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Bernard Joyet Autodidacte II, en scène, Vingtième…

28 Mar

Bernard Joyet 14 3 2016 14-03-2016 21-25-55 2479x2550Si la vie vous est malencontreusement chafouine, vous avez toujours un recours salutaire, adoptez la Joyet’attitude, la cure est garantie, la médication est souveraine, et si l’addiction est probable, c’est sans danger pour votre libre arbitre, ça vous bouge les idées et aère le cerveau.

Autodidacte II, prend la suite du I, on y retrouve le narquois et l’incisif , c’est son blason, c’est son terrain de chasse, imprécateur sans peur et sans reproche, c’est Don Quichotte, c’est Cyrano, car les grandes ailes des moulins peuvent vous envoyer dans la boue, mais aussi dans les étoiles. Et étant donné ce qu’on voit dans notre monde, la boue, on y patauge, alors autant essayer l’envol dans les étoiles.

Quelle que soit la saison, et les changements d’heures, les promesses et balivernes des prophètes au petit pied, c’est toujours L’heure du leurre, l’amphigouri toujours recommencé des zélés communicants illusionnistes du verbiage menuisier. Faut pas lui la faire à ce Bernard, il serait plutôt disciple sceptique de St Thomas quand il fait une relecture de la Bible, il a le goupillon flingueur et le ciboire bien rempli. De nectar verbal du meilleur cru. Dont il n’est pas avare

Nathalie Miravette 14-03-2016 20-56-08 2358x2263Un jour, un expert de la chose chansonnesque lui expliqua qu’on ne pouvait plus écrire de chansons comme ça, Le « ça » étant un vocabulaire riche et bien ciselé. Le temps étant aux bluettes simplettes pour séduire les ados qui de nos jours, limitent leurs épanchements littéraires à des tweets de 160 signes en langage abrégé, Je kif tro can sa fé dancé en elektro rap cé tro bo … C’est pour ça qu’il s’est acoquiné avec une pianiste qui avait toutes les notes qu’il fallait dans son clavier pour habiller les mots; le mot et la note s’unirent pour faire de belles chansons qui embellissent les scènes qui les accueillent, et ravissent le public. Comme « Le chant de l’échandole » rien que le titre, c’est déjà l’école buissonnière pour échapper au banal du quotidien.

Joyet et Anne Sylvestre AA 14-03-2016 20-46-46 2371x1880 14-03-2016 20-46-047Ce genre de soirée de gala est souvent l’occasion de partager un moment d’amitié, ce  fut le cadeau de la présence d’Anne Sylvestre, en duo puis en solo… Rien à ajouter à cette image tout est là,

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Ces mots de Boileau sont en parfaite adéquation pour ce duo, comme cet extrait, signé Joyet,

Ah ! S’exprimer librement contre l’air du temps, avec dédain mais sans trop d’arrogance. s’amuser coûte que coûte, et avec vous éprouver le plaisir d’une jubilation complice !

Et au final la morale de cette histoire larirette larirette, c’est qu’on s’ra jamais vieux !  Merci Bernard !

recueil-autodidacteSi ce babil de folliculaire plumitif bénévole vous a amusé un instant, sachez lecteurs vénérés, qu’il a essayé de s’inspirer des chansons réunies dans un beau recueil, d’une élégance hyper classieuse, chansons dont une partie est dans l’album Autodidacte II. Et le tout est disponible chez l’auteur. C’est ici ===> chaumiere-de-la-coudraie-ploermel 29-03-2016 00-05-49 550x471

 

 

 

 

Et pour quelques images de plus,

Joyet Montage 29-03-2016 00-23-24 5049x3211

Norbert Gabriel

Pentimento, Bernard Joyet et Ricardo Muti

25 Déc

 

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Le(s) pentimento(s)* de l’année, ce sont deux livres parus en 2012 et 2014 qui méritent un coup de projecteur.

phrecueil-autodidacteBernard Joyet « Autodidacte »

Bernard Joyet est un des auteurs compositeurs interprètes les plus complets, il sait tout faire, et dans la liste très restreinte des auteurs de chansons qu’on peut lire sans les notes, il est en bonne place dans le top 10, voire de top 5. Ses textes sont publiés dans une collection, Paroles d’aujourd’hui, dans une belle et élégante typographie classique, classieuse, pour cette écriture experte qui sait « mettre en valeur la fantaisie débridée, la formidable liberté de conscience et de ton, la franche dérision qui accompagne souvent les propos les plus graves, sous la plume agile et infatigable de ce contempteur des imbéciles qui se prennent au sérieux. » (Juliette)

Si vous avez du plaisir à entendre « Le gérontophile » ou le truculent « Princesse » vous prendrez autant de plaisir à déclamer « La Bible » pour la bonne éducation de vos proches qui auraient oublié quelques pages de leur catéchisme … C’est une utile révision de cette fiction magistrale, et Joyet vous la fait en 120 alexandrins au lieu des 66 livres, 1189 chapitres, 31 102 versets, et plus de 775 000 mots… Et c’est bien plus drôle…

Bernard Joyet 23-11-2014 18-59-00Mais Bernard Joyet, c’est aussi

Icare valsait sur mes airs

J’avais l’audace du timide

Et du haut de mes pyramides

Je peuplais d’arbres le désert

Je traînais mon âme d’enfant

Les mains vides, les poches pleines

D’espérances de porcelaine

Dans un magasin d’éléphant.

De l’humour, de la grâce, tendre et narquois, un homme de bonne compagnie.

Autodidacte (Christophe Chomant Editeur)

On trouve ce livre ici  chez l’auteur.

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Muti livreRicardo Muti « Mémoires » 

Le monde de la « grande musique » comme celui de l’opéra, semble souvent ésotérique au commun des mortels, qui se sent étranger à ces grands messes rituelles aux codes particuliers. De temps en temps l’écho d’un scandale étonne, résonne, une sorte de guerre pichrocholine, souvent italienne, et ça se passe souvent à la Scala de Milan, la Mecque de l’opéra.

Il faut avoir quelques gènes ritals pour ressentir ça; l’italien de toutes conditions sociales baigne dans l’opéra comme la sardine dans le port de Marseille. Dès l’âge premier, ses biberons sont accompagnés de bel canto, aussi bien Ô sole mio, que La donna è mobile (Comme la plume au vent) et c’est l’union sacrée de la Sicile au Piémont, magnifiée par Verdi autour du Risorgimento.

Dans ses « Mémoires » Ricardo Muti raconte avec son parcours de musicien chef d’orchestre, ce qu’est l’interprétation des œuvres dont on ne connait pas ce que furent les créations originelles. Avec l’étude approfondie des partitions, Ricardo Muti montre comment on peut apporter sa vision de l’oeuvre, tout en respectant le compositeur. C’est parfois un détail « technique » qui va donner une couleur particulière, un son plus dense, plus noble : faire baisser le diapason au La 432** au lieu du La 440 habituel.

Comme le retour aux documents originaux et tout l’appareil critique de l’époque permet de remettre dans le sens originel certains livrets qui ont été ‘corrompus’ par des infléchissements divers instituant des versions qu’on croit, à tort, de référence.

C’est comme au théâtre quand la tradition fixe un personnage en trahissant l’auteur, exemple Cyrano, que la tradition fait jouer par des comédiens de 40 ans, alors que Cyrano a un peu plus de 20 ans au début de la pièce, c’est un cadet de Gascogne, pas un vétéran, ce qu’il sera toutefois dans le dernier acte..

Ricardo Muti, chef d’orchestre, scrute tous les menus détails qui ont déformé l’oeuvre, il relit pour retrouver la vérité originelle, y compris dans le texte. L’opéra, c’est aussi paroles et musique. Et en ce sens, ce livre de mémoires est un bréviaire pour tous les interprètes.

Riccardo_Muti_2009On y trouve aussi de ces morceaux de bravoure qui feraient la bonheur des scénaristes cherchant « le coup de théâtre », comme cette soirée du 2 Juin 1995 qui eut des échos dans le monde entier, y compris dans une gazette locale de San Antonio (Texas). Les faits : La Traviatta est programmée, le théâtre est « sold out », mais c’est une période de négociations difficiles entre les tous personnels de la Scala et la direction du théâtre, et quelques minutes avant d’entrer en scène, Ricardo Muti apprend que la représentation va être annulée, l’orchestre est en grève. Le public est dans la salle, et ce genre de péripétie, à Milan, avec ce public passionné, c’est presque un début de guerre civile. En quelques instants, Muti décide de remplacer l’orchestre, en jouant lui-même au piano, qu’il faut amener en urgence sur scène, le fixer sur le plateau qui est en pente, pendant que les ouvreuses vont chercher à l’extérieur les spectateurs qui ont commencé à sortir. Et qui reviennent. Et qui vont assister à un moment unique d’opéra en partie improvisé, le chef au piano doit escamoter au vol des parties entre le choeur et l’orchestre, qui ont quitté le théâtre, mais le corps de ballet est resté et les chanteurs dans cette situation extrême se sont surpassés. Un pur moment de légende façon Hollywood, avec en extra bonus, l’arrivée de la Raï avant la fin de la représentation pour filmer… Cette histoire anecdotique, et exceptionnelle, met en évidence le rôle de metteur en scène polyvalent qui peut échoir à un chef d’orchestre dans le spectacle vivant. A la fois deus ex machina, interprète, virtuose de l’adaptation face aux aléas.

L’essentiel à retenir, et c’est accessible à tout lecteur intéressé par la création musicale, est dans la recherche et l’étude des œuvres, pour bien comprendre ce que voulait dire l’auteur, et ne pas le trahir dans l’esprit de ce qu’il a fait. C’est valable aussi pour la chanson.

  • Pentimento, le repentir du peintre qui revient sur une partie d’un tableau… et aussi un remords d’avoir oublié quelque chose
  • ** Le LA 432, en image, c’est ça:
  • la 432

Et si vous avez envie d’en savoir plus sur les diapasons dans l’histoire de la musique, voici un article qui en fait un panorama assez complet

Norbert Gabriel

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