Lili Cros et Thierry Chazelle à Volvic

1 Fév

Photos Pierre Rauzet 2018

Comme d’habitude, un spectacle parfaitement orchestré, scène dépouillée, magie des lumières qui s’allument du bout des doigts, fond noir où flottent quelques nuages,   Elles se lèvent ici les jolies brumes…  et présence de ces deux complices tout en partage avec le public. Comme d’habitude, le public a aimé, les volvicois sont venus nombreux les applaudir chaleureusement.

D’emblée, ils accrochent le public avec cette histoire de vieux chien, et les gens qui sont traités comme des chiens dans les maisons de retraite…Et puis vlan ! Ça, c’est la mauvaise nouvelle.

On a déjà parlé de ce spectacle Peau Neuve, et de son succès qui n’en finit pas, et vous savez quoi ? Bientôt l’Olympia, pour Lili et Thierry, mais où vont ils s’arrêter ?

On ne va pas répéter les facéties de Thierry son jeu de guitare, et sa mandoline allègre, les mélodies, les rythmes, parfois aux couleurs d’Afrique, les envolées lyriques sublimes de Lili, les chansons qui nous font rire, celles qui nous filent le frisson, celles qui nous donnent envie de danser, les chansons de leurs spectacles qui sont aussi celles de l’album Peau neuve, mélangées avec quelques incontournables des précédents albums et spectacles, comme Le client d’érotika, L’homme de sa vie, L’éclaireur, La fièvre, Le rythme est amour, ou Le Petit écho de la mode, un répertoire qui va de l’humour au pincement de cœur, du cocasse à l’émotion pure, et pour finir, toujours la bonne nouvelle Tout va bien.

Photo Pierre Rauzet 2018

Après les rappels, ils sont venus chanter devant le public, avec leurs voix pour tout bagage, Les amoureux.

Un spectacle comme les autres ? Non, pas tout à fait, chaque spectacle est différent, tiens, par exemple on apprend ce dimanche que si Lili et Thierry sont à Volvic, c’est qu’ils ont rencontré le maire de Volvic au Trois Baudets, un autre nostalgique d’Erotika ! Bravo monsieur Hamoumou !

Et puis l’émotion supplémentaire d’être chez moi dans cette salle des fêtes, où j’ai vu tant de spectacles, de films, de pièces de théâtre, d’opérettes ou autres, et où j’ai moi-même dansé sur la scène. Pierrot et Colombine ne sont plus là, de chaque côté de la scène, mais ce dimanche, ils ont été bien remplacés par ces deux là que j’aime tant.

Lili et Thierry nous ont invité à faire appel aux amis parisiens qui peuvent aller les voir ou les revoir tous les mardis soir au Ciné 13, vu les prolongations toujours prolongées !

Un grand bravo Lili et Thierry ! Bonne route à vous deux, continuez de nous enchanter, on vous suit, pas à pas vers la gloire méritée.

Danièle Sala

Suivez le baladins sur leur route enchantée, c’est là –> 

 

 

 

 

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Histoire d’une chanson « Le déserteur »

31 Jan
Nos chers résocios facebouquiens font circuler parfois des balivernes insultantes pour l’intelligence, ou des approximations du même métal.  Ainsi, je viens de voir revenir quelques mots sur Le déserteur que  Mouloudji aurait « édulcoré  » pour éviter la censure. D’où le retour de l’histoire de cette chanson, publiée il y a quelques années.

Commençons donc par la version créée par Mouloudji.

 

 

Récemment encore, à la radio, un animateur a été plus qu’approximatif avec cette chanson, comme en Juin 2009, dans Vivement Dimanche avec Juliette Gréco à l’honneur, Michel Drucker fait une petite digression sur Boris Vian et « Le déserteur » et dans une approximation assez désinvolte, il explique que Boris Vian a réécrit quelques lignes de la chanson pour qu’elle puisse passer en radio…

Suggérons à Drucker de mieux choisir les collaborateurs qui le documentent, car si sa mémoire a des éclipses, il est notoirement connu que cette chanson est l’archétype de la chanson interdite de diffusion radio, et de vente (l’éditeur Salabert a dû retirer les petits formats des magasins) et ce, de 1954 à 1962. Sans faire un développement exhaustif, préciser que c’est Mouloudji qui l’a créée n’aurait pas été superflu.

Cette chanson donne toujours lieu à des commentaires d’autant plus animés que 54 ans après sa création, la légende s’enrichit, ou se déforme selon les témoignages et les interprétations qui en sont faites. En particulier sur les variations et modifications du texte initial, donc revoyons les faits

– Février 1954: Boris Vian écrit la base du texte qui deviendra « Le déserteur » sur une nappe de restaurant. Dans les variantes* qu’il a ébauchées, une première version émerge, «Monsieur le Président…. qui se termine par «… que j’aurai une arme et que je sais tirer » qu’il propose à tous les chanteurs du moment, ou presque. Refus de la chanson, pour des raisons diverses, certains ont déjà des chansons antimilitaristes dans leur répertoire, d’autres refusent l’idée de la désertion, d’autres ont d’autres raisons. Seul Mouloudji accepte, mais il en discute certains points avec Boris Vian, ils sont très copains; d’une part, Mouloudji est résolument pacifiste, il n’a jamais tenu un fusil de sa vie, et la fin le met en porte à faux avec ce qu’il est, d’autre part, dans le contexte de la guerre froide USA-URSS, il lui semble opportun d’élargir le débat. Réponse de Vian: « mais c’est toi qui chantes Moulou, tu fais comme tu veux » et en accord avec Mouloudji, il réécrit le début et la fin, (et une partie de la deuxième strophe) dans une version qu’il enregistrera en version mixte : « Monsieur le Président,» et avec la fin « que je n’aurai pas d’armes»

– Mouloudji interprète en scène « Le déserteur » le jour de la défaite de Dien Bien Phu,  pur hasard, il apprendra la nouvelle le lendemain.

(Pour mémoire : tous les experts de toutes les armées du monde étaient d’accord sur un point, Dien Bien Phu (Muong Tanh) est un camp inexpugnable, car inaccessible aux véhicules blindés, chars, canons et autres fourbis militaires. Personne n’avait pensé à la possibilité de démonter tout l’armement, de l’acheminer sur des vélos, dans des sentiers de brousse invisibles du ciel, et d’installer sur les collines une ceinture de pièces de tir. Seuls les aviateurs avaient fait une réserve sur la position en cuvette, mais comme elle était en principe inexpugnable, on les a renvoyés à leurs machines volantes.

C’est donc un camouflet pour toutes les armées, surtout l’armée française ( uniquement des soldats de métier), que cette journée du 7 Mai 1954, la guerre du Tonkin prend fin, et celle du Viet-Nam commence…

De plus, avec la fin de la guerre d’Indochine, on voit arriver quelques mois plus tard le début de celle d’Algérie. Avec la mobilisation du contingent qui va sensibiliser les français, les p’tits gars d’chez nous expédiés dans un département français pour cause « d’évènements », ça passe mal. Et c’est un chanteur nommé Marcel Mouloudji qui envoie Le déserteur dans les bacs à disques !

Le scandale est de taille, censure immédiate sur les radios, disque interdit à la vente. Pourtant en quelques mois, cette chanson est connue de tous les français. Parce que le tissu associatif, syndical, est très actif, et s’il n’y a pas de Zénith ou d’Olympia pour inviter Moulou, et pas de Youtube, il y a les Maisons du Peuple, les salles genre Mutualité, qui relaient efficacement ce qu’on n’entend pas à la radio, TSF pas tout-à-fait transistor.

Toute la jeunesse française va chanter « Le déserteur » dans la « version Mouloudji », que Vian enregistrera d’ailleurs, ce qui tend à démontrer qu’il avait avalisé cette version. Et puis, je ne suis pas certain que Vian ait tenu absolument à imposer la version agressive, lisez le texte, on a un mec qui va prêcher la paix sur les routes de France, inciter les gens à refuser la violence, et il aurait un fusil pour tirer sur les gendarmes … ? C’est troublant, il y a un hiatus, provocation diront certains… Peut-être. Mais c’est une sorte d’option terroriste qui semble ne pas coller avec le personnage de la chanson. Cela dit, vu des années 2000, la glose est facile, en 1954, on est à dix ans de la fin de la guerre, de la résistance, avec certains policiers collabos, on peut imaginer qu’un fusil était un argument utile dans les discussions.

Mais le fusil ce n’était pas l’option de Mouloudji. Et quand dix ans plus tard en 1965-66, un chanteur reprend « Le déserteur » version avec fusil, c’est un peu facile de reprocher à « un certain » d’avoir trahi Vian. Reggiani réïtérera ce propos en 1998 ou 1999, Vian et Mouloudji n’étant plus là pour préciser les choses, et le contexte de la première version.

Et c’était en 1954 qu’il fallait y aller en front de scène, pas en 1964.

Parmi les nombreux interprètes qui ont choisi de mettre « le déserteur » à leur répertoire, bravo à Peter Paul and Mary (les premiers aux USA), à Joan Baez et à ces américains qui la chantaient pendant la guerre au Viet Nam, ils chantaient aux USA, pas sur les Champs Elysées**, où c’est plus facile de crier Paix au Viet Nam qu’à Washington.

Pour ce qui est des choix à faire dans ce genre de situation, on peut réfléchir à ce que disait  un des derniers poilus de 14-18: « Devant moi il y avait les allemands, derrière moi il y avait ma famille, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre?»

Avec cette chanson, (Le déserteur) on a un parfait exemple du rôle décisif de la scène dans l’expression libre. Une chanson peut être censurée par la production, quand elle est enregistrée, elle peut être censurée par les diffuseurs, ou les distributeurs (comme Allah, de Véronique Sanson) ou interdite à la vente, mais personne ne peut empêcher un artiste de s’exprimer en scène. Malgré le consensuel ambiant qui gomme les aspérités (pas de crime économique en diffusant un opéra à 20h30, ou une chanson qui segmente, ou qui provoque, tiens comme ce titre de Tachan, « fais une pipe à pépé » peu de chances qu’une grande chaîne invite Henri Tachan, toutefois, on a pu entendre Agnès Bihl chez Drucker… (invitée par Ségolène Royal, faut pas rêver…)

Norbert Gabriel

*Variantes: dans une des variantes, l’humour iconoclaste de Boris Vian lui inspire  « ma mère est dans la tombe et se moque des vers » ... Il l’interprète lui-même dans un album qu’il a enregistré, mais il est pratiquement le seul à avoir osé ce jeu de mots, car de qui se moque-t-on? Des poètes ou des animaux pluricellulaires sans mains ni pieds… ? Sacré Boris !

** « Pauvre Boris » de Jean Ferrat, pour une mise au point. C’était en 1966.

Tu vois rien n’a vraiment changé
Depuis que tu nous a quittés
Les cons n’arrêtent pas de voler
Les autres de les regarder
Si l’autre jour on a bien ri
Il paraît que  » Le déserteur « 
Est un des grands succès de l’heure
Quand c’est chanté par Anthony
Pauvre Boris

Barbara , le voyage musical de sa vie…

30 Jan

Quelques clichés habituels perpétuent le cliché ‘la-chanteuse-de-minuit-au-piano-en-noir-à-l’écluse’.

Et si on allait sur les traces de cette femme qui a chanté ses amours et ses douleurs de Marseille à Bruxelles, avant d’aborder au port de l’Ecluse ? C’est la proposition de Claudia Meyer dans son spectacle, Ah les voyages… Et elle a bien voyagé, Barbara, dans des tribulations diverses, pas toujours organisées, mais en aventurière de la vie qui n’abdique jamais.

Conteuse et chanteuse, musicienne avant tout, Claudia Meyer a repeint les paysages musicaux couleur guitare, et les chansons de Barbara renaissent dans de nouveaux décors. Jazzy ou rythmes latino-bossa, ces arrangements mettent en évidence les belles qualités des mélodies de Barbara.

« Un conte qui nous incite à rêver d’un autre destin pour Barbara. Et si on refaisait le voyage de sa vie à l’aune de notre imagination, dans ses limbes lointains… Alors, venez je vous y emmène… »

Une chanson, c’est paroles et musique, il faut savoir trouver le juste équilibre entre les deux, ne pas occulter la musique par des paroles trop hégémoniques, et pas non plus faire danser sur des musiques guillerettes quand les paroles sont chargées d’émotion qu’on n’entend plus quand la musique est trop bonne..

Claudia Meyer a maitrisé ce juste équilibre, bien entourée par un trio complice, de haut vol.

Photos NGabriel 2018 à l’Auguste Théâtre.

Il faut remercier ces artistes qui savent faire revivre des répertoires parfois figés dans des conventions obsolètes que les gardiens du temple érigent en bible incontournable. Casser les codes, remettre sur le métier l’ouvrage pour le magnifier avec les couleurs du temps actuel. Donner à entendre une différence créatrice, faire naître de nouvelles émotions. Et honorer Barbara par ces re-créations.

Claudia Meyer, dans ce spectacle,  illustre un parcours de vie avec les chansons emblématiques qui prennent de nouveaux habits de fête. Et elle rappelle que Barbara a été  durant une dizaine d’années une interprète de Jacques Vidalin, Brassens, Raymond Lévêque et Jacques Verrières… Dans ce spectacle, on peut entendre une des versions les plus réussies sur le plan guitare de « Mon Pote le gitan »  avec Bruno Caviglia…

Le trio est composé de  Bruno Caviglia, Marc Benabou « Marquito » et Dominique Bertram de gauche à droite sur la photo. Et la mise en scène est de Yorféla.

Ce beau spectacle vous attend pour quelques dates parisiennes, à l’Auguste Théâtre, tout-à-fait adapté à une rencontre intime entre les artistes et le public.

Norbert Gabriel

Pour les dates à venir et tout savoir, clic sur la guitare –>

ET DIEU NE PESAIT PAS LOURD

29 Jan
de Dieudonné Niangouna  à la MC93 de Saint-Denis.

 

Quand on a la chance de pouvoir sortir enfin des ténèbres, c’est à dire de nos moments d’ultime détresse, de profonde tristesse et de désespoir, il faut savoir trouver un juste milieu pour s’y ancrer.
Anton, personnage déroutant en proie à sa solitude, oscille entre ombre et lumière dans un soliloque profond qui invite le spectateur pour un voyage d’1 heure 20.

Une apparition subite. On distingue un homme dans le noir au fond de la scène, tête baissée.
Son histoire commencera par ses origines, tissant ainsi des liens entre lui et le spectateur qui essaye tout au long de la représentation de retracer le chemin que Anton a parcouru pour atterrir dans cette sorte de chambre forte coupée du monde. La mise à distance de toute civilisation et d’interaction humaine est un point majeur dans l’interprétation de Frédéric Fisbach.

En effet, un écran géant retransmet l’image de la cellule en temps réel et une caméra de surveillance filtre la parole de ce détenu en lui envoyant quelques électrochocs en guise d’avertissement. Le son des mots qui s’écrasent dans ce vide abyssal est le seul moyen de lutter contre ce silence assourdissant. Un processus de contamination s’opère alors entre le détenu et le spectateur qui est sans cesse renvoyé à sa propre solitude.
Anton explore les moindre recoins de sa prison comme s’il explorait sa mémoire.
De nombreux sujets sont traités dans ce spectacle foisonnant: politique internationale, démocratie, démagogie des dirigeants, lutte des classes, écologie, sexualité, but de notre existence sur terre et démocratie. Une fracture se crée entre le discours abondant du prisonnier et le silence de ses détenteurs. Réfléchir pour ne pas tomber dans l’excès et la folie. Se questionner en remettant en cause les choses les plus banales au monde. Avoir l’intime conviction que notre passage sur terre n’est pas un hasard et que nous vivons seul coupé des autres. Nous sommes à la fois hyper connectés sur les réseaux et seuls comme Anton dans sa cellule.
Anton défend sa propre vison des choses mais reste ouvert d’esprit, manifestant sa volonté de ne pas imposer ses idées comme le ferait des politiques autoritaires et sclérosantes pour leur peuple. Car le fin mot de tout ça, Marx nous le rappelle: La religion est l’opium du peuple» et si Dieu existait, il serait déjà intervenu depuis longtemps! Anton est un révolutionnaire des Lumières moderne, il nous  susurre à l’oreille: «A ces politiques qui leur crèvent les yeux ou à ces foules aveugles?»

Mathias Youb

 

Pour   les dates et tout ça, clic sur le rideau –>

 

« Datacenter » : Léonel Houssam

29 Jan

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J’ai failli poser cette chronique quelques jours avant noël… ça m’aurait amusé. (Je sais m’amuser seul). J’imaginais le livre sous le sapin. Et puis le temps est passé, l’idée avec… Début janvier, un post de Léonel Houssam (très présent sur les « réseaux » dits « sociaux », sous le nom d’Andy Vérol il y a longtemps, ou encore d’Eliot Edouardson actuellement) m’a fait sourire :

« Au regard des ventes en novembre et décembre, je constate que mes livres ne sont pas des cadeaux de Noël à faire. »

DATACENTER_couv

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Lu cet été (étrange moment qu’inonde le soleil quand se prélassent le calme, le repos et la tranquillité pour qui peut se les payer) : le livre DATACENTER, publié en 2017.

Les photographies de Yentel Sanstitre accompagnent ce récit, roman, dialogue, monologue…? Essai…? Je ne sais pas trop. « Récit fictionnel », précise Houssam.

Littérature… ? Assurément. Au sens où il y a un travail sur la langue, les sons, le rythme, un style travaillé depuis longtemps. La forme rencontre la matière.

Un mot ? Une expression ? Un hashtag ? Oui : « extinction ».
#avantextinction (hashtag utilisé par Houssam) : tout ce qui précède, le monde d’avant l’extinction, le nôtre. Comment on y va. Avec méthode.

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Les jambes croisées, les fesses et le dos calés. La chaise longue était blanche, je crois. Plongée magnifique sur les Pyrénées, immenses, qui barrent la vue et laissent tantôt apparaître le soleil, tantôt la lune, et s’établir le silence. DATACENTER et ses nuances de gris asphalte, de violences quotidiennes et systémiques, inéluctables car liées à l’espèce dominante, établit un contraste saisissant avec l’écrin tranquille qu’envahissent habituellement mes heures d’été. Je m’installe, donc, je reprends la lecture, et je prends des coups. 

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©Yentel Sanstitre

Le récit n’est pas très long : c’est la bastonnade. Je lis lentement, je ne peux excéder quelques pages avant de retourner à une autre occupation, de retrouver le soleil, les sourires, l’inconscience (toute relative) des enfants réunis dans la maisonnée. On joue au ping-pong dans le garage, à la lumière des néons et je songe aux lignes qui viennent de traverser ma cervelle de part en part, laissant blessures, douleurs, cicatrices, éclaboussures.

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Les mots chantés par Serge Reggiani (écrits par Lemesle et Candy), dans « Couleur de colère » me reviennent en mémoire :

Moi l’intrus, l’anonyme
Le cocu, la victime
Je n’veux plus tendre l’autre joue.
Bouge, ma pauvre vie laissée pour compte si longtemps
Et si c’est éphémère, ne te prive pas d’air pour autant.
Rouge, le ciel est rouge et nous promet de beaux printemps
L’avenir est couleur de colère !
De colère ! {x3}

Lire DATACENTER de Houssam, c’est lire ce qu’on aurait préféré ne pas entendre. Tant que ça parle des autres tout va bien, mais le plus souvent, ça vient titiller sans indulgence nos hypocrisies, notre confort et c’est beaucoup moins plaisant… S’il n’est qu’une leçon à retenir : non, je ne vaux pas mieux que le voisin que je pointe du doigt.

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Léonel Houssam

Le récit distribue les torgnoles, la tête du voisin en prend suffisamment, pas besoin de s’en occuper. « Vous prendrez un sucre ? ». Euh, non, mais j’aimerais bien souffler un peu.

Des gifles qui se succèdent, un combat perdu d’avance : comme si le personnage (qu’on croirait narrateur) se trouvait seul un soir, une nuit, dans une salle de boxe et tapait, jusqu’à le détruire, le sac de frappe. « Frappe le sac, ne le pousse pas ». Le sac de frappe, le sac de sable. Quand on ne peut rien, on frappe le sac. Que faire d’autre…? Changer le monde…? D’autres ont essayé. Écrire…? Oui, écrire : les mots sont là et chaque mot vient heurter le lecteur, chaque ligne balance une beigne (au mieux… en attendant pire…). Houssam a trouvé une forme efficace. Le style on le lui connaît depuis longtemps, que l’on lise ses bouquins, ses extraits ou ses statuts (j’ai commencé à suivre le bonhomme sur Myspace, c’est dire si nous datons… — on en a laissé des traces dans le datacenter…).

Il y a les posts et il y a le livre. Pour passer de l’un à l’autre, il fallait trouver la forme, et piquer plus encore vers la littérature.

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©Yentel Sanstitre

Voilà concentrée dans ces pages l’expression du personnage principal, un dingue…? Un dingue qui dérange…? Une expression qui dérange…? La fuite n’est plus envisageable. Personne n’est épargné, car les dingues (dingues ou non) délivrent une boue parfois incompréhensible, parfois grinçante, brutale, crûment physiologique – et disent aussi des vérités qui touchent… en plein dans le mille. L’état détruit, le pouvoir détruit, le pouvoir privé détruit, l’argent détruit, l’humain détruit, l’humain est un animal, l’humain détruit l’animal, le végétal, les liens, l’humain reste passif, la planète tousse et souffre et s’apprête à l’expulser. Houssam raconte « l’extinction », concentre ce qu’il y a à dire de « l’avant extinction », va plus loin qu’on oserait, dépasse largement les limites qu’on aurait posées (par conviction ou par lâcheté), et c’est le style qui promet la cohésion du texte, l’assemblage des différentes parties du « discours », de ce « récit fictionnel » qui remue la non-radicalité, l’hypocrisie, plonge dans le politiquement-très-incorrect.

Désolé, je lis mes mails via mon smartphone. Je suis toujours sur le qui-vive. On est connecté ou on ne l’est pas. Il faut. Je disais donc que nous sommes généralement contre la violence sauf « exceptions ». Toujours. La saveur de la paix, de la tranquillité. Chacun veut être peinard chez lui, ne pas avoir à subir ceux des quartiers pauvres qui sont tellement indisciplinés, pouilleux, méchants, mal élevés. On ne veut pas des jeunes qui font trop la fête, trop de réseaux, trop de choses sexuelles pas nettes. On ne veut pas de l’esprit acariâtre des passagers de transports en commun, des chauffeurs dans les bouchons. On ne veut pas trop des anglais, des arabes, des corses, des marseillais, des ch’tis, des parigots, des portugais ou des sénégalais (…) du merdeux à dreadlocks qui joue du djembé, du mec qui sort de prison, de l’oncle qui est de droite, du cousin socialiste, du chef de service qui aime bien faire des commentaires sur la taille des poitrines de ses salariées. On n’aime personne. On n’aime rien. (…) Je suis meilleur ? Non, j’ai dit « on », je suis dans le « on ».

DATACENTER, Léonel Houssam, extrait.

C’est juste avant l’extinction…
Le regard sans compassion porté par Houssam sur notre monde.

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DATACENTER
, Léonel Houssam, aux éditions du Pont de l’Europe.

120 pages de Léonel Houssam + 14 de photos de Yentel Sanstitre.

yentel_sanstitre


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Un site, des textes :
https://leonel-houssam.blogspot.fr/

Un profil, des statuts :
https://www.facebook.com/leonelhoussam3/

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Hum Toks / E.5131 / Eric SABA

Compilation: « Des Standards de Philippe Jolly »…

26 Jan
Sortie de la compilation « Des Standards de Philippe Jolly » : 16 artistes et groupes réunis pour rendre justice au chanteur. Entretien avec Bebert (groupes Stalag/Les Standards), Kick (Strychnine) et Boubou (Strychnine/Les Standards)

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Ce mois de janvier 2018 augure pour le rock français quelques belles émotions à vivre ou revivre, restituées à l’air du temps, après avoir sommeillé sous la poussière des ans, avec la sortie de l’album « Les Standards de Philippe Jolly » compilant 17 titres, dont 16 reprises par autant d’artistes et groupes de chansons du charismatique chanteur des Standards, et un titre original issu de son album solo « Figures de Femmes ». Groupe fougueux, prolifique et atypique, Les Standards furent, avec Strychnine, Stalag et d’autres, parmi les formations les plus flamboyantes et importantes de la scène rock bordelaise des années 80. Pourtant si la musique des Standards et la poésie de Philippe Jolly ont laissé dans le cœur de nombreux adeptes et passionnés la trace d’une référence prégnante et influente, c’est peu dire que les talents du chanteur et parolier décédé en 2010, n’ont été jusqu’ici que trop injustement négligés par la postérité et abandonnés à un oubli intolérable. Il était temps que justice leur soit rendue. Et c’est à l’initiative de son ami Raymond Bélliard, dit Bébert, bassiste des Standards, que de nombreux musiciens ont souhaité participer à cette juste cause et témoigner de leurs souvenirs, leur reconnaissance, leur estime pour la créativité de Philippe Jolly, de leur attachement au personnage aussi, avec conscience, tendresse, générosité et conviction. Entièrement auto-produit et supervisé par Bébert, le projet abouti donnera lieu le 03 février au Théâtre Barbey à Bordeaux à un concert collectif, dont les organisateurs ont souhaité l’entrée à prix libre : l’occasion pour la responsabilité de chacun d’apporter son soutien financier délibéré à cette démarche résultant d’un investissement personnel obstiné, l’occasion aussi de repartir avec un souvenir rare, puis qu’outre la compilation, y seront également disponibles à la vente des stocks retrouvés de Cd des Standards et de vinyles de Philippe Jolly. C’est au cours d’entretiens successivement menés, que nous avons choisi de regrouper pour des raisons de lisibilité, que trois des amis du chanteur impliqués dans cette aventure, Bebert (bassiste de Stalag et des Standards), Kick (chanteur et guitariste de Strychnine) et Boubou (batteur de Strychnine et des Standards, puis de Gamine entre autres) ont accepté de nous en parler.

 

– Bonjour, et merci de nous accorder du temps pour parler de ce beau projet. Comment est née l’idée de réaliser ce disque ?

– Kick : Ça fait un moment qu’on en parle avec Bebert, qui est à l’origine de la chose. Il a été bassiste dans Les Standards, et c’était un ami proche de Philippe, donc ça lui tenait vraiment à cœur de sortir ça. Et à moi aussi. Ils avaient commencé un peu après Strychnine, et fait quelques unes de nos premières parties au début ; et ensuite quand Strychnine s’est arrêté en 1982, notre batteur Boubou a rejoint Les Standards. Quant à Francis Tisné et Claude Ghighi qui sont également présents sur le disque, ils ont été respectivement bassiste et guitariste au sein de Strychnine au début, alors que François Renou était guitariste des Standards. Tout ça, ce sont donc des histoires d’amitié entre gens qui se connaissent très bien. Et puis ça a pris longtemps à se finaliser, car il y a quand même 16 groupes qui participent au disque, donc il a fallu faire venir tout le monde au studio qui est en coproduction.

– Bébert : Ça fait deux ans que j’ai commencé à penser au projet sérieusement. J’ai toujours fait de la musique ; je ne suis pas un grand musicien, mais je suis un passionné. Et il m’arrive de jouer des chansons qui ont plus de 80 ans : pour qu’une chanson vive, il faut que des gens la jouent. Par association d’idée, je me suis donc dit que les chansons de Philippe s’éteindraient, sauf si on les jouait. L’idée est partie de ce constat. Philippe était un ami d’enfance : il me disait que nous étions à la maternelle ensemble déjà. Nous venions du même endroit, Biscarosse, et nous sommes arrivés ensemble sur Bordeaux. Il était bien meilleur musicien que moi, et il a monté Les Standards, alors que j’intégrais Stalag. Et puis après je l’ai rejoins dans Les Standards ; j’en étais très fier, car pour moi ça voulait dire que j’avais progressé techniquement.

 

– Quelle a été la motivation principale de la démarche ? Un hommage ?

– Bébert : « Hommage », « Tribute », j’ai horreur de ça. Je le dis depuis le début. D’ailleurs tu as vu le titre du disque : « Des Standards de Philippe Jolly ». Alors bien sûr c’est un clin d’œil au nom du groupe. Mais ce n’est pas que ça : ça n’est pas un « tribute ». Pour moi un tribute est quelque chose lié à la mort. Or ce disque n’est pas lié à la mort de Philippe, mais à la vie de ses chansons. C’est tout l’opposé. Mais simplement il n’y a pas de mot qui exprime cela, du moins je ne l’ai pas trouvé, et les gens ont l’habitude de nommé « hommage » ce type de compilation de reprises.

– Kick : Le but était que le disque existe pour lui rendre justice, plus qu’hommage. Pour moi c’est un des meilleurs auteurs qui ait eu en langue française dans cette génération là. Et comme beaucoup de gens ne le connaissent pas ou plus, j’espère que ça va remettre en lumière ce qu’il a fait. Dans cette génération là, on écrivait beaucoup en Français quand même, mais Philippe avait un style d’écriture à lui, et une superbe personnalité. Il a eu une vie de bluesman un peu, avec les mêmes problèmes que tu peux lire dans les vieilles biographies de Blues sur des artistes qui avaient beaucoup de talent et qui n’ont pas connu la réussite qu’ils auraient méritée, et qui ont, pour certains, fini par s’autodétruire. Mais ce n’est pas fini : j’espère, et c’est l’intérêt de cette démarche, qu’en écoutant des morceaux, les gens vont se dire que c’était vachement bien. Je fais le parallèle avec le Blues, car je suis plongé dans cette histoire : des musiciens de Blues sont restés ignorés ou oubliés pendant 40 ou 50 ans, et aujourd’hui on ne jure que par eux, alors que des gens très connus de leur vivant ne sont pas vraiment passés à la postérité. Et si on fait ce qu’il faut pour remettre en lumière ce qu’a fait Philippe, j’espère que dans 20 ans, on parlera plus de lui que de Jean-Louis Aubert.  

– Bébert : Voilà. Le but essentiel de ma démarche est de faire revivre ses chansons pour ceux qui les connaissent et aussi de les faire connaitre à ceux qui ne les connaissent pas. Dans le milieu rock bordelais, il est évident que c’est un mec très important. Tout le monde te le dira. C’est un poète, un sauvage. Et puis sur scène, c’était un showman. Il suffit de regarder sa prestation à l’émission « Les Enfants du Rock » pour le voir. Quand tu jouais avec lui et que tu arrivais sur scène, tu étais quelqu’un d’autre. Lui, c’était un personnage. Jouer, c’est un spectacle ; ce n’est pas que jouer les chansons que tu as apprises.

– Kick : Tout ça nous tient à cœur, parce que c’était un mec qui avait beaucoup de talent, qui écrivait de très beaux textes. J’ai joué avec eux ; il a joué avec moi sur le morceau que j’ai fait pour la compilation « Snapshots », aux claviers et au chant. Boubou a joué avec lui pendant des années, Bebert et Charp [membre de Quidam, premier groupe de Philippe Jolly] présent sur la compilation aussi. J’espère que peut-être d’autres groupes reprendront d’autres morceaux ; souvent de jeunes groupes cherchent des reprises à faire, et de rock avec des textes en français qui tiennent la route, il n’y en a pas tant que ça. Chez Philippe il y a de quoi faire.  

 

– Qu’est-ce qui faisait selon vous des Standards un groupe atypique ?

– Bébert : Sa plume ! Et puis François Renou avait une part importante dans la couleur des Standards, et le jeu de Boubou, qui avait rejoint le groupe aussi. Mais tous ceux qui ont participé au groupe en ont fait un groupe atypique. Tous les groupes « st » de Bordeaux chantaient en Français : Stalag, Strychnine, STO… Tous les groupes sont différents. Kick est différent aussi, tout comme le chanteur de Stalag. Tous avaient leur truc particulier. Pourtant c’est évident que Les Standards étaient atypiques. Il y a eu un changement dans la musique dans les années 76-77, et tous ces groupes là ont fait partie du début de l’explosion et de cette période charnière. Donc ça leur donne une légitimité supplémentaire, même s’il y a eu et il y aura toujours de très bons groupes. C’est en ça que c’est hyper important en musique.

– Kick : D’ailleurs François Renou, le guitariste des Standards, qui a composé pas mal de morceaux avec Philippe, a participé au disque, sur un morceau avec Ze Closh. Charp, qui était membre de Quidam, le premier groupe de Philippe, également.

 

– Ne vous étiez-vous pas rencontrés au festival punk de Mont de Marsan de 1977 ?

– Bébert : Kick y était ; il jouait. Philippe y jouait aussi, avec son groupe d’avant, Quidam. Les deux ont fait l’ouverture de ce festival : ce n’est pas rien ! J’y étais en tant que spectateur. C’est un souvenir extraordinaire ; ça a été quelque chose de très important dans le paysage musical mondial. Mythique.

 

– Boubou, comment as-tu rejoint l’aventure des Standards ?

– Boubou : On s’est connus il y a très longtemps. La première fois que je l’ai rencontré, c’était aux alentours du festival de Mont de Marsan. Quidam avait ouvert la seconde journée du festival ; je les connaissais déjà d’un peu avant. C’était un groupe de Biscarosse qui venait jouer dans les MJC à Bordeaux. Et puis à la fin de Strychnine, il m’a dit qu’il cherchait un batteur pour Les Standards, et j’ai tout de suite rejoint le groupe avec joie. C’était une période troublée… On a arrêté Strychnine au 1er de l’an 1982. Je répétais alors avec un groupe de Dreux, Les Paparazzi, et j’ai débauché le bassiste des Paparazzi, Didier Rousseau –un super bassiste qui jouait sur une Rickenbacker-, pour qu’il vienne jouer avec moi dans Les Standards. Il a joué quelques mois avec nous, jusqu’à Boulevard du Rock, avant de partir pour un autre groupe. L’intégration s’est passée très facilement : on a appris les morceaux existants de suite, et on s’est vite mis à composer. Philippe était très prolifique ; et entre lui et François ça composait beaucoup. Il était jeune et fringant !

 

– Pourquoi as-tu eu envie de jouer avec lui ?

– Boubou : Parce que je l’aimais ! Il était brillant, attachant. Beaucoup moins « dark » que Darc. Mais il écrivait de très beaux textes. Et de mon côté, je ne voulais pas retourner vers un groupe sans répertoire, qui part de zéro. C’est long et fastidieux. Ce qui m’intéressait était de m’adapter au répertoire des Standards, le modifier un peu à ma sauce, mettre ma patte. J’ai fait ça avec tous les groupes dans lesquels j’ai joué par la suite. Bien sur je connaissais déjà leur répertoire, puisqu’on faisait souvent des concerts ensemble. Et puis il y avait un lien amical fort. On se voyait souvent ; à l’époque on travaillait dans les mêmes bars. Et on faisait souvent des concerts ensemble, avec Strychnine, Les Standards, Stalag, STO : enfin tous les « st » ! On était potes. Tout m’intéressait en lui : les textes, la musique, le personnage. Il était charismatique. La scène, c’était son truc. Je regrette qu’il soit mort à 53 ans ; c’est dramatique.

 

– Qu’avais-tu envie d’apporter à sa musique ?

– Boubou : De la puissance ! Je suis un batteur puissant. Le précédent batteur des Standards, Jeff, jouait bien, même s’il avait un jeu un peu timide, mais qui collait bien avec le style du groupe quand même. Moi, je joue « gros bras », et ça a fait évoluer le style du groupe ; ça a changé sa couleur sonore. Le jeu du batteur y fait souvent : si tu enlèves le batteur de Led Zeppelin du groupe, ce n’est plus Led Zeppelin, idem avec les Who, les Rolling Stones, etc… La batterie, c’est une manière de faire groover le groupe ; ça précise l’identité.

 

– Jusqu’à quand es-tu resté membre des Standards ?

– Boubou : Jusqu’à la fin, vers 1985-86. L’histoire du groupe s’est terminée en eau de boudin. On avait fait notre mini-album, un 6 ou 7 titres, dont la pochette avait été faite par un type des Beaux Arts. Je la trouve moche, et en prime il n’y a pas le nom du groupe dessus, juste celui de l’album « Jack et Jerry ». Ce qui faisait que les disquaires ne savaient pas où le ranger ni où le trouver quand on leur demandait, et que ça a été un gros bide, car il s’est mal vendu. Ça m’a foutu le moral en berne. Et par ailleurs, le bassiste était en train de construire son studio d’enregistrement, Le Chalet ; le guitariste était en train de monter le magazine Club et Concerts, ce qui lui prenait aussi pas mal de temps. Et puis il y avait l’usure du groupe : ça durait depuis 7 ans, sans reconnaissance. D’une manière générale les groupes bordelais de cette époque n’ont pas eu beaucoup de reconnaissance, au niveau national. Le premier qui en a eu une a été Noir Désir. Mais il y a eu de très bons groupes avant, comme Camera Silens et d’autres, qui n’ont eu aucun écho national, et se sont essoufflés, faute de reconnaissance par la presse notamment. Quand tu n’as pas de papier écrit sur toi, les maisons de disque ne s’intéressent pas à toi. Alors tu rames d’autoproduction en autoproduction ; et au bout d’un moment, ça use. Surtout quand tu es jeune : tu as envie que ça se passe vite. Avec l’âge, tu peux attendre. Mais quand tu as 20 ans, il faut que ça bouge. Quand tu vois Starshooter, Lili Drop, et tous ces groupes qui à l’époque étaient suivis par la presse, et donc dont les disques étaient produits, il y a de quoi être désolé d’avoir le sentiment de ne pas avancer, faute de soutien. Après Philippe a fait son album solo en 1987 ; je l’ai alors un peu suivi sur scène, même si je ne jouais pas sur l’album, car à l’époque, j’avais déjà rejoint le groupe Gamine. Kick a raison de parler d’une vie de bluesman : Philippe a fait des piano-bars pendant des années, sans vraiment en retirer grand chose.

 

– Comment s’est développé le projet avec les artistes qui y participent ?

– Bébert : J’ai été voir The Lookers, qui sont du Pays Basque, puisque j’y habite à présent. Je leur ai demandé si ça les branchait de reprendre une chanson. Ils m’ont répondu « oui » très rapidement, et comme ils ont été les premiers, ils ont pu choisir la chanson qu’ils voulaient interpréter. Je m’étais mis en tête que si eux disaient oui, l’idée était bonne et que ça allait faire son chemin.

– Kick : J’avais déjà repris la chanson « En Equilibre » de Philippe sur mon album « Forcené », donc une version remixée figure sur le disque. Mais à part cet enregistrement qui était déjà fait, et le titre « Figures de Femmes » issu de l’album solo de Philippe, tous les morceaux ont été enregistrés pour la compilation, dont « Le Sermon de Jack le Prêcheur » que nous avons repris avec Strychnine. Certains artistes, comme Bebert, moi, Charp, sont présents sur plusieurs morceaux. 

 

Avez-vous contactés vous-mêmes tous les participants, ou y a-t-il des artistes qui se sont proposés spontanément en entendant parler du projet ?

– Bébert : Il y en a un qui s’est proposé spontanément : Allan qui joue dans le groupe Au Pays des Matins Calmes. C’est un ami du fils de Jeff, le premier batteur des Standards, ce qui fait que depuis tout gamin, il baignait dans la musique du groupe. Donc quand il a eu vent du projet, il m’a contacté pour en faire partie. Il y a aussi certains groupes que je ne connaissais pas personnellement et qui figurent sur le disque. Mon projet était de faire un CD pour faire vivre les chansons de Philippe, et comme je savais que certains, comme King Kong Blues, en concert reprennent des chansons de lui, je voulais les inviter. Donc a ça créé des liens supplémentaires.

 

– Parmi les participants au disque, il y a bien sûr vos copains, des artistes de la génération de groupes contemporains des Standards. Mais avez-vous été surpris par le fait que des artistes plus jeunes, qui n’ont peut-être pas connu le groupe lorsqu’il jouait, se réfèrent aux chansons de Philippe et désirent lui rendre hommage?

– Kick : Beaucoup de gens ont participé, à la fois des gens de notre génération et de celle de Philippe, et ensuite des plus jeunes. Tous ont répondu, certains que j’ai contactés comme King Kong Blues, et la plupart que Bebert a contacté.

– Bébert : En deuxième position sur le disque il y a Joujou Duo, qui ne connaissait pas du tout Philippe, ni d’Eve, ni d’Adam, et qui a fait une reprise particulière. J’aurais bien aimé avoir plus de groupes beaucoup plus actuels, de musique électronique par exemple. Mais le hasard y fait beaucoup, et à un moment donné il faut aussi arrêter les recherches et faire les choses. Je sais que d’autres gens, à Paris notamment, préparent une chanson, mais n’ont pas pu le faire dans les temps pour qu’elle soit sur le CD.

 

– Peut-on envisager un deuxième disque à venir, si d’autres reprises te parviennent ?

– Bébert : Ce n’est pas prévu. Mais très certainement on pourra les retrouver sur youtube, comme des videos vont aussi se tourner. On ne peut jamais savoir : quand tu fais quelque chose, c’est toujours du « peut-être ». Effectivement si 15 ou 20 autres reprises se présentent, ça vaudra le coup de faire un disque, parce qu’à ce moment là tout sera déjà enregistré ! Mais honnêtement, on ne sait même pas si on va rentabiliser la chose. C’est moi qui ai produit, avec mes fonds personnels, et si tu voyais le vendeur que je suis, tu prendrais peur.

 

– Comment s’est déroulée la réalisation d’un point de vue technique ?

– Bébert : D’un point de vue technique l’essentiel était d’avoir l’argent pour produire. J’ai un certain âge et je travaille ; je n’ai jamais été riche, mais je ne me plains pas. Quand je décide quelque chose, en général, je vais jusqu’au bout. Donc petit à petit, j’ai mis des sous de côté pour ce projet. Une fois que l’aspect financier a été réglé, j’ai commencé à en parler. Et puis il se trouve que William Valverde, qui tient Tribal Studio à Ustaritz au Pays Basque, et que j’ai rencontré dans un concert, et à qui j’ai parlé du projet, m’a rappelé pour me dire que le projet l’intéressait sérieusement. On a commencé à travailler ensemble : j’amenais les fonds pour produire, il fournissait le studio et la partie technique pour enregistrer. Une autre personne m’a beaucoup aidé aussi : Didier Mauroux, vice-président de Bordeaux Rock et chanteur des Stagiaires, qui m’a associé à la semaine de Bordeaux Rock. Et puis nous avons eu le soutien de la presse et d’Eric Roux, directeur du Théâtre Barbey qui accueillera dans sa salle de spectacle le concert du 03 février. L’envie de faire quelque chose pour à Philippe a fédéré beaucoup de gens. Ce n’est pas moi, le truc important là dedans : c’est Philippe. J’ai été celui qui a lancé le projet -et même au départ je ne comptais que le lancer et me retirer ensuite, si William n’avait pas insisté pour que je reste m’en occuper-  et tout un tas de gens ont répondu présents.

– Kick : Il faut dire qu’Eric Roux, tout comme Didier Mauroux, sont des gens de la génération qui a vu Philippe sur scène. Donc ils se sont sentis concernés. La pochette du disque a été réalisée par la dernière compagne de Philippe. Le texte du livret a été écrit par Jean-Pierre du label Rocka Rolla, qui finance mes vinyles ; il était un ami très proche de Philippe. Donc c’est vraiment une histoire d’amitié et de musique, et je trouve ça sympa comme démarche.  

 

– Les groupes lors du concert vont-ils jouer uniquement des chansons de Philippe ?

– Bébert : On n’a pas de pression ! Chaque groupe va jouer un quart d’heure environ, donc des chansons de Philippe et aussi ses compositions propres ; il y aura 12 groupes. Certains ne pourront pas être là, pour raison professionnelle. Bien sur je regrette ceux qui ne seront pas là. Et Philippe aussi, qui ne sera pas là, même s’il est avec nous sur le disque, puisqu’il y a une chanson tirée de son album solo « Figures de Femmes ». Mais l’idée est que ce concert soit une grande fête. J’avais été voir David Wolfberg, qui tient le magasin de musique Cactus à Bordeaux, pour lui demander l’autorisation de mettre la chanson « Figures de Femmes » sur l’album, puisque c’est lui qui avait produit le disque de Philippe à l’époque, et il m’a très gentiment donné un petit stock d’exemplaires de 33 tours qu’il possédait encore. Donc, comme je te le disais, tout le monde a tenu à participer. Le projet a mis deux ans à aboutir, mais le CD est là, et c’est bien. Derrière l’idée est aussi de faire un ou plusieurs concerts : pour moi c’est la cerise sur le gâteau. Et j’espère qu’il y aura du monde.

– Kick : Le disque vinyle de son album solo sera donc disponible lors de la soirée du 03 février à Barbey, et ça vaut le coup de l’avoir, car c’est vraiment un bel album. Et on pourra aussi y trouver des CD des Standards, puisque Boubou en a qu’il va vendre. Le concert, ce sera une fête, et comme l’entrée est en prix libre, j’espère que les gens repartiront avec un disque.

 

– Envisagez-vous aussi de pouvoir diffuser et exporter ça dans d’autres villes ?

– Bebert : Oui, après ça va circuler. J’ai fait ce que j’avais dit : ce disque. Après, je suis musicien, pas businessman. D’ailleurs j’ai plus donné que vendu de disques pour le moment ; je suis très mauvais pour le commerce. Mais il y aura autre chose de prévu après le concert du 03. Déjà au Pays Basque, quelque chose va se faire, parce que plusieurs participants du disque y vivent : Joujou Duo, Barnum, The Lookers, moi-même, et Kick en est originaire. Et puis j’espère qu’à Paris il y aura également une soirée, sans doute pas avec les 17 groupes, mais au moins quelque uns. Mon fils a un label qui s’appelle Control et fait partie du Collectif 23, dans le Xème, qui tient une salle de concert. Donc j’espère que quelque chose pourra se faire à Paris aussi. 

 

– Boubou, lorsque Bébert vous a parlé de son idée de compilation, comment l’as-tu accueillie ?

– Boubou : Ça faisait longtemps qu’il murissait l’idée. Ça m’a fait super plaisir ! Mais je me demandais quel groupe allait venir. Il est vrai qu’au début, je n’y croyais pas trop ; je pensais que c’était un projet en l’air. Notre reprise, avec Strychnine,  a été la première enregistrée, il y a un an et demi, au studio d’Ustaritz. Maintenant j’espère que cette compilation va toucher le plus de monde possible, et diffuser les chansons de Philippe. Comme le disait Kick, j’ai récupéré des exemplaires de la compilation des Standards qu’on a faite avec Bordeaux Rock en 2005, « Il ne fallait pas les réveiller », et qu’on va également vendre lors du concert du 03 février. C’est quasiment l’intégrale des Standards. Je suis très content et ému de participer à cette aventure et je suis reconnaissant à Bébert d’avoir eu le cran de monter et de mener à bien ce projet.

 

Nous remercions Bébert, Kick et Cathy et Boubou et Clarisse

Pour commander le disque : raymond.belliard@wanadoo.fr

Page de l’évènement : https://www.facebook.com/events/2054137658140880/

 

Miren Funke

Respect…

25 Jan

Tout commence le 11 janvier 2015 :

Avancer devient impossible tant la rue est serrée, et sur le boulevard Voltaire, l’immense flot humain s’est immobilisé. Nous sommes un million et demi dans la rue, à exprimer la même révolte après l’attentat de Charlie Hebdo et les prises d’otages qui ont suivi… L’écriture s’est imposée comme une urgence.  « Respect » est né dans ces instants partagés au cœur d’une foule d’anonymes déterminés à faire entendre la voix du silence, comme une respiration, sans amalgame ni polémique. (Yves Duteil)
Au fil du travail sur l’album, avec les conseils éclairés de Noëlle, son épouse, Yves Duteil a peaufiné, taillé, pour ne garder que l’essentiel. 12 chansons à l’écriture ciselée, des mots bienveillants qui apaisent et redonnent espoir en l’humain, avec le respect en toile de fond.
Respect est d’ailleurs la chanson qui ouvre l’album :

C’est la force qui nous inspire / Pour pouvoir résister au pire / Et faire face en restant debout/ Plutôt que de vivre à genoux.
Respect pour Mohamed, Aïcha et tant d’autres qui sont victimes de l’amalgame que certains font entre musulmans et barbares

Les histoires se nouent / Les enfants s’éparpillent / Mais vous êtes partout dans l’album de famille.
Respect pour Mamie, Mamita, Mamito : Tu m’as tellement conté l’histoire / Qu’elle est gravée dans ma mémoire / Ta Mamie, Mamita et toi Mamito / Vous m’avez transmis le flambeau.
Respect pour sa femme à qui il fait une déclaration d’amour en suivant le fil de leur histoire et quarante ans plus tard : je t’aime toujours / Plus fort encore qu’au premier jour.
Respect pour ce Passeur de lumière, un peu de Frison-Roche / Un soupçon d’Archimède /

Un grain de Moitessier / Et d’Henri de Monfreid… Et un peu de son grand-père : A travers sa mémoire / Il m’a ouvert les cieux / Et m’a confié un soir / « Quand je serai trop vieux / Un jour j’y verrai moins / Et tu seras mes yeux ».
Respect aussi pour son petit « âne corse »  : Mon petit âne corse / Tu portes ton fardeau / Tu respire la force / Et sans courber le dos… / Tu viens boire mon amour / Dans le creux de mes mains.

Et respect pour l’apiculteur, La légende des immortelles, une chanson écologique qui nous rappelle que les abeilles sont essentielles à la vie sur terre : Et sur les sentiers du printemps / Peu à peu en humble artisan/ Il aura forgé la légende / Des immortelles et des lavandes.
Respect même pour un vieux piano chargé de mémoire, et à travers le piano, pour sa mère : Quand ses mains voltigeaient / Comme un oiseau sans cage / Je sentais qu’elle m’offrait / Son amour en partage.
Respect pour la vie malgré tout, et l’espoir têtu d’un monde meilleur, A l’abri du meilleur : S’il est vrai que l’espoir un jour peut refleurir / S’il s’éveille un matin comme un arbre à son heure / Nous aurons beau tout faire pour nous garder du pire / On n’est jamais vraiment à l’abri du bonheur.
Respect et attachement pour ce quelque part où l’on est né, où l’on a vécu, ici pour Paris, au delà des rêves d’Argentine : Du delà de l’eau / Ton pays devient merveilleux / Avec son ciel gris, avec son ciel mauve / Et tu pleures un peu / Mais quand tu fermes les yeux / Tu revois sur fond de brume et de pluie / Un coin de bistrot, un ami / Un morceau de toi revit…

Respect enfin pour ces armées d’amour, pour résister à la peur, à la violence qui frappe le monde aveuglément : Je pense à ces âmes en allées / Dont le seul crime aura été / D’être heureux au mauvais moment / Tous, nous aurions pu être là.
Respect qui s’exprime par Une minute de silence : Une minute de silence / A l’envers de la peur / Un souffle d’espérance / Un battement de cœur.

Tous ces mots sont portés par des couleurs musicales métissées, ouvertes à tous les choix musicaux, chaque chanson ayant sa propre couleur, avec les arrangements et les orchestrations de Franck Monbaylet, inspirés par les arrangements pour cordes d’une chanson de Véronique Sanson : Et je l’appelle encore.
Et là encore, respect réciproque entre Yves Duteil et Franck Monbaylet : J’étais totalement « chez moi » dans sa vision rythmique de mes chansons.
Et respect pour tous les musiciens qui ont mêlé leur notes dans le plus parfait esprit d’équipe, de Mokhtar le batteur, Rhani le percussionniste, Joan le contrebassiste, Pierre le guitariste, aux violonistes, violoncellistes, altistes.

Photo Toussaint Pery-Kacsa Alhambra2018

Une fois les textes achevés, la musique a jailli du silence et de l’émotion pure. Tempos des percussions à fleur de peau, harmonies suspendues de la contrebasse, guitare jazzy et cordes vibrantes d’émotion.
Dans le livret qui accompagne l’album, outre les textes des chansons, Yves Duteil présente ses musiciens et tous ceux qui ont oeuvré à la réalisation de ce 15 ème album, une description imagée qui en dit long sur l’importance de chacun dans l’équipe, par exemple : Pierre, guitariste reconnu, dans le monde du jazz, à l’aise dans tous les styles, et qui joue avec la grâce du funambule sur le fil de ses arpèges.
Douze chansons, douze histoires ancrées dans l’actualité, chargées de sens, de générosité et d’espoir, pour ce chanteur qui en quarante-cinq ans de carrière, a rassemblé autour de lui un public fidèle, loin de l’industrie du spectacle et des grands médias, et malgré les campagnes de dénigrement injustes dont il a fait l’objet.
Respect pour l’artiste qui nous a donné quelques unes des plus belles chansons de notre patrimoine, et respect pour l’homme aux multiples engagements civiques et humanitaires, en associant Noëlle, son épouse, celle à qui, dit-il,  Je dois tout.

 

Danièle Sala

 

Et pour suivre Yves Duteil  , c’est là –>

 

Pour mémoire, le 11 janvier 2015, c’était ça, près de Nation… vers 16 h…

Tremplin Initiatives-chansons

23 Jan

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Nous avons reçu 134 candidatures pour le tremplin À nos chansons !  Une belle première édition de ce tremplin en perspective,  destiné aux artistes auteurs, compositeurs et interprètes.

Chaque artiste doit présenter une chanson de la marraine et deux chansons de sa composition et/ou du répertoire.

La marraine du tremplin est Anne Sylvestre.  Le jury de la finale sera présidé par Shirley et Dino.

Ils seront entourés de:  Jean Michel Boris, ancien directeur de l’Olympia, Pauline Chauvet, assistante de production, Didier Daeninckx, écrivain, Gérard Davoust, directeur des éditions Raoul Breton, Clémence Monnier, pianiste et chanteuse, Marina Vlady, actrice

Le jury des programmateurs décernera son coup de coeur et les programmateurs proposeront de nombreuses dates de concert aux finalistes. Le public votera et attribuera le prix du public

Le comité d’écoute procède actuellement à l’audition des enregistrements. Il annoncera le 10 février les 14 candidats-es sélectionnés-es pour la soirée éliminatoire publique du 6 mars 2018.

Deux dates à retenir (entrée libre sur réservation)

  • 6 mars 2018 à 18h30 au Forum Léo Ferré 11 rue Barbès 94200 Ivry sur Seine

Soirée publique éliminatoire avec les 14 artistes sélectionnés par le comité d’écoute

Sélection par le jury de cette soirée des 7 artistes pour la finale .(Possibilité de restauration en réservant)

  • 19 mars 2018 à 19h30 à l’Espace André Malraux (ECAM) au Kremlin Bicêtre

Finale du tremplin  À nos chansons ! En présence d’Anne Sylvestre, marraine du tremplin.

 L’ECAM est situé à 100 mètres de la station de métro Le Kremlin Bicêtre (ligne 7) et de l’arrêt de bus Kremlin Bicêtre (ligne 47). Grand parking à proximité. Nous avons privatisé une salle de restaurant et un bar à 100m du théâtre. Si vous le souhaitez, nous pourrons nous y retrouver à l’issue de la soirée autour d’un plat, d’un verre.

 

Réservations

  • Soirée du 6 mars à 18h30, clic sur l’image –>

 

  • Finale du 19 mars à 19h30  réservation par courriel à:

 initiatives.chansons@gmail.com

Indiquez votre nom, prénom, nombre de places, votre courriel.

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Créée en 2013 par Béatrice et Alain Paré, la Fondation Inter Fréquence, Fondation est née d’une volonté de s’impliquer dans le soutien au spectacle vivant, autour des artistes français et de la francophonie en particulier. Elle porte une grande attention à l’émergence de nouveaux talents.La Fondation Inter Fréquence soutient des projets artistiques par le biais d’associations toujours plus nombreuses. Vous trouverez le détail de ses actions sur www.fondation-interfrequence.org.
Pour 2017-2018, cette Fondation a sélectionné cinq projets qui lui tiennent particulièrement à cœur, et pour lesquels elle aura un engagement plus fort. Parmi eux s’inscrit le projet de notre association Initiatives-Chansons.
 La Fondation Inter Fréquence est particulièrement sensible à la démarche de notre Association qui s’attelle à promouvoir la chanson d’expression francophone à travers l’organisation de manifestations et rencontres culturelles. Autant d’actions engagées qui favorisent la diffusion, le spectacle vivant et la création.
En adressant vos dons à la Fondation Inter Fréquence, vous renforcerez notre action avec la garantie que tous les dons perçus par la fondation seront intégralement reversés à notre association Initiatives-Chansons.
Vous trouverez ci-dessous un document explicatif concernant le versement de don et les avantages fiscaux en découlant. Notre association se tient à votre disposition pour répondre à vos questions et vous accompagner dans votre démarche de don.
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Si vous êtes assujetti(e) à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, la loi TEPA du 21 août 2007 vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôt de 75 % de votre don, dans la limite de 66 667 € chaque année, soit 50 000 € de déduction. •
Si vous êtes une entreprise, vous pouvez contribuer et bénéficier d’une réduction d’impôt de 60 % du montant de votre don, dans la limite de 0,5 % de votre CAHT (art. 238bis du CGI).
Votre chèque devra être libellé à l’ordre de Fondation de France / Fondation Inter Fréquence et adressé à Association Initiatives-Chansons 29 rue Marcel Lamant 94200 Ivry sur Seine.
La Fondation Inter Fréquence, sous égide de La Fondation de France, s’assure du bien fondé de nos actions.
Pour l’adhésion, il vous faut également transmettre par mail le bulletin d’adhésion joint à cet envoi.

 

Le Blog Le Doigt dans l’Oeil

Hexagone n° 6

19 Jan

Après le SUCCES ! REPRISE ! du marque page d’Hexagone n° 5, c’est TRIOMPHE ! PROLONGATION ! sur celui du n° 6, et carrément la une en couverture pour ce duo qui n’arrête pas de séduire tous les public. Et un dossier de 24 pages leur est consacré dans ce numéro. Pour ceux qui les suivent depuis le début avec confiance, ça fait drôlement plaisir !

Elle et lui, c’est bien sûr Lili Cros et Thierry Chazelle.

Ils se confient dans un long entretien à Flavie Girbal et David Desreumaux, d’où ils viennent, lui normand, elle du Lot, mais elle gardera toujours en elle les parfums et les rythmes de son séjour d’enfant en Afrique, elle, enthousiaste à tout crin, lui logicien facétieux, leurs parcours avant de se connaître, leur même envie de faire de la musique, à 8 ans, Lili exige qu’on l’inscrive à l’école de musique, à 9 ans, Thierry imite son oncle guitariste, insiste pour suivre les cours  au conservatoire, jusqu’à sa médaille d’or de guitare, ils sont arrivés par des chemins différents, en commençant tous les deux par un bac D, puis les petits métiers, d’ouvreuse-serveuse dans une cave caf’-conc’ d’Agen pour Lili, à l’informatique pour Thierry, astucieux pour se faciliter le travail, et gagner assez d’argent pour se payer un stage international de guitare avec Roberto Aussel. Mais au bout de douze ans, son manque de musique est trop fort : J’essayais d’être artiste, je n’y arrivais pas. Après une grosse dépression, il mettra dix ans pour retrouver une place professionnelle. Dépression aussi pour Lili, et même conseil de son analyste, poursuivre dans la voie artistique. Et c’est la rencontre, aux Rencontres d’Astaffort, de ces deux artistes qui se promettent un soutien indéfectible, avant de sortir chacun un album le même jour,  de se marier et de s’installer en plein milieu d’une forêt dans le Morbihan, ici tout est possible dira Lili.

C’est alors qu’ils commencent à travailler ensemble, et connaître leur premier succès sur scène, à Tadoussac, au Québec, ils n’en reviennent pas ! Pourtant, au fil du temps, ils en connaîtront beaucoup d’autres, au cours des quelques 600 concerts qu’ils ont donné depuis 10 ans en France et ailleurs. Trois albums ensemble, des rencontres, des stages, arts de la scène, initiation au clown, ateliers  d’écriture, rythmes, percussions corporelles en Italie, beaucoup de travail en commun qui rapproche et fait progresser le couple et révolutionner son rapport à la scène. Artistes indépendants, ils réinventent sans cesse, complémentaires et attentifs l’un à l’autre, On est chacun moins que la moitié du duo disent ils, et leur spectacle Peau neuve n’est pas seulement un concert, mais un vrai spectacle, avec une mise en scène impeccable, scène épurée mais présence maximale toute en harmonie et complicité, en parfaite communion avec leur public. Ces deux là n’ont pas fini de nous étonner ! Et comme le dit leur ami Ignatus : Devant quinze ou deux cents personnes, les mêmes / C’est l’humilité qui les fait avancer / Comme vous êtes. Changez rien.

Ignatus, Jérôme Rousseaux, qui vient de sortir un album, e .pok, chroniqué page 56 de ce numéro par Nicolas Brulebois qui rappelle les débuts difficiles d’Ignatus, mais son talent enfin reconnu a fini par triompher et cet album est L’un des plus beaux disques chantés en français que vous rencontrerez cette année : Un côté cotonneux qui enveloppe mais n’endort pas, écrin riche mais sobre où niche la prose de ce drôle d’oiseau chanteur. L’époque ainsi triturée, passée par le prisme de l’art, ressemble à la nôtre-à cette différence près que le temps d’un disque, on s’y sent bien.

Ignatus que l’on retrouve un peu plus loin pour un entretien, toujours avec Nicolas Brulebois.

Expérimentateur audacieux, qui passe allègrement  des instruments traditionnels africains à l’électroacoustique, Ignatus parle de ses influences musicales : Pour moi, Gainsbourg et Bashung sont ceux qui ont fait avancer la chanson, de ses rituels d’écriture, du défi d’écrire des haïkus chaque matin, pour nourrir son sens de l’observation, et conclue : Mon objectif n’est pas de courir après les cachets, mais après la beauté.

Beaucoup d’autres albums chroniqués dans ce numéro riche d’actualités scènes, chansons, musiques, agrémenté de pages d’humour et de superbes photos,  que l’on peut consulter au gré de ses envies, moi j’ai d’abord suivi la photo de couverture… Mais revenons au début, après l’édito de David Desreumaux, une réflexion sur la chanson amenée par le décès de Johnny  : Puisse la disparition de Johnny faire en sorte de redonner une place dans les médias à pléthore d’artistes jusqu’à présent laissés pour compte.

Une rencontre avec Florent Vintrigner. Par Roxane Joseph,  Florent Vintrigner, son compagnon l’accordéon, et sa passion pour Hugo qui l’a amené à préparer un album à paraître début 2018, de textes de Victor Hugo mis en musique : Profondément humaniste, généreux, il aime poursuivre sa route, humblement, en compagnie des saltimbanques et des amis de passage qui parsèment son ciel de bonnes étoiles.

C’est ensuite une vue de l’extérieur d’Un saltimbanque d’intérêt général dont le but est de Transmettre et valoriser les répertoires de la chanson, Serge Hureau, metteur en scène, directeur du Hall de la chanson qu’il a lui-même créé,  s’attache à créer un vaste répertoire de la chanson française, la chanson en temps que patrimoine culturel, et à le faire vivre par des stages, des créations de spectacles-revues, tables rondes, concerts, et les rendez-vous réguliers du Hall le deuxième et troisième vendredi de chaque mois : Les œuvres de chansons d’hier, comme si elles étaient nées d’aujourd’hui. Pour le bénéfice de demain.

Patrick dans sa médiathèque ..

Patrick Engel, lui, nous emmène dans les coulisses du spectacle, avec les confidences de 9 artistes , et leur façon de se préparer et leurs états d’âme avant d’entrer en scène, à chacun d’appréhender le trac, tourner en rond, respirer, se chauffer la voix, ou l’ignorer. Pour Anaïs, le stress ne sert à rien, il empêche de pouvoir donner son maximum. Pour Nicolas Jules, lui, pense à autre chose, avant et après, pour Louis Ville, le trac peut venir une semaine ou une demi-heure avant de monter sur scène,  Léopoldine HH l’apprivoise, c’est une émotion archaïque, ça me rend électrique et folle, et cet état nous permet d’y aller vraiment. Eric Guilleton rentre dans un concert des jours, des jours, et des jours avant, le trac m’aiguillonne. Le trac est pour moi un ennemi, ce n’est plus du trac, c’est de la surrexcitation dit Zoé Malouvet. Pour François Puyalto : Je vois tout cela comme un taureau qui s’apprête à entrer dans en scène devant une salle remplie de toréadors. Pour Jil Caplan, pour le trac, j’ai appris à lui faire son affaire, même si je peux avoir des montées d’angoisse… Mais c’est plutôt la veille que ça me prend. Et pour Armelle Dumoulin, le trac est un véritable ami.

pierreperretSuit un tour d’horizon Au café du canal par La Tribu de Pierre Perret. Avec une interview croisée de Fred Burguière  des Ogres de Barback, et Pierre Perret, propos recueillis par Flavie Girbal et David Desreumaux : Mes chansons fringuées avec des bretelles à fleurs, dit Pierre Perret, qui a accepté sans façon et en toute confiance de collaborer à cet album qui lui rend hommage, en faisant découvrir ses plus belles chansons, indémodables, aux jeunes générations. Un album collectif extrêmement métissé, et ça tombe bien, car pour Pierre Perret :  Le métissage a toujours été mon fond de commerce. Album chroniqué page 138 : Un album qui met l’accent tout à la fois sur la qualité d’écriture( et les mélodies) et sur la diversité des registres déployés : Humour, amour, tendresse, colère, tolérance.

On apprend ensuite comment Lisa Portelli est arrivée à la chanson, par Karine Daviet, c’est la guitare électrique qui lui a ouvert la voie et la voix, de travail acharné en retraites de silence chez les bénédictins, elle a fini par trouver sa propre intériorité, et son deuxième album Nébuleuse, co-écrit avec Andoni Iturioz, navigue entre rock nerveux et vibrations aériennes et sibyllines.

Regard sur Jane for tea, un duo atypique de chanson française, par Michel Gallas. Duo qui a remporté quatre prix aux Rencontres Matthieu Côte en 2015, duo qui mélange chant, comédie et danse, textes et compositions de JP, et instruments anciens où l’ukulélé est roi.

Sylvain Dépée nous fait faire plus ample connaissance avec Ben Mazué, Dix ans de lui, et un troisième album La femme idéale. Avec son sens de l’observation et son humanité, il est à mes yeux le Cédric Klapisch de la chanson dit de lui Baptiste Lecaplain.

Un nouvel album aussi pour Carole Masseport , Carole qui nous est présentée par Philippe Kapp, son parcours, la difficulté à rencontrer son public, malgré un prix d’interprétation au tremplin du Centre de la chanson, et un coup de cœur de l’académie Charles Cros pour son album Blottie en 2006, les rencontres au centre de formation du Studio des variétés, et sa collaboration avec Céline Olivier et Jean-Jacques Nyssen, d’où est né, fin 2017, cet album : A la fin de l’hiver, un beau disque d’hiver, foisonnant d’émotions froissées, brûlantes de glaces limpides et d’un grand feu solaire, selon Patrick Engel.

Photo DR

Bien reçu aussi les Ondes positives d’Eric Frasiak, par David Desreumaux. Une route bien remplie, et 7 albums pour cet auteur-compositeur et interprète  lorrain nourri de Ferré, Lavilliers, Dimey, Béranger qu’il considère comme son père spirituel, mais aussi Pink Floyd ou encore Genesis. Il parle des rencontres décisives qui l’ont fait avancer, comme Jean-Michel Boris et Jean-Louis Foulquier au Printemps de Bourges, en 1983, de sa ténacité pour se consacrer à temps complet à la chanson : La chanson est indispensable à ma vie. C’est comme l’amour. Est-ce que l’amour est indispensable à la vie ?  des réseaux existant pour que les artistes ignorés des grands médias puissent exercer leur métier, festivals, associations qui défendent la chanson vivante, ou même les concerts à domicile.

Eric Frasiak, chroniqueur du quotidien, de la vie dans tous ses états, de l’humaine condition,  de la révolte à la tendresse, sur de subtiles mélodies.

Humour entre deux articles, Boule dévoile les ficelles pour répondre à une interview, par exemple :  Evitez de parler technique : Les gammes exotiques n’intéressent que ceux qui les connaissent déjà.

Parmi les nombreux albums chroniqués, celui de Loïc Lantoine par Jacoti : The Very Big Expérimental Toubifri Orchestra, de par, pour et avec Grégoire Gensse. Un double album qui rassemble d’une part 12 inédits, et d’autre part les anciens morceaux de Loïc, revêtus de leur beau costume d’orchestre, ce qui leur confère une emphase à la fois foldingue et complice.

Jules, lui, nous dit que C’était mieux maintenant, à propos de Thomas Fersen, et de son dernier album Qu4tre : Fersen est un grand interprète. Il crée des personnages incroyables. C’est un traducteur de vies aussi multiples que fantasques.

Une visite guidée du Forum Léo Ferré, avec Roxane Joseph qui en est la directrice, par David Desreumaux. Roxane Joseph et son collectif : Une équipe aguerrie à la diffusion de spectacles, qui ont pris le relais de La chanson pour tout bagage depuis septembre 2017. Une tâche ardue, pour mener de front et diversifier la programmation au Forum Léo Ferré et à La Menuiserie, et renouveler le public sans faire fuir les fidèles, ce qui se concrétise par une programmation diversifiée et de qualité pour ce trimestre 2018,  Rémo Gary, Mèche, Marie-Thérèse Orain, Leïla Huissoud, Jacques Bertin, Yves Jamait, Frédéric Bobin, ou Patrice Mercier, Romain Lemire, etc, ça va des très jeunes aux vétérans,  des connus ou débutants à découvrir …Il y en a vraiment pour toutes les générations, et puis quand on aime la chanson vivante, peu importe l’âge du chanteur ou du public. Le tout étayé par de nombreuses photos d’artistes qui sont passés sur la scène du Forum Léo Ferré en 2017, d’Yvan Dautin à Jérémie Bossone,  en passant par Paule-Andrée Cassidy, Sarah Olivier et bien d’autres.

Dans la partie II de la collection d’hiver, Mad questionne Mademoiselle K à l’occasion de la sortie de son album Sous les brûlures l’incandescence, son cinquième album, né d’une rupture, un album électro-rock pour cette chanteuse qui revendique son côté punk, tout en ayant une formation classique, pas facile de s’y retrouver, mais c’est le résultat qui compte !  : Un album concept-malgré-lui, une renaissance, tant personnelle qu’artistique.

Envie d’étoiles, de complicité, de bonne humeur ? Il est recommandé d’aller faire un tour chez Les fouteurs de joie, c’est Michel Gallas qui nous y invite. Cinq artistes, chanteurs, musiciens, comédiens, unis comme les cinq doigts de la main : Musicalement au top, forts de leurs dix-sept ans de connivence, ces grands professionnels nous foutent la joie. Et puisque chaque spectacle est pour eux l’occasion d’un disque, à écouter, entre autres, le troisième, qui, inversement, donne l’envie du spectacle : Des étoiles et des idiots.

Malorie D’Emmanuele nous emmène dans l’univers très personnel de Leïla Huissoud, et même si parfois il lui faut une chaise pour atteindre le micro, c’est : Une grande, sans l’ombre d’un doute. Seulement 19 ans, joli minois, joli grain de voix, mais pas que !  

Elle sait déjà ce qu’elle veut, faire de la chanson française, écrire et chanter ses propres textes, elle attache une importance particulière à l’écriture : J’aime les mots et leur sens, ils me touchent plus que la musique. Pour moi, le texte est au-dessus, c’est lui qui structure. L’écriture me semble plus naturelle que la composition. La musique doit être au service du texte.  Après un premier album en 2017, L’ombre, elle prépare un nouvel opus, qui sera enregistré en janvier, sa sortie est prévue à l’automne prochain.

David Desreumaux pose un regard, illustré d’une belle photo, sur François Puyalto, et son album Le nom des animaux : Ne cherchez pas d’histoire ni de message à travers son œuvre. Laissez-vous simplement porter par les sensations paysagères et fugaces. Ce qu’il a à dire relève de l’indicible, et il l’exprime fort bien.  El Scorcho rajoute : Et ça chante grave, au propre comme au figuré, Mâtin, quel organe ! Naviguant peinarde à la lisière des portées, lovée dans le velours, sa voix chaleureuse et ronde s’accorde à merveille avec ses parties de basse duveteuse.

Si vous voulez savoir comment Eric Kaija Guerrier appréhende Léopoldine HH, c’est aussi dans ce numéro 6 : Sagacité excentrique. Léopoldine HH, un premier album Blumen im Topf, un projet de création théâtrale autour de Gérard Manset, avec Maxime Kerzanet pour l’automne,  qui pourrait donner naissance à un disque. Léopoldine HH, prix Moustaki 2016 est aussi comédienne, et offre des spectacles à la fois avec précision, sympathique loufoquerie travaillée, richesse des arrangements, beauté de l’écriture et des compositions, dans la mécanique d’une scène théâtralisée, en compagnie de Charly Marty et Maxime Kerzanet. Pour avoir vu cet étonnant spectacle sur scène l’été dernier, je souscris aux mots d’Eric.

Photo NG archives

Et puis il y a Michel Boutet que ça en donne même envie de parler de génie, nous rappelle, enthousiaste El Scorcho, à propos du livre disque Barbouillot d’pain sec : Il faudra donc écouter et réécouter encore cette fresque bouleversante rythmée par mille saillies franchement tordantes. Ce Barbouillot d’pain sec mêle humour et douleur avec la simplicité d’un jour qui se lève.

Si vous voulez en savoir plus sur le triple album plein comme un œuf de Philippe Forcioli Poète ! René Guy Cadou, c’est p 140 : Loin du cliché  maladif du poète mort à 31 ans, la joie de l’interprète est communicative, son fort accent réchauffe d’un peu de soleil corse les paysages de Louisfert battu par les vents. Les orchestrations simples, belles, aux instruments variés(étonnants parfois) veillent à ne pas déborder le texte.

 

Les enfants ne sont pas oubliés, avec deux livres disques chroniqués par Virginie Riche,

Nougaro enchanté, douze chansons pour toute la famille,Théa Nougaro, une des filles de Claude a voulu faire connaître l’oeuvre de son père aux enfants , avec un collectif d’illustrateurs interprètes au crayon ou au pinceau, et Le fabuleux voyage d’Arwenn, raconté par Bérénice Béjo, sur une idée, un texte et un projet de Charlotte Courtois. Ce livre disque raconte la possibilité d’un langage international, celui de la musique.

Ce qui se passe quand on chante dans cette belle librairie, Le renard et l’entonnoir (Photo archives NG)

Quelques rappels encore,  pour les enfants et les parents, un lieu convivial dans le 19 ème à Paris, décrit avec gourmandise par Virginie Riche, Le renard et l’entonnoir : Un concept original et chaleureux dédié à toute la famille. Passer le pas de la porte, c’est franchir un espace-temps différent, enter au pays tendre de l’enfance, quitter Paris un instant, et la grisaille laisse alors place au soleil jaune. Vous reprendrez bien une petite tranche de vie ?

Qu’est ce que le Label At(h)ome ? David Desreumaux va tout vous dire, avec les concepteurs de ce label, deux frères, Stéphane et Olivier Laick. Un label en toute indépendance, qui contourne la crise du disque, et les grands majors, découvreur, accompagnateur de carrière et tourneur de nouveaux talents  de la scène française : A une période où certains proposent des contrats « single  avec option album si playlist radio », je suis assez fier de parler uniquement «  album avec nos artistes ». dit Stéphane Laick.

Vus sur scène, retours de concerts, par David Desreumaux et Michel Gallas, Kent et son inoxydable vitalité au Café de la danse le 7 novembre 2017.

Figure(s) Imposées(s) au théâtre Antoine Vitez, une proposition de Christophe Adriani, actuel directeur du théâtre Antoine Vitez à Ivry-sur-scène, comment remplir une salle de 200 places, en banlieue, avec une affiche de «  non vedettes » ? Cela a été possible grâce à la volonté des partenaires de cette aventure, le tourneur d’Askehoug, et les artistes participants, Askehoug, Dimoné, Presque Oui et Maissiat, qui ont mêlé leur répertoires à celui de Bashung.

Le Chouf Toulouse Tour : Onze concerts et sept spectacles en sept lieux différents, du 2 au 11 novembre, par Michel Gallas ? Chouf qui fête ses 10 ans de scène et la sortie de son quatrième album.

Puis, c’est Jean-Marc Coquerel, photographe de scènes, de festivals, notamment Aubercail à Aubervilliers, d’affiches, pochettes de disques, etc, qui nous parle de sa passion : Trente ans que ça dure… Curieux des femmes et des hommes, je les installe dans ma mémoire. Ils me racontent des histoires, leur histoire. Cette passion-là, je ne la cultive pas seulement au bout du monde, mais aussi au bout de la rue, dans la cité, la ville, là où les mots se font entendre. Il a rassemblé, pour ses 10 ans de métier,  dans un livre : Le visage des mots dits, 200 photos d’artistes. Les photos d’artistes au festival d’Aubercail, qui suivent son billet témoignent de son talent.

La cerise sur le gâteau de ce numéro 6, c’est le Rosbif saignant de Mad : Radio-gagas qu’ils sont les ricains… Une sombre histoire d’espionnage où l’on voit Rodger affecté à espionner la webradio d’Hexagone, pensez donc, une radio 100% chansons françaises, c’est plus que louche, en plus d’être un appel sans équivoque au refus des productions américaines, il s’agissait ni plus ni moins d’une apologie de la partouze !

Voilà mon tour d’horizon du numéro 6 d’Hexagone, dans lequel je me suis attardée avec grand plaisir. Si vous souhaitez approfondir, et en savoir beaucoup plus, abonnez-vous, et n’oubliez pas d’écouter la webradio, vous y retrouverez les artistes chroniqués dans tous les numéros d’Hexagone,  n’en déplaise à Rodger !

Danièle Sala

Pour la boutique du mook, c’est là ——>

 

 

 …

Et pour  La Webradio – Hexagone, clic sur le récepteur,

 Last but not least, une image ?  Vous les reconnaissez j’espère… Regarder dans la même direction… La recette du succès ? 

DD et FG AA

Photo ChanTal Bou-Hanna

 

 

 

Prix Saravah, le jury…

18 Jan

Photo©NGabriel

 
Début Février, les premiers artistes sélectionnés seront connus, en attendant, voici le jury qui sera chargé de révéler les découvertes..
 
Francis Lai  (Président) : Compositeur- musicien
 
Charles Berberian : Auteur de bandes dessinées
 
Albin de la Simone : Auteur compositeur interprète – musicien
 
Patrice Demailly : Journaliste Musique
 
Thierry Dupin : Programmateur musical- France Inter
 
Monique Giroux : Productrice à Radio-Canada
 
Florence Jeux : Directrice générale artistique des Francofolies
 
Laurent Valero : Musicien/Producteur à France-Musique
 
Idol
 
Sacem
 
Studio l’Ermitage : Yamilé Bengana (Responsable de la programmation)
 
Editions  Saravah : Atsuko Ushioda (Gérante) – Maïa Barouh (Directrice Artistique)
 
Et voici la date de l’audition en public des 6 artistes sélectionnés :  le 22 mars 2018 à 20h30 au  Studio l’Ermitage, au 8 Rue de l’Ermitage, 75020 Paris.
Norbert Gabriel
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