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Brel, aux Marquises… Le voyage au bout de la vie…

10 Sep

Photo DR

Où le temps s’immobilise ? Pas vraiment… Dans sa quête d’une île au large des tristesses, c’est presque par hasard que Brel le marin arrive dans l’archipel des Marquises. Etape dans son tour du monde…

Son premier contact avec l’administration le ravit : il va à la Poste où l’attend son courrier,

  • J’ai beaucoup de courrier pour vous monsieur Brel.. . Avez-vous une pièce d’identité ?

Miracle, Jacques Brel vient d’accoster dans une île,  marin voyageur, que personne ne connait comme chanteur. Pas de télé, pas de radio autre que la radio des îles. Une parenthèse, presque un monde parallèle préservé des agitations du monde. Lequel monde ne se manifeste qu’avec l’arrivée de la goélette de livraison « épicière » et de quelques navigateurs plus ou moins solitaires.

Ici, Jacques Brel n’est plus le chanteur vedette, il est citoyen impliqué à fond dans la vie et le quotidien.

Pour bien comprendre le contexte, quand il décide de renoncer au voilier pour l’avion, ça implique qu’il faut construire une piste, et assurer l’intendance, se faire livrer le carburant, et quand on décolle, calculer combien de litres,  après avoir fait marcher la pompe à la main. Et ne pas se tromper dans les calculs de consommation pour ke retour , et souvent se poser sur une piste malaisée, un exploit chaque fois.

Dans ses missions, c’est toute l’aventure de St Ex et l’aéropostale que Jacques  et Madly vivent au jour le jour.

Tout le monde – ou presque- sait ce qu’il apporté dans ces îles, de l’utilitaire et du culturel; tous les détails sont dans le livre de Fred Hidalgo, nouvelle édition très augmentée de tous les témoignages qu’il est allé chercher sur le terrain. Exigeant et attentif à bien resituer les faits, il nous fait partager intimement cette fin du voyage, cette invitation au possible rêve et à une quête don quichottesque où les ailes des moulins vous envoient dans les étoiles.

Voyageurs immobiles et aventuriers de salon, offrez-vous quelques moments aux Marquises, ce livre est aussi fait pour vous.

Comment est la vie là-bas ? Voici une anecdote qui résume assez bien : Brel avait invité Henri Salvador, qui était très déprimé, Henri avait passé une journée à pêcher en mer avec un jeune homme qu’il a voulu dédommager, le jeune homme a refusé : «C’est pas pour l’argent, c’est pour l’amour. » On ne peut mieux résumer ce qui a été aussi la quête de Jacques Brel.

NB: Vous y trouverez aussi quelques mises au point très précises sur diverses vilénies que des bons « amis » ont véhiculées,  par exemple celle dont a été victime Antoine (Marc Robine avait fait le point) et qu’une biographie best-seller avait reprise sans vérification, rectifiée dans les rééditions, mais le mal était fait. Et il est assez déplorable que l’ami Perret s’en fasse le relais 35 ans après. Dommage.

 

Norbert Gabriel

Le Voyage au bout de la vie (en librairie le 12 septembre)

A l’occasion des 40 ans, le 9 octobre, de la disparition de Jacques Brel, l’Archipel publie l’enquête de Fred Hidalgo sur sa vie méconnue aux Marquises, qui éclaire son oeuvre… et la crédibilise encore plus. Parti sur ses traces jusqu’à Hiva Oa dès 2011, l’auteur a reconstitué ses dernières années en Polynésie grâce aux confidences et témoignages (recueillis jusqu’au printemps 2018) des anciens amis du Grand Jacques, devenus entre-temps les siens. Si son premier livre sur lui, L’aventure commence à l’aurore (2013), constituait déjà “le volet qui manquait” pour compléter son parcours fulgurant (Brel est mort à 49 ans), Le Voyage au bout de la vie pourrait bien être le livre définitif sur l’homme redevenu anonyme et incarnant pour de bon dans les îles ce Don Quichotte qu’il avait admirablement joué à la scène…

Hexagone Printemps 2017

31 Mar

En tournant la dernière page de ce numéro de printemps d’Hexagone, j’ai eu comme un regret, regret de quitter une maison amie où je me sentais bien, c’est pourquoi j’y reviens, histoire d’en parler et d’inciter peut être d’autres visiteurs à y rentrer. Je ne fais qu’entrouvrir, finissez d’entrer en vous abonnant .

Pour commencer, avec l’édito de David Desreumaux, on ferme, on ferme, on ferme à tout va, Le Limonaire, Le Centre de la Chanson, alors est-ce qu’on se lamente ? Que non ! On ouvre ! On ouvre le dialogue, à l’initiative de  Gilles Tcherniak, ( Forum Léo Ferré), aux côtés de Stéphane Riva (ACP Manufacture Chanson), et de Denis Collinot ( Festival de Marne), a lancé un appel au rassemblement auprès des personnes qui oeuvrent dans et pour la chanson … Il a insisté sur la nécessité d’appeler l’état et les sociétés civiles à entendre nos revendications. Une initiative à suivre de près donc, et à soutenir. S’ensuivent quelques mises en bouche humoristiques, et des brèves, comme celle là, savoureuse : GROS PLEINS DE SOUS : Résultats des victoires de la musique 2017: Sony et Universal au coude à coude, à un million d’euros près .

fantasioPuis, une découverte pour moi, suivie d’écoute, d’un drôle de Fantazio sous la plume de Roxane Joseph :  Quelques heures bleutées dans l’âme d’un poète. C’est bien .

Et voici Fred Hidalgo, lui-même en personne, qui nous fait l’éloge du tube, celui qui entre de moins en moins dans les mémoires, faute d’une belle union entre mélodies et paroles. C’est vrai que les chansons pour les pieds tiennent dans la mémoire d’un escarpin, le temps d’un été. Et Fred convoque  L’homme que j’aurai estimé et respecté le plus dans le métier, Jean-Michel Boris, dont on sait le rôle irremplaçable qu’il a joué à l’Olympia.

Et, tiens ! On retrouve quatre mooksquetaires, Autour de Patrick Engel, ( merci Patrick d’avoir adopté le mot), qui nous parlent, chacun à sa façon de l’univers Dylan .

Pour Alice Animal, « Peu importe comment on chante, ce qui touche ce n’est pas forcément une voix harmonieuse, tout est dans l’intention juste. » .

Jean Dubois, lui, aime toutes les chansons de Dylan, avec une petite préférence pour les albums des années 73-78 … Enfin , la période actuelle pour la route parcourue et le travail sans relâche.

Sarclo, qui s’y connait en Dylan :  Il n’y a pas à tortiller, quand la famille folk aura réussi à se familiariser avec les arpèges et les accordages de Dylan, elle aura peut être envie d’apprendre la suite. 

Pour Baptiste W.HamonSi celui qui crée comprend tout à fait ce qu’il écrit, on est davantage dans la technique que dans un degré supérieur d’art ou de poésie.

Et chacun de citer ses albums préférés , et bien d’autres choses encore … Avec ou sans arpèges, si vous voulez en savoir plus sur le prix Nobel de Littérature Bob Dylan, qui sera en concert au Zénith de Paris, le 20 avril prochain, lisez Hexagone . Ceux qui en parlent ici ont tous quelque chose de Dylan en eux .

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David Desreumaux se demande ensuite : « Punk is dead ? » à propos de Mell et de son sixième album, qui est un double album inspiré par l’hiver québécois, la culture musicale montréalaise. Déprime et collation : Pour moi, il y a deux phases : la fulgurance et le travail derrière . C’est un métier où la maturation est nécessaire.

Ce, avant de faire l’éloge d’un clair-obscur, à propos du dernier album de Kent : La Grande illusion. Un album pop-rock fort réussi, marqué par la patte musicale de Tahiti Boy. Kent y aborde des thèmes sombres . Explication de Kent : C’est important la mélancolie. La tristesse et la mélancolie sont bannies de nos sociétés, or il faut vivre avec parce que c’est en nous . C’est une amertume de la vie, et cette saveur s’apprend . »

contrebrassens-19052014-1737Et d’avoir un regard admiratif sur Pauline Dupuis et sa contrebasse tout ContreBrassens, un album, une tournée , un succès mérité:  Des gens heureux à la fin du concert. Les chansons de  Brassens vont continuer à vivre de belle manière, avec brio, respect et originalité.

Toujours David Desreumaux pour Faire tomber le sacré de Jean Guidoni. Nouvel album : Légendes urbaines, nouveau spectacle en préparation, Jean Guidoni acteur ambigu de ses chansons sur scène :  Sur scène, je ne suis ni homme ni femme, autant à l’aise pour chanter Prévert ou Leprest que ses propres textes et pointilleux sur l’importance des éclairages :  je serai très sensible au travail d’éclairage. Je ne veux pas de décor, mais un vrai travail sur l’éclairage … Parce qu’ils sont primordiaux pour moi.

alice bRegards encore sur Alice Bénar, Au creux de l’art dont la singularité s’exprime déjà avec force et une incontestable grâce.

Et l’Arabstrait lyonnais Mehdi Krüger qui croit à la poésie de combat, manifeste romantique ou couplet de rap, elle est l’arme des faibles, fragile et insaisissable à la fois... »

Michel Gallas nous amène, lui, Entre deux caisses , ces lointains cousins des Frères Jacques et de Chanson Plus Bifluorée, pour faire plus ample connaissance avec quatre garçons fort sympathiques et talentueux, qui affirment qu’ Interpréter, c’est créer. C’est un acte de création.  Et pour les avoir rencontrés et vus sur scène, je confirme ce que dit Dominique :  La chanson et les tournées permettent les rencontres humaines, et c’est un plaisir. Ce ne serait pas un beau métier sans cela.

frasiakDe nombreuses sorties d’album et de livres sont commentées entre les articles phares, entre autres, celui de Frasiak : Sous mon chapeau. Frasiak, né au pays de Rimbaud, partage la philosophie de l’humaine condition de Montaigne, affirmant qu’il vaut mieux avoir Une tête bien faite que bien pleine.

Jules, lui, nous dit que c’était mieux maintenant, en réhabilitant l’oeuvre d’Hugues Aufray , qui n’est pas qu’un chanteur de feu de camp, mais qui a fait connaître le premier Dylan et la folk-song en France. Attention, si vous chercher des noises à Jules, il menace de réhabiliter Gérard Lenormand la prochaine fois !

Et on arrive à Imbert-Imbert sous les projecteurs de Flavie Girbal. Imbert-Imbert, c’est une œuvre qui, comme la vie, doit intégrer des paradoxes :  La chanson peut parfois faire pleurer-et les larmes sont comme une station d’épuration de l’âme-, parfois faire rire-et le rire est une bonne feinte pour échapper à la réalité.  Une chanson qui le décrit bien,  J’veux m’sentir :

J’veux m’sentir mourir

A tous les instants

Dépenser mes rires

Avant le printemps

A le saliver

Et avoir cent ans

Sans être arrivé …

Et pour le regard extérieur, Dimoné ne mâche pas ses mots pour faire à Imbert-Imbert une déclaration passionnée :  22, v’là Imbert-Imbert ! Ce n’est pas le Canadien Timber Timbre qui se cache sous cette martingale en nombre pair, mais le plus libertaire des bégaiements de sa majesté Chanson Française, un pour la moquer dans son envers en vers, un punk à la rime, individu à outrance qui te vide les sinus à faire du claping sur sa contrebasse, ou qui te dégorge la carotide à la faire vibrer à l’archet.

Après le retour en image du Limonaire, ceux qui l’ont fait vivre, les artistes qui l’ont fréquenté et apportent leur soutien à Noëlle Tartier et son équipe, c’est Romain Didier qui inaugure la Collection de printemps 2 : Piano confident par David Desreumaux .

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Romain Didier n’imagine pas sa vie sans piano , c’est en pianiste de bar qu’il a commencé sa carrière. Humaniste, discret, et pourtant très prolifique, il a écrit et composé pour lui même et pour beaucoup d’autres .

J’aime bien le récit de sa rencontre avec Leprest qui a abouti à une longue et fructueuse collaboration et à une solide amitié. Lui venant d’un milieu bourgeois, c’est Leprest qui, dit-il  m’a vraiment ouvert au monde du quartier, au monde du bistrot. Même si nous venions de milieux différents, nous étions bienveillants tous les deux … La vie ne suppose pas de faire une hiérarchie entre les malheurs et les bonheurs d’une princesse ou d’un ouvrier.

Si vous voulez en savoir plus sur Romain Didier, tout est dans le piano noir, enfin non, dans Hexagone, et c’est passionnant.

d SireEt David Sire? Vous connaissez? Moi, je croyais le connaître, mais là, j’en ai appris de belles sur lui ! C’est encore David Desreumaux qui l’a fait parler ! Par exemple, comment on fait pour laisser tomber une brillante carrière de chercheur pour entrer en chanson, comment aller de la philosophie à la bidulophie, il suffit d’une pompe à vélo, d’une bicyclette … Et de Fred ! Et si vous voulez tout savoir sur la bidulosophie, faut lire l’article. Un indice? : Le bidule est le matériau de la bidulosophie, la récolte, ce que les gens apportent, des petits trésors de vie dans des dispositifs circulaires où la parole circule .

parisQuant à Pauline Paris, selon David Desreumaux : Pauline questionne les relations humaines sur fond de ( fausse) candeur, et fait tourner ad libitum la grande roue des thèmes inépuisables que sont l’amour, le désir, etc… Elle tourne, intemporelle, donc contemporaine.

Yves Jamait, lui, en grande conversation avec Flavie Girbal, voudrait bien se débarrasser de sa casquette d’ouvrier qui lui colle à la peau, mais pas des maladresses :  Beaucoup de premiers albums sont léchés à l’extrême. J’ai envie de leur dire : hey les gars, un peu de maladresse ne nuit pas, c’est les défauts qu’on cherche, on s’en fout que vous n’en ayez pas!

Marion Dieufoulet porte un regard sur Stef, sincérité, drôlerie, à fleur de peau quand elle chante ses maux de femme et tous les possibles sur scène .

Un beau moment de Peauésie avec Clément Bertrand , un ilien féru de poésie depuis l’enfance : On se tend des sourires ratés / Qu’on prend toujours pour des grimaces/ Il y a à boire et à jeter/ Sous le bordel de nos tignasses.  Le mieux, c’est de l’écouter: Peau Bleue , un album de 12 titres, 2016 .

Marie-Hélène Blanchet nous assure que l’album de Dom Colmé qui verra le jour en 2017 sera un bon cru et de l’ Inquiétante étrangeté de K : « Il y a des gens qui écrivent des chansons en pensant à Brel, moi je pense à Terry Gillian. »

Camille Hardouin par David Desreumaux

Michel Gallas a recueilli les clés de chaque chanson du futur premier album de Camille Hardouin, on pourra ainsi les écouter en connaissance de cause : Mille bouches .

Après une visite du Watson Studio, un lieu convivial qui accueille les artistes pour créer, enregistrer, travailler, et lors de concerts privés, à Courçon ( Charente-Maritime) , et au Printival Boby Lapointe à Pézenas, où il est impossible de s’ennuyer sur une journée, vu l’abondance des concerts, on va faire un tour dans les médiathèques de Paris, avec le secrétaire de la commission d’écoute Patrick Engel. Une passion, et un sacré boulot :  Il importe d’avoir les oreilles grandes ouvertes en permanence, d’être curieux, fouineur, éclectique et plus encore . C’est un vrai sacerdoce, en fait !. On fait confiance à Patrick, il connaît la chanson !

Retours de concerts, vus sur scène, affiches de spectacles à venir, la Blackroom où l’on chante toujours, Hexagone est sur le tout-terrain chanson. Et même dans les pièces détachées d’Eric Mie qui est Tombé dans les Pomme, ce qui ne plaît pas du tout à Big Brother de facebook qui censure régulièrement les rondeurs de son héroïne, il nous la présente pourtant fort joliment :

Comme le fruit défendu rond et charnu qui nous fait tomber dedans

Comme celle d’amour ou de douche

Qu’on aime toucher de la bouche

J’ai nommé ma nana…

Et ne me dites pas que les hommes préfèrent les prunes !…

A lire d’Eric Mie Si tu veux te changer en gomme, florilège de chansons écrites entre 1988 et 2014, illustrées par lui-même. Préface d’Agnès Bihl .

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Si vous voulez savoir comment naît une chanson, Jeanne Rochette nous raconte : Quand je m’aime pas en long et en large , avec paroles à l’appui .

Et pour finir, Rosbif Saignant, Mad s’insurge contre son rôle ingrat d’exécuteur des basses œuvres, faire du porte à porte , voire du rentre-dedans à de pauvres libraires innocents pour leur vendre du mook en veux-tu en voilà. Sa conclusion est sans appel:  Pour vendre ce foutu mook, faut plus de cul…ture consensuelle … Et tant qu’à faire, osons, osons changer de nom, Sexhagone, ça claquerait bien, non ?  On attend les réactions qui ne vont pas manquer, encore une fois, d’assaillir ce pauvre Mad .

Voilà, un peu long, mais il y aurait tant à dire encore ! Et il y a tant à lire, à découvrir, à voir, à écouter, que le mieux c’est de s’abonner, ça évitera à Mad de faire du porte à porte !

Danièle Sala, de Mozac.

Last but not least, pour les abonnements, clic sur la dame, mais gentiment.

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Confidences d’un mec bien .

10 Jan

goldman-livreFaut dire que les albums de Jean-Jacques Goldman n’envahissent pas mes étagères .

Faut dire que le matraquage radiophonique de ses chansons , dans les années 80 m’agaçait plutôt, même si je me surprenais parfois à fredonner Envole moi, Au bout de mes rêves, Il suffira d’un signe, à force de les entendre .

Faut dire que, si j’étais abonnée à Paroles et Musique, je suis hélas passée à côté de Chorus, et si il y a le pire et le meilleur sur internet, ça m’a au moins permis de renouer avec la chanson et tous les sites, blogs qui tiennent au courant de l’actualité musicale et artistique .

Enfin, il faut dire que je ne m’étais jamais vraiment penchée sur le cas Goldman quand j’ai ouvert le livre de Fred Hidalgo : Jean-Jacques Goldman Confidentiel .

La curiosité ? L’envie de savoir qui était ce chanteur , le plus populaire de sa génération, aux nombreuses victoires de la musique, plafonnant en tête des personnalités préférées des français, si adulé, si critiqué, sollicité ? Peut être aussi, comme le suggère Fred Hidalgo, pour rester fidèle quand il est moins facile de l’être .

Et au delà du talent de ce faiseur de chansons qui n’imagine pas le mot sans la note, j’ai tout d’abord découvert ce gamin timide et solitaire, né à Paris en 1951, qui a commencé à chanter du godspel dans les églises, qui a appris la débrouille et la solidarité avec les scouts des Eclaireurs laïcs, puis se met au violon, au piano, premiers groupes, premier 45 tr en 1966 , The Red Mountain Gospellers, et devient chanteur de bals, tout en décrochant sa maîtrise de sociologie .

jean-jacques_goldman__tai_phong-les_annees_warner_aAprès la période Taï Phong, et trois albums, en travaillant au magasin de ses parents avec son frère, et quelques essais solo, vient son premier succès en 1981 : Il suffira d’un signe . Dès lors, il enchaînera les tubes et les tournées en France et dans le monde , devenant chanteur à temps complet en 1983 , chanteur préféré des français en 1986, et il le restera longtemps , malgré ses protestations, disant qu’un faiseur de chansons n’avait pas sa place à côté d’un abbé Pierre .

Celui qui refuse d’être considéré comme un héros est pourtant engagé dans toutes les causes humanitaires, donnant de son temps et de son talent sans compter, il a notamment orchestré les concerts des Enfoirés durant 30 ans, créant la chanson des Restos du cœur en 1986, à la demande de son ami Coluche, et bien d’autres par la suite . Il a participé activement à la défense de la chanson française sur les ondes, a écrit un livre avec Alain Etchegoyen : Les pères ont des enfants, etc .

On découvre tout au long du livre un homme modeste, simple, authentique, qui se veut et vit comme un gars bien ordinaire, partageant la vie des gens de son quartier, s’occupant de ses enfants, se déplaçant à vélo, à moto ou en métro .

collectif-chorus-01-1998-n-22-jean-jacques-goldmanchorus-4Une vie liée à Paroles et Musique, puis Chorus, à travers échanges, messages, entretiens, rencontres, et les fameuses tables rondes des mousquetaires, avec Souchon, Cabrel et Yves Simon .

Stoïque devant les attaques, les campagnes de dénigrement, les violations de sa vie privée, et peu enclin aux honneurs, il n’aime pas parler de lui à la presse . C’est à Fred Hidalgo, à l’équipe de Paroles et Musique, puis de Chorus qu’il se livre en toute confiance, en toute franchise , disant son respect et son admiration pour ces journalistes qui préfèrent le travail de fond aux vraies ou fausses annonces pour faire le buzz .

fredericks-goldman-jones-jean-jacques-goldman-24252875-1722-1127Et de ces rencontres naît une solide amitié entre Jean-Jacques Goldman et Fred Hidalgo , tous deux solidaires dans les bons moments, comme dans les mauvais coups portés à la chanson, à Chorus, et les événements tristes comme le décès des parents de Jean-Jacques Goldman, de Frédéric Dard , leur ami commun, ou de Carole Fredericks ( Fredericks-Goldman-Jones) .

Fred Hidalgo avait ce livre en tête en 2005, quand lui et Jean-Jacques Goldman ont été choqués par l’annonce brutale dans un journal belge de la parution du livre pour novembre 2005, et l’arrêt de la carrière de Jean-Jacques Goldman !

jjg-fred-hidalgoDu coup, c’est quand l’envie est revenue, puis le besoin qui a fait place à l’envie, pour que ce livre voit le jour, plus de 10 ans après , étoffé des nouvelles rencontres, des moments forts, émouvants, à travers l’histoire de la chanson, des années 80 à nos jours, et l’histoire tout court de la France et du monde .

J’écoute maintenant les chansons de Jean-Jacques Goldman en toute connaissance de cause, et de cause à effet, je les écoute et les ressens autrement . Et j’adhère complètement à ce passage :

Il n’y a donc rien à jeter, tout est bon aujourd’hui chez JJG ? C’est bien possible en effet et l’on ne peut que se réjouir du bon goût des jeunes des années 80 qui se reconnaissent entièrement dans ces textes à coloration Citoyens du monde . Je te donne nos doutes et notre indicible espoir/Les questions que les routes ont laissées dans l’histoire…

Je te donne/Tout ce que je vaux, ce que je suis, mes dons, mes défauts/

Mes plus belles chances, mes différences. 

Quand, en plus, la musique est bonne… Pas de doute, cet artiste-là qui invite à chanter spontanément, qui renie rien de ses racines sans jamais tomber dans le passéisme, c’est le talent à l’état pur et sa chanson est de la meilleure veine . »

Jean-Jacques Goldman s’est mis en marge de la chanson, de la scène, des Restos du cœurs, pour vivre une autre histoire. Il vit à Londres avec son épouse et ses trois dernières filles, mais n’a pas abandonné ses convictions, toujours présent pour donner un coup de main , il a écrit un texte pour le clip de l’ association qui s’occupe des enfants malades de Margency :

On me dit que des gens sont toujours en auto parce qu’ils n’ont pas le temps ou qu’il ne fait pas beau . Derrière ma fenêtre, moi je rêve d’un pas, même au vent, même au froid, bientôt, bientôt peut être ?

Bientôt, peut être …Il suffira d’un signe …

 

Danièle Sala

Il pleut des chansons .

15 Déc

fred-couv-livre-la-memoireEst-il besoin de présenter Fred Hidalgo sur ce blog collectif ? Tous les amoureux de chansons doivent le connaître, un échanson qui ne sert pas à boire aux princes de ce monde, mais qui a servi la chanson durant toute sa vie, en humble serviteur, les coulisses, les histoires, les rencontres, les coups de cœur et les coups de gueule, tout est dans cette mémoire qui chante . Fils de réfugiés espagnols, journaliste, éditeur, écrivain, créateur de Paroles et musique , en 1980, avec sa « chère et tendre », comme il aime à le dire, Mauricette, qui l’accompagné efficacement dans toutes ses aventures musicales , puis Chorus, en septembre 1992, qui était le lien « entre toutes les parties composantes de la chanson, référence absolue » , et qui disparaît à son tour, suite au dépôt de bilan du nouvel éditeur, en 2009 .

Et sans jamais baisser les bras, Fred Hidalgo ouvre un blog toujours actif à ce jour, Si ça vous chante.  Nous avons dans ce journal d’un échanson  Une sorte d’histoire de la chanson, de 1950 à nos jours, mais vue de l’intérieur, sous forme de témoignage personnel . On y trouve des histoires d’amitié avec les plus grands, Brel, Brassens, Ferré, Nougaro, Vigneault, Leclerc, Béart, Anne Sylvestre, Leprest, Ferrat, Pierre Perret, Vasca, Bertin, etc , mais aussi avec Frédéric Dard, Cabu, Jean-Pierre Leloir et bien d’autres, ayant toujours un lien avec la chanson, comme son oncle, Antonio Garcia Lamolla, qui peignait devant le petit Fred émerveillé, un tableau prémonitoire : « Il pleut des chansons . » .

fred-hidalgo-et-mauricetteParmi tous ces grands noms de la chanson, et parmi ceux qui sont moins connus, on note une tendresse particulière et légitime pour ceux qui ont une mémoire commune avec l’auteur, Paco Ibáñez, Leny Escudero, Etienne Roda-Gil, Cali, à qui il dit : Tu es de ma famille , ou Olivia Ruiz, Nilda Fernandez, Jordi Barre , « la voix du pays catalan ». Fidèle à ses amis, collaborateurs, à tous ceux qui se sont engagés auprès de lui, auteurs de livres sur la chanson, comme Marc Robine, cité aussi en tant que chanteur, ou Michel Trihoreau, Jean- Michel Boris, et bien d’autres, il n’oublie pas la relève des plus jeunes, se montrant parfois pessimiste pour leur avenir, parmi tous ceux cités , aux côtés de Souchon et Voulzy, il y a Agnès Bihl, Fred Bobin, Laurent Berger, Joyet, Miravette, Louis Ville, « le rauque and rolleur », Rémo Gary, et une foule d’autres .

Quel sera l’avenir de ces jeunes, avec le franglais qui sévit de plus en plus sur les ondes,  L’épidémie ne cesse de s’étendre, et il cite Nougaro :  Moi, ma langue, c’est ma vie, et ma langue, c’est la française. Quand on dit qu’elle manque de batterie, c’est des mensonges, des foutaises .  (Vive l’alexandrin, 1989) .

Le mépris des médias pour la chanson francophone, la grève du rêve, l’étouffement de la culture qui profite aux barbares :  L’homme sans culture est comme une bête sauvage, prête à tout pour simplement survivre, à faire table rase du passé pour imposer son propre mode de vie bestial au reste du monde , l’homme cultivé vit ( généralement), en paix et en harmonie avec ses semblables, dans la beauté et le bonheur de vivre si joliment illustré par Matisse .

fred-et-foulquierCoup de gueule salutaire aussi contre la disparition progressive de toutes les meilleures émissions autour de la chanson, Vagabondages, avec Roger Gicquel, Bienvenue chez Guy Béart, Discorama avec Denise Glaser, et sur France Inter, qui fut jadis une radio de référence, avec Foulquier : Foulquier, jeté de France Inter, purement et simplement : Tu vois, Jean-Louis, je vais pas t’oublier . » , puis Isabelle Dhordain et le Pont des artistes, Levaillant, jusqu’à Philippe Meyer, récemment .

Malgré tous ces coups durs portés à la chanson, malgré les deuils, certains vécus durant la rédaction de ce livre, comme ceux de Guy Béart, Leprest, Luc Roman, Hervé Cristiani,  Leny Escudero :  Salut et merci pour tout, Leny. Et hasta siempre, frangin !   « Tous ces amis disparus depuis le printemps dernier, ( août 2011) : Jean-Claude Darnal, Ricet-Barrier, Claude Léveillée… Juqu’au camarade Allain Leprest qui a décidé lui-même du jour de son départ, ce 15 août d’assomption, quelques semaines après avoir été programmé, en Auvergne, aux…Rencontres Marc Robine . » Mais  on a pas fini d’entendre parler de toi et de tes chansons, on a pas fini d’entendre parler du « plus connu des chanteurs inconnus , selon ta propre expression. » . Et l’évocation du dernier concert de Georges Moustaki, au Palau de la Musica de Barcelone, en janvier 2009, il était déjà très faible, et fit un grand effort pour chanter trois chansons :  Le 3 mai, Milord Moustaki fêtait ses soixante-dix-neuf ans. Le 23, Edith, Tonton Georges, Barbara et Serge, entre autres, l’accueillaient au paradis des musiciens, pour y faire valoir enfin son droit à la paresse. Et personne, cette fois, pour nous en faire le compte-rendu . Je vous avais prévenu, tout reste à dire.

Malgré tous ces départs, Fred Hidalgo nous incite toujours à l’utopie :  L’utopie, c’est ce qu’il reste à réaliser et ce sont les artistes, les poètes, les musiciens, les peintres, qui changent le monde.  On peut aussi partager, tout au long de ce livre, de fabuleuses rencontres autour de la chanson, dans tout l’espace francophone, de l’Afrique au Québec. Fred Hidalgo parle aussi passionnément de son aventure africaine, Tadjoura, où La nature est grandiose, austère, mystérieuse », Djibouti.

Ballade de la mer rouge  où ont bourlingué Rimbaud, Henri de Monfreid, Kessel, Hugo Pratt, etc, que de Petite Vallée, un minuscule village de Gaspésie, et au bout du bout, une maison qui aime les chansons : C’est un petit coin perdu de Gaspésie où le folklore et la chanson ont toujours été essentiels à la vie quotidienne, où les soirées familiales sont depuis des générations égayées par des danses et les chants traditionnels . Un village ( d’irréductibles?) où l’on invite à la fois les plus jeunes à redécouvrir le patrimoine, et l’ensemble des habitants et des gens de passage, artistes ou spectateurs, à faire du festival en chanson de Petite vallée un havre de création, berceau d’avenir.

Ou encore sa participation aux Nuits de Champagne, en compagnie de Souchon et Voulzy, nuits prolongées dans l’intimité des chanteurs, où l’on apprend l’émerveillement de Laurent Voulzy devant « la bible de Saint-Bernard, réalisée entre 1145 et 1150 , par le scriptorium de l’abbaye de Clairvaux . Bible qui a joué un rôle déterminant dans la carrière de Voulzy .

Il y a ainsi plus de 600 pages de témoignages autour de la chanson, et c’est un bonheur renouvelé, de retrouver au fil des pages les noms de ceux que l’on connaît, qui sont sur le dessus de la pile, dans la discothèque, ceux que l’on a pu voir en concert, ceux que l’on espère voir encore, même si au bout du compte, on aurait aimé voir entrer dans cette grande ronde quelques absents, comme Christophe Trégret , chanteur du quatuor Malaquet, qui a fait revivre remarquablement 12 chansons de Leny Escudero, dont « Voyage », en duo avec Christine Escudero, Christophe Trégret a permis ainsi de faire renaître et faire connaître aux nouvelles générations le répertoire de Leny Escudero, qui, lui-même, ne pouvait plus chanter , et Leny a pu écouter la maquette de l’album avant de nous quitter . Je pense aussi à Serge Utgé-Royo, lui aussi fils d’exilés républicains de la guerre d’Espagne :

 Je pense à vous vieux compagnons

dont la jeunesse est à la douane

et pardonnez si ma chanson

vous refait mal à votre Espagne

Mais j’ai besoin de vous apprendre

j’ai envie de vous ressembler

Je gueulerai pour qu’on entende

ce que vous m’avez enseigné .

Mais n’oublions pas que ce livre est un témoignage personnel, une mémoire qui n’appartient qu’à son auteur . Et c’est un livre qui restera à jamais ouvert , je pense que comme moi, beaucoup de lecteurs auront souvent envie de revenir dans cette grande maison d’amour de la chanson .

Pour finir, il faut souligner le pied-de-nez fait aux éditeurs qui ont refusé de publier ce livre , livre qui a vu le jour grâce aux souscripteurs qui ont fait sauter le compteur du financement participatif !  A tous et à toutes, ma profonde reconnaissance .  Fred Hidalgo .

PS :  » J’adore les chanteuses » Enfin, les deux lignes, sur 661, c’est peu, mais qui m’ont fait râler: C’est ce qui est beau chez les femmes qui chantent, c’est leur fragilité, comme Véronique Sanson, elles semblent timides et démunies dans la vie, et puis sur scène, pan ! Ce sont des mecs ! Avec la grâce féminine bien sûr. Pareil pour Camille … J’adore les chanteuses . Pardon Fred, mais ce ne sont pas des mecs, ce sont des femmes qui chantent, ni plus ni moins fragiles et démunies que des mecs !

Danièle Sala

Et pour quelques infos de plus , faites tourner l’aile du moulin, ou cliquez sur Rossinante….

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Si ça vous chante? Mais oui …

24 Juin

C’est pas d’la pub, c’est d’l’info…

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CHANSON FRANÇAISE

NOUVEAU LIVRE DE FRED HIDALGO ?

OUI AVEC VOTRE SOUTIEN !

Avis aux amateurs de chanson !

Que pensez-vous des questions lancées par Fred Hidalgo ?

« Seriez-vous prêt à mettre entre 25 et 30 euros pour un ouvrage de 650 pages environ (provisoirement intitulé “Si ça vous chante”), port compris pour la France ?

Resterait à calculer le meilleur prix pour la Belgique et la Suisse (et je ne vous parle même pas du Québec…).

Ou, du moins (puisque c’est la formule du “financement participatif”) de contribuer à son édition, ne serait-ce qu’avec un apport symbolique ? »

« Si ça vous chante », prenez donc le temps de lire INTÉGRALEMENT son texte publié ci-dessous et …

…. et FAITES CIRCULER L’INFO, d’accord ?

Albert Weber

« SI ÇA VOUS CHANTE », LE LIVRE :  

Faites chorus… si ça vous chante !

Message personnel à mes ami(e)s d’ici, de “Si ça vous chante” (le blog) et précédemment de “Paroles et Musique” et/ou de “Chorus” (donc plus de trente-cinq ans de fréquentation pour les moins jeunes !),

Vous savez qu’on se dit tout ou presque, alors voilà : j’ai passé de nombreux mois à travailler sur un livre dérivé de mon blog, qui est achevé depuis le début de l’année. A partir d’un florilège d’articles de “Si ça vous chante”, revus, corrigés et complétés avec des textes inédits, je suis arrivé à un gros ouvrage d’environ 650 pages qui constitue à travers des chapitres spécifiques (mais avec des passerelles entre eux, de façon à former un ensemble homogène, avec un début, un milieu et une fin, et non un simple recueil de chroniques) une sorte d’histoire de la chanson francophone des années 1950 à aujourd’hui. Mais – vous me connaissez, hein ? – une histoire vue et même vécue de l’intérieur par votre serviteur à travers le parcours des artistes qui étaient (ou sont toujours) mes amis : d’Allain Leprest à Alain Souchon en passant par tous ceux que vous savez ou pensez (Cabrel, Cali, Juliette, Leny Escudero, Moustaki, Luc Romann, Mano Solo, Anne Sylvestre, Thiéfaine, Vasca, etc.).

Et donc, j’ai proposé mon gros oeuvre (au sens maçonnique du terme !!!) à un gros éditeur, qui a pris son temps et m’a dit texto : “C’est très original et plein d’émotion, mais c’est trop original pour nous. Ce genre d’ouvrage, on ne sait pas faire, on ne saurait pas le vendre… Voyez plutôt avec un éditeur de taille moyenne qui publie moins de livres mais sait mieux les travailler, l’un après l’autre.”

Dont acte.
J’envoie le manuscrit à un excellent éditeur qui a publié de non moins excellents livres sur la chanson, genre artisan mais avec un gros catalogue depuis quelques décennies déjà qu’il existe… Il prend son temps, fait lire et relire mon texte par plusieurs éditeurs de la maison et me répond finalement : “On aurait adoré le publier, mais il est trop lourd pour nous*, il coûterait beaucoup trop cher à la fabrication alors que l’édition se porte de plus en plus mal. Il n’y a quasiment plus de place chez les libraires qui restent pour des livres comme celui-ci, qui ne toucheront pas le grand public. Nous ne pouvons pas prendre ce genre de risques...”

Bon, ben d’accord. Alors, j’en fais quoi, de mon manuscrit ? Je le jette aux orties et tant pis pour l’année (ou presque) passée à le cajoler amoureusement ?… Depuis mai dernier (la date que je m’étais fixée pour sa parution), je m’y étais presque résigné, et d’ailleurs je me suis mis aussitôt à en écrire un autre (ben oui, on s’refait pas)… et puis ces jours-ci, plusieurs amis qui étaient dans le “secret” m’ont donné un même conseil, sans se concerter : “Et si tu l’éditais toi-même à travers un financement participatif ?”

Financement participatif ? Je me renseigne. Il faut calculer la somme nécessaire à l’équilibre et arrêter un délai, genre 45 jours, pour y parvenir. Si elle n’est pas atteinte dans ce délai, les contributions individuelles sont aussitôt remboursées. Bien. Je fais faire des devis de fabrication auprès de certains imprimeurs avec lesquels nous avons travaillé dans le passé. Pas de problème dans la forme : la qualité sera optimale. Problème, s’agissant d’un livre important (au sens formel du terme : plus ou moins un kilo) : il faut atteindre une somme correspondant à plusieurs centaines d’exemplaires vendus. Un nombre ridicule dans l’absolu, si le livre était normalement distribué en librairie ; mais peut-être impossible à atteindre rien qu’avec ces réseaux sociaux. Non seulement le prix de fabrication à l’exemplaire est assez élevé, mais les frais d’envoi aussi (pas de tarif préférentiel en France pour le livre…), or il n’y aurait, a priori, pas d’autre distribution possible.

En résumé, en conclusion : seriez-vous prêt à mettre entre 25 et 30 euros pour un ouvrage de 650 pages environ (provisoirement intitulé “Si ça vous chante”), port compris pour la France ? Resterait à calculer le meilleur prix pour la Belgique et la Suisse (et je ne vous parle même pas du Québec…). Ou, du moins (puisque c’est la formule du “financement participatif”) de contribuer à son édition, ne serait-ce qu’avec un apport symbolique ?

L’idée de ce message personnel est de pouvoir se compter : si vous répondez présent(e) ici (ou mieux : en message privé sur ma page ou encore par courriel à partir de mon blog**) et que vous soyez assez nombreux – ce qui me réjouirait au plus haut point –, nous lancerons l’opération dans les prochains jours et nous aurons en gros tout l’été pour arriver à la somme nécessaire à l’équilibre.

Dans ce cas, le livre sera édité à la rentrée, à la mi-octobre au plus tard et vous le recevrez aussitôt chez vous, avec un petit mot personnel. Sinon, eh ben tant pis, la faute à personne ! En m’attachant passionnément à cet ouvrage mort-né, j’aurais au moins pris mon pied dans mon coin de façon onaniste… C’est déjà ça, comme chante la Souche.

Jean-Louis, dont c'est l'anniversaire ce 24 Juin, et le médaillé Chevaliers dans l’Ordre National du Mérite et dans l’Ordre des Arts et des Lettres : décernées à Fred et Mauricette Hidalgo.

Jean-Louis, dont c’est l’anniversaire ce 24 Juin, et le médaillé Chevaliers dans l’Ordre National du Mérite et dans l’Ordre des Arts et des Lettres : décernées à Fred et Mauricette Hidalgo.

Mauricette et Fred Hidalgo, médaillés.

Mauricette et Fred Hidalgo, médaillés.

Précision : si ça vous chante (ce dont je serais fort aise), dites-le moi sans tarder… sans que cela soit pour autant une obligation de commande. Simplement une ferme intention de le faire si tout se passe bien et, surtout, si les précisions que je vous apporterai plus tard sur le contenu du livre ont l’heur de vous plaire.

A vous de jouer !
Nous sommes jeudi. Disons que lundi prochain nous prendrons la décision qui convient : foncer ou renoncer (mais au moins, avec le sentiment d’avoir tout tenté – vous m’connaissez !).

Merci à vous tous et toutes… d’avoir eu la patience de me lire jusqu’ici, et peut-être de me faire l’amitié, ensuite, de lire (ou de le feuilleter au gré de vos envies) mon pavé chansonnier !

Fred Hidalgo

 

*Pensez donc : environ un million de signes, 650 pages d’un “grand format” – le même que celui de mon Brel aux Marquises.
**Cliquer sur “Contact” en haut à gauche de la page d’accueil sous le petit texte “Présentation/Description” du blog http://sicavouschante.over-blog.com/

Comme ils ont tout dit, j’ajoute simplement, à vos cassettes…  (pas les K7, les tire-lires…)

Norbert Gabriel

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