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Didier Lockwood

19 Fév

Depuis quelques années, un des bonheurs du mois de Juin est la ballade flaneuse aux Puces de Clignancourt, pour le festival Jazz aux Puces… Un passage devant la Chope des Puces pour un salut discret à Django, et vers 14 ou 15 h, dans une des allées, repérer Didier Lockwood qui va faire un parcours plus ou moins improvisé vers les groupes invités dans les bars partenaires, ou ceux qui ont choisi d’occuper un bout de trottoir comme scène provisoire.. Chaque année , je me fais une sorte de jeu de piste, avec des repères comme le Relais des Brocs, la Péricole, mais régulièrement, je suis détourné de mon chemin. Comme en juin 2017. Au carrefour de la rue qui va à la Péricole, me voilà saisi par quelque chose qui se passe à quelques dizaines de mètres, ça swingue molto vivace, chant et violon.. je délaisse mon itinéraire initial, et j’arrive … et je vois…

 

Juin 2017 Jazz aux Puces Photo NGabriel

Ça a bien duré 20 mn, une complicité musicale qu’on aurait dit éprouvée depuis longtemps, alors que la rencontre venait de se produire. C’est ça l’art des rencontres façon Didier Lockwood, il s’approche, hume l’ambiance, observe un peu et c’est parti. On est dans la musique. J’ai pu vérifier auprès de Jeph (le guitariste chanteur) que rien n’était programmé ; ce duo avec Sybille Liévois était une création quasi expérimentale, une première, et comme d’habitude, Didier Lockwood passe, attrape au vol le tempo et le feeling, et on vit un moment de musique unique, un jeu jouissif bien partagé avec les spectateurs, qui sont venus parfois par hasard, pour autre chose, et qui sont accrochés, scotchés devant ce miracle toujours renouvelé de la création spontanée.

Au fil des années, dans ce festival des images sont restées emblématiques, comme celle là,

 

22 Juin 2013 Jazz aux Puces photo NGabriel

Quand la musique s’envole vers des sommets presque irréels… L’album photo pourrait être plus fourni de vues anecdotiques, mais cette image est celle que je veux garder aujourd’hui, le musicien et son violon.

Norbert Gabriel

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FOCUS !

5 Mar

Préambule.  Un photographe Eric Barbara, avait dédicacé une expo ainsi:  Elisabeth et Manu, mon seul talent c’est vous.  Il s’agissait d’une série consacrée à Elisabeth Caumont et Manu DiBango.

VM 4 mars flou sensuel 04-03-2016 20-06-52 2026x1926Le point s’impose pour être très net en matière de photo, et des effets secondaires.

Cette photo est un 30 ème de seconde d’un spectacle qui dure 1h15 environ. Une comédienne joue un personnage, et ça ne signifie pas qu’elle est ce personnage dans la vie . Delon a été  Le samouraï , je ne crois pas qu’il se soit transformé en tueur à gages pour être dans le ton juste.

Les effets Facebook, où on ne croise en principe que des « amis » sont parfois surprenants. C’est peut-être un jeu, mais il semble que parfois ça dérape en propositions qu’on peut dire indécentes.

Aurait-on l’idée de demander à Nathalie Baye après son film  La balance , combien elle prend pour une passe ?

Le seul objectif (!) des photos de spectacle, de mon point de vue, est de montrer ce qui reste dans l’esprit du public après le spectacle. Pour donner envie à des spectateurs d’aller le voir.

Quand la photo est réussie, sur ce critère, et uniquement celui-là, l’essentiel du mérite revient à l’artiste en scène, à son éclairagiste, à leurs talents réunis. Reste au photographe d’avoir l’oeil ouvert pour attraper ce moment fugitif.

Et d’essayer de donner envie d’aller voir et entendre ce qui se passe devant la scène, car si l’image montre que tous ces artistes ont le plumage chatoyant, c’est surtout leur ramage qu’ils ont envie de partager. Le spectacle de chansons, c’est paroles ET musique, ET images.

Voici donc quelques beaux souvenirs, en images, que la scène ou les albums ont toujours confortés.

FOCUS Premier 05-03-2016 23-39-58 5056x3988

FOCUS deuxième tableau 05-03-2016 19-20-21 5120x4096

 

FOCUS troisième 05-03-2016 19-39-53 5120x4096

 

FOCUS quatrième 05-03-2016 19-47-27 5120x4096

 

Pour finir en musique, et boucler la boucle,  Elisabeth Caumont, Alain Debiossat et Manu DiBango vous invitent à Yaoundé….

 

La première photo est celle de Valérie Mischler qui propose un spectacle « Tout feu tout femme »  l’érotisme au féminin, à travers différents témoignages de femmes, accompagnés de chansons en situation, de spectacle, évidemment. Voir ICI.

NB: Une chanteuse qui pour les besoins d’un spectacle doit faire un show sexy, doit-elle avoir une  arrière pensée, genre, ce résultat d’un sondage récent:  Pour 27% des Français, l’auteur d’un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy.

A chacun d’apprécier à quel niveau se situe la réflexion, coeur ou bas ventre?  Comprend qui veut.

 

Norbert Gabriel

 

 

 

Les sentiers de la résistance chanson, Vanina Michel.

25 Fév

  résister« Seuls les poissons morts vont avec le courant. »

Ce proverbe séminole illustre bien ce que fut l’esprit de ce peuple indien qui n’a jamais enterré la hache de guerre. Quasi exterminé, quelques familles ont survécu dans les marais insalubres de Floride, qui ne présentaient aucun intérêt pour les colons néo américains. Et un siècle après la fin des guerres indiennes, les descendants de ces résistants invaincus ayant fait fortune dans le tabac et les jeux, ont racheté la totalité d’une chaîne emblématique de l’American Way of Life, les Hard Rock Cafés.http://fr.euronews.com/2006/12/07/les-indiens-seminoles-rachetent-l-enseigne-hard-rock-cafe/

Dans ce préambule, on pourrait remplacer « indiens séminoles » par artistes indépendants de la scène chanson, en leur souhaitant le même parcours, racheter Universal dans 100 ans … Pour le moment, essayons d’apporter un souffle d’oxygène à celles et ceux qui se battent pour faire vivre cette scène, celle qui a permis à leurs parents ou grands parents de découvrir Anne Sylvestre, qui chante encore et toujours, Félix Leclerc, Brassens, Brel, Ferré, Ferrat, et quelques autres.

Parmi les lieux de résistance chanson – entendons par là des salles où l’artiste est programmé sans avoir à payer la salle, la pub, les musiciens, la Sacem…- il y a au Vingtième Théâtre, les Lundis de la chanson, soirées avec une première partie choisie en harmonie avec l’invité principal, ou des co-plateaux, ou des spectacles comme les Nuits de la pleine lune, avec multi invités. Il y a aussi « La passerelle des arts » un rendez-vous mensuel, le deuxième mardi, sur une péniche, La balle au bond, avec une scène « découvertes » et ouverte. Le 4 ème rendez-vous le 12 mars sera parrainé par Didier Lockwood, et l’esprit de ces soirées est dans la ligne d’un des maîtres et partenaires de Vanina Michel, l’initiatrice de cette passerelle, « Ne pas faire demain ce qu’on a fait aujourd’hui, qui était différent de ce qu’on a fait hier. » Stricto sensu c’est le spectacle vivant. Selon l’évangile de Lubat, et les homélies de Prévert, dont Vanina Michel est une des interprètes maîtrisant le mieux les dits de maître Jacques.

Ça commence à 19h30 , et ça peut se terminer tard, tout est possible. passerelle

En attendant le 12 mars, vous pouvez passer à l’Angora Café, à deux pas de Bastille, Vanina Michel y reçoit régulièrement pour un de ces moments de cabaret chanson dans une ambiance très conviviale …

Elle y sera  JEUDI 7 MARS 20H30  L’ANGORA 3, Boulevard Richard Lenoir Paris 11°   01 47 00 25 00.  http://www.langora.fr/
A 50 m de la place de la Bastille, à l’angle du boulevard Richard Lenoir et de la rue Amelot,

Vanina Angora groupe 4 A2

Norbert Gabriel

Ça balance aux Puces …

27 Juin


D’abord ça commence ici, à la Chope des Puces, le rendez-vous de tous les amateurs de guitare et de jazz manouche depuis plus de 60 ans. C ‘est comme un pélerinage obligé avant de commencer la tournée, prendre un peu de cet air du voyage, de la route et des horizons sans fins. On y trouve encore des témoins directs qui vous racontent, à l’occasion, quelques anecdotes sur les guitaristes de légende qui sont tous passés ici un jour ou l’autre, ou qui en rêvent… Il y a 11 ou 12 ans, un très jeune homme de Tokyo, est venu uniquement pour présenter son album Hommage à Django, je n’ai jamais bien su les tenants et aboutissants, mais un soir, le téléphone sonne, quelqu’un me parle dans une langue métissée de français et d’anglais, je comprends qu’il s’agit d’un musicien, et au bout de 3 minutes, je comprends qu’il est en bas de chez moi. On se voit rapidement, la seule chose qu’il veut c’est me donner cet album, et il s’esquive après un salut très japonais. La seule chose que j’ai retenu de cette histoire, c’est qu’en 1999, un jeune japonais de 20-22 ans passionné de guitare, est venu en France pour voir la Chope des Puces, qu’il avait eu un écho des soirées « Autour de Crolla » ce qui l’a mené chez moi. Comment, par qui, par quoi ? Par miracle peut-être …

Voilà pourquoi tout jazzfan épris de notes de guitare et de nuages doit faire son pélerinage un jour ou l’autre à la Chope des Puces. De préférence en Juin, vers le 21-25…

Reprise de la ballade…

Photos NGabriel

Après la station à La Péricole, avec le trio Trenet manouche 2012, et une ballade tranquille vers le Cap St Ouen , voici le début des balances, avec 9 groupes qui vont se succéder, c’est dès 14 h qu’on commence les réglages…

Et quand il y a du monde en scène, dont des multi instrumentistes, on passe chaque instrument en essai.

Durant tout l’après midi, les musiciens vont se succéder pour ces préparations indispensables à un concert réussi.

Biréli Lagrène, en version « électrique » marie le son de sa slim guitare à un bon vieil orgue Hammond des années d’avant la révolution … de mai 68, peut-être même d’avant la guerre, on ne sait plus très bien…

Biréli Lagrène est très probablement un des 2 ou 3 vrais disciples de Django, jamais satisfait des acquis, et qui a toujours exploré les courants musicaux naissants, et rencontré les jeunes jazzmen, la dernière séance de Django, c’est la première de Martial Solal, le symbole prend tout son poids quand on voit la carrière de Solal.

De même , Biréli Lagrène, sans renier ses origines musicales manouches, est un explorateur de toutes les musiques, avec cette liberté des fils du vent que rien ne peut enchaîner.

Mais continuons les balances …

Ici le micro semble être positionné de façon très anticonformiste, mais avec les musiciens de Juliette, il ne faut  s’étonner de rien, d’autant qu’un autre est en train de mettre en place un matériel très spécial et contrairement aux apparences, ce ne sera pas le musicien qui usera de ces bouteilles, ou tout du moins, pas de la manière la plus usuelle, c’est pour préparer un cocktail façon Juliette, peut-être un Whisky-Kiri-kiwi ? À moins que ce ne soit un Corbières-Picon-bière?

Mais tout ça nous mène allegro tranquille à 19h15, ouverture et ruée du public sur l’esplanade du Cap St Ouen.

Et c’est un public très intergénérationnel, la preuve …

Ouverture des portes à 19h15, Kerredine Soltani et ses gars d’Oberkampf terminent les balances en direct, avant leur concert, bref mais intense, on est dans l’énergie tonique et engagée-narquoise et la musique qui swingue allegro vivace.

Rappelons que Kerredine est celui qui a propulsé Zaz vers les sommets, en composant « Je veux » et produisant l’album.

Il ouvre la soirée avec l’abattage d’un vrai gavroche à la langue qui virevolte sans faux semblants, ni circonvolutions abstraites, un vrai parigot, fils de la bohème, breveté Navigo…

Mini concert de Clotilde Courau qui termine avec une superbe chanson, augmentée de du violon de Didier Lockwood. Clotilde Courau comédienne, qui affine son art de la scène chanson depuis un an, avec des créations originales, et une approche artisane de cette nouvelle facette de son métier d’artiste. Remettre cent fois sur le métier son ouvrage comme a dit un grand ancien, et faire vivre son art.

Les doigts de l’homme , un quatuor dans la plus pure tradition du Quintette Hot Club de France envoie quelques belles envolées de guitares swing , aux colorations diverses gitano-tziganes, et deux solistes excellents dans les médiums de ces néo-Selmer trop souvent caricaturées, ça sonne rond et chatoyant, brillant et aérien, des campings sauvages où on voit les paysages.*

Ils terminent avec un premier aperçu de leur prochain album, bientôt dans les bacs.

Juliette, la grande Juliette, va nous régaler d’un de ses shows qui chaque fois mettent le public dans une liesse indescriptible.

Peut-on vraiment raconter un spectacle de Juliette ? C’est un mix réussi de l’écriture maîtrisée, de la loufoquerie la plus extravertie, drôle, truculente, insolente, tonitruante, mais jamais superficielle, c’est un cocktail savoureux, éclectique, décapant, surtout le Picon-oignon-goudron, une de ses spécialités les plus goûteuses, avec le Whisky-Kiri-kiwi, qu’on vous conseille vivement. A l’écoute. Et sans modération. L’évènement du jour, le scoop, la nouvelle épastrouillante, c’était le mariage de Juliette… La drôlesse (la patronne) a répudié François Morel pour un nouveau conjoint, la preuve par l’image :

Etonnant non ? François, désolé mais c’est la vie !

Et le jeune public applaudit Juliette avec conviction, ce jeune homme de 4 ans, Malo, a été un spectateur exemplaire, attentif, et participatif, autant que le vénérable barbu à droite en bas.

Ils applaudiront avec la même énergie Yves Jamait et ses 3 mousquetaires, le percussionniste Didier Grébot, un peu caché à gauche, puis sur la photo, Daniel Fernandez, Yves Jamait, et Samuel Garcia à l’accordéon.

Comme Juliette, ce sera une ovation, un public emballé, et pourtant la barre était placée très haut. La directrice du festival viendra dire son enthousiasme pour ces artistes chaleureux et d’une totale générosité . Invitation à aller aux concerts de ces artistes qui n’encombrent pas les écrans télés de leur présence, mais qui sont régulièrement plébiscités par le public.

 Le dernier set chanson était celui de la marraine du festival, Nicoletta, après ces deux moments intenses, quelques personnes dans le public ont émis des commentaires un peu désabusés, genre chanteuse du passé, ça a duré le temps des quelques mesures de la première chanson de Nicoletta, si certains avaient oublié qu’elle est une des plus grandes voix de blues du monde, Nicoletta  a vite dissipé les doutes. Il est même rarissime qu’une chanteuse ayant une carrière de 40 ans ait toujours cette voix hors du commun  qu’elle a mélangée à celles d’Amandine Bourgeois et Véronique Séver pour un final d’anthologie avec Mamy Blues. Juste avant on avait eu Dider Lockwood en guest star.

La soirée s’est terminée à une heure avancée, avec le Lockwood Group, avec Biréli Lagrène, et une fête finale avec Ninine Garcia, un des animateurs historiques de la Chope des Puces (en fait c’est toute la famille Garcia qu’il faut saluer) Ninine, Rocky, Mundine Garcia et William Brunard  (contrebasse) forment la charnière du bouquet final. Avec des invités de marque Didier Lockwood, Biréli Lagrene, Fiona Monbet, Aurore Voiqué, Samuel Berthod…  qu’on a croisé dans l’après midi en duo klezmer.

Regret d’avoir raté la finale, pour cause de transports en commun, regret aussi de ne pas avoir pensé à une troisième pile pour le boitier photo. Mais bon, le jazz, ça se raconte pas, ça se vit en direct, donc soyez là l’an prochain.

Et merci à cette galaxie de partenaires qui permettent ces journées de concerts multiples, ouverts à toutes les musiques, et gratuits.

 Norbert Gabriel

* Note paysagiste : dans les années 45, un des frères Ferret, avait gentiment ironisé sur les néo Django aux guitares mitraillettes:   » C’est bien toutes ces notes, mais on n’a pas le temps de voir le paysage. »    Ça reste d’actualité assez souvent…

JAZZ aux PUCES 2012,

22 Juin

Pour un beau week end, c’est un beau week end qui arrive, avec Jazz aux Puces de St Ouen/Clignancourt, un rendez vous dans ce vaste capharnaüm, où chaque coin de rue, chaque bistrot, café , restaurant à son musicien, ses invités à la fête musicale non stop. Des points fixes et des groupes qu’on retrouve chaque fois avec plaisir, comme Aurore Quartet, ci-dessus au Relais des Brocs, où on l’a retrouvée pendant plusieurs années, avec une invitée venue faire quelques chansons. Patoune, c’est une amie du groupe, mais parfois, on assiste à un duo brillant entre un jeune guitariste trentenaire et un vieux manouche garanti vintage Hot Club, et quand on demande au jeune homme son nom et celui de son partenaire, il vous dit qu’il n’en sait rien, ils se sont rencontrés 5 minutes avant sur un accord de La 5 ème diminué, et c’est parti. C’est ça l’esprit de Jazz aux Puces, toutes les rencontres possibles au gré du vent et des refrains qui passent le long des rues et des venelles…

Où on pourra entendre Amandine Bourgeois en tournée des bars, pour chanter, pas pour boire … enfin je crois… On y a croisé souvent Thomas Dutronc, et quelques fines guitares du jazz manouche, et du jazz tout court.Si vous apercevez Norig, vous pourrez entendre à ses côtés un des plus doués guitaristes des années 2000, Sébastien Giniaux,

et quelque part, le jeune prodige (13 ans) Swan Berger …

Samedi et dimanche, c’est la ballade le nez au vent, samedi soir, grand concert avec une pléïade d’invités, l’an dernier Véronique Sanson, Zaz et Didier Lockwood, un des maîtres d’oeuvre de ce rendez-vous.

Ici, en 2011, lors des balances.  (photos ©NGabriel 2011-2012)

Cette année, le grand concert du soir verra en scène, à partir de 19h 15, (entrée gratuite)

JULIETTE, Yves JAMAIT,  invitée Clotilde COURAU , Biréli LAGRENE,

Didier LOCKWOOD, NICOLETTA (marraine), KERREDINE et les mecs d’Oberkampf, Les Doigts de l’homme, Ninine Garcia Family

Tous les détails ici

http://www.festivaldespuces.com/wdbox/PAGESCLI/festivaldespuces/index.htm

Norbert Gabriel

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