The labyrinth, ou l’album de famille, et la bande à Barouh…

29 Juin

Il y a quelques semaines Benjamin Barouh présentait le film The labyrinth, l’indispensable viatique pour vraiment connaître tous les ressorts de la création chez Pierre Barouh … Enfin presque tous…

Le seul titre de ce film, The Labyrinth est déjà une énigme, un labyrinthe n’offre qu’une seule issue cachée dans une multitude d’impasses. Alors que le parcours de Pierre Barouh est l’exact opposé du labyrinthe, quand on entre dans ce qui deviendra Saravah, il y a une multitude de sorties possibles et une seule impasse, celle du showbiz formaté. Et dans le cas de Pierre Barouh ce n’est pas un seul fil d’Ariane qui permet de trouver la sortie du labyrinthe, car chaque passant peut tisser son fil.

Dans ce DVD, on va suivre ses voyages de Levallois Perret, au Brésil, en passant par la Vendée, où la barque de l’oncle Léon partie du Petit Lay rejoint quelques voies aquatiques pour aborder au Brésil… C’est comme ça, ça va ça vient, au gré du fil du courant des rivières souterraines, celles qui n’abdiquent jamais, se faufilent, escamotent et contournent les obstacles, et arrivent toujours à trouver leur graal.

Voici  en quelques lignes les bases de ce qui a baladé sa vie aux quatre vents

  • la vertu des impondérables
  • la contrainte qui génère la création
  • je n’aime pas ce qui commence ou qui finit, mais j’aime ce qui se prolonge,
  • et trouver cet entre-deux qui boîte avec grâce, (ou bien on soigne trop son ouvrage, ou on ne le soigne pas assez, mais on trouve rarement cet entre-deux qui boîte avec grâce. Jean Cocteau)

La combinaison heureuse de ces quatre éléments a donné naissance à ce miracle atypique, Saravah.

On pourrait ajouter aussi que son choix de toujours s’effacer devant les amis rencontrés autour du monde, a fini par flouter son image, la diluer selon les angles réducteurs du journalisme, parolier de  La bicyclette  ou  celui de Chabada bada, pur détournement, devenu une sorte de vérité populaire. Dans le meilleur des cas, le plumitif un peu informé rappellera qu’il a « révélé » Brigitte Fontaine et Higelin…

Benjamin Barouh a initié une série de manifestations (à venir) autour des années Saravah-Les Abbesses, il a organisé cette soirée de présentation de L’album de famille » et outre sa connaissance du sujet,  il s’avère excellent conteur, on l’a retrouvé avec « La bande à Barouh.»

« Le Festival des cultures juives offre un clin d’œil à Pierre Barouh, le 25 Juin, à travers des extraits de sa carrière cinématographique comme acteur et réalisateur. Vous le reverrez ou le découvrirez dans « Une fille et des fusils » (1964) de Claude Lelouch ou « La dérive » (1963) de Paula Del Sol interprétant « Le Tour du monde » à une terrasse d’un café parisien, et bien sûr aux côtés de Baden Powel et Maria Bethania dans le film « Saravah »(1969). Les chansons seront au rendez-vous avec Margaux Guilleton qui visite quelques beaux titres de Pierre accompagnée par le pianiste Stéphane Binet et Aurélien Merle au chant et à la guitare. Je lirai à mon tour une sélection de textes inédits en les introduisant dans le parcours du navigateur des « rivières souterraines« . Benjamin Barouh.

Et c’est dans cette soirée du dimanche 25 juin que le public a été ébloui par Margaux Guilleton, quelques uns l’avaient aperçue dans ses duos déjantés avec papa Eric, elle a été une formidable meneuse de revue dans Guilleton père et fille (avec invités) au Forum Léo Ferré (lire ici….) et dans cette participation en illustration musicale de quelques chansons emblématiques de Pierre Barouh, Margaux s’est révélée une interprète d’une justesse et d’une sobriété qui peut évoquer Cora Vaucaire mais en robe noire… C’est un superbe hommage à Pierre, ouvert avec Les filles du dimanche  que je chéris particulièrement pour un tas de raisons… Etant prudent sur mes enthousiasmes, quoi que… j’ai fait un petit micro trottoir, histoire de vérifier, et c’est confirmé, Margaux Guilleton est une très belle interprète qui a bluffé celles et ceux qui la découvraient. En attendant ses prochains concerts quelques images au cours de cette soirée… Le ramage vaut bien le plumage, dit mon camarade La Fontaine qui ne dit pas n’importe quoi.  (Et réciproquement, ajoute Pierre Dac.)

Photos©NGabriel 2017

 

Pour « L’album de famille », voyez ici, clic sur l’album,

 

Et pour quelques images de plus….

 

Norbert Gabriel

Rencontre avec Didier Wampas

24 Juin

 

Plus de 30 ans de Rock alternatif pourtant pas vraiment classable et puisant ses influences où bon lui semble, une route jalonnée d’une quinzaine d’albums, dont deux live et une compilation, une loufoquerie exquise, un sens poétique de la rêverie, de l’humour et de l’absurde qui semble nous délivrer comme un message à travers et par delà les autres, la nécessité, l’urgence même, de déconner, de rire et de vivre … il y aurait encore bien d’autres choses à dire de l’itinéraire singulier de Didier Wampas. A l’aube de la sortie du nouvel album des Wampas, « Evangélisti », délire mêlé d’attachement aux racines rock et de recours aux références yéyé, le groupe entamait le 02 février à Bordeaux, une tournée, prometteuse, comme d’usage, des moments hauts en couleur, enjoués et excentriques. Un petit air de folie et de liberté flottait dans les couloirs du Théâtre Barbey, où Didier Wampas acceptait de nous accorder un entretien.

 

– Didier bonjour et merci pour cet entretien. Vous démarrez la tournée du nouvel album ce soir. Comment l’appréhendes-tu ?

– C’est la première date, donc je ne peux pas te dire comment ça se passe. On va tout roder ce soir. On n’a pas encore joué les morceaux ; on a répété deux fois. Donc on commence aujourd’hui ! Mais on va quand même jouer des anciens morceaux.

 

– Partir avec peu de préparation, est-ce ce qui rend le métier palpitant ? Il parait que pour toi il n’est rien de pire que quand un spectacle est réglé au millimètre.

– Ce sera loin d’être le cas ce soir ! C’est important d’avoir de la fraicheur. Des fois il faut la forcer un peu. Mais je ne le fais pas exprès. Peut-être que dans 100 dates, ce sera moins frais, mais là, pour l’instant, ça va.

 

– Tu as vécu une double vie de travailleur salarié d’un côté et d’artiste de l’autre. Cela a-t-il généré des frustrations de ne pas pouvoir te consacrer professionnellement entièrement à la musique ou au contraire était-ce vital d’avoir un emploi alimentaire pour garder de la fraicheur dans l’exercice de ta passion ?

 – Je pense que ça aide vachement quand on n’a pas la pression d’avoir besoin de ça pour bouffer. Quand tu veux faire du Rock’n’Roll en France et que tu as besoin d’en vivre, ce n’est pas évident : il faut tourner, chercher des dates. Nous, on s’en fout. Je fais des chansons ; on vend des disques ou non. On est vraiment beaucoup plus libres. Et franchement, il n’y a rien de frustrant à ne pas pouvoir se consacrer professionnellement à sa musique. On n’aurait pas fait plus de concerts ; franchement on n’aurait rien fait de plus et peut-être même moins, à cause des pressions. Quand tu as 20 ans, tu t’en fous d’avoir 800 euros pour vivre. Mais après tu grandis, tu as des mômes… Plein de groupes se retrouvent au bout d’un moment dans cette situation. Ce que j’ai envie de faire à la base n’est pas très « grand public ». Alors à partir de là que fait-on ? Soit on change sa musique pour plaire à un maximum, soit on fait ce qu’on a envie de faire, et puis on verra bien ! Je ne regrette pas. C’est vrai qu’il y a tellement de choses à faire, à explorer. Mais on ne peut pas tout faire, et je suis content qu’on ait le temps de jouer, de répéter et de continuer.

 

– Tu as commencé à composé au sein du groupe après le décès de Marc Police. Comment se passe le travail personnel et collectif ensuite ?

– Effectivement, j’ai commencé y a 25 ans, après le décès de Marc . J’écris des chansons tout le temps : je prends ma guitare, j’écris des chansons en «yaourt», et après lors des répétitions, on les joue et on garde celles qui tournent le mieux tous ensemble. Je prends ma guitare et je fais de la chanson en temps réel, couplet-refrain et solo. Après les autres font leur partie. Mais généralement la chanson de base est faite. Loin de moi l’idée de vouloir diminuer le rôle des autres : la chanson évolue suivant la façon dont les autres jouent. Mais quand on essaye de changer des choses à sa base, c’est toujours moins bien. Le premier jet est mieux. Et après je mets des paroles dessus. Une chanson, ce n’est pas qu’un riff : le riff de guitare amène le rythme, etc… C’est un tout.

 

– Votre musique est assez inclassable, dans ce pays où on aime bien cloisonner les artistes dans des cases, au sens où au sein de chaque chapelle dont elle pourrait se revendiquer, on trouve toujours des puristes à qui elle ne convient pas assez. Qu’est-ce que cela t‘inspire ?

– Tant mieux ! C’est le but ; je n’ai pas envie de rentrer dans une case. A la base, on fait du Rock’n’Roll pour ne pas rentrer dans des cases. Or très vite, les gens rentrent quand même dans une petite case, selon leurs idées, leur musique, leur look.

 

– Tu gardes une image de clown avec des textes légers et drôles, voire pas du tout sérieux. Or l’humour et la légèreté servent aussi à exprimer des choses importantes et profondes. Je me permettrais un parallèle avec des groupes comme Fatals Picards, qui trainent volontiers une étiquette de « chanson comique » et qui pourtant abordent aussi avec justesse des sujets très graves, comme la pédophilie (chanson « Tonton »). Est-ce un équilibre fragile ou une évidence?

– C’est ne pas se prendre au sérieux déjà à la base. Il y a tellement de démagogie et de populisme, que si nous, en tant qu’artistes, on tombe aussi dans la démagogie et le populisme, on ne s’en sort plus. On n’a pas le droit. On peut faire autre chose que ça. C’est la grande mode en ce moment, mais moi, je n’ai pas envie de faire ça. Aucune envie d’aller gueuler devant les gens des messages à la con avec lesquels tout le monde est d’accord et qui ne servent à rien. Il faut un peu de subtilité, de finesse, de poésie. Quand tu fais de la politique, que tu es maire d’un petit village, confronté à plein de problèmes, de gens qui n’ont pas de logement, pas d’argent etc… tu ne peux pas te permettre de faire de la poésie. Nous, on peut en faire. Le monde a besoin de poésie, et c’est à nous de la faire. Alors faisons-en ! Ça sonne bien, hein? Faisons-en!

 

– Dénoncer avec dérision sans tomber dans la caricature du chanteur militant donne-t-il plus d’impact aux messages ou en freine-t-il la compréhension?

– Je ne sais pas, et je m’en fous. Ce n’est pas mon problème. Le message est plus important que ça. Le seul message que j’aurais apporté dans ma carrière est peut-être le fait d’avoir vécu comme ça, d’avoir travaillé à plein temps et d’avoir fait de la musique à plein temps parallèlement, de montrer aux gens que c’est possible de le faire, parce que je l’ai fait. Pas en disant des choses aux gens, en les incitant à la révolte. Un message, il faut prouver dans sa vie qu’il est vrai. Montrer aux gens coincés par leur boulot que rentrer chez soi le soir et aller peindre, jouer de la musique, faire du bénévolat pour une association, c’est possible. On a du temps à côté, si on veut. Il suffit de ne pas avoir de télé. Imagine si tous les gens éteignaient leur télé, le temps qu’ils auraient pour faire autre chose !

 

– Peux-tu nous parler de tes projets parallèles ?

– Sugar & Tiger est un peu en pause, car les enfants font leurs études en ce moment. Bikini Machine aussi, mais on refera peut-être un disque un jour. Et puis j’ai fait un autre album de reprises de Country québécoise sous le nom de Didier Chappedelaine et ses Maudits Français [NDLR avec l’accent, tabarnac !] qui doit sortir en septembre peut-être, ou plus tard.

 

– Tu as participé à l’enregistrement d’un album live « Scandale Mélancolique Tour» d’Hubert-Félix Thiéfaine en 2006. Comment s’est faite votre rencontre et que représente-t-il pour toi ?

– Je ne suis pas trop fan de Thiéfaine en fait, parce que je n’écoutais pas ça dans ma jeunesse. Je ne sais plus… On a dû me demander d’y participer et j’ai dit « oui », parce que je dis toujours « oui ». On ne m’a pas payé pour ça. Je m’en fous ; mais c’est dire dans quel monde on vit : on te fait venir au Zénith, on te filme, t’enregistre pour un disque qui va sortir, on met ton nom même sur la pochette, et on ne te paye pas. Tu vois, c’est pour cela qu’heureusement je ne vis pas de ce métier, sinon j’aurais été réclamer. Mais j’ai mon travail à côté, donc je n’ai pas besoin de ça. L’indépendance financière est une liberté. Ceci dit, je ne suppose pas que ce soit la faute de l’artiste. Thiéfaine est plutôt rigolo ; j’aime ce genre de personnalité décalée. Des gens comme ça, il n’y en a pas tellement en France, qui sont décalés et font la musique qu’ils ont envie de faire, sans se soucier du succès. C’est bien, les gens comme ça ; il n’y en a pas assez. Dans la plupart des cas, que ce soit du Punk, du Metal ou autre, les gens comprennent comment ça « marche ». C’est-à-dire que pour vendre, il faut rentrer dans la case Metal, faire des festivals de Metal, des tournées, etc…  Et c’est leur but dans la vie, de rentrer dans une petite case. Les gens comme Thiéfaine se foutent complètement des cases. Il fait ce qui lui plait. Et tout d’un coup, après 40 ans d’une carrière dont les médias n’ont jamais voulu parler, on s’intéresse à lui et le proclame parmi les plus grands.

 

– Tu évoques souvent Charles Trenet. Est-ce un modèle pour toi ?

– Oui, c’est un modèle. Je l’écoute beaucoup moins, mais je l’ai écouté pas mal. Encore quelqu’un qui s’en foutait de ce qu’on pensait de lui et qui n’essayait pas de se prendre pour un grand artiste. Il jouait un peu le clown, et faisait ce qu’il avait envie de faire. Il n’était pas reconnu au même niveau que Brel  ou Piaf ; c’était un peu un rigolo pour les gens. On dirait que la Chanson Française se doit d’être sérieuse et grave ; ça a toujours été comme ça. De Brel à Noir Désir, il a toujours fallu chanter des choses dures. Alors que Trenet est très poétique. C’est lui qui m’a appris la poésie ; c’est avec lui que j’ai découvert ça. Pour anecdote, je possède un concert de la fin des années 50, quand ça ne marchait plus du tout pour lui, qu’il était complètement oublié : il présente ses chansons comme si c’était rien, en disant « tiens, je vais vous faire une petite chanson… », comme si c‘était une petite connerie, et ensuite il enchaine et ce sont des chansons magnifiques. Tu vois, il n’était pas le genre à annoncer qu’il allait interpréter un chef d’œuvre, alors que ses chansons en étaient. Pour cela, c’est un exemple.

 

– Je parlais tout à l’heure justement de chansons qui sous des airs de légèreté ou de désinvolture abordent des thèmes graves ou lourds : sa chanson « Je chante ! » qui nous raconte toute guillerette l’itinéraire d’un suicidé par pendaison n’en est-elle pas un bel exemple ?

– Voilà ! Et pour moi, c’est très fort. C’est un de mes maitres.

 

– Tu écoutes beaucoup de genres différents : du Jazz, du Classique. En quoi cela influence-t-il ta pratique de la musique ?

– Ça m’influence du fait que ça désinhibe. Quand tu viens d’écouter du Bach ou du Mozart, et que tu prends ta guitare, ça décomplexe complètement, parce que tu sais que tu n’es pas là pour composer une symphonie, que tu vas juste faire une petite chanson. Ça relativise ce que tu fais et empêche de se prendre la tête, et surtout de se prendre pour un génie ou un grand artiste. Je continue à jouer de la guitare à deux doigts, et je n’ai pas envie d’en mettre plus !    

 

– Une dernière question, qui nous tient à cœur. Sven Pohlhammer, guitariste du groupe Parabellum, qui dernièrement jouait avec Kick (de Strychnine) [https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2015/09/09/entretien-avec-kick-autour-de-la-sortie-de-son-album-chien-fidele/] et nous a quittés il y a peu de temps. Quels souvenirs en gardes-tu?

 

– C’est toujours pareil malheureusement… Et il y aura de plus en plus de gens qui meurent. C’est triste ; ça me fait de la peine. Ces gens là, je les aime beaucoup, surtout Sven et Schultz. Je les adore, mais il ne faut pas non plus se leurrer : ils ne sont pas morts en se faisant écraser en traversant la rue. Ce sont des gens qui ont vécu comme ils avaient envie de vivre. La dernière fois que j’ai joué avec Parabellum, c’était en Belgique.

 

C’est la dernière fois que j’ai vu Schultz, juste avant qu’il meure. Je ne sais pas pourquoi, j’ai senti qu’il fallait que je monte sur scène avec eux, et quand ils ont joué « Cayenne », je suis monté pour chanter. C’est bizarre, je ne sais pas pourquoi j’ai eu cette intuition de chanter avec eux alors que je ne l’avais jamais fait. Je n’ai plus jamais revu Schultz après. Et Sven, ça m’a fait de la peine. C’était vraiment des mecs supers.  

 

Miren Funke

Photos : Carolyn C (1), Benjamin Pavone (2), Miren Funke (5)

Nous remercions Kick et Cathy pour les photos de Sven Pohlhammer

La bande à Barouh…

22 Juin

Il y a quelques semaines, nous avons eu le privilège d’assister à la projection du film « The labyrinth ou L’album de famille », disponible en DVD, et qui est l’indispensable documentaire pour comprendre tout ce qui a généré l’esprit Saravah, à travers le parcours et la philosophie de Pierre Barouh, philosophie qu’on pourrait définir brièvement, la vie c’est l’art des rencontres. Et Pierre Barouh est le maître des rencontres les plus inattendues, et les plus créatives.

Dimanche 25 Juin, 20h 30, une soirée « La bande à Barouh »

Le Festival des cultures juives offre un clin d’œil à Pierre Barouh, à travers des extraits de sa carrière cinématographique comme acteur et réalisateur. Vous le reverrez ou le découvrirez dans « Une fille et des fusils » (1964) de Claude Lelouch ou « La dérive » (1963) de Paula Del Sol interprétant « Le Tour du monde » à une terrasse d’un café parisien, et bien sûr aux côtés de Baden Powel et Maria Bethania dans le film « Saravah »(1969). Les chansons seront au rendez-vous avec Margaux Guilleton qui visite quelques beaux titres de Pierre accompagnée par le pianiste Stéphane Binet et Aurélien Merle au chant et à la guitare. Je lirai à mon tour une sélection de textes inédits en les introduisant dans le parcours du navigateur des « rivières souterraines ».

Benjamin Barouh

La bande à Barouh

Témoignages, extraits de films, musique. En présence de Claude Lelouch et Benjamin Barouh

Espace Rachi – Guy de Rothschild

39, rue Broca, Paris 5e

5 / Résa : festivaldesculturesjuives.org

www.festivaldesculturesjuives.org

Et la boutique Saravah, c’est là, clic sur les rois du slow bizz...

logo-saravah

 

 

Norbert Gabriel

Camille Hardouin, rencontre…

20 Juin
Camille Hardouin Le Pont des artistes ITW 3648x2736

PhotoNGabriel, au Triton.

Chronologiquement cet entretien aurait dû être publié après la chronique de l’album, mais finalement, c’est bien qu’il arrive à la suite d’ une semaine où j’ai vu Camille Hardouin sur trois scènes, dans trois exercices différents. D’abord Le Pont des Artistes, où elle avait les deux musiciens qui vont l’accompagner en tournée à partir de septembre, puis au Festival TaParole, dans un spectacle collectif et le lendemain dans son spectacle en solo, voix-guitares, chroniqués lundi 19.

L’entretien prend tout son sens, après les spectacles, car il s’est dégagé une ligne de force, qu’on pourrait nommer « les sentiers ou les secrets de la création » ou comment naissent les chansons et les spectacles de Camille Hardouin ex La Demoiselle Inconnue.

Avant de lire, gardez en surimpression cette image, les yeux bleus, la couronne de fleurs, et les rires, et vous pouvez voir sur le bras aide-mémoire, les noms de l’équipe de TaParole…

Ma vie d’artiste ?

Ça échappe à une définition précise, il faudrait 5 jours pour tout dire… 🙂  c’est une vie mouvante imbriquée dans le temps… Une suite de sensations, d’émotions captées, mises sur le papier, des bouts d’histoire, de poèmes, des livres que je complétais selon ce qui me manquait, et que j’imaginais… C’est le goût de la lecture, et de pas trop dormir la nuit, le goût de raconter des histoires, et avec une guitare, ça grandit, ça devient des chansons.

Les passages se font en douceur, une envie de partage, regarde cette image, qu’est-ce qu’elle nous raconte ? Ensuite, je ne me sens pas forcément responsable des choses que je produis, ce sont des choses qui arrivent, d’un regard dans la rue, d’un moment inattendu, un parfum, de tout ce qui peut faire naître une émotion que j’ai envie de partager, de donner. Elles peuvent se traduire en dessins, en histoires, si je pouvais, je passerais tout mon temps à écrire. Raconter.

La scène, c’est une évidence pour ça… Au début, c’étaient des soirées entre copains, puis dans des petits bars, sans véritable enjeu. Et puis il y a eu le Tremplin du Grand Zébrock, avec un concours remporté, l’accompagnement pro et l’attention à mon projet qui m’a donné envie de continuer, de faire des chansons.

La musique est venue avec le piano, appris un peu par obligation, comme la guitare, avec un professeur très conventionnel, comme une activité de loisirs, et puis le prof change, voilà une dame qui me donne moins de partitions à déchiffrer, mais qui m’apprend trois accords, et avec ces trois accords c’était la révélation de faire de la musique. Et j’ai essayé avec des paroles à moi.

Ces premières ébauches, c’était pour un public familier, amical, un jeu où on propose ce qu’on a en soi, sans projet précis. Et puis vient le moment d’une vraie scène.

Je ne suis pas la personne des premières fois… c’est comme un voyage, avec plein de virages, chaque fois est une première fois, comme lorsqu’on tombe amoureux, c’est toujours une première fois. Et c’est ça à chaque fois. Le public, c’est les copains, une fête, une soirée dans un bar… Je me souviens d’envie de partage, des tremblements de ces premières fois, et transformer le vertige en jeu, s’en servir , comprendre qu’il y une place pour le jeu. La métaphore amoureuse tient toujours, mélange de tremblements et des joies infinies. Un concert, c’est une rencontre.

Je ne me sens pas responsable de ce que j’écris, je le fais, je le montre, c’est comme une célébration, la joie est le moteur, la joie de pouvoir dire, c’est le cœur battant.

La guitare Martin 1958

Les mots, les histoires sur le papier, les poèmes se sont liés à la musique. Au début, la guitare est un moyen, mais avec la dernière (voir l’histoire de la guitare perdue*) c’est une révélation. C’est un trésor, chaque fois, je suis pleine de gratitude de la savoir dans la maison, de pouvoir faire cette petite danse fluide, en l’ayant dans les bras, je comprends la couleur de mes chansons, et j’ai envie de jouer de la guitare, elle m’apprend que je suis heureuse de jouer. Quand j’ai dessiné l’histoire de la guitare perdue, j’ai eu des échos, des mots de réconfort, et je me suis aperçue que j’avais commencé en noir et blanc puis continué petit à petit avec des couleurs. Jusqu’à la révélation Martin 1958.

(Question sur le spectacle fantasmé qu’une fée pourrait concrétiser)

En spectacle, j’ai l’impression que j’avais envie de mettre tellement de choses sur scène, trop, et dans un premier temps j’ai beaucoup simplifié, épuré, maintenant je rajoute petit à petit.

La baguette magique de la fée peut faire surgir les choses plus vite, en faire d’autres.. La seule question, est-ce que c’est beau ? Quand il y a un truc qui cogne à la porte, il faut que je trouve comment ouvrir, même s’il n’y a pas de poignée, même si je n’ai pas la clé… Ecouter le silence, et jouer avec peu, en simplifiant.. Mais maintenant j’en rajoute peu à peu, j’aime bien le solo, mais le trio permet des choses différentes… Louise joue de la clarinette de l’accordéon, des machines (le moog) et Jean-Laurent, cordes, contrebasse, guitares…

Pour finir, un bref tour d’horizon sur quelques  artistes qui ont marqué Camille Hardouin, Michelle Gurevich (China Woman-) Lior Shoov, 16 Horsepower et des participations   avec « Monstres d’amour » de la Compagnie Dans le ventre »…

Et au final, une seule question, est-ce que c’est beau ?

Cet entretien a été enregistré le 10 Mai, il a été aussi nourri du passage de Camille Hardouin dans Le Pont des Artistes du 15 Juin,  avec musiciens, puis le cabaret collectif TaParole le 16 Juin, et le spectacle solo le 17.

Sur le web, il y a de très nombreuses vidéos disponibles, la plupart en solo, mais il y a au moins une chanson qu’il faut écouter sur l’album , c’est « Les pirates » pour la formidable liesse musicale qui accompagne ce cartoon poétique et tendre…

Les liens pour la chronique d’album, c’est là.  Clic  sur l’album,

  • Et c’est dans son journal que vous trouverez pourquoi elle a été La Demoiselle Inconnue, l’histoire de la guitare perdue et beaucoup de jolies choses de sa vie en chansons.Et aussi sa perception des soirs à TaParole Errante, clic sur l’autoportrait
  • Norbert Gabriel

TaParole 2017, 15 ans…

19 Juin

Photo NGabriel 2017

Quinze ans de vie bouillonnante pour ce festival, sans doute le plus sympa de la région parisienne (avec Jazz aux Puces) … La chanson y est fêtée chaque année avec un enthousiasme et une créativité exemplaires. Quinze ans, et l’occasion de créer un spectacle collectif  Le cabaret des pas perdus  dans lequel on a réuni des « anciens », et des moins anciens, qui se sont agréablement mélangés dans des duos, des textes avec un clin d’oeil à Armand Gatti, des presqu’impros, que ces militants du spectacle vivant jouent avec maestria. Patchwork de compositions personnelles, de chansons du répertoire (salut Dimey, Brassens et Genet)  moments rares offerts aux spectateurs présents. Car même si des captations vidéo permettront aux amis lointains de faire un replay, ce qu’ils n’auront pas, c’est la synergie et la complicité du public, ce flux mystérieux qui fait d’un moment de spectacle, un moment de grâce privilégiée.

Ce cabaret s’est terminé par une interprétation d’anthologie du Condamné à mort de Jean Genet, une version de 5 ou 6 minutes ou 7, le temps s’était aboli pour un public subjugué, totalement captivé par Camille Hardouin, ex La Demoiselle Inconnue. Pour ma part, après ce choc, je n’étais plus en mesure de voir les autres spectacles avec objectivité.

Et le lendemain, revoici Camille Hardouin, qui présente son album récent, Mille bouches chroniqué ici , (clic sur l’image), avec quelques chansons qui ne sont pas sur l’album, comme La louve, mais l’ami youtube est bien achalandé en vidéos de festivals en concerts de La Demoiselle Inconnue-Camille Hardouin. Et on retrouve tout le charme de l’album, avec ce talent de conteuse, qui excelle dans le chanté-parlé en alternance avec des envolées lyriques exaltant la musicalité des mots et des notes, avec une délicatesse de dentelière… C’est une épicurienne résolue, vivez aujourd’hui, demain il sera trop tard… C’est une amoureuse de tous les amours, éternels ou d’une nuit, le bonheur ne se mesure pas à la longueur des jours, pas forcément.

Ajoutons cet art de faire des chansons « gigognes » ou poupées russes, par exemple, « Effrontément/la nuit je mens » où elle marie ses mots à ceux de Bashung… C’est du spectacle vivant dans tous les sens du terme. Une création toujours renouvelée. Après concert, c’est aussi le bonheur de retrouver quelques amis qui la connaissaient depuis longtemps, n’est-ce pas Karine ? D’autres venus exprès, Romain L. Et tous totalement séduits par cette messagère de tous les bonheurs possibles. Ensuite, même cause même effet, une sorte de petit nuage m’a emporté pour rester dans le charme… Qui va se prolonger demain ici même, par l’entretien avec Camille Hardouin, il y a quelques semaines à Montmartre.

Un détail pour terminer, provisoirement, après son concert sa pile d’albums a été épuisée, au grand dam de quelques spectateurs frustrés…

Et dans la diversité de son répertoire, je vous invite vivement à le découvrir par tous les moyens, je vous propose en conclusion, cette jolie ballade de gentils pirates.

Last but not least, Camille Hardouin est dans le numéro 4 tout frais sorti du très beau mook  Hexagone  qu’il est impardonnable de ne pas connaître si on tient un tant soit peu à la chanson et ses artistes…

Très important : Le pont des artistes d’Isabelle Dhordain recevait mercredi 15 Juin, Paris Combo, Soan, et Camille Hardouin, et c’est visible sur le site du Triton, ne vous en privez pas, la musique est bonne, et les entretiens savoureux, témoin cette phrase de Soan, suite à une question sur les moteurs de la création « J’écris ce qui déborde.. » Il faut aller voir le tout, c’est 1h 45 de bonheur, et c’est là, clic sur l’image:

Et pour quelques images de plus,  au Festival TaParole,

(dans ces photos, il y a 3 Martin, dont une guitare, saurez-vous les identifier ? )

taparole 2017 16-17 JUIN montage 4317x2545

Sélection très partielle, due à un bug de logiciel qui a effacé une série… A moins que ce ne soit une fausse manoeuvre de ma part..

 

Norbert  Gabriel

 

Virée ! par Fabienne Desseux

14 Juin

Si c’était une chanson, ce pourrait être,

Mouloudji : Le Chômage (1972)  Zebda : Chômage (1995)   Les Apaches : Chômeur (1999) Francis Lalanne : Des mains de chômeur (1981) Bernard Lavilliers : Les Mains d’or (2001) Monique Morelli : Le Chômeur (1971) Neg’ Marrons : ANPE (1997) Bénabar : Qu’est-ce que tu voulais que je lui dise (2005) Zoufris Maracas : J’aime pas travailler (2012) et aussi Chômage dans la vallée, par Chanson Plus Bi-fluorée…

C’est une histoire qui peut arriver à tout le monde, c’est arrivé à Fabienne Desseux, elle en a fait un feuilleton, et c’est devenu un livre témoignage. Et un document indispensable à tout éventuel explorateur des arcanes contemporaines de la recherche d’emploi. En quelque sorte, une panoplie d’autodéfense? Selon le bon vieil adage revu et adapté, si tu veux un job, prépare ta carapace.


Autoportrait: J’ai 47 ans. Femme, mère de famille nombreuse, journaliste de formation; vous avouerez que ce n’est pas la martingale rêvée. De fait, mon parcours est tout décousu. Je dirais même un peu bancal. Malgré un diplôme ad hoc, j’ai longtemps renoncé aux plaisirs de la presse pour payer mon loyer. Deux décennies à ramer dans la Fonction publique avant de tout plaquer. C’est long vingt ans. Pour finalement réussir mon pari et… décrocher un job de journaliste-radio. Un miracle ! Sauf que les vrais miracles n’ont qu’un temps : j’ai été virée. Licenciement économique. Cerise sur le gâteau, j’habite dans la Nièvre. Bucolique certes, mais pas du tout idéale pour retrouver un poste dans ma branche. Alors en attendant une improbable licorne en CDI, je pige à la petite semaine et n’en finis plus de noircir, à l’encre virtuelle, les pages de mon journal.

Bienvenue à bord de mon chômage !

Quelques mots sur l’auteur…

Née à Paris en 1969, Fabienne Desseux a quitté la Fonction publique après vingt années, pour revenir à ses premières amours, le journalisme. Elle vit à Nevers où elle collabore avec le Journal du Centre et où elle fut animatrice et journaliste au sein de la radio lycéenne. Lectrice pour les Éditions De Borée, contributrice chez Oracom pour le magazine Les Grandes affaires criminelles, elle a animé diverses rencontres littéraires ou musicales. Elle a été récemment correspondante pour BoxSons, le nouveau média indépendant fondé par Pascale Clark. Auteure, elle a également publié de nombreuses nouvelles en ligne. Le texte court est son format de prédilection.

Le feuilleton, c’est là :  https://www.facebook.com/journaldunechomeuse/

EXTRAITS:  http://www.jacquesflamenteditions.com/wp-content/uploads/2017/06/viree.pdf

Chez Jacques Flament Editions:   http://www.jacquesflamenteditions.com/fabienne-desseux/

Norbert Gabriel

 

Et comme tout finit par des chansons, un clin d’oeil de Zachary Richard

TaParole 2017, 15 ème !

10 Juin

La vie s’écoule

La vie s’enfuit

À 15 ans du matin sans prévenir, le Festival TaParole s’est pointé, tranquille, avec son p’tit air canaille, dans une rue du XXe de Paname. À 200 potes, on était bien ! Aujourd’hui c’est plus la même, le festoche a regagné sa banlieue, pas mécontent, rapport à l’espace, on commençait à se sentir à l’étroit ! Toutes les graines semées ont porté leurs fruits, tous les artistes croisés se sont épanouis et les bénévoles se sont reproduits ! Quinze ans plus tard nous pouvons regarder le chemin parcouru avec joie et nous féliciter des centaines d’artistes accueillis, des camarades rencontrés, des dizaines de milliers de personnes venues une heure ou à chaque édition. Jamais nous n’aurions pensé, au début de cette aventure, être là aujourd’hui, à vous attendre toujours aussi fébrilement, à vous espérer nombreux, joyeux, curieux !

Demandez l’programme !

 

Tous les noms en rouge ou soulignés renvoient directement au site de l’artiste.

Samedi 10 juin – 20h – La Marbrerie

MESPARROW /   AALMA DILI   17/12€

Lundi 12 juin – 21h – Le Chinois 

Entrée libre 

JAMES NOEL et MELISSA LAVEAUX   Avec le Festival Vox   

Mercredi 14 juin – 20h – Théâtre de la Noue

 ROMAIN LEMIRE dans « Gaston moins le quart » : 10/8€

 

Mercredi 15 juin –  20h – Instants Chavirés 

ARLT/: BEGAYER  Tarifs : 12/10/8€

Vendredi 16 juin – dès 18h – La Parole Errante

Billet 1 jour : 17/12€ – Pass 3 jours : 34€

ATTENTION, L’ORDRE DES CONCERTS N’EST PAS REVELE

 BATLIK / FANCH / 

LE CABARET DES PAS PERDUS avec Camille Hardouin, Chouf, Lise Martin, Danny Buckton, Garance, Soizic Martin, Nicolas Joseph et Yvan Krivokapic

 & LES CRIEUSES PUBLIQUES

 
Samedi 17 juin – dès 16h – La Parole Errante

Billet 1 jour : 17/12€ – Pass 3 jours : 34€

ATTENTION, L’ORDRE DES CONCERTS N’EST PAS REVELE

 MIOSSEC / LA GREEN BOX / CAMILLE HARDOUIN  / RENO BISTAN / LES BALOCHIENS ALL STAR 

& LES CRIEUSES PUBLIQUES

Dimanche 18 juin – dès 13h – La Parole Errante

ATTENTION, L’ORDRE DES CONCERTS N’EST PAS REVELE

MARTIN TOUSEUL (spectacle jeune public à 13h30)

CHRISTIAN OLIVIER

MON COTE PUNK

BARBARA WELDENS

LES BALOCHIENS

& LES CRIEUSES PUBLIQUES

 

On réserve ici, clic sur le ticket concert:

 

Si vous ne connaissez pas ce festival très convivial, voici un aperçu des lieux où vous pouvez faire une pause (animée) entre deux spectacles, boire et goûter plein de bonnes choses bio et pas chères…

Photo ©NGabriel 2015

Camille Hardouin, Mille bouches…

9 Juin

 

Mademoiselle de Scudéry en son temps a imaginé un pays dans lequel on pourrait trouver tous les chemins de la vie amoureuse, qu’on pourrait dire assez décomplexée sous les mots policés des Précieuses, expertes d’une langue française brillant de mille éclats. Camille Hardouin est aujourd’hui la messagère du kaléïdoscope des sentiments, de tous les amours d’une heure ou pour la vie, comme un prisme qui capte un rayon de lumière et le diffracte en arc-en-ciel. On y trouve toutes les couleurs, elles se mélangent et s’enrichissent, se fondent et composent une nouvelle carte du Tendre, celle des filles d’aujourd’hui.

Camille Hardouin vient de publier son premier album. Et ses pareilles à deux fois ne sont font point connaître, et pour leur coup d’essai veulent des coups de maîtres. Celles et ceux qui l’ont croisée avant, quand elle était Demoiselle Inconnue, n’en ont jamais douté, Camille Hardouin est une pierre précieuse, émeraude, saphir ou rubis ? A vous de voir. Où ça ? Sur scène, dans quelques jours ce sera la soirée de sortie de l’album au Triton le 15 juin, et elle sera aussi au Festival TaParole, qu’il est superflu de présenter aux amateurs de spectacle vivant.

Ensuite, ce sera un entretien, ici même, une rencontre lumineuse il y a quelques jours, qu’un bête problème technique d’enregistreur a différée, mais j’en suis encore tout ébloui.

 

En attendant,  je vous invite vivement à aller sur ses pages de contes et d’histoires de vie, clic sur la guitare et vous y êtes, (Il me semble que c’est une Martin des années 50..)

Et un peu de musique pour vous mettre en amour comme on dit au Kébek…

Pour TaParole, c’est là, clic sur l’affiche, 

et le Triton, c’est ici, avec Le Pont des Artistes d’Isabelle Dhordain. Clic sur l’entrée;

Norbert Gabriel

 

 

Bernard Joyet à l’Arthé Café …

6 Juin

Depuis 10 ans , Maï et Marc attendaient ce jour, et il a tenu sa promesse. Il est venu chanter à Sauterre, dans ce lieu de spectacles vivants, au cœur du parc des volcans d’Auvergne, tout près de la Roche-Sauterre, point culminant des Combrailles .

Photos Martine Fargeix

L’Arthé café est une de ces maisons qui aiment les chansons, et quand on consulte la liste de tous ceux qui sont passés par là, de Rémo Gary à Serge Utgé-Royo, Yvan Dautin, Céline Faucher, Céline Caussimon, Frédéric Bobin et tant d’autres, on peut dire que c’est un lieu qui aime les bonnes chansons, un lieu chaleureux où l’on se retrouve entre amis, où les concerts se prolongent par un repas partagé .

Ce lundi soir, la salle de l’Arthé café était bondée pour accueillir comme il se doit Bernard Joyet , et je n’ai entendu que des louanges des spectateurs après le concert .

C’est avec un plaisir visible et des applaudissements fournis que Bernard Joyet a été accueilli, ainsi que son pianiste Christophe Brillaud . Habituel costume noir, chemise blanche, visage jovial auréolé de boucles argentées, sourire malicieux, il nous prend d’emblée par le cœur, enchaînant poèmes et chansons, entrecoupés d’anecdotes, voire de grandes réflexions philosophiques à tendances humoristiques de son cru

Beaucoup de chansons de son dernier album « Autodidacte » , sa fameuse « Bible » , une fiction revue etcorrigée , la très émouvante « Maria » :

Et comme un sablier je sasse et je ressasse/ Mes souvenirs froissés au placard de l’oubli/ Maria dans ma nuit passe et repasse/ Avec trois perles d’eau ça ne fait pas un pli …

« Le silence » : C’est la promesse de la nuit/C’est la forêt avant l’orage/C’est le jardin après la pluie/ C’est l’amertume avant la rage .

Et il nous a gratifiés de trois nouvelles chansons, en nous demandant: « Les nouvelles sont bonnes ? » Oui, les nouvelles sont bonnes .

Les chansons de Bernard Joyet ne sont pas des tubes, non, les tubes sont des objets creux, ce sont des chansons poétiques taillées à la pointe du cœur, avec des mots choisis qui ne sont qu’à lui et des mélodies sur mesure .

Tendre ou insolent, joyeux ou désenchanté, chroniqueur de l’air du temps, on l’a comparé aux plus grands, mais ce sont eux qui en parlent le mieux : Allain Leprest : … Des mots ciselés à l’extrême, du sens sans que la rime ciselée à l’extrême ne le gâche, de l’émotion pour vous étreindre et du rire vrai, sans complaisance...”

Anne Sylvestre :  Bernard Joyet ce n’est pas qu’un chanteur. C’est un humain fracassant et tendre, c’est un provocateur, c’est un consolateur, et un auteur magnifique. Courez l’entendre, ne le faites pas attendre.

Jean Ferrat :“… J’ai le sentiment de découvrir un “vrai” auteur. Quel profond plaisir j’éprouve, plus que cela d’ailleurs, une sorte de jubilation très intime…… Ceux qui ne le connaissent pas encore peuvent se réjouir : ils vont faire, comme moi, une vraie découverte… Ah les veinards ! …”

Je fais donc partie de ces veinardes qui ont découvert Joyet il y a quelques années déjà, et qui ne l’ont plus quitté des yeux et des oreilles .

Je l’aime pour ce qu’il est, pour ce qu’il donne , et aussi parce que, comme Yves Jamait et bien d’autres, il est de ceux qui viennent d’un milieu populaire, qui ont travaillé eux-même en usine, et se sont construit une culture personnelle, rebelles à la culture formatée et anesthésiante d’une société bien pensante. Ceux qui écrivent à l’encre rouge dans la marge :

Les saisons fusent sans raison/Je ne crois pas leur stratagème/J’improvise le temps que j’aime/Jusque derrière l’horizon/ Je demande leur nom aux fleurs/ Infatigable autodidacte/ Dans ce théâtre sans entracte/ Je siffle le fil du souffleur/Je suis l’éternel débutant/ J’apprends grain a grain mon vignoble

Quant à Christophe Brillaud , il nous a agréablement surpris et enchantés par son brio et sa façon de se couler dans les mots de Bernard Joyet . Il a fort bien joué le jeu, et nous a même éblouis avec un concerto de Rakmaninov qu’il a promené un peu partout dans le monde et qu’il a joué pour nous, sur l’invitation de Bernard Joyet .

Encore une de ces soirées magiques dont on se souviendra . Merci à Bernard d’être venu nous « enjoyer » dans ce trou de verdure où chantent les meilleurs .

Merci à Maï et Marc d’avoir provoqué cette soirée, et pour leur infatigable envie de mettre à la portée de tous ce qui se fait de mieux en chansons .

Merci à Martine Fargeix pour son amicale et efficace collaboration , et surtout pour ses photos .

Merci à Norbert Gabriel qui malgré son année Saravah* prend toujours le temps de mettre son doigt expert dans l’oeil pour peaufiner les articles .

Danièle Sala de Mozac

Arthe café | Café concert rural – salle de spectacle – « Sauterre …    Clic sur l’image, et vous y êtes
 Le site de  

Bernard Joyet – Auteur-compositeur-interprète—->

 

 

Et pour quelques images de plus,

*Saravah, c’est ça …

Les dimanchanteurs…

6 Juin

 

Vous connaissez? Si oui, passez directement au bas de l’article clic sur le théâtre, et vous y serez.
Si non, en voici la présentation par son créateur,  le sémillant Patrick Engel, activiste bien connu du spectacle vivant et chantant.
 
 L’idée, toute simple, est de partager régulièrement en chansons les découvertes de mes pérégrinations nocturnes avec un public curieux, ouvert, chaleureux et sympathique, en bref avec vous !    
Et cela le dimanche après-midi, dans une ambiance détendue et dans un bel endroit hors-norme ou souffle l’esprit : la Pension Thénardier, un chouette lieu de culture et de vie en plein essor…
 
Les plus chanceux ont déjà pu y écouter Eskelina (+ Clio), Benoît Dorémus (+ Patrice Mercier), Liz Van Deuq (+ Gauvain Sers), Antoine Sahler & Lucrèce Sassella (+ Marie Baraton), Angèle & Bastien Lucas (+ Mèche) ou encore Sarclo et Joël Favreau en chair et en notes.
La dernière date ayant dû être décalée in extremis pour cause d’une certaine élection présidentielle,  nous sommes heureux  de pouvoir enfin vous présenter sur scène l’incontournable Louis Ville et son bel univers brut de décoffrage (ainsi qu’en première partie la talentueuse Lizzie)       
 
Réservation obligatoire  dans la limite des places disponibles.

(Faites le tout de suite, ça sera fait !)

Un bar fort convivial sera à votre disposition, parce que quand même…
Participation au chapeau, en libre responsabilisation.  Pensez à vous munir de quoi remercier les artistes.
 
Prochain rendez-vous le dimanche 25 juin au 19, rue Girard, à deux pas du métro « Croix-de-Chavaux » (sortie « Marché »).
Ouverture des portes à 16 heures précises, début du spectacle vers 16h30.
 
Mais,  mais, MAIS…… Peut-être ne connaissez-vous pas Louis Ville? Dans ce cas, faites un tour dans les petits papiers d’hier, entre autres, celui-ci,
Clic sur l’artiste  —->
 Norbert Gabriel