Archive | mai, 2015

FESTIVAL TA PAROLE du 5 au 11 juin 2015

27 Mai
Comme chaque année le Festival TA PAROLE à Montreuil (93) propose une programmation alléchante !
TaParole-2015
« Comme des funambules marchant sur le fil tendu de l’émotion et des contraintes, nous avançons vers l’heure de notre rendez-vous. Voici donc aujourd’hui dévoilée cette affiche, ce contenu, essence d’une année de rencontres, d’enthousiasmes, de joies et de larmes aussi parfois. Sous ces noms enfin inscrits, comme une promesse, palpite le cœur de ce qui nous anime, l’inspiration, les mots mystérieux, les sons inouïs assemblés en bouquet aux fragrances rares et enivrantes. Partager avec vous ce qui nous rend profondément humain, vivre ensemble des instants uniques, c’est, en toute humilité, le programme de cette treizième édition du Festival TaParole.

Le festival essaime ses graines de poésie dans toute la ville, du 5 au 14 juin Montreuil sera pleinement TaParole !

Hors les murs du 5 au 11 juin.
A La Parole errante du 12 au 14 juin.

10 jours de concerts et de fête, la diversité de l’esthétique chanson (prouvée et approuvée), cuisine à forte personnalité testée et fabriquée en live, buvette aux étoiles et concerts impromptus. »

www.festivaltaparole.org

Didier BOYAUD

Sale temps pour les artistes militants et porte-voix des démunis : la condamnation des membres du Droit Au Logement (D.A.L)33 ou quand la république criminalise l’assistance à autrui

22 Mai

Lors de l’entretien que M., chanteuse de l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A) accordait à notre revue en septembre dernier, l’artiste nous avait parlé de son engagement au sein de l’association Droit Au Logement en Gironde (D.A.L 33), et des mésaventures judiciaires de plusieurs de ses membres, inculpés de violation de domicile, pour avoir porté assistance à des familles sans logis qui avaient investi un immeuble non habité pour s’y héberger avec leurs enfants dans le quartier populaire St Michel, à Bordeaux en 2013. Les 5 militant-e-s du D.A.L, condamné-e-s par un premier jugement à 3 mois de prison avec sursis et 10 000 euros de dommages et intérêts pour ce délit, dont tous contestent l’existence, puisqu’aucun n’était présent sur les lieux lors de l’ouverture du « squat », étaient alors en attente du procès en appel qui s’est tenu en novembre dernier.
De nombreuses personnes se sont rendues devant le tribunal de justice de Bordeaux pour témoigner leur solidarité avec les membres de l’association et exprimer leur indignation quant au fait que des gens soient inquiétés pour un acte de solidarité avec des familles dans le besoin.
A la stupeur de tous, le rendu du jugement d’appel a confirmé la condamnation à de la prison avec sursis et à plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêt pour les 5 militant-e-s, dont l’artiste m.
« A quoi sert une chanson, si elle est désarmée… » A quoi sert donc l’art, s’il n’est cheminement vers l’autre et tentative d’améliorer sa vie? Les démarches citoyennes d’artistes comme m., n’hésitant pas à se mettre en danger pour défendre des valeurs humanistes (pour rappel la chanteuse fut victime de coups et blessures et reçoit encore des menaces), nous interpellent sur des questions de cohérence éthique et d’adéquation entre la parole et l’acte. Prenons le temps de revenir un peu en détail sur la généalogie de cette affaire avec m., pour en comprendre la dimension exacte.

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M., bonjour. C’est la stupéfaction qui s’exprime chez beaucoup après le rendu du jugement dans cette « affaire » de squat, dont on ne comprend pas bien le caractère délictueux et qui t’a conduite, avec 4 membres du D.A.L 33, devant la justice. Comment en est-on arrivé là?

– En fait tout est parti d’un article du journal Sud-Ouest, suite à l’installation de plusieurs familles sans logement dans un immeuble inhabité. En tant que membres du D.A.L, nous nous sommes rendus sur les lieux, comme nous le faisons lors de chaque ouverture de squat, pour voir si les choses se passaient bien, et éventuellement sécuriser les personnes et leur porter assistance si besoin. Le fils de la propriétaire de cet immeuble se trouvait alors présent avec des policiers. L’une de nous a réussi à joindre la propriétaire par téléphone pour discuter avec elle de la situation, et, à notre grande surprise, cette dame nous a informé-e-s qu’elle ne vivait pas dans cet immeuble, qui était vacant depuis plusieurs années, et que les familles pourraient y rester jusqu’en septembre.
Nous étions plus que content-e-s : c’était la première fois que ce type de proposition nous était fait.
Or peu après, sous la pression semble-t-il du voisinage, qui commençait à se plaindre de la présence de ces familles, et d’un élu du quartier, la propriétaire de l’immeuble a totalement changé d’avis, dans un article du journal Sud-Ouest, convoqué pour l’occasion, qui expliquait, en gros, que la pauvre dame âgée n’avait pas pu rentrer chez elle car des Bulgares occupaient sa maison. Pourtant elle nous avait dit ne pas y vivre, et a réitéré cette affirmation lors du premier procès, indiquant que le logement était vacant depuis 2011. Normalement, puisque le logement était inhabité depuis plus d’un an, quand les familles s’y sont installées, le procès n’aurait même pas dû avoir lieu, puisqu’un précédent jugement, ayant reconnu qu’une personne en état de nécessité ne peut être poursuivie pour occupation d’un lieu vacant, fait jurisprudence en la matière.
Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là, et pour cause : cet article de Sud-Ouest a été repris par le Figaro, avec un titre accrocheur pour faire scandale, laissant entendre que des méchants Bulgares privaient une pauvre vieille dame de son habitation. Ces articles ont malheureusement réussi à mettre dans la tête des gens, y compris parmi ceux qui soutiennent la démarche citoyenne du D.A.L, qu’une pauvre grand-mère était victime de l’occupation de son lieu de vie par des familles sans-papiers et se retrouvait par conséquent elle-même sans habitat. Évidemment c’était faux, et tant mieux, car si la pauvre femme avait vraiment vécu dans ce lieu insalubre et sans sanitaire, ce sont ses enfants qui auraient dû être trainés en justice. Pour anecdote, ce sont les familles bulgares qui ont fait venir un plombier pour installer des sanitaires, et rétablir l’eau et l’électricité.
A partir de là, tout a dégénéré : nous avons commencé à recevoir des menaces de violences physiques, menaces de mort, lettres ou messages d’insultes ; une page facebook de pseudo-soutien à la propriétaire et visiblement tenue par des gens sympathisants des idées d’extrême-droite s’est consacrée à relayer cette fausse version et discréditer -pour ne pas dire plus- le D.A.L, et l’histoire a pris un caractère de scandale médiatique. Bien sûr, nous avons porté plainte ; mais deux ans après, cela reste sans suite.

-Penses-tu que la nationalité d’origine des familles occupant l’immeuble a joué un rôle dans la tournure qu’ont pris les événements ou la perception qu’on pu en avoir les gens ?

-Dans un contexte national où les xénophobies sont attisées quotidiennement, cela a certainement joué sur l’opinion publique. Quand on titre un article en disant que des Bulgares dorment dans le lit d’une pauvre grand-mère, comment les gens sont-ils censés interpréter l’information ? Il est évident que si les médias avaient expliqué que des Français qui dorment à la rue avec leurs enfants avaient pris possession d’un immeuble vide pour s’héberger, on n’aurait jamais reçu toutes ces menaces et insultes mêlées de propos racistes.
Cela a également joué sur la qualification des faits qui nous étaient reprochés, puisque l’intitulé précisait qu’il y avait violation de domicile et aide à l’installation et au maintien de personnes étrangères, qui soit dit en passant, est un délit qui n’existe pas dans le droit pour des citoyens membres d’un pays de la communauté européenne. En outre, il faut savoir que ces familles étaient en situation de demandeurs d’asile, et qu’aux termes de la convention européenne, la préfecture a obligation de reloger ces gens, tant que leurs dossiers ne sont pas traités, ce qui n’a pas été respecté. S’il y a eu viol de quelque chose dans cette affaire, c’est le viol du droit de la convention européenne par la préfecture de Gironde.

-Mais le D.A.L avait-il préalablement effectué des démarches pour trouver des solutions légales à la détresse de ces familles ?

-Bien entendu. L’association avait déjà pris contact avec le préfet et entamé plusieurs démarches légales en vu de trouver des logements pour ces familles, qui s’étaient retrouvées expulsées dès la fin de la trêve hivernale, avec des enfants. Nous suivons toujours les procédures légales, et si des gens ne peuvent attendre et prennent possession d’habitats par eux-mêmes, nous tentons de les assister.

m1-En ce qui concerne la face médiatique de l’histoire, les journaux qui vous ont mis en accusation, vous ont-ils contactés pour connaitre votre version et vérifier leurs sources ?

-Pas Sud-Ouest. La journaliste du Figaro nous a contactés, mais après parution de son article. Quel intérêt de publier un article pour demander ensuite aux gens concernés s’il a bien décrit la vérité ? Aucun droit de réponse ne nous a été accordé de la part de Sud-Ouest. Mais même si un démenti avait été publié, le mal était fait : une fois que la première version est entrée dans l’esprit des gens, c’est trop tard.

-Peu étonnant de la part d’un quotidien régional réputé pour son non-respect du droit de réponse, et son imagination débordante qui s’était déjà distinguée il y a plusieurs années par un article fantasmagorique accusant une organisation syndicale locale d’intentions terroristes, en inventant des perquisitions à son local qui n’avaient jamais eu lieu et des documents compromettants soi-disant retrouvés par la police, qui n’avaient jamais existé, et en refusant de publier le droit de réponse du syndicat sur lequel l‘opprobre avait ainsi été jeté .
Mais comment expliquer cette impression d’acharnement contre votre association qui n’a d’autre propos que l’aide aux plus démunis?

-Ce qui reste particulièrement vicieux dans cette histoire est que la justice n’a pas directement attaqué le D.A.L. S’en prendre à une association qui a pignon sur rue et existe légalement depuis plus de 20 ans aurait été une position compliquée à défendre. La justice a inculpé individuellement des membres du D.A.L, même si, quand on lit les rendus du jugement, on s’aperçoit que c’est bien la démarche de l’association qui est visée, puisque cette dernière est citée sans cesse. Le président du D.A.L au niveau national est venu à notre procès. L’association n’est pas riche, et la situation sans précédent : c’est la première fois depuis que le D.A.L existe que certains de ses membres se retrouvent traînés en justice comme de dangereux criminels subversifs, et condamnés. Qui plus est, pour un délit dont nous contestons la véracité, puisque nous n’étions pas présents lors de l’ouverture du squat. Si encore j’avais commis une effraction pour permettre à des gens de s’abriter, en situation d’urgence, je pourrais le reconnaitre et le défendre. Mais ce n’est pas le cas.
Il est de plus très rare que pour un premier délit des personne sans casier judiciaire soient directement condamnées, même à du sursis. Que dire des moyens extraordinaires déployés tout au long de l’enquête qui a précédé ? Suite à l’occupation, je m’étais rendue au commissariat pour répondre à une convocation, comme une de mes camarades. Nous sommes restées 4h en audition libre pour expliquer les faits qui nous semblaient clairs. Deux jours après, 6 policiers déboulaient aux domiciles de chacun de nous 4 –soit 24 policiers mobilisés en tout- pour nous placer en garde à vue et mener des perquisitions -je te passe les détails du saccage-, confisquer ordinateurs, téléphones portables, disques durs, clés USB, matériel de travail (mes pièces de théâtre)… Perquisition également menée au local du syndicat Sud-Solidaire, qui hébergeait le D.A.L, sans qu’aucun de ses adhérents n’en soit averti. Nous avons aussi appris par la suite, qu’il y avait eu des écoutes téléphoniques. Qu’espérait-on trouver ? Un secret d’état pour ouvrir un squat ?
La situation est surréaliste. Il est certains qu’au vu de l’actualité –un curé a été poursuivi en justice pour avoir hébergé des gens, trois jeunes sans revenus condamnés pour avoir volé de la nourriture périmée sur un parking de supermarché pour se nourrir- c’est à se demander si le but de cette répression n’est pas de discréditer le D.A.L et de traumatiser ou dissuader tout citoyen tenté de porter secours ou assistance à une personne en situation de nécessité. Quand F.Hollande a été élu, il a supprimé de la loi le fameux « délit de solidarité » mis en place par son prédécesseur, qui permettait de condamner des citoyens portant assistance à des sans-papiers, comme par exemple cette femme poursuivie pour avoir rechargé des téléphones portables d’immigrés clandestins à Calais. Normalement, on ne devrait donc plus pouvoir inquiéter des gens pour ce motif.
Qu’avons-nous fait concrètement ? Nous nous sommes rendus deux fois sur les lieux du squat -et la deuxième fois pour demander aux familles de quitter l’endroit, car les menaces reçues nous faisaient craindre qu’elles soient victimes de « ratonnades »-. Bien entendu lors du procès, d’autres membres du D.A.L sont venus témoigner et expliquer que nous n’avions rien fait de plus que ce que nous faisons d’habitude, et que les décisions prises pour ce lieu avaient été prises de façon collégiale et par tous les membres. Ils ont terminé leur témoignage en indiquant qu’ils ne comprenaient pas que nous soyons inquiétés et pas eux. Comme nous craignions que les familles subissent des attaques de la part de militants d’extrême droite, nous avions fait un communiqué dans lequel le D.A.L assumait la responsabilité de l’occupation de l’immeuble. Ce qui fait que les familles elles-mêmes n’ont pas été poursuivies et que la justice a considéré que nous avions ouvert le squat et invité ces gens à s’y loger. De toute façon, nous ne souhaitions pas faire témoigner les familles lors du procès : ce sont des gens en situation délicate, qui souvent ont peur. Nous ne voulions pas les exposer.

opa33-Mais sans le témoignage de ces gens, quelle place est laissée dans ce type de procédure à la dimension humaine?

– Aucune. Nous n’avons même pas pu nous y rendre le jour de l’expulsion pour au moins rassurer ces gens, car la police nous a interdit l’accès à l’immeuble. Il faut comprendre les traumatismes et les dégâts psychologiques que ces situations engendrent chez ceux qui les vivent, et notamment les enfants. Nous avons vu des choses révoltantes dans la région, où les forces de l’ordre ont expulsé des familles de Roms, puis cassé les portes et fenêtres du squat et brûlé leurs affaires devant. Pourquoi ? N’est-ce donc pas suffisamment violent d’être jeté à la rue avec ses enfants ? Faut-il en plus voir ses vêtements et objets personnels incendiés ? Ce sont des gens qui ont fui une guerre, ou un pays où ils subissent des discriminations en raison de leur appartenance ethnique. Pas des criminels. La façon dont les autorités accueillent les étrangers participe à la vision qu’en ont les gens : si notre pays s’occupait correctement d’eux, en les logeant et leur donnant de quoi subsister, ils ne traîneraient pas à la rue, et ne seraient probablement pas contraints de voler pour nourrir leurs enfants. On sait bien qu’une situation de détresse engendre des comportements qui ne sont pas toujours légaux. Tous ceux que nous avons pu accompagner et faire reloger ont changé de vie.
Chaque année la fondation de l’Abbé Pierre établi un rapport alarmant sur la situation dans notre pays où de plus en plus de gens se retrouvent à la rue avec des enfants. Le 115 qui gère les hébergements d’urgence dispose de 140 000 places alors qu’il reçoit 500 000 demandes. On nous dit qu’il faut construire des logements, et depuis le temps qu’on le dit, la quantité de gens sans logis n’a cessé de croître. A Bordeaux, il y 10 400 logements considérés vacants et 3000 personnes à la rue : un calcul rapide permet de voir qu’on aurait de quoi héberger ces gens immédiatement, en attendant des logements pérennes. La loi de réquisition d’urgence des logements vacants, qui date de 1948, n’a jamais été appliquée. Alors on se retrouve, grâce à l’échec de la politique des logements et l’absence de volonté publique, avec des gens en situation de détresse, des morts parfois (454 en 2014 dont 15 enfants).

sol-dal6– Comment peut-on vous soutenir et vous aider à continuer de relayer cette parole et faire entendre la détresse de ces gens?

Nous avons demandé un pourvoi en cassation et attendons de savoir si nous pourrons bénéficier de l’aide juridictionnelle. Mais le pourvoi en cassation n’étant pas suspensif des condamnations à payer dommages et intérêts, nous faisons appel à la solidarité publique et organisons, avec l’aide d’autres artistes plusieurs concerts de soutien dans la région bordelaise, pour ceux qui veulent continuer à vivre, s’exprimer et lutter en musique. Nous espérons pouvoir organiser un concert avec une tête d’affiche, histoire d’attirer plus de monde, pour continuer à informer et surtout nous débarrasser au plus vite de ces frais de justice.
Vous pouvez aussi envoyer des dons par chèque libellés au nom d’O.P.A et à envoyer à :

L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre
Chez Myriam ECKERT
21 rue Maucoudinat
33000 Bordeaux

En précisant au dos « soutien à m. ».
NB – Début mars, l’aide juridictionnelle ayant été refusé, c’est 1500€ que m. a dû débourser pour payer son avocat de cassation.
Le D.A.L a aussi reçu 400€ d’amendes pour dépôt sauvage concernant l’affichage pour les concerts de soutien.
Il manque à ce jour 2000€ dans la caisse de solidarité!!!!

m36

Site D.A.L Gironde
http://dal33.over-blog.com/
Site soutien à m.
http://soutien-m.over-blog.com/
https://www.facebook.com/pages/Page-de-soutien-%C3%A0-m-po%C3%A8te-activiste-pour-OPA/498408073560797
Site L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
http://www.opa33.org/

Miren

Pierre Barouh, L’Européen Mai 2015

21 Mai

Pierre Barouh 18 Mai duo AADans son parcours de vie aux multiples ballades, et les échos qui nous en parviennent, on a parfois oublié que Pierre Barouh est un auteur majeur de la chanson. De plus, il a tellement d’admirations à nous faire partager de toutes ses rencontres, qu’on dirait qu’il cherche à mettre un écran, ou plutôt un moucharabieh, ces grillages sculptés qui laissent entrevoir sans vraiment se montrer, où on se dissimule pour regarder dehors. Moi, je vagabonde, poète et chanteur , il est cinéaste, vidéaste, voyageur, explorateur permanent des petits mondes des sentiers de la vie, de ces paysages minuscules qu’il transforme en fresque kaléïdoscope. Sa caravelle voyageuse, c’est la barque de l’oncle Léon pour suivre les iridescences des ronds dans l’eau, et leurs chemins d’étoiles. Et débarquer dans les pays de samba, de carnaval ou de soleil japonais.

Une soirée avec Pierre Barouh, c’est toujours une réunion d’amis qui passent faire un tour de scène, pour quelques chansons partagées, Barbara Carlotti, Eric Guilleton, et Maïa qui met juste ce qu’il faut d’ordre pour que ça se déroule avec cohérence, tout en restant fluide et construit dans la déconstruction. Tout un art de la philosophie de l’imprévu, de ce qui est conduit par la vertu des impondérables, de cet art de l’équilibre du funambule sur fil souple, pour aller vers cet entre deux qui boîte avec grâce* la chanson qu’on aime, qui raconte et dessine des panoramas à rêver éveillé.

Pierre Barouh 18 Mai-010

Comédien, acteur, cinéaste, écrivain, auteur-compositeur, chanteur, producteur, créateur du plus ancien label français en activité, Saravah,  les Rois du Slow-biz, précurseur de la world  music, la musique sans frontières ni codes-barre, Pierre Barouh est un colporteur-orpailleur, il captsaravah logoe dans l’air du temps les éclats de vie pour en faire des  chansons à donner aux quatre vents. Et dans cette soirée, il est accompagné par le merveilleux Pierre-François Blanchard, pianiste complice qui fait jaillir de son piano des notes-images qu’on dirait sorties tout droit d’un film de Jacques Tati . Et le discret et fin percussioniste, Leo Komazawa.

 Pierre Barouh 18 MaiDans la salle, ce soir, on retrouve comme une grande famille heureuse, des vieux copains de plus de 20 ans, des nouveaux qu’on perçoit comme des copains de toujours, il y avait Francis, Clémentine,Claire, Dominique, Margaux, Eric, Atsuko, Sophie, Jacques, Martine, Joël, Anna, Cécile, Yvonnick, Michèle, Nicolas, Hugo, Françoise, Annick, Jean-Paul, et de ribambelles de souvenirs qui papillonnent comme ces envols,

Faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons
Et de rainettes

Pierre Barouh 18 Mai-001  bande AAA1Pierre, Maïa,Eric Guilleton, Barbara Carlotti

et on termine avec le Kabaret de la dernière chance, augmenté d’un couplet inédit, ne figurant sur aucun enregistrement à ce jour, en exclu, ou presque, le voici :

Et il y a ceux qui sont à l’écart

Pour ne pas écraser les fourmis

D’autres le font et pas par hasard

Pour piétiner leur ennui, et la vie …

* Les italiques sont des citations ou extraits de Pierre Barouh, sauf l’astérisque, une phrase de Cocteau que cite parfois Pierre Barouh.

Suivez Pierre Barouh et les artistes Saravah,  c’est ici:   http://www.saravah.fr/

Et pour faire un voyage dans les mondes de Barouh, c’est là:

Norbert Gabriel L’Européen 18 Mai 2015

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