La vie en rose, histoire d’une chanson…

17 Juil

Avant-propos : 11 octobre 1963, Edith Piaf tire le rideau. Depuis, une palanquée de livres tout neufs viennent raconter des bouts de sa vie. Plus les émissions de télé, dont certaines nous font le coup de la môme née sur le trottoir de Belleville, 20 ans après la découverte de sa naissance à l’hôpital Tenon. Il y a aussi un spécialiste qui nous apprend qu’Edith convaincu Montand à adopter la chemise et le pantalon noirs… Alors que Montand a raconté pas mal de fois comment il a choisi cette tenue marron foncé, à Marseille, avant de venir à Paris, où il tombe la veste, Piaf n’y est pour rien, il ne la connait pas encore. Dans tout ce fatras plus ou moins arrangé au gré de la fantaisie des auteurs, il y a un point qu’on pourrait souligner, les chansons naissent souvent dans la solitude de l’artiste, mais c’est parfois une naissance dans une sorte de breanstorming, La vie en rose en est un bon exemple.

La vie en rose, (Edith Piaf/Louiguy)

Comment nait une chanson ? Parfois dans une création collective, dont tous les participants ne sont pas crédités.

Pour « La vie en rose » autour d’Edith Piaf qui en est l’initiatrice et l’auteur à 80%, il faudrait signaler Robert Chauvigny, Marianne Michel, Henri Contet, peut-être Marguerite Monnot, et bien sûr Louiguy.

Il y a plusieurs versions qui racontent l’histoire de cette chanson, en recoupant, et reprenant la chronologie, des faits se dégagent, en 3 temps :

1- Piaf a eu une idée de mélodie, qu’elle a travaillée avec son chef d’orchestre, Robert Chauvigny, sur une ébauche de texte.

2 – Quelques temps après Marianne Michel lui demande de lui écrire une chanson. Piaf esquisse quelques phrases, en disant « la musique était écrite » et dans les mots qu’elle a griffonnés , il y a « Quand je vois les choses en rose » Marianne Michel lui suggère: « … la vie en rose »

3 – Ensuite Henri Contet lui fait remarquer que pour première phrase, ce n’est pas la bonne forme, il faut introduire la cause pour que la suite soit cohérente… La cause ? Quand il me prend dans ses bras… L’effet ? Je vois la vie en rose… Edith Piaf revoit donc son texte : « Quand il me prend dans ses bras … »

La chanson est finie, mais Edith n’étant pas agréée Sacem comme compositeur, il faut trouver quelqu’un pour signer la musique. Marguerite Monnot sollicitée en premier refuse cette niaiserie, un autre compositeur se défile, plusieurs peut-être, et c’est finalement Louiguy qui accepte contraint et forcé. A ce moment, il est un des compositeurs «mineurs» de Piaf. Ça infirme quelque peu la version qu’il donnera après la mort de Piaf, en précisant qu’ils avaient ébauché cette chanson quelques mois avant la date officielle de la rencontre avec Marianne Michel, et il indique une date: le baptême de sa fille. Mais dans ce cas, Piaf qui était réglo, lui aurait proposé la signature en premier, avant Marguerite Monnot… La version tardive de Louiguy semble s’être un peu arrangée avec les années… Il n’a jamais démenti la version d’Edith de son vivant.

Et dans le «monstre» qui a servi à travailler la mélodie, ça commençait par :

«Mais ce qu’on ne savait pas /  c’est que monsieur Dumas/ était un hypocrite… »  On est loin de la vie en rose..

En conclusion : « Il y a sans doute 3 parts de vérité. Celle de Louiguy : la musique et quelques paroles ont pu être ébauchés le jour du baptême de sa fille. Celle de Piaf : Marianne Michel l’aurait incitée à finir le texte. Celle de Contet : lors d’un premier jet, aucune chanson n’est jamais parfaite, et les retouches sont souvent une oeuvre collective. Pour le reste, aucune des trois parts de vérité n’enlève à Piaf la paternité ou la maternité de « La vie en rose », créée par Marianne Michel, puis reprise par son auteur. » Extrait de « Piaf » par Pierre Duclos et Georges Martin, LE livre de référence*.

Depuis sa création, environ 500 artistes l’ont enregistrée pour plus de 1950 versions de « La vie en rose » . Pour une niaiserie, c’est pas mal … Toutefois, Edith était plus ou moins d’accord avec Marguerite, puisqu’elle n’a pas créé la chanson. Elle l’a gravée plusieurs mois après Marianne Michel. Ensuite, Louis Armstrong, en 1950, puis Marlène Dietrich, Diane Dufresne, Montand, Ute Lemper, Iggy Pop, Grace Jones, Emilie Simon et quelques autres ,

voir et écouter  ICI —->

 

 

 

 

 

*Dans les livres sur Edith Piaf, il y a de tout, mais pour les passionnés de chanson, et uniquement de chanson, le meilleur c’est « Piaf »  de Pierre Duclos et Georges Martin, et il est disponible en format poche.On y trouve l’inventaire précis de toute la vie musicale d’Edith Piaf, y compris les chansons jamais enregistrées, les séances studio, et les nombreuses chansons dont elle a été ACI.

 

Norbert Gabriel

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