Entretien avec Les Hurlements D’Léo autour de la sortie de leur album hommage à Mano Solo

26 Juin

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A l’orée de son vingtième anniversaire, le groupe bordelais Les Hurlements d’ Léo reprenait la route il y a quelques semaines, avec pour seul désir de partager avec le public l’aboutissement d’un projet singulier dans lequel il a investi ses efforts, son temps et son cœur depuis plus d’un an, et par là même de remplir la mission qu’il s’était fixé : rendre hommage à Mano Solo, dont les chansons et l’esprit furent une influence déterminante pour la formation, et sans qui peut-être les musiciens originels des Hurlements n’auraient pas amorcé leur magnifique aventure collective, un beau jour de 1996. Même s’il était question au départ de faire revivre le répertoire de Mano Solo sur scène, et non de le revisiter froidement dans un disque commercial s’inscrivant dans la tendance actuelle de l’industrie de la variété qui produit compilations de reprises sur compilations de reprises, satisfaisant surtout une paresse de créativité et de découverte, sous couvert de nostalgie, sous l’impulsion de plusieurs rencontres finit par mûrir dans la tête des musiciens l’idée d’un album. Album dans lequel l’hommage a pris une dimension encore plus collective, puisqu’il est aussi le fruit de collaborations émouvantes et sincères avec 18 autres artistes invités à interpréter les chansons de Mano, parmi lesquels  – et pour ne citer qu’eux- Francesca Solleville, Romain Humeau, Zebda, Debout Sur le Zinc, Les Naufragés, Les Ogres de Barback ou encore Bertrand Cantat et Nilda Fernandez.
Au lendemain de la sortie de ce double album, nous rencontrions trois des huit membres des Hurlements d’ Léo : Laurent Kebous (chant, guitare), Jojo Gallardo (accordéon, trombone) et Julien Arthus (saxophone, guitare, chant).

Messieurs, bonjour et merci d’avoir accepté cet entretien. Lorsque je vous avais croisés il y a quelques mois, cette histoire d’hommage à Mano Solo n’était encore qu’un projet vague. Comment s’est-il concrétisé jusqu’à engendrer finalement un disque ?

– Jojo : Au départ, ce n’était pas prévu. Et puis l’idée a fait son chemin. Notre propos était de jouer les chansons de Mano en concert, non d’enregistrer un disque.
– Laurent : Enregistrer un disque n’était pas l’idée du départ. Le but était de rendre hommage à Mano Solo en live, de partir sur les routes et partager son répertoire avec le public. Mais de fil en aiguille, on a rencontré des gens qui nous demandaient si un disque de reprises verrait le jour, et croisé des artistes qui nous disaient beaucoup aimer Mano Solo, et auraient éventuellement souhaité participer à un hommage. On s’est dit que ça pourrait ouvrir le champs des possibilités et que ce serait bien pour les gens, et aussi pour la musique de maintenant : d’une part quand un artiste comme Bertrand Cantat reprend Mano Solo, fatalement au niveau médiatique, cela a plus de portée et de visibilité que quand c’est Thomas Jimenez du groupe El Comunero, et malgré tout le fait que des artistes qui ne sont pas suivis par les mêmes publics et qui évoluent dans des registres différents soient présents sur un même projet permet la croisée des chemins, et aussi d’atteindre un auditoire plus large ; d’autre part les messages de Mano sont hélas toujours tellement d’actualité. Cinq ans après sa disparition, il y a encore des textes criants de vérité et de réalisme, peut-être encore plus aujourd’hui qu’à l’époque, comme les textes de l’album des Frères Misères, des brûlots antifascistes. Quand Bérurier Noir chantaient « plus jamais 18% » à propos du vote Front National, c’est la même chose : où en est-on rendu aujourd’hui ?
– Julien : NTM l’a chanté aussi « plus jamais ça » ; et pourtant, c’est encore pire qu’avant aujourd’hui. Pour nous, rendre hommage à Mano Solo constitue un retour aux sources, même s’il y a eu 8 albums qui ont suivi ces deux premiers que nous reprenons essentiellement. On a commencé à faire quelques dates en septembre, puis passé une quinzaine de dates, ça a commencé à être tendu : on s’est dit que le planning n’allait jamais être respecté, d’autant qu’on avait des envies un peu folles. Mais on a quand même réussi à respecter le timing tout en concrétisant nos désirs.

hdl9Pourquoi n’avoir choisi principalement que des titres des deux premiers albums de Mano Solo ?

– Laurent : On s’est moins attaché aux albums suivants, d’abord parce qu’on les a moins écoutés, et ensuite parce quand Erwan et moi avons monté les Hurlements d’Léo, on a commencé en se faisant la main et la voix sur ces premières chansons de Mano Solo.
– Julien : Et c’est aussi grâce à Mano que vous avez eu envie de sortir vos textes de la valise et d’aller les chanter.
– Laurent : Oui. Quand il est apparu dans le paysage musical français, en 1994-95, le format chanson était déjà quelque chose d’un peu dépassé ; il existait toutes les déclinaisons du rock alternatif, avec des groupes comme les Têtes Raides ou Pigalle, qui eux aussi étaient dans un sillon qui nous touchait et qui nous a permis de nous engouffrer dans la brèche. Mano Solo était plus médiatisé et peut-être un peu plus « variétisant », enfin plus classé comme variété que ces groupes. En fait Mano Solo a été plébiscité médiatiquement lors de ses deux premiers disques autour d’un argument qui n’en était pas un, à savoir qu’il a été mis en avant comme porte-drapeau de la cause du SIDA en France. Lui se battait contre cette image ; et quand cela n’a plus intéressé les media, il a été moins sous le feu des projecteurs, et moins diffusé sur les ondes. Et je pense qu’il en a un peu souffert. Et le fait de jouer ses chansons devant un public qui te remercie de faire ces versions arrangées, et de croiser des collègues qui ne jouent pas la même musique que nous mais émettent le souhait de reprendre ses chansons avec toi donne envie d’aller en studio.

 

Étaient-ils nombreux à vouloir partager cela avec vous ?

– Laurent : On s’est un peu retrouvés dépassés par la chose, avec 26 titres, 18 invités, et le besoin d’élargir l’espace, pour ne pas être obligés de dire à certains qu’on avait la place que pour 13 titres et qu’ils ne figureraient pas sur l’album. On s’est donc battus pour que ce soit un double album, au prix d’un simple pour aller jusqu’au bout de la démarche. Il n’était pas question d’expliquer aux amis que certains pourraient y participer et d’autres non, d’autant que la sélection risquait de devoir se faire selon des critères de notoriété des artistes.
– Julien : Au départ, nous étions partis pour l’enregistrement d’un seul disque, et il a fallu voir jusqu’où on pouvait pousser les murs et le temps pour ajouter un deuxième disque. On a travaillé plus que d’habitude pour pouvoir enregistrer un double album dans le temps d’un seul.
–  Laurent : Ce qui nous a aidés, c’est qu’on avait déjà fait des dates de concert et cinq résidences d’une semaine, donc les chansons étaient bien rodées scéniquement, à part quelques titres qu’on a travaillés en studio, car les invités avaient choisi des morceaux auxquels nous n’avions pas pensé, et qu’on ne jouait pas dans notre répertoire.
– Julien : Oui, on avait fait du ménage ! Le travail de l’album était quasiment établi ; on pouvait livrer des versions déjà prêtes pour les invités.

hdl03 Aviez-vous déjà décidé des couleurs musicales et des arrangements que chaque version allait prendre ou les invités ont-ils eu leur mot à dire?

– Laurent : Il n’y a pas eu de recette unique. Certains sont justes venus pour poser leur voix sur les arrangements, et d’autres, comme Zebda, Babylon Circus ou La Cafetera Roja ont souhaité collaborer à la création d’une version, ce qui a donné une fusion entre nos arrangements et les leurs. Il y a eu plusieurs façons de travailler, selon les morceaux, et c’est très bien ainsi.

 

– Avez-vous démarché les artistes présents ou sont-ce eux qui sont venus à votre rencontre ?

– Laurent : La plupart des artistes sont venus nous voir d’eux-mêmes, et pour les autres, c’est nous qui les avons contactés. C’est moi qui ai rappelé tout le monde, à part une personne dont s’est chargé Julien, pour demander aux artistes ce que représentait Mano Solo pour eux, le souvenir qu’ils en gardaient et comment ils seraient prêts à s’investir dans cet hommage. Quasiment tous se sont montrés assez réceptifs à l’idée de ce projet, même si certains avaient besoin d’être rassurés, car ils avaient peut-être mal interprété notre démarche au départ.
– Julien : C’est aussi le cas chez une partie du public ou des media, qui a pu penser qu’on souhaitait faire un coup commercial ou se donner un prétexte pour repartir en tournée. Mauvaise pioche !
– Laurent : Ce projet est né dans la tête des musiciens, et il a été validé par Fatiha, qui était la manageuse de Mano, et demeure son ayant-droit, puisqu’il était en édition avec la maison de production de Fatiha. On a travaillé avec elle là-dessus. Elle a piloté le projet, et bien entendu nous n’avons rien fait sans son aval. Précisons, s’il le fallait que nous ne touchons pas un bénéfice financier sur les ventes du disque : c’est purement un hommage, qui n’a aucun rapport avec l’argent. En outre cela fait deux ans que nous travaillons les versions, en résidences et en studio, à nos frais. Nous n’avons jamais demandé de subvention pour cela.

– On retrouve de très beaux artistes sur ce disque. Pouvez-vous nous parler de la grande figure militante qu’est Francesca Solleville, et qui livre une interprétation bouleversante de la chanson « Le monde entier »

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– Laurent : Tous les gens qui participent à cet album sont très talentueux, qu’ils soient visibles ou pas, connus ou moins. Francesca Solleville a choisi une chanson qui s’appelle « Le monde entier », qui parle de la perte d’un proche qui se suicide par pendaison. Son interprétation est d’autant plus bouleversante, lorsqu’elle explique avoir choisi ce titre avec le décès de son ami Allain Leprest en tête. Nos chemins s’étaient déjà croisés il y a quelques années, alors que nous avions assuré sa première partie lors d’un concert. Par la suite, sa fille, qui nous connait lui avait suggéré de nous commander des chansons pour un disque. Nous avons donc écrit deux chansons pour elle il y a quatre ans. Et tout naturellement nous avons pensé à elle pour un duo.
– Julien : Elle est vraiment pleinement une interprète. Elle n’écrit pas.
– Laurent : Je pense que Mano a dû la croiser dans quelques meetings communistes ou avec l’équipe de Charlie Hebdo et son père. Pour moi, Francesca, c’est le chant de la Commune. J’ai un vieux vinyle des années 60 des chants de la Commune, et elle y interprète un titre. Je suis vraiment ravi qu’elle ait accepté de participer à notre album ; et puis son duo avec Erwan est magnifique.

solleville2 Comment s’est décidé le choix des attributions des chansons pour chaque interprète ?

– Laurent : En fait nous avons sélectionné plusieurs titres, et nous avons envoyé cette « playlist » aux artistes, afin que ce soit eux qui choisissent le titre qu’ils voudraient interpréter. J’étais quasiment sûr qu’aucun ne choisirait le titre qu’on voulait lui proposer ; on a donc tout envoyé en pâture, et chacun a choisi. Il y en a juste deux qui ont demandé le même titre, Romain Humeau et Pierre Lebas ; mais ils se sont arrangés de façon assez fairplay, via la médiation que j’ai pu faire. Et finalement c’était une bonne chose que Romain ait laissé le titre à Pierre, puisqu’au final Romain chante une version sublime du « Limon ». Enfin quelques artistes ont choisi une chanson que nous n’avions pas incluse dans la liste : Les Ogres de Barback, et Zebda entre autres. Pour la petite anecdote, Zebda avait accepté une chanson que nous avions proposée au départ. Et une semaine avant de rentrer en studio, Akim, sur les conseils de sa compagne qui aime beaucoup Mano et lui a suggéré un autre titre, dont le propos colle bien à Zebda, a émis le souhait de reprendre plutôt « Les habitants du feu rouge », qui pourtant est une chanson plus tardive de Mano Solo.
– Julien : Nous avons donc fait une maquette ; eux aussi. Nous nous les sommes envoyées, et nous avons réalisé que chaque groupe avait pensé à une version un peu Reggae. Au final ça a abouti à une fusion de nos deux propositions, que nous avons enregistrée tous ensemble en live au studio. zebda kebous
– Laurent : On a bien fait quand même, car beaucoup de chansons sont réarrangées. Grand bien nous a pris de vouloir faire ça, car on s’est retrouvé dans le même état d’esprit que pour nos deux premiers disques, à savoir une excitation collective intense, avec beaucoup d’envies et très peu de moyens, et surtout beaucoup de gens qui s’accrochent au wagon. Ces situations d’urgence demandent beaucoup d’effort, et c’est un moteur important.

– Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

– Julien : On a tout enregistré dans un superbe studio, l’Alhambra Colbert à Rochefort, avec un ingénieur du son nommé Mathieu Nappez. C’est un jeune pour qui c’était le premier projet de cette envergure là. Il s’en est très bien sorti, parce qu’on a fait ça en très peu de temps, à savoir une semaine en janvier pour enregistrer les batteries, basses et sections rythmiques en live, et une quinzaine de jours en février, où ont défilé deux invités par jour pour les prises de voix. C’était génial : tout est rentré dans le planning. Quelques rares protagonistes ne sont pas venus, mais ont enregistré leur partie chez eux et envoyé la bande, comme Mell, puisqu’elle habite Montréal. Cela aurait fait beaucoup de frais de déplacement juste pour enregistrer une chanson ; nous nous sommes donc débrouillés avec les moyens d’aujourd’hui. Il ne faut pas oublier de mentionner des invités parmi les musiciens aussi, les sections de cuivre (Babylon Circus), Jean Michel Motta pour les arrangements de cordes. On aurait bien aimé que Joe Doherty puisse aussi y participer, mais ça n’a pas été possible.
– Laurent : Joe, c’est Romain Humeau qui me l’avait présenté. Romain avait réalisé à l’époque mon premier 6 titres, au studio Berduquet, car lui et Estelle n’avait alors pas encore construit le « studio des Romanos » à leur domicile. Il nous avait alors permis de nous rencontrer.

– Le fait que l’enregistrement d’un album n’était pas l’idée de départ explique que vous vous soyez d’abord produits sur scène avant la sortie du disque. Ce n’est pas la stratégie habituelle de la plupart des groupe qui sortent d’abord un disque et tournent ensuite, faute de quoi ils peinent à trouver des dates. Cela a-t-il été un handicap dans vos recherches de programmation ?

– Jojo : A la base, on n’avait pas projeté de consacrer autant de temps et d’effort à ce que nous voulions être un hommage. D’habitude, les projets que nous partageons avec d’autres artistes durent autour de six mois ; nous pensions donc qu’il s’agirait d’un cycle de la même durée de temps. Et puis ça a pris de l’ampleur, et au final c’est plus d’un an et demi que nous avons travaillé sur ce projet. Des gens nous ont suivi dans nos envies, ont pris des risquent pour nous programmer.
– Laurent : Le privilège dont on jouit est d’avoir une certaine stature de « taulier », car nous sommes un groupe qui a beaucoup tourné en France, et ailleurs, et a acquis une expérience scénique et noué des contacts au sein d’un réseau finalement assez étendu, au cours des vingt dernières années. De ce fait beaucoup de gens en France savent nous faire confiance et n’attendent pas forcément qu’on sorte un disque pour nous programmer en concert et nous proposer des dates. Pourtant juste avant nous sortions d’un projet de fusion avec le groupe Fils de Teuhpu, qui s’appelait « Camping de luxe » et avait certes intéressé des gens, mais touché moins de monde que ce que nous avions fait par le passé. J’imagine donc que des tourneurs auraient pu rechigner à nous accueillir. Mais au contraire, ils nous ont ouvert des portes. C’est donc sans doute que quelque part il y avait une attente, même s’ils n’attendaient pas nécessairement un album. Mais tous savaient que ça allait donner quelque chose de sérieux et sincère, et que nous savons jouer. On est quand même catalogués comme groupe de scène avant tout. Même quand on ne nous aime pas, on reconnait que nous sommes un groupe scénique ; ça, on ne peut pas nous l’enlever. De même, lorsqu’on a entrepris de faire des résidences, sur trente réponses, nous en avons reçu une dizaine de sérieuses, dont cinq se sont concrétisées. Cela nous a permis de rencontrer aussi des personnes qui ne faisaient pas partie au préalable de notre réseau. Par exemple on s’est retrouvés dans une cidrerie en Bretagne, perdue au milieu des pommiers, où des anciens travailleurs de la SNCF se sont réinstallés pour vivre en autarcie et fabriquer du cidre. Ils font pousser tout ce qui est nécessaire à leur subsistance et vivent en totale autonomie. C’est une démarche assez admirable et singulière. Puis nous avons fait quelques dates dans des petits endroits, pour voir comment ça se passait, en revenant à un système « just do it » qui nous est familier. Et cela porte ses fruits, car ça ramène à une authenticité et une sincérité que les gens ont tendance à oublier, et que nous-mêmes avions un peu érodées au fil des ans. Même si c’est un fonctionnement qui était le notre aux débuts, on s’était peut-être parfois installés dans un ronron confortable. Donc le projet s’est construit par nous et pour nous, et puis les gens qui se sont greffés dessus et se sont impliqués dans l’aventure ont donné beaucoup d’énergie et de force, pas forcément de la manière à laquelle nous avions pensé, car le projet a connu pas mal de mutations et un peu une perpétuelle évolution.

 

groupeÉvolue-t-il encore ?

– Laurent : Pour septembre/octobre, on voudrait que chaque participant de l’hommage fasse une prise de parole, en remettant ce propos dans un contexte social, politique et économique : présenter les textes de Mano sur fond de questions d’engagement, de citoyenneté, de « vivre ensemble », même si cette expression me sort par les trous de nez, tant elle a été galvaudée. Peut-être cela prendra-t-il la forme d’un livre ou d’un carnet de route ? On n’a pas encore toutes les clés, ni les idées précises.
– Julien : Il faut dire que ce projet suit un procédé évolutif : tout se met en place au fil du temps et des idées de chacun.

– Quel accueil le public a-t-il réservé à cet hommage ?

– Jojo : Les gens se déplacent en nombre ; on a reçu un accueil assez favorable. Les concerts durent environ 2h15/2h30, et c’est chargé d’émotion, y compris après, lorsque les gens viennent nous remercier de faire vivre ces chansons et de faire par là même revivre quelque chose qui les fait vibrer et résonne encore en eux.
– Laurent : Malgré tout, certains ont une perception différente de la notre. Nous avons vécu des choses plus fortes avec le groupe, donc nous relativisons les émotions qu’on ressent en jouant Mano. Mais on ne peut pas comparer, car sur cette tournée nous ne jouons pas notre répertoire. On se met au service des textes de Mano, et on a un point commun avec le public qui est que nous aimons et respectons cet artiste. Personnellement j’aime beaucoup Mano, mais je l’ai aussi entendu dire des conneries, et je ne suis pas fanatique de tout chez lui. Je vis la relation avec peut-être plus de recul que certains de ses fans pour qui il représente quelque chose de très puissant émotionnellement et passionnellement parlant, quitte à le voir parfois comme un demi-dieu sans faire la part des choses. Alors bien sur je trouve cela touchant de voir des gens bouleversés, mais je ne peux pas me mettre sur le même plan sensationnel. Mais c’est un problème relatif en général à tous les gens qui sont sur scène ou sous le feu des projecteurs, d’émouvoir parfois au point de susciter des réactions passionnelles, voire fanatiques. Personnellement je l’ai mal vécu par rapport à la pudeur que je peux entretenir : un compliment peut être ressenti comme un viol de son intimité. C’est parfois violent et inquiétant à vivre. Et c’est complètement hors contexte du point de vue de ce qu’on veut être et représenter. Il y a certainement des artistes à qui cela plait d’être adulé.
– Jojo : La starification ne nous intéresse pas trop en fait. Jojo et Juju
– Laurent : Même les artistes que nous avons aimés, comme Mano ou Miossec ne supportaient pas cela. Miossec s’est beaucoup calmé, mais je l’ai vu il y a quelques années sur scène, calmer des fans qui devenaient trop envahissants.
– Jojo : Il est honnête avec lui-même et avec les autres aussi.
– Laurent : On peut aussi s’inspirer du cas particulier de Noir Désir sur la façon dont ils ont su gérer leur médiatisation et leur succès. Ils ont montré le chemin à suivre et la façon dont il fallait envisager les choses. On ne sait pas comment ils ont réussi, mais ils y sont arrivés. Cela a dû être très tôt une source de discussion, de préoccupation et de réflexion entre les 4 membres du groupe.
– Jojo : C’est tellement vrai que gagner tant d’argent et croiser autant de gens qui te parlent comme si tu étais un dieu, ça peut vite faire tourner la tête. Ce ne sont pas du tout des rapports humains naturels ; ça me rassure de me dire qu’on est comme des bons boulangers qui aiment faire du bon pain, et ça ne va pas plus loin.

hdl4 Laurent, tu as dis un jour qu’Erwan et toi aviez formé le groupe sans savoir jouer et juste « pour boire des bières gratos ». Après presque 20 ans de carrière, quel regard portez-vous sur votre ancrage dans ce métier et la professionnalisation du groupe ?

– Jojo : C’est sûr, on n’était pas partis au départ pour en faire un métier.
– Laurent : C’est un peu un accident, et une chance heureuse en même temps. Parce que du fait qu’on a pris cela suffisamment au sérieux pour le faire comme on en avait envie, c’est une existence qui nous fait encore rêver. Bien sur on s’est fixé quelques contraintes comme l’autoproduction et le partage des richesses, pour concrétiser une espèce d’utopie alterno-mondialo-anarchiste, inscrite dans notre époque et avec les gens qui nous entourent, d’autant que certains d’entre nous ont continué d’œuvrer dans le social et l’associatif, ou de travailler quand c’était nécessaire. C’est notre manière de fonctionner. On s’est mis en autoproduction très vite. Chez nous, un euro gagné est un euro partagé entre tous les protagonistes, musiciens et techniciens qui collaborent avec nous, à part égale. On a passé beaucoup de temps à créer cela faire vivre cette utopie, et on en est fiers. De ce fait nous ne nous sentons pas désabusés. Je suis content, ravi et fier de ce qu’on a réussit à construire depuis autant d’années. Déjà c’est bien qu’un groupe passe le cap de tous les pièges dans lesquels il pourrait tomber, les engueulades, les addictions toxiques, l’usure…
– Julien : La gloire ! [Éclats de rire]
– Laurent : Très drôle ! Ceci dit certaines années il nous est arrivé de jouer tous les soirs devant 1000 ou 2000 personnes. Et nous avons beaucoup joué à l’étranger. Dans ces circonstances, on peut vite prendre le melon et perdre pied avec la réalité. La chance d’être un groupe, c’est de faire face à ses tentations ensemble, et d’avoir toujours un copain pour te remettre les pieds sur terre quand tu commences à déraper.

Être un groupe, est-ce un bon antidote à certaines tentations ?

– Laurent : Au début, des gens essayent de te faire tomber dans divers pièges ; puis au fil des ans, l’avantage d’avoir vécu cela, c’est quand on est déjà tombé dans tout, on connait les pièges et on se méfie. Vivre cela a plusieurs a vraiment été une chance, car ça aide à relativiser, et s’entre-secourir.
– Jojo : On a beau fonctionner comme un groupe égalitaire, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de leader, au sens psychologique, une personne qui en fait un peu plus et tire la charrette –et ça n’a pas toujours été le même qui tenait ce rôle. .
– Laurent : On peut se relayer les uns, les autres. Et puis la charrette est aussi tirée par toutes les volontés du groupe. Des gens partent, d’autres arrivent : comme nous sommes un groupe à géométrie variable, il est arrivé que sur un projet un individu soit « capitaine », et laisse les commande à un autre sur un autre projet. Quand tu es fatigué ou épuisé, un copain prend ton relais. C’est l’avantage d’être un groupe plutôt qu’un chanteur abandonné !

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Vous êtes aussi sans nul doute parmi les groupes français de ceux qui ont le plus tourné à l’étranger et joué dans le plus grand nombre de pays. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

– Laurent : Jouer à l’étranger, c’est sans doute ce qui nous a fait le plus de bien moralement et nous a permis de rester humbles et lucides. En 2000, nous avons passé un mois en Afrique, et personnellement cette expérience m’a fait grandir et prendre conscience de certaines choses qu’il m’aurait peut-être fallu 6 ans pour comprendre en restant chez moi, notamment au sujet du colonialisme ou post-colonialisme, de la position des blancs ou des européens en Afrique, de la remise en question de soi-même. Réaliser le poids du blanc en Afrique m’a fait du mal de façon intrinsèque, quant à ce que nous faisons subir aux autres, souvent sans même le savoir.
– Jojo : Par exemple en Afrique, les hôtels 5 étoiles se jouxtent les endroits où il y a le plus de misère ; et c’est dans ces hôtels que la plupart des artistes, souvent des grandes stars internationales, résident.
– Julien : Pour le coup, ça soude une équipe. Quand on a remonté la seconde équipe des Hurlements, on est parti tourner en Russie, pour se mettre un peu en danger et tester nos résistances. Nous y avions déjà joué auparavant, et nous savions qu’on prenait des risques. Et c’est en voyant qu’on pouvait rester soudés dans ces moments difficiles qu’on a décidé de continuer.
– Laurent : C’est une chance de pouvoir se produire à l’étranger, dans des réseaux qui ne sont pas forcément balisés. Ceci dit regarder en arrière, c’est sympa. Mais ce que je préfère c’est regarder devant, penser à demain. Mano chantait « prends tes deux mains pour demain » [chanson « Deux mains pour demain »]: c’est une phrase tellement géniale !

hdl8Y a-t-il eu un moment précis où vous avez décidé de devenir professionnels, ou vous êtes-vous laissés embarquer par l’aventure ?

– Jojo : C’est l’aventure qui nous a rattrapés. Le tourneur nous a bien fait comprendre qu’il voulait s’occuper de nous à condition qu’on se libère : il était hors de question de refuser des dates sous prétexte qu’un tel ou un tel bossait et ne pouvait pas se déplacer. C’était en 1998, 5 ans avant la réforme du statut d’intermittent du spectacle ; à l’époque les conditions nous permettaient, si on voulait faire un disque, de prendre 6 mois pour le travailler. Aujourd’hui ce ne serait plus possible.
– Laurent : S’il n’y avait pas eu tant de demandes après la sortie du premier disque, on ne se serait peut-être pas laissés embarquer dans l’aventure, car nous avions tous nos vies, 4 d’entre nous travaillaient… Et sans doute le tourneur nous aurait incité à continuer de travailler, si nous n’avions rencontré aucun succès. Nous étions donc déjà sur les rails, et prêts à entreprendre des choses. Et pour ma part, je ne pouvais plus travailler, avec la disponibilité que demandait la vie du groupe.
– Julien : Certes il y a des artistes ou pseudo-artistes qui démarrent une carrière dans l’optique de devenir célèbre, mais ce n’était pas notre démarche.
– Laurent : J’étais un des rares du groupe à avoir quitté ma province…enfin Mont de Marsan, avec l’idée de venir dans une grande ville comme Bordeaux pour me rapprocher d’un vivier culturel et musical, en rêvant de pouvoir un jour travailler dans la musique, tout en sachant que rien n’était sûr.
– Julien : On évolue loin des produits marketing estampillés « artistes ». Déjà on se considère comme des artisans, pas comme des artistes.

Sans parler de ceux qui entament une carrière dans l’idée d’accéder nécessairement et vite au succès et à la célébrité, il y a des artistes sincères et talentueux –je pense à des gens comme Romain Humeau, puisqu’il est présent sur votre disque- qui ont sans doute su très tôt qu’ils feraient leur vie professionnelle avec et par la musique.

rom3– Laurent : Romain, c’est quelqu’un à part. Son père est facteur de clavecin, facteur de renom en plus. Sa sœur joue du hautbois, son frère du basson ; lui-même a fait le conservatoire, de batterie je crois. Il joue de la guitare, de la batterie, du violon, de la basse, des claviers… Et il est auteur compositeur et interprète. Il possède un éventail incroyable de talents. Ce garçon est remarquable. Effectivement je pense qu’il a toujours su qu’il serait artiste. Sans doute aurait-il l’humilité de dire que non, et qu’il aurait pu être cordonnier. Mais je pense qu’il le savait.
– Julien : Et tout ce qu’il fait, il le fait très bien, tout en s’amusant.
– Jojo : Il fait mieux tout seul que nous à 8 !
– Julien : Oui, d’un point de vue de la qualité musicale, harmoniquement, il créé des trucs de malade. Et d’un autre côté il est capable aussi de trouver des riffs simples et efficaces. Quand on a masterisé à Globe Audio, j’ai écouté quelques morceaux de son prochain album, « Vendredi ou les limbes du pacifique ». C’est un projet qu’il a mené en collaboration avec Denis Lavant, d’après le roman de Michel Tournier [NDLR : l’album de Romain Humeau «Vendredi ou les limbes du pacifique» sortira le 29 juin, sortie précédée de la diffusion d’une émission de présentation sur France Culture le 28 juin à 21h en présence des protagonistes du disque, et suivie d’une représentation en public au festival d’Avignon le 17 juillet, pour plus d’info : https://www.facebook.com/romain.humeau1?fref=ts ]vendredi

Il a également réalisé et fait les arrangements sur l’album « Acoustique » de Bernard Lavilliers et co-écrit sur l’album « Baron samedi ».Il prépare un triple album pour bientôt.
– Laurent : Ce serait bien que Romain vienne pour un duo avec nous quand nous jouerons à Bordeaux ; peut-être sera-t-il malheureusement en tournée avec son projet solo, mais ça nous ferait plaisir qu’il monte sur scène à nos côtés.

Votre formation a connu des changements de musiciens au cours des vingt années écoulées. Pouvez-vous en parler ?

hdl2– Laurent : Le groupe a été formé des mêmes musiciens de 1997 à 2006. Puis à l’issue de la tournée du «Temps suspendu», on s’est réunis en 2007 pour décider d’une pause à la demande de 4 d’entre nous. Puis en 2009, ces 4 là n’ont pas désiré reprendre du service au sein du groupe, pour des raisons qui leur appartiennent. De part l’amitié qui nous liait à l’époque et que nous entretenons encore avec certains, ce n’était pas possible de ne pas entendre ce qu’ils avaient à nous dire alors. Certains avaient déjà entrepris d’autres choses, s’étaient engagés sur d’autres projets qui leur tenaient à cœur ; d’autres ne souhaitaient plus partager la vie de groupe avec certains d’entre nous. Nous avons donc monté une nouvelle équipe, en intégrant des gens qui entouraient déjà le groupe depuis quelques années, pas forcément des musiciens, mais des gens du cercle proche qui avaient travaillé avec le groupe, comme Julien qui était avant notre régisseur, Vincent avec qui nous avions joué dans un groupe qui s’appelait Les Touffes Chrétiennes, ou Reno, qui jouait avec Jojo et moi dans un autre groupe. Ces personnes gravitaient autour des Hurlements et nous avions déjà partagé des scènes ou collaboré sur d’autres projets. Je ne sais même pas si c’est nous qui les avons choisi ou si ce sont eux qui nous ont choisi ! Ce qui fait que chacun d’entre nous connaissait suffisamment le caractère des autres et la nature du groupe pour savoir qu’on pourrait tous se supporter, et surtout intégrer les nouveaux. Parce qu’il est vrai qu’arriver dans un groupe soudé qui a déjà joué 11 ans, produit plusieurs disques et vécu beaucoup de moments forts peut s’avérer difficile pour un « bleu ». L’idée pour nous était de redonner vie au groupe. Il ne s’agissait pas seulement de faire une réunion pour jouer ensemble sur une trentaine de dates des reprises de Mano ou de nous-mêmes. On désirait repartir sur quelque chose de créatif ; donc il fallait que les nouveaux arrivants soient solides et enclins à relever ce défi.

– C’est plutôt rassurant : la réunion des Hurlements n’est donc un simple sursaut de reformation ponctuelle comme cela arrive aux vieux groupes qui ne cherchent qu’un prétexte pour rejouer leurs vieux titres…

– Laurent : Nous aurions pu berner un an peut-être des gens qui avaient entendu parler de nous et souhaitaient nous voir sur scène. Mais ce n’était pas l’idée motrice. Ce n’était pas juste pour ressortir du local. On avait vraiment envie de repartir dans une perspective de créativité, même si quelques musiciens originels n’ont pas souhaité revenir. Mais j’ai déjà entendu cette objection ! Des gens ont émis la thèse qu’on faisait cet hommage à Mano pour avoir un prétexte pour se réunir. Il faut savoir qu’on ne ressort pas de la grotte après 5 ans d’interruption. Le groupe ne s’est pas dissous puis reformé. Il n’a jamais cessé d’exister. Nous avons fait une pause, qui nous a permis de vaquer à des projets solo.
– Julien : Ceux qui connaissent un peu l’histoire du groupe savent que des projets de ce type, il y en a déjà eu plusieurs. Il y a eu « Un Air deux Familles » avec les Ogres de Barback, les « Hardcore Trobadors » avec le groupe 17 Hippies, un projet avec les Fils de Teuhpu nommé « Camping de luxe », « République sauvage » avec l’Enfance Rouge, entre autres. Nous avons la réunionite, et participons donc à plein de projets en permanence avec des amis, parce que rassembler et partager nous semble important. Mais au final nous n’avons jamais cessé de faire de la musique ensemble, même si tous les albums dans lesquels nous nous sommes investis n’ont pas été forcément signés du nom des Hurlements.

jojoVous avez une carrière bien remplie d’expériences multiples de « forains » de la musique (si je peux me permettre le terme), souvent partis sur les routes d’Europe pour de longs mois, en autonomie avec votre propre chapiteau. Qu’est-ce qui a changé dans votre façon d’aborder le métier depuis 20 ans?

– Laurent : Au départ nous avons vécu la phase adolescente, former un groupe avec des potes, déborder d’énergie, s’enthousiasmer pour un rien. Aujourd’hui, même si on exerce le même métier, on a vécu des phases différentes, et on se rend compte que certaines choses qu’on supportait sans soucis se supportent moins bien. Ce qu’ont connu les Hurlements, c’est exactement ce que connaissent tous les groupes, et ce qui se produit dans la vie de tout le monde. Ça n’a rien d’extraordinaire, la vie est une perpétuelle évolution.
– Jojo : C’est sûr qu’aujourd’hui on ne repartirait peut-être pas en tournée pendant des mois, ou en tous cas on n’organiserait pas cela de la même manière.
– Laurent : On discutait avec le chanteur des Ogres de Barback après l’expérience que nous avons vécue à travers notre projet commun, « Un air deux Familles », et notre chapiteau itinérant « Latcho Drom », et lui pensait qu’il y aurait peut-être un ailleurs ou une suite pour ce projet là. Alors évidemment ça ne s’organisera pas pareil
– Jojo : Il faut dire déjà que dix ans plus tard, il y a plus de monde à trainer dans une telle aventure… Nous avons tous des familles et des enfants.
– Laurent : On ne peut plus monter les chapiteaux, conduire les camions, jouer, puis tenir le bar. Mais partir quelques jours, ça nous motive toujours.
– Julien : Avec ce projet là, on part en Russie en Juillet, parce qu’on est sollicités. Ça fait deux ans que nous n’y sommes pas retournés, mais nous avons des connexions là bas, et notre projet intéresse les gens. Les Russes sont très francophiles, adorateurs de culture française et de poésie, et pour certains ils connaissent Mano Solo, et bien d’autres chanteurs de l’hexagone. Ils vont certainement apprécier l’idée. Ils sont très nombreux à parler le Français, ou du moins à le comprendre.
– Laurent : Enfin nous parlons des esthètes, pas des gens du peuple.
– Julien : Si. Les gens du peuple dans les campagnes, même s’ils n’ont pas beaucoup d’accès à la culture, comprennent le Français. Et puis ils sont excessivement curieux de tout. Bien sûr on va jouer à Moscou, St Petersbourg, et dans d’autres villes, car il ne sert à rien d’aller jouer dans des endroits paumés, où personne ne pourra venir nous voir. Mais le principal est que ce projet va voyager pour signifier que Mano est toujours vivant dans ce monde.

kebous2L’année à venir scellera les 20 ans d’existence du groupe. Comment envisagez-vous la suite ?

– Laurent : Effectivement l’anniversaire arrive à grand pas ; mais je pense qu’avant, il va y avoir quelques réunions pour discuter de la manière dont on veut faire les choses. Cela sera sûrement accompagné d’un disque. On a ça dans un coin de la tête, mais avant tout il faut continuer le projet et faire vivre notre créativité.
– Jojo : Et pour ce qui regarde la créativité, on n’a pas de recette unique. Il n’y a pas de règle de fonctionnement. Parfois un texte arrive, ou un riff, nous créons collectivement, parfois une chanson guitare-voix qui ne demande que des arrangements.
– Laurent : Et je pense que pour le prochain disque, on sera encore plus dans un processus de création collective. zebLors de notre premier disque, nous étions peut-être un groupe à leader-parolier. Mais ça n’est plus du tout le cas. Il y a plusieurs écrivains et compositeurs. Même « Zébulon » [NDLR Rafael Bord dit « Zébulon », ancien violoniste du groupea écrit des chansons ! Il m’est arrivé par le passé d’être angoissé par l’idée de ne pas retrouver de créativité, mais je ne suis plus inquiet du tout à présent.
– Julien : D’autant que sur les 8 membres du groupe actuellement nous sommes 5 à pouvoir chanter ou prendre un lead, et c’est une diversité de ton que les gens peuvent apprécier. Cela laisse pas mal de portes ouvertes, et permet de toucher une variété plus large de sensibilité de chacun. Comme disait Laurent ça fait partie du jus dont on se servira pour créer à l’avenir.

manoSite : http://www.hurlements.com/

Facebook : https://www.facebook.com/Hurlements?fref=ts

 Miren Funke

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4 Réponses to “Entretien avec Les Hurlements D’Léo autour de la sortie de leur album hommage à Mano Solo”

  1. Violaine Parcot juin 28, 2015 à 20 h 57 min #

    Bonjour. Et merci pour votre travail. Et bravo aux Hurlements bien sûr !
    Une demande cependant: ce serait sympa de noter le crédit photo des images que vous utilisez, en l’occurrence et par exemple pour la première de Francesca: ©Violaine Parcot. Ca ne coûte rien, un peu comme lorsque vous de piocher ici ou là. Merci et bel été.

    J'aime

    • Violaine Parcot juin 28, 2015 à 21 h 00 min #

      Un peu comme lorsque vous piochez, ou un peu comme pour vous, piocher ici ou là… Au choix ! Mille excuses.

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  2. Danièle Sala juin 29, 2015 à 13 h 53 min #

    Merci aux Hurlements de Léo et à Miren pour cette belle histoire qui nous fait faire plus ample connaissance avec ce groupe, et avec cet album hommage à Mano Solo, en toute sincérité, en toute simplicité . Et à suivre cette belle équipe sur les routes de France ou d’ailleurs .

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Trackbacks/Pingbacks

  1. Musicalarue, édition 2016 : entretien avec Les Hurlements d’Léo | leblogdudoigtdansloeil - septembre 12, 2016

    […] sortait en hommage à Mano Solo, et qu’ils partaient défendre pour plusieurs dates de concert [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2015/06/26/entretien-avec-les-hurlements-dleo-autour-de…].  Retrouver le groupe une année plus tard, à l’occasion d’un de ses derniers concerts de […]

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