Saravah 50 ans…

27 Déc

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Au fil de quelques conversations dans des diners en ville, dans des tavernes louches, des estaminets sympas, des guinguettes à petit vin blanc ou des salons virtuels du web, il apparaît que l’histoire de Saravah n’est pas toujours bien connue. Et pourtant, s’il y a une histoire qui ressemble à nos contes d’antan, c’est bien celle-là… Quand on croyait au père Noêl, aux fées ou aux enchanteurs Merlin, et aux lendemains qui chantent.

Photo©NGabriel

Photo©NGabriel

On sait, ou on devrait savoir que Pierre Barouh est une sorte de papillon curieux toujours résolu à éviter la ligne droite pour explorer quelques sentiers secrets propices à des rencontres non programmées. Evitez de lui parler planning et organisation rigide, c’est un langage qui est lui étranger. C’est le guetteur de l’imprévu, l’orpailleur avec qui rien n’est jamais fini, et tout se prolonge.

Et pour attraper au vol une jolie idée qui plane, il est doué, et surtout pour faire des passes, comme au volley qu’il a pratiqué à haut niveau, un sport qui se danse en quelque sorte. Et la samba Saravah a attrapé beaucoup de jolies idées, les a fait vivre, et les a relayées vers d’autres paysages.

Mais Saravah ? Après un parcours bigarré dont  Les rivières souterraines  dessinent les contours et les méandres, nous voici au milieu des années 60, Claude Lelouch entreprend ce qui sera  Un homme et une femme . Film venant après un échec commercial, il a eu du mal à réunir tous les financements. Et en cours de tournage, plus d’argent, plus de pellicule. Plus de film ? C’est là que Pierre Barouh (comédien dans le film) entreprend de démarcher des éditeurs pour obtenir une avance avec la Samba Saravah*, une chanson qui n’est pas un ornement musical ajouté au film, mais qui fait partie intégrante du scénario. Une première dans le genre. Et dans un grand élan unanime, tous les éditeurs refusent cette samba. Pierre Barouh, qu’aucune utopie n’effraie, prend donc la décision de créer une société d’édition pour diffuser cette samba. (que le public connait pour son chabada bada) . Quelqu’un propose au même moment à Lelouch une sorte de stock en solde de pellicule N&B, peut-être tombé du camion. Ce qui permet de finir le film (en tournant les flash-back en N&B) , et les critiques vont trouver ça génial. Anecdote qui illustre un des adages de Barouh, de la contrainte nait la créativité.

aff-un-homme-et-une-femmmeVous savez sans doute les triomphes du film, et de la Samba Saravah (adaptation de Pierre Barouh et Francis Lai) – Golden Globe de la meilleure musique de film – et de ce fait, Saravah touche le jackpot (Pierre Barouh met tous ses droits d’auteurs dans Saravah) C’est ainsi que ce label atypique – né d’un refus- ouvre la porte à Pierre Akedengue, Brigitte Fontaine et Jacques Higelin qui auront carte blanche pour aller jusqu’au bout de leurs rêves musicaux en toute liberté et sans dirigisme comptable ni interventionnisme de leur « patron ». Depuis 50 ans le label s’est enrichi d’une belle liste d’artistes qui ont bénéficié de ce tremplin hors du commun. Saravah couve et fait éclore la chrysalide, et laisse ensuite le papillon voler là où il veut. Libre. Rois du slow bizz, et seigneurs bienveillants.

L’équation magique de Saravah est donc le produit de l’art des rencontres, le refus du refus (!) la foi en l’utopie, et vogue la barque… Qui peut vous mener d’un bosquet vendéen à une île japonaise, en passant par un carnaval brésilien, et vers les étoiles.

Pour le livret de famille Saravah, voyez ici, ils y sont tous. http://www.saravah.fr/

Pour en savoir plus, récap’ de quelques articles sur la vie de Saravah depuis quelques années, suivez le lien,

https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/tag/pierre-barouh/ vous y trouverez

  • Pierre Barouh, L’Européen Mai 2015 (spectacle)

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  • PIERRE BAROUH, Les rivières souterraines (livre) barouh-les-rivic3a8res
  • Ça va ça vient… Pierre Barouh (DVD)ca-va-ca-vient-dvd
  •  Saravah 50 ans au Trianon (spectacle)

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Et au Trianon, son dernier spectacle, c’était en salut final, Le Kabaret..  (merci à Benoit Balao pour le lien)

Et aussi, le 23 décembre, Pierre Barouh était invité par Didier Varrod dans « Foule sentimentale »  on réécoute ici, clic sur le micro,

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La vie, c’est l’art des rencontres, et Pierre Barouh est un expert cultivateur de cet art.

C’est un  auteur prolifique de chansons « cinéma »,  chroniques qui racontent des histoires à vivre et à rêver, chansons qui font jaillir des bouquets d’images, un auteur qui a écrit des grandes et belles pages en suivant ce que dit Cocteau,

Soit on soigne trop une oeuvre, soit on ne la soigne pas assez,

il est bien rare de trouver le juste milieu pour qu’elle boîte avec grâce.

Norbert Gabriel

  • Dans le résumé sommaire de la Samba Saravah, il faut ajouter qu’elle est une conséquence de cet art des rencontres qui a réuni Vinicius de Moraes , Baden Powell, et Pierre Barouh, comme le précise avec pertinence Alain Berjon dans le commentaire ci dessous. Merci à lui.
  • Pierre Barouh est parti aujourd’hui 28 décembre pour son voyage éternel vers d’autres rencontres, salut l’ami Pierrot, tu restes dans nos coeurs.  Et Saravah pour toujours.

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3 Réponses to “Saravah 50 ans…”

  1. Alain BERJON décembre 28, 2016 à 10 h 38 min #

    juste une précision : Samba Saravah est une adaptation de la chanson originale Samba da Bençao de Vinicius de Moraes et Baden Powell, amis très proches de Pierre Barouh..

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  2. Danièle Sala décembre 28, 2016 à 21 h 32 min #

    Ce matin, après avoir lu l’article, j’ai eu envie de réouvrir  » Les rivières souterraines », et j’ai relu cette chanson, puis je l’ai réécoutée, puis partagée sur facebook :  » Vivre » . et maintenant, je relis cette dernière phrase de l’article : « Qui peut vous mener d’un bosquet vendéen à une île japonaise, en passant par un carnaval brésilien, et vers les étoiles. » . . . Vers les étoiles … C’est là peut être qu’on retrouvera Pierre , le jour n’est plus si loin, en attendant, il faut vivre , avec ce nouveau chagrin . https://youtu.be/rqM06jOPjQ4

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Trackbacks/Pingbacks

  1. Barouh et dabadabada… | leblogdudoigtdansloeil - janvier 3, 2017

    […] Et si on ne connait pas les détails de cette naissance, voir ici : https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/12/27/saravah-50-ans-2/ […]

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