Tag Archives: Hexagone

Hexagone printemps 2019

13 Avr

C’est sous le signe du printemps qu’on aborde le numéro 11 de notre mook préféré, sur la photo de couverture, l’ami Pierrot sourit du haut de ses 85 printemps, entouré des Ogres de Barback. Sur la deuxième de couverture, toujours aussi radieux, Lili Cros et Thierry Chazelle, vont m’accompagner tout au long de mes lectures, ainsi que le regret de ne pas pouvoir assister à leur triomphe, le 18 mai prochain, à l’Olympia.

Et l’édito de David Desreumaux est tout aussi printanier :

Un matin vous ouvrez la fenêtre / L’air vous semble soudain plus léger / C’est comme un frisson qui vous pénètre / Il y a quelque chose de changé / Tiens, tiens, tiens ! / Déjà les feuilles poussent / Tiens, tiens, tiens ! Ça sent le romarin / Dans le jardin les lilas se trémoussent / Et les petites pommes ont déjà des pépins…Tiens, tiens, tiens ! / C’est le printemps qui vient…David, qui nous présente les invités de ce numéro, est optimiste : La ritournelle reste de saison, toujours aussi verte et plaisante. Sautillante

Pour ceux qui préfèrent la valeur des chansons aux valeurs boursières. C’est pas sérieux ! Eric Mie et Pierick font le tour de l’actualité en nous dessinant des sourires, genre, l’Eugène Pottier des gilets jaunes chante : C’est le Rond Point final !

Photo David Desreumaux

Plus sérieux, Le Rencard de Roxane Joseph avec Bensé, poète virtuose et lettré, pour la sortie de son troisième album, volet d’une trilogie, après L’Album, le Printemps, c’est L’Odyssée : une épopée de grand style : Les dix titres de L’odyssée illuminent la trajectoire d’un homme, et avec lui de toute l’humanité. Ils s’articulent autour de trois thèmes fondamentaux qui donnent sens à la destinée de l’homme, magistralement déclinés : La connaissance, la transcendance et la jouissance.

Article illustré avec humour par Piérick.

Un petit tour à La Luciole de Méry-sur-Oise, Vu de l’extérieur par Didier Garcia, son directeur : La Luciole, qui peu à peu devient un véritable lieu de vie culturelle ( spectacle vivant, cinéma, expositions, studio de répétition, salle de danse, ouverture prochaine d’une Micro-Folie…). Un lieu de mixité sociale et générationnelle qui défend la chanson française, protéiforme, métissée, plurielle.

Image DR

Ne partez pas tout de suite en découvrant le sujet de l’article ! Nous prévient ensuite Patrick Engel, et il est question du suicide, un thème que je n’imaginais pas aussi présent dans les chansons, mais aussi dans la littérature, le cinéma, etc…  Alors, le suicide est-il l’affirmation d’une liberté ultime ?

Est-il l’expression d’un grand courage ou d’une immense lâcheté ? Est-il un choix ou un non choix ? Autant d’avis que de philosophes, écrivains, ou artistes divers, nous avons en particulier l’avis de quatre artistes, Léopoldine HH, est-ce un hasard ou une coïncidence, la plupart des écrivains qui l’accompagnent se sont suicidés ou un rapport avec le suicide : Oui, c’est une liberté pour certains, c’est la seule liberté de leur vie que de pouvoir choisir leur mort.et la seule chose qui peut sauver l’homme, c’est l’art.

Pour Claude Semal, lui qui chante : A quoi bon se suicider ? Il suffit d’attendre, lui, qui n’a eu comme expérience qu’une armoire à pharmacie vidée, pour une demi-amourette, c’est le suicide de ceux qu’on aime qui est est une insupportable douleur.

Bernard Joyet, quant à lui emprunte plutôt le chemin inverse, celui de la survie en toutes circonstances, même si l’absurdité de ce monde-toujours elle-le conforte dans ses incertitudes ; la seule certitude étant bien sûr que nous sommes mortel.

Et Bernard Joyet, relevant que l’on pourrait citer des centaines d’aphorismes, de dictons et de proverbes à ce sujet, préfère s’en remettre à Souchon :

La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie.

Pour Benoît Dorémus, qui a été confronté au suicide d’un camarade de collège, c’est un drame très impressionnant qui a marqué mon enfance…Il faut relativiser, face à l’absurdité de l’existence, et savoir rire de tout : Rire jaune, noir, bleu, tout ce qu’on veut, mais rire, rire et rire. Un rire vaut dix Xanax.

Photo David Desreumaux

Flavie Girbal inaugure la partie 1 de la collection de printemps : Antoine Sahler Stoïcisme bubble gum, entretient avec Antoine Sahler, un artiste discret aux multiples talents, indissociable complice de François Morel, pour qui accompagner, écrire pour les autres l’aide : ça m’aide et ça me nourrit d’avoir cinq choses à faire à la fois et qui vient de sortir son troisième album : Le furieux.
J’ai retenu sa façon d’appréhender la chanson qui le passionne avant tout : Je suis passionné par la chanson, par le fait d’écrire, d’en parler, d’en découvrir… Dire, ne pas donner de leçon, , ne pas être dans l’étalage autobiographique, dresser des tableaux du quotidien, des faits de société, en soulignant : C’est le creux, le hors champ, l’ellipse qui apportent de la profondeur et du sens.

Antoine Sahler sera en concert du 28 au 31 mai 2019 aux Déchargeurs à Paris.

Photo DR

On fait ensuite plus ample connaissance avec Karin Clercq, chanteuse-comédienne belge De retour enfin ( par Karine Daviet ), avec son quatrième album La boîte à Pandore. Karin Clercq qui se remet en question, riche de son expérience : J’ai progressé, j’ai donc pu mieux m’impliquer et choisir une équipe avec qui j’étais en concordance, tout en respectant son ADN pop-rock, et sans se prendre au sérieux : Il ne faut pas se prendre au sérieux dans ces métiers. Ce n’est pas grave, c’est du vent.

C’est ensuite un voyage fraternel et musical autour d’Hervé Lapalud : Kora corps , propos recueillis par Michel Gallas. Hervé Lapalud, un globe-facteur de chansons, tombé amoureux d’une kora celtique, à 16 cordes, une harpe-luth qui marie une tradition ouest-africaine à la modernité. Kora qui est à l’origine, avec la rencontre de Dramane Dembelé, de son nouveau projet, Korafoland : je croise Dramane Dembele, musicien burkinabè, joueur de flûte peule et de kora, et sa façon de jouer me met à la renverse. Un album et un spectacle à venir donc, pourquoi Korafoland ? Korafola, en bambara, signifie celui qui joue, qui fait parler la kora. L’enfancie est le pays imaginaire de l’enfance, et Korafoland…

Gérard Magnet nous propose Un Regard sur Bastien Lucas : Hymne à la légèreté.
Bastien Lucas, pour qui l’étude de l’harmonie a changé sa vie : Aujourd’hui, il réalise cet album plus symphonique que rock. Plus qu’un choc des cultures, un mariage raffiné entre pop et chanson française où les cordes habillent avec élégance des textes patiemment épurés. Merci Bastien de nous rendre le monde plus léger !

Et c’est Mad, spécialiste du Rosbif saignant, qui propose un Carré d’as autour de Bancal Chéri.
Bancal chéri, quatre garçons dans le vent, tous talentueux séparément, Nicolas Jules, Dimoné, Imbert Imbert et Roland Bourbon, et complètement foutraques ensembles, qui ont mis leur amitié au service de la musique, une amitié scellée autour du spectacle de Boby Lapointe et qui perdure avec Bancal chéri, c’est un album, mais c’est surtout sur scène que le quatuor s’éclate, comme le dit Mad, vous êtes un jeune groupe de vieux rockers.

Les ficelles du métier de Boule, ont pour sujet les résidences, petit conseil, entre autres : Ne garder que les textes simples et les musiques faciles, le spectacle se vendra mieux.

C’était mieux maintenant ? Jules nous dit que oui, à propos de Mano Negra : Personne n’a secoué la scène française avec autant de frénésie et de bestialité. Que cette putain de fièvre nous fasse encore suer sang et eau !

 

Le grand dossier est consacré aux Ogres de Barback, Sam, Fred, Alice et Mathilde Burguière, une fratrie musicale dynamique, et leur 25 ans d’existence : Juste une histoire familiale heureuse, sans prise de tête, qui dure et se renouvelle sans se trahir. Juste un appétit de la vie.

Photo DR

Leur histoire commence à Jouy-le-Moutier, dans le Val-d’Oise, une banlieue un peu dortoir mais très jeune et très vivante, dans un environnement familial musical et chaleureux : Chez nous, on appelait la maison la MJC, parce que dès qu’il se passait quelque chose, c’était à la maison. Apprentissage musical, conservatoire pour les uns, plus en autodidacte pour Fred, premiers groupes, premiers concerts, Sam sous perfusion de Renaud et Brassens, l’arrivée des Pink Floyd, peut-être bien à l’origine des guitares électriques dans le groupe, dit Alice. Et ça démarre très vite pour eux, avec la rencontre de Grégoire Simon, saxophoniste des Têtes Raides, il s’en suit une spirale incroyable qui fera vivre ce premier spectacle pendant trois ans. C’est ce que les Ogres ont appelé La tournée des bars. Et puis, il y a eu Pierre ( La tordue), et Néry : Néry nous a fait vraiment grandir. Vient le premier album qui a du succès, Rue du temps, et le cruel dilemme d’accepter d’être distribués par PIAS, ce qui les mettrait à l’abri du besoin, ou d’être indépendant. Ils ont choisi l’indépendance, et à force de talent et d’un travail acharné, et l’espérance d’un monde meilleur…Ils ont su forcer leur destin: ça c’est une de nos grandes fierté : que nous soyons huit à vivre de nos chansons depuis vingt ans. Rien que ça, ça me va, j’ai le sentiment d’avoir réussi ma vie, dit Fred.

Mais le désir de bouger, de réaliser un rêve de gosses, leurs racines arméniennes aussi, les lancent dans cette folle aventure du Latcho drom, faire le tour du monde et se produire sous un chapiteau, pour vivre à plein leur rêve nomade. Puis, avec Les Hurlements d’ Léo venus se joindre à eux, c’est la tournée européenne d’un spectacle conjoint : Un air, deux familles. Ouf ! Nous avions envie de nous recentrer sur Les Ogres de Barback et de respirer un peu.
Mais ça ne dure pas longtemps : Et les Ogres d’aiguiser leur appétit, de réinventer leur œuvre, de s’enrichir d’autres cultures, d’aller de gourmandise en gourmandise en suivant un rythme de croisière, alternant projets des Ogres et projets collectifs. Devenus parents, ils se prêtent au jeu des albums jeunes public, un, puis deux, puis trois… Et tout leur réussit ! Quant à leur engagement politique, il est humain, et se situe sur le terrain : Nous ne comptons plus le nombre de concerts de soutien que nous avons donnés pour des causes qui nous tenaient à cœur. Leur engagement dans les causes humanitaire est multiple et discret.

Cinq ans après Vous m’emmerdez, après l’orchestration de La tribu de Pierre Perret, en hommage à ses soixante ans de carrière, Les Ogres de Barback viennent de sortir leur neuvième album studio : Amours grises & colères rouges, mi chansons de révoltes, mais aussi la tolérance, le vivre ensemble, enfin chansons ogriennes, mi chansons d’amour grises : C’était aussi pour moi un challenge que d’essayer d’écrire ce type de chansons sans qu’elles soient trop à l’eau de rose, dit Fred.
Un parcours hors du commun pour cette famille musicienne que j’aime pour sa remise en question permanente et son ouverture d’esprit. Latcho drom à eux, pour notre plus grand plaisir et le leur.

Qu’en pense Jules, ( Jules, chanteur, écrit aussi dans Hexagone), dans son Regard extérieur ? Et l’on apprend que Jules est l’ami d’enfance de Sam, qu’ils ont fait, outre de la musique, les 400 coups ensemble, braqué deux fois une banque, une fois pour aller à la Cigale voir la Mano Negra, une fois pour acheter une basse, et Sam des pédales de guitare wok’n’woll, et c’est dix ans de tournée avec l’arrivée du frangin Fred, avant que chacun passe à autre chose, suivant d’autres chemins, mais toujours heureux de se retrouver.

Pour conclure avec Les Ogres, la chanson Contes, vents et marées, de leur album Avril et vous ( 1999).

Avant de passer à la partie deux de la collection de printemps, et même après, on peut s’attarder sur les nombreuses chroniques d’albums récemment parus ou à venir, et en faire une belle récolte printanière, Fauthentique de Tété, Antoine Sahler, Le furieux, Une tranchée de vie, Romain Lateltin, A la lisière, Clarika, Ma cantate à Barbara, Anne Peko, Fransesca Solleville, Les treize coups de minuit, Hélène Martin, Le désir, l’essentiel de nos vies, anthologie de 34 chansons sur des poèmes, Jehan, Divin Dimey, Christian Tarroux, Sans contours définis, Sanseverino, The Beber Project vol 1, hommage à François Béranger, Kent, Peine perdue, etc…Des affiches de festivals, comme Aubercail, du 22 au 25 mai, Festiv’en Marche, du 6 au 10 juin 2019… On peut aussi admirer les Photos de saisons ou photos de scène de David Desreumaux, ou de Chantal Bou-Hanna.

C’est un plaisir toujours renouvelé de flâner au fil des pages.

Et l’on arrive à Pierre Perret, sourire malicieux, index pointé en l’air, photo de David Desreumaux qui s’entretient avec lui : L’arme la plus difficile à manier lorsque tu écris est la dérision.

Photo DR

Pierre Perret parle de son œuvre, quelques 500 chansons, et quelques dizaines de livres, ( j’ai même un gros livre de cuisine de lui), et en particulier de son dernier album Humour liberté : Dans cet album, il n’y a que des chansons qui m’en ont fait baver ! Dit-il, et ce, malgré sa longue expérience du métier. Il faut être plus vigilant que jamais pour ne pas être redondant. Pierre Perret, toujours indigné, et ne mâchant pas ses mots, n’a pas écrit que des chansons sautillantes pour réveiller les auditeurs de France Inter, chansons qu’il ne renie pas, mais il a fait beaucoup plus, lutter contre le racisme, avec Lili, prendre la défense des émmigrés : Au lieu de murs de barbelés, bâtissez plutôt les ponts 
Qui sait un jour vous viendrez vous réfugier dans nos maisons 
Vous en faites pas les copains 
On vient pas manger votre pain 
On est capables d’en créer et même de le partager .

Il est celui qui a le plus écrit pour défendre les femmes, La femme grillagée, La p’tite kurde, Riz pilé, Elle attend son petit, il s’attaque à la pédophilie et le laxisme de l’église pour les curés violeurs : Pédophile, les attentats :

Aujourd’hui ma plume est alerte
Elle survole un nid de scorpions
Pour lesquels rien n’est pire certes
Que la liberté d’expression
Ces petits cancrelats débiles
Ont courageus’ment fait la preuve
Qu’égorger est aussi facile
Que d’filer une trempe à sa meuf .

C’est un infatigable défenseur de toutes les causes, à la plume alerte, qui sait parler de choses sérieuses avec humour, légèreté, gardant toujours le sens de la dérision : C’est le plus difficile à faire dit-il.

Allons maintenant à la rencontre de Nevché Les mots dits. C’est Karine Daviet qui nous y invite.

Photo N Gabriel

Frédéric Nevchehirlian savait déjà à cinq ans qu’il serait poète, mais comment en faire un métier ? C’est avec la découverte du film Slam qu’il comprend que le slam, c’est de la poésie, et qu’il fait du slam : Pour moi c’était de la poésie orale. Alors, tout va très vite pour lui, et le succès est au rendez-vous.
De son douloureux voyage à Kinshasa, en pleine guerre civile, qui lui rappelle l’histoire de sa famille, il écrit des textes plus personnels, et s’entoure de nouveaux musiciens, pour sortir, en 2009 son premier album sous son nom de Nevchehirlian : Monde nouveau monde ancien., puis Le soleil brille pour tout le monde en 2011, sur des textes de Prévert et Rétroviseur en 2014.
Puis le besoin de se retrouver, épuisé après dix années de concerts et projets, il écrit un long poème Décibel, et les treize chansons de Valdevaqueros, Valdevaqueros, qui évoque une plage de la province de Cadix, une envie d’afficher son côté espagnol maternel, pour équilibrer le côté arménien paternel. Cet album sorti en 2018, est à la fois une Odyssée électro-pop, avec des sons minimalistes, millimétrés et délicieusement hypnotiques, signés par les talentueux Simon Henner et Martin Mey, et une quête, un voyage intérieur.
L’engagement, chez Fred Nevché, n’est pas seulement dans les mots mais aussi dans la façon d’exercer son métier. En 2008, il fonde une coopérative, internexterne, défendant à la fois une vision collective de la musique et l’autonomie des artistes. L’avenir de la poésie pour Fred Nevché ? Nous entrons dans une sombre période où nous avons plus que jamais besoin d’imagination. La poésie est une nécéssité absolue, mais elle va devoir prendre les armes.

Une découverte, la fille au violoncelle, Katrin’ Waldteufel, alias Cello Woman Deux en une, par Philippe Kapp. Une encore pour qui la musique est une affaire de famille, entre autres musiciens de sa famille, son aïeul Emile Waldteufel fut en effet un grand compositeur de valse, fin dix-neuvième siècle. Elle et son violoncelle ne font qu’un, musicienne avant tout, elle s’oriente vers la chanson, en intégrant une fraternité-chanson, Les frères de la côte, Gilles Roucaute et Zed van Traumat pour la co-écriture des textes, Johan Mathaly et Bastien Lucas pour les arrangements, et Bastien Lucas est aussi son guitariste, compagnon de scène, pour un spectacle et le double album 2 en une.

Photo NGabriel

Nous arrivons à Jean-Michel Piton : A profusion, le cœur battant, propos recueillis par Nicolas Brûlebois.
Et il est question de poésie et de chansons. Mais si certains mettent la poésie en musique, lui la met en chansons, ce qui pose problème pour la sacem. Jean-Michel Piton a une connaissance approfondie des poètes qu’il aime, et ne choisit pas la facilité. Pour Dimey, par exemple, il dit : Il est quand même dommage de résumer ainsi un mec qui a préparé les grands séminaires, écrit sur Dieu- la mort d’un homme c’est un chemin de croix ! Pourquoi les gens ne vont-ils pas voir de plus près ? Lorsque je prends un poète, j’ai la prétention d’avoir une vision moins schématique de son œuvre. Et souvent, il y a des surprises.

Ce, tout en défendant aussi le côté drôle de Dimey. Cela fait trente ans que Piton chante les poètes, sans intention politique : Victor Hugo a monté haut la défense de l’humain, à travers les grandes causes. Mais dans ma démarche, je ne m’occupe pas de ça . Il est sur un plan plus humain que politique : J’ai toujours été proche des laissés-pour-compte de la société. J’ai une forme d’engagement pour ça. Les poèmes qu’il met en chansons collent à sa propre sensibilité, l’imagerie du clochard céleste, le côté romantique de Baudelaire, Maris stella, de Raoul Ponchon, façon rock : je viens du Maine-et-Loire, milieu catho, j’ai été enfant de choeur. Tu ne t’en défais pas comme ça. L’humanisme de Richepin a qui il a consacré un album : J’y ai trouvé un humanisme, parlant de la souffrance universelle, proche de mes préoccupations. Un choix minutieux très personnel, une poésie désacralisée qui touche en plein cœur, une interprétation magistrale, sur des musiques superbes, des violoncelles à l’esprit rock, Musiques et mots de l’âme porte bien son nom, et il annonce une suite qui s’avère tout aussi surprenante, plus punk, ou à la Bashung, avec de la guitare électrique.. Selon le poète, et l’humeur du moment.

Regard sur… Tiou Hybride et ébouriffé, par Michel Gallas.

On dit que ses chansons sont aussi ébouriffées que sa coupe de cheveux. Tiou, de son vrai nom Mathieu Andreau, après avoir beaucoup lu, écouté Brel, Loïc Lantoine et Sanseverino, écrit et compose des chansons : Sa présence charismatique, sa voix prenante, ses mélodies gimmick et ses textes percutants touchent le public. Chanteur à fleur de peau, le verbe haut, souvent drôle et inspiré, il conte ses humeurs, passant de l’humour noir à la tendresse, de la chanson au slam. Il sera le 7 juin 2019 à Saint-Denis-de-Pile ( 33  ), au Festival Musik à Pile.

Une découverte encore, c’est Safia Nolin : L’art mélancolique, par Dora Balagny.
Une femme drôle aux chansons tristes qui a la côte au Québec, et commence à être connue ailleurs depuis sa tournée de deux ans en France, en Suisse et à Berlin : J’ai deux albums à vendre dans le hall. Les chansons vont de déprimantes à très déprimantes nous dit-elle. Mélancolique, elle l’est et entend le rester : un artiste n’a pas besoin de changer de style pour exister. Safia Nolin a aussi la passion des reprises, Le temps de l’amour, de Françoise Hardy, en duo, avec Pomme, On brûlera, ou encore Ma préférence de Julien Clerc. Et elle réfléchit pour un second volume à paraître cet automne.

Photo DR

Elle, ne chante pas de chansons tristes ! Mais plutôt coquines, provocatrices, ou des reprises de chansons réalistes. c’est Marjolaine Piémont, vue par Flavie Girbal : Frou-frou.
Marjolaine n’est pas faite pour être assistante de direction, elle qui a toujours été sur le chemin de la création. Jusqu’à cette école de cinéma parisienne, Elle abandonne son boulot pour aller animer la Saint-Sylvestre chez Maxime, c’est le déclic, et elle se met à gagner sa vie en tant que chanteuse, d’abord dans les cabarets parisiens, un répertoire de chansons réalistes, comme celles de Yvette Guilbert : Nombre de ses chansons me bouleversent. Elle défend des textes forts, parfois interdits par la censure. Puis, d’interprète à auteur-interprète, Marjolaine Piémont trace son chemin, d’expérience en expérience, comédie musicale, premières parties, circuits indépendants, curieuse de tout, persévérante. Les chansons de Marjolaine, leurs convictions et leurs provocations doivent être entendues avec la finesse d’esprit et la grande sensibilité qui les accompagnent. Elles ne seraient pas audibles autrement.

Les rappels : Le Sémaphore, un rayonnement national. Propos recueillis par David Desreumaux.

Le Sémaphore est un lieu municipal, décidé par la mairie de Cébazat ( huit mille habitants) et inauguré en 1998. Salle polyvalente, théâtre, danse, école de musique, cirque, chansons, actions dans le milieu scolaire, etc…Qui a eu la chance d’être conventionnée, et Jacques Madebène, directeur du lieu, a tout fait pour étoffer la partie chansons, créant très vite le festival Sémaphore en chansons, consacré à la chanson francophone, et les rencontres Mathieu Côte, une vitrine des artistes professionnels ou en voie de professionnalisation, des découvertes, des suivis et des prix : Ces prix qui sont des résidences ou des concerts en incitent beaucoup à postuler.

C’est aussi David Desreumaux qui recueille les propos de Cholbiz.

Quels sont les chemins empruntés pour que Cyrille Cholbi , ancien étudiant en gestion, devienne manager et tourneur, un couteau suisse, dit David Desreumaux, pour les artistes ? Pas n’importe lesquels, ceux pour qui il a un coup de cœur, qu’il a envie d’accompagner, comme Jules Nectar, Nicolas Jules, ou Cédrick Boule. Un long parcours qui va de l’objection de conscience au militantisme pro-décroissance, de l’organisation des premiers concerts à la diffusion pour une compagnie théâtrale, du management d’artistes à la création de sa structure Cholbiz. Un parcours fait de rencontres, d’aventures, comme Lombric, de collaborations, de formations, : Formations d’Issoudun, ( à l’époque l’inirep), patronnées par Bertrand Ledoux, une bien belle promo, une année très enrichissante. Le sentier des Halles, Courir les rues, etc… Un métier passionnant mais qui demande rigueur et patience : il faut être organisé, précis, volontaire…tenace, et patient, inventif et à l’écoute : tenir les programmateurs au courant de l’évolution du projet, de son actualité, les inviter à des concerts à proximité ou à grande visibilité, appréhender leurs difficultés, leurs problématiques toujours singulières, être à force de propositions et d’arguments pour rassurer, convaincre, séduire.

Vus sur scène retours de concerts.

David Desreumaux revient sur On voudrait revivre, au Théâtre Antoine Vitez, le 1er décembre dernier. Un spectacle autour de Gérard Manset écrit et interprété par Léopoldine HH, et Maxime Kerzanet. Avec Chloé Brugnon à la mise en scène, Hugo Dragone à la création lumière, Mathieu Diemert à la création son et Jennifer Minard aux costumes et accessoires, le spectacle produit par la compagnie Sergent est une éblouissante pépite qui séduit tout autant amateurs de chanson que férus d’art théâtral.

Toujours au Théâtre Antoine Vitez, qui a confié carte blanche à la revue Hexagone pour la deuxième fois, la création de l’Arrache-coeur(s) le 26 janvier dernier, un spectacle pour saluer la mémoire de Boris Vian, disparu le 23 juin 1959, : Comme pour Bashung en 2017, Arrache-coeur(s) ne se voulait pas un hommage exclusif au grand Boris mais s’entendait plutôt comme une errance à travers les trois répertoires ( Daphné, Krüger, Vian ).

Photo Chantal Bou-Hanna

Le 22 février, à Ivry-sur-scène, au forum Léo Ferré, c’est Mona Heftre qui a enchanté un public nombreux, accompagnée au piano par Nathalie Fortin, hommage à Ferré, à Catherine Sauvage, elle chante aussi Pierre Mac Orlan ( La chanson de Margaret, La fille de Londres), ou encore Barbara : Charles Baudelaire, Pierre Seghers, Patrick Modiano, Gilles Vigneault, Charles Cros, Serge Rezvani seront ainsi convoqués dans ce tour de chant, servis chacun avec la même élégance, avec délicatesse, d’une voix profonde et chaleureuse célébrant la langue française et ses quartiers de noblesse.

Mad, lui, se fait écho des Hurlements d’Léo à La Cigale, le 26 janvier dernier. Et, dès le premier titre, le public de La Cigale passe en mode sauteurs et la température monte instantanément de plusieurs degrés. …. Ils sont rejoints par Les Ogres de Barback, qui, le temps de deux morceaux récréent l’osmose d’Un air, deux familles.

Nicolas Brûlebois quant à lui, nous parle de sa soirée ChardRy aux Chansonniers, un hôtel qui fut l’un des derniers Q.G. D’Allain Leprest, et parmi la faune musicale voisine, Leprest s’était lié, à cette même période, avec un chanteur-musicien pas encore trentenaire : Richard Bauduin alis ChardRy ( aussi surnommé l’homme à la guitare bleue). Dix ans après la disparition de Leprest, il est venu lancer son EP de cinq titres au Chansonniers : Les textes offerts à ChardRy ne sont pas du Leprest pur jus : plus légers que de de coutume, sans être creux…Il lui reste assez de matière pour publier trois autres EP thématiques : après les femmes, le prochain devrait évoquer les voyages-témoin le splendide Angkor, chanté en avant-première ce soir là.

De beaux spectacles qui, je l’espère, vont arriver jusqu’à nous. Pour plus de retours de concerts : hexagone.me

Photo DR

Perrine Marlière raconte Pauline Julien Le volcan.

Faire le portrait de Pauline Julien est un exercice complexe, tant elle a suscité tout au long de sa vie les passions les plus extrêmes. Ne voir en elle que l’artiste serait la trahir : La fougueuse Pauline Julien est une femme aux multiples visages qui a toujours refusé qu’on lui colle une étiquette. Pauline Julien, c’est une œuvre dense, une vingtaine d’albums, la scène : Elle s’impose par sa présence, sa voix, son énergie, c’est aussi un engagement politique pour l’indépendance du Québec, ce qui l’a menée en prison avec son compagnon Gérald et quatre-cent-cinquante autres personnes, et l’engagement féministe. Elle a chanté les auteurs les plus progressistes, nous dit Céline Faucher, qui a largement contribué à la faire connaître, notamment avec ses deux spectacles : Autour de Pauline Julien et Qui a peur de Pauline Julien ? Et pour Steve Normandin, l’accordéoniste chanteur-voyageur québecois : Pauline Julien était capable de mettre le feu aux poudres. Sur le fond, chanter c’était de la provocation.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien Pauline Julien, à lire ces six pages de Perrine Morlière, illustrées par un portrait très réussi de Flavie Girbal.

Et nous arrivons à La petite histoire de la chanson par Norbert Gabriel : Célimène Gaudieux.
Qui connaissait cette Célimène avant que Norbert nous en parle ? Même pas moi, qui suis passée plusieurs fois de Saint-Paul de la Réunion, aux Trois bassins et à La Saline-les-bains, sans savoir qu’elle en était la muse, une autodidacte qui fut une des premières ancêtres de l’esprit rap, et le symbole de la poésie et de la culture populaire de la Réunion. Célimène tenait une auberge sur les hauts de Saint-Paul : Elle offrait des liqueurs, l’coup de sec, le frangorin, le jus de canne, le lait de noix de coco. A celui qui avait faim, elle servait un carry, un rougail, du vin. Et c’est alors que pinçant sa guitare, elle chantait toutes les chansons qui lui passaient par la tête, en français ou en créole.. .Un sacré phénomène, Célimène ! Louis Simonin tirait une fierté particulière des 5 vers que Célimène lui adressa pour le remercier d’un échantillon de lave volcanique dont il lui avait fait cadeau :

Je te remercie mon cher voisin
De la roche que tu m’as envoyée
Je vais bien la conserver
On ne jette pas tous les matins
D’aussi jolies pierres dans mon jardin. …

Sa peau fut jadis sa douleur, sa peau qui n’a pas connu que fleurs, chante Jim Fortuné au sujet de celle qui se disait « infortunée créole » et rimait « à tort et à travers ». Comme une chanteuse de blues quelque part en Louisiane.

Article illustré d’un portrait de Célimène Gaudieux de Piérick.

Quelques nouveautés EPM pour le printemps, Jehan Divin Dimey et Christian Tarroux Sans contours définis. Un rappel encore : L’air du temps festival de chansons à Lignères-en-Berry, du 29 mai au 1er juin.

Et… La cerise sur le gâteau, ou plutôt le Rosbif saignant : Flash-back à l’anglaise, par Mad.

Mad le rockeur confronté au Caïd-de-Clichy-connu comme le loup blanc en tant que farouche défenseur de la cause chanson française et ce caïd menace Mad : Et si tu t’avises d’me ram’ner de la daube, genre «  So good, j’ai trop kiffé », je t’enfonce dans ce qui te sert de fondement les œuvres complètes de Flaubert et de Ferré ! Pas facile la chro de Mad, surtout quand le Redac-en-chef lui suggère : De qui n’as-tu pas encore dit du mal ?

Ah ! Une question encore : Avez-vous déjà écouté ma musique ? C’est fhom.fr qui la pose. Aimez-vous ? Moi, oui.

Et l’on referme ce beau numéro de printemps 2019 avec Clio qui annonce la sortie de son deuxième album le 13 septembre 2019. Et deux titres sont d’ores et déjà disponibles : T’as vu et Amoureuse.

Voilà, ce ne sont là que quelques notes de lecture, parmi les 170 pages de ce numéro de printemps d’Hexagone. Et comme d’habitude, pour les ( rares) lecteurs de ces notes, surtout ceux non encore abonnés, je ne saurais que vous encourager à le faire très vite pour tout savoir sur la scène vivante, et la chanson.

Clic  ici —>

Danièle Sala

Hexagone printemps 2018

4 Avr

 Pour tous ceux qui aiment la scène vivante, les meilleurs artisans de la chanson, les réflexions, les points de vue, les échanges et actions diverses autour de la chanson, les lieux qui l’accompagne et la font vivre, toute l’actualité, sorties d’albums, spectacles vus ou à voir, avec sérieux, un zeste d’humour,  des photos sublimes, et même des dessins, un beau livre, avec une couverture épaisse qui peut trôner dans nos bibliothèques, Hexagone le mook est incontournable. Et nous en sommes au numéro 7, Printemps 2018, et ce numéro marque une ouverture vers d’autres arts, comme l’annonce David Desreumaux dans son édito, avec la rencontre de Serge Rezvani, peintre, romancier, poète… Et auteur de chansons , entre autres, le tourbillon, chanté par Jeanne Moreau, dans le film de Truffaut Jules et Jim.  Il se dit amateur au sens noble du terme, mais a quand même obtenu deux fois le Grand Prix de l’académie Charles Cros ! Et la chanson tient une place importante dans sa vie :

Certaines chansons pendant la guerre m’ont marqué, et si je les entends ou si je les rechante c’est un peu comme la madeleine de Proust : tout d’un coup tout revient de manière extraordinaire, et je pense qu’il y a peu de choses aussi aussi fortes qu’une musique, une chanson qui a marqué un certain moment de votre vie.

Parenthèse d’humour en ouverture, celle là, je l’aime bien :  La victoire de la Musique dans la catégorie «  artiste féminine » n’a pas été décernée à Orelsan.

Un  rencard avec Loïc Lantoine, par Roxane Joseph, un artiste hors cadre qui sait saisir les opportunités et avancer avec aisance dans ce monde très codé de la musique.Loïc Lantoine qui a remporté avec le Toubifri, Very Big Experimental Toubifri Orchestra,double album et concerts dans toute la France, le Grand prix scène de l’Académie Charles Cros.

Photo Vincent Josse

On s’intéresse ensuite au patrimoine en danger, avec Clémentine Deroudille, qui pose la question : Quand verrons nous un musée de la chanson ouvrir en France qui permettrait de recenser, restaurer, conserver et présenter ces trésors inestimables. Objets, manuscrits, affiches, photos, costumes, lettres, appartenant ou ayant appartenus à nos chers artistes, et qui sont dispersés un peu partout.  On a vu, avec le succès des exposition Brassens, ou Barbara, qu’il y avait un public pour ça.

Chanson & Poésie, Quand la littérature prend l’air, regards croisés d’écrivains et poètes sur les rapports entre poésie et chansons, conçus par David Desreumaux et Patrick Engel.

Poètes, pas poètes, le débat est aussi vieux que l’histoire de l’expression humaine, nous dit par exemple Olivier Chaudenson, directeur de la Maison de la poésie. Ne pas nier les différences, certes, mais ne pas les hiérarchiser non plus…Rappelons toutefois que les plus grands poètes ont écrit des chansons : Prévert, Aragon, Mac Orlan… Nous rappelle Philippe Delerm.

Stéphane Hirschi, professeur de littérature française moderne à l’université de Valenciennes, qui a inventé une discipline universitaire, la cantologie, raconte cette longue histoire depuis la rencontre de la poésie et de la chanson, Sous la bannière du lyrisme, poésie et chanson se rencontrent six siècles avant JC. En grèce, Pindare et Sapho expriment leurs sentiments en vers : rythme et mélodie… Jusqu’à nos jours, pour conclure : Oser faire fredonner des règles qu’on bouscule, qu’on déplace, qu’on met en perspectives nouvelles, ne serait-ce pas cela, la rime profonde entre poésie et chanson ?

D’ailleurs demande Matthias Vincenot, poète :Un poète sait-il forcément écrire des chansons ? En précisant qu’il ne faut pas confondre la poésie avec la poétique.

Et En quoi l’écriture d’une chanson peut-elle différer de toute autre écriture ? Demande le parolier Jean Fauque.  

Et c’est avec Olivier Chaudenson, qu’on revient pour mieux connaître la Maison de la poésie, devenue un lieu singulier, ouvert à tous les genres littéraires, avec beaucoup de musique et beaucoup d’images. Un lieu de création, une maison en mouvement, qui tend à rattacher la littérature au spectacle vivant, sans étiquetage, avec comme première urgence de reconnecter la poésie, la littérature, à un public plus large : ça me semble très naturel de dire que la littérature est un art vivant.

Et puis, les différentes formes d’écriture ne s’opposent pas. Elles se complètent, s’apportent l’une à l’autre, et aujourd’hui se rencontrent sur scène, précise Marie Modiano, qui se définit quand à elle comme une musicienne qui écrit de la poésie et des romans…Ou bien le contraire, qui sait ?

Quel que soit le procédé artistique, il existe par le fait même qu’il s’offre au monde. La chanson existe ainsi en ce qu’elle entre dans le domaine public. Ajoute Barrio Populo.

Et pour Sophie Nauleau, Docteur en littérature française, et directrice du Printemps des poètes, on ne peut plus dire que la chanson est un art mineur, quand on voit tous les plus grands poètes qui sont  chantés.

La chanson, c’est aussi l’affaire de Miss Knife, chanteuse de cabaret, à ne pas confondre avec son double, Olivier Py,  poète, romancier, directeur de l’Odéon, puis du festival d’Avignon. Deux carrières totalement séparées. Miss Knife est une chanteuse et fait du music-hall depuis 25 ans : chanter des chansons, ça répond mieux aux questions que des livres sérieux.

C’est avec Marie-Thérèse Orain que nous avons ensuite rendez-vous, pour la partie un de la collection de printemps, propos recueillis par Flavie Gerbal.

Une vie bien remplie pour cette comédienne pleine d’énergie, qui, à force de belles rencontres, notamment avec Patachou, a réalisé son rêve, après avoir traversé toutes les vagues musicales possibles et inimaginables, depuis ses débuts en 1962, se consacrer uniquement à la chanson et à la scène, et c’est au forum Léo Ferré, à Ivry que son CD Intacte a été enregistré en 2015. Textes choisis pour leur qualité, plutôt que sur la notoriété de l’auteur, on trouve sur ce CD, Anne Sylvestre, Léo Ferré, Jacques Debronckart, Claude Lemesle, Gribouille, Pierre Tisserand, Anne Sylvestre.

Une invitation de Malorie D’Emmanuele à écouter Un Camp, EP de 4 titres de Makja,( maquis, en corse) un regard sur cet artiste qui a décidé de créer, seul, un projet musical. Création d’un espace d’échange aussi bien humain qu’artistique. Il se définit comme un artisan des mots, aux influences électro ou symphoniques, je découvre, et j’écoute : Car née de doutes / Ma musique est fille de sentiers / Dans cette vie de virages / Inconstante est la mise en pieds…

Karine Daviet, elle, nous raconte le parcours de Gael Faure, de son Ardèche d’enfance à Paris, en passant par La Nouvelle star, sans en tomber dans les pièges, il a pris son temps, avec une force tranquille : prendre son temps est le plus sûr des chemins. Et son idée c’est de montrer que l’authentique peut revenir à la mode sans forcément être ringard.Son deuxième album, Regain, sorti en janvier 2018, raconte ce voyage intérieur.

Chic & Choc, c’est Gervaise, vue par Flavie Girbal, Gervaise l’ultraféminine, pourfendeuse de clichés à tout crin, qui vient de remporter le prix du public et le prix Catalyse Georges Moustaki.

SANSEVERINO-CLICHY-29-01-2018-©david-desreumaux-2-1300x867

Photo DDesreumaux

Et, surprise ! C’est Mad, l’affreux jojo du Rosbif saignant qui nous propose un Sanseverino servi chaud en le présentant comme un Bluesman facétieux : Connu et reconnu comme chanteur populaire et musicien hors pair, Stéphane Sanseverino se la joue Bateleur Joe avec son huitième album Montreuil/Memphis. Surtout ne pas lui mettre d’étiquette, comme celle de jazz manouche qui lui colle à la peau depuis des années, alors qu’il n’a fait que deux albums sur huit de ce genre, lui aime le changement, se marrer, mais pas que : Faut qu’ils s’y fassent, je ne suis pas juste un amuseur public.

Une fiche pratique, très drôle bien qu’étant réaliste sur les ficelles du métier, Les premières parties, par Boule. Un petit exemple : Avant de partir, PENSEZ à VIDER les FRIGOS des loges en guise de DEDOMMAGEMENT, ainsi que les corbeilles de confiseries et autres barres chocolatées. VOS enfants seront contents.

Toujours beaucoup d’albums récents chroniqués, Un florilège d’Anne Sylvestre 60 ans de chansons en 3 CD-45 titres, Juliette : J’aime pas la chanson, Frédéric Bobin :  Les larmes d’or, Les hurlements de Léo : Luna de papel, Môrice Benin : L’inespéré entre les lignes, Jules Nectar : Nos rêves, Pigalle : Ballade en mélancolie, Les Escrocs : Super-héros, Dominique A : Toute latitude, un CD-DVD de Michèle Bernard : Scène & canapé, pour ne citer que ceux que j’ai écoutés, et des dizaines d’autres à découvrir. Qui dit que la chanson française se porte mal ?

Et est-ce-que C‘était mieux maintenant ? Pour Jules qui se la joue nostalgique du quatrième album des Satellites intitulé 4, c’était bien avant, aussi … 25 ans déjà, et il se referait bien un concert avec eux dans son jardin.

Un grand dossier de 17 pages est consacré à Zaza Fournier, entretien avec David Desreumaux, Née  d’une mère hollandaise et d’un père marseillais, elle regrette Paris d’où elle est partie à l’âge de 10 ans, pour vivre une adolescence morose dans un petit village de l’Oise, où ses refuges sont la littérature et la musique, puis c’est la révélation, avec un 20/20 pour un passage du Cid récité au lycée, elle prend au sérieux son désir de théâtre, et s’inscrit au Cours Florent, puis vient à la chanson par amour, faut dire qu’elle s’était entraînée, à 12 ans, enfermée dans sa chambre, à chanter tout Piaf avec pour seul micro sa brosse à cheveux ! C’est un garçon qui m’a fait chanter pour de vrai la première fois. C’est par amour. Ce garçon, c’est Jack Lahana, aujourd’hui son compagnon, et réalisateur de ses deux premiers albums. La chanson par la scène précise t-elle : Avec la scène, j’ai l’impression d’être en état de recherche permanent.

A la question qui vient comme ça, au cours de l’entretien : Si tu te demandes si tu seras encore chanteuse à 60 ans , elle a une jolie réponse : Tu sais, c’est comme les gosses qui courent au bord de la falaise et qui n’ont pas peur. Tout à coup tu grandis, tu vieillis, et tu as le vertige.

Le regard extérieur sur Zaza Fournier, c’est Arièle Butaux, musicienne, écrivain, femme de radio.

Elle aime tout de Zaza Arièle : J’aime chez Zaza La précision du trait, la miniature parfaite, la mélodie qui va te rester dans la tête comme une bonne vieille chanson italienne. Ses chansons sont en technicolor : ça claque, ça porte, ça secoue !

Et l’on continue avec Zaza Fournier et son nouveau spectacle : Le déluge. Un spectacle théâtre / chansons qui raconte le déluge intime qui bouscule et fait surgir le sauvage qui sommeille en chacun de nous, est il possible d’être libre et ensemble à la fois ? Le déluge pose cette question : peut on être à la fois libre et ensemble, profondément soi-même et avec les autres ?

Trois filles sur scène, avec Diane Villanueva aux percussions et Juliette Serrad au violoncelle, pour un spectacle qui devrait marquer les esprits.

Pour clore le chapitre Zaza Fournier, paroles et musique de La jeune fille aux fleurs, que l’on peut aussi écouter sur Youtube, ou encore mieux sur son album Le départ : Si tu as le cœur blessé / Offre moi des fleurs séchées / Des lys ou du mimosa / Si tu rêve encoe de moi / Si tu t’en vas sans regrets / Quelques brins de serpolet…

logo_Moustaki_rond-3Retour en image sur le huitième Prix Georges Moustaki, avec de superbes photos de Chantal Bou- Hanna et Frédéric Petit, les finalistes, Gatica, prix du jury, Gervaise, prix du public, Mehdi Krüger prix de la selection FestiScib, For The Hacker, lauréat de la sélection FrancoFans.

Et c’est avec Jacques Bertin que je prends un malin plaisir à décrypter ses réponses aux questions de Nicolas Brulebois. Entretien qui a lieu entre Mouffetard et Contrescarpe : quartier de pauvres, d’aventuriers et d’artistes.

Parmi ses projets, un qui lui tient à cœur, la maison de l’histoire de la chanson, un beau projet qui est aujourd’hui en bonne voie, puisqu’il semble que le ministère de la Culture ait la volonté de s’impliquer, et un projet d’album humoristique qui pourrait s’intituler : Chansons à la con, étonnant, non ? Il parle aussi de son dernier album, plus varié que les précédents, avec moins de musiciens, pour raisons économiques. Il y a un poème de Valery Larbaud que j’aime beaucoup,  Voeux d’un poète :

Lorsque je serai mort depuis plusieurs années,
Et que dans le brouillard les cabs se heurteront,
Comme aujourd’hui (les choses n’étant pas changées)
Puissé-je être une main fraîche sur quelque front !
Sur le front de quelqu’un qui chantonne en voiture
Au long de Brompton Road, Marylebone ou Holborn,
Et regarde en songeant à la littérature
Les hauts monuments noirs dans l’air épais et jaune.
Oui, puissé-je être la pensée obscure et douce
Qu’on porte avec secret dans le bruit des cités,
Le repos d’un instant dans le vent qui nous pousse,
Enfants perdus parmi la foire aux vanités ;
Et qu’on mette à mes débuts dans l’éternité,
L’ornement simple, à la Toussaint, d’un peu de mousse. 

(Valery Larbaud, Les Poésies d’A.O. Barnabooth, 1913).

 

Une autre chanson : La vague évoque le sort des migrants, que la France a du mal à gérer.

On en sait plus sur sa façon d’écrire ses chansons, et de les travailler avec sa guitare, son passé de chroniqueur à Politis, et les polémiques suscitées par certaines chroniques, son respect pour les anarchistes, qui sont dit il, respectueux et bien élevés : je les trouve humainement corrects, honnêtes, contrairement aux trotsk’s , mao, ou stals, pour qui il ne serait qu’un petit bourgeois, un salopard.

Parmi les découvertes de printemps, à noter chez EPM Musique, deux albums majeurs, Ziaco : Né en voyage et Les cyclamens de Pierre Margot qui sera en concert au Lavoir Moderne Parisien, les 1er et 2 juin.

Coffees & Cigarettes et leur Hop’n’roll fantasy n’échappent pas au regard de David Desreumaux, Renaud Druel affirme ne pas être capable d’écrire autrement qu’au travers d’images

Claire Pommet, alias Pomme, elle, est une belle promesse, selon Dora Balagny.

Elle a déjà des kilomètres de concerts au compteur, depuis ses débuts musicaux en famille, son coup de cœur pour l’autoharpe : J’aime l’esthétique de l’autoharpe, sa sonorité un peu elfique, ses classes vocales de dix ans dans une chorale, jusqu’à ses premières parties de Benjamin Biolay, Yael Naim ou La Grande Sophie, et son premier album sorti en octobre dernier. Elle sera en concert au Printemps de Bourges le 28 avril, et à La Cigale le 20 juin.

Et ce sont des Embruns de chansons nous viennent de Ronan, sous le regard de Michel Gallas. Ronan, qui, ayant fait l’expérience de plusieurs groupes, Toultoutim, avec Jules Nectar, et un album en 2011, comme accordéoniste des NotaiRes et des Maristo pour trois albums, en tant qu’ACI pour le quintette Les Vents Malins, dont il sortira un EP,  crée ensuite un répertoire plus plus intimiste et personnel : il chante des histoires de la vie et de rêves enfouis dans un vocabulaire imagé et singulier, et nous transporte dans une poésie réaliste où les mots s’entrechoquent et se percutent. Volutes, son album autoproduit sorti en 2017 est chroniqué p. 64 d’Hexagone n° 4 .

Et toi tu fais quoi ? C’est le titre du premier album de Joëlle Saint-Pierre dont Flavie Girbal nous fait le portrait. Elle nous vient du Québec, c’est fou ce qu’on aime la chanson francophone là-bas ! Mais dit-elle : Je me sens extrêmement moins chanteuse que musicienne. Et comme elle ne peut pas trimbaler son marimba partout, c’est son vibraphone qui l’accompagne dans ses tournées. Le vibraphone convoque le nord magnétique et les grands espaces enneigés.

Encore une belle découverte,  Phanee de Pool, la slapeuse à part, qui a rendu son arme et sa carte de policière fin 2017, pour se consacrer à la chanson, avec une immense envie de croquer la vie : Je suis une gourmande, j’ai envie de jouer partout, dans des lieux insolites…comme un poulailler… Et déjà reconnue, elle a remporté le prix du public et quatre dates de concerts au concours de La médaille d’or de Saignelégier.

Un petit tour à Lyon où il y a des lieux sans lesquels la chanson ne serait pas ce qu’elle est, et A thou Bout d’Chant est de ceux là. Avec Karine Daviet comme guide. Marc David et Frédérique Gagnol ont fait de ce lieu une place forte de la chanson, et Lucas et Matthias ont repris cette salle en 2015,  avec des choix qui reflètent la diversité musicale de la chanson française et de la modernité.

Et une visite guidée de La Manufacture Chanson, société coopérative d’artistes au service de la chanson. avec David Desreumaux, et son gérant Stéphane Riva. Un lieu, des professionnels qui accompagnent, forment, conseillent, sont le lien avec de nombreux partenaires, festivals, actions artistiques auprès de différents publics et différents lieux, leur objectif : permettre aux artistes de transmettre et de partager leur passion de la chanson.

Photo DR.

Et si nous allions rendre visite à Serge Rezvani, en plein cœur de Pigalle où il vit avec sa compagne depuis quinze ans, l’actrice Marie-José Nat ?  C’est David Desreumaux et Flavie Girbal qui nous y invitent. Peintre, graveur, écrivain ( plus de 40 romans, 15 pièces de théâtre, et deux recueils de poésie), et auteur-compositeur-interprète de chansons, auteur de la célèbre chanson du film Jules et Jim chantée par Jeanne Moreau : Le tourbillon de la vie. Alors, touche-à-tout ? Non, dit-il : Tout me touche, ne pas se répéter, faire toujours la même chose, même si ça va à l’encontre du marché : je suis curieux de ce que je ne sais pas, je dis souvent que j’ai plusieurs arcs à ma flèche, je dirais que c’est toujours la recherche de ce que je ne sais pas en moi et en nous tous, parce qu’on finit toujours par être des portes-parole.

Pour finir en râlant, le Rosbif saignant de Mad, qui raconte les péripéties de son concert, avec Monique, sortie conseillée par Hexagone : On m’y reprendra à suivre Monique dans ses sorties conseillées par Hexagone. Pour voir des voleurs de poule de cet acabit, ce sera sans moi ! Je n’en dirai pas plus, sinon que les voleurs de poule sont Sanseverino et ses musiciens ! Voir l’article de Mad p 48.

Voilà un petit aperçu de tout ce que vous pourrez découvrir en long et en large dans ce numéro de printemps d’Hexagone , sans oublier deux festivals importants dans les semaines à venir, Festiv’en marche du 17 au 21 mai à Mouhet ( 36), avec Rémo Gary, Melissmel, Bernard Joyet, Boule, Eric Mie, Lucie Manusset, Zoé Malouvet, Les frères Scopitone. Et L’air du temps aux Bains-Douches de Lignère-en-Berry, avec Sandra Nkaké, Anne Sylvestre, Sanseverino, Loïc Lantoine, Magyd Cherfi, Frédéric Fromet, Babx.

Bel été en musique et en chansons, d’écoutes en lectures, de bars en bistrots, de scènes en scènes, de festival en festival !

Pour savoir ce qu’il en est du super mook Hexagone et l’avoir chez vous, demandez à Flavie,

et elle vous répondra, c’est une fille bien élevée –>

 

 

 

 

Pour la web radio Hexagone, c’est là ->

 

 

 

Danièle Sala

 

 

 

Hexagone n° 6

19 Jan

Après le SUCCES ! REPRISE ! du marque page d’Hexagone n° 5, c’est TRIOMPHE ! PROLONGATION ! sur celui du n° 6, et carrément la une en couverture pour ce duo qui n’arrête pas de séduire tous les public. Et un dossier de 24 pages leur est consacré dans ce numéro. Pour ceux qui les suivent depuis le début avec confiance, ça fait drôlement plaisir !

Elle et lui, c’est bien sûr Lili Cros et Thierry Chazelle.

Ils se confient dans un long entretien à Flavie Girbal et David Desreumaux, d’où ils viennent, lui normand, elle du Lot, mais elle gardera toujours en elle les parfums et les rythmes de son séjour d’enfant en Afrique, elle, enthousiaste à tout crin, lui logicien facétieux, leurs parcours avant de se connaître, leur même envie de faire de la musique, à 8 ans, Lili exige qu’on l’inscrive à l’école de musique, à 9 ans, Thierry imite son oncle guitariste, insiste pour suivre les cours  au conservatoire, jusqu’à sa médaille d’or de guitare, ils sont arrivés par des chemins différents, en commençant tous les deux par un bac D, puis les petits métiers, d’ouvreuse-serveuse dans une cave caf’-conc’ d’Agen pour Lili, à l’informatique pour Thierry, astucieux pour se faciliter le travail, et gagner assez d’argent pour se payer un stage international de guitare avec Roberto Aussel. Mais au bout de douze ans, son manque de musique est trop fort : J’essayais d’être artiste, je n’y arrivais pas. Après une grosse dépression, il mettra dix ans pour retrouver une place professionnelle. Dépression aussi pour Lili, et même conseil de son analyste, poursuivre dans la voie artistique. Et c’est la rencontre, aux Rencontres d’Astaffort, de ces deux artistes qui se promettent un soutien indéfectible, avant de sortir chacun un album le même jour,  de se marier et de s’installer en plein milieu d’une forêt dans le Morbihan, ici tout est possible dira Lili.

C’est alors qu’ils commencent à travailler ensemble, et connaître leur premier succès sur scène, à Tadoussac, au Québec, ils n’en reviennent pas ! Pourtant, au fil du temps, ils en connaîtront beaucoup d’autres, au cours des quelques 600 concerts qu’ils ont donné depuis 10 ans en France et ailleurs. Trois albums ensemble, des rencontres, des stages, arts de la scène, initiation au clown, ateliers  d’écriture, rythmes, percussions corporelles en Italie, beaucoup de travail en commun qui rapproche et fait progresser le couple et révolutionner son rapport à la scène. Artistes indépendants, ils réinventent sans cesse, complémentaires et attentifs l’un à l’autre, On est chacun moins que la moitié du duo disent ils, et leur spectacle Peau neuve n’est pas seulement un concert, mais un vrai spectacle, avec une mise en scène impeccable, scène épurée mais présence maximale toute en harmonie et complicité, en parfaite communion avec leur public. Ces deux là n’ont pas fini de nous étonner ! Et comme le dit leur ami Ignatus : Devant quinze ou deux cents personnes, les mêmes / C’est l’humilité qui les fait avancer / Comme vous êtes. Changez rien.

Ignatus, Jérôme Rousseaux, qui vient de sortir un album, e .pok, chroniqué page 56 de ce numéro par Nicolas Brulebois qui rappelle les débuts difficiles d’Ignatus, mais son talent enfin reconnu a fini par triompher et cet album est L’un des plus beaux disques chantés en français que vous rencontrerez cette année : Un côté cotonneux qui enveloppe mais n’endort pas, écrin riche mais sobre où niche la prose de ce drôle d’oiseau chanteur. L’époque ainsi triturée, passée par le prisme de l’art, ressemble à la nôtre-à cette différence près que le temps d’un disque, on s’y sent bien.

Ignatus que l’on retrouve un peu plus loin pour un entretien, toujours avec Nicolas Brulebois.

Expérimentateur audacieux, qui passe allègrement  des instruments traditionnels africains à l’électroacoustique, Ignatus parle de ses influences musicales : Pour moi, Gainsbourg et Bashung sont ceux qui ont fait avancer la chanson, de ses rituels d’écriture, du défi d’écrire des haïkus chaque matin, pour nourrir son sens de l’observation, et conclue : Mon objectif n’est pas de courir après les cachets, mais après la beauté.

Beaucoup d’autres albums chroniqués dans ce numéro riche d’actualités scènes, chansons, musiques, agrémenté de pages d’humour et de superbes photos,  que l’on peut consulter au gré de ses envies, moi j’ai d’abord suivi la photo de couverture… Mais revenons au début, après l’édito de David Desreumaux, une réflexion sur la chanson amenée par le décès de Johnny  : Puisse la disparition de Johnny faire en sorte de redonner une place dans les médias à pléthore d’artistes jusqu’à présent laissés pour compte.

Une rencontre avec Florent Vintrigner. Par Roxane Joseph,  Florent Vintrigner, son compagnon l’accordéon, et sa passion pour Hugo qui l’a amené à préparer un album à paraître début 2018, de textes de Victor Hugo mis en musique : Profondément humaniste, généreux, il aime poursuivre sa route, humblement, en compagnie des saltimbanques et des amis de passage qui parsèment son ciel de bonnes étoiles.

C’est ensuite une vue de l’extérieur d’Un saltimbanque d’intérêt général dont le but est de Transmettre et valoriser les répertoires de la chanson, Serge Hureau, metteur en scène, directeur du Hall de la chanson qu’il a lui-même créé,  s’attache à créer un vaste répertoire de la chanson française, la chanson en temps que patrimoine culturel, et à le faire vivre par des stages, des créations de spectacles-revues, tables rondes, concerts, et les rendez-vous réguliers du Hall le deuxième et troisième vendredi de chaque mois : Les œuvres de chansons d’hier, comme si elles étaient nées d’aujourd’hui. Pour le bénéfice de demain.

Patrick dans sa médiathèque ..

Patrick Engel, lui, nous emmène dans les coulisses du spectacle, avec les confidences de 9 artistes , et leur façon de se préparer et leurs états d’âme avant d’entrer en scène, à chacun d’appréhender le trac, tourner en rond, respirer, se chauffer la voix, ou l’ignorer. Pour Anaïs, le stress ne sert à rien, il empêche de pouvoir donner son maximum. Pour Nicolas Jules, lui, pense à autre chose, avant et après, pour Louis Ville, le trac peut venir une semaine ou une demi-heure avant de monter sur scène,  Léopoldine HH l’apprivoise, c’est une émotion archaïque, ça me rend électrique et folle, et cet état nous permet d’y aller vraiment. Eric Guilleton rentre dans un concert des jours, des jours, et des jours avant, le trac m’aiguillonne. Le trac est pour moi un ennemi, ce n’est plus du trac, c’est de la surrexcitation dit Zoé Malouvet. Pour François Puyalto : Je vois tout cela comme un taureau qui s’apprête à entrer dans en scène devant une salle remplie de toréadors. Pour Jil Caplan, pour le trac, j’ai appris à lui faire son affaire, même si je peux avoir des montées d’angoisse… Mais c’est plutôt la veille que ça me prend. Et pour Armelle Dumoulin, le trac est un véritable ami.

pierreperretSuit un tour d’horizon Au café du canal par La Tribu de Pierre Perret. Avec une interview croisée de Fred Burguière  des Ogres de Barback, et Pierre Perret, propos recueillis par Flavie Girbal et David Desreumaux : Mes chansons fringuées avec des bretelles à fleurs, dit Pierre Perret, qui a accepté sans façon et en toute confiance de collaborer à cet album qui lui rend hommage, en faisant découvrir ses plus belles chansons, indémodables, aux jeunes générations. Un album collectif extrêmement métissé, et ça tombe bien, car pour Pierre Perret :  Le métissage a toujours été mon fond de commerce. Album chroniqué page 138 : Un album qui met l’accent tout à la fois sur la qualité d’écriture( et les mélodies) et sur la diversité des registres déployés : Humour, amour, tendresse, colère, tolérance.

On apprend ensuite comment Lisa Portelli est arrivée à la chanson, par Karine Daviet, c’est la guitare électrique qui lui a ouvert la voie et la voix, de travail acharné en retraites de silence chez les bénédictins, elle a fini par trouver sa propre intériorité, et son deuxième album Nébuleuse, co-écrit avec Andoni Iturioz, navigue entre rock nerveux et vibrations aériennes et sibyllines.

Regard sur Jane for tea, un duo atypique de chanson française, par Michel Gallas. Duo qui a remporté quatre prix aux Rencontres Matthieu Côte en 2015, duo qui mélange chant, comédie et danse, textes et compositions de JP, et instruments anciens où l’ukulélé est roi.

Sylvain Dépée nous fait faire plus ample connaissance avec Ben Mazué, Dix ans de lui, et un troisième album La femme idéale. Avec son sens de l’observation et son humanité, il est à mes yeux le Cédric Klapisch de la chanson dit de lui Baptiste Lecaplain.

Un nouvel album aussi pour Carole Masseport , Carole qui nous est présentée par Philippe Kapp, son parcours, la difficulté à rencontrer son public, malgré un prix d’interprétation au tremplin du Centre de la chanson, et un coup de cœur de l’académie Charles Cros pour son album Blottie en 2006, les rencontres au centre de formation du Studio des variétés, et sa collaboration avec Céline Olivier et Jean-Jacques Nyssen, d’où est né, fin 2017, cet album : A la fin de l’hiver, un beau disque d’hiver, foisonnant d’émotions froissées, brûlantes de glaces limpides et d’un grand feu solaire, selon Patrick Engel.

Photo DR

Bien reçu aussi les Ondes positives d’Eric Frasiak, par David Desreumaux. Une route bien remplie, et 7 albums pour cet auteur-compositeur et interprète  lorrain nourri de Ferré, Lavilliers, Dimey, Béranger qu’il considère comme son père spirituel, mais aussi Pink Floyd ou encore Genesis. Il parle des rencontres décisives qui l’ont fait avancer, comme Jean-Michel Boris et Jean-Louis Foulquier au Printemps de Bourges, en 1983, de sa ténacité pour se consacrer à temps complet à la chanson : La chanson est indispensable à ma vie. C’est comme l’amour. Est-ce que l’amour est indispensable à la vie ?  des réseaux existant pour que les artistes ignorés des grands médias puissent exercer leur métier, festivals, associations qui défendent la chanson vivante, ou même les concerts à domicile.

Eric Frasiak, chroniqueur du quotidien, de la vie dans tous ses états, de l’humaine condition,  de la révolte à la tendresse, sur de subtiles mélodies.

Humour entre deux articles, Boule dévoile les ficelles pour répondre à une interview, par exemple :  Evitez de parler technique : Les gammes exotiques n’intéressent que ceux qui les connaissent déjà.

Parmi les nombreux albums chroniqués, celui de Loïc Lantoine par Jacoti : The Very Big Expérimental Toubifri Orchestra, de par, pour et avec Grégoire Gensse. Un double album qui rassemble d’une part 12 inédits, et d’autre part les anciens morceaux de Loïc, revêtus de leur beau costume d’orchestre, ce qui leur confère une emphase à la fois foldingue et complice.

Jules, lui, nous dit que C’était mieux maintenant, à propos de Thomas Fersen, et de son dernier album Qu4tre : Fersen est un grand interprète. Il crée des personnages incroyables. C’est un traducteur de vies aussi multiples que fantasques.

Une visite guidée du Forum Léo Ferré, avec Roxane Joseph qui en est la directrice, par David Desreumaux. Roxane Joseph et son collectif : Une équipe aguerrie à la diffusion de spectacles, qui ont pris le relais de La chanson pour tout bagage depuis septembre 2017. Une tâche ardue, pour mener de front et diversifier la programmation au Forum Léo Ferré et à La Menuiserie, et renouveler le public sans faire fuir les fidèles, ce qui se concrétise par une programmation diversifiée et de qualité pour ce trimestre 2018,  Rémo Gary, Mèche, Marie-Thérèse Orain, Leïla Huissoud, Jacques Bertin, Yves Jamait, Frédéric Bobin, ou Patrice Mercier, Romain Lemire, etc, ça va des très jeunes aux vétérans,  des connus ou débutants à découvrir …Il y en a vraiment pour toutes les générations, et puis quand on aime la chanson vivante, peu importe l’âge du chanteur ou du public. Le tout étayé par de nombreuses photos d’artistes qui sont passés sur la scène du Forum Léo Ferré en 2017, d’Yvan Dautin à Jérémie Bossone,  en passant par Paule-Andrée Cassidy, Sarah Olivier et bien d’autres.

Dans la partie II de la collection d’hiver, Mad questionne Mademoiselle K à l’occasion de la sortie de son album Sous les brûlures l’incandescence, son cinquième album, né d’une rupture, un album électro-rock pour cette chanteuse qui revendique son côté punk, tout en ayant une formation classique, pas facile de s’y retrouver, mais c’est le résultat qui compte !  : Un album concept-malgré-lui, une renaissance, tant personnelle qu’artistique.

Envie d’étoiles, de complicité, de bonne humeur ? Il est recommandé d’aller faire un tour chez Les fouteurs de joie, c’est Michel Gallas qui nous y invite. Cinq artistes, chanteurs, musiciens, comédiens, unis comme les cinq doigts de la main : Musicalement au top, forts de leurs dix-sept ans de connivence, ces grands professionnels nous foutent la joie. Et puisque chaque spectacle est pour eux l’occasion d’un disque, à écouter, entre autres, le troisième, qui, inversement, donne l’envie du spectacle : Des étoiles et des idiots.

Malorie D’Emmanuele nous emmène dans l’univers très personnel de Leïla Huissoud, et même si parfois il lui faut une chaise pour atteindre le micro, c’est : Une grande, sans l’ombre d’un doute. Seulement 19 ans, joli minois, joli grain de voix, mais pas que !  

Elle sait déjà ce qu’elle veut, faire de la chanson française, écrire et chanter ses propres textes, elle attache une importance particulière à l’écriture : J’aime les mots et leur sens, ils me touchent plus que la musique. Pour moi, le texte est au-dessus, c’est lui qui structure. L’écriture me semble plus naturelle que la composition. La musique doit être au service du texte.  Après un premier album en 2017, L’ombre, elle prépare un nouvel opus, qui sera enregistré en janvier, sa sortie est prévue à l’automne prochain.

David Desreumaux pose un regard, illustré d’une belle photo, sur François Puyalto, et son album Le nom des animaux : Ne cherchez pas d’histoire ni de message à travers son œuvre. Laissez-vous simplement porter par les sensations paysagères et fugaces. Ce qu’il a à dire relève de l’indicible, et il l’exprime fort bien.  El Scorcho rajoute : Et ça chante grave, au propre comme au figuré, Mâtin, quel organe ! Naviguant peinarde à la lisière des portées, lovée dans le velours, sa voix chaleureuse et ronde s’accorde à merveille avec ses parties de basse duveteuse.

Si vous voulez savoir comment Eric Kaija Guerrier appréhende Léopoldine HH, c’est aussi dans ce numéro 6 : Sagacité excentrique. Léopoldine HH, un premier album Blumen im Topf, un projet de création théâtrale autour de Gérard Manset, avec Maxime Kerzanet pour l’automne,  qui pourrait donner naissance à un disque. Léopoldine HH, prix Moustaki 2016 est aussi comédienne, et offre des spectacles à la fois avec précision, sympathique loufoquerie travaillée, richesse des arrangements, beauté de l’écriture et des compositions, dans la mécanique d’une scène théâtralisée, en compagnie de Charly Marty et Maxime Kerzanet. Pour avoir vu cet étonnant spectacle sur scène l’été dernier, je souscris aux mots d’Eric.

Photo NG archives

Et puis il y a Michel Boutet que ça en donne même envie de parler de génie, nous rappelle, enthousiaste El Scorcho, à propos du livre disque Barbouillot d’pain sec : Il faudra donc écouter et réécouter encore cette fresque bouleversante rythmée par mille saillies franchement tordantes. Ce Barbouillot d’pain sec mêle humour et douleur avec la simplicité d’un jour qui se lève.

Si vous voulez en savoir plus sur le triple album plein comme un œuf de Philippe Forcioli Poète ! René Guy Cadou, c’est p 140 : Loin du cliché  maladif du poète mort à 31 ans, la joie de l’interprète est communicative, son fort accent réchauffe d’un peu de soleil corse les paysages de Louisfert battu par les vents. Les orchestrations simples, belles, aux instruments variés(étonnants parfois) veillent à ne pas déborder le texte.

 

Les enfants ne sont pas oubliés, avec deux livres disques chroniqués par Virginie Riche,

Nougaro enchanté, douze chansons pour toute la famille,Théa Nougaro, une des filles de Claude a voulu faire connaître l’oeuvre de son père aux enfants , avec un collectif d’illustrateurs interprètes au crayon ou au pinceau, et Le fabuleux voyage d’Arwenn, raconté par Bérénice Béjo, sur une idée, un texte et un projet de Charlotte Courtois. Ce livre disque raconte la possibilité d’un langage international, celui de la musique.

Ce qui se passe quand on chante dans cette belle librairie, Le renard et l’entonnoir (Photo archives NG)

Quelques rappels encore,  pour les enfants et les parents, un lieu convivial dans le 19 ème à Paris, décrit avec gourmandise par Virginie Riche, Le renard et l’entonnoir : Un concept original et chaleureux dédié à toute la famille. Passer le pas de la porte, c’est franchir un espace-temps différent, enter au pays tendre de l’enfance, quitter Paris un instant, et la grisaille laisse alors place au soleil jaune. Vous reprendrez bien une petite tranche de vie ?

Qu’est ce que le Label At(h)ome ? David Desreumaux va tout vous dire, avec les concepteurs de ce label, deux frères, Stéphane et Olivier Laick. Un label en toute indépendance, qui contourne la crise du disque, et les grands majors, découvreur, accompagnateur de carrière et tourneur de nouveaux talents  de la scène française : A une période où certains proposent des contrats « single  avec option album si playlist radio », je suis assez fier de parler uniquement «  album avec nos artistes ». dit Stéphane Laick.

Vus sur scène, retours de concerts, par David Desreumaux et Michel Gallas, Kent et son inoxydable vitalité au Café de la danse le 7 novembre 2017.

Figure(s) Imposées(s) au théâtre Antoine Vitez, une proposition de Christophe Adriani, actuel directeur du théâtre Antoine Vitez à Ivry-sur-scène, comment remplir une salle de 200 places, en banlieue, avec une affiche de «  non vedettes » ? Cela a été possible grâce à la volonté des partenaires de cette aventure, le tourneur d’Askehoug, et les artistes participants, Askehoug, Dimoné, Presque Oui et Maissiat, qui ont mêlé leur répertoires à celui de Bashung.

Le Chouf Toulouse Tour : Onze concerts et sept spectacles en sept lieux différents, du 2 au 11 novembre, par Michel Gallas ? Chouf qui fête ses 10 ans de scène et la sortie de son quatrième album.

Puis, c’est Jean-Marc Coquerel, photographe de scènes, de festivals, notamment Aubercail à Aubervilliers, d’affiches, pochettes de disques, etc, qui nous parle de sa passion : Trente ans que ça dure… Curieux des femmes et des hommes, je les installe dans ma mémoire. Ils me racontent des histoires, leur histoire. Cette passion-là, je ne la cultive pas seulement au bout du monde, mais aussi au bout de la rue, dans la cité, la ville, là où les mots se font entendre. Il a rassemblé, pour ses 10 ans de métier,  dans un livre : Le visage des mots dits, 200 photos d’artistes. Les photos d’artistes au festival d’Aubercail, qui suivent son billet témoignent de son talent.

La cerise sur le gâteau de ce numéro 6, c’est le Rosbif saignant de Mad : Radio-gagas qu’ils sont les ricains… Une sombre histoire d’espionnage où l’on voit Rodger affecté à espionner la webradio d’Hexagone, pensez donc, une radio 100% chansons françaises, c’est plus que louche, en plus d’être un appel sans équivoque au refus des productions américaines, il s’agissait ni plus ni moins d’une apologie de la partouze !

Voilà mon tour d’horizon du numéro 6 d’Hexagone, dans lequel je me suis attardée avec grand plaisir. Si vous souhaitez approfondir, et en savoir beaucoup plus, abonnez-vous, et n’oubliez pas d’écouter la webradio, vous y retrouverez les artistes chroniqués dans tous les numéros d’Hexagone,  n’en déplaise à Rodger !

Danièle Sala

Pour la boutique du mook, c’est là ——>

 

 

 …

Et pour  La Webradio – Hexagone, clic sur le récepteur,

 Last but not least, une image ?  Vous les reconnaissez j’espère… Regarder dans la même direction… La recette du succès ? 

DD et FG AA

Photo ChanTal Bou-Hanna

 

 

 

Hexagone d’automne, n° 5

14 Oct

 

Numéro dédié à Barbara Weldens

 

Reçu et lu Hexagone d’automne, 5 sur 5 , un numéro riche des fruits de l’été, et la cueillette est bonne. Et quel plaisir d’être accompagnée, page par page, par la photo de Lili Cros et Thierry Chazelle, en rabat de couverture qui sert de marque-page ! Un rabat qui nous rappelle l’immense succès de leur nouvel album et nouveau spectacle Peau neuve, reprise du spectacle et presse unanime. Ayant vu leur spectacle aux rencontres Marc Robine de Blanzat en juillet dernier, je confirme, «  ça fait du bien ! » .

Mais on ne peut hélas se souvenir de ce 14 juillet 2017, sans penser à la première partie du spectacle, et à l’époustouflante prestation de Barbara Weldens, qui est morte électrocutée au pied de la scène 5 jours plus tard, dans l’église de Gourdon, dans le lot, d’ailleurs ce numéro d’Hexagone lui est dédié.

Edito de David Desreumaux qui rappelle la juste récompense reçue cet été à Barjac, pour l’ensemble de l’action d’Hexagone au service de la chanson, le prix Jacques Douai, partagé avec Entre deux caisses, que l’on peut retrouver dans le n° de printemps, et l’évolution d’Hexagone, après le site internet, la chaîne Youtube, la Blackroom, nous pouvons maintenant écouter la webradio hexagonale, qui illustre musicalement toutes les rencontres d’artistes.

Avec ce n° 5, on se refait tous les festivals d’été, et si on les a ratés, on saura tout en mots et en images, avec 16 pages sur Barjac, entretien avec Jean-Claude Barens, directeur artistique du festival, qui ne craint pas les prises de risques, malgré un public exigeant : «  Après bien sûr qu’il y a des réactions mettant en question tel ou tel choix, mais on peut l’entendre. Je trouve que Mehdi Krüger est l’exemple même de cette situation parce que ce n’est pas quelqu’un qui a une formation chanson, mais il en fait quelque chose de très beau et de très puissant. ».

Pour en savoir plus sur Mehdi Krüger, qui se définit comme Arabtrait, voir le n° 3 d’Hexagone, page 48 à 51 : « Je crois en la poésie de combat, manifeste romantique ou couplet de rap, elle est l’arme des faibles, fragile et insaisissable à la fois... »

Puis 5 pages sur Concèze, Festival Découvrir, où la poésie se marie avec la chanson, un festival qui «  nourrit, hors des supermarchés, et sans jamais la nommer, une forme de militance pour le mot ouvragé. Qu’il en soit ainsi pour longtemps encore. »

Deux pages sur Festiv’Allier à Langogne, où Camille Hardouin a rendu un émouvant hommage à Barbara Weldens qui aurait dû être là.

Et, on trouve en page arrière de couverture le programme du Festival de Marne du 04 au 21 octobre 2017. « Où la musique embrasse les mots. ».

Nous avons dans ce numéro un tour d’horizon des spectacles, passés ces derniers mois, présents et à venir, des albums récents, pas moins de 80 albums chroniqués, et il y en a pour tous les goûts.

Et des coups de projecteur sur certains artistes, comme Lior Shoov que je découvre avec bonheur : «  Frimousse mutine, regard bleu transparent, cheveux en bataille, ukulélé en bandoulière. Lior parcourt le monde en musique. Voguant au rythme de ses pas, l’humanité la hante, les humains l’arriment à ses ports d’attache. »

Babx et son irrésistible « Ascensions », un des joyaux de cet album est la bouleversante trilogie d’Omaya, trilogie inspirée de l’histoire d’Omaya Al-Jbara, une femme irakienne qui a résisté à Daesh, et a mené tout son village dans la résistance, « avec le sourire et une tendresse incroyable. »

Jeanne Rochette nous raconte ses nourritures littéraires et musicales, sa façon de travailler, ses années québécoises,  : « J’aime brouiller les pistes tout en poursuivant mon chemin. »

Victoria Lud, encore une découverte, avec son clip Eldorado, et qui vient d’enregistrer un premier EP de 6 titres : Mon cœur.

Véronique Pestel, « Singulière et discrète a fait paraître en début d’année un nouvel album : Faire autrement qui marque ses Vingt-cinq ans de compagnonnage avec le producteur Jean-Claude Barens. » Elle nous parle de son besoin de véhicule littéraire, de Brassens, de son rapport particulier avec la poésie d’Aragon, que l’on retrouve dans son dernier album, ainsi que des références à Camille Claudel, sur un texte de Philippe Noireaut, ou encore Colette : « J’ai besoin de ce véhicule littéraire : il est protecteur. »

On fait aussi plus ample connaissance avec Liz Van Deuq, sous la plume de Flavie Girbal, Liz qui nous confie : Je suis une musicienne classique ratée mais contente de l’être, car je dispose ainsi d’un tas d’outils.

Regard sur Glad  et son album : Les invisibles chroniqué dans le n° 3 d’Hexagone. Il fut Guillaume Allardi, début 2015, celui qui a réécrit la musique d’une chanson de Leprest : La colère, puis chante ses propres chansons avec son groupe Metamek,  tour à tour poète, philosophe, ou acteur, il se perd, et revient en solo deux ans plus tard sous le nom de Glad .

Photo © David Desreumaux

On retrouve, comme dans les numéros précédents, les dossiers, dont 24 pages consacrées à Askehoug. 10 albums à l’actif de ce rockeur poétique, énigmatique, «  Un hurluberlu apprivoisé » qui se revendique une proximité physique et morale avec Jean Rochefort.

Il nous parle de ses guitares et d’une contrebasse, fabriquées maison, parce qu’il n’avait pas les moyens de s’en acheter : «  Je crois que je suis quelqu’un de  manuel à la base. », ses parents bourgeois, sa grand-mère Marguerite, sa jeunesse bourguignonne, ses influences  qui vont de Prévert à Bashung, en passant par les surréalistes et la Divine comédie,  Bashung que l’on retrouve parmis ses albums  de chevet, aux côtés de Ferré, Lou Reed,  AC/DC, et  quelques autres. Askehoug, pour qui : « La musique est une chose physique, et non intellectuelle ; un truc de rockeur. », pour qui la chanson «  doit donner la sensation de n’être qu’un geste : élégante, rapide, inspirée, couillue, avec une légère tension entre la musique et le texte, qu’elle pose une question d’ordre stylistique... ».

Le regard extérieur de son bassiste Michel-Ange Mérino, regard amical et professionnel qui se termine par ces mots : « Il a le travail comme thérapie, un vrai goût pour l’oeuvre, le goût du façonnage, du risque aussi, et surtout l’envie de transformer en beau, ou en sale. C’est selon…Sans peur…Sans cesse… Askehoug, c’est tout cela, et bien plus…Comme il le dirait. »

Et les paroles,  de  Ma Poésie :

Ma poésie est toute petite 
Elle ne se marie ni ne s’édite 
Ma poésie ne se chante pas, j’évite 

Ma poésie est bien fragile 
Toute la journée elle distille 
Son caractère difficile 

Ma poésie est toute petite
Et les choses, elles ne me facilite 

Quand on l’énerve, elle dégaine 
Met en colère, elle lamine 
Puis elle remonte dans ses collines 

C’est dans le bain qu’elle me visite 
Habile, elle se love dans ma tête 
Sûr qu’elle ne sera pas inscrite 

Quand je m’essuie, elle est partie 
Ma poésie est toute petite
Et prend la fuite 

Quand une fille passe par là 
Elle sait se faire toute belle 
Mais si un détail ne lui plaît pas 
Elle peut des heures rester sans voix 

Ma poésie est toute petite 
Elle discute avec la folie 
Et ça, parfois, moi, je l’oublie 

Ma poésie est toute petite

Elle nage entre peinture et musique 
Parfois elle tripe sur des cantiques 
N’a peur ni des fantômes, ni des critiques 

Y en a qui cherchent le soleil 
Moi je dis qu’elle n’a pas son pareil 
Pour m’éclairer dans l’obscurité 

Ma poésie me fait du bien 
Quand elle écarte ses grandes mains 
Elle me fait aussi rigoler 
Quand il lui manque un ou deux pieds.  .

Paroles  illustrées par un dessin de Piérick.

En partie deux, c’est  tout d’abord Amélie-les-crayons qui se dévoile, répondant aux questions de Michel Gallas. «  Je suis la fille de Bourvil » dit elle, et c’est en travaillant l’interprétation des Crayons de Bourvil, lors d’un stage de théâtre, qu’elle a décidé d’accoler son prénom à cette chanson. «  Bourvil parle de choses graves et profondes, vues sous un angle drôle ou léger, avec des mots tellement simples. ».

Elle raconte ses 15 années de carrière, parle de son nouveau spectacle, et des thèmes abordés dans son quatrième album studio, Mille Ponts, ( chroniqué dans le n° 4 ). Un album à son image, lucide mais optimiste, sur un ton un peu plus grave que les chansons des albums précédents, mais en retenue.

Amélie, très attachée au travail d’équipe : «  Un des fondements, c’est l’humain, l’amour que l’on peut avoir entre nous. On s’aime tous vraiment, ça transpire sur scène. »

Nous arrivons à Gérald Genty, ses chansons courtes mais bonnes, et son Hipopopopo…tame, qui attire des vieilles dames dans ses spectacles, pour acheter l’affiche…Parce qu’elles collectionnent tout ce qui a trait aux hippopotames ! Et elles réclament la chanson, qui n’existe pas.

Regard sur Alcaz : Deux voix, deux guitares. Alcaz qui a peaufiné son sixième opus : Portés par les vents, sorti le 30 septembre dernier, au théâtre de l’oeuvre de Marseille : « Cet album, dans la continuité des précédents, distillera des ondes positives, un vent de liberté, le plaisir d’être et l’envie de se laisser porter. ».

Alcaz suivi de Fransesca Solleville , son regard bleu qui nous transperce, ses convictions, ses emmerdes, la difficulté de vivre de son métier et toujours sa formidable envie de chanter : «  Les sujets changent ; mais la motivation profonde, l’indignation, ne varie pas. ». Elle parle aussi de son dernier album, qu’elle a eu grand plaisir à enregistrer : Dolce vita, avec une chanson de Jérémie Bossone : La page blanche.

Francesca Solleville

Pour ce qui est de l’engagement en chanson, elle y a consacré sa vie, voilà ce qu’elle répond à Dominique A qui dit ne pas aimer la chanson engagée :  C’est idiot ! Pour avoir des convertis, il faut avoir des convaincus ; ils ne le font pas tout seuls. C’est grâce à ce qu’ils lisent, écoutent, voient à la TV, qu’ils prennent leurs idées et choisissent leur camp. Il faut toujours choisir un camp. Notre génération s’est tout tapé : la guerre, la décolonisation…On s’est battu. Maintenant les choses se passent plus loin. Ce n’est plus le fils de l’épicière qui risque sa vie à tel endroit. Mais on peut éclairer ! Je parlais de ces jeunes au premier rang : parfois, tu vois quelque chose qui s’allume dans leur regard. Rien que pour ça… ».

Carmen Maria Vega, elle, s’est engagée dans la recherche de ses racines, découvrant une vérité décevante, mais dit elle : «  J’ai décidé que mon histoire n’était pas une tare mais une force. ». Elle raconte son histoire dans son dernier album Santa Maria, tout au long des douze titres. «  C’est un album de résilience et de témoignage. L’identité, ce n’est pas que les origines, c’est aussi ce que l’on construit : la famille, les amis, la sexualité, le travail…Tout ça mis bout à bout permet de découvrir qui on est. Ça prend une vie. ». Et la sienne de vie est bien remplie, chanteuse, danseuse, comédienne, scénographe, metteur en scène : «  Je me bats tous les jours pour surprendre les gens et me surprendre. »

Claude Fèvre, quant à elle, partage son regard sur Gilles & Auguste, Insolites à deux.

Duo qui vient de la rencontre d’un technicien en électronique violoncelliste amateur et un bibliothécaire défroqué « poète depuis toujours, devenu comédien au prix d’un parcours qui tient de l’épopée. ».

Un article plus long à l’occasion de leur concert au Bijou à Toulouse, et de la sortie de leur album : Sinon toi leur est consacré sur le blog de Claude  chantercestlancerdesballes.fr / gilles-auguste-ont-jete-boussole, en résumé : « C’est beau, tendre et joyeux ! ».

Et à propos d’engagement en chanson, le chassé-croisé de Patrick Engel, avec Pascal Bouaziz, Rémo Gary, Victoria Delarozière. Trois artistes aux parcours différents, mais aux convictions nourries d’une authenticité sans faille,  précise en préambule Patrick Engel.

On a vu ce que Fransesca Solleville en pensait, mais il y a différentes formes d’engagement : «  Chanter une petite chanson d’amour, si c’est une chose de qualité, c’est un engagement. » ( Serge Reggiani).

Rémo Gary

Pour Rémo Gary, dont on connaît l’engagement dans la vie : « On m’a dit que j’étais un chanteur engageant, je ne sais pas si c’est vrai, mais je préfère être engageant qu’engagé. ».

Pour Pascal Bouaziz : « Je n’ai jamais eu que des doutes et j’essaye petitement de les partager le plus possible autour de moi. ».

Victoria Delarozière, elle, pense que: « Chanter, c’est parler, c’est ouvrir sa gueule. Et c’est bien. ».

Un débat intéressant, qui fait la différence entre l’engagement en chanson et l’engagement dans la vie, les deux pouvant parfois se rejoindre.

Que dire encore de ce numéro bien fourni ? Ah oui, la visite du Train théâtre, par David Desreumaux, David qui signe bien d’autres articles de ce numéro d’automne, et de si belles photos !

Le Train théâtre, scène régionale de Portes-lès-Valence, qui dispose d’une salle de quatre cent quarante-cinq places, et qui assure la diffusion, la création et la médiation de la chanson et des arts de la piste depuis de nombreuses années. Un engagement qui va bien au-delà de la Drôme : «  Le Train théâtre et Luc Sotiras sont également très présents dans le réseau professionnel national et francophone, membres et cofondateurs notamment de la Fédération des festivals de chanson francophone. ».

Enfin, n’oublions pas cette rencontre avec René Pagès, un passionné de la chanson francophone qui anime deux émissions hebdomadaires, sur R d’autan, radio associative du Tarn, Bella Ciao, depuis 20 ans, et Se(pt) de cœur. Emissions que je suis en différé, recevant chaque fin de journée le lien, un partage de passions, une véritable bibliothèque radiophonique, et des goûts sûrs, enfin à mon avis. Mais si je cite Julos Beaucarne, Pierre Barouh, Leprest, Brel, Barbara Weldens, entre autres, je sais que mon avis est partagé par tous les lecteurs de ce mook.

Et ce n’est pas fini !

David Desreumaux nous propose un portrait de Jacques Canetti, à l’occasion du 70 ème anniversaire des Trois Baudets, rencontre avec sa fille Françoise, qui gère aujourd’hui les Productions Jacques Canetti.

On suit le parcours de «  cet acteur essentiel et incontournable du spectacle vivant et de la chanson du XX ème siècle. » depuis sa naissance en Bulgarie, en 1009, son enfance, ses frères, sa mère veuve à 28 ans, sa grand-mère  voyageuse, ses études musicales, son immense culture et son oreille absolue, son attirance pour les inconnus, sa passion de découvrir et faire connaître de jeunes artistes, comme Félix Leclerc, moqué de tous au Canada, dans les années 50 qu’il amène en France : «  C’est mon père qui a eu l’audace de l’enregistrer dans un studio à Montréal et de le faire venir en France pour y faire ses débuts. ».

Jacques Canetti qui a ouvert le théâtre des Trois Baudets en 1947, a toujours su recevoir « ce qui est nouveau avec une liberté totale. ». Et c’est là que Françoise, petite fille, a pu voir débuter Brassens, Brel, Boris Vian, Gainsbourg et bien d’autres. «  Les artistes savaient que Canetti n’était pas un homme de cour ! Et qu’auprès de lui, ils auraient un avis sincère. ».

A écouter Jacques Canetti Mes 50 ans de chanson, coffret de 4 CD sorti en 2015.

On termine avec la « fucking chronique » de Mad, et son été meurtrier. En effet, lui qui avait l’intention d’échapper à la mafia hexagonale, «  à la férule du Ceausescu de Clichy qui allait encore lui réclamer sa fucking chronique, avec son corps et mes cris. », a été rattrapé par Mick de Toulouse, et il a dû faire sa part et celle de Mick , distribuer jusqu’au dernier numéro d’Hexagone dans tout le Sud.  ! Une chronique savoureuse qui montre que si les mooksquetaires font un sacré boulot, ils savent aussi ne pas se prendre au sérieux.

Voilà, moi aussi j’ai fait ma part, ma part de lectrice, avec écoutes à l’appui et avec plaisir !

Si ces quelques notes de lecture vous donnent envie d’en savoir beaucoup plus, abonnez-vous, lisez, écoutez, et allez voir, sortez, choisissez  albums et livres dans ce super  marché bien achalandé ! Faites vivre et prospérer cette belle équipe au service de la chanson, et les artistes qui nous enchantent.

Danièle Sala

Photo Barbara Weldens: Martine Fargeix, autres photos archives NGabriel.

 

Et pour savoir comment vous abonner, mademoiselle Flavie vous attend, ici : clic

Hexagone Printemps 2017

31 Mar

En tournant la dernière page de ce numéro de printemps d’Hexagone, j’ai eu comme un regret, regret de quitter une maison amie où je me sentais bien, c’est pourquoi j’y reviens, histoire d’en parler et d’inciter peut être d’autres visiteurs à y rentrer. Je ne fais qu’entrouvrir, finissez d’entrer en vous abonnant .

Pour commencer, avec l’édito de David Desreumaux, on ferme, on ferme, on ferme à tout va, Le Limonaire, Le Centre de la Chanson, alors est-ce qu’on se lamente ? Que non ! On ouvre ! On ouvre le dialogue, à l’initiative de  Gilles Tcherniak, ( Forum Léo Ferré), aux côtés de Stéphane Riva (ACP Manufacture Chanson), et de Denis Collinot ( Festival de Marne), a lancé un appel au rassemblement auprès des personnes qui oeuvrent dans et pour la chanson … Il a insisté sur la nécessité d’appeler l’état et les sociétés civiles à entendre nos revendications. Une initiative à suivre de près donc, et à soutenir. S’ensuivent quelques mises en bouche humoristiques, et des brèves, comme celle là, savoureuse : GROS PLEINS DE SOUS : Résultats des victoires de la musique 2017: Sony et Universal au coude à coude, à un million d’euros près .

fantasioPuis, une découverte pour moi, suivie d’écoute, d’un drôle de Fantazio sous la plume de Roxane Joseph :  Quelques heures bleutées dans l’âme d’un poète. C’est bien .

Et voici Fred Hidalgo, lui-même en personne, qui nous fait l’éloge du tube, celui qui entre de moins en moins dans les mémoires, faute d’une belle union entre mélodies et paroles. C’est vrai que les chansons pour les pieds tiennent dans la mémoire d’un escarpin, le temps d’un été. Et Fred convoque  L’homme que j’aurai estimé et respecté le plus dans le métier, Jean-Michel Boris, dont on sait le rôle irremplaçable qu’il a joué à l’Olympia.

Et, tiens ! On retrouve quatre mooksquetaires, Autour de Patrick Engel, ( merci Patrick d’avoir adopté le mot), qui nous parlent, chacun à sa façon de l’univers Dylan .

Pour Alice Animal, « Peu importe comment on chante, ce qui touche ce n’est pas forcément une voix harmonieuse, tout est dans l’intention juste. » .

Jean Dubois, lui, aime toutes les chansons de Dylan, avec une petite préférence pour les albums des années 73-78 … Enfin , la période actuelle pour la route parcourue et le travail sans relâche.

Sarclo, qui s’y connait en Dylan :  Il n’y a pas à tortiller, quand la famille folk aura réussi à se familiariser avec les arpèges et les accordages de Dylan, elle aura peut être envie d’apprendre la suite. 

Pour Baptiste W.HamonSi celui qui crée comprend tout à fait ce qu’il écrit, on est davantage dans la technique que dans un degré supérieur d’art ou de poésie.

Et chacun de citer ses albums préférés , et bien d’autres choses encore … Avec ou sans arpèges, si vous voulez en savoir plus sur le prix Nobel de Littérature Bob Dylan, qui sera en concert au Zénith de Paris, le 20 avril prochain, lisez Hexagone . Ceux qui en parlent ici ont tous quelque chose de Dylan en eux .

Photo NG2012

David Desreumaux se demande ensuite : « Punk is dead ? » à propos de Mell et de son sixième album, qui est un double album inspiré par l’hiver québécois, la culture musicale montréalaise. Déprime et collation : Pour moi, il y a deux phases : la fulgurance et le travail derrière . C’est un métier où la maturation est nécessaire.

Ce, avant de faire l’éloge d’un clair-obscur, à propos du dernier album de Kent : La Grande illusion. Un album pop-rock fort réussi, marqué par la patte musicale de Tahiti Boy. Kent y aborde des thèmes sombres . Explication de Kent : C’est important la mélancolie. La tristesse et la mélancolie sont bannies de nos sociétés, or il faut vivre avec parce que c’est en nous . C’est une amertume de la vie, et cette saveur s’apprend . »

contrebrassens-19052014-1737Et d’avoir un regard admiratif sur Pauline Dupuis et sa contrebasse tout ContreBrassens, un album, une tournée , un succès mérité:  Des gens heureux à la fin du concert. Les chansons de  Brassens vont continuer à vivre de belle manière, avec brio, respect et originalité.

Toujours David Desreumaux pour Faire tomber le sacré de Jean Guidoni. Nouvel album : Légendes urbaines, nouveau spectacle en préparation, Jean Guidoni acteur ambigu de ses chansons sur scène :  Sur scène, je ne suis ni homme ni femme, autant à l’aise pour chanter Prévert ou Leprest que ses propres textes et pointilleux sur l’importance des éclairages :  je serai très sensible au travail d’éclairage. Je ne veux pas de décor, mais un vrai travail sur l’éclairage … Parce qu’ils sont primordiaux pour moi.

alice bRegards encore sur Alice Bénar, Au creux de l’art dont la singularité s’exprime déjà avec force et une incontestable grâce.

Et l’Arabstrait lyonnais Mehdi Krüger qui croit à la poésie de combat, manifeste romantique ou couplet de rap, elle est l’arme des faibles, fragile et insaisissable à la fois... »

Michel Gallas nous amène, lui, Entre deux caisses , ces lointains cousins des Frères Jacques et de Chanson Plus Bifluorée, pour faire plus ample connaissance avec quatre garçons fort sympathiques et talentueux, qui affirment qu’ Interpréter, c’est créer. C’est un acte de création.  Et pour les avoir rencontrés et vus sur scène, je confirme ce que dit Dominique :  La chanson et les tournées permettent les rencontres humaines, et c’est un plaisir. Ce ne serait pas un beau métier sans cela.

frasiakDe nombreuses sorties d’album et de livres sont commentées entre les articles phares, entre autres, celui de Frasiak : Sous mon chapeau. Frasiak, né au pays de Rimbaud, partage la philosophie de l’humaine condition de Montaigne, affirmant qu’il vaut mieux avoir Une tête bien faite que bien pleine.

Jules, lui, nous dit que c’était mieux maintenant, en réhabilitant l’oeuvre d’Hugues Aufray , qui n’est pas qu’un chanteur de feu de camp, mais qui a fait connaître le premier Dylan et la folk-song en France. Attention, si vous chercher des noises à Jules, il menace de réhabiliter Gérard Lenormand la prochaine fois !

Et on arrive à Imbert-Imbert sous les projecteurs de Flavie Girbal. Imbert-Imbert, c’est une œuvre qui, comme la vie, doit intégrer des paradoxes :  La chanson peut parfois faire pleurer-et les larmes sont comme une station d’épuration de l’âme-, parfois faire rire-et le rire est une bonne feinte pour échapper à la réalité.  Une chanson qui le décrit bien,  J’veux m’sentir :

J’veux m’sentir mourir

A tous les instants

Dépenser mes rires

Avant le printemps

A le saliver

Et avoir cent ans

Sans être arrivé …

Et pour le regard extérieur, Dimoné ne mâche pas ses mots pour faire à Imbert-Imbert une déclaration passionnée :  22, v’là Imbert-Imbert ! Ce n’est pas le Canadien Timber Timbre qui se cache sous cette martingale en nombre pair, mais le plus libertaire des bégaiements de sa majesté Chanson Française, un pour la moquer dans son envers en vers, un punk à la rime, individu à outrance qui te vide les sinus à faire du claping sur sa contrebasse, ou qui te dégorge la carotide à la faire vibrer à l’archet.

Après le retour en image du Limonaire, ceux qui l’ont fait vivre, les artistes qui l’ont fréquenté et apportent leur soutien à Noëlle Tartier et son équipe, c’est Romain Didier qui inaugure la Collection de printemps 2 : Piano confident par David Desreumaux .

Photo NG 2015

Romain Didier n’imagine pas sa vie sans piano , c’est en pianiste de bar qu’il a commencé sa carrière. Humaniste, discret, et pourtant très prolifique, il a écrit et composé pour lui même et pour beaucoup d’autres .

J’aime bien le récit de sa rencontre avec Leprest qui a abouti à une longue et fructueuse collaboration et à une solide amitié. Lui venant d’un milieu bourgeois, c’est Leprest qui, dit-il  m’a vraiment ouvert au monde du quartier, au monde du bistrot. Même si nous venions de milieux différents, nous étions bienveillants tous les deux … La vie ne suppose pas de faire une hiérarchie entre les malheurs et les bonheurs d’une princesse ou d’un ouvrier.

Si vous voulez en savoir plus sur Romain Didier, tout est dans le piano noir, enfin non, dans Hexagone, et c’est passionnant.

d SireEt David Sire? Vous connaissez? Moi, je croyais le connaître, mais là, j’en ai appris de belles sur lui ! C’est encore David Desreumaux qui l’a fait parler ! Par exemple, comment on fait pour laisser tomber une brillante carrière de chercheur pour entrer en chanson, comment aller de la philosophie à la bidulophie, il suffit d’une pompe à vélo, d’une bicyclette … Et de Fred ! Et si vous voulez tout savoir sur la bidulosophie, faut lire l’article. Un indice? : Le bidule est le matériau de la bidulosophie, la récolte, ce que les gens apportent, des petits trésors de vie dans des dispositifs circulaires où la parole circule .

parisQuant à Pauline Paris, selon David Desreumaux : Pauline questionne les relations humaines sur fond de ( fausse) candeur, et fait tourner ad libitum la grande roue des thèmes inépuisables que sont l’amour, le désir, etc… Elle tourne, intemporelle, donc contemporaine.

Yves Jamait, lui, en grande conversation avec Flavie Girbal, voudrait bien se débarrasser de sa casquette d’ouvrier qui lui colle à la peau, mais pas des maladresses :  Beaucoup de premiers albums sont léchés à l’extrême. J’ai envie de leur dire : hey les gars, un peu de maladresse ne nuit pas, c’est les défauts qu’on cherche, on s’en fout que vous n’en ayez pas!

Marion Dieufoulet porte un regard sur Stef, sincérité, drôlerie, à fleur de peau quand elle chante ses maux de femme et tous les possibles sur scène .

Un beau moment de Peauésie avec Clément Bertrand , un ilien féru de poésie depuis l’enfance : On se tend des sourires ratés / Qu’on prend toujours pour des grimaces/ Il y a à boire et à jeter/ Sous le bordel de nos tignasses.  Le mieux, c’est de l’écouter: Peau Bleue , un album de 12 titres, 2016 .

Marie-Hélène Blanchet nous assure que l’album de Dom Colmé qui verra le jour en 2017 sera un bon cru et de l’ Inquiétante étrangeté de K : « Il y a des gens qui écrivent des chansons en pensant à Brel, moi je pense à Terry Gillian. »

Camille Hardouin par David Desreumaux

Michel Gallas a recueilli les clés de chaque chanson du futur premier album de Camille Hardouin, on pourra ainsi les écouter en connaissance de cause : Mille bouches .

Après une visite du Watson Studio, un lieu convivial qui accueille les artistes pour créer, enregistrer, travailler, et lors de concerts privés, à Courçon ( Charente-Maritime) , et au Printival Boby Lapointe à Pézenas, où il est impossible de s’ennuyer sur une journée, vu l’abondance des concerts, on va faire un tour dans les médiathèques de Paris, avec le secrétaire de la commission d’écoute Patrick Engel. Une passion, et un sacré boulot :  Il importe d’avoir les oreilles grandes ouvertes en permanence, d’être curieux, fouineur, éclectique et plus encore . C’est un vrai sacerdoce, en fait !. On fait confiance à Patrick, il connaît la chanson !

Retours de concerts, vus sur scène, affiches de spectacles à venir, la Blackroom où l’on chante toujours, Hexagone est sur le tout-terrain chanson. Et même dans les pièces détachées d’Eric Mie qui est Tombé dans les Pomme, ce qui ne plaît pas du tout à Big Brother de facebook qui censure régulièrement les rondeurs de son héroïne, il nous la présente pourtant fort joliment :

Comme le fruit défendu rond et charnu qui nous fait tomber dedans

Comme celle d’amour ou de douche

Qu’on aime toucher de la bouche

J’ai nommé ma nana…

Et ne me dites pas que les hommes préfèrent les prunes !…

A lire d’Eric Mie Si tu veux te changer en gomme, florilège de chansons écrites entre 1988 et 2014, illustrées par lui-même. Préface d’Agnès Bihl .

jeanne-rochette-14-11-2016-22-05-22-2332x2267-14-11-2016-22-05-22-2332x2267

Photo NGabriel2016

Si vous voulez savoir comment naît une chanson, Jeanne Rochette nous raconte : Quand je m’aime pas en long et en large , avec paroles à l’appui .

Et pour finir, Rosbif Saignant, Mad s’insurge contre son rôle ingrat d’exécuteur des basses œuvres, faire du porte à porte , voire du rentre-dedans à de pauvres libraires innocents pour leur vendre du mook en veux-tu en voilà. Sa conclusion est sans appel:  Pour vendre ce foutu mook, faut plus de cul…ture consensuelle … Et tant qu’à faire, osons, osons changer de nom, Sexhagone, ça claquerait bien, non ?  On attend les réactions qui ne vont pas manquer, encore une fois, d’assaillir ce pauvre Mad .

Voilà, un peu long, mais il y aurait tant à dire encore ! Et il y a tant à lire, à découvrir, à voir, à écouter, que le mieux c’est de s’abonner, ça évitera à Mad de faire du porte à porte !

Danièle Sala, de Mozac.

Last but not least, pour les abonnements, clic sur la dame, mais gentiment.

flavie.jpg

Hexagone : Un pour tous, tous pour un …

19 Jan
  • 02 Hexagone couv.inddUn mook pour tous les amoureux de la chanson, et tous ces amoureux pour soutenir le mook, ce pourrait être la devise des mooksquetaires , c’est comme ça que j’ai compris le message de David Desreumaux dans l’édito du n°2 qui ouvre le bal : Si rien n’est gagné pour la chanson, imagine pour Hexagone ! Je l’ai déjà dit plus haut, j’arrête de radoter, mais sache qu’il nous reste encore du chemin pour asseoir durablement la revue . Ensemble, on y arrivera . C’est un message à mook ouvert .
  • On ouvre la revue sur une lumineuse photo de Zaza Fournier sur fond noir . Et après quelques pages d’humour pour chauffer le lecteur, on attaque avec Un oiseau funambule, Jeanne Garraud. Jeanne aux multiples talents, photographie, chanson, théâtre, piano, l’oiseau doit apprendre, puis se dévoiler tel qu’il est .
  • Après la déclaration d’amour à sa langue maternelle de Baptiste Vignol, et sa défense, on ouvre le grand débat interprètes/ACI, avec Valérie Mischler, Jean Guidoni : Compositeur, je ne le suis pas, mais il y a longtemps que je chante mes propres chansons,ainsi je peux être considéré comme un AI ou un IA, comme vous voulez .
  • Zaza Fournier, Askehoug, Frédéric Bobin : Je ne me sens pas comme un interprète pur, mais plutôt comme un ACI qui n’écrit pas ses chansons, débat animé par Patrick Engel , qui conclut: Le débat, si tant qu’il y en ait un, est loin d’être tranché .
  • michele-bernard-18-10-2016-21-40-48-2333x2304

    Photos©NG2016

    Et l’on rentre dans la Collection d’hiver partie I, avec un long entretien entre David Desreumaux et Michèle Bernard, Pour la beauté du monde. Michèle Bernard, 20 albums plus loin, avec Tout’manières, nous dit que pour elle la chanson est au carrefour de deux choses que j’adore : la musique et les mots.

  • Michèle Bernard que l’on retrouve un peu plus loin, sous la plume de Claude Fèvre et son exercice de style qui joue poétiquement sur les titres de Tout’manières en racontant l’histoire d’Yvette : Un matin, elle a grimpé La Montée des Anges. Sans moi, elle m’a plantée là, Yvette . Alors, je clique, je partage sur le Net mes rêves de colibri . Les rêves d’Yvette, juste pour la beauté du monde .
  • Et l’on va de découvertes en connaissance plus approfondie d’une foule de jeunes talents, Pauline Drand, Boule, Batlik : C’est agréable pour moi d’être en permanence une découverte, un jeune premier …  Clio : Ultra moderne solitude, La Reine des aveugles, Eric Mie, Mell, Hildebrandt, La Roulette Rustre, etc … On voit que la relève est assurée !
  • Ah ! La page 69 m’a un peu bousculée, avec humour ! Jules nous invite à pogoter sous la lune avec les Wampas, en nous assurant que Petite fille est l’une des 10 plus belles chansons d’amour françaises au monde ! … Ce qui n’engage que lui !
  • Bossone AAAA main tendue 16-01-2015 22-54-13

    Photos©NG2015

    Et on arrive sur le grand dossier Bossone. Une radioscopie complète du gamin de Loudun, à l’enfance paisible aux côtés de son frère Benjamin, de son père guitariste, fan de Brassens, Caradec, Brel, Barbara, à l’ado qui délaisse la guitare classique pour faire du rock, nourri de poésie, Baudelaire : Le dépressif aux fleurs mauvaises, comme il le nomme dans son Cargo noir, Rimbaud, puis la découverte de Dylan, et là, il décide de devenir songwriter, après des débuts de comédien, et vole vers le succès que l’on sait, mais toujours confidentiel auprès des grands médias, hélas !

  • Je ne vis pas de ma musique, j’en meurs ! Mais je suis content. Suit un entretien sur les Mixtapes de Jérémie, qui montrent la création en mouvement : Dans les Mixtapes, tu dois juste écrire des chansons du mieux que tu peux, mais il n’y a pas de contraintes de business.
  • Et Frasiak vient porter son regard extérieur sur Jérémie Bossone : Jérémie Bossone, un bel humain, un bel artiste, mon petit frérot de chanson.
  • Ce dossier se termine sur les paroles de Rien à dire :
  • Et je cours à travers la ville

    Je cours, je cours pour m’étourdir

    Pour oublier l’état servile

    De celui qui n’a rien à dire

    Oui je cours à travers la ville

    Je cours, je cours pour m’engloutir

    Qu’ell sont cruell’et qu’ell sont viles

    Ces nuits où l’on a rien à dire …

    Après le catalogue de tous ses albums, bonne nouvelle, il prépare un album pour 2017 .

  • Viennent quelques pages de superbes photos d’artistes sur scène, avant d’arriver à la Collection d’hiver II pour apprendre Buridane, de la danse à la chanson: Mes chansons sont la régurgitation d’une expérience assimilée: Ecrire tous les possibles, par David Desreumaux .
  • Bernard Joyet 14 3 2016 14-03-2016 21-25-55 2479x2550

    Photos©NG2016

    Puis viennent Hildebrandt, Romain Humeau, un Cyrano Pop-rocker . Et le bonheur de retrouver Bernard Joyet, dans son parcours atypique, Bernard Joyet, qui devient chanteur à temps complet à 37 ans, après divers métiers, se fabriquant une guitare avec des rails de chemin de fer pour les frettes. Sa rencontre avec Caussimon, puis Jean-Louis Foulquier, sa renaissance après une maladie qui a failli l’emporter, l’aventure Juliette… Cet article de Michel Gallas confirme la qualité d’écriture de Bernard Joyet, et sa présence sur scène : Oui, si je monte sur scène c’est pour offrir un spectacle . Je ne sais pas rester planté derrière un micro. Sur scène, je suis au théâtre, chaque chanson est un tableau, je joue une pièce en vingt actes. Avec un large panorama de couleurs, de situations et d’émotions. Bien sûr, j’associe toujours Nathalie. Elle apporte une immense contribution car elle fait des musiques qui sont au delà de mes capacités .

  • Nath Miravette Cucul 2 AAA 11-03-2016 22-14-45 3401x2715

    Photos©NG2016

    Et comme j’ai eu le bonheur de les voir sur scène tous les deux, je confirme : Avec Nathalie, on se régale, on s’amuse, on est heureux. Et j’ai l’impression qu’on fait plaisir, qu’on partage bien avec le public, et qu’il considère l’objet fabriqué par l’artiste-artisan comme de la belle ouvrage .

  • On arrive ensuite à cette belle histoire musicale de Concèze, où s’est créé l’ensemble Découvrir .
  • Encore une découverte avec Jean-Roch Waro et sa Fensch connection, sous la plume de Marie-Hélène Blanchet : Sa guitare est comme le prolongement de lui-même… Ses notes racontent des histoires, et ses mots résonnent. Artiste libre et authentique, Jean-Roch Waro livre dans sa musique ce qu’il a de plus lumineux .
  • Alternant avec les articles de fond, on trouve toutes les dates de concerts, les lieux, les festivals passés: Attention les feuilles à Annecy, Festival d’Aurillac, à venir, les concours, un inventaire de livres sur la chanson, les références des albums, des sites des artistes cités, tout y est. Et même, dans les coulisses des chanteurs, on peut savoir comment fonctionne la com, la promo, les relations presse et médias, avec Vicken Sayrin, ou voir une série de photos juste avant la scène, avec en légende, les états d’âme des artistes avant de se jeter dans l’arène .
  • Vues sur scène, Clarika , à La Bouche d’air, par Chantal Bou-Hanna, concert qui se termine par une ovation, et une prolongation en choeur avec le public, et Véronique Pestel au Café de la danse, par David Desreumaux : Ce sont fragments d’humanité qui apaisent, que l’on prend volontiers pour bâton de pèlerin parce que , comme elle, nous savons bien que «Faire autrement, c’est faire la place au geste de demain . » .
  • Photos©NG2016

    Photos©NG2016

    On trouve aussi l’histoire d’une chanson par Presque Oui, Un baiser : Une sorte de chronique, de fait divers intime, tendrement chirurgical. Et si on allait faire un tour Chez ta mère, à Toulouse ? Avec une belle illustration colorée de la façade par Flavie Girbal, Michel Gallas rappelle l’évolution de ce lieu convivial qui a accueilli une foule de de jeunes talents et qui a encore de nombreux projets .

  • Mais ce n’est pas fini ! On termine par un rire sarcastique, avec la tribune assassine de Mad sur la soirée de lancement du n° un d’Hexagone au forum Léo Ferré, qui est la seconde maison d’Hexagone : « Extra » le lancement du mook à Ivry ? J’aurais aimé vous y voir !
  • Mais je n’en dirai pas plus, faut la lire pour y croire !
  • Voilà , je vous livre mes vagabondages aux quatre coins d’Hexagone n° 2 , et si vous voulez en savoir plus, un bon conseil :
  • Faut s’abonner à Hexagone

    C’est ce qui s’fait d’mieux en ce moment

    Le mook élégant qui chansonne

    Sur tous les tons avec talent .

Danièle Sala

Et l’adresse, c’est là, Flavie vous y attend  (David aussi …) Clic sur la dame, mais gentiment… flavie

HEXAGONE le mag le mook

19 Sep


couv-mook

 

Dans notre univers chansonnesque, c’est bien l’évènement le plus important depuis que l’homme a mis un pied sur la lune : la parution d’une superbe revue consacrée à la chanson. Vous avez déjà lu, vu, apprécié ce que fait Hexagone depuis deux ans, un site vivant et élégant, des captations de concert de grande qualité, des comptes rendus de spectacle, des concerts dans leur salle de spectacle, la Black Room, c’est un panorama à 360° de la vie de la scène chanson.

Aux commandes de ces réalisations, deux artistes pros, passionnés, Flavie Girbal et David Desreumaux. Photographes de talent, graphistes expérimentés, plus une petite équipe resserrée, et voilà le travail. Un magazine, et un portfolio, un book, ce qui donne un « mook ». De très grande classe, dans la lignée de ces revues comme XXI qui a ouvert la voie à une forme de presse qu’on avait oubliée, des revues riches, pas celles mook-format-19-09-2016-15-01-12-2263x2627qu’on feuillette chez le coiffeur, mais celles qu’on garde en bibliothèque, à la suite de Chorus par exemple. Le format 24×21? Voilà, le CD donne l’échelle, presque carré, c’est plus un livre qu’une revue, papier semi mat pour une bonne restitution des photos,  grammage 110g, et plus de 190 pages pour tenir un trimestre.

Vous y trouverez des interviews, et un grand dossier, de très belles photos…mook-portfolio-19-09-2016-15-02-32-3412x2268

Vous y trouverez tout ou presque pour satisfaire votre goût et vos envies de découvertes. Voir ici, clic sur Sarclo ou Champollion, et vous aurez le menu complet.

Tous les renseignements utiles l’avoir chez vous, c’est là, clic sur l’écouteur, et ça s’ouvre. logo-hexagonecasquemodif

 

 

 

C’était une sortie officielle avec spectacle.

Merci au Forum Léo Ferré et à Gilles Tcherniak pour l’accueil et le soutien depuis le premier jour, à Xavier Lacouture carrément immense et parfait en Maître Chambellan, à Gauvain Sers, @ZO (Julien Belliard), Jérémie Bossone, Garance, Valentin Vander, Liz van Deuq, Clio, Hervé Suhubiette, Thibaud Defever (Presque Oui) et la « patronne » Anne Sylvestre qui ont fait un beau spectacle 100% création originale, dont je ne dirai rien, mais vous en verrez probablement des extraits sur le site Hexagone, et vous allez vous régaler.

Norbert Gabriel

Faire part de naissance, Hexagone…

26 Avr

Voilà, malgré  les tumultes du monde, un magazine chanson ouvre ses pages… Numéro zéro pour vous en mettre plein la vue et vous permettre  de noter tout ce qu’il faut savoir pour que cette superbe  revue devienne une vraie revue, de celles qu’on archive dans sa bibliothèque et qu’on garde précieusement.

LE-MAG-NUMERO-ZERO-COUV-300

 

Après cette couverture , vous pouvez, vous devez,  feuilleter et vous avez tout le contenu de ce numéro zéro, comment faire?  clic là dessous,

 

logo-hexagonecasquemodif

Que Calliope, Erato, Euterpe, Clio, Polymnie, Melpomène, Terpschore, Thalie, et aussi Assurancetourix se penchent sur son berceau pour un avenir prospère…  Et yop là boum !

 

N Gabriel

 

Prix Moustaki 2016

4 Mar

 

Et la gagnante est : Eskélina !

Prix Moustaki 2016 Eskelina 03-03-2016 20-42-16 2439x2446

Prix du Jury, prix du Public, et sans doute haut la main, tant elle était au dessus des finalistes. En ayant comme critères quelques bases qui me semblent essentielles, Eskélina a fait le grand chelem de la soirée,

  • une musique qui capte l’attention aux 3 premières mesures,
  • des paroles qui séduisent aux 3 premiers mots
  •  une présence lumineuse qui éclaire aux 3 premières secondes
  • L’envie immédiate de découvrir l’intégrale, son album, ses albums à venir, et les spectacles itou.

Dans cette finale, le moins que l’on puisse dire, c’est que la sélection était très diversifiée, voire hétéroclite, ou contrastée. La sobriété de François Puyalto en solo voix-guitare basse, et le show du groupe Zo méritent chacun un accessit, mais ils ne sont pas forcément compatibles avec toutes les salles. Puyalto dans sa prestation colorée jazz, c’est plus le Limonaire, ou Le Forum Léo Ferré, tandis qu’on imagine  Zo dans une salle où l’espace est plus adapté à son folk-rock à bouger les pieds, et le reste. Entre ces deux extrêmes, duos, trios, parfois avec machines.

Vu du public, qui découvrait la plupart des finalistes, c’était mon cas, à part Eskélina et François Puyalto croisé dans l’univers d’Emily Loizeau, ce fut la découverte, et parfois la surprise, pas forcément bonne, de mon point de vue subjectif, mais partagé par quelques amis croisés dans le public, et l’accord sur Eskélina a été parfait. Si je devais ronchonner un peu, ce serait au sujet de quelques voisins de fauteuil, qui ne connaissaient pas certains des finalistes, (ni Eskélina) mais qui ont fait leur choix avant que ça commence. Mais bon… Le copinage ne devrait pas interférer dans ce genre de prix.

Il y eut donc par ordre d’entrée en scène, Anastasia, puis Pauline Drand, Eskélina, Hi Cowboy, Orso Jesenska, François Puyalto, et Zo, d’autres prix étaient en jeu, des programmations, voir le site du Prix Moustaki pour toutes les infos. (site  construit par Julien Piraud  « P’tit blog  et animé par Thierry Cadet).

Prix Moustaki 2016 montage 04-03-2016 11-34-004

Une précision, ou deux,  utiles à la bonne compréhension des choses:

« Il n’y a jamais eu de subvention pour le Prix avant celle de Denis Collinot. Nous organisions le Prix Moustaki sur les fonds propres de l’association poésie et chanson Sorbonne.
Denis a donc effectivement sauvé le Prix, par ce premier soutien financier, suivi ensuite de Catalyse et L’ARS Ile de France. (Amélie Dumas, coordonnatrice et fée polyvalente selon Matthias Vincenot et Thierry Cadet)

Un salut aussi à un nouveau partenaire, David Desreumaux créateur d’ Hexagone, le mag sans papier de la chanson, le site chanson et spectacle qui monte qui monte et qui montre de quoi se régaler les yeux et les oreilles.

Et avec papier, le der des ders , FrancoFans, qui fluctuat sans mergitur…

Last but not least, Liz Van Deuq, prix 2015 était dans la salle, et fut invitée à évoquer les effets secondaires et bénéfiques de ce prix.  On la retrouvera bientôt aux Trois Baudets pour une soirée spéciale filles de radio crochet de France Inter…  A suivre ici même dans quelques jours pour les premières infos.

Le président Kent a présidé, le parrain Oldelaf a parrainé, avec deux chansons dont « La tristitude » a fort réjoui la salle.

Prix Catalyse à Hi Cowboy.  No comment.

Et rendez-vous dans les salles où le spectacle vivant garde pavillon haut, envers et contre tout.

Norbert Gabriel

Black Room Deuxième Génération, 5 septembre

7 Sep

Blackroom trio rec

Benjamin Bossone, Jérémie Bossone, Benoit Dorémus, (©Hexagone)

Les soirées BlackRoom, comme tout ce qui rare, ça va devenir très cher… Et il faudra pouvoir dire « J’y étais » si on veut vraiment être un vrai de vrai de la chanson francophone. C’est aussi une sorte de course au trésor, être dans les temps pour réserver, et un jeu de piste pour y arriver. Mais c’est possible, la preuve, j’y suis arrivé. Qu’est-ce qui s’y passe donc ? On y chante…

Au bon vieux temps d’André Claveau (je dois être le seul de la soirée à avoir connu presque personnellement) on chantait « Cerisiers roses et pommiers blancs » Mariano vocalisait « Mexico-oooooo », Tino Rossi c’était « Petit papa Noël » et on dansait plus l’Aimable Verchuren que Rock around the clock. C’est en ces temps quasi préhistoriques qu’un observateur du monde de la chanson informa Brel qu’il y avait d’excellents trains pour Bruxelles. Le même, ou son jumeau certifia qu’Aznavour ne ferait jamais carrière. Tant d’expertise laisse sans voix.

Bossone-001Quand les chanteurs de charme roucoulaient sucré leurs tableaux pastel, d’autres y mettaient la puissance créatrice de Van Gogh ou Vlaminck, leurs explosions, leurs jaillissement de passions et de rages de vivre. Je repense à tout ça, à cause de l’émission étique de Philippe K, sur France-Inter, et grâce à Jérémie Bossone. L’émission hebdo dudit Philippe K c’est une sorte d’assemblage de navet cuit à l’eau arrosé d’eau tiède, suivi d’un tilleul allégé. Et ce régime s’avérant déprimant, j’m’arrose le moral avec un ou deux whiskies à l’Empire, avec l’écrivain qui n’a rien à dire mais qui le chante à cœur battant. Rien à dire ? Ça se discute… Une des toutes dernières chansons, en première diffusion ce soir, Cherokee rose, a beaucoup à dire sur les déportations. Le progrès a remplacé les longues marches par des transports ferroviaires, mais le résultat est le même. La mort y fait un succès. De larmes… Vous en saurez plus en allant écouter Bossone. C’était la page culture et histoire, genre de chanson qui fait le bonheur de Télérama, à défaut des Inrocks. Mais ça ne saurait tarder, sur le plan guitare Fender, Bossone est largement au dessus de pas mal de rockeurs qui font plus de bruit que de musique. Suite à un écho comparatif un peu particulier, il me vient à l’idée que Bossone est plus près de Debronckart que de…. Non rien. Et le duo Benjamin et Jérémie Bossone, ça met le feu aux étoiles.

Benoit Doremus-003Mais avant Bossone, il y avait Dorémus… Ça commence bien, comme un début de gamme, Do Ré Mi, Do Ré Mus…ique ? Il y en a qui ont des noms prédestinés pour faire chanter leur vie. Une vie qu’il explore avec une élégance détachée dans les mille et une péripéties de ses amours. Il peut aussi développer avec autant d’élégance une tranche de vie que nous définirons par l’addiction à la lecture dans les lieux d’aisances, en bref, la littérature de chiottes. Comprend qui veut. S’il attaque les 1196 pages de la légende arthurienne, sur papier bible, l’occupation des lieux peut prendre un certain temps, mais c’est une autre histoire.

Ce soir, c’était la presque première des nouvelles chansons, et la première de sa nouvelle chérie qu’il tient entre ses bras, une certaine M’zelle Gibson, qui vérifie que l’âge ne fait rien à l’affaire pour une six-cordes de bonne famille. Une tendresse un chouïa narquoise parfois, quelques ficelles du métier de la scène entre deux chansons, comme l’art de ce qu’il ne faut pas faire démonstration à l’appui, tout pour ravir le public. D’ailleurs, il faut quand même dire la vérité, même si elle fâche, Bossone et Dorémus c’est rien que des menteurs, l’un chante qu’il n’a rien à dire, l’autre dit qu’il écrit faux et qu’il chante de la main gauche, eh bin c’est pas vrai ! Je vous invite fermement à aller le constater, en scène de préférence, mais sur album c’est bien aussi.

Dernier point le super bonus que le maestro Desreumaux impose, une chanson dont les duettistes doivent faire une interprétation personnelle, réécrite selon l’humeur, avant de faire l’originale en duo. Vous devriez trouver ça un de ces jours sur le site Hexagone, en plus de toutes les infos sur les soirées BlackRoom passées et celles à venir. Cherchez et vous trouverez. Ils le valent bien.

Sachez aussi que les libres participations responsables – le chapeau – invitent les constipés du porte-monnaie à une saine approche du prix d’un spectacle. Et là, c’est pas comprend qui veut, le message est très clair.

C’était un soir à la BlackRoom, un grand soir dans un lieu où naissent peut-être les futures légendes.

Ici : http://hexagone.me/author/hexagone/

Et pour quelques images de plus…

BlackRoom montage

%d blogueurs aiment cette page :