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Romain Didier, dans ce piano tout noir… le 5 Décembre

30 Nov

affiche-romain-didier-40x60-cafe-de-la-gareIl y a quelques mois, Romain Didier était à Aubercail pour son spectacle, « Dans ce piano tout noir« ,  c’est aussi un album qui va être fêté ce 5 Décembre avec un concert exceptionnel au Café de la Danse.  Qu’y a-t-il dans ce piano?

C’est la lampe d’Aladin, ce piano. Romain Didier l’effleure, il en jaillit des bouquets, des cascades, dans ce piano tout noir, il y a des musiques de toutes les couleurs, des arc-en-cieux, des feux d’artifice, du piano Chopin, du piano Gershwin, le rag-time et la rhapsodie de la vie… C’est une fresque humaniste et rêveuse, nostalgique et réaliste, qui chante les mille et deux tableaux du grand show quotidien. Un tableau a souvent deux faces, recto verso, comme dans ma rue, une rue tranquille à première vue, question de scénario, l’un chante, l’autre pleure. Les gens gentils sont souvent des salauds En manque de scénario ?

Et les deux sont le plus souvent entremêlés.

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Photos©NGabriel2016

Dans ce piano tout noir, il y a les souvenirs, les beaux échos et le temps qui passe, la mémoire sépia, parfois, il y a les chansons de toutes ces années qui se répondent, Julie la Loire qui revient, intacte, de Fiumicino ? Il y a des traces de Barbara, Lemarque, Ferré, Aznavour, Bécaud, un souffle oriental, une brise irlandaise, un carrousel merveilleux, et le temps se suspend… Dans ce piano tout noir, on a entendu une suite en trois ou quatre chapitres, fluides, le silence attentif du public était aussi de Romain Didier dans ces tranches de souvenirs qui rappellent, au cas où on aurait oublié qu’il est aussi grand auteur que grand musicien. C’est une autobiographie musicale, avec deux Romain Didier AAAA NB 26-05-2016 20-49-53 2102x1924.JPGpages ajoutées, Et maintenant, et La folle complainte. Et aussi cette petite suite de comptines revues et dérangées, avec cette délicieuse touche acidulée qui grince un peu avec jubilation. Avec  Le prisonnier de Nantes, celui que la fille du geôlier a libéré, vous serez peut-être surpris de cette version inattendue…

Ce spectacle est une vraie parenthèse enchantée dans laquelle le temps est suspendu, à l’entracte avec un aimable collègue dont les initiales sont P.E. nous avons eu à peu près la même réflexion, «  ça a duré un quart d’heure ou une heure? »

Et pour tout savoir, sa vie, son oeuvre, ses projets et les concerts où vous pourrez le voir, c’est là, clic sur le clavier du piano, un Fazioli, bien sûr, et  ça s’ouvrira.

       piano Faz

Norbert Gabriel

Mec, le spectacle…

16 Fév

Dire du «Leprest» comme on dirait du «Rimbaud», pour l’écriture elle-même… *

Mec AAA AA1800x1980 1800x1980Ovation debout pour Philippe Torreton et Edward Perraud à La Cigale qui a fait le plein pour partager les vers de Leprest , servis avec générosité, envoyés comme un direct au cœur par un boxeur du verbe, un enragé de la vie, Torreton est un athlète de la scène, Leprestophile passionné. Qui réunit dans cette aventure deux des producteurs d’Allain Leprest, Jean-René Pouilly, et Didier Pascalis, le premier, et le dernier, les plus actifs, les seuls avec Pierre Barouh**, à donner à Leprest une tribune élargie. Pouilly a suggéré ce spectacle à Torreton, Pascalis en a fait un album, carton plein. Salut mecs !

lebelâgeLa soirée a commencé avec Pierre Lebelâge, pour 4 chansons en lever de rideau. Malgré la perturbation de quelques arrivées tardives de spectateurs, placés dans les premiers rangs, la salle est vite captivée, Pierre Lebelâge seul avec sa guitare, n’a pas changé grand chose depuis ses premières apparitions en scène, et pourtant il y a quelque chose de plus. Peut être plus de confiance en lui, ce petit plus qui change tout. Et c’est dans un silence total que la salle est séduite, la dernière chanson « Chiffon » -la plus belle sur les paumés de la rue- est suivie d’une longue salve d’applaudissements, pas de cris hystériques de fans ébaubis, mais le remerciement du public qui vient de découvrir, ou redécouvrir un talent. Pierre Lebelâge sera VENDREDI  19 Février aux Trois Baudets, avec musiciens.

Brève coupure, et le rideau s’ouvre sur la scène, à gauche Edward Perraud, à droite, Philippe Torreton. (à droite sur la photo, pour le reste, il n’y a pas d ‘ambiguïté)

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Le spectacle déroule dans l’ordre ce qui est enregistré sur l’album, toutefois quelques variations dans le fond et la forme apportent des nuances, voire des surprises qui peuvent décontenancer. L’écoute de l’album, il y a quelques semaines, ouvre sur « Mec » perçu dans cet album comme un dialogue en face à face avec une personne, vous peut-être, en scène, c’est pour la salle entière, ce n’est plus une confidence, c’est presque une harangue. Et puis les évolutions de l’image d’un comédien aussi polymorphe que Torreton induit aussi une perception orientée : le rôle qu’il joue au théâtre en ce moment est particulier, pas forcément en rapport avec l’image qu’il avait à la création de « Mec » il y a plus d’un an et demi. (Oct 2014) J’ai entendu cet Philippe_Torreton©I.Mathiealbum avec cette image de Torreton, ( à gauche) et j’ai vu le spectacle avec celle là,Mec Torreton couleur AAA 2 1905x2028 1703x1700.JPG (à droite) et les mêmes mots n’ont plus tout-à-fait la même musique.

Il n’empêche que l’essentiel est de donner à Allain Leprest d’autres publics, de mettre en avant son formidable talent d’écrivain… Peut-être que -point de vue personnel- le public a plus applaudi le formidable Torreton dans ce spectacle, c’est la loi du genre, un interprète est aussi un créateur qui apporte sa vision, son ressenti d’une œuvre. Et l’essentiel reste le salut à Leprest qui continue à être parmi nous grâce aux artistes qui perpétuent son œuvre.

L’unanimité est aussi dans l’éloge d’Edward Perraud, musicien, comédien, et mime, et qui fait parfois entendre des musiques sans les notes.

Edward est un génial percussionniste, un poète du son, un chercheur-fonceur ; sur scène nous dialoguons, nous sommes unis et libres comme le demande le jazz et cette liberté colle bien aux textes d’Allain.*

MECA défaut d’avoir le spectacle près de chez vous, l’album vous le fera vivre comme si vous y étiez. (Chez Tacet, et dans toutes les bonnes maisons, chez MistiMusicShop par exemple une maison indépendante, qui propose la plupart de la production française indépendante : chanson française, musique du monde, traditionnel, chanson pour enfants, rock…

Spectacle produit par Karavane.

*Philippe Torreton

** Pierre Barouh, Saravah, a produit « Voce a mano » l’album mythique de Leprest.

Norbert Gabriel.

Photos d’archives: Pierre Lebelâge, ©Chantal Bou-Hanna,  Philippe Torreton © Ivan Mathie

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