Un après-midi d’été avec Pierre Delorme…

4 Fév

delorme-couvCet album, sorti il y a quelques jours, ne devrait pas rester confidentiel. Mais où sont donc les  Foules sentimentales, attirées par les étoiles, de Souchon ? Préfèrent-elles la Star’ac sur leurs petits écrans, ou leurs idoles sur grand écran à Bercy ?
Un après-midi d’été, quatrième album de Pierre Delorme, est un régal pour oreilles délicates, une plume élégante, raffinée, une voix bien posée, sur des airs de guitares qui vibrent de toutes les nuances, au gré des chansons .
Des souvenirs personnels, comme Première nuit :

Nous bavardions dessous la lampe
Et parfois je prenais sa main
A la vitre comme une estampe
La lune allait son chemin …

Ou J’ai dormi dans le lit d’une fée :

J’ai dormi dans le lit d’une fée
Une nuit, je ne saurais pas dire
Les chemins, les hasards du désir
J’ai dormi dans le lit d’une fée …

Souvenirs, ou rêves :

Je te rencontrerai dans un rêve
Je serai endormi sous un arbre
Ou même sur mon lit dans ma chambre
Parmi mes souvenirs en désordre .
Le jour traversera les persiennes…

Ou initiation à l’astronomie, avec une dénicheuse d’étoiles :

Mais l’amour nous rend imbéciles
Comme dans le proverbe chinois
Au lieu de regarder l’étoile
Je n’ai regardé que son doigt …

Mais aussi le triste constat sur un monde toujours à refaire :

Nous qui pensions avoir mis cul par dessus tête les vieilles idées
Avoir jeté aux oubliettes les vieux sermons, les vieux curés
L’avenir nous a fait faux bond, et il faut tout recommencer.
 ( Il faut tout recommencer) .

Ou encore Le grenadier, bouleversante chanson , en hommage au regretté René Troin, un des trois gars de Crapauds et Rossignols, et à son livre La Crau :

En passant près d’un grenadier
J’ai entendu battre le cœur
Des pierres comme a écrit René
J’ai entendu bruisser dans l’air
Des voix d’enfants, des rires clairs
Et le pas lourd des journaliers
Des maçons et des émigrés
Tous ceux là qui allaient à pied
Dans la chaleur de l’été …

On retrouve tout au long des chansons, des références littéraires, musicales, ou picturales comme ici :

C’est long, c’est lourd, c’est triste la vie
C’est pas moi qui l’dit, c’est Louis,
ça manque de points de suspension,
Il faut toujours des précisions .
Nous on voulait voir l’temps qui passe
Avec du flou, des grands espaces
Voir la lumière dans les vitrau
x

Et les grands arbres de Corot. ( Les arbres de Corot) .

Le souvenir d’un luthier de guitare de Lyon :

La guitare d’Alexandre a au moins quarante ans
Et des airs à revendre
Cachés au-dedans.
Les notes que jouaient
Les amis qui passèrent
Jouer de la guitare
Un soir chez Alexandre …

Et dans les références musicales, quand l’horizon est tout gris, on voyage dans le Missouri, avec Pat et Charlie :

Quand par ici, rien ne sourit
Quand le soleil est au tapis
J’écoute jouer Pat et Charlie
Et le p’tit gars du Missouri
On dira ce qu’on veut, la vie
C’est pas toujours joli, joli
Alors j’écoute Pat et Charlie
Et mon horizon s’éclaircit … 

Ou dans les rues de Lyon, où les fantômes familiers reviennent à la mémoire, le temps d’une flânerie, le temps d’un coup de vent …

Ils me tiennent le bras quelque pas en silence
C’est le long d’une rue, sur un quai, n’importe où
Un boulevard, un café, un endroit, une place
Où nous étions venus, où nous sommes passés
Ils posent quelquefois la main sur mon épaule
Je suis seul à les voir, transparents et légers …

Balades ou ballades musicales et poétiques, dans les souvenirs, les rêves, l’amitié, la vie, et puis s’arrêter au bord d’une rivière, comme un pêcheur immobile …

Etre amoureux d’une rivière
D’une chevelure, d’un prénom
Etre amoureux dans la clairière
Aimer pour un oui, pour un non .
Amoureux d’un air de guitare
Comme on aime jouer en rêvant …

On peut être amoureux souvent et même de bien des choses. Le ver de terre l’est bien d’une étoile, alors …  C’est Pierre Delorme qui le dit , et moi je dis que je suis amoureuse des chansons de Pierre Delorme , que cet album est un grand cru , à savourer sans modération, et tant pis pour ceux qui passeront à côté !
On peut se procurer l’album, Un après-midi d’été, à cette adresse :

Pierre Delorme, 39 rue Paul Verlaine, 69100 Villeurbanne .

Pour en savoir plus sur Pierre Delorme, son site :  http://pierredelorme.free.fr/

Et pour quelques notes de guitare de plus….

Pierre Delorme est un très fin guitariste, pas besoin d'avoir une oreille particulièrement sensible aux cordes pour s'en rendre compte. Il est de ces musiciens qui font l'amour à leurs instruments, c'est une raison de plus d'avoir cet album... Voici quelques lignes et un lien qui intéresseront tous les musiciens... Il ne m’a jamais paru nécessaire de trop arranger les chansons, je n’aime pas les arrangements trop pleins où le silence n’a plus de place, j’aime bien qu’on entende encore le silence autour des instruments, que les sons ne soient pas trop abstraits, qu’on sente la présence de quelqu’un en train de jouer. Ça n’est possible qu’avec peu d’instruments à la fois. http://www.crapaudsetrossignols.fr/2014/01/09/oh-la-guitare-3/

Pierre Delorme est un très fin guitariste, pas besoin d’avoir une oreille particulièrement sensible aux cordes pour s’en rendre compte. Il est de ces musiciens qui font l’amour à leurs instruments, c’est une raison de plus d’avoir cet album… Voici quelques lignes et un lien qui intéresseront tous les musiciens…  (NG)
Il ne m’a jamais paru nécessaire de trop arranger les chansons, je n’aime pas les arrangements trop pleins où le silence n’a plus de place, j’aime bien qu’on entende encore le silence autour des instruments, que les sons ne soient pas trop abstraits, qu’on sente la présence de quelqu’un en train de jouer. Ça n’est possible qu’avec peu d’instruments à la fois. (Pierre Delorme)
http://www.crapaudsetrossignols.fr/2014/01/09/oh-la-guitare-3/

 

Danièle Sala

 

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4 Réponses to “Un après-midi d’été avec Pierre Delorme…”

  1. Serge Leroux février 4, 2017 à 14 h 20 min #

    Je pense que c’est le sixième CD et pas le quatrième (en comptant le CD qui reprend des titres des trois premiers trente-trois tours). Et tout est bon (dans le cochon).

    Aimé par 1 personne

    • Danièle Sala février 4, 2017 à 17 h 59 min #

      Allez, on fait la moyenne ? Je n’en vois que cinq ! .
      Le flâneur – 2008 – cd
      En attendant l’ange – 2005 – cd
      Chansons toutes nues – 2002 – cd
      Traboules, savanes et autres ballades – 2007 – cd
      Compilation des trois premiers 33 tours
      Et Un après-midi d’été 2017 .

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      • delormepierre1951 février 5, 2017 à 16 h 59 min #

        ça ira bien comme ça, 2012
        et je ne vois pas ce que ce « cochon » vient faire là-dedans? 🙂

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    • leblogdudoigtdansloeil février 4, 2017 à 19 h 21 min #

      C’est parce qu’il est lyonnais que tu parles de cochonnailles?? Ou alors tu sais des choses peu avouables en public?

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