l’aube du quatrième âge, est de dire simplement comment j’aime faire, ou comment j’ai aimé faire. Après, pour la ménagère de moins de cinquante ans, c’est probablement peu utile, et elle est parfaitement légitime de dire son attendrissement pour Michel Berger, Daniel Balavoine, Stromaé ou Dave, pour prendre des exemples qui m’exaspirent. Au delà du j’aime ou j’aime pas, je me pose la question de savoir si la chanson est « aussi » un champ de réflexion, et les multiples réponses et réactions qui se font jour sur cette page me semblent encourageantes. 
P
our le lac majeur, qu’il pleuve ou qu’il neige dessus, il semble qu’il se murmure dans les couloirs de la Sacem que Roda-Gil était un immense créateur doublé d’un penseur érudit et engagé. Je laisse cette assertion à ceux que ça intéresse et qui supportent la voix de Julien Clerc, sur ce coup là c’est moi qui fais la ménagère qui « aime pas ».

Marc David Sarclo Ret  Pour Roda-Gil, tu ne peux pas nier (de la ménagère de moins de cinquante ans, bien sûr), qu’Alexandrie-Alexandra tient du chef-d’œuvre !! 😂😂😂

« J‘ai plus d’appétit
Qu’un Barracuda
Je boirai tout le Nil si tu n’me retiens pas
Je boirai tout le Nil si tu n’me retiens pas »

Pierre Delorme la vérité n’a pas besoin d’être absolue, c’est comme l’oreille du même adjectif, sinon il n’y aurait pas beaucoup de musiciens!

Schneider Jean-François Pour en revenir à la 1ere règle… J’ai fait une vague revue de mon Panthéon personnel : la 1ere demi-règle (sur la ligne) est à peu près universelle ; la 2e en revanche (sur la strophe) est très aléatoire…

Jean-Pierre Lienard C’est fou le nombre de choses intéressantes que j’apprends dans ces commentaires

Jeannick Le Gars Rousseau Il pleut il mouille c’est la fête à la grenouille… j’aime bien la symbolique belle métaphore non?

 Il faudrait citer ce que Queneau donne comme définition de la littérature, ça ferait chic, malheureusement de mémoire j’en suis incapable. 
Bon allez j’essaie : c’est ce que les littérateurs s’entendent pour considérer comme de la bonne camelote. 
J’essaierai de retrouver la citation exacte quand j’aurai le temps…

Schneider Jean-François On dit la même chose pour les peintres. Mais, je trouve ça assez peu convaincant ; le corporatisme est-il vraiment le dernier mot ?? Ou la cooptation, pour être plus précis.

Hervé Perdry Plus que du corporatisme, je crois que c’est un constat d’échec à produire une meilleure définition…

Sarclo Ret moi, la définition de la poésie, je l’ai faite. c’est « le sens imaginaire ». en espérant que vous n’en soyez pas dépourvu.

Julien Lv Ordre : https://www.youtube.com/watch?v=-UovEBjLQ4s et contre ordre : https://www.youtube.com/watch?v=sGEwR1yt5kQ

François Béranger – Natacha

Natacha Ton nom est déjà un voyage A quoi bon dépenser nos sous A partir et pour où…

Sarclo Ret que c’est beau! merci!

Julien Lv Tout ça pour dire, que sur ce coup là, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi : les éléments de géographie, selon le mode poétique employé, peuvent être utilisés métaphoriquement ou bien comme effet de réel (et bim, je te colle ce magnifique texte de Barthes que tu connais sûrement, mais qu’il est toujours bon de relire : http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1968_num_11_1_1158)

L’effet de réel – Persée

Lorsque Flaubert, décrivant la salle où se tient Mme Aubain, la patronne de Félicité, nous dit…

Sarclo Ret Barthes est illisible, du moins cette page. Toute la géographie déclinée par Béranger dans cette chanson est un cri de pudeur. il ose à peine parler de ses cheveux. Il dit dans la même chanson l’émerveillement et la peine que peuvent successivement lui inspirer les mêmes choses selon qu’elle sont accessibles ou non. Il parle collines et on ne voit que fesses et nichons. c’est formidablement distant et c’est justement ce que je demande qu’on prenne soin de faire.

Julien Lv Barthes n’est pas illisible, non, mais l’exemple de tranche de vie ne correspond pas à ce qu’il raconte. Par exemple, Amsterdam, dans la chanson de Brel n’a aucune raison particulière d’être Amsterdam. Cela pourrait être un autre port, ce que raconte la chanson n’est pas dans le choix de la ville. Alors pourquoi répéter plusieurs fois le nom de la ville ? Pourquoi l’inclure dans le titre ? On pourrait y voir ce que Barthes appelle « l’illusion de réel » : le nom de la ville n’est finalement là que pour nous dire ceci est réel (interprétation sujette à discussion mais qui se tient et qui n’est pas pas exclusive d’une autre)

Sarclo Ret Si tu trouves cette page lisible tu es supérieurement intelligent.

Julien Lv Ahah ! J’osais pas te le dire

Pierre Delorme Pourquoi « cosmogonie », tu ne voulais pas plutôt dire « climatologie »?

Hervé Perdry Licence poétique 🙂

Sarclo Ret Non c’est bien ce que je voulais dire, tu peux ajouter la lune et les étoiles, la grande ourse et toute cette merde.

Hervé Perdry Cosmologie alors, ou peut-être cosmographie, mais on s’en branle… Une cosmogonie qui n’est pas petite et portative, c’est bien encombrant, comme disait mon chien

Pierre Delorme Dans « Auprès de mon arbre », Brassens chante « Y a cent sept ans qui dit mieux qu’ j’ai pas vu la lune », c’est de la cosmogonie ? 🙂

Hervé Perdry De l’anatomie plutôt 😀

Christophe Henchoz J’ai décroché à la première règle et demi. Vive la musique instrumentale.

Sarclo Ret Qu’est-ce que tu fais là si t’as décroché ?… J’ai bien indiqué « désabonnement gratuit »

Christophe Henchoz Je suis attiré par les trucs gratuits 😉

Sarclo Ret alors désabonne-toi…

Christophe Henchoz Je ne saurais plus quand et où tu joues. Donc je vais rester un moment si ça te va.

Sarclo Ret C’est gratuit aussi…

Pierre Delorme Attends, Sarcloret va donner les règles musicales de la chanson !

Christophe Henchoz Ok. En langage sms s’il-vous plaît.

Sarclo Ret Je sens la moquerie. ça me plait.

Michel Xib Le souci aussi dans la chanson à part la qualité des paroles, c’est qu’il faut « aimer » la voix du chanteur. Je trouve certains textes très beaux parfois, une fois que j’ai entendu la version reprise par un autre. Et quand je découvre la version originale (celle du créateur du texte) je suis parfois très déçu d’une voix qui ne me parle pas, si j’ose dire. Mais ici je ne donnerai pas d’exemple !

Sarclo Ret C’est Joan Baez et sa voix d’ange qui a fait aimer Dylan, mais au final on est tombé sous le charme de sa voix de canard énucléé… Mais moi qui ai aussi un organe fluet (je parle de ma voix) je propose ici un débat sur l’écriture…

Michel Xib Tu parles de chansons, donc une chanson ça se chante non ? Et puis une voix fluette ou pas, on aime ou on aime pas.

Sarclo Ret Là tu es dans le point de vue de la ménagère, j’aime ou j’aime pas, qui n’offre aucune prise à la réflexion. Sans me moquer de toi je me fiche de ce que tu dis. avec ça en effet je suis incapable d’écouter les paroles d’une chanson de Julien Clerc parce qu’il me va sous les ongles.

Michel Xib Ben la ménagère elle aime bien ta voix Sarclo rassure toi !

Philippe Lubrano Lavadera Moi je crois que la chanson n’est pas affaire de recette générale mais de recette singulière. Et très franchement elle peut-être, pour moi, une grande source d’inspiration et de réfléxion qui m’ aide et me stimule dans la vie, et aussi un vrai objet « intellectuel » dans le sens ou on peut s’amuser à le déconstruire, à le reconstruire, etc. C’est un objet complexe. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai jamais compris ce débat sur « art mineur »  » art majeur ». Et peut-être, au risque de passer pour un flagorneur de bas état, «  »l’aveugle et le chien », ma parle mieux de liberté et de dépendance que beaucoup de texte que j’ai lu. Comme « mourrir pour des idées » me parle mieux de politique, de pouvoir et d’idéologie, que bien des philosophes.

Sarclo Ret Bien sur. merci. J’essaie juste d’expliquer ma façon de faire. Si je dis j’aime Brassens et je n’aime pas Ferré, ça n’éclaire rien. Si je soulève le tapis pour voir où ils ont mis la poussière, ça éclaire peut-être un peu plus.

Pierre Delorme As-tu une règle avec les rimes et la métrique ? D’enfer et implacables chez Brassens, plus cool chez Ferré, très aléatoires chez Brel… Bref, des prosodies très différentes.

Sarclo Ret Personnellement je suis fan de Charles Cros ET de Prévert, ce qui veut dire que si on veut faire chez Parnasse, on peut, et si on veut s’en libérer, pareil. L’avantage de la belle rime, c’est que les choses prennent des airs de proverbe, de vérité indiscutable.

Christiane Daynac les règles ont pour principale fonction d’inciter à les transgresser !!!!

Régis Morse Y a la suite à cette chanson où il se moque de lui même en disant que ca fait agriculture Beranger le géant ignoré

Sarclo Ret Renaud m’a dit en 96 : « on m’a reproché un tas de trucs, sauf d’avoir pompé Béranger, et pourtant… » et il le considérait bien comme le patron à l’époque où il s’y est mis, et où il l’a un peu poussé de côté par son propre succès.

Régis Morse Ah bah ça le Renaud de Melusine est clairement inspiré par Beranger !

Vivian Deux

Vivian Deux Je crois que là ça parle du vent sans métaphore : 


Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Les jean-foutre et les gens probes
Médis’nt du vent furibond
Qui rebrouss’ les bois, détrouss’ les toits, retrouss’ les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S’en soucie, et c’est justic’, comm’ de colin-tampon

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Bien sûr, si l’on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux
Le vent semble une brut’ raffolant de nuire à tout l’monde
Mais une attention profonde
Prouv’ que c’est chez les fâcheux

Qu’il préfèr’ choisir les victimes de ses petits jeux

Sarclo Ret Ce vent qui fait voler les jupons et chier les bourgeois, en 1952, n’est pas chiant du tout. Tous les auteurs qui ont un peu de niveau savent utiliser ce bazar. on est pas sur le point le plus ferme de mon règlement. Néanmoins… On est jamais à l’abri d’un contrôle…

JG Felbeuse · Si j’étais un hérisson/ Je t’écrirais des chansons/ où y aurait des crépuscules/ sur des matins majuscules …

Hervé Perdry D’après moi ce qui ne va pas avec cette histoire de neige sur le Lac Majeur, c’est que ça cause fort à celui qui connaît ce lac et sa beauté, mais pour celui qui ne connaît pas c’est un peu comme s’il y avait « il fait drôlement frisquet au Lac du Gros Groin ». 
Contre-exemple (à mon avis au moins), pourtant bâti sur exactement le même principe du « il fait tel temps à tel endroit » : « il pleuvait sans cesse sur Brest, ce jour là » — t’as pas besoin de connaître Brest et la rue de Siam, l’Arsenal, le port, tu les imagines, peut-être de travers, ça pourrait d’ailleurs être un lieu complètement imaginaire — cette chanson a toujours éveillé des images en moi bien avant que je ne mettre les pieds à Brest, un vrai diaporama mental (et j’avoue, la rue de Siam je la voyais moins large, et un tout petit plus en pente je crois bien). Et je crois me souvenir qu’il y a un message dans cette chanson, tiens, en plus.

Christiane Daynac les règles ne sont là que pour qu’on puisse les transgresser !!!!!!

 

Et demain jeudi, la quatrième règle…

Sarclo a ses règles. Ou comment fabriquer des chansons… deuxième jour.

12 Sep

PhotoNGabriel2013

Deuxième règle : Dans ses Chroniques, Bob Dylan explique comment Brecht lui a permis de voir le moyen d’aller au-delà de Woody Guthrie : EN METTANT DU POISON DANS LES CHANSONS. « Und Machies der hat ein Messer, doch das Messer sieht man nicht » (Mackie a un couteau, mais le couteau, on ne le voit pas). Brecht nous fait nous identifier à un salopard. Une chanson n’est pas là pour vous apprendre quoi que ce soit, ni pour faire partager des lieux communs ou des bons sentiments. Elle est là pour : surprendre, indigner, gondoler, chauffer, glacer, effarer. Si à la lecture d’une chanson vous voyez des éléments qui pourraient faire partie d’un éditorial, d’un tract, d’un programme, ce n’est pas une chanson, c’est une merde.

Contre-ordre : « Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère / Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit / Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre / Je n’ai rien qu’aujourd’hui !… » Sainte Thérèse de Lisieux chanté par Pierre Eliane (Thérèse’s songs) pas un atome de poison, un unique et bon sentiment, un chef d’œuvre.

« J’étais pas sûr d’avoir le temps d’écrire toutes les chansons que je voulais, alors j’en commençais une par ligne » Bob Dylan (voir aussi règle précédente)

(Concernant la chanson … suite … vous en aurez une par jour pendant un moment. désabonnement gratuit… alors voilà.)

Seb Dihl Ça m’a fait penser à Batlik, et à ce qu’il me disait un jour en parlant de son album »Mauvais sentiments ».  Va l’écouter si tu as une heure à gagner (et si par zazar tu ne connais point cet album).  Bises😉

Sarclo Ret y a aussi « Mes chants » de Vincent Baghian sur le même fil

Christiane Daynac T’as la migraine toi, quand t as tes règles ?

Sarclo Ret  On a pas encore parlé de Jeanne Cherhal… J’aimerais bien faire douze chansons par an, surtout belles comme les siennes.

Jaileene Adam Mais les commentaire de Sarcloret sur ses collègues on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon!

Sarclo Ret Jeanne Cherhal est un ange. Rien à dire de plus.

Joël Burkhard Sarcloret a écrit « d’accord » une des plus belles chanson de rupture et je m’y connais j’adore ce thème dans les chansons évidemment 🤣 alors douze de cet acabit ça m’irait bien, pis le Cherhal ça lui irait pas 😄

Pierre Delorme Soit c’est une chanson, soit c’est une merde… Pour ma part je croyais qu’il y avait une infinité de nuances entre les deux, à savoir une sorte de marécage où surnagent la plupart des chansons, destinées à l’oubli.

Sarclo Ret Pour le public bien sûr, mais pour le gars qui fait des chansons, si c’est pas réussi, c’est raté: du brun.

Pierre Delorme Comment savoir si c’est vraiment réussi tant que la chanson n’a pas touché des gens ? Si elle est réussie pour soi-même, c’est mince. D’autre part, tu n’évoques que le texte dans ces réflexions, or la réussite vient souvent de l’alliage avec les notes, du moins est-ce mon avis! 🙂 

Sarclo Ret Pierre Delorme Ton raisonnement rejoint celui de ceux qui se demandent combien on fait d’entrées… Si je ris ou si je pleure en chantant un truc pour la première fois, je suis heureux comme Zorba avant que ça s’écroule. En effet je n’ai pas encore parlé de musique, mais ça n’est pas mon point fort et on n’en est qu’à la deuxième recette.

Pierre Delorme Non, ça n’a rien à voir avec le nombre (d’entrées ou autre), c’est simplement que ce qui ne touche, ou n’intéresse que moi, est pour moi sans importance. S’émouvoir tout seul avec sa propre chanson est à la portée du premier venu et n’a, à mon avis, pas d’intérêt. Mais chacun ses goûts. 🙂Pour continuer de répondre à ta recette: on peut écrire un texte bien ficelé, selon tes critères, mais tant qu’on n’a pas trouvé « la » musique ad hoc, ça ne vaut pas grand chose. Le problème est qu’un texte « bien ficelé » peut être facilement mis en musique, ça marche toujours, mais trouver la musique dont on aura l’impression qu’elle n’était faite que pour ces mots-là, et pas d’autres, c’est une autre paire de manches.

Sarclo Ret Tu as bon, encore que pour qu’une œuvre fasse du sens il faut qu’elle rejoigne les gens, ET qu’elle soit l’expression d’une personne qui s’est trouvée, qui s’est cherchée. la démarche vers cette crue sincérité doit au départ ne pas s’occuper de l’accueil qui lui sera fait, puis faire la démarche d’atteindre les sensibilités des autres.

Patruche Mercier J’aime bien parce que c’est ma démarche, ce qui n’augure en rien de la qualité de ce que je fais…quand ça parle, c’est le pied…merci pour ces mèches allumées de la discussion, péremptoirement certes…

Pierre Delorme Sarclo Ret Bien entendu, il ne s’agit pas de viser le public, mais d’être en accord avec quelque chose qu’on cherche à atteindre. Ce que je voulais dire est que si on a l’impression de l’atteindre mais que personne n’y est sensible, alors ça ne correspond à rien ou il faut compter sur la postérité, une idée qui hante la plupart de ceux qui ne rencontrent, ou n’ont pas rencontré, le succès. Il est très difficile de se dire qu’on a atteint ce qu’on voulait avec sincérité et que personne n’est touché. Cela dit, chacun trouve toujours quelques âmes charitables pour être sensibles à sa production. ça permet de continuer. 🙂

Hervé Perdry Je n’écris pas de chanson mais ça va pas m’empêcher d’ouvrir ma gueule ; je fais d’autres choses avec lesquelles je peux faire un parallèle. 

Voici donc mes deux balles : si on a la certitude d’avoir pondu un bel œuf, quelque chose de juste, quelque chose qui méritait d’être fait, ou même qui devait être fait, c’est ça qui compte avant tout — pas de trouver une audience. Il y en a qui ont la chance que ce qui est juste à leurs yeux rencontre une audience, avec parfois la célébrité à la clef, tant mieux pour eux ; il faut bien sûr montrer ce qu’on fait, et le montrer le plus honnêtement possible ; mais juger le résultat en fonction de l’audience rencontrée, ça conduit trop de gens à faire ce qui est à la mode, à tout prix, à faire ce qui plaît, sans se demander si ça leur plaît — puisqu’en fait au bout du compte ce qui leur plaît c’est le succès.
Et ne pas rencontrer le succès ne veut pas forcément dire qu’on compte sur la postérité, au sens du succès posthume : il y en a sans doute pour caresser ce fantasme, mais c’est un fantasme un peu démodé. On sait bien, en chanson comme ailleurs, que la production est devenue tellement énorme, pléthorique, qu’on ne déterre plus rien, presque plus rien, et que si jamais on avait un peu d’avance sur son temps on sera au mieux exhumé par deux ou trois spécialistes, mais pas par « le public ». Le succès posthume c’est bon pour les gens qui sont morts avant 1900, je veux bien transiger à 1950… Je sens qu’on va me sortir des contre-exemples, JK Toole, qui d’autre ? Il y a bien les gens un petit peu connus qui ont une bouffée de sympathie quand leur mort est annoncée, parce que peut-être leur mort est annoncée plus largement que ne l’a été leur vivant, mais ça n’est pas la postérité, ça ne dure qu’un instant. 
Bref tout ça pour dire qu’il est essentiel d’avoir la conviction qu’on a fait une chose juste, d’avoir une démarche sincère, avant tout, et que le succès, c’est en plus, c’est là ou pas — y a qu’à voir toutes les merdes qui ont du succès, tiens…

Pierre Delorme Je suis bien d’accord, mais tout le problème n’est-il pas de réussir à avoir la simple conviction d’avoir fait une chose juste et sincère ? Comment en être sûr ? Le doute existe, et sans la participation d’autrui, la présence des autres, peut-on vraiment parler de création, de justesse ? J’ai du mal à croire qu’on puisse faire une chose uniquement selon ses propres critères et, à la limite, uniquement pour soi. Enfin, ce sont des choses compliquées… 

Hervé Perdry D’accord, oui c’est sûr que quand d’autres personnes sont d’accord ça aide… Pour la justesse. La sincérité nul n’est mieux placé que soi pour le savoir.

Pierre Delorme Oui, je suis d’accord, mais la sincérité ne peut, hélas, tenir lieu de talent. et si on s’exprime sans chercher à avoir du talent autant ne pas le faire. C’est un peu abrupt dit comme ça, mais bon, c’est Facebook !

Hervé Perdry Si tu avais écrit « sans avoir de talent », ça serait brutal, mais « sans chercher à avoir du talent » c’est nuancé, on pourrait passer un moment à se demander d’ailleurs… « mais sans technique un don n’est rien qu’une sale manie »… bref en effet il me semble important d’essayer de… de bien faire — le mot peut paraître faible « mais pour moi c’est déjà beaucoup » 🙂

Hervé Perdry Et puis la sincérité, c’est quand-même une part du talent. Pour être sincère, il faut avoir un truc à dire, un truc à soi. On n’est pas sincère quand on répète ce que disent les autres. Non ? Je déconne là ? Faut m’arrêter hein.

Sarclo Ret « La sincérité, on s’en fout, Mireille Mathieu est sincère… » Anne Sylvestre, propos tenu lors d’une émission à la mémoire de Brassens (les 20 ans de sa mort) à la radio romande, invitée avec Bühler, Beaucarne et moi…

Hervé Perdry Bah tu vois elle est sincère, admettons, elle doit être contente de ce qu’elle fait, et elle a eu ou elle a du succès… Qu’est-ce que tu veux de plus ? Elle remplit tous les critères !

Sarclo Ret Hervé Perdry : Qu’elle chante des chansons, peut-être… Selon Patrick Font, la différence entre un CD et Mireille Mathieu : « c’est pareil, rond, plat, brillant, sauf que le CD a un trou au milieu« 

Hervé Perdry Et il s’y connaît le bougre…

Julien Lv Kundera disait : « Découvrir ce que seul un roman puisse découvrir, c’est la seule raison d’être d’un roman. Le roman qui ne découvre pas une portion jusque là inconnue de l’existence est immoral. La connaissance est la seule morale du roman. » Je trouve que ça s’applique bien à la chanson (moins bien qu’au roman mais quand même).

Sarclo Ret « Je ne pardonne à un livre que s’il m’apprend quelque chose » Voltaire. Kundera est plus large que Voltaire, parce qu’en effet les chansons n’ont pas à nous apprendre de choses, mais nous faire découvrir une portion d’existence, elle peuvent (doivent?) le faire.
Une pensée pour les déshérités qui apprennent l’existence dans les chansons de Bruel, Pagny et Sardou…
Avec des contributions comme la tienne on est dans ce que je voulais avec ces posts : faire considérer la chanson comme une chose à laquelle on puisse réfléchir, un champ culturel d’intérêt intellectuel non négligeable (je suis lourdingue), plutôt que de se demander quelle blonde va remplacer Eskelina l’année prochaine…

Julien Lv Qui ça ?

Sarclo Ret Julien Lv Exactement.

Pierre Delorme Sur Crapauds et Rossignols il y a des réflexions sur la chanson, aussi ! 🙂 (pub)

Sarclo Ret On observera que si Pierre Eliane a fait vœu de silence, Pierre Delorme, pas tellement… (http://www.crapaudsetrossignols.fr)

Pierre Delorme Finalement, tu n’aimes pas trop qu’on ne soit pas d’accord avec toi, hein?

Sarclo Ret Si si c’est chouette. je mets l’ambiance. Et je modifie ici pour bien te laisser le dicastère du dernier mot…

Pierre Delorme Bon, allez je fais vœu de silence pour ce fil de commentaires. Le sujet est délicat et demande plus de place que ces petites cases où l’on écrit souvent plus vite qu’on pense 🙂

Schneider Jean-François Dicastère ? P.., où j’ai encore mis mon dico ???

Pierre Delorme Sarclo Ret Sur ce genre de sujet, il n’y a que des mots, pas de dernier mot. (Voilà, que j’ai rompu déjà mon vœu de silence, ma foi était bien mince!)

Jean-Pierre Lienard Pierre Eliane, qui est devenu moine si je ne m’abuse

Sarclo Ret IUl n’en est pas moins chanteur, guitariste et harmoniciste. Et un ami.

Chris Land Bien vu Sarclo. On attend impatiemment les règles trois et leur suite…

 

Troisième demain mercredi …