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No One Is Innocent : novembre à Limoges.

2 Jan
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©E.5131

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Musicalement, ce que je veux retenir de 2015, c’est ce moment précis…

Cela se joue en quelques secondes : le 4ème mur disparaît, les codes, propres au genre, s’effacent. Il n’y a plus le groupe sur la scène, le public dans la fosse et les techniciens derrière les lumières et la régie, non… soudain, il y a un ensemble.

Une masse qui fait un.

Une force commune.

Kemar et le groupe sont sur le devant de la scène, et c’est comme si nous étions autour d’une table à boire des verres en discutant d’un truc sérieux.

Toutes et tous, nous avons pleuré… suite à ce vendredi noir qui aura marqué, à jamais, la fin 2015 et nos cœurs…

Certain-e-s y ont perdu des ami-e-s, des proches… Nous avons perdu celles et ceux qu’on ne connaissait pas, mais dont on partageait le goût pour les concerts et les moments chaleureux, une bière à la main.

Nous avons saisi la douleur, les souffrances, les peines des familles, de proches parfois… Nous avons été touché-e-s deux fois en quelques mois (si l’on oublie le reste du monde, car nous sommes touché-e-s chaque jour, en réalité…).

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©E.5131

Alors, cet instant, c’est de l’énergie… C’est une forme d’amour, de désir, de volonté de vivre et d’avancer ensemble qui se libère.

No One Is Innocent, à Limoges, ce soir-là… le vendredi 27 novembre 2015.

« No one is innocent… »

C’est pas d’hier qu’on les suit, et c’est pas d’hier qu’on a ébauché une petite réflexion : « personne n’est innocent »…
Autrement dit : « nous sommes tous coupables… à différents niveaux… de différentes manières… ».

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©E.5131

Ils sont sur le devant de la scène, le gratteux brandit sa guitare, main gauche, celle qui lève le poing, tu sais…

Dans la main droite, un papier. La main un peu tremblante.

Il n’est au-dessus de personne, il pense, il lit, nous partageons.
Et un préalable : « ça vaut ce que ça vaut… », dit-il.

Il va lire un texte qu’il a écrit, des mots qu’il veut dire. Des mots griffonnés peut-être sur un coin de table ou au fond du bus, seul…

Je crois que ce qui importe c’est que les mots soient dits et partagés. Et cela se fera tout au long du concert et encore après. Un échange avec le public. De l’humour, de la gravité. Une fois le texte lu et pour rappeler qu’on ne baisse pas les bras, qu’on relève la tête, le public ne fait pas une minute de silence, mais une minute de bruit…
C’est le tonnerre, la puissance du collectif.

Peu importent les mots, c’est le geste qui a compté.

Nous sommes vendredi soir, quinze jours après ce que l’on nomme pudiquement « les événements de novembre »… et la salle est pleine. Je suis là avec mes potes, avec ma fille, ma filleule… Les générations se donnent la main pour avancer ensemble… se soutenir, défricher…

Et le public monte sur la scène…

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©E.5131

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©E.5131

Le concert… ? Un déchaînement d’énergie, de métal en fusion et les textes engagés de Kemar… qui rappelle quelques petites choses simples et d’actualité :

« Retour de flamme, avis de tempête
Le pyromane tient l’allumette
Retour de flamme sur le bulletin
Et 2002 n’est pas si loin

Il paraît que tout va bien
Le changement, c’est pour demain
(…)

Elle était belle en bas résille, elle a les charmes et les serpents
Aujourd’hui l’Europe est une vieille fille qui s’offre facile au plus offrant

Jusqu’ici tout va bien
Les frontières, c’est pour demain

Retour de la Sainte-Morale,
on nous prédit le retour de l’ordre total ! »

(Putain, si ça revient)

Ou ces quelques mots qu’on entonne régulièrement depuis 20 ans :

« Du Grand Canyon au Yémen, la peau est la même ! » (La peau)

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Hum Toks & E.5131 et Eric SABA

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©E.5131

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ELECTRIC ELECTRIC

18 Mai

Chronique Live, 16.05.2012, à La Fourmi, Limoges : ELECTRIC ELECTRIC.

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(incohérences et romanceries sont à imputer à l’auteur qui, hilare, décline toute responsabilité.
crédits photos : Laurent Lagarde)

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    c’est à La Fourmi, limoges. salle de concert, en contrebas le long de la vienne. ils installent le matos. lui, il dort. il dort dans une valise qui sert pour le transport. pas besoin de branchement électrique, de tripatouilles… les micros à fixer, c’est pour l’ingé, lui il dort. bon, ça va être l’heure, ses compères le déplient, lui posent un verre dans la main, qui se déplie – comme son bras. il erre avec son verre. fait le tour de la salle, sous l’œil du E. qui éprouve une vraie tendresse pour le bonhomme sur la lune, doux, allumé – élément incontournable de toute colonie de vacances. à ce propos, le E. ne peut que trop te conseiller le DVD La Colonie de Vacances de Mariexxme (interview à venir…) qui a suivi la tournée, fin 2010, de PNEU, ELECTRIC ELECTRIC, PAPIER TIGRE et MARVIN, quatre groupes importants de la scène actuelle rock-indé française…

    puis… déplié, verre abandonné… baskets fin années 80, blanches, chaussettes foncées, short vert – bien haut sur la cuisse, couleur passée avec les années, motif « 9 » sur le devant à droite – je portais le même en 79, t-shirt blanc, cheveu improbable, il ouvre un peu mieux les yeux. c’est une épreuve longue qui l’attend. il se réveille.

    la batterie est au centre de la scène et en avant ! elle n’est pas reléguée à l’arrière comme à l’habitude. ELECTRIC ELECTRIC : ils sont trois.

une gratte, percu, voix, à gauche. il donnera toute son énergie, bouche ouverte. on ne sait s’il inspire ou expire mais le souffle s’échappe par la gratte et enflamme l’auditeur-danseur. jeu vif, excité, nerveux, la main, les doigts qui se baladent sur le manche, sous le manche, sur les cases – le torse qui pivote et les jambes qui monty pythonnent… le E. se demande parfois ce qu’il fait… du nawak ? et bah ça sonne bien… punaise c’que ça sonne bien : le nawak. c’est maîtrisé, très maîtrisé, en fin de compte, sous des dehors foutraques. il sample ses propres sons qui tournent en boucles… quelques sonorités de guitare du type RIEN (autre fameux groupe français), d’autres clinquantes et puis du rock et du plaisir qui essore la chemise.

     la batterie, au milieu : chaque coup porté est un coup en pleine tête, qui te travaille au corps, martèle l’oreille. mouver, bouger, danser ? oui, pour le E., avec la tête et le genou gauche… pour les autres, c’est du type bondissant, ou pantins désarticulés sur patins à ressorts… le rythme est infernal. à peine si l’on voit les baguettes, le bras, parfois. travail sur le charleston, sur la crash, et parfois une pause. on tourne, on change de côté, on s’assoit sur la chaise, serviette sur les genoux, on remet les cordes de la raquette donnay en bois, on lève la tête sans regarder le public ébahi du roland garros 79. yeux clos. ou alors… hypnotisé, l’œil fixe sur nulle part, le batteur frappe à mille allures, semblant compter les étoiles au-delà du mur, de la salle…

    à droite le clavier, basse, percu, voix. le rythme battu par le pied droit tout au long du concert. un œil sur ses deux compères en phase transe aiguë, les mains dans l’électronique. Electronic Electronic … du bon rock instrumental, énergique, exigeant, qui flirte via les claviers et la batterie avec une grosse zique électro tribale et dansante.

    la batterie au centre, donc. à sa place. la structure, là. le métronome déjanté, en short, avec ruptures, longs moments passés sur les cymbales ou charlé, à grande vitesse (ce que ne fera pas le lourd métal) car cela reste festif, léger, et c’est tout l’intérêt. pourquoi ce groupe-là plutôt qu’un autre ? parce qu’il est des équilibres difficiles à tenir… c’est réservé à l’exception.

    chaque morceau commence vite et finit très très fort, guidant l’auditoire vers l’acmé sans cesse gravie. le deuxième morceau, pour l’exemple, c’est « cut ». tu l’as dans la tête ? il n’en sortira pas… t’en as pour des mois… et la prochaine fois qu’ils passeront dans le coin, tu te déplaceras… pour « cut », « material boy », « bamako », « the left side », pour la grosse caisse qui fonctionne avec la basse (cordes ou claviers) et la guitare qui fait le bon nawak à ton oreille.

« cut » en live : à partir de 9’40…

     échange de sourires tout au long du concert : ils éprouvent du plaisir. à jouer ces morceaux dingos, à les offrir à un public qui en réclame encore… les deux compères (droite-gauche) amusés d’observer monsieur métronome jouer toujours plus vite – toujours régulier – et certainement épuisé, au bout de l’épreuve, d’imprimer et de suivre ce rythme fou.

    sa valise l’attend. fin de concert, on lui file un verre… on le promène, on le replie et on file sur poitiers pour un nouveau live.

    il faut remercier les acteurs de la scène locale. sans eux, il était à craindre que la vie, ici, ne ressemble à la video-satire qui fait fureur dans la red city : « Bref. J’suis allé à Limoges ». il n’en fut rien, ils l’ont éveillée, et nous avec. parmi ceux-là (acteurs-animateurs de la scène limougeaude), il y a les trois gu-gus qui sont ce soir dans le public, devant, au plus près de la scène.

    l’un ne peut s’empêcher de lever les bras et de taper dans l’imaginaire, comme s’il donnait des coups à la vie, à l’immobilisme, comme s’il donnait toute l’énergie nécessaire à une ville belle-au-bois-dormant qui dormit longtemps… on l’appellera monsieur « no brain no headache ».

    le second, moins costaud que le premier pour jouer de l’euphémisme, on l’appellera monsieur « beaub’fm » (radio locale sur laquelle le E. est branché depuis 15 ans). celui-ci se fait plus discret. on dirait un poids-coq, pas encore coq, qui danse à la manière d’un boxeur, évitant, feintant, esquivant, sans jamais porter un seul coup. jeu de jambes impressionnant, quand pour monsieur « nobrain » (bien planté au sol), tout est dans les bras.

    le troisième ajuste ses photos (elles accompagnent cette « review ») et réalise les video de concert : Laurent Lagarde.

    merci à vous trois. vous avez réussi, une fois de plus, à faire sortir papi E. de son salon à charentaises…

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Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

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crédits photos : Laurent Lagarde
*lien vers ses photos : http://www.flickr.com/photos/onesharpeye/

*lien vers l’organisateur de concert « No brain No headache » : page Facebook.

*lien vers Electric Electric (surprise !) : http://electricelectric.fr/

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