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Les Doigts de l’homme à Riom…

2 Mai

Photos Christine Sala 2017

Le cœur des vivants…

C’est à La puce à l’oreille, une petite salle de spectacles vivants à Riom, qu’un public fidèle et nombreux est venu applaudir hier soir Totrio en première partie, et Les Doigts de l’homme .

Une première partie qui m’a permis de découvrir ToTrio, ce trio de jazz manouche, en version quartet désormais, avec l’arrivée d’un saxophoniste Gaspard Baradel. Ces jeunes clermontois nous ont régalé de quelques incontournables du Quintette du Hot club de France, comme Flèche d’or, ou Place de Broukère de Django Reinhardt, de leurs compositions personnelles ou même d’adaptations de chansons de variété, Comme d’habitude de Claude François et Jacques Revaux par exemple .

Virtuosité et joie de vivre pour ce groupe qui a enregistré son premier album éponyme à la Capitainerie de Joze, album sorti en avril 2015 .

Les Doigts de l’homme sont restés fidèles à ce groupe, puisque ils les avaient déjà choisis pour leur première partie il y a 6 ans, toujours à La puce à l’oreille .

D’entrée, les Doigts de l’homme se présentent , répondant à une question existentielle d’importance !  Pour ceux qui se demandent d’où l’on vient, c’est de l’Ardèche du nord ! Un bastion de la résistance !  . Nous n’en saurons pas plus .

Et ce furent deux heures de bonheur absolu avec ces cinq virtuoses du jazz manouche : Olivier Kikteff le leader du groupe, guitare, Benoît Convert, guitare, Yannick Alcocer, guitare, Tanguy Blum, contrebasse, et Nazim Aliouche aux percussions, percussions originales, entre batterie et planche à laver acadienne .

Le groupe fondé en 2002 s’est étoffé au fil des ans, d’abord duo, Olivier Kikteff demande alors à Tanguy Blum de l’accompagner à la contrebasse, et ils deviennent Les Doigts de l’homme, puis Yannick Alcocer, et Benoît Convert a rejoint le groupe en 2007, ils sont cinq aujourd’hui avec Nazim .

Photo NGabriel2015 Jazz aux Puces

D’abord imprégné de musique manouche, Olivier Kikteff a su créer son propre style, enrichi de ses expériences africaines, celtiques, gipsy jazz ou rock manouche, et avec les influences des autres membres, le groupe s’ouvre à toutes les musiques du monde, musique gitane, flamenco, country, et toutes ces différences créent un style qui leur est particulier, et avec une belle unité .

Et l’on est immédiatement embarqués par le jeu de ces voltigeurs , de galop de cheval dans les steppes , en rêverie sur les chemins nomades, d’envol d’oiseaux exotiques, en plongée douce dans les nuages , ou d’autres voyages dans l’humain, avec l’histoire de ce petit syrien qui a nagé 7 km pour atteindre l’eldorado européen : Amir Across the sea .

Des guitares qui racontent, qui chantent, sous Les Doigts de l’homme, avec une suprême élégance, une grâce absolue ! Une musique limpide, cristalline, rythmée par la contrebasse, où viennent se glisser des airs de Louisiane , d’Afrique, ou d’Orient avec les percussions .

Une musique qui nous en fait voir de toutes les couleurs, avec simplicité et virtuosité , et qui nous laisse le temps de voir les paysages.

J’ajoute que ces cinq musiciens , outre leur talent confirmé, sont des garçons charmants! ( je leur avait promis de le dire!)

Et merci à Mathieu Riflard aux lumières, à Mathieu Picot au son, et à Nicolas Besnard à la régie .

Ce vendredi soir était aussi le jour de sortie de leur 7 ème album : Le cœur des vivants .

Toutes les dates de leurs concerts sont sur leur page facebook, là :

Guitare swing doigts(Tout le monde n’a pas la guitare de Crolla sous la main pour cliquer,mais on doit y arriver quand même en cliquant sur le musicien! )

Leur site, c’est là : www.lamastrock.com/les-doigts-de-l-homme/

Celui de ToTrio, c’est là: totrio.com

Leur page facebook, c’est ici : https://fr-fr.facebook.com/ToTrio-1597382910485254/

 

Danièle Sala

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Ça balance aux Puces …

27 Juin


D’abord ça commence ici, à la Chope des Puces, le rendez-vous de tous les amateurs de guitare et de jazz manouche depuis plus de 60 ans. C ‘est comme un pélerinage obligé avant de commencer la tournée, prendre un peu de cet air du voyage, de la route et des horizons sans fins. On y trouve encore des témoins directs qui vous racontent, à l’occasion, quelques anecdotes sur les guitaristes de légende qui sont tous passés ici un jour ou l’autre, ou qui en rêvent… Il y a 11 ou 12 ans, un très jeune homme de Tokyo, est venu uniquement pour présenter son album Hommage à Django, je n’ai jamais bien su les tenants et aboutissants, mais un soir, le téléphone sonne, quelqu’un me parle dans une langue métissée de français et d’anglais, je comprends qu’il s’agit d’un musicien, et au bout de 3 minutes, je comprends qu’il est en bas de chez moi. On se voit rapidement, la seule chose qu’il veut c’est me donner cet album, et il s’esquive après un salut très japonais. La seule chose que j’ai retenu de cette histoire, c’est qu’en 1999, un jeune japonais de 20-22 ans passionné de guitare, est venu en France pour voir la Chope des Puces, qu’il avait eu un écho des soirées « Autour de Crolla » ce qui l’a mené chez moi. Comment, par qui, par quoi ? Par miracle peut-être …

Voilà pourquoi tout jazzfan épris de notes de guitare et de nuages doit faire son pélerinage un jour ou l’autre à la Chope des Puces. De préférence en Juin, vers le 21-25…

Reprise de la ballade…

Photos NGabriel

Après la station à La Péricole, avec le trio Trenet manouche 2012, et une ballade tranquille vers le Cap St Ouen , voici le début des balances, avec 9 groupes qui vont se succéder, c’est dès 14 h qu’on commence les réglages…

Et quand il y a du monde en scène, dont des multi instrumentistes, on passe chaque instrument en essai.

Durant tout l’après midi, les musiciens vont se succéder pour ces préparations indispensables à un concert réussi.

Biréli Lagrène, en version « électrique » marie le son de sa slim guitare à un bon vieil orgue Hammond des années d’avant la révolution … de mai 68, peut-être même d’avant la guerre, on ne sait plus très bien…

Biréli Lagrène est très probablement un des 2 ou 3 vrais disciples de Django, jamais satisfait des acquis, et qui a toujours exploré les courants musicaux naissants, et rencontré les jeunes jazzmen, la dernière séance de Django, c’est la première de Martial Solal, le symbole prend tout son poids quand on voit la carrière de Solal.

De même , Biréli Lagrène, sans renier ses origines musicales manouches, est un explorateur de toutes les musiques, avec cette liberté des fils du vent que rien ne peut enchaîner.

Mais continuons les balances …

Ici le micro semble être positionné de façon très anticonformiste, mais avec les musiciens de Juliette, il ne faut  s’étonner de rien, d’autant qu’un autre est en train de mettre en place un matériel très spécial et contrairement aux apparences, ce ne sera pas le musicien qui usera de ces bouteilles, ou tout du moins, pas de la manière la plus usuelle, c’est pour préparer un cocktail façon Juliette, peut-être un Whisky-Kiri-kiwi ? À moins que ce ne soit un Corbières-Picon-bière?

Mais tout ça nous mène allegro tranquille à 19h15, ouverture et ruée du public sur l’esplanade du Cap St Ouen.

Et c’est un public très intergénérationnel, la preuve …

Ouverture des portes à 19h15, Kerredine Soltani et ses gars d’Oberkampf terminent les balances en direct, avant leur concert, bref mais intense, on est dans l’énergie tonique et engagée-narquoise et la musique qui swingue allegro vivace.

Rappelons que Kerredine est celui qui a propulsé Zaz vers les sommets, en composant « Je veux » et produisant l’album.

Il ouvre la soirée avec l’abattage d’un vrai gavroche à la langue qui virevolte sans faux semblants, ni circonvolutions abstraites, un vrai parigot, fils de la bohème, breveté Navigo…

Mini concert de Clotilde Courau qui termine avec une superbe chanson, augmentée de du violon de Didier Lockwood. Clotilde Courau comédienne, qui affine son art de la scène chanson depuis un an, avec des créations originales, et une approche artisane de cette nouvelle facette de son métier d’artiste. Remettre cent fois sur le métier son ouvrage comme a dit un grand ancien, et faire vivre son art.

Les doigts de l’homme , un quatuor dans la plus pure tradition du Quintette Hot Club de France envoie quelques belles envolées de guitares swing , aux colorations diverses gitano-tziganes, et deux solistes excellents dans les médiums de ces néo-Selmer trop souvent caricaturées, ça sonne rond et chatoyant, brillant et aérien, des campings sauvages où on voit les paysages.*

Ils terminent avec un premier aperçu de leur prochain album, bientôt dans les bacs.

Juliette, la grande Juliette, va nous régaler d’un de ses shows qui chaque fois mettent le public dans une liesse indescriptible.

Peut-on vraiment raconter un spectacle de Juliette ? C’est un mix réussi de l’écriture maîtrisée, de la loufoquerie la plus extravertie, drôle, truculente, insolente, tonitruante, mais jamais superficielle, c’est un cocktail savoureux, éclectique, décapant, surtout le Picon-oignon-goudron, une de ses spécialités les plus goûteuses, avec le Whisky-Kiri-kiwi, qu’on vous conseille vivement. A l’écoute. Et sans modération. L’évènement du jour, le scoop, la nouvelle épastrouillante, c’était le mariage de Juliette… La drôlesse (la patronne) a répudié François Morel pour un nouveau conjoint, la preuve par l’image :

Etonnant non ? François, désolé mais c’est la vie !

Et le jeune public applaudit Juliette avec conviction, ce jeune homme de 4 ans, Malo, a été un spectateur exemplaire, attentif, et participatif, autant que le vénérable barbu à droite en bas.

Ils applaudiront avec la même énergie Yves Jamait et ses 3 mousquetaires, le percussionniste Didier Grébot, un peu caché à gauche, puis sur la photo, Daniel Fernandez, Yves Jamait, et Samuel Garcia à l’accordéon.

Comme Juliette, ce sera une ovation, un public emballé, et pourtant la barre était placée très haut. La directrice du festival viendra dire son enthousiasme pour ces artistes chaleureux et d’une totale générosité . Invitation à aller aux concerts de ces artistes qui n’encombrent pas les écrans télés de leur présence, mais qui sont régulièrement plébiscités par le public.

 Le dernier set chanson était celui de la marraine du festival, Nicoletta, après ces deux moments intenses, quelques personnes dans le public ont émis des commentaires un peu désabusés, genre chanteuse du passé, ça a duré le temps des quelques mesures de la première chanson de Nicoletta, si certains avaient oublié qu’elle est une des plus grandes voix de blues du monde, Nicoletta  a vite dissipé les doutes. Il est même rarissime qu’une chanteuse ayant une carrière de 40 ans ait toujours cette voix hors du commun  qu’elle a mélangée à celles d’Amandine Bourgeois et Véronique Séver pour un final d’anthologie avec Mamy Blues. Juste avant on avait eu Dider Lockwood en guest star.

La soirée s’est terminée à une heure avancée, avec le Lockwood Group, avec Biréli Lagrène, et une fête finale avec Ninine Garcia, un des animateurs historiques de la Chope des Puces (en fait c’est toute la famille Garcia qu’il faut saluer) Ninine, Rocky, Mundine Garcia et William Brunard  (contrebasse) forment la charnière du bouquet final. Avec des invités de marque Didier Lockwood, Biréli Lagrene, Fiona Monbet, Aurore Voiqué, Samuel Berthod…  qu’on a croisé dans l’après midi en duo klezmer.

Regret d’avoir raté la finale, pour cause de transports en commun, regret aussi de ne pas avoir pensé à une troisième pile pour le boitier photo. Mais bon, le jazz, ça se raconte pas, ça se vit en direct, donc soyez là l’an prochain.

Et merci à cette galaxie de partenaires qui permettent ces journées de concerts multiples, ouverts à toutes les musiques, et gratuits.

 Norbert Gabriel

* Note paysagiste : dans les années 45, un des frères Ferret, avait gentiment ironisé sur les néo Django aux guitares mitraillettes:   » C’est bien toutes ces notes, mais on n’a pas le temps de voir le paysage. »    Ça reste d’actualité assez souvent…

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