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39e CONCOURS NATIONAL DE JAZZ DE LA DEFENSE

8 Mai

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Important : la date limite de restitution des dossiers de candidature est exceptionnellement prolongée jusqu’au 17 mai.

Le Concours National de Jazz de la Défense est un dispositif de repérage de jeunes artistes ou groupes de la scène jazz organisé par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine depuis 6 ans.
Les lauréats du Prix de groupe et du Prix d’instrumentiste recevront respectivement 5 000 € et 1 500 € en aides professionnelles.

snoopy jazzDepuis 39 ans, le jury a déjà récompensé un grand nombre de leaders de la scène jazz française :
YOUN SUN NAH / ERIK TRUFFAZ / BOJAN Z / JULIEN LOURAU / MAGIC MALIK / MEDERIC COLLIGNON / THOMAS DE POURQUERY / ANNE QUILLIER / DENIS BADAULT / LAURENT CUGNY / JEAN-MARIE MACHADO / PIERRE DE BETHMANN / BAPTISTE TROTIGNON / VINCENT PEIRANI / LE SACRE DU TYMPAN / NGUYEN LE / ANTOINE HERVE / ANDY EMLER / FRANCK TORTILLER / AIRELLE BESSON / YARON HERMAN / YANN JOUSSEIN ont fait partie du palmarès depuis 1977.

Inscrivez-vous en ligne jusqu’au 17 mai 2016, clic sur la trompe, et la boite à courriel s’ouvrira…

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« Marguerite n’aime pas ses fesses », Larher (3)

8 Mai

 

Les fesses de qui…? Les siennes, les miennes, les siennes…?
(Chronique du 5ème roman d’Erwan Larher, par Eric SABA)

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N°5 de Larher !
Son titre : Marguerite n’aime pas ses fesses.
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Je sais que je ne vais peut-être pas lui faire plaisir en disant cela…
Toujours est-il que lorsqu’on ouvre un roman d’Erwan Larher, on a une petite idée de ce que l’on va y trouver. C’est peut-être ça, la signature…

Première page, Marguerite observe son derrière et après les quelques hésitations-interrogations du narrateur, c’est sans appel : Marguerite n’aime pas ses fesses, ses propres fesses (« propres…? »). Elle ne se contentera pas d’observer ses propres fesses (« propres…? », insista Jonas, son compagnon), le petit lapin lui dira qu’il est grand temps de cavaler et de rencontrer rois et reines et chapeliers (c’est fou…!), et d’ouvrir un œil neuf sur le monde…

Marguerite n’aime pas ses fesses

C’est l’histoire d’une jeune femme qui semble déjà toute vieille, qui n’a pourtant pas encore ouvert les yeux et qui s’apprête à éclore, face au miroir et n’aimant pas ses fesses : le lecteur sera témoin de ce moment. Face à la psyché (choix des mots, pas de hasard…), elle observe ses fesses, en oublie d’interroger le monde, les autres, de porter son regard de l’autre côté du miroir. Elle croit ce que les médias (dont 95% sont détenus par des milliardaires qui font la pluie, le beau temps et l’opinion) lui racontent, elle croit que son compagnon ne la touche pas parce qu’il n’aime pas ou n’est pas intéressé par le sexe, tout comme elle… Elle croit, elle croit et parfois, elle ne sait pas, croit même qu’elle s’en fiche un peu, passionnément, totalement. Face à la psyché, elle va finir par ouvrir les yeux, son esprit et au contact des autres s’ouvrir elle-même…

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Quand on a lu les 4 romans précédents, on a donc une petite idée de ce qui nous attend sitôt le livre ouvert, une petite idée du style, du déroulé forcément alambiqué, des coq-à-l’âne maîtrisés et signifiants, des dialogues ou commentaires croustillants, de l’humour sous-jacent, du rire camouflé-étouffé-respect-hum…, de la pointe caustique, des miroirs plus ou moins déformants croisés au détour d’une phrase, d’un paragraphe, d’un personnage…

On a une petite idée du genre d’histoire racontée, du petit jeu qui s’installe entre le narrateur et le lecteur :

tu vas voir je vais te perdre, te balader, te donner de bons indices ou t’amener sur des voies qui se révéleront culs de sac, mais ça t’amuse et c’est pas désagréable t’aimes bien ça et c’est juste un jeu tout rentrera vite à peu près dans l’ordre… à peu près… leur ordre… toutes et tous à leurs ordres, ou presque… et toi…?

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Une petite idée du labyrinthe dans lequel, avec bienveillance, Erwan veut nous entraîner.

On en a un petite idée parce que, 4 fois déjà, on a accepté le rôle de victime consentante… On sait aussi que sous une forme parfois légère, les sujets traités sont le plus souvent essentiels.

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Le narrateur s’amuse et berne le lecteur ; il lui permet, aussi, d’aller jeter un coup d’œil derrière le rideau des apparences, derrière l’image lissée et simpliste des hommes de pouvoir (politiques, médiatiques, industriels, financiers…), derrière les informations livrées par les JT (en tous genres, mais de même facture) concernant telle ou telle affaire de suicide, ou d’assassinat. Je me souviens d’un devoir de grammaire à la fac de Poitiers et du commentaire sur la copie : « Vous employez la tournure « suicider quelqu’un », je ne sais pas si je peux grammaticalement vous suivre… ».

Erwan, tout comme les créateurs de Groland, fait partie de ces insupportables « parano-e-s clairvoyants » qui n’ont pas besoin de théories loufoques pour saisir les rapports de force à l’œuvre…! La tournure existe donc bel et bien : « suicider quelqu’un ». C’est même une expression courante, une conclusion très officielle. Car s’il raconte des histoires, il s’agit aussi pour Erwan, dans chacun de ses romans, de mettre à jour la mise en scène concoctée par les puissants qui jouissent d’une situation qu’ils ont créée et dont ils comptent profiter encore longtemps, même si c’est aux dépens de tous les autres. Et s’il use de la nuance, c’est pour convaincre mieux… (Jonas accuse l’oligarchie…).
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L’auteur a le sourire parce que le titre est parti à la réimpression, parce qu’il sera encore en librairie, qu’il pourra être lu et que les lecteurs seront contents (de le trouver et de le lire, espère-t-il)… Erwan remercie la maison d’édition (Quidam), ses lecteurs, les blogueurs qui ont chroniqué « les fesses de Marguerite ».

L’auteur propose donc d’aller voir dans l’arrière-boutique. Et pas seulement sur le terrain politique ou sociétal. Il s’intéresse aussi à l’humain à son esprit torturé, malade, confiant, ou résolu. Il pose un œil sans complaisance, mais amusé, et de manière crue parfois, sur les corps, la chair, les fesses, ses besoins, sur le linge sale jeté dans le panier, culotte comprise, sur les heures passées face à l’écran d’ordinateur. C’est fait sans vulgarité, c’est fait avec naturel, avec un clin d’œil complice : « je t’ai bien eu-e, hein, insensé-e qui crois que je ne te connais pas…! ».

Lecture achevée, on attend n°6.

Des histoires de fesses, encore… ?
De l’humour en guise de ponctuation…?
Avec une pincée de conscience politique…?
Et la résignation…? Non.

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Hum Toks / E.5131 / Eric SABA
Le 8 mai 2016.

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Quelques clics :

***Présentation de Marguerite chez Quidam Éditeur…

***Blog d’Erwan Larher…

***Le fabuleux projet d’Erwan : Le logis du Musicien…

ou sur FB : Le logis du Musicien…

***La chronique des romans 1 et 3 d’Erwan, sur Leblogdudoigtdansloeil

***La chronique des romans 2 et 4 d’Erwan, sur Leblogdudoigtdansloeil…

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