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Indélébiles » de Luz…

29 Déc

On m’a offert « Indélébiles » de Luz.

J’en avais très envie de ces Indélébiles. J’ai aperçu Luz l’autre jour à la télé. Je savais qu’il voulait nous parler des gens de Charlie, loin du 7 janvier. Nous parler de ses collègues.

Une fois entre mes mains, son livre pesait un peu lourd. Faut dire qu’il est tout dodu, ramassé sur lui-même. Mais il ne se donne pas un genre rabougri ou grognon, non ! Il est même d’emblée rassurant.

J’avais deux-trois mails à écrire ce matin. Je voulais poser la bande dessinée sur mon bureau, je l’ai finalement gardé sur mes genoux en finissant mes courriels. Elle n’arrêtait pas de me faire de l’œil. Je sentais qu’on s’agitait drôlement sous la couverture.

« Catharsis », autre ouvrage de Luz, m’avait fait un effet différent. Il était grand, anguleux. Il m’intimait. Je savais que j’allais me blesser sur ses arêtes.

« Indélébiles » m’a invité. En vérité on dirait que ce livre est rond. Ce qui est con pour une BD rectangulaire. Rond et chaud. Ce qui est encore plus con.

Alors j’ai cédé. Je l’ai ouvert. Juste pour lire cinq ou six pages. Pas davantage. Simplement pour voir ce qui se trame là-dedans. Sérieux, je n’arrivais presque plus à écrire mes mails tellement ça faisait du bruit dans ce rectangle rond. Je suis tombée sur Luz avec un décapsuleur Simpson, il a ouvert une bière. Je me suis retrouvée à suivre ce minot, ce provincial qui débarque à Paris avec ses premiers dessins sous le bras. Et on a croisé Cabu… Si, si, Cabu ! Il pétille, je peux vous le dire. Puis on a rencontré Tignous, Charb, l’équipe de la Grosse Bertha. A un moment, avec d’autres dessinateurs, on s’est retrouvés à la rédaction de Charlie Hebdo. On a aussi célébré l’anniversaire de Luz, il a 21 ans et Cabu a sorti une part de tarte aux pommes de son sac pour fêter l’événement. Je me marre bien.

J’ai refermé « Indélébiles ».

Chuis bête. Je ne suis pas avec Luz, je ne suis pas à Paname, je ne suis pas chez Charlie.

J’ai quand même entrouvert à nouveau le bouquin. Putain ça sent la clope à des kilomètres, ils fument trop ! Y’a des chiures de gomme qui tombent des pages. Des miettes de tarte aux pommes aussi. J’entends au loin les vannes foireuses de Charb. Le bruit des rotatives, du fax. Ça sent l’encre d’imprimerie jusque dans mon bureau.

Charlie n’est pas un mausolée. Ce canard n’est pas figé dans le 7 janvier 2015. Il bat, il palpite, il est drôle. Ses dessinateurs ont fait un boulot formidable. Parce que dessiner n’est pas un métier de rigolos. C’est un travail essentiel, difficile.

« Indélébiles » est posé à côté de moi. J’entends qu’on rigole sec à travers ses pages. Mais je sais qu’ils marnent, y’a des bouclages à finir.

Ce livre n’est pas une nostalgie. Il est une réalité, une chaleur, qu’on avait presque oubliées à cause de cette saloperie de 7 janvier. Charlie et ses dessinateurs sont indélébiles.

Allez, je vous laisse. Ils chahutent de plus en plus fort. Je crois qu’il faut que j’y retourne… Il reste un bout de tarte aux pommes à finir et des bouclages à terminer.

Indélébiles – Luz chez Futuropolis—> clic là bas, et ça s’ouvre.. 

 

 

 

Fabienne Desseux

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