Et pendant ce temps, Simone Veille..

5 Mai

 

Fabienne Chaudat,Serena Reinaldi,Trinidad,Agnès Bove

Fabienne Chaudat,Serena Reinaldi,Trinidad,Agnès Bove Photos©NGabriel2016

Elles sont quatre en scène, elles sont émouvantes, drôles, impertinentes, vivantes, elles sont révoltées, indignées, amoureuses, abusées, désabusées, caustiques, critiques, elles sont toutes les femmes de nos vies, les amantes, les mères, les épouses, les maîtresses, les filles, les frangines, les voisines, les battantes, les filles d’Eve qui se bougent pour rappeler que dans la Genèse, Yahweh a créé un Adamah parfait, à son image, qu’il a partagé en deux parties égales et complémentaires. Mais Yahweh a eu l’imprudence de laisser un scribe mâle raconter l’histoire, et voilà comment une bonne idée de départ devient foireuse, avec une fable de côtelette sous-produit qui n’avait pas d’âme, mais des ovaires. C’est quand même très réducteur, convenons-en.

Simone Veille.. 04-05-2016 21-16-46 2617x1753On va donc faire une large ellipse temporelle pour passer de la Genèse biblique à la genèse des droits de la femme, une idée toujours neuve depuis Olympe de Gouges.

Sur une idée folle de Trinidad, quelques comédiennes-auteures-citoyennes ont écrit et créé ce spectacle en 2015, drôle et rythmé comme un cartoon américain, ça fuse en éclats de rires qui soulignent les absurdités de ces vies de femmes mineures par la condescendance de ces messieurs depuis des siècles. Revoilà ce spectacle en 2016 dans une nouvelle forme, une presque nouvelle équipe, et si on apprenait l’histoire de la société avec ces enseignantes de choc et de charme, la société serait sans doute plus éclairée.

Simone Veille.. 04-05-2016 21-35-59 2691x2417C’est mené allegro vivace, pas un temps mort, avec les trois lignées de femmes qui illustrent les grands moments de la conquête des droits -élémentaires et légitimes- des femmes depuis 60 ans, et le symbole de ces droits est celui d’être libre de son corps en toute circonstance. Un enfant si je veux quand je veux, l’amour si je veux quand je veux, comme art de vivre et pas fonction de pondeuse récidiviste… (Libre adaptation des dits de Kriss Graffiti)

Quelques unes des répliques,

« Ça sert à quoi d’avoir des origines italiennes si c’est pour avoir une poitrine de chanteuse anglaise ? »

« Grâce à l’IVG, les hommes pourront continuer de violer les femmes, mais les femmes pourront avorter. Pas de chance au tirage, une chance au curetage. »

Marceline: » C’est du passé simple? »  Giovannina: « Non c’est du présent compliqué. »

« La journée de la femme comme toutes les maladies incurables, le SIDA, la myopathie, l’autisme, la femme aura sa journée : YOUPI ! Des hommes cherchent encore le vaccin. »

« L’avenir du monde, c’est qu’on avance ensemble et pas en ennemi ! »

Une mise en scène dynamique, tempo bien soutenu, quelques digressions télévisées assez gratinées sur la libération de la femme par les arts ménagers, des extraits de chansons revues et corrigées par Trinidad ; la docte et pertinente  Simone Veille  et ses mises au point historiques -mi Pierre Dac, mi Pierre Repp- tout est là pour passer un excellent moment intergénérationnel. Hier, j’étais bien accompagné, présences féminines de 30 et 50 ans de moins que moi, et je vous le dis tout, on s’est bien éclatés avec tout le public, grâce à Trinidad, Agnès Bove, Serena Reinaldi, Fabienne Chaudat, que Gil Galliot a mises en scène; les costumes sont de Sarah Colas , le décor de Jean-Yves Perruchon , les chorégraphies d’Aurore Stauder, et les belles lumières de Catherine.

Aparté : Est-ce un effet combiné de la méthode de lecture globale et de la mode des SMS, mais quand on disait en 1960 que « le féminin de Don Juan est nymphomane » aujourd’hui, c’est pute qui a remplacé.

Moralité, y a encore du chemin à faire…

Depuis quelques temps, quelques blondes élues ont déclaré que le planning familial était une structure obsolète… suppression du pass contraception par exemple…

Donc quelques mots d’Aragon, adaptés à la situation… en chanson… Trinidad, c’est pour vous..

Rien n’est jamais acquis à la femme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand elle croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand elle croit serrer son bonheur il la broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce …

Et le dernier mot à Simone de Beauvoir, parce que même si on rigole, on doit ne pas oublier certains fondamentaux.

simone de beauvoir

Donc, toutes et tous au Studio Hébertot pour cette salutaire et jubilatoire mise au point. Clic sur l’affiche et tout est dit pour aller saluer Simone… et ses filles spirituelles. Très.

entrée hebertot affiche 04-05-2016 20-17-28 2736x3648.JPG

 Et pour quelques images de plus, mercredi 4 Mai 2016,

et simone veille montage final 05-05-2016 20-57-06 5120x3620

Norbert Gabriel

 

 

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3 Réponses to “Et pendant ce temps, Simone Veille..”

  1. Danièle Sala mai 5, 2016 à 20 h 50 min #

    Bien vu Norbert ! ça fait plaisir que ce soit un homme qui parle des femmes et de ce spectacle de cette façon, comme quoi, il ne faut pas désespérer de la gente masculine ..

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  2. DIDIER CELISET mai 6, 2016 à 2 h 38 min #

    A reblogué ceci La tentation d’écrire, https://latentationdecrire.com/

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Trackbacks/Pingbacks

  1. Agnès Bihl « Tout fout l’camp… » | leblogdudoigtdansloeil - mai 23, 2016

    […] Et pendant ce temps, Simone Veille.. […]

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