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C’est un joli nom camarade…

7 Déc

C’est un joli nom camarade
C’est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s’épanouissaient
Camarade

 

 

Photo ©DDesreumaux Hexagone  …. de gauche à droite:  Wally, Imbert-Imbert, Julie Rousseau, Valeria Altaver, Zora Bensliman, Michel Kanuty  Jules, Mao Sidibé Nicolas Bacchus, Jérémie Bossone, Florence Saint Prix, Tedji, Thomas Pitiot, Balthaze, Viviane Arnoux,  Amen Viana, Franck La Rocca.    En cliquant sur l’image, c’est magique, elle s »agrandit..

Le rendez-vous était pris depuis quelques temps, les billets aussi, car la promesse de retrouver cette belle troupe d’artistes chatouillait agréablement les souvenirs de celles et ceux qui avaient eu le privilège d’être à la création au Festival Aubercail il y a 4 ans dans la belle ambiance du Magic Mirrors. Et en 2018 Paris ouvrait ses bras et l’Alhambra pour cette fête à Ferrat.  Salle comble et comblée après 3 heures d’émotions partagées

Yvan Perey : Oui c’était une belle soirée . J’avais hâte d’assister à ce spectacle car je trouve que Jean Ferrat est rarement repris par des jeunes chanteurs (contrairement à Ferré , Brel ou Brassens.) Et ils s’en sont plutôt bien tirés en sachant y insuffler chacun leur personnalité, avec des sensibilités musicales différentes , de l’humour … Le choix des chansons était assez judicieux, les grands classiques sont joliment revisités (« La Montagne », « Nuit et Brouillard » , « Potemkine « ,  » Aimer à perdre la raison  » ) mais aussi des chansons plus rares comme  » Si j’étais peintre ou maçon » , « Horizontalement » (chanson à la misogynie gainsbourienne ) ou d’autres qui semblaient être d’une brûlante actualité ( » Le bruit des bottes » , « HouHou méfions-nous » …) Coup de chapeau aux musiciens et en particulier à l’accordéoniste Viviane Arnoux (qui fut aussi celle d’Hugues Aufray qui a été fêté aussi hier soir ) et Michel Kanuty aux claviers. Bravo à celui qui est à l’origine de ce projet !

Je regrette juste que les auteurs des chansons n’aient pas été cités (hormis Guy Thomas pour  » Le bruit des bottes  » ). L’auteur de « Potemkine » est Georges Coulonges , l’auteur de  » Ma Môme  » est Pierre Frachet , l’auteur de  » Maria  » est Jean-Claude Massoulier … et bien sûr Aragon pour  » Que serais-je sans toi ?  » et  » La complainte de Pablo Néruda «  .

En effet, c’était très enlevé, joyeux, tendre, et drôlement mis en situation, témoin cette interprétation de « la chanson misogyne gainsbourienne » par Valeria Altaver qui retourne brillamment la situation car messieurs, vous aussi pouvez être une affaire horizontalement et pas trop verticalement… La réalité et la parité sont à l’ordre du jour…

Le spectacle vivant étant par définition évolutif, la salle a pu faire chorus avec Jules qui avait invité virtuellement un autre ardéchois célèbre Hugues Aufray, tout peut arriver avec ces artistes de bonne compagnie, heureux d’être ensemble sur le plateau, devant un public en majorité acquis à Ferrat, et qui a applaudi des interprétations très différentes, voire décapantes des standards revisités avec une certaine audace… Et c’était bien..

Wally a ouvert la fête avec  L’amour est cerise , on a suivi avec enthousiasme en groupe en ligue et en procession dans la foulée de Zora, Julie a charmé avec Berceuse, que Ferrat aimait beaucoup, Jérémie a fait revivre Ouralou, autant de poèmes qui élargissent la palette Ferrat.

Nicolas Bacchus a bien résumé la direction indiquée par Thomas Pitiot: toutes les chansons revues dans tous les genres musicaux, pari tenu, quoi que…  je ne souviens pas d’avoir entendu une version tyrolienne, et pas non plus une polka piquée bretonne, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour la suite… 

Pour saluer ces talents et faire l’inventaire des chansons,

il y a un album, allez voir ce qui en est dit sur Nos Enchanteurs, tout y est.

Clic sur l’album —→

Et puis, un spectacle peut voyager, il doit voyager, soyez des spectateurs actifs, faites du lobbying pour qu’il soit invité par chez vous … Même si vous êtes dans un fief pas spécialement gaucho, le temps est propice au dialogue … Enfin j’espère …

Le site https://oceannomade.net/

 

On trouve l’album dans la boutique MistiMusicShop

demandez au chat il vous ouvrira, 

Et pour quelques images de plus,

 

 

Norbert Gabriel

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Crimson Glory, ou la Bouteille, l’écume et les siècles… de Jérémie Bossone.

16 Avr

Photo NGabriel

Jérémie Bossone est un auteur qui met de la musique-flamme sur ses mots quand il chante, et des couleurs qui peuvent rappeler Goya, Munch ou Van Gogh dans ses fresques littéraires aux personnages brechtiens. Des histoires à la Romain Gary-Emile Ajar, celles des desperados qui ont l’âme slave et toutes les folies qui vont avec. Celles et ceux qui ont nourri Crimson Glory.
Avec les désaxés magnifiques, Don Quichotte ou Cyrano, les bourlingueurs de Conrad, ou Stevenson, et d’Artagnan en chef de bande. Des guetteurs de miracles qui n’arrivent jamais, mais c’est pas une raison pour ne pas y croire. Dans la chasse au trésor, l’important, c’est la chasse plus que le trésor.

D’autres professent comme les irlandais que la réalité est une hallucination provoquée par le manque d’alcool … Dostoïeski et Bukowski ne sont pas loin dans ses quêtes métaphysiques bien arrosées de tous les alcools de la vie d’artiste borderline… Mais c’est pas dans les rails formatés qu’on peut trouver les chemins des rêves les plus échevelés… On rêve pas petit bras chez Bossone, on voyage dans des mondes en abolissant les barrières du temps… Comme dans son livre Crimson Glory, moitié roman, moitié autobiographie, moitié pédagogie de la vie saltimbanque. Ne chicanons pas sur le nombre des moitiés, quand on aime on ne compte pas.

Avec Crimson Glory, (ou la Bouteille, l’écume et les siècles..) le lecteur gourmand d’éclectisme va trouver de quoi se régaler de tous ses fantasmes littéraires, les histoires entrecroisées du pirate Sean Fountain, et son trésor, les aventures et mésaventures d’un chanteur maudit qui n’a même pas l’idée de mourir à 27 ans comme tout héros pop rock qui se respecte, et les chemins tortueux des sentiers de la gloire fuyante du showbizness. Et qui a eu comme projet, je cite,

 Moi je veux être grand, retrouver la taille cosmique de l’enfance, embrasser sa mythologie, boire à ses constellations. Etoiles, je monte vers vous ! Le panache au cœur, le sourire aux lèvres ! Je suis baroque! Ô camarades, je veux briller pour vous comme j’aimerais vous voir briller pour moi. Tous pour un et un pour tous ! Chaque être humain devrait brûler comme un soleil ! Je veux bien soumettre l’idée aux hommes mais je n’imposerai rien. Le mouvement doit venir de soi.

Il me semble entendre quelques approbations de Brel, Ferré, Higelin, et de sa « marraine » Anne Sylvestre… Ecrire pour ne pas mourir ?

 J’écris. Or ce qui prime en écriture, c’est la puissance ludique, c’est ce plaisir du jeu que nous procure l’agencement des images et des sonorités. Sans lui nulle catharsis, et les émotions retombent comme des baudruches dégonflées.

Et pour cela,

Dès que la musique fait son entrée dans l’arène, c’est vers elle que j’avance. J’oublie tout le reste : les enfants qui meurent de faim en Somalie, les enculés qui nous gouvernent aux quatre coins du monde,  la Camarde qui agite sa faux dans mon dos… J’oublie tout ça.

Et Sean Fountain dans tout ça ? Sean Fountain est un voyage, un mythomane de génie, la mythomanie est son oxygène…
« Je jongle avec ma vie. N’ayant rien appris d’autre, je n’ai aucun regret.»  C’est Sean qui a écrit ça, mais son art du jonglage n’est pas resté lettre morte, si vous voyez à qui je pense.  Et si vous ne voyez pas, allez toutes affaires cessantes Côté Cour, chez LamaO Editions, Crimson Glory est  disponible. (Sortie officielle le 27 Avril dans toutes les librairies de bon goût)

Clic sur la couv’ –>

Et en bonus,  les 50 premières commandes seront dédicacées par Jérémie !

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Avertissement: c’est le genre de livre que j’ai ouvert 5 mn après l’avoir eu en main, grâce auquel j’ai raté deux correspondances, et pas lâché de la nuit…  Malgré les cris de mon chat abandonné sans croquettes…

Play List… et Mixtapes…

22 Juin

Souvent la play-list déplait fort à ceux qui la considèrent comme la plaie de la radio, avec ses complaisances suspectes aux colonisateurs anglo-saxons. Il y a du vrai, le débat est toujours animé avec plaies et bosses dans les vitupérations molto vivace. Une bonne raison de faire un grand tour dans les arcanes de la création chanson.. Comment naissent les chansons ? Dans les roses ou dans les choux ? Dans le sirop ou dans les alcools de vie les plus âpres ? Ces Mixtapes sont une réponse, une proposition originale… Et si vous ne connaissez pas Jérémie Bossone, c’était une occasion à ne pas rater. Pourquoi « c’était » ? Parce que l’offre a été limitée dans le temps et réservée aux souscripteurs, mais si un milliard deux cent trente cinq mille demandes affluent, peut-être que la Wolf Walk fera un geste…

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Ce qu’en disent l’auteur et son équipe:

Les Mixtapes Acoustiques, qu’est-ce que c’est ?
Ce sont les démos enregistrées par Jérémie au fil des ans. Celles-ci présentent pour la première fois au public le versant plus intime d’une oeuvre protéiforme.
Ici, pas de prouesses sonores ou vocales, mais de simples guitares/voix maquettés à la bonne franquette et présentant une ribambelle de chansons pour la plupart inédites.
Objet rare donc, et qui compte nombre de perles…

Il s’agit d’un travail précieux pour qui s’intéresse à la genèse d’une chanson.
Ecouter ces Mixtapes, c’est jeter un regard par un trou de serrure sur l’œuvre en train de naître. On découvre les chansons à mesure qu’elles s’engendrent, sous leur versant le plus épuré, le plus râpeux, le plus intime.

Jérémie « En présentant ces chansons sans autres ornements que ceux d’une guitare et de quelques bricolages, je souhaitais que l’auditeur puisse entrer dans une relation plus immédiate avec elles, qu’il s’y sente chez lui, à l’aise comme le sont nos pieds lorsqu’ils s’enfoncent dans une paire de vieilles pantoufles, déglinguées mais confortables« .

Ces Mixtapes, c’est un ensemble hétéroclite, où sont rassemblées les chansons composées dutant ce que j’appelle « mes sessions intensives »… Deux semaines de composition à temps plein, (..) et qui s’articulent autour d’un principe simple : créer une chanson chaque jour. (…)

A l’heure du formatage systématique, c’est aussi l’occasion d’une autre écoute.(…)

Avec ces Mixtapes Acoustiques : ni virtuosité sonore, ni performance épique. Plutôt un micro qui souffle, une guitare qui frise, une chaise qui grince, l’odeur du bois, des mélodies en copeaux, des refrains fraîchement taillés. Bienvenue dans l’atelier du charpentier. (..)

D’ailleurs, je ne vois pas de meilleure façon d’écouter ces chansons que posé le soir dans un fauteuil, en sirotant un bon verre de vin à mesure qu’elles égrainent leurs arpèges, leurs images, leurs histoire. (…)

J’avais envie de partager avec vous cette autre manière d’écouter, manière plus intime, plus confidentielle qui invite l’auditeur à prendre place devant les songs presqu’au moment où celles-ci s’engendrent.(…)

C’est donc avant tout aux curieux aux amateurs d’objets artisanaux, aux amoureux du verbe chantant, que ces Mixtapes acoustiques s’adressent. A tous ceux qui le cœur éveillé, regardent partit les trains pressés sans courir derrière.

Jérémie Bossone

Ce qu’en dit une Bossone fan de la première heure, c’est là :logo_chanter_cest_lancer_des_balles

gloiresCe que j’en dis ? C’est un privilège d’avoir découvert Jérémie Bossone il y a quelques années, et je ne peux que vous panneau bossone 22-06-2016 16-43-07 986x1330encourager à partager ce privilège, par exemple avec cet album « GLOIRES » qui est en vente libre, et surtout à aller passer une soirée avec lui, il tourne, il tourne, suivez le panneau…

Norbert Gabriel

FOCUS !

5 Mar

Préambule.  Un photographe Eric Barbara, avait dédicacé une expo ainsi:  Elisabeth et Manu, mon seul talent c’est vous.  Il s’agissait d’une série consacrée à Elisabeth Caumont et Manu DiBango.

VM 4 mars flou sensuel 04-03-2016 20-06-52 2026x1926Le point s’impose pour être très net en matière de photo, et des effets secondaires.

Cette photo est un 30 ème de seconde d’un spectacle qui dure 1h15 environ. Une comédienne joue un personnage, et ça ne signifie pas qu’elle est ce personnage dans la vie . Delon a été  Le samouraï , je ne crois pas qu’il se soit transformé en tueur à gages pour être dans le ton juste.

Les effets Facebook, où on ne croise en principe que des « amis » sont parfois surprenants. C’est peut-être un jeu, mais il semble que parfois ça dérape en propositions qu’on peut dire indécentes.

Aurait-on l’idée de demander à Nathalie Baye après son film  La balance , combien elle prend pour une passe ?

Le seul objectif (!) des photos de spectacle, de mon point de vue, est de montrer ce qui reste dans l’esprit du public après le spectacle. Pour donner envie à des spectateurs d’aller le voir.

Quand la photo est réussie, sur ce critère, et uniquement celui-là, l’essentiel du mérite revient à l’artiste en scène, à son éclairagiste, à leurs talents réunis. Reste au photographe d’avoir l’oeil ouvert pour attraper ce moment fugitif.

Et d’essayer de donner envie d’aller voir et entendre ce qui se passe devant la scène, car si l’image montre que tous ces artistes ont le plumage chatoyant, c’est surtout leur ramage qu’ils ont envie de partager. Le spectacle de chansons, c’est paroles ET musique, ET images.

Voici donc quelques beaux souvenirs, en images, que la scène ou les albums ont toujours confortés.

FOCUS Premier 05-03-2016 23-39-58 5056x3988

FOCUS deuxième tableau 05-03-2016 19-20-21 5120x4096

 

FOCUS troisième 05-03-2016 19-39-53 5120x4096

 

FOCUS quatrième 05-03-2016 19-47-27 5120x4096

 

Pour finir en musique, et boucler la boucle,  Elisabeth Caumont, Alain Debiossat et Manu DiBango vous invitent à Yaoundé….

 

La première photo est celle de Valérie Mischler qui propose un spectacle « Tout feu tout femme »  l’érotisme au féminin, à travers différents témoignages de femmes, accompagnés de chansons en situation, de spectacle, évidemment. Voir ICI.

NB: Une chanteuse qui pour les besoins d’un spectacle doit faire un show sexy, doit-elle avoir une  arrière pensée, genre, ce résultat d’un sondage récent:  Pour 27% des Français, l’auteur d’un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy.

A chacun d’apprécier à quel niveau se situe la réflexion, coeur ou bas ventre?  Comprend qui veut.

 

Norbert Gabriel

 

 

 

Festival de Marne, Geneviève, Jérémie et Camélia.

18 Oct
Photos ©NGabriel

Photos ©NGabriel

Enfin Jérémie Bossone sur une scène à sa dimension… En attendant le St Jean d’ Acre, ou l’Olympia , le Sud-Est-Théâtre à Villeneuve St Georges lui a fait une ovation grandiose. Le plateau était relevé, coloré, et d’ailleurs pour la couleur, il y eut une avant première partie avec la très expansive Geneviève Morissette, qui a décidé de se marier avec la Morissette robe AAA-retFrance, en bloc. Elle a déjà la tenue ad-hoc, il est donc conseillé aux prétendants potentiels de se vêtir en conséquence lors de ses prochains spectacles. A part ça, mademoiselle Morissette ne fait pas dans la chansonnette guimauve, elle est là pour gueuler sa vie, dans la trace de Diane, Lynda ou Dan (Bigras) en rock ou en mélo-drame touchant, femme dynamite, attention aux tièdes amants, ils vont avoir chaud aux oreilles.

Bossone Villeneuve Conquête AAJérémie Bossone arrive en trio, avec Benjamin le frangin, et Daniel Jéa. Dès sa première chanson, « Rien à dire » il est évident qu’il est plus dans la filiation de Jacques Debronckart, on le dit chaînon manquant entre Brel et Noir Désir, c’est pas faux, mais ce serait Brel avec la guitare de Jimi Hendrix et Noir Dèz avec les textes d’un Chandler, ou Fajardie, s’ils avaient fait des chansons … En quelques minutes il embarque un public subjugué dans ses carrousels d’univers borderline, ces paumés magnifiques, personnages baroques, tragi-comiques, démesurés, ces héros de la déglingue qui jettent leur parachute avant de sauter, car il y aura bien un ange qui passera pour les attraper au vol… Et parfois, un ange passe… Parfois.

Dans ce public très mélangé, ce fut pour beaucoup une révélation majeure. La durée de cette première partie limitait le répertoire, ce qui permettra de découvrir sur l’album « Gloires » des moments rares, comme Der Lieermann, ou Le cargo noir, (très noir intime) .

Jérémie Bossone sera très prochainement dans les Chroniques Lycéennes du Prix Charles Cros.

Camélia Jordana AAA-001retEt puis voici la vedette de la soirée, Camélia Jordana. D’abord il y a cette voix unique de jazzeuse naturelle, pas besoin de « vibes » surjoués pour faire passer la « soul »… Et après l’incandescent Bossone, Camélia Jordana charme en Shéharazade qui nous invite à la suivre dans ses contes musicaux, ses envoûtements délicats, en alternance avec des séquences aux rythmes puissants. Pas bruyants, pas d’agitations stériles, on pense à Nino Ferrer, avec son groupe et le sax de Manu DiBango, passant de l’échevelé Téléfon, à la sensible Rue Madureira. Il y a cette qualité musicale dans le spectacle de Camélia Jordana, il y a le raffinement des ambiances à la Léonard Cohen, ballades limpides décorées d’arrangement sophistiqués, dans le bon sens du terme, travaillés finement. Un signe qui ne trompe pas, plusieurs fois dans la soirée Camélia Jordana a enchainé deux ou trois chansons sans que le charme soit rompu par les applaudissements. Très à l’aise, sans effets artificiels, elle a parfaitement mené le show bien entourée de 5 musiciens (dont une musicienne multi instrumentiste et vocaliste) et conquis le public dont une bonne partie découvrait les artistes présents pour de bon. Il faut souligner que le Festival de Marne remplit très bien son rôle de découvreur, dans les spectateurs, beaucoup ne connaissaient pas du tout les artistes invités – à part le nom de Camélia Jordana- et ils sont repartis emballés, enthousiastes de ces trois découvertes.

C’était le 9 0ctobre à Villeneuve St Georges.

Et pour quelques images de plus,

Montages CaméliaBossoneNorbert Gabriel

Festival de Marne vendredi 9 Octobre, Jérémie Bossone, Camélia Jordana

29 Sep

Bossone AAAA main tendue 16-01-2015 22-54-13Jérémie Bossone, une des plus fulgurantes révélations de ces dernières années dans le monde de la chanson, celle qui marie la force des mots chargés de TNT aux musiques nourries d’alcools distillés façon Apollinaire. Que ce soit en solo, en duo, ou en trio, Bossone uppercute et séduit le public qui a envie d’autre chose que de chansons sans calcium.*

Tout sauf l’indifférence, ce que démontre une éminente critique de Télérama, qui termine sa chronique par :  Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs . ( V.L)

Dans cette soirée, Jérémie Bossone sera en trio. (Avec Benjamin Bossone, et Daniel Jéa) Vous trouverez facilement sur le net quelques chansons à découvrir, si ce n’est pas fait, en attendant, je vous propose celle-là…

(avec Benjamin Bossone)

CaméliaC’est Camélia Jordana qui fera sa nouvelle star. La plus intéressante et la plus originale de toutes les créatures chantantes issues de télécrochets. Dès le début, Camélia Jordana surprend et séduit par ses variations vocales jazzy qui apportent un ton nouveau dans le convenu de la production habituelle de ces concours.

Ensuite, évitant l’écueil des fabricants industriels de chansons bien formatées prime time télé, c’est plutôt vers des créateurs comme BabX qu’elle évolue avec bonheur.

Et les voilà tous les deux, ne nous privons pas,

Ça se passe le 9 0ctobre à Villeneuve St Georges, pour la programmation totale du festival, c’est là : http://www.festivaldemarne.org/index2013.html

*Pour la chanson sans calcium, voilà ce que c’est, l’exact inverse de ce que propose cette soirée…

Norbert Gabriel

Festival de Marne 2015

27 Sep

Fest Marne

Presque 30 ans, c’est la 29 éme édition de ce beau festival qui offre une ribambelle de spectacles pour tous les goûts et pour tous les âges. Du 1 er au 17 Octobre, 21 villes du département invitent plus de 70 artistes.

  • Ceux qui cultivent les mots pour les faire chanter francophone: Dominique A, Camélia Jordana, Stephan Eicher, Bastien Lallemant, Oxmo Puccino, Dick Annegarn, Louis Chedid, Miossec, Albin de la Simone, Brigitte Fontaine La Grande Sophie, Jérémie Bossone, Abd Al Malik, Liz Van Deuq, HK et les Saltimbanks …
  • Ceux qui explorent les musiques métissées et plurielles : Orange Blossom, Flavia Coelho, Zoufris Maracas, Soviet Suprem, Bratsch, qui fait en 2015 sa dernière tournée, Souad Massi …
  • et du rock, et les refrains des gamins, des débats, des expos,

Attention, il y a plusieurs spectacles qui sont complets depuis quelques jours, voire quelques semaines, il est donc urgent d’aller voir tout le programme, sur le site du festival, les lieux, les dates, l’itinéraire, tout y est.

Voir ici: http://www.festivaldemarne.org/index2013.html

ImpressionA suivre aussi les actions et animations de la JIMI

SALON – DÉBATS – EXPOS – CONCERTS – SHOWCASES

La JIMI est le rendez-vous annuel des indés et de l’autoproduction. Elle met en valeur tous ceux qui, avec beaucoup d’énergie et de créativité, renouvellent et soutiennent la musique. Salon, débats, expos, concerts, showcases et concerts feront se rencontrer activistes, public et musiciens.
La JIMI est l’occasion de réfléchir et de faire le point sur les solutions et les modes alternatifs d’accompagnement, de production et de diffusion des artistes.

Le vendredi 09 et samedi 10 octobre circulez librement entre les différents lieux de concerts (Hangar, Tremplin et Théâtre Antoine Vitez – programmation ci-dessous) grâce au pass à 10€ par jour.
Le samedi 10, profitez gratuitement du salon à l’Espace Robespierre (Ivry-sur-Seine) pour vous informer et rencontrer les indés.
Informations complémentaires : www.jimifestivaldemarne.org

Premier rendez-vous, le 1 er Octobre avec Dominique A.  à Vincennes, mais c’est complet depuis pas mal de temps…

A vos agendas…

Norbert Gabriel

Black Room Deuxième Génération, 5 septembre

7 Sep

Blackroom trio rec

Benjamin Bossone, Jérémie Bossone, Benoit Dorémus, (©Hexagone)

Les soirées BlackRoom, comme tout ce qui rare, ça va devenir très cher… Et il faudra pouvoir dire « J’y étais » si on veut vraiment être un vrai de vrai de la chanson francophone. C’est aussi une sorte de course au trésor, être dans les temps pour réserver, et un jeu de piste pour y arriver. Mais c’est possible, la preuve, j’y suis arrivé. Qu’est-ce qui s’y passe donc ? On y chante…

Au bon vieux temps d’André Claveau (je dois être le seul de la soirée à avoir connu presque personnellement) on chantait « Cerisiers roses et pommiers blancs » Mariano vocalisait « Mexico-oooooo », Tino Rossi c’était « Petit papa Noël » et on dansait plus l’Aimable Verchuren que Rock around the clock. C’est en ces temps quasi préhistoriques qu’un observateur du monde de la chanson informa Brel qu’il y avait d’excellents trains pour Bruxelles. Le même, ou son jumeau certifia qu’Aznavour ne ferait jamais carrière. Tant d’expertise laisse sans voix.

Bossone-001Quand les chanteurs de charme roucoulaient sucré leurs tableaux pastel, d’autres y mettaient la puissance créatrice de Van Gogh ou Vlaminck, leurs explosions, leurs jaillissement de passions et de rages de vivre. Je repense à tout ça, à cause de l’émission étique de Philippe K, sur France-Inter, et grâce à Jérémie Bossone. L’émission hebdo dudit Philippe K c’est une sorte d’assemblage de navet cuit à l’eau arrosé d’eau tiède, suivi d’un tilleul allégé. Et ce régime s’avérant déprimant, j’m’arrose le moral avec un ou deux whiskies à l’Empire, avec l’écrivain qui n’a rien à dire mais qui le chante à cœur battant. Rien à dire ? Ça se discute… Une des toutes dernières chansons, en première diffusion ce soir, Cherokee rose, a beaucoup à dire sur les déportations. Le progrès a remplacé les longues marches par des transports ferroviaires, mais le résultat est le même. La mort y fait un succès. De larmes… Vous en saurez plus en allant écouter Bossone. C’était la page culture et histoire, genre de chanson qui fait le bonheur de Télérama, à défaut des Inrocks. Mais ça ne saurait tarder, sur le plan guitare Fender, Bossone est largement au dessus de pas mal de rockeurs qui font plus de bruit que de musique. Suite à un écho comparatif un peu particulier, il me vient à l’idée que Bossone est plus près de Debronckart que de…. Non rien. Et le duo Benjamin et Jérémie Bossone, ça met le feu aux étoiles.

Benoit Doremus-003Mais avant Bossone, il y avait Dorémus… Ça commence bien, comme un début de gamme, Do Ré Mi, Do Ré Mus…ique ? Il y en a qui ont des noms prédestinés pour faire chanter leur vie. Une vie qu’il explore avec une élégance détachée dans les mille et une péripéties de ses amours. Il peut aussi développer avec autant d’élégance une tranche de vie que nous définirons par l’addiction à la lecture dans les lieux d’aisances, en bref, la littérature de chiottes. Comprend qui veut. S’il attaque les 1196 pages de la légende arthurienne, sur papier bible, l’occupation des lieux peut prendre un certain temps, mais c’est une autre histoire.

Ce soir, c’était la presque première des nouvelles chansons, et la première de sa nouvelle chérie qu’il tient entre ses bras, une certaine M’zelle Gibson, qui vérifie que l’âge ne fait rien à l’affaire pour une six-cordes de bonne famille. Une tendresse un chouïa narquoise parfois, quelques ficelles du métier de la scène entre deux chansons, comme l’art de ce qu’il ne faut pas faire démonstration à l’appui, tout pour ravir le public. D’ailleurs, il faut quand même dire la vérité, même si elle fâche, Bossone et Dorémus c’est rien que des menteurs, l’un chante qu’il n’a rien à dire, l’autre dit qu’il écrit faux et qu’il chante de la main gauche, eh bin c’est pas vrai ! Je vous invite fermement à aller le constater, en scène de préférence, mais sur album c’est bien aussi.

Dernier point le super bonus que le maestro Desreumaux impose, une chanson dont les duettistes doivent faire une interprétation personnelle, réécrite selon l’humeur, avant de faire l’originale en duo. Vous devriez trouver ça un de ces jours sur le site Hexagone, en plus de toutes les infos sur les soirées BlackRoom passées et celles à venir. Cherchez et vous trouverez. Ils le valent bien.

Sachez aussi que les libres participations responsables – le chapeau – invitent les constipés du porte-monnaie à une saine approche du prix d’un spectacle. Et là, c’est pas comprend qui veut, le message est très clair.

C’était un soir à la BlackRoom, un grand soir dans un lieu où naissent peut-être les futures légendes.

Ici : http://hexagone.me/author/hexagone/

Et pour quelques images de plus…

BlackRoom montage

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