Tag Archives: Graeme Allwright

Graeme Allwright par lui-même…

13 Juin

S’il fallait résumer la vie de Graeme Allwright en quelques lignes, deux extraits de chansons pourraient faire l’affaire:

Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu’il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t’avais prévenue je suis étranger.

Comme un vrai gamin
J’veux changer de décor tous les matins
Voir des choses que je ne verrai plus demain
J’veux prendre la route comme un vrai gamin 

Il a raconté sa vie à Jacques Vassal, un parcours fait d’entrechats comme des évasions pour aller voir ailleurs, plus loin, découvrir des pays et leurs habitants, l’Inde et ses mysticismes, devenir apiculteur comédien et chanteur, troubadour vagabond portant ses chansons-chroniques, contes ou faits-divers , comme autant de miroirs de nos errements…

Sa vie, racontée sans complaisance, ses doutes, mais la vie de famille est-elle vraiment compatible avec cet étranger qui court comme un vrai gamin à la poursuite de ses rêves ?

Jacques Vassal a complété les chapitres avec les entretiens de Catherine Dasté et leur fils Christophe Allwright, Genny Detto, le guitariste des premières tournées, la famille, Joël Favreau, les amis, les partenaires, les « collègues » de la chanson.

Au final, c’est un personnage à la fois familier et insaisissable, on pourrait y percevoir le Petit Prince version protest-singer, un des héros ordinaires de Mark Twain, le frère de route de Kerouac, le vagabond céleste qui traverse l’époque pieds nus sur la terre sacrée… Le combattant de l’humanité fraternelle,  La flamme qui nous éclaire / Traverse les frontières / Partons, partons, amis, solidaires/ Marchons vers la lumière

Clic sur l’image pour agrandir.

Peut-être que chacun trouvera « son » Graeme Allwright, toutes les pistes sont là… Selon les souvenirs, c’est peut-être Petit garçon qui nous berce, ou Il faut que je m’en aille en chanson-cartoon, Le jour de clarté pour les jours de marche à l’étoile, La ligne Holworth, pour des faits qui résonnent avec une actualité confondante en 2018, et bien sûr les chansons de Leonard Cohen dont il est le traducteur officiel. Avec quelques commentaires sur cet art de la traduction qui respecte l’esprit de l’auteur.

Au fil des pages, l’envie de réécouter les chansons se fait souvent impérieuse, et on retrouve les étapes à La Réunion, Madagascar, les routes anglo saxonnes sur les traces de Cisco Houston, Woody Guthrie, Peter Paul and Mary.

Vous aurez aussi envie de voir le documentaire de Chantal Perrin, et parfaire votre anglais avec les chansons de Brassens traduites par Graeme Allwright… Bonne route avec Graeme Allwright,

Je suis parti changer d’étoile
Sur un navire, j’ai mis la voile
Pour n’être plus qu’un étranger
Ne sachant plus très bien où il allait…

L’important,  manouche gitan ou bohémien, touareg ou bédouin, zingaro, romani, ce n’est pas le bout de la route, c’est la route. Je suis un souvenir qui marche porté par l’écho des notes d’une guitare

Graeme Allwright par lui même, et par Jacques Vassal, préface de Jacques Perrin, au Cherche Midi. Mai 2018

Norbert Gabriel

 

 

Publicités

Je chante magazine n° 13 .

17 Mar

Les magazines chansons sont rares, et rares sont ceux qui durent , faute de moyens ou de lecteurs .

Je chante en est pourtant à son treizième numéro, et celui là est tout aussi copieux que les 12 précédents . 61 pages qui abordent tous les aspects de la chanson, paroles, musiques, livres, lieux et ceux qui les font vivre, la chanson française ou francophone, beaucoup sur le mode nostalgie, mais aussi des coups de projecteur sur les sorties d’albums, de Michèle Bernard et «  son vieil espoir têtu » : «  Tout’manières » à Frasiak «  Sous mon chapeau », ou Agnès Bihl » Tout fout l’camp », en passant par Annick Cisaruk «  l’autre voix féminine de Ferré «  Où va cet univers ? CD La mémoire et la mer » avec David Venitucci à l’accordéon, ou encore le «  coffret » Juliette, qui regroupe en 13 CD plus un CD de raretés l’intégrale des albums .

On trouvera aussi des dossiers très complets, comme la visite guidée du Forum Léo Ferré avec Gilles Tcherniak qui en dirige l’équipe, il raconte le fonctionnement, le choix des programmations  est très varié, ouvert aussi au théâtre, à la musique classique et au jazz : Je n’aime pas beaucoup l’expression «  chansons à texte » parce qu’elle évoque le petit clan, la petite chapelle . Ce côté esthète nous cloisonne et je trouve qu’on est déjà assez marginalisés comme ça, ce n’est pas la peine de se tirer une balle dans le pied…( Gilles Tcherniak) .

 

PhotoNGabriel2016

PhotoNG2016

Les musiciens sont aussi mis à l’honneur, Roland Romanelli évoque son spectacle L’Homme en rouge et parle de sa collaboration avec Barbara  : Dans mon ancien spectacle, je disais que c’est la femme qui m’a fait le plus rire ! On l’imaginait plutôt avec une chouette ou un hibou sur l’épaule… Or, c’était une femme très drôle.

Musicien encore avec Francis Lai, monsieur cinéma, et tous les interprètes , surtout toutes, des chansons de films, comme Nicole Croisille , Jacqueline Dulac, Marie Laforêt : Dans la plupart des films, il y a une chanson qui reste, et pour Claude Lelouch la musique est chargée de dire ce que les images ou les dialogues ne disent pas .

Dans ce numéro , on fait aussi une belle rencontre avec Graeme Allwright, ce jeune homme de 90 ans qui est l’un de nos derniers chanteurs francophones encore en activité , comme le souligne l’auteur de cet entretien, Jean-Marc Desmesropian , et j’aime beaucoup cette phrase de Graeme Allwright qui devrait faire réfléchir ceux qui ont peur de l’autre par ignorance :

J’essaye d’apprendre des autres peuples et c’est incroyable de voir qu’on a beaucoup plus à apprendre d’eux que le contraire .

Sur le mode nostalgie, Raoul Bellaïche le dit lui-même : Un peu par nostalgie, par fidélité à ce que l’on a aimé adolescent, retour sur la carrière de ce groupe et de ce chanteur unique . Ce chanteur, c’est Demis Roussos, et son groupe les Aphrodite’s Child . Qui n’a pas fredonné Rain and tears , le slow de l’été 68 ?  Un peu de douceur entre deux pavés ! C’est Frédéric Leibovitz, qui a lancé le groupe grec, en 1968, qui nous parle de la naissance de ce tube , Frédéric Leibovitz qui est également l’éditeur (Cézanne) de Marie Baraton .

Rain and tears, chanson composée, entre de nombreuses autres, par Boris Bergman, dont on fait aussi plus ample connaissance, et qui a aujourd’hui un regard critique sur le métier :

Les maisons de disques font de la chanson d’élevage , à un moment, il fallait absolument que toutes les chanteuses chantent comme Céline Dion … La même intonation québéco-américaine .Et elles étaient toutes interchangeables….. Le métier a beaucoup changé, et même si ça n’a jamais été un métier pour moi, cette façon de faire ne m’intéresse vraiment pas .

Voilà , quelques détours au fil des pages de ce mag où l’on a beaucoup à découvrir pour les plus jeunes, et à découvrir aussi et à se souvenir pour les autres . Et un magazine chanson qui dure, c’est beau !

 

Danièle Sala de Mozac

Ajoutons que cet irrégulomadaire N° 13  a été précédé par de très nombreux  numéros dont certains sont toujours disponibles, cliquez sur l’image et la boutique Je Chante s’ouvrira. 

%d blogueurs aiment cette page :