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Rencontres Marc Robine, samedi 6 juillet 2019

8 Juil

                        

Une quatrième journée qui commence par un Musicapéro, en partenariat avec la médiathèque de Riom, avec Emile Sanchis, ses textes, sa musique : il en parle et il la joue,  une musique et des chansons aux accents latino-américains.

Photo Martine Fargeix

 Emile Sanchis que nous retrouvons à 14 h, au Musée Régional d’Auvergne, avec les participants à ses ateliers, il explique les instruments de musique pour ceux qui n’ont pas participé aux ateliers, et nous fait un récital de chansons latino-américaines, accompagné de sa guitare, il chante Neruda, , des chansons de la Cordillère, nous racontant entre chaque chanson, la chronologie d’arrivée des populations,  au départ, il n’y avait rien, puis sont arrivés les indiens, les aztèques, les mayas, etc… Et les espagnols qui ont amené la guitare, certaines chansons sont reprises par le public, comme Cucurrucucu paloma, une chanson de Thomas Mendez, ( 1954 ) qui est devenue très populaire, de nombreux interprètes l’ont reprise et elle a servi de bande originale à plusieurs films, ou Gracias à la vida, de Violetta Parra,. 

Après une petite balade urbaine dans Riom, ville d’art,  musée ouvert, chargé d’histoire, nous revenons au Musée Régional d’Auvergne, pour un spectacle poétique : Elle et lui, avec Nicole Bouille, comédienne, et Jean-Paul Dupuy, plasticien, improvisation, tandis que Nicole Bouille déroule une histoire en chansons : un homme, un peintre, tente de se défaire du souvenir d’un amour passé, et au fil des textes de cette histoire à rebours, des instants les plus sombres de la séparation à ceux, plus lumineux, de la rencontre, Jean-Paul Dupuy improvise musicalement entre les textes, et dessine ou peint les étapes de cette histoire sur trois tableaux. Nous avons ainsi pu entendre, Colloque sentimental, Paul Verlaine, la mort des amants, Baudelaire, Qu’en avez-vous fait ? Et Ne fuis pas encore de Marceline Desbordes-Valmore, Déjeuner du matin, Prévert. Les feuilles mortes, Prévert et Kosma, Desnos, Andrée Chedid, Rimbaud, etc… Pour finir avec Paul Eluard, Nous deux, Et un sourire. 

Un beau spectacle, bien synchronisé,   La démarche artistique de Jean-Paul Dupuy, peinture, photographie, arts graphique : Mon travail est un aller-retour permanent entre arts plastiques et écriture; une image pouvant donner naissance à un texte et inversement. Nicole Bouille est comédienne et fondatrice de l’association Laine et soi, à Sauxillanges, le festival Laine et soi 2019 aura lieu du 26 au 28 juillet : https://festivaldelalaine.wordpress.com/ Et pour une yourte pour le festival, c’est là : https://www.ulule.com/yourte-festivallaine/

Beaucoup de poésie dans ces Rencontres, sous différentes formes, poésie chantée, poésie dite, accompagnée de musique, et tous les spectacles de poésie ont eu un nombreux public, ce qui est réjouissant pour ceux, comme moi, qui aiment la poésie, de préférence orale. 

C’est donc avec un récital de poèmes que nous continuons cette journée : Chaque instant ouvre un prélude,  et c’est Fabrice Péronnaud qui nous invite dans la maison des poètes, dans la salle d’un hôtel particulier du 18 ème siècle, à Riom, inscrit aux monuments historique, et que des particuliers ont racheté au trésor public, ils  restaurent peu à peu, et on consacré une grande salle au spectacle vivant. Laurence et Alexis Burlacot, les maîtres de ces lieux, nous ont accueillis très chaleureusement, merci à eux. 

Fabrice a le don de raconter la poésie, il l’a vit, il la respire, et sait la partager, que ce soit ses propres poèmes, ou ceux de Verlaine, Apollinaire, René-Guy Cadou, Aragon, Guillevic, Valéry Larbaud, et même Brassens, Brel ou Bobin, en vers classiques en vers libres, ou en prose, il sait nous captiver, nous retenir. Dans un ordre chronologique, il nous dit la vie, de l’enfance à la mort, un poème, une vie. De la chanson de Gaspard Hauser de Verlaine , jusqu’à : « A mon dernier repas » de Brel. Un très beau moment.

La Chanson de Gaspard Hauser

Je suis venu, calme orphelin, 
Riche de mes seuls yeux tranquilles, 
Vers les hommes des grandes villes : 
Ils ne m’ont pas trouvé malin. 

À vingt ans un trouble nouveau 
Sous le nom d’amoureuses flammes 
M’a fait trouver belles les femmes : 
Elles ne m’ont pas trouvé beau. 

Bien que sans patrie et sans roi 
Et très brave ne l’étant guère, 
J’ai voulu mourir à la guerre : 
La mort n’a pas voulu de moi. 

Suis-je né trop tôt ou trop tard ? 
Qu’est-ce que je fais en ce monde ? 
Ô vous tous, ma peine est profonde : 

 Et le soir, nous allons au cinéma Arcadia, toujours à Riom, pour assister à une BD-Concert : O’Boys BD de Steve Cuzor, Une histoire défile ,  celle, dans les années 30, dans une Amérique ségrégationniste, de deux jeunes, désoeuvrés, Huck et William, que le destin lie d’une amitié indéfectible, l’un est blanc, l’autre noir,  ensemble, ils vont faire l’apprentissage de la vie, au fil d’un fabuleux périple, quand Charley William, guitariste de génie, se perd dans Memphis, berceau du blues, Huck et Susy entament une course folle, pour le retrouver, semblant l’entendre partout.  Histoire illustrée musicalement et en chansons par Olivier Gotti, et sa guitare Lap steel, très en vogue dans ces années là, aux Etats-Unis,  une guitare à manche creux que l’on pose sur ses genoux, et c’est l’univers de Tennessee qui accompagne la BD, en musique et en chansons, le blues, qui remplace les dialogues et  fait résonner l’émotion de l’oeuvre, par un alliage artistique parfait. Pas besoin des dialogues, on peut comprendre l’histoire par les dessins, et on est dans l’ambiance. Une belle expérience, qui appelle une récidive, beaucoup l’espèrent. 

Et  hier, une journée festive, chantante, patrimoniale, et théâtrale à Marsat, à suivre…

 

Danièle Sala

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