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Poésie et chanson, stop aux a priori!

25 Mai

Le premier bonheur du jour, ce 24 mai, ce fut la livraison d’un très élégant livre sur la chanson, et ce qui la relie à « la bande originale de nos vies »*. Ou à la poésie, et à tout ce qui sublime une émotion par la grâce de quelques mots, ou quelques notes.

Refuser de voir le rapport entre poésie et chanson, ce serait mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la mer. Rapport certes, puisqu’il est question à chaque fois de texte et de musique.**

Matthias Vincenot pose en en centaine de pages la petite encyclopédie qui va donner aux amoureux de la chanson de quoi discuter, sans disputer, du bien fondé de la chanson « à texte » de la ritournelle anodine, de la comptine naïve, de la chanson rebelle, de tous ces moments qui font naître la tendresse, ou la rage de vivre, ou un certain regard bienveillant sur la vie, même quand elle est rugueuse, difficile.

Dans ces cent pages fluides et remarquablement documentées, on vérifie que ces deux cousines ont toujours été en synesthésie et en harmonie Aragon se lit, s’écoute, se dit, se chante. La poésie comme la chanson témoignent de leur époque, aussi bien Joe Dassin qu’Anne Sylvestre, dans des airs du temps qui font une rhapsodie bariolée, acidulée, enragée, c’est le chant des hommes dans toutes ses nuances.

La chanson art populaire par essence, c’est une évidence. Et il est bon de rappeler, comme le fait Matthias Vincenot ce qu’a dit Gainsbourg :  C’est un art mineur… qui encule les arts majeurs… Le poète est un provocateur, au bon sens du terme, celui qui provoque des réflexions, (Sardou itou!) et la chanson est le vecteur privilégié dans la mémoire du vent et le pollen qui voyage librement à travers toutes les frontières pour chanter Le temps des cerises, Ô bella ciao, ou Le métèque

Dans ce panorama élargi, de Barouh à Moustaki, Emilie Marsh à MélisSmell, Anne Sylvestre à Jean Vasca, vous trouverez de quoi discuter dans les diners en ville avec bon sens, sans polémique stérile, simplement parce que vous aimez la chanson, et la poésie.

Rencontres et croisements ne valent pas confusion, et c’est tout l’objet de cet ouvrage de se placer à l’écart du simplisme et des jugements de valeur pour analyser, de façon brève mais en profondeur, les rapports entre ces deux cousines.**

Et saluons dans ces cent pages pour remettre les pendules à l’heure, aucune ligne, aucun mot aigre-doux sur qui que ce soit… C’est rare, voire rarissime.

Pour tout cela et plus encore, thank you Matthias !

Contre le chant majeur, la balle que peut-elle

Sauf contre le chanteur que peuvent les fusils

La terre ne reprend que cette chair mortelle

Mais non la poésie…

(Aragon / Hélène Martin)

Dans toutes les bonnes librairies qui connaissent, comme de bien entendu, la bonne adresse des Editions Fortuna, c’est là, clic sur la couv’ et la page s’ouvrira.

Norbert Gabriel

*Eric Guilleton

** Matthias Vincenot dans « Poésie et chanson »

Eric, Margaux, Guilleton et compagnie…

18 Mar

Photo©NGabriel2017, il manque Camille Guilleton, (caché par Clémence) et il y a deux invitées en plus, à vous de deviner qui est qui.

C’était comme la Saint Guilleton au Forum Léo Ferré, haut lieu bien connu pour faire pélerinage en chansons, et entonner cantiques avec une assemblée de fidèles dont la dévotion sans faille se vérifie régulièrement à l’appel du révérend Tcherniak, pour y communier et plus si affinités… Le petit vin du lieu est conforme à l’hymne de Laffaille, sans modération. Ce qui explique peut-être un lyrisme débridé, quoi que justifié . Justifions donc.

En mode objectif, le constat est net : le jeune patriarche Eric s’est entouré d’accortes vestales et acolytes, mis en scène par Margaux Guilleton, maîtresse de cérémonie qui a conduit le bal avec une maestria épatante. En plus de ses talents de chanteuse, elle s’impose naturellement par une présence en scène de chef d’orchestre menant sa troupe avec souplesse et efficacité. Nous avons été plusieurs à la fin du spectacle à trouver que c’était très court, temps passé comme dans un rêve enchanté. Soirée revival des chansons d’Eric Guilleton, l’une avait 25 ans, et elle est revenue rajeunie avec Margaux en piano voix, mais avant, il y avait eu des duos-trios, avec ces artistes-amis choisis, Lise Martin, Inès Désorages, Camille Guilleton, Mathieu Barbances, Clémence Chevreau, Clémentine Lamothe, Valentin Vander, Anne-Claire Marin, Garance Bauhain, Matthias Vincenot. Chacun apportant au répertoire d’Eric une couleur de printemps tout neuf par ces voix nouvelles.

Nous avons été quelques uns à découvrir (ou redécouvrir) ce répertoire, et cette éblouissante Margaux; du côté d’Etampes, il doit y avoir des potions familiales qui valent bien celles de Panoramix pour faire saltimbanque tout-terrain et de haut vol.

Emotion, grâce et sens du partage, les invités étaient de vrais amis, et ça se voyait. Comme dit le révérend Tcherniak, les lendemains de la chanson ont peut-être une vraie chance avec ce genre de soirée. Séchez vos pleurs, amis lointains et absents, il y avait une captation vidéo, et peut-être que ce sera visible un de ces jours. Dans le fond de l’air, il y  avait comme un souffle de Saravah et de Pierre Barouh…  C’était bien.

Norbert Gabriel.

En mode subjectif, genre bla-bla-blog ébaubi : c’est à peu près la même chose que précédemment, en ajoutant peut-être que selon l’âge et le temps, on a tous envie que Margaux soit notre petite fille idéale, notre fille, ou notre fiancée, voyez dans quelle situation vous vous imaginez crédible.

Grand’pa Norbert

Si vous pensez que le vin, ou Margaux m’ont tourné la tête, terminons avec ces lignes, tout est bien résumé.

Autre écho…

Ce fut un moment magique. Tout à l’heure, j’irai dire quelques poèmes pour les promeneurs vers La Butte aux cailles de mon enfance et j’aurai encore en tête et au cœur ce bouquet luxueux de musique et chansons offert par la tribu Guilleton.

André Clavelle

et pour quelques images de plus…

Ayant failli dans la prise de vue concernant le duo Garance et Eric Guilleton, je reprends une photo d’archives de Garance 2016 pour l’associer au Guilleton 2017… dont la couleur de cheveux n’est pas une coloration Clo-Clo, mais un reflet de lumière…  c’est joli quand même…  (NG)

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