Barouh et dabadabada…

3 Jan
Photo©NGabriel 2015

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La meilleure façon de comprendre les gens, c’est d’écouter ce qu’ils disent.

(Pierre Dac

)

Photo DR

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Comme nos voix ba da ba da da ba da ba da
Chantent tout bas ba da ba da da ba da ba da
Nos cœurs y voient ba da ba da da ba da ba da
Comme une chance comme un espoir
Comme nos voix ba da ba da da ba da ba da
Nos cœurs y croient ba da ba da da ba da ba da
Encore une fois ba da ba da da ba da ba da
Tout recommence, la vie repart

Combien de joies
Bien des drames
Et voilà !
C’est une longue histoire
Un homme
Une femme
Ont forgé la trame du hasard.

Comme nos voix ba da ba da da ba da ba da
Nos cœurs y voient ba da ba da da ba da ba da
Encore une fois ba da ba da da ba da ba da

Comme on peut le constater dans les paroles que chantent Nicole Croisille et Pierre Barouh, pas de cha dans le bada bada*… Néanmoins, malgré les nombreuses mises au point de Pierre Barouh, (la dernière dans Foule Sentimentale le 23 décembre, France Inter) nombre de radioteurs ou de plumitifs approximatifs, reprennent le cha bada bada comme parole d’évangile. C’est peut-être un détail, comme dit le journaliste Peabody (dans L’homme qui tua Liberty Valance,) « This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend…

C’est l’Ouest, monsieur. Quand la légende devient  réalité, on publie la légende » .

Et on écoute le duo initial, Nicole  Croisille et Pierre Barouh…

Et France Inter, qui a plutôt bien fait son hommage à Pierre Barouh a laissé passer quelques fausses notes dans les émissions comme « le parolier Pierre Barouh » ce qui montre un gros déficit d’information quand on ne fait que survoler wikipédia pour faire une brève… Aurait-on l’idée de dire de Gainsbourg, Béart, Leprest, que ce sont des paroliers ? Auteur de chansons n’est pas envisageable ? Il est plus facile de réduire à un cliché éculé que de faire une réelle recherche documentée. Vu comme ça, Aragon aurait été le parolier de Ferrat et Ferré, et  Verlaine parolier de Trenet?

Avec une palme de la bourde pour l’INA qui fait de Francis Lai l’auteur…

Nicole CROISILLE et Pierre BAROUH interprètent la chanson du film de Claude LELOUCH, « Un homme et une femme » écrite par Francis LAI. ( INA)

mais il faut saluer l’excellent travail de Thierry Dupin pour cette bio play list très sensible, en 34 chansons, merci.

https://www.franceinter.fr/musique/pierre-barouh-la-playlist-de-france-inter

*Il y a une seule fois dans une version brésilienne où on entend un « tsia bada » qu’on peut assimiler un chabada, mais c’est quand même pas la version la plus connue.

pierre-barouh-149Quelques paroles de Pierre Barouh  illustrent bien son art de vivre, et de chanter, Je suis un promeneur, je suis atteint du syndrome de l’autre rive…  De la contrainte nait la créativité… La vertu des impondérables… Les histoires à la morale confuse… Avec cette définition de la saudade, un manque habité…. Et cette citation de Cocteau, Soit on soigne trop son œuvre, soit on ne la soigne pas assez, il est assez rare de trouver cet entre deux qui boîte avec grâce…

J’ai toujours trop aimé la chanson pour devenir chanteur. J’aime chanter pour mes amis, n’importe où n’importe quand, mais je n’ai vraiment pas besoin de la scène.

Et pour quelques lignes de plus,  prélude à cette chanson…

Dans Arrêtez les tambours de Georges Lautner (1960), il incarne un résistant poète et on y entend l’une de ses chansons, Les Filles du dimanche,  Claude Lelouch l’a repéré dans Une fille et des fusils (1964, musique de Pierre Vassiliu). C’est un échec commercial. Mais il esquisse Un homme et une femme, et il veut que Pierre Barouh soit dans le projet. Barouh, en découvrant le scénario, fait le lien avec Plus fort que nous, une chanson écrite quelques mois plus tôt avec Francis Lai, un accordéoniste niçois : « Avec notre passé pour guide / On se devrait d’être lucide / Mais notre méfiance est à bout / L’amour est bien plus fort que nous. » Et c’est ainsi que Claude Lelouch décide d’intégrer la chanson au scénario. Une première dans le cinéma. On connait la suite, ce sera la naissance de Saravah. (de saravá, une salutation dans les religions afro-brésiliennes).

http://www.telerama.fr/musique/pierre-barouh-un-promeneur-est-passe,152039.php#ryMUcfGHJmejFoqr.01

Et si on ne connait pas les détails de cette naissance, voir ici : https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/12/27/saravah-50-ans-2/

Pour le film qui illustre parfaitement  de la contrainte nait la créativité, la preuve dans cet article :

http://www.poleculture.net/chroniques/les-films-cultes/chronique-15097.html

Norbert Gabriel

Et pour finir, invitons les filles du dimanche à ce saravah du mardi… avec  quelques mots très récents de Pierre Barouh.

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Une Réponse to “Barouh et dabadabada…”

  1. Danièle Sala janvier 3, 2017 à 9 h 57 min #

    Cha alors ! c’est comme fouchtra qui serait un juron auvergnat, et qui, en fait est un fromage du Cantal ! merci pour ces mises au point, bel article de Nathalie Lafourcade sur le film Un homme et une femme, mais dommage : « sur les airs de « Chabadabada »…La légende est tenace !

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