Archive | avril, 2016

Valérie Murat, un combat contre les pesticides.

29 Avr

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Quand on demande à Valérie Murat si elle a appris des choses sur les dangers des pesticides* durant sa lutte, elle répond oui, beaucoup. Elle s’est d’abord intéressée à l’arsénite de sodium, responsable du cancer qui fut fatal à son père. Elle mime le geste de soulever un coin de tapis et de trouver toujours plus de crasse, au fur et à mesure que l’on progresse. Car finalement en guise de moutons de poussières, c’est une bête à plusieurs têtes, que Valérie Murat a débusqué sous le tapis. Son hydre de Lerne à elle, le monde merveilleux des produits phytosanitaires et les grosses firmes qui en tiennent les ficelles.
L’efficacité de l’arsenic et de ses dérivés, pour traiter l’esca (champignon qui attaque les ceps de vigne), est connue depuis l’Antiquité. Leur dangerosité aussi. En 1973, l’arsénite de sodium est interdit dans toute l’agriculture… sauf la viticulture. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays, où l’interdiction est totale. Pays Bas, États-Unis, devanceront ainsi la France, où il faudra attendre 2001. Le décret du 8 Novembre 2001 interdit l’usage de façon immédiate, et sans délai d’écoulement. Certains distributeurs se débarrasseront ainsi de leur stock « sous le manteau ». Certains viticulteurs iront jusqu’en Espagne ou en Italie, pour continuer à se fournir, dans l’indifférence des douanes.
Il faudra encore attendre 2006, soit cinq ans, pour que soit mise en place une collecte de ces produits, désormais considérés comme déchets industriels, et à manier donc avec précaution.
Cinq ans durant lesquels les distributeurs et les viticulteurs, ont dû stocker leur arsénite, sans aide, ni matériel adéquat. Certains ont choisi le rejet sauvage dans la nature. Pour les autres : fuites, pollution, la substance n’a pas gentiment attendu l’action des pouvoirs publics.

On continue de soulever le tapis, une nouvelle tête apparait. Qui dit décret, dit besoins nouveaux pour l’appliquer. Afin d’éliminer les produits à base d’arsénite, Adivalor est créée et récupère les pesticides ainsi que les emballages plus ou moins vides, auprès des distributeurs, qui eux-mêmes ont assuré la collecte auprès des viticulteurs. Après avoir laissé pourrir les bidons pendant cinq ans, on s’empresse de les faire disparaître. Et quand Valérie Murat demande à connaître les quantités reçues par Adivalor, par exemple les litres remis par son père, elle s’entend dire que non, on ne donne pas ce genre d’infos.

À chaque nouveau pas c’est la même histoire. Les responsables politiques et plus généralement les agents d’État semblent agir à tâtons, homologuant sans réel contrôle, puis revenant sur les homologations avec précipitation et sans organiser l’après.
Aucune transparence dans les procédés utilisés par les fabricants, aucun accès aux études qu’ils font sur leurs propres produits. Les risques sont connus, mais seulement en haut lieu. Valérie Murat demande le même niveau d’information pour tous, y compris pour ceux qui sont en première ligne face à la dangerosité des produits, à savoir les utilisateurs. Et les riverains des utilisateurs.

Riverains qui peuvent être des établissements scolaires, enclavés dans une zone agricole. Des protocoles existent pour les professionnels, les ouvriers agricoles doivent attendre 24, 48 ou parfois 72h avant de pouvoir revenir travailler sur une parcelle traitée. Pour la cours de récré, on préconise 20 minutes. Parce qu’il est bien entendu qu’il n’y a pas d’air qui circule sur cette planète. Ce qui marche pour les nuages radioactifs semble s’appliquer également aux particules de pesticides.
On trouvera donc curieux que l’air analysé à Mérignac (banlieue de Bordeaux) contienne des traces de produits utilisés dans le Médoc (à quelques 50km de là). Ou plus étonnant encore, que l’analyse de l’air de Paris sente les bons pesticides de … Bretagne !

On n’en finit plus de grincer des dents lorsqu’on apprend que la MSA (Mutualité Sociale Agricole) a créé à partir de 1955 un tableau des  pathologies professionnelles liées à l’exposition aux produits phytosanitaires, et où l’on retrouve l’arsenic et ses dérivés. Tableau qui sert uniquement à visualiser quelle maladie donne droit à quelle prise en charge. Prévention ? Information ? Traitement du problème en amont ? Non. Mais vous aurez droit à un susucre avant de sortir les pieds devant. Et on peut vous dire dès aujourd’hui la taille exacte du dit-susucre.

La consternation atteint son sommet avec les erreurs d’étiquetage. Les produits présentant un risque majeur pour la santé font l’objet de « phrases de risque » (ou phrase R). Un code les identifie, et permet de savoir l’intensité du risque encourru. Ainsi R 40 signifie « cancérogène suspecté ». R 45 « cancérogène avéré ». Bien que l’arsénite de sodium soit identifié comme cancérigène avéré, les étiquettes des produits en contenant n’afficheront qu’un code R 40, pendant toute la durée de leur commercialisation. L’erreur se retrouve en amont, jusque dans le répertoire de ces produits, l’e-phy.

Avant le décret interdisant son usage, pas une campagne de prévention ou même simplement d’information n’aura été faite sur l’arsénite. Les firmes ont longtemps botté en touche face aux cas de maladies professionnelles déclenchées par leurs produits, en arguant que les utilisateurs n’avaient pas respecté les précautions d’emploi, ni porté de protection individuelle adéquate. Mais en soulevant encore un peu le tapis, on apprend qu’ *aucune* protection individuelle ne peut protéger efficacement contre l’exposition régulière (5 jours par an suffisent !) à l’arsénite.
Exit la maladresse ou la négligence des victimes. L’État et les fabricants ont fait le choix de continuer à faire produire et faire commercialiser ces produits.
Et comme on ne va jamais trop loin dans le (cynisme) pragmatisme, les fabricants de produits cancérigènes ont aussi des billes dans la fabrication des produits utilisés en chimiothérapie.
Le choix côté État pourrait sembler curieux, le bien commun étant censé être leur priorité (j’assume cette pensée naïve), mais au final il est cohérent, quand on voit l’empressement de nos dirigeants à défendre les entreprises et le profit, envers et contre tous ceux qui en feront les frais, physiques, et/ou moraux.

Quand on demande à Valérie Murat s’il y a un point sur lequel elle voudrait insister, une question qu’on aborde jamais, elle répond qu’elle en a assez d’être traitée comme une fille de victime, elle-même victimisée, seule contre tous. Son combat, certes issu d’une démarche personnelle, fondée sur l’intime conviction d’avoir raison de demander des explications, lui a ouvert moult champs d’investigation, depuis la chronologie des autorisations et des interdictions, à la chimie, à la santé, à la viticulture autrement. Sur sa route elle rencontre des étudiant/e/s, des quidams, des médecins, des chercheur/se/s, des sociologues, des toxicologues, des militant/e/s… Son combat s’avère être une démarche pour nous tous, et qui trouve de l’écho et du soutien dans toute la France. Sa marche blanche à Bordeaux a ainsi fait se déplacer des gens du Pas-de-Calais comme des gens de Montpellier. Nous sommes toujours plus nombreux/ses, à vouloir savoir, comprendre et décider de ce qui est acceptable ou pas. À s’approprier le pouvoir de choisir ce qui sera fait demain. Puisque ceux à qui on a si longtemps confié les rênes ont fait le pari de privilégier le business plutôt que la santé et le bien-être public, il est grand temps de leur refuser notre confiance et de prendre nous-mêmes des décisions pour le bien-être durable du plus grand nombre.

Leslie Tychsem

Valérie Murat poursuit actuellement deux procédures, une au civil pour faire reconnaître son père comme victime de l’arsénite, l’autre au pénal (une première en France) pour établir les responsabilités dans le maintien de cette substance sur le marché, tant au niveau des fabricants, qu’au niveau des décideurs politiques.

* le terme « pesticides » inclut les insecticides, les fongicides et les herbicides.

Pour en apprendre d’avantage :

https://theconversation.com/pesticides-et-sante-ne-pas-ignorer-ce-que-lon-sait-56405

L’article de CQFD du mois d’avril 2016 sur les Pesticides de la Colère (disponible uniquement sur la version papier à l’heure où nous publions)

http://www.generations-futures.fr/pesticides/enquete-homicide-involontaire-murat/

 

Post-Scriptum: cette chanson a été écrite au tout début des années 70, on ne peut pas dire que ça s’est arrangé, et on vérifie que le poète voit plus haut que l’horizon, prophète, hélas… (Norbert Gabriel)

 

 

 

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Adieu Léo ??

27 Avr

Pour la première fois depuis Thank you Ferré dans les années 90, puis les Jours Ferré ensuite, il n’y aura pas de spectacle Ferré par les interprètes d’aujourd’hui en 2016. Pourquoi ?

Pas de Jours Ferré cette année parce que plus d’Européen (dans son ancienne organisation) et pas de salle digne de ce joli nom qu’est ACCUEIL !

Il y a à Paris des salles très, très onéreuses où on a juste le droit d’occuper les lieux de telle à telle heure, rien qui corresponde à l’esprit des Jours Ferré, une fête avec un espace où on trouvait des libraires, des disquaires, des associations liées à l’histoire de Léo Ferré. Et dans ces salles, outre coût élévé, les horaires sont très serrés, ne permettant pas d’accueillir dignement less artistes autant que les spectateurs

Souvenirs 2014…

 

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Pour la suite, toute suggestion est bienvenue…

Et s’il y a une chanson qui s’impose, c’est bien celle-là:

 

Norbert Gabriel

Faire part de naissance, Hexagone…

26 Avr

Voilà, malgré  les tumultes du monde, un magazine chanson ouvre ses pages… Numéro zéro pour vous en mettre plein la vue et vous permettre  de noter tout ce qu’il faut savoir pour que cette superbe  revue devienne une vraie revue, de celles qu’on archive dans sa bibliothèque et qu’on garde précieusement.

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Après cette couverture , vous pouvez, vous devez,  feuilleter et vous avez tout le contenu de ce numéro zéro, comment faire?  clic là dessous,

 

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Que Calliope, Erato, Euterpe, Clio, Polymnie, Melpomène, Terpschore, Thalie, et aussi Assurancetourix se penchent sur son berceau pour un avenir prospère…  Et yop là boum !

 

N Gabriel

 

Ne lâchons rien !

24 Avr

L’avis de décès des festivals a été partagé par plus de 60 000 lecteurs en 4 jours, si vous avez raté la publication, c’est là, clic sur la photo.

Photo DR

avalanche_courrier gastonEt ça continue. Imaginons que chaque lecteur fasse un courrier manuscrit au Ministère de le Culture… Une vraie lettre, à ouvrir, et lire, dans les  600 kgs de courrier pour la rue de Valois… A vous de voir, voilà l’adresse :

Ministère de la Culture

3 Rue de Valois,

75001 Paris

A part ça, il y a aussi les négociations pour les annexes 8 et 10 ,

Comme annoncé à l’AG du Théâtre de la Ville, la dernière journée de négociations pour les annexes 8 et 10 se déroulera au Ministère du Travail. Les pressions exercées par les AG partout en France, par les actions, par les 3 théâtres occupés (Montpellier, Bordeaux et Caen) commencent à porter leurs fruits. Nous appelons à un rassemblement MASSIF devant le ministère du travail à partir de 17 heures.

SOYONS TRES NOMBREUX, NOUS AVONS BESOIN DE NOUS !!
DERNIERE JOURNEE DE NEGOCIATIONS
RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DU TRAVAIL
LUNDI 25 AVRIL A PARTIR DE 17 HEURES
127 RUE DE GRENELLE
METRO VARENNE

Vous n’êtes pas dans la région parisienne? Madame la Ministre du Travail sera ravie d’avoir un courriel de votre part. Ne la décevez pas… Clic sur la lettre, et facteur livrera en quelques secondes.

 

lettre enveleppe

Et RDV demain à 17 h!

Norbert Gabriel

Les plus inconnus des auteurs compositeurs interprètes connus…

22 Avr

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Les Cabarettistes au complet (Photos ©NGabriel2016)

Nu AAA 16-04-2016 19-50-46 2736x2372Allain Leprest le plus connu des chanteurs inconnus ouvre ce spectacle, en toute logique, et c’est peut-être dans ces conditions qu’il a commencé, devant un public attablé dans un bistrot normand.

Les Cabarettistes, rencontrés lors des Galops du Cheval d’Or, sont des petits enfants du Groupe Octobre, les guerilleros de la culture qui tiraient les 400 coups pour aller mettre la poésie dans la rue et dans les usines. Ils ont plusieurs spectacles sur la route, qui seront suivis avec attention, avec dans quelques jours une rencontre avec cette troupe, tous comédiens-chanteurs tous-terrains, avec une prédilection pour les chemins de traverse, les réfractaires aux autoroutes et voies balisées, les explorateurs des sentiers buissonniers riches d’originalités… Ces oiseaux de passage assoiffés d’azur et d’horizons infinis… (suite de l’article ICI )

cabarettistes les plus connus 16-04-2016 19-12-18 1647x2488Les voici dans Le cabaret des plus inconnus des auteurs compositeurs interprètes connus, d’après d’après l’oeuvre d’Allain Leprest, Colette Magny, Jehan Jonas, Henri Tachan, Gribouille, Loïc Lantoine et Pierre Louki. Et dans la salle du Théâtre de l’Opprimé, un lieu de de théâtre militant ouvert à toutes les bonnes volontés.

Dans cette salle où une partie du public est sur la scène, où la scène est de plein pied avec le public, on voit revivre ces artistes qui n’ont pas eu toute la lumière que méritait leur talent. Ceux dont on déplore l’indifférence des médias, une des seules peut-être à avoir eu quelques passages télé, c’est Colette Magny, avec le détriment d’être réduite à une chanson.. Les Cabarettistes ont pris des interviews de l’époque, dans lesquelles ces artistes éclairent le contexte, comment ils ont vécu leurs années de chanteurs plus ou moins confidentiels, ces interviews sont mises en voix en direct par Les cabarettistes les plus connus duo AAA 16-04-2016 20-48-28 2526x2094Cabarettistes, avec leur talent inouï pour créer des décalages drôlatiques, et très efficaces, on ne perd pas une virgule du propos. Les deux drôles aux larges épaules, version Cabarettistes, ça vaut le détour aux Tuileries.

cabarettistes les plus connus

Pierre Louki glisse ses brèves, dans son humour pince sans rire, et il est ravi d’être représenté par …  Voyez vous même, c’est tout lui…  enfin presque…

De tous ces artistes mis à l’honneur, le moins connu est peut-être Jehan Jonas, et comme ça tombe bien, c’est le prochain rendez-vous avec Les Cabarettistes. Car cette troupe a plusieurs spectacles à son répertoire, voir le calendrier, en différents lieux, et je relaie et soutiens ce que dit Christian Camerlynck, en une période compliquée pour la culture pas bien traitée depuis les dernières municipales, il faudrait trouver un moyen de soutenir les artistes et les compagnies qui avancent, seuls, uniquement avec le public, c’est à dire, vous et moi, et quelques partenaires qui les invitent dans leur salles.

 

Une idée de Camerlynck à suivre…

 

Il faut suivre, soutenir ce magnifique travail des comédiens qui Il faut suivre, soutenir ce magnifique travail des comédiens qui composent ce groupe et créent ces spectacles. Si j'étais producteur, si j'avais une salle ou si je dirigeais un festival je les engagerais. Bon ce n'est pas ce que les professionnels de la profession appelleraient de la Variété et pourtant! Ils chantent et disent des textes de chanteurs de plusieurs époques surtout celle des cabarets. Certains sont morts physiquement mais leurs chansons sont tellement vivantes qu'elles donnent l'impression d'avoir été écrites... Hier, Aujourd'hui, pour demain. En toute humilité ces passionnés servent la chanson, servent leurs auteurs... en grande simplicité, en convivialité... Amoureux des beaux textes, des belles mélodies, avec humour et tendresse ils nous donnent l'envie de redécouvrir, Pierre Louki, Allain Leprest, Gribouille, Riffard, Ricet-Barrier, Anne Sylvestre, Loïc Lantoine, Jehan Jonas et plein d'autres. Merci Mattila et la compagnie des Cabarettistes. Votre place devrait être au Hall de la chanson, dans toutes les structures, salle de spectacle qui aiment cet art le plus populaire qui soit.

Il faut suivre, soutenir ce magnifique travail des comédiens qui composent ce groupe et créent ces spectacles. Si j’étais producteur, si j’avais une salle ou si je dirigeais un festival je les engagerais. Bon ce n’est pas ce que les professionnels de la profession appelleraient de la Variété et pourtant! Ils chantent et disent des textes de chanteurs de plusieurs époques surtout celle des cabarets. Certains sont morts physiquement mais leurs chansons sont tellement vivantes qu’elles donnent l’impression d’avoir été écrites… Hier, Aujourd’hui, pour demain. En toute humilité ces passionnés servent la chanson, servent leurs auteurs… en grande simplicité, en convivialité… Amoureux des beaux textes, des belles mélodies, avec humour et tendresse ils nous donnent l’envie de redécouvrir, Pierre Louki, Allain Leprest, Gribouille, Riffard, Ricet-Barrier, Anne Sylvestre, Loïc Lantoine, Jehan Jonas et plein d’autres. Merci Mattila et la compagnie des Cabarettistes. Votre place devrait être au Hall de la chanson, dans toutes les structures, salles de spectacle qui aiment cet art le plus populaire qui soit. Christian Camerlynck

 

Le calendrier, c’est là : notez le 11 Mai, RDV avec Jehan Jonas  à 19h30, Théâtre de l’Opprimé, 78 rue du Charolais 75012 PARIS : Tableau 2 : Prenez pas les morts pour des cons

  • 05 juin 2016 toute la journée, Péniche Adélaïde, face au 48 quai de la Loire 75019 PARIS : Intégrale Triptyque (à confirmer)
  • 14 juin 2016 à 19h30, Théâtre de l’Opprimé, 78 rue du Charolais 75012 PARIS : Tableau 3 : Les galops du Cheval d’Or

Et n’oubliez pas, il y a des pauses entracte, on est bien traité avec les Cabarettistes. Dans la tradition du cabaret, on y boit, on y mange, mais pas en même temps,  dans la tradition du théâtre, pas de polka des fourchettes pendant le spectacle, c’est pendant la pause qu’on se restaure. Tout bio, tout frais. Pour les détails matériels, on paye son entrée au théâtre, et pour la pause cabaret, un chapeau attend l’expression de votre satisfaction, on paye au prix de son plaisir en spectateur citoyen responsable et conscient.

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Ajoutons qu’il y a souvent un invité surprise, et avec ce  lien, vous saurez tout ce qui vous peut être utile, indispensable pour les suivre, dans leurs aventures avec le Collectif 36 bis,  c’est ICI, clic sur le chapeau et la visite commence.Cabaret-2 chapeau

Norbert Gabriel

Ne lâchez rien !

20 Avr

 

no cultureA partir d’un envoi de courriels à 420 contacts concernés, et de plus de 200 relais Face Book, cet article sur les annulations et suppressions de manifestations culturelles a été lu par plus de 21 000 personnes entre le mardi 19 Avril 8 h et mercredi 20 à midi… (Et plus de 55000 vendredi 22 à 17 h.)

C’est là:  Avis de décès…

La mise à jour des festivals annulés en 2016 est faite toutes les heures, et ce n’est pas rassurant. (mercredi à 16 h, c’est plus de 160 festivals ou manifestations culturelles ou lieux de culture qui sont portés disparus)

Et si on continuait la diffusion ?

time cultureLes pétitions, c’est bien, mais peut-être qu’on pourrait aussi multiplier les actions individuelles qui finissent par faire une grande marée, comme l’aile du papillon d’Amazonie qui provoque un tsunami à l’autre bout du monde… On peut rêver…

Peut-être peut-on envisager d’être tous des colibris qui vont faire leur part du travail, et chaque élu ayant un petit fragment du chant, la grande chorale aura un écho suffisant pour remettre les idées en ordre.

Les tragédies récentes ont montré que c’est notre culture que des barbares déshumanisés ont essayé de blesser, donc ne lâchons rien.

Norbert Gabriel

Avis de décès …

19 Avr
Photo DR

Photo DR

Voici la longue liste des festivals annulés depuis 2015, et encore il en manque sûrement ! Mais aussi des salles, des théâtres, des écoles de musique qui ferment…  L’été sera sous le signe de l’austérité.

Rejoignez la lutte des intermittents.

Certains ont été annulés en 2015, sont-ils repris en 2016 ?

Festival « les Oreilles en Eventail » à Saintes (annulé)
Festival Les Festiv Hauts de Briançon (annulé)
Festival Salon Public à Salon de Provence (annulé)
Arrêt brutal de la résidence du Théâtre du Voyage Intérieur à Eaubonne
Artère Publique dans la communauté de Cergy Pontoise (en suspension)
Cité de la danse à Toulouse (projet supprimé)
Collectif La Blanchisserie à Ivry-sur-Seine (fermeture)
Théâtre Traversière -Paris ( fermeture / arrêt des financements)
Collectif Princesses Peluches (disparu)
Festival « Rochefort Ville en Fête » à Rochefort (annulé)
Festival Circo Loco de Moncé en Belin (annulé)
Festival Court Bouillon de Ste Luce sur Loire (annulé)
Festival En mai Fête ce qu’il te plait à Brétigny sur Orge (annulé)
Festival Franquevill’Ô Folies à Franqueville Saint Pierre (annulé)
Festival Les Arts des Hauts à Rouen (supprimé)
Festival Rayons Frais à Tours (supprimé)
La Défense Tour Circus (supprimé)
La Fête de la scie d’Harfleur (supprimé)
La Folle Histoire des Arts de la Rue à Marseille et Bouches du Rhône (supprimée)
Les pic-Nic show – festival art de rue dans la Sarthe (supprimés)
Les Rues Joyeuses 2015 à Tourcoing (annulé)
Les Usines Boinot – CNAR (bientôt disparue de Niort)
Z’Arts Up à Béthune (supprimé)
Art et paysage à Artigues près Bordeaux (annulé)
Biennale d’art contemporain de Bourges (supprimé)
Centre d’art contemporain de Basse-Normandie à Hérouville St Clair (supprimé)
Centre Pompidou à Maubeuge (abandon)
Ecole des Beaux-Arts de Perpignan (fermée)
Galerie du Conseil Général des Bouches-du-Rhône et du château d’Avignon (Fermeture)
Le Salon de Mai à Paris (annulé)
Maison de l’Image à Toulouse (projet supprimé)
Projet du Grand Musée de Reims (annulé)
Festival du film de Vendôme (supprimé)
Festival du film asiatique de Deauville (annulé)
Festival du film canadien à Dieppe (annulé)
Festival du film écologique à Bourges (supprimé)
Festival Interval en Poitou-Charentes (annulé)
Festival national du film à Hyères (supprimé)
Festival Paris Cinéma (annulé)
Fonds cinéma de Franche-Comté (suspendus)
Le Best Of Festival à la Ciotat (annulé)
Les Ecrans de la Mer à Dunkerque (annulés)
Danse en place à Montauban (supprimé)
Festival Neuf9 à Auterive (supprimé)
Les Mouvementées à Mimizan (annulé)
Uzès Danse (annulé en 2014, mais revenu en 2015 et 2016)
Le festival occitan Fèsta d’Òc à Béziers (supprimé ou modifié)
ADDAV56 à Vannes (supprimée)
Art et Paysage à Artigues (supprimé)
Arts et Cob, Plateforme culturelle du centre ouest Bretagne à Gourin (fermeture)
Association Arts vivants en Ille-et-Vilaine (supprimée/absorbée)
Association Domaine Musiques à la Madeleine (annulé)
Carnaval de Carcassonne (annulé)
Centre culturel Bérenger de Frédol à Villeneuve les Maguelone (doit quitter ses locaux)
Centre culturel Croix-Rouge à Reims (abandonné)
Direction de la culture à la mairie de Elne (supprimée)
Festival Artec à la Ferté Bernard (supprimé)
Festival Arts des Suds (annulé)
Festival Automne en Normandie (supprimé)
Festival Ciné-Scènes à Evreux (annulé)
Festival des Folklores du Monde à Bray-Dunes (annulé)
Festival du Perche à Le Theil sur Huisne (annulé)
Festival Festi’mômes à Saint Etienne (supprimé) Il semble y avoir des programmations ponctuelles en 2016. Places à 1 €..  Voir ICI.
Festival Hybrides à Montpellier (annulé)
Festival international de folklore à Quillan (annulé)
Festival Les Orientales à Saint Florent le Vieil (annulé)
Festival Nature en fête à Aigrefeuille (supprimé)
Festival Nord Magnetic (supprimé)
Festival des Voix de la méditerranée –Lodève-( annulé)(
Festival TARARTS (annulé)
Festival Téciverdi à Niort (annulé)
Festiventu, festival du vent à Calvi (supprimé)
Folies foraines à Joué les Tours (annulées)
La Galerie à Clouages (abandon)
La Maison du Fleuve à Givors (supprimée)
Le Funky Freaky à Asquins (annulé)
Le Totem (supprimé),
Cie Materia Prima (liquidation),
Festival Corps / Limites (supprimé) à Maxéville
Maubeuge, capitale régionale de la Culture 2015 (annulée)
Vida Festiv à Montpellier (suspendu)
Volet « concerts » de la MJC de Chambéry (supprimé)
Association Les Mots du Mardi Soir à Lanton (arrêt)
Festival de conte (supprimé)
Festival Satiradax à Dax (annulé)
Les Allées du livre à Béziers (annulé puis supprimé) et
Médiathèque (projet abandonné)
Résidence d’auteur, salon des éditeurs indépendants, et prix littéraire à Grigny (supprimés)
Amne’Zik Open Air Festival à Luc-en-Provence (annulé)
Blues à Saint-Pierre à Saint Pierre du Perray (annulé)
Calvi Jazz Festival (annulé)
Chapeau Rouge à Carcassonne (fermeture)
Concert « Festiv’été » de Cosne sur Loire (supprimé)
Douzy’ k festival à Douzy (annulé)
Ecole de musique de Baillargues (fermée)
Festival « Résonances » à Rochefort (supprimé)
Festival Alors… Chante à Montauban (annulé) mais repris par Castelsarrasin
Festival Basse-Zorn Live à Hoerdt (suspendu pour 2015)
Festival Consonances à Saint Nazaire (supprimé)
Festival Crazy Week à Nice (annulé)
Festival de Jazz à Amiens (supprimé)
Festival de Jazz à Cugnaux (supprimé)
Festival de Musique de Strasbourg (annulé)
Festival de musique Un été côté Saône à Villefranche sur Saône (annulé)
Festival de Reggae à Lanton (supprimé)
Festival de Talleyrand à Valencay (annulé)
Festival Des Arts Bourrins à La Neuville Chant d’Oisel (annulé)
Festival des Nuits Européennes à Strasbourg (supprimé)
Festival des Océaniques à Tarnos (annulé)
Festival du Piou Piou à Besançon (annulé)
Festival du Soleil à Marseille (annulé)
Festival du Vieux-Chêne à La Pouëze (supprimé)
Festival Eclip’son dans la région de Montaigu (annulé)
Festival Eté Cigale à Cholet (supprimé)
Festival Eurofonik édition 2015 de Nantes (annulé)
Festival Jazz en cordée à Bagnères de Luchon (annulé)
Festival Jour J à Orléans (supprimé)
Festival Les Giboulées au Creusot (annulé)
Festival Les Musicales à Puy en Velay (annulé)
Festival Polyfollia à Saint Lô (supprimé)
Festival Strange à Châtillon sur Loire (supprimé)
festival Trek n’Folk à Halluin (annulé)
Festival’Hyères (supprimé)
Fort en Jazz à Francheville (annulé)
Funky Family Fest (annulé)
Hadra Festival à Lans en Vercors (annulé)
I Love Techno Montpellier (annulé)
Infrared (fermé)
Jazz à Montauban (annulé)
L’agglo du jazz à Nîmes (annulé)
La Chapelle à Montpellier (fermée)
La marmite festival à la Suze sur Sarthe (supprimé)
Le festival Les Muzik’Elles de Meaux (annulé)
Les Enchantés de St Sébastien sur Loire (annulés)
Les Estivales de Perpignan (supprimées)
Les Voix du Gaou à Six Fours (supprimé)
Orléans Jazz (annulé)
Puget Live Festival à Puget sur Argens (supprimé)
Suppression de concerts à Toulouse lors de la fête de la Musique-Amphibia – Le Théâtre supprimé)-
Festival de Théâtre Contemporain à Hauteville Lompnes (annulé)
Festival de théâtre de Collioure (supprimé)
Festival Les Petites Formes de Desbals à Toulouse (supprimé)
La Friche Laiterie à Strasbourg (fermé)
Le théâtre de l’industrie à Bourg en Bresse (fermé)
Scène Conventionnée Le Forum au Blanc Mesnil (clôture de convention avec la ville)
Théâtre de la ville de Vendôme (arrêt du projet)

Prémisses: Fermeture définitive du lieu de résidence « l’Avant Rue » à Paris 17, au 31 décembre 2013.

 

 Et aussi, en 2016

Et qu’est devenu le Louftibus? Festival jeune public créé en 2006 et se déroulant dans un cadre magique Le long des remparts du 14e siècle de la ville médiévale de Bergheim(68), au pied des Vosges et du château du Haut-Koenigsbourg

Un autre qui disparaît cet année: l’Oeno Festival de Dijon début juillet.

Festival Jazz à Bourges qui accueillait de très belles scènes et une riche expérience humaine ! supression du budget régional pour cette année..

Festival 1001 scènes de Oiron (Deux-Sèvres, Poitou-Charentes) annulé brutalement, faute de subventions régionales…

Suppression du Festival Sarre à Contes en Moselle Est

Festival du Cinéma européen de l’Essonne

Disparition de Culture O Centre à Orléans, agence régionale culturelle

 Rencontres Internationales de Clarinettes Populaires à Glomel dans les Côtes d’Armor, pas d’édition cette année,

Seyssuel   Fest à Seyssuel (supprimé)

Région centre: Festival les Ingrédients annulé (Ingré-45)

Walk On the Pink Side à Toulouse qui a annoncé son annulation jeudi 21 Avril

L’art prend l’air en Loire Atlantique

Pas un festival, mais un grand lieu de formation, l’OFJ (Orchestre Français des Jeunes) baroque n’aura pas lieu en 2016…

Garance à Bagnols sur Cèze (supprimé depuis 2015)

Le Festival du Jeu de St Ouen, annulé l’année dernière et visiblement supprimée définitivement en 2016.

Artistes en fêtes, Tonneins, annulé en 2016

Le festival Les invites de Villeurbanne est annulé pour 2016.

Le « Festi’chaource » festival des arts de la rue et des musiques actuelles en milieu rural, neuvième édition, annulé suite à une baisse des subventions ne permettant pas une programmation complète !

La 8ème édition du festival La Voie est Libre Annulée par la mairie de Montreuil.
Festival Eco Citoyen

Disparition de l’Association de Développement Culturel en Côtes d’Armor, Itinéraires Bis

Séminaires en Sciences de l’Homme et Sociétés   La Rochelle

Festival FMR en Moselle ( annulé)

Suppression de Poèmélodies

Festival Les Nuits Romanes (ex région Poitou-Charentes) annulé en 2016 à deux mois du lancement du festival

Fermeture du Théâtre des Jacobins à La Rochelle (17000)

Festival des Francos gourmandes de Tournus

Festival Musiques Au Musée à Limoges, supprimé par la nouvelle municipalité (LR ) de la ville de Limoges.  Le Festival du Cinéma Russe lui aussi a manqué d’être annulé faute de subvention, et vit grâce à un financement participatif /

 

 

Une question toujours d’actualité ….Chirchill

 

Quand on a demandé à Winston Churchill de réduire le budget des arts en faveur de l’effort de guerre, il répondit:

Mais pourquoi nous battons-nous ?

 

Et puisqu’il est question de faire des économies dans ce monde tout économique, un autre rappel,

La culture contribue 7 fois plus au PIB français que l’industrie automobile avec 57,8 milliards d’euros de valeur ajoutée par an.

 Vous pouvez ajouter vos avis de décès « culturels » dans les commentaires, s’il y a lieu. Liste établie par Lionel Arthur.

Norbert Gabriel

Al’ Européen avec le Delort big band…

18 Avr

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Mister Al ne mégote pas quand il s’agit de venir présenter à Paris son nouvel Al‘bum « Nicotine »… C’est big band et cie, et il faut bien toute la scène de l’Européen pour accueillir tout le monde. Dont voici la photo de groupe,

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Dans un roman de René Fallet, entre Bourbonnais et Bourgogne, Al Delort pourrait être un personnage nonchalant, maître des écluses, et des péniches avançant dans une lenteur majestueuse sur des canaux paisibles et bucoliques. Et lui, contemplatif et romantique…

Mais attention, dans la seconde, il peut se tranformer en guitar hero, mi-Hendrix, mi-Clapton, ou bien en néo-Segovia guitare langoureuse et sensuelle pour sentiments en clair obscur. Il se régale en jonglant avec les mots, les virevoltes, dans un mix de Woody Allen, Boby Lapointe ou Francis Blanche. Passant à la volée de la tendresse à l’autodérision douce amère, voire vacharde, au cocasse  textuellement intime quand les maux et les mots sont associés pour le meilleur et pour le rire. Ou pour ne pas pleurer, on a ses élégances.

Al Delort Européen ptit cruq 13-04-2016 21-26-40 1779x1622Dans la bande qui a fait la fête il y avait la famille en bonus, Lola en duo, en solo, en chorale, avec Louis, Louis Delort, à la guitare et la « gestion » de la scène, Valentin et son djembé, la section de cuivres,des copains, P’tit Cruq,  l’Al‘ chimie a été parfaite, en rappel un standard avec les amis d’Al dans la salle, la fiesta « Nicotine » a été réussie.

Pour l’album « Nicotine » il a été présenté ICI.

Et pour suivre la caravane Delort dans ses bALades, c’est là. 

en avant la zizique

Un extrait ?

Et pour quelques images de plus…

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La soirée avait débuté avec Davy Myrtho

La soirée avait commencé avec un coup de soleil de la Réunion avec Davy Myrtho,histoires du pays, comme cette jolie chanson du facteur, heureux qui part à pied une semaine, avec 40 kgs de courrier dans les villages inaccessibles, et aussi la vie rugueuse des travailleurs, comme 15 € par tonnes..

Coup de soleil de la Réunion, histoires du pays, comme cette jolie chanson du facteur, heureux qui part à pied une semaine, avec 40 kgs de courrier dans les villages inaccessibles, et aussi la vie rugueuse des travailleurs, comme 15 € par tonnes…

 

Norbert Gabriel

Rock et régénération : rencontre avec Golden Gasoline

13 Avr

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Le Rock dans ce qu’il a d’authentique, à la fois intemporel et muable, qui se réinvente, sans trahir ce quelque chose de viscéral qui fait son âme, c’est ce qu’on entend chez Golden Gasoline, jeune groupe à la créativité aussi prolifique que fougueuse. En quelques mois d’existence à peine, la formation –certes jeune, mais dont les membres n’en sont pas à leurs premiers pas dans la musique-, dégage de ses morceaux une griffe fauve et marque une identité sonore singulière, retournant à la simplicité d’un duo guitare-batterie et débordant d’imagination. Fondé par Arthur Frétier, guitariste de Leitmotiv, et David Peiffer, batteur de David Pilarsky, le trio se complète  d’Ekaterina Frétier  (compagne d’Arthur), dont la voix aux teintes androgynes et aux accents blues apporte du suave et de la douceur à la brutalité sonore, histoire de mettre des sentiments humains dans l’animalité. Un côté « garage », des influences blues, folk et hard, une fine veine de soul dans le chant, un Rock à la fois encré et terriblement moderne… Il y a un peu de tout ça dans les compositions de Golden Gasoline. Mais aussi autre chose : une osmose particulière qui rend sa musique unique et régénérante. Alors que s’annoncent les premiers concerts du groupe, les deux musiciens fondateurs ont accepté de répondre à quelques questions.

 

– Bonjour, et merci d’accepter cet entretien. Votre formation est toute jeune. Comment est-elle née ?

– Arthur : On a crée le groupe en novembre 2015, de manière un peu spontanée. David et moi avions joué ensemble, avant que j’intègre Leitmotiv, en 2010-2011. Nous avions fait quelques répétitions, mais j’étudiais au CIAM, et je jouais aussi dans un autre groupe, P2Freeze, je n’avais pas trop de temps. Nous avions donc arrêté, tout en restant en contact. Lorsque j’ai rappelé David, car le temps me semblait venu pour un projet ensemble, il allait en faire de même ! Nos aspirations convergeaient au même moment. C’était quelque part aussi une question d’emploi du temps : d’un coup, j’avais du temps pour faire quelque chose, j’avais quitté depuis environ 1 an le groupe P2freeze; nous avions fini d’enregistrer l’EP de Leitmotiv, et je sentais que c’était le bon moment pour démarrer un nouveau projet à partir de zéro.

– David : Il y avait une question d’envie, et d’envie de la même chose sur ce projet là. On voulait faire un duo guitare-batterie, sans être bloqués par la difficulté de trouver un bassiste ou un chanteur.

– Arthur : J’ai demandé à Ekaterina si elle pouvait nous suivre pour assurer le chant, et nous avons calé une répétition la semaine suivante. Tout s’est fait assez rapidement.

 golden David Peiffer

 

– Ekaterina était-elle déjà chanteuse ?

– Arthur : Ekaterina est arrivée en France en 2014, étant d’origine russe. Elle était choriste dans un groupe à Moscou, qui s’appelait Tranzam, un groupe qui a assuré de gros concerts, notamment avec Panic At The Disco. Mais elle n’avait jamais tenu le premier rôle, ni écrit de textes ; notre projet représentait donc un nouveau challenge pour elle. Et comme la scène lui manquait, elle a accepté le défi.

– David : Elle se plait énormément dans le travail de composition et, outre le fait qu’elle est assez perfectionniste, elle apporte beaucoup de bonnes idées, en particulier pour le chant, des idées qu’Arthur ou moi n’aurions pas eues.

– Arthur : Elle peut nous pousser à bout, dans le bon sens, car elle a une oreille et une musicalité différentes des nôtres. Il m’arrive de lui proposer des choses pour le chant, qu’elle n’aime pas, et à partir desquelles elle va proposer autre chose. C’est comme une émulsion, et le résultat final est souvent bien mieux que tout ce à quoi on avait pensé. Elle nous pousse à aller plus loin. Elle a une sensibilité musicale étonnante, sans doute du fait qu’elle écoute d’autres musiques que nous et a une approche différente.

 golden Ekaterina frétier

 

– Ayant déjà participé à plusieurs groupes, vous n’êtes pas débutants dans le musique. Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs ?

– David : Je prends des cours et travaille dans le milieu de la musique ; je suis donc musicien professionnel, en ce sens, même si j’ai un peu fait ma formation « sur le tas ».

– Arthur : il faut dire que son père est batteur professionnel.

– David : Oui… Les chiens ne font pas des chats ! Et je tourne parallèlement avec David Pilarsky. En fait cela tombait bien que le projet Golden Gasoline démarre en hiver, car c’est une période un peu creuse en terme d’activité scénique.

– Arthur : Pour ma part, j’ai suivi une formation au CIAM et au Conservatoire, et je travaille depuis 5 ans dans l’école Rythm&Groove à Libourne, où je donne des cours. Ekaterina quant a elle a un père musicien qui l’a faite baigner dans la musique depuis toujours.

golden Arthur Frétier 

 

– D’où vient le nom du groupe ?

– Arthur : Il y a plusieurs significations. Je voulais quelque chose d’à la fois luxueux et crade. L’essence en or était une idée qui me parlait. Le mot « gasoline » me vient de certaines anecdotes de groupe Stoner, ces musiciens qui partaient en tournée dans le désert avec des groupes électrogènes pour se brancher, ils appelaient ça les « gasoline tour ». Ces histoires de tournées de groupes dans le désert sont assez fascinantes; et par ailleurs le son de ces groupes m’a influencé dans ma façon de jouer avec un octaver. Mais je ne voulais quand même pas trop revendiquer l’identité Stoner, car nous ne sommes pas un groupe de Stoner. L’opposition des deux mots « golden » et « gasoline » me plaisait, d’autant que les deux ont de la valeur, que ce soit l’or ou l’essence : que ce soit propre ou sale, ça a de la valeur. Et ce concept colle bien à notre groupe. C’est sur que ça ne porte pas une image très écolo, mais tant pis !

 

– Comment se créent les compositions ?

– Arthur : Lors de la première répétition, nous avons basé les compositions sur des idées de riff de guitare que j’avais déjà en tête depuis quelques temps. Mais désormais nous composons directement ensemble en répétition. En général, ça part en « jam », et soudain sort un riff qu’on note, qu’on enregistre et retravaille. C’est la première fois que je travaille comme ça, c’est-à-dire, en créant avec le groupe de manière très spontanée. Dans Leitmotiv, il y a plus d’écriture musicale, au sens où on va chercher un riff, le faire évoluer, travailler les arrangements. Dans mon ancien groupe P2Freeze, on structurait aussi beaucoup les morceaux, car c’était du Rap-Rock, donc on tenait beaucoup compte des mesures, des lignes de basse très précises. Alors que Golden Gasoline créé vraiment en répétition.

– David : C’est d’autant plus facile que nous ne sommes pas fermés à ce qui vient. Arthur peut proposer un riff, que je ne vais pas forcément entendre comme lui, et qui va me donner l’idée de proposer une mise en place différente. Ainsi on arrive à trouver une osmose naturelle qui convient à tout le monde. La composition part souvent plus d’un instrumental que d’un texte ; et Ekaterina vient poser ses paroles dessus quand ça lui plait.

 

– Pierre [NDLR Pierre Estenaga, chanteur de Leitmotiv] nous disait lors d’un précédent entretien [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2015/12/20/sortie-du-nouvel-ep-de-leitmotiv-faites-vos-jeux-entretien-avec-pierre-estenaga/ ] que les compositions de Leitmotiv partent aussi souvent d’un riff d’Arthur. Est-ce que lorsqu’un riff te vient, tu sens si l’identité musicale de la composition sera du Leitmotiv, du Golden Gasoline, ou encore autre chose ?

– Arthur : Oui, complètement. Parfois je compose des chansons pour des projets qui n’existe pas encore. J’enregistre beaucoup chez moi. Avant de me lancer dans Golden Gasoline, je pensais à un autre projet, car j’avais plein de mélodies un peu progressives, mais il aurait fallu plus de musiciens, et je n’avais peut-être pas les contacts qu’il fallait ou la notoriété nécessaire pour que des gens accordent leur confiance à un tel projet. C’est pour cela aussi que j’ai voulu quelque chose de nouveau, de simple et d’efficace avec Golden Gasoline. J’ai repensé alors à tous ces groupes que j’aimais et qui  partaient de presque rien avec peu de matériel, et à l’imagination dont ils ont fait preuve. Je testais du nouveau matos, et j’imaginais déjà le son que je voulais et que j’ai proposé à David. Toutes les musiques me donnent des idées pour enrichir la notre. On écoute de tout, sans sectarisme. D’ailleurs la musique de Leitmotiv n’a rien à voir avec celle de Golden Gasoline, et je joue les deux avec plaisir. Donc pour en revenir à ta question, quand je compose, je sens très vite si je suis en train de créer pour un groupe ou l’autre, suivant les influences qui me nourrissent sur le moment, car les styles sont très différents : il est fréquent que pour les compositions de Leitmotiv, je pense à des groupes comme Interpol, The Strokes, Radiohead ou Bloc Party, à des sonorités plus planantes par exemple. Récemment j’ai composé un titre pour Golden Gasoline qui m’évoque plus la musique de Them Crooked Vultures, le groupe fondé par Dave Grohl des Foo Fighters avec Josh Homme de Queens of the Stone Age et John Paul Jones, l’ancien bassiste de Led Zeppelin.

– David : Dans toutes les compositions qu’on a, il y a déjà un gros fil rouge, ne serait-ce que du point de vue de la sonorité de la guitare.

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– Votre orchestration réduite à un duo guitare-batterie offre une couleur musicale singulière avec un côté « garage », évoquant aussi des groupes comme les White Stripes. Saviez-vous en vous réunissant dans quelle direction musicale vous alliez orienter le projet ?

– Arthur : Ce n’est pas si « garage » que ça. On verra quand on enregistrera un album –puisqu’on a un enregistrement en projet- comment sera le son. Je pense que nous sonnons « garage » du fait de l’absence de basse. Finalement il n’y a dans le groupe qu’une guitare avec un octaver assez puissant et une batterie. Donc on avait ce son puissant ; et la voix de Ekaterina soulage ce côté brutal, car elle est plus bluesy et soul, bien qu’étant assez grave et se prête parfaitement à ce style. Quand on a fait écouter des prises aux amis, certaines personnes ne pensaient pas que c’était une femme qui chantait. J’aime bien cela ; c’est ce que j’essayais de décrire dans la biographie du groupe en comparant la guitare à un gros rocher sur lequel la batterie venait frapper comme un marteau pour lui donner une forme, la voix venant adoucir tout ça. L’idée qu’il n’y ait pas de basse me plaisait ; j’ai été très marqué par des groupes sans basse, comme Blood Red Shoes, que j’avais vu en première partie de Maxïmo Park, et qui dégagent tellement d’énergie et de puissance que ça ne laisse pas de place à un autre instrument. Il y a eu aussi évidemment des duos comme les White Stripes, Death From Above  ou encore Royal Blood qui jouent avec guitare batterie ou basse batterie, parfois avec une guitare baryton accordée d’une certaine façon avec un octaver. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la guitare baryton est instrument qui revient à la mode ; des groupes comme Placebo s’en étaient servi dans les années 90, mais c’était un instrument difficile à trouver il y a quelques années. Aujourd’hui on en voit de plus en plus. Detroit en utilise une. Cela créé des sonorités très intéressantes, et peut-être un jour sera-t-on amenés à en avoir une. Mais je voudrais rester le plus fidèle possible au son qu’on a. Je pense à doubler les guitares pour avoir un son plus massif et rajouter des percussions et des chœurs. Donc on va travailler le son. Mais l’idée est d’exploiter le plus possible notre matériel, les sonorités de nos instruments, les pédales, les amplis, avant de penser à intégrer un autre instrument ou d’avoir recours à des samples. Cela viendra peut-être quand notre son sera amené à évoluer.

– David : Il s’agit de marquer l’identité sonore du groupe dans un premier temps, car c’est le son qui nous convient. Et puis d’un point de vue logistique, ça facilité beaucoup de choses de n’être que trois membres, que ce soit pour coordonner nos emplois du temps, ou caler des dates. A 5 ou 6, ça devient déjà plus compliquer, quand chacun a ses activités parallèles ou ses priorités de vie privée.

– Arthur : Il est sur que tout est plus simple, si on nous propose une date de concert : on met la batterie et les amplis dans le break, et c’est parti ! Pouvoir voyager et nous exporter est une motivation importante. Ça peut paraitre prématuré, car le groupe a été créé il y a 5 mois à peine, mais nous sommes déjà dans ce milieu, nous sommes passionnés, nous travaillons et gagnons nos vies avec la musique, donc on projette naturellement le groupe dans l’avenir. J’avais toujours voulu faire quelque chose comme ça, mais l’occasion ne s’était jamais présentée, ou alors je n’avais jamais osé le faire peut-être : j’avais peur que le duo guitare-batterie ne soit pas suffisant, ou que je ne sois pas à la hauteur techniquement pour que ça sonne. On a été un peu confrontés à ça au début d’ailleurs : on trouvait le son un peu plat, sans relief. Et puis ça a évolué.

– David : On a construit les morceaux petit à petit, en apprenant à le gonfler soit avec d’autres instruments ou avec des chœurs, soit avec des mises en place rythmiques qui donnent du relief justement. Ce qui est bien avec la jeunesse du groupe, c’est qu’on n’est pas encore tombés dans cette phase où la création fait défaut ou se ralenti. On repart toujours de chaque répétition avec quelque chose de nouveau. Il faut dire qu’on a choisit de répéter souvent, mais sur des créneaux de 3 heures, donc on consacre toute notre énergie et notre créativité à ses 3 heures, chose qu’on ne pourrait pas faire dans des répétitions de 5 ou 6 heures qui épuisent.

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– On entend dans votre musique plusieurs influences distinctes mais qui en même temps créé une certaine homogénéité sonore. Quelles sont vos sources ?

– Arthur : L’idée est de partir parfois sur un riff un peu hard rock-blues. Quand on écoute « Creepy creature » qui est assez hard, et qu’on le joue en guitare sèche ensuite, on se rend compte à quel point il y a un fondement country blues. On pourrait même penser à faire un set acoustique, qui revisiterait les chansons totalement différemment de leur son actuel. D’ailleurs à la maison, avec Ekaterina, on répète parfois en acoustique, et on découvre les morceaux d’une autre façon, plus blues et folk. Pour le moment il n’est pas question de se forcer à jouer moins fort en concert, car notre musique demande de l’énergie. Mais plus tard ce serait intéressant de travailler le set en acoustique pour pouvoir aussi faire connaitre notre musique de cette façon dans des lieux moins bruyants.

– David : Ce qui est intéressant dans ce travail, c’est vraiment d’entendre les chansons différemment, pas juste d’en faire une transposition acoustique. Dätcha Mandala, qui est groupe très rock 70’, joue parfois un set acoustique.

– Arthur : Pour les avoir vus au Krakatoa, lors du concert « Tribute to Hendrix », je sais qu’ils possèdent un morceau acoustique et sont capables de jouer un set acoustique qui sonne très différemment de leurs concerts amplifiés. Il y a d’autres groupes qui montent, comme Black BirdHIll qui fait une musique très intéressante, dans l’esprit blues, avec l’utilisation d’une guitare baryton. La scène est tellement diversifiée à Bordeaux qu’on a la chance de pouvoir entendre des choses très différentes, éclectiques.

 

– Vos textes sont en Anglais. Est-ce Ekaterina qui écrit tous les textes ?

– Arthur : On partage le travail d’écriture mais c’est surtout Ekaterina qui écrit les textes. Elle a plus d’aisance pour écrire en Anglais puisqu’elle parle Français depuis  environ 2 ans. Et puis son accent s’y prête mieux. En revanche, il arrive que j’image non pas un texte, mais un sujet, une thématique, que je souhaite aborder, et elle écrit le texte à partir de ça. J’ai écris deux morceaux, et elle tout le reste ! 

– David : Souvent les idées des thématiques viennent de la sonorité du morceau. Pour prendre l’exemple de « Reptile skin », la musique évoque le déplacement d’un reptile et ça a inspiré le texte.

– Arthur : Il y a un peu de ça dans Leitmotiv aussi, où souvent les ambiances musicales des morceaux inspirent à Pierre l’écriture du texte. Mais c’est son travail personnel ; les autres membres du groupe n’interviennent pas du tout dans l’écriture. On laisse Pierre s’occuper de ça. Pour Golden Gasoline, nous intervenons tous. Il est vrai que c’est la première fois que je joue dans une formation où on pense les textes en Anglais ; du coup la vision du projet est totalement différente. D’ailleurs on pense déjà à jouer hors des frontières de l’hexagone.

– David : Il y a aussi cette considération là. On ne vise pas seulement à se développer pour les scènes nationales ; on a très envie de pouvoir parcourir des scènes à l’étranger aussi, si l’opportunité se présente.

– Arthur : A partir du moment où Ekaterina prenait le chant, on savait que le groupe ne chanterait pas en Français, sauf peut-être un ou deux morceaux à l’occasion. Bien sur on pensait que ça risquait d’être un défi compliqué –et ça l’est pour trouver certaines rimes, puisque nous ne possédons pas un vocabulaire aussi enrichi qu’un Anglophone- . Mais ça se révèle très intéressant, car cette langue permet d’autres choses, notamment pour des idées que j’aurais voulu exploiter depuis longtemps, mais qui n’auraient rien donné en Français. Avec l’Anglais, on peut exprimer des choses très simples, mais qui sonnent et permettent de passer un message assez fort, alors qu’en Français elles seraient vides de sens et moins esthétiques. C’est là où le travail d’artistes comme Leitmotiv ou Pilarsky, et des groupes de rock francophones en général, est très délicat : c’est de la poésie. Il faut employer un certain vocabulaire pour que ça sonne sans être niais ou ringard.

– David : Et même à la limite, il y a une obligation de passer dans le texte engagé pour justifier ses propos en Français.

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– De quoi parlent vos chansons ?

– Arthur : Elles parlent de plein de choses. Le morceau « Reptile skin » parle d’un homme qui dans ses rêves se transforme en reptile vagabondant dans le désert pour trouver sa maison. C’est la musique qui m’a vraiment donné l’idée de ce thème. « Creepy creature » parle d’un type bizarre, drogué, qui effraye les enfants. Ce sont des histoires un peu « barrées » pour ce qui concerne mes idées. Ekaterina a des histoires plus personnelles, comme dans « Feeling I know » qui parle des liens qu’elle peut avoir avec des gens par rapport à la musique, et du fait que la musique joue un rôle très important dans ses rencontres. On a aussi des morceaux sur le thème de la religion, « Rock Confession » raconte l’histoire d’une bonne sœur qui souhaite faire du rock ou « No friends in paradise » exprime un ressenti vis-à-vis du fait qu’il est impossible de respecter tous les commandements, qu’on commet forcément tous des erreurs et qu’on ira donc tous en enfer. C’est justement une de ces thématiques qui me tournaient en tête depuis un moment et que je n’aurais pas pu exprimer en Français.

– David : Ce qui me plait avec les thématiques un peu « barrées », c’est qu’elles peuvent laisser libre court à l’imagination pour une esthétique sur un clip vidéo par exemple.

– Arthur : C’est parce qu’en fait, avant de penser aux paroles, je pense à des images. La composition musicale d’un morceau m’inspire un genre de scénario : la musique me donne des images, et le texte en découle ensuite. « Creepy creature » m’a été inspirée par un type croisé dans une rue que je trouvais vraiment bizarre. On pense les textes comme des histoires à raconter ; nous ne revendiquons rien d’autre. Du moins pour l’instant ! Le militantisme viendra peut-être, mais pour le moment ce n’est pas à l’ordre du jour. On invente des histoires qu’on pourrait écrire dans un livre.

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– Vous évoquiez à l’instant l’enregistrement d’un album. Est-ce pour un futur immédiat ?

– Arthur : Le but est dans l’immédiat d’étoffer le set, qui comporte déjà une dizaine de morceaux, afin de pouvoir assurer au moins une bonne heure de concert, et puis de continuer à créer et enregistrer un premier album cet été, qu’on est d’ailleurs déjà en train de maquetter. On recherche des sons, on édite des batteries, on essaye plein de choses aussi sur la manière dont on voudrait enregistrer. On voudrait garder ce projet pour nous, au sens où on voudrait faire tout nous-mêmes ; je pense qu’on va apprendre beaucoup en faisant ça. Et du fait de la nature du groupe, j’aimerais faire des albums pas trop longs, peut-être de dix titres maximum, pour ne pas fatiguer les gens. Quand j’achète un album de 16 titres ou plus, il est rare que je l’écoute en entier d’un trait, surtout lorsque les sonorités des différentes chansons sont très proches. Royal  Blood a fait par exemple un album d’une dizaine de titres qui doit durer 38 minutes, et l’écoute sans se lasser. 

– David : L’idée est de proposer quelque chose qu’on aime écouter du début à la fin sans pause. Et faire ça par nous mêmes nous permettra de garder notre liberté sur les choix d’esthétique sonore. Mais il est vrai que pour ce qui concerne des dates à l’étranger, on y pense déjà sérieusement, car depuis le début du groupe, tout se réalise assez rapidement et cette énergie nous porte. 

– Avez-vous des connaissances en techniques de prise et traitement des sons pour ce faire ?

– Arthur : Oui, car à l’époque de P2Freeze, je devais enregistrer l’album du groupe. J’enregistrais les basses, guitares et synthés, et programmais les batteries ; et précédemment j’ai enregistré dans des studios où j’ai eu l’occasion d’apprendre quelques techniques. Il n’y a que la batterie acoustique que je ne saurais pas faire. Alors bien sur ça ne sera pas parfait, mais c’est ce qui me plait, car on aura toujours ce côté « garage ». J’avais beaucoup aimé les albums des White Stripes : quand on écoute les guitares, on a l’impression que nos enceintes vont exploser, comme si la production était mauvaise, mais c’est justement ce qui fait le charme de ces albums. Et c’est ce qui m’intéresse, ce son, cette indépendance. Et puis je pense qu’on apprendra beaucoup de choses dont on se servira pour un futur EP ou album : on fera des bêtises certainement, mais qui se corrigeront par la suite. J’essayerai tout de même de demander des conseils quand cela sera nécessaire, mais je souhaite faire les mix selon les oreilles du groupe. Pour être passé dans plusieurs studio, j’ai pu me rendre compte à quel point enregistrer est délicat, simplement parce que la plupart du temps, l’ingénieur du son ne connait pas le groupe, son histoire, son vécu, ses influences et ses désirs, et on peut perdre énormément de temps quand il ne comprend pas le groupe. L’avantage avec Golden Gasoline, c’est que le mix sera bien plus léger à réaliser, car il n’y a finalement que deux instruments et la voix.

– David : Et puis on  a une idée commune du son qu’on veut avoir. Donc à nous trois, on y arrivera.

– Arthur : La première maquette qu’on a mise en ligne a vraiment été enregistrée à l’arrache, à partir d’une prise sur un enregistreur Zoom. Et puis un jour j’ai réenregistré des guitares sans amplis, directement sur ordinateur, puis on a mis la voix et essayé d’en faire quelque chose, même si c’était pas la structure finale, ne serait-ce que pour pouvoir proposer quelque chose aux gens et avoir au moins un support à faire écouter pour trouver des dates de concert. Finalement pour le peu de moyens qu’on a utilisés, en travaillant à nous trois, on a réussi à faire un son qui m’a plu. Donc je pense que dans des bonnes conditions, avec un peu plus d’expérience, on peut vraiment faire quelque chose qui nous corresponde.

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– Avez-vous déjà des concerts prévus ?

– Arthur : On a des dates qui vont commencer à arriver, la première étant prévue le 14 avril pour les Scènes Croisées à Bruges, et la deuxième le samedi 16 avril, en première partie de Leitmotiv au Club House à Bordeaux. Et puis on a le projet de faire venir des groupes de différentes régions pour jouer avec nous, et de pouvoir ensuite aller jouer chez eux. On est notamment en contact avec plusieurs groupes français ou étranger. J’ai toujours eu ce rêve de voyager grâce à la musique.

– Dans l’immédiat où peut-on écouter votre musique ?

– David : On essaye d’utiliser tous les moyens à notre disposition notamment soundcloud pour mettre nos morceaux en ligne, ici : https://soundcloud.com/user-601190924

– Arthur : On est en train de créer un site, qui sera bientôt achevé, toutes les informations ainsi que la musique seront disponible.

 

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Miren Funke

 

Liens :

Golden Gasoline : https://www.facebook.com/GoldenGasoline/

https://soundcloud.com/user-601190924

Leitmotiv : http://www.leitmotivofficiel.fr/

https://www.facebook.com/leitmotivofficiel

Pilarsky : http://www.davidpilarsky.com/

https://www.facebook.com/david.pilarsky

P2Freeze : https://www.facebook.com/p2freeze/info?tab=page_info

 

Hors cadre, Mathias Vincenot

13 Avr

Fujiyama

C’est beau, n’est-ce pas ? Oui… mais quel rapport entre le Fuji Yama et l’album Hors cadre de Mathias Vincenot ? J’explique, imaginez que vous sortez de la forêt, en bas de l’image, et vous découvrez ce paysage extraordinaire, cette montagne suspendue entre le ciel et la terre… Si tout ce qui vous vient à l’esprit est « C’est beau », vous avez immédiatement conscience que vos mots ne sont pas à la hauteur de la situation. Je ne parle de l’altitude relative mais de cette beauté qui vous éblouit et vous envahit tout entier.

Voilà ce que j’ai vécu en écoutant Hors cadre, une sorte de sidération irradiante. J’entends Savinien qui murmure, c’est un peu court, jeune homme… Bon, d’accord. Procédons par étape. En un temps déjà ancien, j’étais en effet jeune, 10 ou 11 ans, la poésie m’a pris par cœur et par corps avec « Demain dès l’aube... » Trois strophes, douze vers, qui disaient avec des mots simples, limpides, toute la détresse d’un père, et du bas de mes 10 ans, je l’ai vécue cette détresse, avec ces vers… En ce temps, à part la mort des lapins, la mort m’était étrangère.

Il y eût aussi en chanson, un autre choc du même genre, avec Actualités, chantée par Montand, une partie de la chanson évoquait un drame concernant un enfant, et j’avais le même cas– la maladie bleue- à côté de chez moi. En quelque sorte j’étais dans la chanson.

Ce sont des situations où les mots vont au plus profond de l’intime, en débusquant parfois des émotions insoupçonnées. Quand Mathias Vincenot écrit « Le testament du vieil homme » j’ai le sentiment qu’il m’a radioscopé, et je suis bien certain que pas mal d’auditeurs de tous âges auront la même sensation pour d’autres poèmes, les poètes sont dangereux parfois, ils entr’ouvrent des portes dérobées, suscitent des traversées du miroir, mais le risque vaut le coup.

matthias-vincenot-hors-cadre-collection-direVoilà ce que j’ai ressenti, c’est personnel, ou abstrait, ou abscons, peut-être, mais regardez simplement le Fuji Yama, ça devrait vous éclairer sur la grâce, la puissance, la beauté, la sensibilité de cet album extra-ordinaire, et unique en son genre. Pour la forme, il est constitué de 21 textes en duo avec l’ensemble DécOuvrir sous la direction d’Etienne Champollion, un poème dit par 53 artistes, et 3 poèmes chantés.

Retrouver le chemin et rattraper au vol ce qu’on croyait perdu…

Et on le trouve où ? Voir ici.

Distribué par EPM / Collection « Dire » dirigée par Bernard Ascal.

 Norbert Gabriel

 

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