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Dix ans de La Puce à l’oreille

19 Sep

 

C’est en 2008 que cette salle indépendante ouvre sa scène aux musiques actuelles et au spectacle vivant, rue du général Chapsal, à Riom, juste en face du lycée Virlogeux. Un tremplin sur la route des artistes, une scène pour les artistes confirmés.

Depuis septembre 2008, l’association Le Champ des Notes est aux commandes de La Puce a L’Oreille et propose un projet culturel et artistique dynamique en faveur de la diffusion des musiques actuelles et du spectacle vivant…   La Puce a L’Oreille c’est environ 65 dates et plus de 14 500 spectateurs et usagers par an !  

La Puce à l’oreille, c’est aussi l’accompagnement des artistes, répétitions, résidences, enregistrements, une action culturelle en milieu carcéral, et la mise à disposition de la salle pour des organismes publics ou privés. La Puce a L’Oreille est devenue un passage obligatoire pour toute la scène alternative.

Johnny Gordolon en est le programmateur, régisseur technique, Amélie Compere la responsable de communication, administrative et gestion de projets, Basil Reverte le régisseur général, responsable de la sécurité, et location de la salle. Une équipe, un bureau, et des bénévoles pour aider aux concerts, et à la communication.

Dix ans et de beaux souvenirs, j’ai eu le bonheur de voir ici ou par extension dans la salle Dumoulin, Lo’Jo, Les Doigts de l’homme, Oldelaf, Camille Simeray et Sam Brugière avec leur spectacle Barbara du bout des lèvres, JB Notché, et bien d’autres, spectacles variés, de la chanson à texte, au rock, rock alternatif, ou rockabilly des années 50, en passant par le rap, l’électro, jusqu’à ce dixième anniversaire somptueusement fêté depuis le début de l’année, 10 ans, 10 grands rendez-vous musicaux, parmi  lesquels nous avons pu voir De Si De là, Pigalle, Les Ogres de Barback, et ce n’est pas fini, les prochains rendez-vous sont Cock Robin, le 5 octobre, Christian Olivier le 16 octobre, Laurent Lamarca le 19 octobre, entre autres.

Mais cette journée du 15 septembre était comme une apothéose, une première scène extérieure à Riom, sur la place Eugène Rouher, en face de l’ancienne manufacture des tabacs.

Deux temps pour cette journée,  plusieurs concerts gratuits l’après-midi, Baraban, Belladone,  Lorkestrapil, des animations, des stands, et Radio Arverne pour capter et enregistrer les lives.

Et une soirée de 19 heures 30, à 2 heures du matin… Voire plus !

C’est Belfour qui ouvre le bal, un duo qui voyage entre Clermont-Ferrand, d’où ils sont originaires, et Paris , un projet né en 2010, une musique nuancée et puissante, aux racines blues,  un côté tribal qui évolue vers des sonorités plus modernes, entre blues , folk, rock hypnotique et musiques africaines, Belfour, c’est la voix aérienne de Lucie Mena et les guitares envoûtantes de Michael Sacchetti : Leur musique est un road trip façon Telma et Louise. Un saut dans le vide qui les conduit sur scène. 

On a pu les voir récemment à Thiers pour la Pamparina, en juillet dernier, à la Coopérative de mai ou encore à Ambert pour les 2 jours de dégustation de la fourme d’Ambert. Un millier de spectateurs  sont venus les applaudir, et la foule devient encore plus dense au rendez-vous de Debout sur le Zinc, le deuxième groupe de la soirée.

Debout sur le Zinc, c’est 20 ans de route, 2000 concerts, 8 albums, dont le dernier en 2015, Eldorado,  et des participations à des projets, comme le Brassens pour les enfants, où ils interprètent Mourir pour des idées et Les Passantes, l’écriture de Poil aux yeux pour l’album pour les enfants des Ogres de Barback, ou encore l’arrangement de Mangeur de lune dans un album de Bratsch.

Sept musiciens, dont deux chanteurs :

Thomas Benoît : contrebassebasse

Sept gars dynamiques, souriants et talentueux, qui ont mis le feu à cette assemblée, paroles reprises en choeur, vagues de bras en l’air, et pieds trépignant  aux accents de leurs musiques aux rythmes rock, tziganes ou orientaux , où flâne parfois un petit air d’accordéon, accompagnant des textes qui eux aussi tiennent debout, riches de sens et de subtile poésie, d’un engagement positif, d’un optimisme têtu, des histoires qui  redonnent confiance en la vie, qui ne peuvent pas laisser indifférent , des histoires à chanter debout : Il n’est jamais trop tard pour s’estimer heureux et faire confiance aux lendemains…

Parmi ces chansons, celles de leur dernier album Eldorado, l’une des plus marquante,  Lampedusa :

Quand t’as tenté ta chance
À bord de ce bateau
T’imaginais la France
Comme un eldorado
Contre vents et marées
Tu es resté debout 
La Méditerranée
Avait une faim de loup…

 

La Pleureuse :

Je suis la femme blessée 
Qui ne se relève pas
Je suis la femme glacée 
Celle qui compte ses pas 
Je suis la femme voilée 
Qui voile ses pensées 
De la tête je suis inclinée 
De le fête je suis évincée 
Mais je suis la femme éternelle 
Si jeune et si âgée 
Du monde je suis la sentinelle.

La Relève :

Un jour ils s’aiment ils s’en font le serment 
Pour la vie et jusqu’au ciel 
Pour une heure seulement 

Dans l’élan sur le temps qui court innocent 
Dans l’élan jaillit de l’amour insolent  .

 

Et des chansons que l’on retrouve sur les autres albums, comme La  Valse misère :

Je voudrai faire vœux 
De ne jamais détourner le regard 
Mais je sais bien que dans les gares 
On est toujours trop en retard 
J’aimerai bien faire valser la misère 
Jusqu’au bout de l’univers 
Jusqu’aux confins du ciel 
Mais je redescends trop tôt sur terre 

Alors reprend le train-train quotidien 

La déclaration,

Les mots d’amour :

Quel était le refrain du jour?
Si je l’oublie, je cède encore.
J’aimerais écrire des mots d’amour,
Jeter l’éponge, un peu, tenter le sort.
Une pause ici pour poser là,
Entre deux conflits, entre deux coups d’éclat.
Une pause pour dire autour de moi,
Mon ami, mon frère, mon amour, écoute-moi.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.
Ceux-là.

2 fois Oui :

Et c’est l’heure
Aujourd’hui
L’instant choisi
Oui c’est l’heure
Aujourd’hui
De balayer les soucis
De parler d’amour et de vie
L’instant choisi
Pour tout dire en deux mots
Deux fois oui .

Oublie moi,

La fuite en avant, et tellement d’autres que j’aurais envie de les partager toutes, ils chantent aussi Brassens, Bourvil, Boris Vian . Et tout le monde reprend en choeur les chansons  dans un bel élan intergénérationnel partagé, tout le monde, debout :

Rester debout encore un peu et demain 
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin .

Après une pause autour des deux bars, ou des points de restauration, Big Mama et La Popote mobile, ce sont Les Hurlements d’Léo qui envahissent la scène.

Les Hurlements d’Léo, c’est plus de 20 ans de carrière, de route, depuis leur naissance à Bordeaux en 1996, leur premier album : Le café des jours heureux, et leur renaissance, en 2009, jusqu’à leur 10 ème album, et leur nouvelle tournée :  Luna de papel, un chemin de partages, partages avec leur copains de cœur et d’esprit, Les Ogres de Barback, Nilda Fernandez, Mélismell,  Francesca Solleville, et bien d’autres, un chemin d’échanges, de projets atypiques, de rencontres, entre chanson française et rock.,   java-chanson-punk-caravaning, comme ils disent, caravaning et le fameux chapiteau Latcho Drom, avec les Ogres de Barback, Un Air, Deux familles, et un tour d’Europe.  Un groupe de huit membres, aujourd’hui :

Huit membres dont la devise est le vivre ensemble et le partage, rappelant qu’ils ne sont pas une association politique, mais humaniste. Et là encore, on a l’impression d’être en famille avec eux, une famille humaine, et on chante avec eux, comme entre copains, toutes générations confondues, ils font passer une énergie festive.

Des chansons de leur dernier album, Luna de papel, et de tous les autres albums, L’accordéoniste, Toujours, Simone, Jojo, La Lune, Grand-mère, La marmaille nue, Les frères misère, La rouille… etc. Chansons que tout le monde reprend en choeur.

Les ombres dansent la bacchanale 
Sens-tu monter l’odeur de soufre 
De tous ces diables 
Enfants de cale 
Fuyons avant 
Qu’ils nous étouffent 

El silencio vale mas que nada 
Y arriba la luna de Papel 
El ruido no lleva lo que falta 
Y arriba la luna de papel 

La liberté :

J’ai joué avec le soleil 
qui m’a cramé les ailes 
mais je l’ai vu de si près 
que peu de gens peuvent en dire autant 
La liberté ou la mort 
j’aurai eu les deux 
La liberté ou la mort 
c’est mieux que finir vieux .

Je taille ma route :

Le son du tambour est mon meilleur ami
Chaque jour il me ramène la vie
Il bouscule mon sommeil me promets monts et merveilles
Et donne au temps sa propre mesure
Cicatrisant toutes les blessures.

La marmaille nue, Les frères misère, La rouille. ..
Hier on a croisé les vieux potes de @deboutsurlezinc pour les 10 ans de @lapucealoreille, c’était super, ont twitté les Hurlements d’Léo.

( Petits inconvénients des concerts en plein air) :  Oui, c’était super, à en oublier qu’on est debout depuis 5 heures, certains depuis 14 h 30, et la bière coule à flot,  les jolies timbales en plastique spécialement fabriquées pour cet événement circulent, ce qui a des conséquences prévisibles, et une file permanente de 10 m devant les trois WC, un peu juste pour 1200 personnes ! Même moi, qui n’ai bu qu’un seul verre de bière durant toute la soirée, forcément, on m’a confisqué ma bouteille d’eau à l’entrée ! Je commence à me tortiller. Que faire ? Si on sort de là, on ne peut plus revenir. Nous avons résolu ce dilemme, décision prise, avec mon fils et quelques amis(ies), c’est au bar de la Manu, juste en face, que l’on va, après les urgences, écouter le dernier groupe de cette folle journée.

Ce sont les Scratch Bandits Crew qui ont clôturé la nuit, j’avoue que je ne les connaissais pas, et que j’ai écouté distraitement, d’à côté, c’est un mélange d’électro musclé, d’onirisme, et de street culture, ce qui se confirme à la vue de leurs vidéos. Des scratchmusiciens. Je n’en dirai pas plus, sinon que beaucoup de jeunes étaient présents, et qu’il en faut pour tous les goûts.

Voilà, à suivre pour ces 10 ans dignement et somptueusement fêtés. Bravo et merci à toute l’équipe, et aux bénévoles, et longue vie à La Puce.à l’oreille.  

FB de la Puce, clic sur la porte–>

 

 

 

Danièle Sala

 

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