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Peine perdue et Le lambeau…

2 Jan

Fabienne Desseux partage ses notes de lecture, après « les Indélébiles »  voici  le nouveau livre de Kent,  et en bonus, une chronique  sur le 7 janvier 2015, et le livre de Philippe Lançon…  Pour mémoire…

 

La peinture qui illustre la couverture du nouveau roman de Kent s’intitule « Danse macabre », elle est signée Bruno Lecuyer.

Elle colle parfaitement à son sujet et à la « Peine perdue » du personnage principal, Vincent. Musicien revenu de tout qui semble être arrivé nulle part, Vincent devient veuf en une fraction de seconde. Un deuil brutal qui le laisse sans émotion. Un séisme qui ne l’ébranle pas ; même par politesse. Car ce cynique a depuis trop longtemps endossé le costume d’une misanthropie de bon aloi. Une armure qui lui permet de traverser les années sans être atteint par la brusquerie de son métier, le temps qui passe et les bons sentiments qu’il tient, la bride courte.

Les jours passant, Vincent ne ressent toujours rien et l’armure devient encombrante. Alors comme tout chagrin semble définitivement perdu, il va se mettre en peine de comprendre pourquoi, en dansant sur le volcan de sa vie. Déroulant le fil qui l’a mené à cette distance, laquelle lui permet, croit-il, d’être maître de ses choix.

Kent romancier, c’est retrouver un héros qui fraye avec le monde de la musique. Forcément, c’est l’univers qu’il connait le mieux. Mais bizarrement le lecteur, toujours, trouve des points d’achoppements avec ses personnages. Parce que Kent, au fur et à mesure des années (c’est son sixième opus) nous parle, comme dans ses chansons, de sujets universels. Universel ne voulant pas dire bateau, attention… je vous entends ! On dirait Vincent !

Vincent qui nous ressemble si peu qu’il nous fait écho. Finalement. Même si l’on n’est pas compositeur même si l’on n’a jamais mis les pieds à New-York, on a – comme lui – une façon bien à nous de fuir nos vérités, d’éviter l’inéluctable danse macabre. Moi qui m’affiche ouvertement misanthrope, j’avoue que ce personnage pourrait volontiers partager ma table. On aurait à causer.

Alors même si vous allez me soupçonner de partialité envers mon idole exemplaire (et vous n’auriez qu’à moitié tort), je ne saurais trop vous conseiller d’aller faire un tour chez votre libraire préféré pour commander ce roman édité par Le Dilettante.

Ce ne sera pas peine perdue ! 
(Mon dieu que je suis drôle)
Alors, vous venez ?

Et pour quelques infos de plus le FB de Fabienne c’est là –> 

(Clic sur l’image et la  page s’ouvrira)

 

 

et surtout ,  —>

 

 

 

 

 

 

 

Le 7 janvier 2015, on a tous été Charlie. D’un coup d’un seul ! Moi, comme les autres, j’ai été blessée par cet attentat. On s’est accaparés la douleur des victimes, on a donné notre avis, on est sortis dans la rue, changé nos photos de couverture, de profil… Il nous fallait extérioriser à tout crin, pour ne pas sombrer. Alors on a tonitrué.
Philippe Lançon, lui, était présent ce 7 janvier à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Le canard – un peu boiteux – que plus personne ne lisait, que beaucoup jugeaient, critiquaient et descendaient. Oui, descendaient.
Le journaliste, lui, a été blessé.
Cette phrase ne comporte que six mots. Six petits mots dont nous ne pouvons saisir l’ampleur.  Alors que nous, foule anonyme, étions en train de sortir de nous-mêmes, de nous rassembler, de parler encore et encore, Philippe Lançon se taisait. Une balle avait traversé sa mâchoire, le réduisant au silence. Ce jour-là, il fut extrait du monde, devenu un revenant.
L’homme qu’il était ne sera jamais plus. Celui à venir, alors encore inconnu. Dans son livre, « Le lambeau », Philippe Lançon nous parle à voix basse. Il nous chuchote son insupportable renaissance. Il nous dépeint les soignants, nous dessine les contours de sa douleur.
Dans ce récit, on ne croise que furtivement les fantômes des frères K. Mais on fréquente Baudelaire, Proust, Goya, Vélasquez, Bach, Coltrane… Tous accompagnent Philippe Lançon durant les opérations, les greffes, les piqûres qui endurcissent les veines, les réussites et les échecs. Durant ces mois passés loin du monde, ils resteront là auprès de lui. Plus que n’importe qui d’autre en ce monde.
Nous lecteurs, devons lire aujourd’hui les mots de Lançon sans faire de bruit. Invités au creux de sa
chambre d’hôpital, nous devons nous faire petits. Tout petits.
Ne plus tonitruer.
Parce qu’on ne savait rien.
On n’imaginait même pas ce que voulait dire « être Charlie ».
(Le lambeau – Philippe Lançon chez Gallimard)

 

Fabienne Desseux

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Hexagone Printemps 2017

31 Mar

En tournant la dernière page de ce numéro de printemps d’Hexagone, j’ai eu comme un regret, regret de quitter une maison amie où je me sentais bien, c’est pourquoi j’y reviens, histoire d’en parler et d’inciter peut être d’autres visiteurs à y rentrer. Je ne fais qu’entrouvrir, finissez d’entrer en vous abonnant .

Pour commencer, avec l’édito de David Desreumaux, on ferme, on ferme, on ferme à tout va, Le Limonaire, Le Centre de la Chanson, alors est-ce qu’on se lamente ? Que non ! On ouvre ! On ouvre le dialogue, à l’initiative de  Gilles Tcherniak, ( Forum Léo Ferré), aux côtés de Stéphane Riva (ACP Manufacture Chanson), et de Denis Collinot ( Festival de Marne), a lancé un appel au rassemblement auprès des personnes qui oeuvrent dans et pour la chanson … Il a insisté sur la nécessité d’appeler l’état et les sociétés civiles à entendre nos revendications. Une initiative à suivre de près donc, et à soutenir. S’ensuivent quelques mises en bouche humoristiques, et des brèves, comme celle là, savoureuse : GROS PLEINS DE SOUS : Résultats des victoires de la musique 2017: Sony et Universal au coude à coude, à un million d’euros près .

fantasioPuis, une découverte pour moi, suivie d’écoute, d’un drôle de Fantazio sous la plume de Roxane Joseph :  Quelques heures bleutées dans l’âme d’un poète. C’est bien .

Et voici Fred Hidalgo, lui-même en personne, qui nous fait l’éloge du tube, celui qui entre de moins en moins dans les mémoires, faute d’une belle union entre mélodies et paroles. C’est vrai que les chansons pour les pieds tiennent dans la mémoire d’un escarpin, le temps d’un été. Et Fred convoque  L’homme que j’aurai estimé et respecté le plus dans le métier, Jean-Michel Boris, dont on sait le rôle irremplaçable qu’il a joué à l’Olympia.

Et, tiens ! On retrouve quatre mooksquetaires, Autour de Patrick Engel, ( merci Patrick d’avoir adopté le mot), qui nous parlent, chacun à sa façon de l’univers Dylan .

Pour Alice Animal, « Peu importe comment on chante, ce qui touche ce n’est pas forcément une voix harmonieuse, tout est dans l’intention juste. » .

Jean Dubois, lui, aime toutes les chansons de Dylan, avec une petite préférence pour les albums des années 73-78 … Enfin , la période actuelle pour la route parcourue et le travail sans relâche.

Sarclo, qui s’y connait en Dylan :  Il n’y a pas à tortiller, quand la famille folk aura réussi à se familiariser avec les arpèges et les accordages de Dylan, elle aura peut être envie d’apprendre la suite. 

Pour Baptiste W.HamonSi celui qui crée comprend tout à fait ce qu’il écrit, on est davantage dans la technique que dans un degré supérieur d’art ou de poésie.

Et chacun de citer ses albums préférés , et bien d’autres choses encore … Avec ou sans arpèges, si vous voulez en savoir plus sur le prix Nobel de Littérature Bob Dylan, qui sera en concert au Zénith de Paris, le 20 avril prochain, lisez Hexagone . Ceux qui en parlent ici ont tous quelque chose de Dylan en eux .

Photo NG2012

David Desreumaux se demande ensuite : « Punk is dead ? » à propos de Mell et de son sixième album, qui est un double album inspiré par l’hiver québécois, la culture musicale montréalaise. Déprime et collation : Pour moi, il y a deux phases : la fulgurance et le travail derrière . C’est un métier où la maturation est nécessaire.

Ce, avant de faire l’éloge d’un clair-obscur, à propos du dernier album de Kent : La Grande illusion. Un album pop-rock fort réussi, marqué par la patte musicale de Tahiti Boy. Kent y aborde des thèmes sombres . Explication de Kent : C’est important la mélancolie. La tristesse et la mélancolie sont bannies de nos sociétés, or il faut vivre avec parce que c’est en nous . C’est une amertume de la vie, et cette saveur s’apprend . »

contrebrassens-19052014-1737Et d’avoir un regard admiratif sur Pauline Dupuis et sa contrebasse tout ContreBrassens, un album, une tournée , un succès mérité:  Des gens heureux à la fin du concert. Les chansons de  Brassens vont continuer à vivre de belle manière, avec brio, respect et originalité.

Toujours David Desreumaux pour Faire tomber le sacré de Jean Guidoni. Nouvel album : Légendes urbaines, nouveau spectacle en préparation, Jean Guidoni acteur ambigu de ses chansons sur scène :  Sur scène, je ne suis ni homme ni femme, autant à l’aise pour chanter Prévert ou Leprest que ses propres textes et pointilleux sur l’importance des éclairages :  je serai très sensible au travail d’éclairage. Je ne veux pas de décor, mais un vrai travail sur l’éclairage … Parce qu’ils sont primordiaux pour moi.

alice bRegards encore sur Alice Bénar, Au creux de l’art dont la singularité s’exprime déjà avec force et une incontestable grâce.

Et l’Arabstrait lyonnais Mehdi Krüger qui croit à la poésie de combat, manifeste romantique ou couplet de rap, elle est l’arme des faibles, fragile et insaisissable à la fois... »

Michel Gallas nous amène, lui, Entre deux caisses , ces lointains cousins des Frères Jacques et de Chanson Plus Bifluorée, pour faire plus ample connaissance avec quatre garçons fort sympathiques et talentueux, qui affirment qu’ Interpréter, c’est créer. C’est un acte de création.  Et pour les avoir rencontrés et vus sur scène, je confirme ce que dit Dominique :  La chanson et les tournées permettent les rencontres humaines, et c’est un plaisir. Ce ne serait pas un beau métier sans cela.

frasiakDe nombreuses sorties d’album et de livres sont commentées entre les articles phares, entre autres, celui de Frasiak : Sous mon chapeau. Frasiak, né au pays de Rimbaud, partage la philosophie de l’humaine condition de Montaigne, affirmant qu’il vaut mieux avoir Une tête bien faite que bien pleine.

Jules, lui, nous dit que c’était mieux maintenant, en réhabilitant l’oeuvre d’Hugues Aufray , qui n’est pas qu’un chanteur de feu de camp, mais qui a fait connaître le premier Dylan et la folk-song en France. Attention, si vous chercher des noises à Jules, il menace de réhabiliter Gérard Lenormand la prochaine fois !

Et on arrive à Imbert-Imbert sous les projecteurs de Flavie Girbal. Imbert-Imbert, c’est une œuvre qui, comme la vie, doit intégrer des paradoxes :  La chanson peut parfois faire pleurer-et les larmes sont comme une station d’épuration de l’âme-, parfois faire rire-et le rire est une bonne feinte pour échapper à la réalité.  Une chanson qui le décrit bien,  J’veux m’sentir :

J’veux m’sentir mourir

A tous les instants

Dépenser mes rires

Avant le printemps

A le saliver

Et avoir cent ans

Sans être arrivé …

Et pour le regard extérieur, Dimoné ne mâche pas ses mots pour faire à Imbert-Imbert une déclaration passionnée :  22, v’là Imbert-Imbert ! Ce n’est pas le Canadien Timber Timbre qui se cache sous cette martingale en nombre pair, mais le plus libertaire des bégaiements de sa majesté Chanson Française, un pour la moquer dans son envers en vers, un punk à la rime, individu à outrance qui te vide les sinus à faire du claping sur sa contrebasse, ou qui te dégorge la carotide à la faire vibrer à l’archet.

Après le retour en image du Limonaire, ceux qui l’ont fait vivre, les artistes qui l’ont fréquenté et apportent leur soutien à Noëlle Tartier et son équipe, c’est Romain Didier qui inaugure la Collection de printemps 2 : Piano confident par David Desreumaux .

Photo NG 2015

Romain Didier n’imagine pas sa vie sans piano , c’est en pianiste de bar qu’il a commencé sa carrière. Humaniste, discret, et pourtant très prolifique, il a écrit et composé pour lui même et pour beaucoup d’autres .

J’aime bien le récit de sa rencontre avec Leprest qui a abouti à une longue et fructueuse collaboration et à une solide amitié. Lui venant d’un milieu bourgeois, c’est Leprest qui, dit-il  m’a vraiment ouvert au monde du quartier, au monde du bistrot. Même si nous venions de milieux différents, nous étions bienveillants tous les deux … La vie ne suppose pas de faire une hiérarchie entre les malheurs et les bonheurs d’une princesse ou d’un ouvrier.

Si vous voulez en savoir plus sur Romain Didier, tout est dans le piano noir, enfin non, dans Hexagone, et c’est passionnant.

d SireEt David Sire? Vous connaissez? Moi, je croyais le connaître, mais là, j’en ai appris de belles sur lui ! C’est encore David Desreumaux qui l’a fait parler ! Par exemple, comment on fait pour laisser tomber une brillante carrière de chercheur pour entrer en chanson, comment aller de la philosophie à la bidulophie, il suffit d’une pompe à vélo, d’une bicyclette … Et de Fred ! Et si vous voulez tout savoir sur la bidulosophie, faut lire l’article. Un indice? : Le bidule est le matériau de la bidulosophie, la récolte, ce que les gens apportent, des petits trésors de vie dans des dispositifs circulaires où la parole circule .

parisQuant à Pauline Paris, selon David Desreumaux : Pauline questionne les relations humaines sur fond de ( fausse) candeur, et fait tourner ad libitum la grande roue des thèmes inépuisables que sont l’amour, le désir, etc… Elle tourne, intemporelle, donc contemporaine.

Yves Jamait, lui, en grande conversation avec Flavie Girbal, voudrait bien se débarrasser de sa casquette d’ouvrier qui lui colle à la peau, mais pas des maladresses :  Beaucoup de premiers albums sont léchés à l’extrême. J’ai envie de leur dire : hey les gars, un peu de maladresse ne nuit pas, c’est les défauts qu’on cherche, on s’en fout que vous n’en ayez pas!

Marion Dieufoulet porte un regard sur Stef, sincérité, drôlerie, à fleur de peau quand elle chante ses maux de femme et tous les possibles sur scène .

Un beau moment de Peauésie avec Clément Bertrand , un ilien féru de poésie depuis l’enfance : On se tend des sourires ratés / Qu’on prend toujours pour des grimaces/ Il y a à boire et à jeter/ Sous le bordel de nos tignasses.  Le mieux, c’est de l’écouter: Peau Bleue , un album de 12 titres, 2016 .

Marie-Hélène Blanchet nous assure que l’album de Dom Colmé qui verra le jour en 2017 sera un bon cru et de l’ Inquiétante étrangeté de K : « Il y a des gens qui écrivent des chansons en pensant à Brel, moi je pense à Terry Gillian. »

Camille Hardouin par David Desreumaux

Michel Gallas a recueilli les clés de chaque chanson du futur premier album de Camille Hardouin, on pourra ainsi les écouter en connaissance de cause : Mille bouches .

Après une visite du Watson Studio, un lieu convivial qui accueille les artistes pour créer, enregistrer, travailler, et lors de concerts privés, à Courçon ( Charente-Maritime) , et au Printival Boby Lapointe à Pézenas, où il est impossible de s’ennuyer sur une journée, vu l’abondance des concerts, on va faire un tour dans les médiathèques de Paris, avec le secrétaire de la commission d’écoute Patrick Engel. Une passion, et un sacré boulot :  Il importe d’avoir les oreilles grandes ouvertes en permanence, d’être curieux, fouineur, éclectique et plus encore . C’est un vrai sacerdoce, en fait !. On fait confiance à Patrick, il connaît la chanson !

Retours de concerts, vus sur scène, affiches de spectacles à venir, la Blackroom où l’on chante toujours, Hexagone est sur le tout-terrain chanson. Et même dans les pièces détachées d’Eric Mie qui est Tombé dans les Pomme, ce qui ne plaît pas du tout à Big Brother de facebook qui censure régulièrement les rondeurs de son héroïne, il nous la présente pourtant fort joliment :

Comme le fruit défendu rond et charnu qui nous fait tomber dedans

Comme celle d’amour ou de douche

Qu’on aime toucher de la bouche

J’ai nommé ma nana…

Et ne me dites pas que les hommes préfèrent les prunes !…

A lire d’Eric Mie Si tu veux te changer en gomme, florilège de chansons écrites entre 1988 et 2014, illustrées par lui-même. Préface d’Agnès Bihl .

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Si vous voulez savoir comment naît une chanson, Jeanne Rochette nous raconte : Quand je m’aime pas en long et en large , avec paroles à l’appui .

Et pour finir, Rosbif Saignant, Mad s’insurge contre son rôle ingrat d’exécuteur des basses œuvres, faire du porte à porte , voire du rentre-dedans à de pauvres libraires innocents pour leur vendre du mook en veux-tu en voilà. Sa conclusion est sans appel:  Pour vendre ce foutu mook, faut plus de cul…ture consensuelle … Et tant qu’à faire, osons, osons changer de nom, Sexhagone, ça claquerait bien, non ?  On attend les réactions qui ne vont pas manquer, encore une fois, d’assaillir ce pauvre Mad .

Voilà, un peu long, mais il y aurait tant à dire encore ! Et il y a tant à lire, à découvrir, à voir, à écouter, que le mieux c’est de s’abonner, ça évitera à Mad de faire du porte à porte !

Danièle Sala, de Mozac.

Last but not least, pour les abonnements, clic sur la dame, mais gentiment.

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Kent, La grande illusion…

7 Fév

kent-couvLa grande illusion, c’est quoi ? C’est un nouvel album avec 10 nouvelles chansons. Mais encore…
De quoi parlent ces chansons ?
Du regard des autres ? de la façon dont on se perçoit, dont on nous perçoit ? de la mort, des survivants ? de la reconnaissance, des humains inhumains ?
Leurs phrases sont pleines d’images vagues et précises à la fois, à chacun d’y entendre ce qu’il veut, d’y coller ses propres émotions… ses propres tragédies… ses propres questionnements…
Et ça donne l’impression de chansons altruistes, sans nombrilisme… comme la rencontre avec un ami qui sait écouter et pas uniquement parler de lui.

Des arrangements (signés Tahiti Boy mais taillés sur mesure en concertation avec l’auteur compositeur et les musiciens) donnent une nouvelle vie à des titres qui existaient déjà sous d’autres formes. D’ailleurs, au souvenir des oranges bleues en piano voix, je ne pensais pas qu’elle deviendrait un jour l’une des plus fortes de ce nouveau répertoire, autant sur disque que sur scène.

Et L’heure des adieux, où il met en scène sa propre mort, reste toujours aussi émouvante avec ce nouvel habillage.

Sur cet album, la section rythmique est efficace et fait la part belle aux basses, aux battements de coeur.
Les synthés, les guitares s’ajoutent aux sonorités pop, à l’esprit rock, et parfois les pianos aériens amènent un souffle de subtilité.

Les choeurs et les saxos sensuels qui, sur le papier, pouvaient sembler kitsch enrichissent des partitions assez osées.
Encore une fois, Kent ne cède pas à la facilité. « La grande illusion » est l’un de ses meilleurs albums et j’insiste volontairement sur « l’un des… » parce que les raccourcis me gonflent, surtout quand ils font l’impasse sur une vingtaine d’années productives balisées de disques audacieux.

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PHOTO, FRANK LORIOU

Un artiste audacieux… Ça lui va bien… aventureux aussi ! Tel un Indiana Jones aux multiples facettes, parfois le prof charmeur et posé, parfois la bête de scène intrépide qui n’a pas peur de mêler provocation, hurlement, sentiments, romances… le fouet en moins, peut-être. La complexité en plus.
Ce nouvel album, c’est un alliage de morceaux surréalistes, de textes universels, de chansons impudiques ou de courts métrages avec par exemple la grande illusion qu’on écoute comme on voit un film…

Et en cadeau de fin (même si je ne suis pas pressée qu’arrive l’heure des adieux): le droit de se vautrer dans la mélancolie…

Car invariablement, après avoir écouté cet album dense et puissant plusieurs fois de suite, j’écoute le coeur en automne en boucle, ma préférée, parce qu’elle rassemble tout ce que j’aime dans ce disque: la voix, l’écho, la modernité et le classicisme, la voix, la construction épique, la voix, le chant de l’âme…

Valérie Bour

Kent sera aussi en concert au Flow (4 port des Invalides  75007 Paris)  le 9 mars puis en tournée, clic sur l’équipage.

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Site officiel : http://kent-artiste.com/

Prix Moustaki 2016

4 Mar

 

Et la gagnante est : Eskélina !

Prix Moustaki 2016 Eskelina 03-03-2016 20-42-16 2439x2446

Prix du Jury, prix du Public, et sans doute haut la main, tant elle était au dessus des finalistes. En ayant comme critères quelques bases qui me semblent essentielles, Eskélina a fait le grand chelem de la soirée,

  • une musique qui capte l’attention aux 3 premières mesures,
  • des paroles qui séduisent aux 3 premiers mots
  •  une présence lumineuse qui éclaire aux 3 premières secondes
  • L’envie immédiate de découvrir l’intégrale, son album, ses albums à venir, et les spectacles itou.

Dans cette finale, le moins que l’on puisse dire, c’est que la sélection était très diversifiée, voire hétéroclite, ou contrastée. La sobriété de François Puyalto en solo voix-guitare basse, et le show du groupe Zo méritent chacun un accessit, mais ils ne sont pas forcément compatibles avec toutes les salles. Puyalto dans sa prestation colorée jazz, c’est plus le Limonaire, ou Le Forum Léo Ferré, tandis qu’on imagine  Zo dans une salle où l’espace est plus adapté à son folk-rock à bouger les pieds, et le reste. Entre ces deux extrêmes, duos, trios, parfois avec machines.

Vu du public, qui découvrait la plupart des finalistes, c’était mon cas, à part Eskélina et François Puyalto croisé dans l’univers d’Emily Loizeau, ce fut la découverte, et parfois la surprise, pas forcément bonne, de mon point de vue subjectif, mais partagé par quelques amis croisés dans le public, et l’accord sur Eskélina a été parfait. Si je devais ronchonner un peu, ce serait au sujet de quelques voisins de fauteuil, qui ne connaissaient pas certains des finalistes, (ni Eskélina) mais qui ont fait leur choix avant que ça commence. Mais bon… Le copinage ne devrait pas interférer dans ce genre de prix.

Il y eut donc par ordre d’entrée en scène, Anastasia, puis Pauline Drand, Eskélina, Hi Cowboy, Orso Jesenska, François Puyalto, et Zo, d’autres prix étaient en jeu, des programmations, voir le site du Prix Moustaki pour toutes les infos. (site  construit par Julien Piraud  « P’tit blog  et animé par Thierry Cadet).

Prix Moustaki 2016 montage 04-03-2016 11-34-004

Une précision, ou deux,  utiles à la bonne compréhension des choses:

« Il n’y a jamais eu de subvention pour le Prix avant celle de Denis Collinot. Nous organisions le Prix Moustaki sur les fonds propres de l’association poésie et chanson Sorbonne.
Denis a donc effectivement sauvé le Prix, par ce premier soutien financier, suivi ensuite de Catalyse et L’ARS Ile de France. (Amélie Dumas, coordonnatrice et fée polyvalente selon Matthias Vincenot et Thierry Cadet)

Un salut aussi à un nouveau partenaire, David Desreumaux créateur d’ Hexagone, le mag sans papier de la chanson, le site chanson et spectacle qui monte qui monte et qui montre de quoi se régaler les yeux et les oreilles.

Et avec papier, le der des ders , FrancoFans, qui fluctuat sans mergitur…

Last but not least, Liz Van Deuq, prix 2015 était dans la salle, et fut invitée à évoquer les effets secondaires et bénéfiques de ce prix.  On la retrouvera bientôt aux Trois Baudets pour une soirée spéciale filles de radio crochet de France Inter…  A suivre ici même dans quelques jours pour les premières infos.

Le président Kent a présidé, le parrain Oldelaf a parrainé, avec deux chansons dont « La tristitude » a fort réjoui la salle.

Prix Catalyse à Hi Cowboy.  No comment.

Et rendez-vous dans les salles où le spectacle vivant garde pavillon haut, envers et contre tout.

Norbert Gabriel

Les Symphonies subaquatiques

17 Avr

adrienAdrien fait de la résistance, surtout quand la menace d’aller au lit se précise… Oui mais, quand cette menace s’accompagne d’une promesse de beaux rêves, on peut céder sans démériter.

Et voilà que Jack le mérou, dit Gamblin à la ville et au sec, l’invite en choeur et en swing à s’intéresser à un cachalot, sorte de variante croix roussienne de folk singer polyglotte, germanophile à l’occasion, d’où son prénom Herman, quand il n’est pas Kentomusicoman… Et voilà que Jack (qui pour être mérou a la langue – pas le Lang, quoi que- bien accordée)  l’emmène sur fond de bossa nova dans les grands fonds marins… Et alors là, il y a Phoebus, le dauphin, Sheila la tentaculaire tentatrice, la jolie Sissi la sirène, et Adrien découvre des mondes fabuleux, quoique en péril. Il faudra bien tous les pouvoirs de la fée Spiruline pour essayer de remettre tout ça en place.

Quoi ? Vous ne comprenez pas vraiment de quoi il est question. Il faut vraiment tout vous expliquer.

phoebusNous dirons donc que cette fresque musicale et sous marine est un régal pour l’oreille, et quand vous vous serez bien régalés, faites en profiter vos enfants, ou les enfants de vos voisins, car c’est fait au départ pour les enfants, mais il n’y a pas d’âge pour savourer les gourmandises chorales et les vocalises séductrices de Sheila, celle qu’on nomme aussi Marianne James dans d’autres mondes, pas d’âge pour swinguer avec Jack, et écouter le vénéré Phoebus dauphin, dit aussi Dominique A. Et le chant irrésistible d’Agnès-Sissi… Si-si, écoutez et vous saurez.

Et puis Kent en cachalot, c’est gouleyant comme un beaujolais de bonne cuvée. Et surtout, surtout, ils vous mettront quelques points sur les « zis » concernant un sixième continent artificiel et superflu, celui des déchets et autres saloperies qu’on déverse dans les océans et qui tuent la faune marine.

Adrien va découvrir le secret de Phoebus, moi aussi, je sais de quoi il est question mais je suis incorruptible, et je ne dirai rien. Vous aurez le fin mot de l’histoire en allant toutes affaires cessantes quérir ce livre disque, dans toutes les bonnes poissonneries musicales librairies il est dispo depuis le 16 Avril. Adrien est très fier de Valérie et Sébastien, qui ont été les auteurs-compositeurs-chefs d’orchestre de cette belle bande de barques, braques, comme les Editions des Braques qui ont réalisé le livre disque. Adrien est aussi très fier de Léonie, mais ceci est une autre histoire…

La belle bande : Jack, le mérou, alias Jacques Gamblin, Sheila la pieuvre, dite aussi Marianne James,  Phoebus le dauphin, alias DominiqCouvue A., Sissi la sirène, alias Agnès Jaoui, Spiruline la fée, alias Sophie Bernado, Herman le cachalot, dit aussi Kent Cokenstock, et la belle présence de Simon Teglas, qui interprète Adrien. Et la voix de Laure Calamy.

Il n’y a pas Tintin, ni le captain Haddock, pas plus de Milou, mais il y a Tchang, un pince sans rire qui en pince pour les batteries et autres percussions, vous devinez ? Et les images, superbes, sont de ? Stéphane Girel.

Pour tout savoir, ajoutons les noms de Valérie Bour, Sébastien Buffet, que vous resituerez à leur juste place. Et aussi notez que c’est sur une idée originale de Sophie Bernado ( la Spiruline hyper boostée rock) et Hugues Mayot.

Un extrait pour vous appâter, et découvrir ce qui est aussi un voyage musical dans toutes les musiques.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=6pWjQC2STL0

Le 22 Avril, à la médiathèque Colette, à Epinay, exposition et représentation du spectacle, attention, c’est à 10 heures DU MATIN !!!  et à 14 heures pour les lève-tard…

Pour en savoir plus, suivez la flèche : —-> http://www.lessymphoniessubaquatiques.com/

Norbert-Poisson Chat- Gabriel

Au Corbo à Berlin

19 Juin
Pano 1Au Corbo à Berlin, la chanson dans tous ses états…
Avec Kent, Lisa Zenner, Corinne Douarre, Die Fendel et Boris Steinberg…
Dans une vieille usine qui jouxte les ruines de l’ancien mur de Berlin, 2 passionnées, 2 artistes (Yvonne Fendel et Lisa Zenner), ont fait le pari un peu fou de monter un lieu dédié à la chanson.
Au Corbo, 99 places assises entourent une belle scène, respectueuse des artistes qu’elle élève et qui ne sont pas prétexte au simple commerce de l’art.
L’endroit est beau sans être tape à l’œil, modelé avec un soin artisanal par les tenancières dont la générosité n’est pas un terme galvaudé.
Jeudi 6 juin 2013 : Création du spectacle « Die Fendel und herr Steinberg »…un mélange doux dingue de chansons d’amour et de burlesque. Le fendel_steinbergpersonnage campé par Yvonne fût une totale surprise, elle si discrète et introvertie en civil, a déclenché de nombreux éclats de rire. Belle complicité avec le chanteur Boris Steinberg qui se montrait plus lunaire, naïf et romantique. Sans effet pyrotechnique, la mise en scène est très efficace, le duo fonctionne à merveille, les artistes sont complémentaires et s’ils basent leurs interventions sur un registre comique, le spectacle n’est pas dénué d’émotion…même quand on ne parle pas couramment l’allemand ! La pianiste avait l’air de s’amuser également, attention, le plaisir est contagieux !
Pour les berlinois, retrouvez-les le 22 juin au Corbo…  Voyez ICI.
7 et 8 juin 2013 au Corbo :
8 AAAutre soir, autre pianiste. Décor dépouillé. La gestuelle de Kent tient davantage de la chorégraphie que de la traduction simultanée pour malentendants mais le public franco-allemand semblait saisir le sens. Les chansons gagnent encore en intensité. Peut-être parce que le texte seul ne suffit pas lorsque le public découvre et ne parle pas forcément bien la langue.
La nouveauté, c’est que Kent parle allemand, lui. Après une année et demie de cours, il sait introduire ses chansons avec une bonne dose d’humour…voire improviser…son pianiste berlinois, Marc Haussmann, vient à la rescousse lorsqu’un mot lui échappe. Le public sait que le moment est rare et précieux, il soutient, sourit, apprécie les efforts et la répartie.
L’accompagnement au piano se doit d’être plutôt démonstratif vus les arrangements, même carrément de la haute voltige, et les rois du crescendo nous laissent le souffle coupé. La sobriété du pianiste, dès les derniers accords plaqués, est totalement surréaliste et géniale, d’ailleurs.
Pour revenir rapidement sur l’aspect symbolique de l’événement : l’an dernier, pour des questions pratiques, Kent a essayé ses nouvelles chansons au Corbo avec Marc au piano, et c’est la révélation. L’album sera enregistré dans cette formule, avec ce musicien, précisément.
D’autre part, il est amusant de se dire que les tubes de Kent sont totalement inconnus en Allemagne et redeviennent des chansons inédites…Quelques déhanchements efficaces sur « j’aime un pays » ou « à quoi rêvons-nous » combleront ces manques de références…
Pano 2Pour « Juste quelqu’un de bien», un autre subterfuge, le trio Kent, Corinne Douarre et Lisa Zenner fait voyager la « meilleure chanson de l’année 95 » dans une version franco-allemande qui n’a rien perdu de son sens à la traduction et profite d’une belle suavité.
Le public attentif, entre rires et larmes, laisse s’évanouir les dernières notes suspendues dans la salle du Corbo avant que n’éclatent leurs applaudissements et cris d’enthousiasme.
Valérie Bour
Pour suivre leur programme et actualité :
Pour info, Lisa Zenner fera son premier concert en France le 4 octobre à St-Germain en Laye !
Site officiel de Kent :
en tournée avec son nouvel album « le temps des âmes » et à Paris au théâtre de la Gaîté le 7 octobre…
SCOOP ! Kent sera du 29 juillet au 23 août à la tête d’une émission musicale, « Vibrato », de 10h à 11h du lundi au vendredi, sur France Inter.
Corinne Douarre : www.corinnedouarre.com
Die Fendel : www.diefendel.de
Boris Steinberg : www.boris-steinberg.de
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