Concert de soutien aux salariés de l’usine Ford de Blanquefort (33) : entretien avec HK et les Saltimbanks, Buscavida et Jérôme

24 Mai

 

Samedi 21 avril une affiche conséquente réunissait plusieurs artistes de renommée nationale ou locale pour un concert de soutien aux salariés du site de Ford à Blanquefort (33), au terme d’une journée de débats et de conférences : Bernard Lavilliers, Didier Super, HK et les Saltimbanks, les groupes Buscavida, Delio, Herein et l’humoriste Bun Hay Mean étaient venus exprimer en musique et poésie leur solidarité aux quelques 900 travailleurs dont les emplois sont menacés depuis dix ans par la fermeture programmée de leur usine, et qui depuis luttent sans relâche pour survivre, du moins ne pas se laisser mourir sans affirmer leur dignité, leur conscience, leur révolte, face à ces logiques économiques dépourvues de rationalité et encore plus d’égard pour les vies que leur fonctionnement broie. Si l’assiduité à la résistance de ces travailleurs et l’implication de la figure emblématique de Philippe Poutou ont permis de médiatiser cette cause, en ralliant le soutien de la population locale, mais aussi de nombreuses personnalités des milieux artistique, intellectuel ou politique, rien n’est gagné. Loin de là. Très loin de là. Le drame économique et humain, parmi tant d’autres, à l’instar de tant d’autres qui se jouent partout, interroge sur la viabilité à terme pour les citoyens du monde entier de l’ultralibéralisme économique, et de sa logique d’instrumentalisation et de marchandisation de nos vies: ne seraient-elles rien d’autre que des opportunités dont quelques dirigeants économiques peuvent ou pas tirer profit ? Le risque de voir l’espoir s’amenuiser, le courage s’épuiser, les convictions d’éroder guète à la porte de nos cœurs. Et pourtant à entendre ce soir là ces femmes et ces hommes debout dans le public reprendre en chœur  Je voudrais travailler encore, travailler encore  pour accompagner Bernard Lavilliers dans son interprétations des « Mains d’or », des frissons m’ont parcouru le corps, comme des larmes suintaient de mes yeux. Quelque chose de digne, de fort, de beau envahissait la salle de spectacle. Quelque chose comme la poésie du pot de terre sans doute… Les larmes d’émotion mutaient en larmes de rire sous les assauts de l’humour provocateur de Didier Super, dont la drôlerie et la générosité offraient quelques moments bénéfiquement hilarants de lâcher prise sur la gravité, avant qu’il ne cède la place aux artistes suivant qui tous mirent du cœur et de la sincérité, Buscavida incitant le public à se déchainer en pogo avec ses chansons acoustiques du grand large intercontinental, HK et les Saltimbanks conviant l’esprit de Jean Ferrat à se joindre à nous avec sa reprise de « En groupe, en ligue, en procession » et terminant son concert -comment aurait-il pu en être autrement ?- par son hymne « On lâche rien » durant lequel les salariés de Ford montèrent sur scène pour chanter à l’unisson avec le groupe. Apothéose vitaminée, avant que le groupe Herein ne clôture la soirée. La soirée fut festive certes. Mais elle fut surtout un de ces témoignages de chaleur humaine et de conscience solidaire qui stoppent et font reculer la gangrène d’une morosité ambiante gagnant parfois trop facilement du terrain, un de ces témoignages qui nous rappellent que la chanson n’est pas que jolis verbes emperlés sur de belles notes, à l’utilité purement émotionnelle, mais aussi un réservoir où puiser de la magie, de l’ardeur, de la combativité, autant que de l’amour et de la tolérance, pour continuer à pleurer et sourire, mais aussi à avancer dans l’univers, éclairer l’obscurité et  rallumer des étoiles . C’est pourquoi nous avons choisi, en préambule des entretiens que Kaddour d’HK et les Saltimbanks et Ludo de Buscavida nous accordaient dans l‘après-midi, de donner la parole à Jérôme, travailleur de Ford impliqué dans la lutte et l’organisation du concert, pour un point sur la situation.

 

 

 

– Jérôme bonjour et merci de nous accorder un peu de temps. Peux-tu nous expliquer un peu l’historique de votre lutte ?

– Fin 2008, Ford a annoncé que l’entreprise ne s’investirait plus sur notre site, tout en tenant plusieurs discours contradictoires, à savoir qu’ils prétendaient aussi ne pas s’en désengager. Nous avons même eu peur à l’époque d’être mis en chômage technique durant dix semaines pour ne plus retrouver notre outil de travail à notre retour. Personne n’étant dans l’usine durant ce temps, l’entreprise avait les mains libres pour faire disparaitre les machines. Nous avons optimisé notre temps pour faire entendre notre cause, et le 20 décembre 2008 nous avons organisé une manifestation à Bordeaux. Le jour même le quotidien régional Sud-Ouest annonçait qu’il y aurait un repreneur. En réalité HZ était un repreneur bidon qui a siphonné les fonds durant plusieurs années, jusqu’au retour de Ford. Il y a eu des périodes difficiles, jalonnées de mobilisations des salariés, qui ont fini par faire que les pouvoirs publics se sont mobilisés à leur tour : Christine Lagarde avait pris le dossier sous la main, et il y a eu des tractations entre Ford et l’état, dont on ne connait pas tous les tenants et les aboutissants, mais qui ont conduit Ford à revenir et reprendre le site en main. En fait Ford était impliqué dans HZ, à qui ils avaient sous-traité la fermeture de l’usine, qui aurait eu lieu si nous ne nous étions pas mobilisés. Cette boite bidon n’a apporté strictement aucune activité au site, qui a vécu à l’époque sur les productions à finir pour Ford.

– Où en êtes-vous concrètement aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, Ford tient exactement le même discours qu’à l’époque, sauf que nous n’avons plus de production : on arrive sur des fins de productions, et tout ce qui était produit ici va se faire ailleurs. Ford avait d’ailleurs prévu de s’approvisionner ailleurs, puisque l’entreprise a monté un stock de boites aux Etats Unis. Tout a été planifié pour fermer notre usine ; Ford a même produit un document indiquant toutes les erreurs à ne pas refaire, dont sous-traiter la fermeture à un repreneur peu sérieux, pour pouvoir fermer le site. Pourtant à l’époque tous les politiques s’étaient satisfaits de cette reprise par HZ ; la CGT était la seule voix à discordante. A l’heure actuelle, nous déplorons un silence radio de l’état, ainsi que de Ford, quant à l’avenir de l’usine, ce qui n’empêche pas le média régional Sud-Ouest de se permettre d’affirmer qu’il y aurait deux repreneurs potentiels. Nous avons réclamé un droit de réponse à ces affirmations, car même le cabinet du ministre de l’économie ne dispose d’aucune information allant dans ce sens, et nous dit que Ford Europe ne répond rien. Sud-Ouest détiendrait-il des informations que personne d’autre n’a ? En attendant, ce média livre des théories en pâture aux salariés, et à l’opinion publique, peut-être pour rassurer la population et l’inciter à croire que ça ne va pas si mal que ça : d’un côté nous essayons d’alerter la population sur le sort du site, et de l’autre côté ce média arrive à la désinformer et saper la mobilisation. Ce qui fait qu’autant les gens extérieurs à Ford sont conscientisés vis-à-vis de notre sort, autant des salariés mêmes du site ne se mobilisent pas, ne croyant pas vraiment à la fermeture programmée de leur usine. On constate un objectif évident de diviser les populations concernés par la désinformation, qui va de pair avec l’objectif de la direction de l’usine de diviser les salariés entre eux, en différentes catégories. Certains disent qu’ils se mobiliseront si jamais ça ferme vraiment. Mais c’est maintenant qu’il faut anticiper : lorsque le couperet sera tombé, il sera trop tard. Personne ne sera sauvé. Et puis ne serait-ce que par acquis de conscience, il faut penser aussi aux générations suivantes. Ici il y a toute sorte de métiers : des ingénieurs, des ouvriers, des administratifs, donc 900 emplois directs, sans parler de tous les emplois indirects que la fermeture de l’usine va toucher. Dès qu’on ferme un lieu de travail comme ça, ça a un impact économique sur tout le monde. Et que vont faire nos enfants à l’avenir ?

– Que répondez-vous à ceux qui insinuent que l’entreprise ne dispose pas de suffisamment de commande pour maintenir une activité locale et que votre un site serait non rentable ?

– Nous produisons en fait des produits qui arrivent en fin de vie, et normalement, deux ans avant que ces produits soient épuisés, il y a un plan qui décide des prochaines productions. Ford a cessé de transmettre au site des plans de futures productions. Il s’agissait de laisser mourir l’usine simplement, et probablement en espérant que certains salariés se dégouteraient et démissionneraient d’eux-mêmes. Quant aux politiques locaux, qui avaient tous un discours allant dans le même sens que l’intersyndicale au moment des mobilisations, ils changent leurs fusils d’épaule, en essayant de nous faire avaler qu’un nouveau repreneur est la meilleure solution pour le site, même s’il ne sauve que la moitié des emplois. La moitié des emplois, ce n’est pas viable pour un site tel que celui là. Un expert économique a démontré que la seule solution viable est que Ford amène des productions localement. Et l’entreprise a des parts de marchés, puisqu’elle comptabilise aujourd’hui 7 à 8 milliards de bénéfices, et a un carnet industriel hyper fourni, qui n’a même jamais été autant fourni. Donc il y aurait plein de possibilités pour sauver cette usine. C’est bien de volonté politique et économique qu’il est question.         

– Parlons du concert et de l’initiative de cette journée de débats. Concrètement que vous apportent ces élans de solidarités ?

– Ce concert a fait du bien : il y avait de la population, des retraités, des gens désireux de montrer leur soutien, sans parler des artistes sensibilisés à notre cause qui sont tous venus jouer gratuitement. Il faut le dire : nous avions un peu le moral dans les chaussettes, et ces témoignages de solidarité nous ont regonflés. Ça montre aussi que nous avons des soutiens de tous niveaux : local et national, populaire et intellectuel ou artistique. Des sociologues sont venus, dont Serge Halimi, Monique et Michel Pinçon-Charlot, des dessinateurs, des syndicalistes et des politiques. D’autres comme Guillaume Meurice n’ont pas pu venir, mais ont envoyé des vidéos de soutien. Je ne me souviens pas avoir vu un tel panel de solidarités sur d’autres luttes. Tout cela permet de médiatiser la lutte aussi.

– HK bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Comment s’est décidée votre participation à ce concert et qu’est-ce qui dans cette lutte précise te touche le plus, de la dimension politique ou de la dimension purement humaine de cet élan de solidarité populaire?

– Par un SMS de Philippe Poutou qui m’a demandé si on pourrait venir pour une manifestation de soutien à la lutte. Le temps de voir si les copains étaient disponibles, j’ai répondu qu’on serait là. J’étais un peu au courant de la lutte, parce qu’on se connait tous dans ce milieu. Tout le monde connait le personnage emblématique de Philippe ; donc ça fait pas mal de temps qu’on entend parler de cette lutte. Les salariés sont en prise et ne veulent pas se laisser faire, comme pas mal de gens. J’étais venu à une manifestation il y a quelques mois avec les copains de Solidaire ; et c’est quasiment ce jour là qu’on a acté la chose, entre deux slogans. Personnellement je suis le fil naturel d’un parcours entre musique et engagement, qui fait fréquenter tels endroits et côtoyer telles personnes qui mènent telle lutte. Du coup j’existe un peu dans ce paysage comme étant un des artistes engagés, comme faisant partie de la famille d’une certaine manière. Ce n’est même pas une histoire de se dire que ça tient à cœur ou pas : c’est très naturel d’être contacté par un copain ou une association. Je suis un altermondialiste dans l’âme, et, certes c’est une idée qui est beaucoup reprise aujourd’hui, mais ça fait un moment que nous sommes plusieurs à porter cette idée de convergence des luttes, qui me parle. Et ce qui me parle le plus aujourd’hui c’est cet engagement qui fleurit de partout, avec des gens qui à moment donné se disent « il faut que je fasse quelque chose, moi », de gens qui à un moment ou un autre veulent agir et se lier à une histoire qui se passe à côté de chez eux. C’est l‘idée que créer, c’est résister, et résister, c’est créer. Je crois beaucoup à ça, et je constate qu’il se passe des choses.

– Es-tu venu au militantisme par la Chanson, peut-être par l’influence d’artistes comme Jean Ferrat, dont vous reprenez « En groupe, en ligue, en procession », ou est-ce plutôt par conscience politique personnelle que tu as souhaité engager ta musique pour transmettre des messages ?

– J’ai été nourri à Bob Marley. Donc il y avait quand même la fibre militante dans les chansons que j’écoutais. II avait même presque un côté intransigeant : c’était un vrai révolutionnaire dans l’âme. C’est sûr que j’ai été beaucoup nourri de sa musique. Mais il chantait « War », et il chantait « One Love » : il y avait ces deux côtés là, derrière cette forme de combat, un amour de la poésie, un amour de la musique, et un amour tout court.

– A chacun de vos concerts, comme aux concerts d’autres artistes aux textes engagés, le public est au rendez-vous, et on constate, si on peut dire, qu’il y a un public pour cette Chanson invitant à la réflexion et l’engagement social, qui paradoxalement n’est pas ou très peu programmée dans les médias radiophoniques et télévisuels, à croire qu’on ne juge pas le public apte à écouter autre chose que de l’anecdotique et du léger. Selon toi, les médias conventionnels se coupent-ils des citoyens ?

– C’est un monde parallèle. C’est le constat que je fais au final. Les gens que tu entends à la radio suivent le chemin le plus normal qu’on te propose quand tu commences la musique. Et c’est d’ailleurs le chemin qu’on m’a proposé au début. Et à un moment donné, j’ai fait des choix, mais de manière très inconsciente. Je n’ai pas choisi de ne pas aller à la radio. Au début j’y allais, parce qu’on m’invitait. Mais j’y suis allé tel que je suis, et je n’ai même pas pensé qu’il fallait que je dise des choses qu’on avait envie d’entendre. J’y allais même peut-être avec d’une certaine manière beaucoup de naïveté, en pensant que ce que je disais pouvait être entendu et entendable. Ça n’a pas semblé leur parler. Ce qui est produit ne me parle pas du tout musicalement et poétiquement ; et sans doute ce que je produis ne leur parle pas non plus. Ce sont deux mondes. Pendant un moment j’ai essayé de naviguer entre les deux, mais au bout d’un moment, tu es tellement bien là où les gens t’aiment, où tu les aimes, où on se reconnait. Effectivement les gens qu’on va entendre à la radio sont compatibles avec la philosophie du temps de cerveau disponible, car ils vont finalement dire des choses pas trop dérangeantes, et ne pas véhiculer des idées qu’on n’a pas envie de faire entendre ou qui risquent de faire réfléchir les gens, des empêcheurs de faire tourner ce monde de profit et de tunes en rond en fait. Les programmateurs sont dans leur monde. Et peut-être que dans leur monde, ils ont raison. Mais leur monde aujourd’hui ne m’intéresse plus. Ces gens de radio dont on parle ne m’intéressent plus aujourd’hui. Je peux parler comme ça, parce que, comme tu dis, les gens viennent à nos concerts, on a notre petite carrière, notre public -même si je n’aime pas ce mot là, parce que les gens ne m’appartiennent pas : c’est plutôt une sorte de communauté de valeurs, de communauté artistique qui s’est fondée- . Je fais des choses et je n’ai pas besoin de ces gens pour vivre de ma musique. Pas au sens financier du terme, mais au sens où vivre de sa musique, c’est trouver des gens qui sont prêts à t’inviter à chanter, à venir t’écouter, à qui ça parle. Je n’ai pas d’aigreur ; je suis heureux là où je suis. Aujourd’hui, après coup, je me dis que je suis à ma place, et cette place n’a pas de prix, car elle est faite de liberté, d’engagement, d’épanouissement, où je me sens utile en faisant ma petite part et en suivant ma passion. C’est extraordinaire ! J’estime faire partie des privilégiés de cette terre, même si ce n’est pas un privilège financier, parce qu’on ne roule pas sur l’or. Mais c’est un privilège de liberté, bien sûr parce qu’on l’a voulu, qu’on a su se la créer, mais aussi parce que c’est une chance, et j’en suis conscient. Alors c’est sûr que quand on commence la musique, on pense qu’on a besoin de ces soutiens médiatiques, parce que ça va beaucoup plus vite et ça permet de toucher beaucoup plus de monde ; c’est ce qu’on appelle les médias de masse. Mais on n’a pas besoin d’eux en réalité. Et quand on chante ce que je chante, d’une certaine manière, c’est presque de bonne guerre : si j’étais patron d’un grand média, je n’aurais probablement pas envie qu’un mec qui chante des choses en totale contradiction avec ce que je suis vienne chanter sur les ondes. Ils sont dans leur cohérence. Pourtant au début on était considérés comme compatibles par certains médias, et nous-mêmes étions dans cette démarche de recherche de médias sur lesquels on pourrait s’exprimer : on a d’ailleurs fait pas mal d’émissions sur France Inter. Mais toutes les émissions alternatives ont disparu, et les unes après les autres. Ce n’est pas un hasard. Il y a eu un mouvement général qui consistait à cadenasser les médias. Les médias de masse sont tous tenus par les grands industriels, qui évoluent évidemment tous dans les cercles du pouvoir politique ; la télévision publique est aux ordres peut-être même directs du pouvoir en place. Donc il n’y a plus de contre-pouvoir au sein des grands médias.

– Parallèlement cela laisse le champ libre au développement de médias alternatifs ou locaux, qui accroissent leur audience. Est-on en train de vivre une conscientisation à la fois du public et d’une partie des acteurs du milieu médiatique peut-être moins soumise au fonctionnement de son système?

– D’une certaine manière, ils nous poussent à accélérer nos processus alternatifs. Et tant mieux. On peut prendre l’exemple très précis de « La bas si j’y suis » qui était sur France Inter, et qui a développé sa propre expression via internet. Et pour nous c’est pareil : si les labels ne veulent pas te produire, tu montes ta structure, ton propre label, et ça marche. On est en train chacun et chacune de leur enlever le peu de pouvoir qu’ils pensaient avoir sur nous, par la force des choses, juste parce qu’on veut et on va continuer à faire. A un moment donné ils vont bien se rendre compte qu’ils perdent du terrain : le nombre de vente des grands médias de presse écrite chute ; ils sont tous en crise. Pourquoi ? Parce qu’à un moment ils ont pensé qu’ils étaient l’alfa et l’oméga, et qu’ils faisaient la pluie et le beau temps. Je me souviens d’une époque où 30 à 40% de gens regardaient TF1, et ce n’est déjà plus le cas. Déjà de plus en plus de gens se libèrent de la télé, et parmi ceux qui la regardent encore, c’est très diffus. Et dans la musique c’est pareil : les multinationales ont pensé qu’il suffisait de produire des artistes qui ne savent pas chanter, mais présentent bien, en leur faisant interpréter des chansons nulles, et que ça allait marcher. Et ça marche souvent. Mais de plus en plus les gens comprennent qu’on se fout vraiment d’eux et que ça va trop loin.

– Ludo bonjour et merci de nous accorder du temps. Buscavida privilégie, nous en avions parlé lors de notre premier entretien [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/06/21/buscavida-un-petit-bout-du-monde-si-loin-et-en-meme-temps-si-proche-entretien-avec-le-chanteur-ludo/] , l’engagement auprès de luttes locales et la proximité. Comment avez-vous décidé de soutenir les salariés de Ford ?

– On n’était pas loin, et on est proches de Philippe Poutou depuis pas mal d’années, donc on était au courant de la lutte de Ford. Le groupe s’inscrit d’une manière plus générale dans un esprit de convergence des luttes, et celle là en fait partie, même si, d’une certaine manière, ce n’est pas qu’il soit trop tard, mais c’est loin d’être gagné. Soutenir cette cause rejoint un rejet du capitalisme triomphant qui nous anime tous. On essaye également d’être à la base d’un mouvement avec les cheminots pour organiser des évènements, c’est-à-dire qu’on voudrait qu’il y ait beaucoup de petits évènements plutôt qu’un seul gros, et régulièrement pendant les mois à venir. On voudrait organiser des concerts de petite taille, avec à chaque fois deux groupes maximum. Le principe est de maintenir une régularité, en se coordonnant avec les autres artistes désireux d’organiser des concerts de soutien. Ford fait partie d’un tout, et quand on nous a proposé le concert, on était partants. On ne savait pas ce qu’allait être le reste de l’affiche d’ailleurs.

 

– Au quotidien, comment prenez-vous part au militantisme avec votre musique ?

– Notre action consiste à distribuer des journaux de presse alternative pendant nos concerts, et à jouer dans des lieux de rencontre, où on croise et échange avec des gens en lutte. A la base, on préfère avoir des actions assez concrètes, auprès de luttes locales. On joue assez régulièrement pour un centre d’aide aux demandeurs d’asile, le CADA. Nous y jouons le 6 juin prochain. Il faut savoir que ces réfugiés peuvent restés pendant plus d’un an et demi dans une espèce de cité où il ne se passe absolument rien, et où la cohabitation entre les membres de diverses communautés d’origine n’est pas toujours simple. Très peu d’artistes vont y jouer. Et Buscavida, avec sa musique acoustique pas très virulente crée un lien entre les gens, y compris en amenant son public sur place. Nous sommes investit dans le développement rural de la culture alternative, qui en grande ville est étouffée. On ne fera pas trébucher le capitalisme d’un jour à l’autre, mais tous ces projets alternatifs qui naissent et se développent en créant un lien entre les gens nous intéressent. Pour nous, ce n’est pas très compliqué : on joue, on rencontre des gens, on échange, on leur donne nos informations, on prend les leurs et on les distribue au concert suivant. Il s’agit de mettre les gens en contact le plus possible ; on essaye d’être un mini-média à notre façon.

– Parlons de l’actualité musicale du groupe : la sortie d’un EP est-elle prévue ?

– Comme toujours. On en sort un par an, un 4 titres. C’est un conseil que m’a donné un vieux de la vieille, et c’est mieux, vu qu’il est hors de question qu’on ait une maison de disque ou un label, à moins d’être très vigilants sur notre choix. Il faut qu’on puisse dire et faire absolument tout ce qu’on veut, et ce n’est pas simple, en terme d’être distribué correctement et rétribué en fonction de marges honnêtes. En s’enregistrant nous-mêmes et se distribuant nous-mêmes, en choisissant des lieux où jouer que nous connaissons bien et à pas plus de 150km de distance par jour, on parvient à gérer ça. Partir jouer à de longues distances, je l’ai fait longtemps, et ça me fatigue maintenant. Faire plus d’heures de route que de concert, ça n’est vraiment pas épanouissant. Ce qui m’intéresse c’est de jouer et de rencontrer des gens ; et à 50km, tu peux rencontrer toujours un nouveau public et prendre le temps d’échanger : tout le temps qu’on ne passe pas sur la route, on peut le passer à discuter avec les associations et les personnes, à tisser des liens. On est parmi les derniers dinosaures du rock alternatif des années 80. Pour ce qui concerne le prochain disque, j’ai commencé à l’écrire à Buenos Aires, et je le finirais à Cuba cet été. En fait j’ai commencé à écrire sur un cahier… la première moitié du cahier faisait un peu Bernard Lavilliers, et l’autre moitié beaucoup Bernard Menez !  Donc les trois quart du bouquin sont vraiment de la comédie pure, et j’ai du mal à mettre ça en chanson, parce que je suis ridicule. C’est un témoignage autobiographique de ce continent où tout va à toute vitesse, où tout est mélangé, où tu peux discuter un jour avec des marxistes qui ont connu la dictature, et juste à côté avec des ultra-capitalistes, où la notion de Dieu est archi-présente, mais chez des gens très ouverts qui se revendiquent du Christ autant que chez des pires salauds. On a des amis partout, et prochainement on va passer quelques temps à Cuba. Ce n’est pas tellement simple de se renouveler ; et le voyage apporte énormément, ne serait-ce que par la rencontre de gens différents. Donc l’album va sortir et être distribué par nous-mêmes, à l’ancienne, car c’est finalement le seul système au sein duquel on peut continuer à survivre en étant un petit groupe.

 

Miren Funke

photos : Wildo Del Pango (mentionnées Graphistoleurs), Miren (4 ; 5 ; 6 ; 9 ; 10 ; 11 ; 12 ; 13 ; 14)

Remerciements à Jérôme et ses amis et collègues pour leur accueil, et à Wildo pour les photos

Liens utiles : https://www.facebook.com/Soutien-aux-FORD-Blanquefort-2181089425460795/

https://www.cgt-ford.com/

HK et les Saltimbanks : http://www.saltimbanks.fr/

https://www.facebook.com/hksaltimbanks/

Buscavida : https://www.facebook.com/Buscavida-572263182785786/

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Bécaud en quelques chansons d’anthologie…

23 Mai

Photo DR

Il est toujours étonnant de voir un artiste réduit à une ou deux chansons, qui ne sont pas forcément les plus représentatives de son oeuvre et de  ses talents. Evidemment, si une de ses chansons est tubisée par une adaptation US, l’étiquette est vite collée et indélébile. Et maintenant, voici quelques pages musicales dont la richesse et la diversité pourraient éclairer quelques points de vue sommaires.

Autant par l’éclectisme de ses auteurs, Amade, Delanoé, Vidalin pour la trilogie des 10 premières années, Gilbert Bécaud a voltigé dans tous les genres avec un bonheur rare… Sensuel, burlesque, picaresque, et engagé.. Pas forcément là où le prêt à penser le relègue.. Et même en radio, sans l’image, Bécaud a enflammé les transistors…

Dans un ordre relatif, à vous de voir et d’entendre .

Mustapha Dupont

 

L’Indien ‘Olympia’ 73

 

La vente aux enchères

 

Charlie t’iras pas au paradis (1972)

 

Et avant, au début, vers 1952, il y eût « Mes mains » qui dessinent dans le soir la forme d’un espoir qui resemble à ton corps...

 

Le petit oiseau

 

La grosse noce

 

L’indifférence

Et pour finir,

L’Opéra d’Aran, flingué par une bonne partie de l’intelligentsia parisienne, mais accueilli avec enthousiasme à New York, Vienne, avec les bravos de la presse new-yorkaise, belge ou italienne.  Et l’opéra d’Aran tourne pendant plus de 30 ans sur toutes les scènes lyriques du monde.

Exrrtait :  » La Falaise » tratta dall’Opéra d’Aran di G.Bècaud. Alvinio Misciano, Rosanna Carteri e Coro. 25 octobre 1962, teatro dei Champs-Élysées, Direttore Georges Prêtre

Norbert Gabriel

Et merci à Robin Rigaut en passant ..

Rencontres Marc Robine 2018

22 Mai

                                           

Il y a parfois de belles surprises dans la vie, quand Michèle Bernard vient chanter à l’Arlequin, à côté de chez moi, quand Lili Cros et Thierry Chazelle viennent chanter à Volvic, quand il se passe quelque chose d’important pour moi et près de chez moi.

C’est pourquoi je fus heureuse de découvrir les lieux des Rencontres Marc Robine 2018, Mozac, Volvic, Riom, Châtel-Guyon… Voici les détails de ces Rencontres, le programme tel que je l’ai reçu par courriel, avec un titre sur mesure : « Osez l’aventure des quatorzièmes Rencontres Marc-Robine ! »

Venez écouter la Chanson des Passeurs, ses musiciens et interprètes ; partager la création et les réflexions de ses poètes, écrivains, philosophes et historiens…  Rendez-vous sur le territoire de « Riom Limagne et Volcans », à Châtel-Guyon, Mozac, Riom et Volvic, villes d’eaux, de pierres et de feu, villes d’art et d’histoire, aussi.

              Du 11 au 15 juillet, nous aurons grande joie à vous accueillir !

 

Mercredi 11 juillet  – RIOM, Musée Mandet

Habiter poétiquement le mondeCette célèbre phrase du poète et philosophe Hölderlin reflète l’engagement poétique d’André Velter et Ernest Pignon-Ernest : une poésie qui ne se limite pas à un ornement mais qui est véritablement vécue.

16 h– Visite inaugurale de l’exposition Ernest Pignon-Ernest – André Velter.  Cette exposition retrace le compagnonnage poétique de ces deux artistes à travers la présentation inédite de leurs dix-huit ouvrages, lithographies et dessins.

17 h 30  – Spectacle poétique André Velter – Olivier Deck.   Gratuit

–>  A noter, le mardi 10 juillet, à 17 h 45: la projection, en première « mondiale », du film « Extases », d’Ernest Pignon-Ernest et André Velter, suivie d’un débat avec André Velter.   Gratuit

 

CHATEL-GUYON Mercredi 11 Juillet   21 h, théâtre de Châtel-Guyon   – Concert Diane Tell

Seule sur scène avec sa guitare, Diane Tell impose ses chansons, mais aussi un sourire et une sympathie qui font mouche. Bien sûr, elle interprète l’illustre « Si j’étais un homme » et « La légende de Jimmy » qui défient le temps… Mais aussi le sublime « Boule de moi », écrit par un certain Laurent Ruquier, une chanson abordant le désir d’enfanter, « Faire à nouveau connaissance » de Françoise Hardy, « Voir un ami pleurer », de Brel, « Présence », de Leclerc, « Qui », d’Aznavour, des standards de jazz adaptés par Vian… Autant de bijoux que Diane Tell sait sublimer, leur apportant une touche personnelle, une charge émotionnelle et une sensibilité qui conquièrent un public émerveillé par sa douceur, sa tendresse et sa poésie.   Tarif: 28 / 24 euros

 

Jeudi 12 juillet  – MOZAC / Château de Portabéraud

Une journée dans la magnifique « Folie » Mercier. Au XVIII ème siècle, Gabriel Mercier, gentilhomme éclairé, réunit les fortifications de l’abbaye royale et clunisienne de Mozac pour donner naissance à la « Folie Mercier » dans l’esprit du Siècle des Lumières. La douceur des lieux invite à la flânerie et à la rêverie… au badinage et à la philosophie, ainsi qu’aux jeux de l’insouciance.

La journée « Folie » à Portabéraud.   A partir de 10 h 30  – La chorale du public, animée par Agnès Mollon  : Chanter avec Guilam.

– A la découverte de la Folie Mercier, avec Pascal Piera, auteur de « La Folie d’un sage, Gabriel Mercier et le domaine de Portabéraud ».

– Rencontre avec Christian Robert, auteur de « Histoires d’Auvergnats » et Patrice Delbourg, écrivain, spécialiste de Blaise Cendrars, passion littéraire de Marc Robine.

  • 12 h  Déjeuner dans le parc  – Lectures, chansons, promenades dans les allées, sieste dans les bosquets.
  • 15 h   Rencontre-débat : « Des Lumières à l’intelligence artificielle, que sont nos valeurs devenues ? » Animé par Alexis Lacroix, co-directeur de la rédaction de L’Express avec Christian Godin, Bernard Dumoulin, philosophes, Jean-Yves Lenoir, écrivain et comédien…
  • 18 h  – Spectacle «  Il était une fois la chanson » 

Le nom d’un poète-chanteur d’exception s’impose : Jacques Bertin. Il y a quinze ans, quelques jours avant de nous quitter, Marc Robine confiait son désir d’aller l’écouter, encore, une dernière fois. En sa mémoire, avec ses amis, nous ferons fête à l’immense Jacques Bertin – et lui décernerons le prix Marc-Robine pour l’ensemble de son œuvre.
Avec:  – Jacques Bertin, Laurent Berger, (prix Marc-Robine 2015) ;

– 2 Folks,et la participation d’Emile Sanchis, Fabrice Péronnaud, Evelyne Girardon…

Jacques Bertin : Sublime Jacques Bertin ! Pas le moindre effet inutile. L’usage des mots, une voix puissante au lyrisme assumé, le rythme, la résonance – tout chez lui est au service des textes – superbes – qui rayonnent dans une très haute poésie, d’une humanité palpable autant que lumineuse.

Parmi les chants des hommes, celui de Jacques Bertin est – définitivement – l’un des plus beaux.

2 Folks: Deux voix se lovent dans un chant d’une franche douceur; elles se respectent, s’équilibrent, tissent une atmosphère qui nous enveloppe et nous ouvre en même temps de grands espaces. Un joyau de pureté, de fraîcheur ! Les mots si bien ciselés et poétiques, les mélodies touchantes et gracieuses portées par des accords tout en finesse et justesse…. Un moment extraordinaire de partage. Un enchantement…

Laurent Berger : Chaque saison, l’œuvre de Laurent Berger accomplit un nouveau pas vers la perfection… Là où le silence sait mais ne rompt pas le secret des choses réelles, le fil de la merveille !  et le poète, dans la main de cette force et beauté, donne sa voix : se lèvent ses mots avec justesse, s’élance son chant au plus haut…   Marc Robine, rempli d’un fol espoir à l’écoute du jeune Laurent ne s’était pas trompé. A.V.

  • 20 h  Apéritif et plateau-repas
  • 21 h – Spectacle « La feuille à l’envers »(Sex Trad).  Le plaisir, la magie et la jubilation d’un répertoire de chansons érotico-coquines, issues des traditions orales et populaires. En place pour quelques chansons chaudes ! Avec Evelyne Girardon, Sandrine Fillon, Patrick Raffin, Jean Blanchard.  Entrée visite comprise, tarif journée : 18 /16 euros – Repas, midi et soir : 12 euros l’un  (sur réservation)

 

Vendredi 13 juillet – VOLVIC  ·à partir de 10 h 30  Maison de l’Artisanat (place de la Grande-Fontaine)

  • La chorale du public, animée par Agnès Mollon : Chanter avec Evelyne Girardon.  12 h – Repas. Lieu terrasse du musée Marcel-Sahut
  • 14 h Sur la terrasse du musée Marcel-Sahut (2 rue des Ecoles) – Rencontre-débat autour du livre d’Alain Borer,« De quel amour blessée. Réflexions sur la langue française ». Prix François-Mauriac 2015. Animé par Alexis Lacroix, co-directeur de la rédaction de L’Express. Avec : Alain Borer, poète,  critique d’art, romancier, écrivain-voyageur, André Velter, poète, Jacques Bertin, auteur-compositeur-interprète, Jean-Yves Lenoir, écrivain, comédien, Bernard Dumoulin, philosophe, Jacques Viallebesset, poète…

Qu’est-ce qui constitue le projet d’une langue, en quoi la langue française est-elle à nulle autre pareille ? Comment croire et comprendre qu’elle disparaît sous nos yeux à une telle vitesse, et avec elle une civilisation ? Alain Borer s’attache à identifier un héritage collectif inestimable, à donner la mesure d’un trésor. Une célébration, un chant d’amour à notre langue qui se pose aussi en œuvre de salut public.

  • 16 h 45  Centre culturel « La Source » (rue de la Libération) – Spectacle : « Ces chansons françaises qui ont fait le tour du monde », Claire Elzière, chant, Dominique Cravic,  guitare, et Christophe Lampidecchia, accordéon.Suivi, à 18 h 15, d’une prise de parole de Jean-François Kahn.
  • jean-claude-drouot-25020 h 30   Centre culturel « La Source »  :  Lecture théâtralisée.Jean-Claude Drouot : « Jean Jaurès : une voix, une parole, une conscience ».  Hier Jean-Claude Drouot, interprète de « Thierry la fronde », est devenu le héros de toute une génération. Aujourd’hui il est la voix de Jaurès. Un Jaurès tourné entièrement vers la République, l’humanité, la paix. Une fierté pour lui. Silence… Sur scène, Jean-Claude Drouot s’efface devant Jaurès. Mais il s’efface pour mieux l’incarner ; on ne s’y trompe pas : il est devant nous, il est Jaurès.

Et comme le dit Jean-Claude Drouot, écouter « Jaurès, une voix, une parole, une conscience » ne peut que nous faire du bien. Parole d’espérance !  Tarifs : 20 / 18 euros les 2 spectacles ; 10 / 8 euros (Claire Elzière) ; 18 / 16 euros (Jean-Claude Drouot)

 

Samedi 14 juillet  VOLVIC   à partir de 10 h 30   Maison de l’Artisanat (place de la Grande-Fontaine)

– La chorale du public, animée par Agnès Mollon : Chanter avec Frédéric Bobin.

  • à partir de 12 h, repas tiré du sac et restauration associative sur place.  Sur la terrasse du musée Marcel-Sahut (2 rue des Ecoles)– « Pique-nique républicain « : les artistes se font une scène… et tout le monde chante ! Avec la participation des chanteurs et musiciens du festival, des artistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes et des conteurs du Collectif Oralité Auvergne…

  • MOZAC / L’Arlequin  18 h   Spectacle-Cabaret avec Lizzie, Lise Martin et Patrice Mercier.

Lizzie: Les premières amours de Lizzie furent le piano, Chopin, Barbara… A l’adolescence, elle découvre la guitare et James Taylor… La guitare folk prend alors la place d’une complice de chanson. Au fur et à mesure des ans, le fado devient « maître à chanter » dans sa vie d’artiste. Son spectacle est le fruit de cet univers musical : une chanson française aux couleurs chaudes de la folk et de la « saudade ». Lizzie navigue au fil de ses sentiments entre désir, rêve et poésie. À chaque chanson elle chavire – et nous chavirons avec elle… Un plaisir infini… 

Lise Martin. Lise Martin fait partie de ces artistes qui vous interpellent dès la première écoute. Sa voix profonde et ses compositions aux accents folks nous emmènent, pour une balade hors du temps, quelque part entre Yann Tiersen, Joan Baez et Barbara. Auteur-compositrice-interprète, Lise Martin captive par sa présence, la puissance de sa voix et la force de ses mots. Cerise sur le gâteau : quelques duos avec Lizzie.

Les goguettes de Patrice Mercier. Au piano, Valérie Rogozinski. Sur des airs connus – qu’on les appelle “timbres”, “parodies”, ou encore “goguettes” – Patrice Mercier chante notre temps avec audace, humour, et toujours beaucoup de finesse et de pertinence. “L’esprit aussi mordant que dans ses sketches en compagnie des autres membres d’Action Discrète, Patrice Mercier décortique, à sa manière, l’actualité. Ses chansons portent sur notre société sans tomber dans le jugement moral”. TELERAMA
Une indéniable réussite. Le public, bluffé, séduit, n’a pas manqué d’acclamer le bonhomme. Un bonhomme qui au-delà des qualités d’auteur possède, de surcroît, un vrai talent d’interprète, de comédien qui apporte le complément essentiel à cet exercice.” HEXAGONE

Restauration sur place.

  • 21 h – Bal 100 % chanson française : »Tour de Bal« ,  avec Claude Lieggi, chant, Nicolas Frache, guitare et chant,Pauline Koutnouyan, accordéon et chant,  Michel Sanlaville contrebasse.   … Savez-vous faire une bourrée sur Cabrel ? Sur « La dame de Haute-Savoie » ! Et du disco sur un « Je suis malade » de Lama, mâtiné d’ »Alexandrie Alexandra » de notre regretté Cloclo ? « Que je t’aime » en twist ou « Requiem pour un fou » en paso-doble ? Comment ? Hallyday à un festival chanson !…» (Michel Kemper,“Nos enchanteurs”) Le rêve… Un répertoire de 80 chansons : c’est parti pour un rock, une java ou une valse, un twist ou un cha cha cha… Ça s’enchaîne et c’est irrésistible ! On est littéralement embarqués par les matelots, surpris de se retrouver soudain à danser un tango sur un Gainsbourg ou chanter un madison sur du Boby Lapointe, à tel point qu’on finit par ne plus savoir si c’est d’la chanson à danser ou d’la danse à chanter. Tarifs : 20 / 18 euros les 2 spectacles. Cabaret : 14 / 12 euros. Bal : 14 / 12 euros, gratuit pour les enfants jusqu’à 12 ans.
  • Dimanche 15 juillet – CHATEL-GUYON Au parc thermal, spectacles et activités gratuites toute la journée
  • 10 h 30  La chorale du public, animée par Agnès Mollon : répétition de « Quitte-moi pendant la Coupe du Monde… »– Atelier : venez apprendre les danses du Brésil avec Luiz Paixao.
  • 12 h: Apéro-chorale et déjeuner musical en terrasse
  • 14 h, kiosque du parc thermal – Spectacle pour les enfants (en famille) : « Tout ce qui me passe par la tête« . Gil Chovet, chant, percussions ,Jean-Christophe Treille, basse, percus. « Tout ce qui me passe par la tête je l’attrape ! et hop : dans ma boîte à chansons ! Dans ma tête, on trouve de tout : des bijoux, des cailloux, des histoires à dormir debout, comme cette salade de contes de fée ou la boutique du marchand de vent. On y trouve un inquiétant patère, Patate, le petit chien mal élevé, Lili et Lolo qui tombent amoureux dans un bouchon, des bêtises à ne surtout pas faire, un boutateu qui fume… Je m’inspire aussi de la vie qui m’entoure, de mes filles qui grandissent et n’en font qu’à leur tête, de ma maman un tout petit peu très vieille… Sur scène, je joue de la guitare et je chante. Mon compère, Jean-Christophe, lui, joue de la basse acoustique, du cajon et du carillon. J’invente aussi des instruments rigolos, avec des bouteilles, des boîtes à thé ou des pots de confiture… Et puis, un rien nous amuse : donnez-nous un bidon et c’est parti ! »
  • 15 h, podium du parc thermal – Finale de la Coupe du Monde de la chanson : « Auvergne-Rhône-Alpes contre… le reste du monde !  » Deux équipes d’artistes, chanteurs et musiciens. Match arbitré par Patrice Mercier. Avec Frédéric Bobin, Alexandre Castillon, Emile Sanchis, Luiz Paixao, Coline Malice, Charles Graham.

Luiz Paixao: Musicien légendaire du Nordeste brésilien, au sommet de son art,Luiz Paixãosera à Châtel-Guyon en juillet. C’est un des maîtres reconnus du forró et de la rabeca. Il sera accompagné de Guga Santos, Jonathan Da Silva et Stéfane Moulin pour un live très dansant qui navigue entre les rythmes du Forró et d’autres musiques à danser (Cavalo Marinho, Ciranda, Samba de Coco…).  17 h, parc thermal

  • 17 h, parc thermal :  Lectures sous les arbres. Avec Jean-Yves Lenoir, « Pardi » ; Jacques Viallebesset,  » Dans le vert des montagnes. En cheminant avec Gaspard  » ; Marcel Col ; Fabrice Péronnaud ; Annick Lherme.
  • à partir de 19 h 30,  3 ème  mi-temps de la finale « Auvergne-Rhône-Alpes contre… le reste du monde ! » avec Luiz Paixao, les chanteurs et les musiciens des « Rencontres ». »

Programme complet sur  http://www.onconnaitlachanson.fr

– Infos et réservations :  contact@onconnaitlachanson.fr   Tel :0626664461

Tarifs plusieurs jours:   Pass 4 jours : 70 euros / Pass 3 jours : 50 euros / Pass 2 jours : 35 euros

En pièce jointe le bulletin de réservation:

On connait la chanson
9, chemin de la Caffarotte« Les Grosliers«    63140 Châtel-Guyon
Tel: 06.26.66.44.61

contact@onconnaitlachanson.fr
http://www.onconnaitlachanson.org 

 

  • Programme auquel viennent s’ajouter deux dates, dont personne ne sait si elles sont comprises dans les Rencontres ou non :
  • https://quichantecesoir.com/l/807-salle-de-la-muscade-blanzat
  • https://quichantecesoir.com/l/807-salle-de-la-muscade-blanzat
  • Nous avons posé la question, mais aucune réponse.
  • D’autre part, l’affiche des Rencontres a fait débat sur facebook, où l’on peut voir les critiques, beaucoup de fidèles des rencontres qui n’apprécient pas ces lieux éparpillés, qui regrettent leurs habitudes ancrées à La Muscade de Blanzat, et autour,  et les questions posées, qui ne trouvent pas de réponses. Une affiche incomplète, où il n’y a pas le nom de tous les artistes invités.
  • Je ne prendrai pas position pour ou contre ces changements, mais tout le monde peut en débattre ici librement, et si j’ai d’autres réponses, je ne manquerai pas de le faire savoir.

Danièle Sala

 

Photo fake news et Mai 68..

21 Mai

C’est de saison, en Mai fais ce qu’il te plait, et il me plait de faire un petit détour lié aux photos et leur interprétation.

Paris Match a immortalisé en photo une rencontre qui est devenue un symbole de Mai 68, l’insolence de la jeunesse face au pouvoir de la vieille génération,  avec en filigrane CRS/SS…  Mais c’est une autre photo qui est au centre du débat, celle de Georges Melet.

Photo de Georges Melet

Quand on décrypte l’image et son contexte, il s’avère que le personnage de gauche n’est pas un CRS, c’est un jeune policier  de 24 ans , il a un an de plus que Daniel Cohn-Bendit, et  autant cette photo que les autres qui ont fixé ce moment  – il y avait plusieurs photographes- il n’y a aucune tension, plutôt une certaine convivialité le policier semble plutôt avoir un vague sourire.

Mais selon le traitement, couleur ou NB?  et l’angle de prise de vue,  on peut aussi infléchir la perception de l’image: dans cette autre photo, le policier semble bien plus grand, et l’angle ne montre plus son expression.  A partir de ça, chacun y voit ce qu’il préjuge. Il faudrait savoir aussi si les cadrages sont ceux choisis par le photographe, ou s’ils ont été revus par les maquettistes pour des raisons diverses. La même photo dans Libé ou Le Figaro peut donner lieu à des approches très différentes. Surtout si un commentaire a été ajouté pour illustrer l’angle de l’article. Au détriment parfois de ce que voulait l’auteur de la photo.

La célèbre photo de Cohn-Bendit faisant face à un CRS est devenue “LA” photo de Mai 68 attribuée à Gilles Caron dans la mythologie professionnelle.  Mais c’est faux…

Tous les détails ici, c’est très précis:  http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/01/21/33239047.html

Ce n’est qu’un  début, continuons le débat ! 

Norbert Gabriel

Maurane en 6 chansons…

8 Mai

Pas besoin de discours, écouter Maurane dans son parcours musical suffit pour constater son talent.

Danser (Verhees/Maessen-Maurane)

Sur un prélude de Bach … (Jean-Claude Vannier/Bach)

Inch’Allah …  seconde version  (Adamo)

L’hymne à l’amour avec Johnny et Céline Dion  (Edith Piaf/Marguerite Monnot)

Maurane et Graeme Allwright  (Leonard Cohen, traduction G Allwright)

Bidonville  (Nougaro/Baden-Powell)

Il faut tourner la page, sourire, et puis se taire …

(Claude Nougaro / Philippe P. Saisse/Sébastian Santa Maria)

 

Norbert Gabriel

Et la musique dans tout ça ?

7 Mai

Conférence, l’art de la reprise…

Jeudi, la Médiathèque des Halles proposait une conférence sur le thème des « reprises », et les arcanes qui mettent sur le marché des albums très différents dans leur approche. (Avec Cécile Prévost-Thomas en maître de cérémonie, et Daphné, Dominique Blanc-Francard, Olivier Hussenet et Stéphane Sansévérino)

Daphné, qui a fait un album  consacré à Barbara a très bien expliqué le fond de sa démarche, c’est à la fois un hommage et une découverte, en ce sens que connaissant Barbara comme tout le monde si on peut dire,  elle est entrée dans son oeuvre parce qu’il y avait des vraies correspondances dans les émotions, et en respectant scrupuleusement les mélodies.

Sansévérino a une approche différente, dans un album des chansons de sa mémoire et d’enfance, il revoit à sa manière les arrangements en les survitaminant, ce qui donne parfois des résultats surprenants comme sa version très enlevée des Roses blanches,  version dans laquelle Olivier Hussenet voit une révolte de l’enfant face à la cruauté du destin … Pourquoi pas?

Toutefois, s’il advenait qu’on ait le projet de  refaire  Les feuilles mortes  en hard rock métal pour innover, il me semble que ça dénaturerait  gravement l’esprit de la chanson.

Ce n’est pas une vraie surprise d’apprendre que les albums tribute initiés par les majors sont des produits de pur marketing où les artistes invités sont invités à chanter la chanson qu’on leur impose, parfois celle d’un artiste dont ils ne connaissent pas grand’chose, en gros, on leur fait une offre qu’ils ne peuvent pas refuser… Les contrats sont là pour mettre les points sur les obligations. Disons ça comme ça.

Faut-il s’étonner de quelques bizarreries quand il apparait que le texte a été mal compris, et la preuve est patente, quand un chanteur remplace « Ma Mie » par « Maman » dans  La non demande en mariage  ? (Il parait qu’une chanteuse ayant hommagé Renaud en chantant Mistral gagnant a répondu que le mistral gagnant était un vent du Sud de la France… Je n’ose le croire.) Mais dans ce cas, créditons à ce chanteur d’avoir respecté la mélodie de Brassens.

Car il y a une question corollaire qui émerge, si le sacro texte de l’auteur ne saurait être modifié d’une virgule – tout le monde s’accorde sur ce point- il n’en est pas de même pour la musique. Là, il est fréquent que le repreneur bidouille, transforme, émascule la musique originale, sous couvert de re-création, car c’est presque toujours en minorant qu’on refait la mélodie.. Ferré en a été souvent victime dans ces hommages-dommages post-mortem, ce qui est assez étonnant quand on sait l’importance qu’il apportait à la musique, il se voulait autant compositeur qu’auteur. Encore faut-il connaître un peu Ferré*… Et ces interprétations revues sur le plan musical sont souvent dommageables pour le texte… Je ne suis pas sûr que  Nuit et brouillard  revu en lambada serait bien compris … Lavilliers a supprimé une de ses chansons de ses concerts il ne supportait plus de voir le public danser sur un thème dramatique. Quant à Yuri Buenventura reprenant Brel, il vaut mieux oublier. C’est un exercice proche de celui qui consisterait à repeindre la Joconde avec un jogging fluo et des cheveux blond-platine, pour faire plus moderne .

Une théorie suggère qu’une chanson cache toujours un sous texte à double sens. Plus ou moins évident… C’est pas faux,  Aux marches du palais  est un petit chef d’oeuvre de double ou triple sens qui ravissent les connaisseurs de la langue du 17 ème, riche d’images très colorées peu accessibles aux innocents pour qui les chevaux du roi qui viennent au mitan du lit sont des équidés assoiffés, et pour les enfants, c’est juste un conte anodin. Dans cette approche, le double sens, je me demande parfois ce qui va arriver à L’auvergnat  ou  La cane de Jeanne  quand il va sortir une analyse sur le sens caché… Tout est possible… Il est quand même amusant parfois de relire quelques grimoires des années 90-95, dans lesquels on peut lire que L’aigle noir  est un portrait autobiographique de Barbara, et un peu plus tard, une autre experte explique que c’est l’histoire d’un amour déçu… Barbara n’était pas au courant, mais peut-être que son inconscient l’était ? Autant pour le portrait que pour l’histoire…

Une observation très juste d’Olivier Hussenet a mis en perspective que les peintres passent souvent leurs années d’apprentissage à copier les maîtres, avant de créer leurs œuvres… Pourquoi demanderait-on à un artiste débutant de proposer d’emblée Guernica, ou La Ronde de nuit ? Barbara a mis 10 ans avant de mettre ses mots sur ses musiques. Brassens entre 1945 et 1952 a dû chanter plus souvent Trenet ou Tino Rossi que ses chansons…  Dans cet art de la reprise, Sansévérino souligne avec bon sens que lorsqu’on écoute la  Supplique pour être enterré sur  la plage de Sète, par Brassens, on ne s’ennuie pas une seconde, et que les « repreneurs »  ont bien du mal à susciter la même attention…  C’est une bonne réflexion sur l’art de la reprise. Comprend qui peut…

On joue Molière, Shakespeare, Corneille, Racine, Euripide, Pirandello, sans interruption depuis leur création, idem pour Mozart, Beethoven, Gershwin, mais le vrai artiste chanson devrait être un auteur à la naissance… Avant de mettre ses œuvres en avant, l’exercice de travailler le répertoire est une bonne référence pour étalonner ses possibilités. Mais l’artiste chanson « en développement » se doit d’être d’emblée une graine aboutie d ‘Anne Sylvestre de Brassens ou de Brel ou de Ferré.. Est-ce bien raisonnable ?

Dans ma hiérarchie subjective, je citerai comme grands témoins de réussites, autant pour la majesté du texte que pour les musiques brillantissimes… (par ordre alphabétique) avec deux direct scène et deux enregistrements studio.

Annick Cisaruk (et David Venitucci) Où va cet univers

Daphné Du bout des lèvres

Rémo Gary Les oiseaux de passage

Louis Ville Y en a marre

  • Pour Ferré, une des réussites en matière de recréation est à créditer à Bashung, il ‘tourne autour’ de la mélodie avec une subtilité qui aurait séduit Ferré.. Par contre, Thank You Satan par Dyonisos qui remplace une ligne sinueuse et narquoise par une ligne droite plate sans aspérité, pas sûr que ce soit de la re-création inspirée. Mais Bashung, oui..
  • Post Scriptum du 17 Mai:  Barbara a aussi été saluée par différents hommages, mais à ma connaissance, ses musiques ont été respectées.. 

  • Last but not least le prochain rendez-vous est le 17 mai à 19h : Quelles scènes pour la chanson aujourd’hui ?

et tout est là, https://mediathequemusicaledeparis.wordpress.com/

 

Norbert Gabriel

 

Ô bella ciao, histoire brève d’une chanson…

30 Avr

Nous sommes en 2018, et depuis quelques années les  ténors du discours politique et une bonne partie de l’arrière ban médiatique s’embabouinent avec éloquence sur la nécessité de donner aux femmes quelque chose qui ressemblerait à une forme d’équité ou d’égalité dans les droits civiques et sociaux. Globalement et théoriquement.

Depuis quelques jours, par la grâce d’un film, Ô bella ciao devient la chanson à la mode, et de ci de là , on raconte son histoire… En allant voir wikipédia, les 5 premières lignes, et basta pour gloser et faire son intéressant..

Bella ciao est un chant de révolte italien qui célèbre l’engagement dans le combat mené par les partisans, résistants pendant la Seconde Guerre mondiale opposés aux troupes allemandes de la République sociale italienne fasciste, dans le cadre de la Guerre civile italienne. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur la musique d’une chanson populaire que chantaient au début du XXe siècle les mondine, ces saisonnières qui désherbaient les rizières de la plaine du Pô et repiquaient le riz, pour dénoncer leurs conditions de travail. Elle est chantée depuis 1963 dans le monde entier comme un hymne à la résistance. (Wikipédia)

Premier point : ce n’est pas « une musique » que chantaient les mondine au début du siècle mais une chanson avec des paroles… Qui racontaient leurs vies d’esclaves des rizières.  C’est une chanson. De femmes. Et Giovanna Daffini  la chantait en 1926. (Elle a commencé à travailler dès l’âge de treize ans  dans les rizières du Vercellese et de la Lomellina pavese, dans la plaine du Pô où elle s’imprègne des chants des mondine.

Et voilà  qu’en 1944 un auteur anonyme mais au masculin s’y colle, et ça devient: Les paroles ont été écrites fin 1944 .

Dans mes souvenirs familiaux, j’ai entendu ma grand’mère Santina  chanter ô bella ciao, souvenir de son enfance en Vénétie, quand à 8 ans elle travaillait aux champs, en 1894. C’est dans les rizières que cette chanson est née vers 1904 ou 1905, et il y a peu de chances que ce soit un poète masculin qui se soit intéressé à ces filles de rien… (de niente, disait Santina…)

Pas plus tard que ce dimanche 29 Avril, une chroniqueuse de France-Inter y va de son résumé, chanson écrite en 44 sur un air populaire … Décidément être femme dans la chanson (et pas que) n’est jamais un long fleuve tranquille… Pour les mondine  non plus(pluriel de mondina)

La version de mon enfance, celle de la région d’Udine, de Pordenonne, commence par « Stamattina mi sono alzata… alzata, au féminin… et toute la famille chantait cette version,  pas celle née 40 ans plus tard, Una mattina mi sono alzato ..

Version originale des mondine
Alla mattina appena alzata
O bella ciao bella ciao bella ciao, ciao, ciao
Alla mattina appena alzata
In risaia mi tocca andar
E fra gli insetti e le zanzare
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
E fra gli insetti e le zanzare
Un dur lavoro mi tocca far
Il capo in piedi col suo bastone
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Il capo in piedi col suo bastone
E noi curve a lavorar
O mamma mia o che tormento
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
O mamma mia o che tormento
Io t’invoco ogni doman
Ed ogni ora che qui passiamo
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Ed ogni ora che qui passiamo
Noi perdiam la gioventù
Ma verrà un giorno che tutte quante
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Ma verrà un giorno che tutte quante
Lavoreremo in libertà.
  • Traduction
  • .
  • Le matin, à peine levée
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • Le matin, à peine levée
  • À la rizière je dois aller
  • Et entre les insectes et les moustiques
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • Et entre les insectes et les moustiques
  • Un dur labeur je dois faire
  • Le chef debout avec son bâton
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • Le chef debout avec son bâton
  • Et nous courbées à travailler
  • O Bonne mère quel tourment
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • O Bonne mère quel tourment
  • Je t’invoque chaque jour
  • Et toutes les heures que nous passons ici
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • Et toutes les heures que nous passons ici
  • Nous perdons notre jeunesse
  • .
  • Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes
  • O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
  • .
  • Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes
  • Nous travaillerons en liberté.
  • Avec le son, la version originale par Giovanna Daffini la plus authentique et légitime,

     

    et par Milva ..

    et en version musicale, ce qui peut suggérer une mélodie d’ origine tzigano klezmer

    Pour le reste, la fiche wikipédia, lue jusqu’au bout est très complète.

     

    Norbert Gabriel

    Jacques Debronckart

    29 Avr
    Rémo Gary vient de publier un album de chansons inédites de Jacques Debronckart,  « Voix de cailloux » ce sera à la une ici même demain, mais en attendant, un portrait de Jacques Debronckart, tel qu’il a été publié dans le coffret de Marie-Thérèse Orain, il y a 3 ans.

     

    Photo DR

    Dans ces années 60, quand les déferlantes yé-yé occupaient largement les médias radio-télé, apparaît une sorte d’étoile filante qui va laisser une trace indélébile dans les mémoires, un coup de tonnerre qui est la bande musicale de Mai 68 « J’suis heureux » que les radios passent avec « Je suis comédien » parfois à la télé.. Peut-être que cet enthousiasme compensait le silence qui avait accompagné en 67 « Mutins de 1917 » une de ces chansons qui malgré les censures unanimes va faire son chemin sinueux, discrètement, et 30 ans après ces mutins seront enfin réhabilités. C’est un exemple qui illustre que « les poètes voient plus haut que l’horizon, que le futur est leur royaume » et Debronckart est un de ces prophètes. Un peintre futuriste du monde qui arrive, un chroniqueur lucide, incisif ou narquois de la société du spectacle tout azimut. C’est la nostalgie des exilés, des émigrés-immigrés, celle qui chante Adélaïde, une ville du bout du monde, de l’autre bout du monde.

    Jacques Debronckart est arrivé sur le devant de la scène presque contre son gré. Auteur compositeur accompagnateur, il est propulsé sur scène par Maurice Fanon, et de cabarets et cabarets, il fera un Olympia en vedette.

    C’est dans les cabarets que se sont forgées de ces amitiés qui traversent le temps sans s’altérer. Avec Marie-Thérèse Orain, pour qui il a écrit, entre autres, « La chanteuse » tableau réaliste et burlesque de la vie d’artiste dans ces fameux cabarets chantants, et « mangeants » ce qu’on retrouve aujourd’hui en cafés chantants et « buvants », le temps passe, mais ne change pas tellement.

    Artiste complet, Jacques Debronckart a eu comme partenaires de chansons, Bernard Dimey, Gribouille, Michelle Senlis , Nadine Laïk, il a été interprété par Isabelle Aubret, Christian Camerlynck, Juliette Gréco, Philippe Clay, Eva, Les Frères Jacques, Yvette Giraud, Simone Langlois, Nana Mouskouri, Marie-Thérèse Orain, Colette Renard, Francesca Solleville, Cora Vaucaire… une trentaine d’interprètes, il a publié 7 « 45t » (4 titres) et 8 albums ou CD, au cours d’une carrière stoppée à 49 ans, après des années de lutte contre la maladie, il succombe en 1983.

    Humaniste sarcastique, il a constamment flirté avec la censure qui supporte mal l’insolence quand elle est fondée sur des faits historiques, ou la revendication précoce de « Mutins de 1917 » Dans les années 60-70, c’était pas la meilleure façon de faire les prime-time télé. Sauf chez Chancel et son Grand Echiquier.

    Jacques Debronckart a beaucoup écrit sur des thèmes qu’il résume dans ces lignes :

    Il ne faut pas croire qu’un pays devient fasciste d’un seul coup. Pas du tout. Cela se fait par petites approches dont les gens ne sont même pas conscients, et puis un beau jour, ils se réveillent sous le régime de l’Ordre.

    La jeunesse d’aujourd’hui pourrait avoir de quoi réfléchir en écoutant les chansons de Debronckart, réfléchir et se réveiller, la chanson c’est aussi ça : un cri lancé, en espérant que l’écho fera suivre.

    Norbert Gabriel

    La Loi des Prodiges de François de Brauer, au Théâtre de la Tempête..

    26 Avr

    L’art de jongler avec les personnages

    Un jeune étudiant en histoire devenu député décide d’anéantir l’art : plus de comédiens, de chanteurs, de saltimbanques et encore moins de peintres loufoques!

    La loi des prodiges (Francois de Brauer 2018)

    Photos © Victor Tonelli

    François de Brauer nous pose la question de la disparition de l’art dans nos sociétés. Que reste-il de l’art à notre époque? Peut-on se passer de l’art dans nos vies? Derrière toutes ces questions qui circulent beaucoup aujourd’hui, le comédien nous emporte avec lui dans son imaginaire merveilleux et parfois loufoque d’artiste. Ce seul en scène est une véritable pépite pour un spectateur ennuyé des  humoristes restés dans les clous du one-LA LOI DES PRODIGES_3 © Victor Tonelli.jpgman-show quelconque . Mais ce n’est pas un one-man-show car rappelons que nous nous trouvons au théâtre! Un bon théâtre comme on les aime. Rien n’est bâclé: du décor aux intentions de jeu, François de Brauer crée à lui tout seul un florilège de personnages interprétés magnifiquement. Du vieux clown grincheux à la mère envahissante en passant par le peintre arnaqueur, tous ces protagonistes surgissent brusquement le temps d’un dialogue pour revenir à l’intérieur de lui-même.

    Un spectacle tout en finesse et très comique. Nous sommes transpercés par la réalité organique de son jeu d’acteur: tout est dans la façon de penser le personnage. François de Brauer oscille entre différentes attitudes avec une telle énergie que le spectateur ne s’ennuie pas un instant. Les voix sont sidérantes, on croirait les voir en chair et en os.

      Le Ministère de la Culture!… Ça existe encore ça….?!

    © Victor Tonelli

     Mathias Youb

     

    Le Théâtre de la Tempête c’est là, clic sur le rideau –>

    Auvergne-Québec avec Richard Trépanier

    17 Avr

    Photos Danièle Sala

    L’association Auvergne Québec / Francophonie, membre actif de la fédération France-Québec, qui a pour but de développer l’amitié et les liens entre les deux pays, multiplie les projets de rapprochement, échange de jeunes dans le cadre de l’inter-municipalités, participation d’un jeune dessinateur de BD sélectionné par Auvergne-Québec au concours des Franco-bulles, un prix littéraire, et la fameuse dictée francophone, les lauréats auvergnats ont été récompensés ce samedi 7 avril après-midi, après l’assemblée générale qui s’est tenue à la salle des fêtes de Saint-Hippolyte, sous la présidence d’Edith André :

    Nos racines communes induisent une solidarité spécifique avec le peuple québécois. Forts d’une langue en partage, de valeurs communes et d’approches similaires, Français et Québécois sont au coude à coude pour répondre aux défis actuels, en particulier la diversité culturelle.

    Et pour la seconde année consécutive, c’est le chansonnier québécois Richard Trépanier qui est venu nous enchanter de ses propres chansons, de quelques unes des plus belles chansons québécoises, répertoire mêlé de chansons françaises. C’est avec celle d’Yves Duteil qu’il commence son tour de chant : La langue de chez nous.

    Elle a jeté des ponts par-dessus l’Atlantique /  Elle a quitté son nid pour un autre terroir / Et comme une hirondelle au printemps des musiques /  Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs.

    Répertoire masculin franco-québecois,  où Félix Leclerc revient plusieurs fois, avec l’Hymne au printemps :

    Les bourgeons sortent de la mort  /  Papillons ont des manteaux d’or / Près du ruisseau sont alignées les fées / Et les crapauds chantent la liberté.

    La complainte d’un phoque en Alaska, Moi mes souliers, Le petit bonheur,  etc. .. Mais aussi Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Raymond Lévesque, Claude Léveillée et d’autres, moins connus, comme Claude Gauthier Le grand six pieds :

    Je suis de nationalité canadienne-française / Et ces billots j’ les ai coupés / À la sueur de mes deux pieds / Dans la terre glaise / Et voulez-vous pas m’embêter / Avec vos mesures à l’anglaise.

    Ou Georges Dor. Jacques Michel : Amène-toi chez-nous : Amène-toi chez nous / La vérité m’échappe / Je saurais t’écouter / Je ne sais pas grand-chose / Mais peut-être qu’à mille / Nous saurons la trouver.

    Ou encore Tex Lecor, avec cette chanson qui exprime le mal de vivre des ruraux qui sont obligés d’aller à la ville pour travailler : Le frigidaire,

    J’suis naufragé en ville chez une bande d’inconnus  / Rosalie t’es tranquille, pis tu chantonnes même plus / J’travaille pour pas grand chose, on vieillit comme des fleurs / Nos seuls bouquets de roses, c’est les lettres du facteur.

    Et une chanson traditionnelle québécoise : Le rêve du diable : Le réel du sirop d’érable, accompagné par la présidente de Berry-Québec, Michèle Blayac sur la «  planche à pied », planche qui vient de loin dans la musique traditionnelle de l’Amérique francophone,  sur laquelle on tape du pied pour rythmer les chansons, on appelle ça aujourd’hui la podorythmie, un peu ce que Thierry Chazelle a transformé en «  tapadonf » perfectionné. Michèle Blayac qui nous a raconté l’histoire de cette planche de bois, et quand les anglais interdisaient aux québécois d’aller danser dans les rues, ils restaient assis chez eux, fenêtres ouvertes, et faisaient un boucan d’enfer avec leurs pieds sur cette planche.

    Entre deux interprétations de chanteurs québécois, ou français, La Bohème d’Aznavour, ou même Que je t’aime de Johnny Hallyday, Richard Trépanier nous chante aussi ses chansons à lui avec sa guitare, son harmonica, sa voix harmonieuse, et une diction parfaite, en nous racontant ses débuts dans les années 80, dans les boites à chansons, comme Les 2 Pierrots ou Le bistrot à Jojo à Montréal, et les quelques 7000 kilomètres qu’il parcourt de ville en ville chaque printemps en France. Chansons réunies dans un album : Le passage de l’an 2000.

    Chansons inspirées par le Québec : De l’Anse St-Jean à Dolbeau / De Tadoussac à Gateneau / J’ai promené mes chansons / De ville en ville / Dans les bars et les bistrots / En passant par les Deux Pierrots / J’ai traîné ma guitare / Jusqu’aux îles.

    Par l’amitié : De passage, à mon ami Jean-François : Toi t’as tellement les idées claires / Ce qui te sauvera c’est ta foi / Continue de te battre mon frère / Tu verras tu y arriveras / Continue de lutter mon frère / On sera tous derrière toi.

    L’amour : Tout cet amour qui dort tranquille / A vivre chacun sur une île / Balayée par les grands vents / Les relations sont bien fragiles / La vie de couple pas toujours facile / L’amour comme la vie, ça s’apprend.

    La nature : Le cri de la terre : La terre finira par pleurer / Les larmes de ses pôles dégelés / Et inondera l’humanité / Il sera trop tard d’y penser / La chance ne sera pas de notre côté / Comme l’avait eu le père Noé.

    La solitude : Seul dans la ville : Et on court tous les jours / Sans trop savoir pourquoi / On se perd on se cache / Chacun au fond de soi.

    Les saisons de la vie : Et puis la vie suivra son cours / En emportant jour après jour / Ces beaux moments qu’on voit s’enfuir…

    L’inquiétude face aux violences du monde d’aujourd’hui et à la puissance de l’argent : Le passager de l’an 2000 : Y’a que l’argent qui compte aujourd’hui / Sur cette boule engourdie / Faudrait réinventer la vie / Faudrait recommencer la vie…

    Tout le monde a repris les refrains en choeur, un après-midi chaleureux et amical, où nous avons dégusté des produits québécois, et je suis repartie avec les deux albums de Richard Trépanier, Le passager de l’an 2000, et Le Québec en chansons.

    L’association Auvergne-Québec a invité Geneviève Morissette, qui sera au théâtre de Châtel-Guyon les 15 et 16 juin prochains, et Diane Tell le 11 juillet et Richard Trépanier sera à l’Arthé café le 24 mai à 20 h 30.

     

    Danièle Sala

    https://fr-fr.facebook.com/public/Richard-Trépanier

    https://auvergnequebec.jimdo.com/

    https://fr-fr.facebook.com/public/Edith-Andre

    http://arthe-cafe.com/

    Et pour quelques images de plus …

     

     

       

     

     

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