Rock et régénération : rencontre avec Golden Gasoline

13 Avr

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Le Rock dans ce qu’il a d’authentique, à la fois intemporel et muable, qui se réinvente, sans trahir ce quelque chose de viscéral qui fait son âme, c’est ce qu’on entend chez Golden Gasoline, jeune groupe à la créativité aussi prolifique que fougueuse. En quelques mois d’existence à peine, la formation –certes jeune, mais dont les membres n’en sont pas à leurs premiers pas dans la musique-, dégage de ses morceaux une griffe fauve et marque une identité sonore singulière, retournant à la simplicité d’un duo guitare-batterie et débordant d’imagination. Fondé par Arthur Frétier, guitariste de Leitmotiv, et David Peiffer, batteur de David Pilarsky, le trio se complète  d’Ekaterina Frétier  (compagne d’Arthur), dont la voix aux teintes androgynes et aux accents blues apporte du suave et de la douceur à la brutalité sonore, histoire de mettre des sentiments humains dans l’animalité. Un côté « garage », des influences blues, folk et hard, une fine veine de soul dans le chant, un Rock à la fois encré et terriblement moderne… Il y a un peu de tout ça dans les compositions de Golden Gasoline. Mais aussi autre chose : une osmose particulière qui rend sa musique unique et régénérante. Alors que s’annoncent les premiers concerts du groupe, les deux musiciens fondateurs ont accepté de répondre à quelques questions.

 

– Bonjour, et merci d’accepter cet entretien. Votre formation est toute jeune. Comment est-elle née ?

– Arthur : On a crée le groupe en novembre 2015, de manière un peu spontanée. David et moi avions joué ensemble, avant que j’intègre Leitmotiv, en 2010-2011. Nous avions fait quelques répétitions, mais j’étudiais au CIAM, et je jouais aussi dans un autre groupe, P2Freeze, je n’avais pas trop de temps. Nous avions donc arrêté, tout en restant en contact. Lorsque j’ai rappelé David, car le temps me semblait venu pour un projet ensemble, il allait en faire de même ! Nos aspirations convergeaient au même moment. C’était quelque part aussi une question d’emploi du temps : d’un coup, j’avais du temps pour faire quelque chose, j’avais quitté depuis environ 1 an le groupe P2freeze; nous avions fini d’enregistrer l’EP de Leitmotiv, et je sentais que c’était le bon moment pour démarrer un nouveau projet à partir de zéro.

– David : Il y avait une question d’envie, et d’envie de la même chose sur ce projet là. On voulait faire un duo guitare-batterie, sans être bloqués par la difficulté de trouver un bassiste ou un chanteur.

– Arthur : J’ai demandé à Ekaterina si elle pouvait nous suivre pour assurer le chant, et nous avons calé une répétition la semaine suivante. Tout s’est fait assez rapidement.

 golden David Peiffer

 

– Ekaterina était-elle déjà chanteuse ?

– Arthur : Ekaterina est arrivée en France en 2014, étant d’origine russe. Elle était choriste dans un groupe à Moscou, qui s’appelait Tranzam, un groupe qui a assuré de gros concerts, notamment avec Panic At The Disco. Mais elle n’avait jamais tenu le premier rôle, ni écrit de textes ; notre projet représentait donc un nouveau challenge pour elle. Et comme la scène lui manquait, elle a accepté le défi.

– David : Elle se plait énormément dans le travail de composition et, outre le fait qu’elle est assez perfectionniste, elle apporte beaucoup de bonnes idées, en particulier pour le chant, des idées qu’Arthur ou moi n’aurions pas eues.

– Arthur : Elle peut nous pousser à bout, dans le bon sens, car elle a une oreille et une musicalité différentes des nôtres. Il m’arrive de lui proposer des choses pour le chant, qu’elle n’aime pas, et à partir desquelles elle va proposer autre chose. C’est comme une émulsion, et le résultat final est souvent bien mieux que tout ce à quoi on avait pensé. Elle nous pousse à aller plus loin. Elle a une sensibilité musicale étonnante, sans doute du fait qu’elle écoute d’autres musiques que nous et a une approche différente.

 golden Ekaterina frétier

 

– Ayant déjà participé à plusieurs groupes, vous n’êtes pas débutants dans le musique. Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs ?

– David : Je prends des cours et travaille dans le milieu de la musique ; je suis donc musicien professionnel, en ce sens, même si j’ai un peu fait ma formation « sur le tas ».

– Arthur : il faut dire que son père est batteur professionnel.

– David : Oui… Les chiens ne font pas des chats ! Et je tourne parallèlement avec David Pilarsky. En fait cela tombait bien que le projet Golden Gasoline démarre en hiver, car c’est une période un peu creuse en terme d’activité scénique.

– Arthur : Pour ma part, j’ai suivi une formation au CIAM et au Conservatoire, et je travaille depuis 5 ans dans l’école Rythm&Groove à Libourne, où je donne des cours. Ekaterina quant a elle a un père musicien qui l’a faite baigner dans la musique depuis toujours.

golden Arthur Frétier 

 

– D’où vient le nom du groupe ?

– Arthur : Il y a plusieurs significations. Je voulais quelque chose d’à la fois luxueux et crade. L’essence en or était une idée qui me parlait. Le mot « gasoline » me vient de certaines anecdotes de groupe Stoner, ces musiciens qui partaient en tournée dans le désert avec des groupes électrogènes pour se brancher, ils appelaient ça les « gasoline tour ». Ces histoires de tournées de groupes dans le désert sont assez fascinantes; et par ailleurs le son de ces groupes m’a influencé dans ma façon de jouer avec un octaver. Mais je ne voulais quand même pas trop revendiquer l’identité Stoner, car nous ne sommes pas un groupe de Stoner. L’opposition des deux mots « golden » et « gasoline » me plaisait, d’autant que les deux ont de la valeur, que ce soit l’or ou l’essence : que ce soit propre ou sale, ça a de la valeur. Et ce concept colle bien à notre groupe. C’est sur que ça ne porte pas une image très écolo, mais tant pis !

 

– Comment se créent les compositions ?

– Arthur : Lors de la première répétition, nous avons basé les compositions sur des idées de riff de guitare que j’avais déjà en tête depuis quelques temps. Mais désormais nous composons directement ensemble en répétition. En général, ça part en « jam », et soudain sort un riff qu’on note, qu’on enregistre et retravaille. C’est la première fois que je travaille comme ça, c’est-à-dire, en créant avec le groupe de manière très spontanée. Dans Leitmotiv, il y a plus d’écriture musicale, au sens où on va chercher un riff, le faire évoluer, travailler les arrangements. Dans mon ancien groupe P2Freeze, on structurait aussi beaucoup les morceaux, car c’était du Rap-Rock, donc on tenait beaucoup compte des mesures, des lignes de basse très précises. Alors que Golden Gasoline créé vraiment en répétition.

– David : C’est d’autant plus facile que nous ne sommes pas fermés à ce qui vient. Arthur peut proposer un riff, que je ne vais pas forcément entendre comme lui, et qui va me donner l’idée de proposer une mise en place différente. Ainsi on arrive à trouver une osmose naturelle qui convient à tout le monde. La composition part souvent plus d’un instrumental que d’un texte ; et Ekaterina vient poser ses paroles dessus quand ça lui plait.

 

– Pierre [NDLR Pierre Estenaga, chanteur de Leitmotiv] nous disait lors d’un précédent entretien [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2015/12/20/sortie-du-nouvel-ep-de-leitmotiv-faites-vos-jeux-entretien-avec-pierre-estenaga/ ] que les compositions de Leitmotiv partent aussi souvent d’un riff d’Arthur. Est-ce que lorsqu’un riff te vient, tu sens si l’identité musicale de la composition sera du Leitmotiv, du Golden Gasoline, ou encore autre chose ?

– Arthur : Oui, complètement. Parfois je compose des chansons pour des projets qui n’existe pas encore. J’enregistre beaucoup chez moi. Avant de me lancer dans Golden Gasoline, je pensais à un autre projet, car j’avais plein de mélodies un peu progressives, mais il aurait fallu plus de musiciens, et je n’avais peut-être pas les contacts qu’il fallait ou la notoriété nécessaire pour que des gens accordent leur confiance à un tel projet. C’est pour cela aussi que j’ai voulu quelque chose de nouveau, de simple et d’efficace avec Golden Gasoline. J’ai repensé alors à tous ces groupes que j’aimais et qui  partaient de presque rien avec peu de matériel, et à l’imagination dont ils ont fait preuve. Je testais du nouveau matos, et j’imaginais déjà le son que je voulais et que j’ai proposé à David. Toutes les musiques me donnent des idées pour enrichir la notre. On écoute de tout, sans sectarisme. D’ailleurs la musique de Leitmotiv n’a rien à voir avec celle de Golden Gasoline, et je joue les deux avec plaisir. Donc pour en revenir à ta question, quand je compose, je sens très vite si je suis en train de créer pour un groupe ou l’autre, suivant les influences qui me nourrissent sur le moment, car les styles sont très différents : il est fréquent que pour les compositions de Leitmotiv, je pense à des groupes comme Interpol, The Strokes, Radiohead ou Bloc Party, à des sonorités plus planantes par exemple. Récemment j’ai composé un titre pour Golden Gasoline qui m’évoque plus la musique de Them Crooked Vultures, le groupe fondé par Dave Grohl des Foo Fighters avec Josh Homme de Queens of the Stone Age et John Paul Jones, l’ancien bassiste de Led Zeppelin.

– David : Dans toutes les compositions qu’on a, il y a déjà un gros fil rouge, ne serait-ce que du point de vue de la sonorité de la guitare.

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– Votre orchestration réduite à un duo guitare-batterie offre une couleur musicale singulière avec un côté « garage », évoquant aussi des groupes comme les White Stripes. Saviez-vous en vous réunissant dans quelle direction musicale vous alliez orienter le projet ?

– Arthur : Ce n’est pas si « garage » que ça. On verra quand on enregistrera un album –puisqu’on a un enregistrement en projet- comment sera le son. Je pense que nous sonnons « garage » du fait de l’absence de basse. Finalement il n’y a dans le groupe qu’une guitare avec un octaver assez puissant et une batterie. Donc on avait ce son puissant ; et la voix de Ekaterina soulage ce côté brutal, car elle est plus bluesy et soul, bien qu’étant assez grave et se prête parfaitement à ce style. Quand on a fait écouter des prises aux amis, certaines personnes ne pensaient pas que c’était une femme qui chantait. J’aime bien cela ; c’est ce que j’essayais de décrire dans la biographie du groupe en comparant la guitare à un gros rocher sur lequel la batterie venait frapper comme un marteau pour lui donner une forme, la voix venant adoucir tout ça. L’idée qu’il n’y ait pas de basse me plaisait ; j’ai été très marqué par des groupes sans basse, comme Blood Red Shoes, que j’avais vu en première partie de Maxïmo Park, et qui dégagent tellement d’énergie et de puissance que ça ne laisse pas de place à un autre instrument. Il y a eu aussi évidemment des duos comme les White Stripes, Death From Above  ou encore Royal Blood qui jouent avec guitare batterie ou basse batterie, parfois avec une guitare baryton accordée d’une certaine façon avec un octaver. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la guitare baryton est instrument qui revient à la mode ; des groupes comme Placebo s’en étaient servi dans les années 90, mais c’était un instrument difficile à trouver il y a quelques années. Aujourd’hui on en voit de plus en plus. Detroit en utilise une. Cela créé des sonorités très intéressantes, et peut-être un jour sera-t-on amenés à en avoir une. Mais je voudrais rester le plus fidèle possible au son qu’on a. Je pense à doubler les guitares pour avoir un son plus massif et rajouter des percussions et des chœurs. Donc on va travailler le son. Mais l’idée est d’exploiter le plus possible notre matériel, les sonorités de nos instruments, les pédales, les amplis, avant de penser à intégrer un autre instrument ou d’avoir recours à des samples. Cela viendra peut-être quand notre son sera amené à évoluer.

– David : Il s’agit de marquer l’identité sonore du groupe dans un premier temps, car c’est le son qui nous convient. Et puis d’un point de vue logistique, ça facilité beaucoup de choses de n’être que trois membres, que ce soit pour coordonner nos emplois du temps, ou caler des dates. A 5 ou 6, ça devient déjà plus compliquer, quand chacun a ses activités parallèles ou ses priorités de vie privée.

– Arthur : Il est sur que tout est plus simple, si on nous propose une date de concert : on met la batterie et les amplis dans le break, et c’est parti ! Pouvoir voyager et nous exporter est une motivation importante. Ça peut paraitre prématuré, car le groupe a été créé il y a 5 mois à peine, mais nous sommes déjà dans ce milieu, nous sommes passionnés, nous travaillons et gagnons nos vies avec la musique, donc on projette naturellement le groupe dans l’avenir. J’avais toujours voulu faire quelque chose comme ça, mais l’occasion ne s’était jamais présentée, ou alors je n’avais jamais osé le faire peut-être : j’avais peur que le duo guitare-batterie ne soit pas suffisant, ou que je ne sois pas à la hauteur techniquement pour que ça sonne. On a été un peu confrontés à ça au début d’ailleurs : on trouvait le son un peu plat, sans relief. Et puis ça a évolué.

– David : On a construit les morceaux petit à petit, en apprenant à le gonfler soit avec d’autres instruments ou avec des chœurs, soit avec des mises en place rythmiques qui donnent du relief justement. Ce qui est bien avec la jeunesse du groupe, c’est qu’on n’est pas encore tombés dans cette phase où la création fait défaut ou se ralenti. On repart toujours de chaque répétition avec quelque chose de nouveau. Il faut dire qu’on a choisit de répéter souvent, mais sur des créneaux de 3 heures, donc on consacre toute notre énergie et notre créativité à ses 3 heures, chose qu’on ne pourrait pas faire dans des répétitions de 5 ou 6 heures qui épuisent.

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– On entend dans votre musique plusieurs influences distinctes mais qui en même temps créé une certaine homogénéité sonore. Quelles sont vos sources ?

– Arthur : L’idée est de partir parfois sur un riff un peu hard rock-blues. Quand on écoute « Creepy creature » qui est assez hard, et qu’on le joue en guitare sèche ensuite, on se rend compte à quel point il y a un fondement country blues. On pourrait même penser à faire un set acoustique, qui revisiterait les chansons totalement différemment de leur son actuel. D’ailleurs à la maison, avec Ekaterina, on répète parfois en acoustique, et on découvre les morceaux d’une autre façon, plus blues et folk. Pour le moment il n’est pas question de se forcer à jouer moins fort en concert, car notre musique demande de l’énergie. Mais plus tard ce serait intéressant de travailler le set en acoustique pour pouvoir aussi faire connaitre notre musique de cette façon dans des lieux moins bruyants.

– David : Ce qui est intéressant dans ce travail, c’est vraiment d’entendre les chansons différemment, pas juste d’en faire une transposition acoustique. Dätcha Mandala, qui est groupe très rock 70’, joue parfois un set acoustique.

– Arthur : Pour les avoir vus au Krakatoa, lors du concert « Tribute to Hendrix », je sais qu’ils possèdent un morceau acoustique et sont capables de jouer un set acoustique qui sonne très différemment de leurs concerts amplifiés. Il y a d’autres groupes qui montent, comme Black BirdHIll qui fait une musique très intéressante, dans l’esprit blues, avec l’utilisation d’une guitare baryton. La scène est tellement diversifiée à Bordeaux qu’on a la chance de pouvoir entendre des choses très différentes, éclectiques.

 

– Vos textes sont en Anglais. Est-ce Ekaterina qui écrit tous les textes ?

– Arthur : On partage le travail d’écriture mais c’est surtout Ekaterina qui écrit les textes. Elle a plus d’aisance pour écrire en Anglais puisqu’elle parle Français depuis  environ 2 ans. Et puis son accent s’y prête mieux. En revanche, il arrive que j’image non pas un texte, mais un sujet, une thématique, que je souhaite aborder, et elle écrit le texte à partir de ça. J’ai écris deux morceaux, et elle tout le reste ! 

– David : Souvent les idées des thématiques viennent de la sonorité du morceau. Pour prendre l’exemple de « Reptile skin », la musique évoque le déplacement d’un reptile et ça a inspiré le texte.

– Arthur : Il y a un peu de ça dans Leitmotiv aussi, où souvent les ambiances musicales des morceaux inspirent à Pierre l’écriture du texte. Mais c’est son travail personnel ; les autres membres du groupe n’interviennent pas du tout dans l’écriture. On laisse Pierre s’occuper de ça. Pour Golden Gasoline, nous intervenons tous. Il est vrai que c’est la première fois que je joue dans une formation où on pense les textes en Anglais ; du coup la vision du projet est totalement différente. D’ailleurs on pense déjà à jouer hors des frontières de l’hexagone.

– David : Il y a aussi cette considération là. On ne vise pas seulement à se développer pour les scènes nationales ; on a très envie de pouvoir parcourir des scènes à l’étranger aussi, si l’opportunité se présente.

– Arthur : A partir du moment où Ekaterina prenait le chant, on savait que le groupe ne chanterait pas en Français, sauf peut-être un ou deux morceaux à l’occasion. Bien sur on pensait que ça risquait d’être un défi compliqué –et ça l’est pour trouver certaines rimes, puisque nous ne possédons pas un vocabulaire aussi enrichi qu’un Anglophone- . Mais ça se révèle très intéressant, car cette langue permet d’autres choses, notamment pour des idées que j’aurais voulu exploiter depuis longtemps, mais qui n’auraient rien donné en Français. Avec l’Anglais, on peut exprimer des choses très simples, mais qui sonnent et permettent de passer un message assez fort, alors qu’en Français elles seraient vides de sens et moins esthétiques. C’est là où le travail d’artistes comme Leitmotiv ou Pilarsky, et des groupes de rock francophones en général, est très délicat : c’est de la poésie. Il faut employer un certain vocabulaire pour que ça sonne sans être niais ou ringard.

– David : Et même à la limite, il y a une obligation de passer dans le texte engagé pour justifier ses propos en Français.

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– De quoi parlent vos chansons ?

– Arthur : Elles parlent de plein de choses. Le morceau « Reptile skin » parle d’un homme qui dans ses rêves se transforme en reptile vagabondant dans le désert pour trouver sa maison. C’est la musique qui m’a vraiment donné l’idée de ce thème. « Creepy creature » parle d’un type bizarre, drogué, qui effraye les enfants. Ce sont des histoires un peu « barrées » pour ce qui concerne mes idées. Ekaterina a des histoires plus personnelles, comme dans « Feeling I know » qui parle des liens qu’elle peut avoir avec des gens par rapport à la musique, et du fait que la musique joue un rôle très important dans ses rencontres. On a aussi des morceaux sur le thème de la religion, « Rock Confession » raconte l’histoire d’une bonne sœur qui souhaite faire du rock ou « No friends in paradise » exprime un ressenti vis-à-vis du fait qu’il est impossible de respecter tous les commandements, qu’on commet forcément tous des erreurs et qu’on ira donc tous en enfer. C’est justement une de ces thématiques qui me tournaient en tête depuis un moment et que je n’aurais pas pu exprimer en Français.

– David : Ce qui me plait avec les thématiques un peu « barrées », c’est qu’elles peuvent laisser libre court à l’imagination pour une esthétique sur un clip vidéo par exemple.

– Arthur : C’est parce qu’en fait, avant de penser aux paroles, je pense à des images. La composition musicale d’un morceau m’inspire un genre de scénario : la musique me donne des images, et le texte en découle ensuite. « Creepy creature » m’a été inspirée par un type croisé dans une rue que je trouvais vraiment bizarre. On pense les textes comme des histoires à raconter ; nous ne revendiquons rien d’autre. Du moins pour l’instant ! Le militantisme viendra peut-être, mais pour le moment ce n’est pas à l’ordre du jour. On invente des histoires qu’on pourrait écrire dans un livre.

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– Vous évoquiez à l’instant l’enregistrement d’un album. Est-ce pour un futur immédiat ?

– Arthur : Le but est dans l’immédiat d’étoffer le set, qui comporte déjà une dizaine de morceaux, afin de pouvoir assurer au moins une bonne heure de concert, et puis de continuer à créer et enregistrer un premier album cet été, qu’on est d’ailleurs déjà en train de maquetter. On recherche des sons, on édite des batteries, on essaye plein de choses aussi sur la manière dont on voudrait enregistrer. On voudrait garder ce projet pour nous, au sens où on voudrait faire tout nous-mêmes ; je pense qu’on va apprendre beaucoup en faisant ça. Et du fait de la nature du groupe, j’aimerais faire des albums pas trop longs, peut-être de dix titres maximum, pour ne pas fatiguer les gens. Quand j’achète un album de 16 titres ou plus, il est rare que je l’écoute en entier d’un trait, surtout lorsque les sonorités des différentes chansons sont très proches. Royal  Blood a fait par exemple un album d’une dizaine de titres qui doit durer 38 minutes, et l’écoute sans se lasser. 

– David : L’idée est de proposer quelque chose qu’on aime écouter du début à la fin sans pause. Et faire ça par nous mêmes nous permettra de garder notre liberté sur les choix d’esthétique sonore. Mais il est vrai que pour ce qui concerne des dates à l’étranger, on y pense déjà sérieusement, car depuis le début du groupe, tout se réalise assez rapidement et cette énergie nous porte. 

– Avez-vous des connaissances en techniques de prise et traitement des sons pour ce faire ?

– Arthur : Oui, car à l’époque de P2Freeze, je devais enregistrer l’album du groupe. J’enregistrais les basses, guitares et synthés, et programmais les batteries ; et précédemment j’ai enregistré dans des studios où j’ai eu l’occasion d’apprendre quelques techniques. Il n’y a que la batterie acoustique que je ne saurais pas faire. Alors bien sur ça ne sera pas parfait, mais c’est ce qui me plait, car on aura toujours ce côté « garage ». J’avais beaucoup aimé les albums des White Stripes : quand on écoute les guitares, on a l’impression que nos enceintes vont exploser, comme si la production était mauvaise, mais c’est justement ce qui fait le charme de ces albums. Et c’est ce qui m’intéresse, ce son, cette indépendance. Et puis je pense qu’on apprendra beaucoup de choses dont on se servira pour un futur EP ou album : on fera des bêtises certainement, mais qui se corrigeront par la suite. J’essayerai tout de même de demander des conseils quand cela sera nécessaire, mais je souhaite faire les mix selon les oreilles du groupe. Pour être passé dans plusieurs studio, j’ai pu me rendre compte à quel point enregistrer est délicat, simplement parce que la plupart du temps, l’ingénieur du son ne connait pas le groupe, son histoire, son vécu, ses influences et ses désirs, et on peut perdre énormément de temps quand il ne comprend pas le groupe. L’avantage avec Golden Gasoline, c’est que le mix sera bien plus léger à réaliser, car il n’y a finalement que deux instruments et la voix.

– David : Et puis on  a une idée commune du son qu’on veut avoir. Donc à nous trois, on y arrivera.

– Arthur : La première maquette qu’on a mise en ligne a vraiment été enregistrée à l’arrache, à partir d’une prise sur un enregistreur Zoom. Et puis un jour j’ai réenregistré des guitares sans amplis, directement sur ordinateur, puis on a mis la voix et essayé d’en faire quelque chose, même si c’était pas la structure finale, ne serait-ce que pour pouvoir proposer quelque chose aux gens et avoir au moins un support à faire écouter pour trouver des dates de concert. Finalement pour le peu de moyens qu’on a utilisés, en travaillant à nous trois, on a réussi à faire un son qui m’a plu. Donc je pense que dans des bonnes conditions, avec un peu plus d’expérience, on peut vraiment faire quelque chose qui nous corresponde.

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– Avez-vous déjà des concerts prévus ?

– Arthur : On a des dates qui vont commencer à arriver, la première étant prévue le 14 avril pour les Scènes Croisées à Bruges, et la deuxième le samedi 16 avril, en première partie de Leitmotiv au Club House à Bordeaux. Et puis on a le projet de faire venir des groupes de différentes régions pour jouer avec nous, et de pouvoir ensuite aller jouer chez eux. On est notamment en contact avec plusieurs groupes français ou étranger. J’ai toujours eu ce rêve de voyager grâce à la musique.

– Dans l’immédiat où peut-on écouter votre musique ?

– David : On essaye d’utiliser tous les moyens à notre disposition notamment soundcloud pour mettre nos morceaux en ligne, ici : https://soundcloud.com/user-601190924

– Arthur : On est en train de créer un site, qui sera bientôt achevé, toutes les informations ainsi que la musique seront disponible.

 

golden groupe

 

Miren Funke

 

Liens :

Golden Gasoline : https://www.facebook.com/GoldenGasoline/

https://soundcloud.com/user-601190924

Leitmotiv : http://www.leitmotivofficiel.fr/

https://www.facebook.com/leitmotivofficiel

Pilarsky : http://www.davidpilarsky.com/

https://www.facebook.com/david.pilarsky

P2Freeze : https://www.facebook.com/p2freeze/info?tab=page_info

 

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5 Réponses to “Rock et régénération : rencontre avec Golden Gasoline”

  1. Norbert Gabriel avril 15, 2016 à 2 h 48 min #

    Pour les nuls en informatique musicale, qu’apporte un Octaver, un Stoner ou un enregistreur Zoom?
    Autre question, la prise de parole du groupe est masculine, Ekaterina doit être « traduite » par ses compagnons ?

    Norbert Gabriel

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