Louis Ville et les prédicateurs (Le bal des fous)

21 Nov
©NGabriel Forum Léo Ferré 2015

©NGabriel Forum Léo Ferré 2015

Quand on a la chance de rencontrer Louis Ville, que ce soit sur un album ou devant une scène, c’est comme l’effet KissCool mais en triple choc simultané : une voix de bronze qui vous entre dans le corps et le cœur, des mots ciselés à l’eau forte, et une guitare qui sonne comme un tocsin. Comme celle de Woody Guthrie, Robert Johnson, quand elle se fait machine à tuer le fascisme, partenaire de combat, ou belle à chanter les 400 coups de l’amour, quand il passe par toutes les gammes des bleus, blues-cicatrice ou bleu ciel amoureux, bleu-noir des soirs désespoir, 50 nuances de blues pour le chant d’un homme sur le fil tendu entre la rage de vivre dans un monde balbutiant, et la quête de la rédemption par l’amour.

Dans sa rue, il y a des hommes en uniforme bleu qui emportent le chagrin d’un enfant dans un vieil autobus, mais il y a aussi ce petit Louis, en vélo, qui va cheveux au vent, et il y a Jeanne… Et il l’aime, il les aime, sa rue, et Jeanne.

Peut-être que dans sa rue il y avait une salle qui a donné naissance aux tableaux de Cinémas, et au bal des fous, le sous-titre du nouvel album « Louis Ville et les prédicateurs »

L Ville couvLe grand marchand –de rien- bonimenteur, piètre forain, égoïste, charlatan, vendeur de chagrin qui a trouvé son chemin de Damas aux pieds de celle qu’il aime, ici et maintenant,voilà la tonalité de départ ; c’est peut-être fini le temps des hôtels pourris, et des chansons déglingues.

Dehors, les fleurs s’étiolaient, les hommes se courbaient, mais là, la guitare sonne cathédrale, comme ce tocsin dont parlait Federico Garcia, dehors, le noir , le feu, les flammes, le bruit, mais dedans, on est aussi ce gros con qui trinque, pour oublier qu’il est un gros con ? Tous ces bla-bla-blas, c’est un panorama narquois, féroce parfois, jubilatoire, comme si malgré toutes les avanies de la vie en général, Louis Ville était malgré tout un homme heureux, comme si… Ce que confirment les complices musiciens, François Pierron et sa contrebasse dansante, Pierre Le Bourgeois et son violoncelle charmeur et inquiétant parfois. Mais c’est comme les enfants qui adorent les contes où on se fait un peu peur, c’est délicieux. Vous savez quoi ? Dans cette élégie picaresque, il y a aussi une sorte de voix d’ange qui passe « Nous serons mille » avec Lola-Leïla, et là, on oublie toutes les morosités pour partir avec eux, mille et un voyageurs avec ces nouveaux prédicateurs qu’il ne faudrait confondre avec les barbares new-âge…

L’album confirme le ressenti de la soirée récente au Forum Léo Ferré, on en sort formidablement ragaillardi, et on y revient, pour être ces héros de demain, les combattants d’une utopie à inventer ?

On peut rêver, et essayer, si le monde n’a pas de sens , pourquoi ne pas en inventer un ? Comme dit Alice…

La soirée du Forum, c’est là,   avec tous les liens concernant Louis Ville, sa vie, son œuvre…

Et demain, ce sera Paris-Bamako…

Norbert Gabriel

Pourquoi le blues, voilà :

Blues WC Handy 4 de couv

3 Réponses to “Louis Ville et les prédicateurs (Le bal des fous)”

  1. Danièle Sala novembre 21, 2015 à 17 h 19 min #

    Je n’ai pas encore reçu l’album, mais écouté l’EP, j’avais flaché pour « Ma rue », , et ressenti ce renouveau rédempteur dans ce nouvel album , tout en nuances de bleus , comme un ciel de printemps émergeant d’une longue nuit d’hiver . Il me tarde de faire tourner ce » Bal des fous  » pour mieux apprécier tout ça .

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  2. coco novembre 25, 2015 à 18 h 48 min #

    une grande claque à l’écoute de ce magnifique album !!!

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  1. Les dimanchanteurs… | leblogdudoigtdansloeil - juin 6, 2017

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