Hexagone printemps 2018

4 Avr

 Pour tous ceux qui aiment la scène vivante, les meilleurs artisans de la chanson, les réflexions, les points de vue, les échanges et actions diverses autour de la chanson, les lieux qui l’accompagne et la font vivre, toute l’actualité, sorties d’albums, spectacles vus ou à voir, avec sérieux, un zeste d’humour,  des photos sublimes, et même des dessins, un beau livre, avec une couverture épaisse qui peut trôner dans nos bibliothèques, Hexagone le mook est incontournable. Et nous en sommes au numéro 7, Printemps 2018, et ce numéro marque une ouverture vers d’autres arts, comme l’annonce David Desreumaux dans son édito, avec la rencontre de Serge Rezvani, peintre, romancier, poète… Et auteur de chansons , entre autres, le tourbillon, chanté par Jeanne Moreau, dans le film de Truffaut Jules et Jim.  Il se dit amateur au sens noble du terme, mais a quand même obtenu deux fois le Grand Prix de l’académie Charles Cros ! Et la chanson tient une place importante dans sa vie :

Certaines chansons pendant la guerre m’ont marqué, et si je les entends ou si je les rechante c’est un peu comme la madeleine de Proust : tout d’un coup tout revient de manière extraordinaire, et je pense qu’il y a peu de choses aussi aussi fortes qu’une musique, une chanson qui a marqué un certain moment de votre vie.

Parenthèse d’humour en ouverture, celle là, je l’aime bien :  La victoire de la Musique dans la catégorie «  artiste féminine » n’a pas été décernée à Orelsan.

Un  rencard avec Loïc Lantoine, par Roxane Joseph, un artiste hors cadre qui sait saisir les opportunités et avancer avec aisance dans ce monde très codé de la musique.Loïc Lantoine qui a remporté avec le Toubifri, Very Big Experimental Toubifri Orchestra,double album et concerts dans toute la France, le Grand prix scène de l’Académie Charles Cros.

Photo Vincent Josse

On s’intéresse ensuite au patrimoine en danger, avec Clémentine Deroudille, qui pose la question : Quand verrons nous un musée de la chanson ouvrir en France qui permettrait de recenser, restaurer, conserver et présenter ces trésors inestimables. Objets, manuscrits, affiches, photos, costumes, lettres, appartenant ou ayant appartenus à nos chers artistes, et qui sont dispersés un peu partout.  On a vu, avec le succès des exposition Brassens, ou Barbara, qu’il y avait un public pour ça.

Chanson & Poésie, Quand la littérature prend l’air, regards croisés d’écrivains et poètes sur les rapports entre poésie et chansons, conçus par David Desreumaux et Patrick Engel.

Poètes, pas poètes, le débat est aussi vieux que l’histoire de l’expression humaine, nous dit par exemple Olivier Chaudenson, directeur de la Maison de la poésie. Ne pas nier les différences, certes, mais ne pas les hiérarchiser non plus…Rappelons toutefois que les plus grands poètes ont écrit des chansons : Prévert, Aragon, Mac Orlan… Nous rappelle Philippe Delerm.

Stéphane Hirschi, professeur de littérature française moderne à l’université de Valenciennes, qui a inventé une discipline universitaire, la cantologie, raconte cette longue histoire depuis la rencontre de la poésie et de la chanson, Sous la bannière du lyrisme, poésie et chanson se rencontrent six siècles avant JC. En grèce, Pindare et Sapho expriment leurs sentiments en vers : rythme et mélodie… Jusqu’à nos jours, pour conclure : Oser faire fredonner des règles qu’on bouscule, qu’on déplace, qu’on met en perspectives nouvelles, ne serait-ce pas cela, la rime profonde entre poésie et chanson ?

D’ailleurs demande Matthias Vincenot, poète :Un poète sait-il forcément écrire des chansons ? En précisant qu’il ne faut pas confondre la poésie avec la poétique.

Et En quoi l’écriture d’une chanson peut-elle différer de toute autre écriture ? Demande le parolier Jean Fauque.  

Et c’est avec Olivier Chaudenson, qu’on revient pour mieux connaître la Maison de la poésie, devenue un lieu singulier, ouvert à tous les genres littéraires, avec beaucoup de musique et beaucoup d’images. Un lieu de création, une maison en mouvement, qui tend à rattacher la littérature au spectacle vivant, sans étiquetage, avec comme première urgence de reconnecter la poésie, la littérature, à un public plus large : ça me semble très naturel de dire que la littérature est un art vivant.

Et puis, les différentes formes d’écriture ne s’opposent pas. Elles se complètent, s’apportent l’une à l’autre, et aujourd’hui se rencontrent sur scène, précise Marie Modiano, qui se définit quand à elle comme une musicienne qui écrit de la poésie et des romans…Ou bien le contraire, qui sait ?

Quel que soit le procédé artistique, il existe par le fait même qu’il s’offre au monde. La chanson existe ainsi en ce qu’elle entre dans le domaine public. Ajoute Barrio Populo.

Et pour Sophie Nauleau, Docteur en littérature française, et directrice du Printemps des poètes, on ne peut plus dire que la chanson est un art mineur, quand on voit tous les plus grands poètes qui sont  chantés.

La chanson, c’est aussi l’affaire de Miss Knife, chanteuse de cabaret, à ne pas confondre avec son double, Olivier Py,  poète, romancier, directeur de l’Odéon, puis du festival d’Avignon. Deux carrières totalement séparées. Miss Knife est une chanteuse et fait du music-hall depuis 25 ans : chanter des chansons, ça répond mieux aux questions que des livres sérieux.

C’est avec Marie-Thérèse Orain que nous avons ensuite rendez-vous, pour la partie un de la collection de printemps, propos recueillis par Flavie Gerbal.

Une vie bien remplie pour cette comédienne pleine d’énergie, qui, à force de belles rencontres, notamment avec Patachou, a réalisé son rêve, après avoir traversé toutes les vagues musicales possibles et inimaginables, depuis ses débuts en 1962, se consacrer uniquement à la chanson et à la scène, et c’est au forum Léo Ferré, à Ivry que son CD Intacte a été enregistré en 2015. Textes choisis pour leur qualité, plutôt que sur la notoriété de l’auteur, on trouve sur ce CD, Anne Sylvestre, Léo Ferré, Jacques Debronckart, Claude Lemesle, Gribouille, Pierre Tisserand, Anne Sylvestre.

Une invitation de Malorie D’Emmanuele à écouter Un Camp, EP de 4 titres de Makja,( maquis, en corse) un regard sur cet artiste qui a décidé de créer, seul, un projet musical. Création d’un espace d’échange aussi bien humain qu’artistique. Il se définit comme un artisan des mots, aux influences électro ou symphoniques, je découvre, et j’écoute : Car née de doutes / Ma musique est fille de sentiers / Dans cette vie de virages / Inconstante est la mise en pieds…

Karine Daviet, elle, nous raconte le parcours de Gael Faure, de son Ardèche d’enfance à Paris, en passant par La Nouvelle star, sans en tomber dans les pièges, il a pris son temps, avec une force tranquille : prendre son temps est le plus sûr des chemins. Et son idée c’est de montrer que l’authentique peut revenir à la mode sans forcément être ringard.Son deuxième album, Regain, sorti en janvier 2018, raconte ce voyage intérieur.

Chic & Choc, c’est Gervaise, vue par Flavie Girbal, Gervaise l’ultraféminine, pourfendeuse de clichés à tout crin, qui vient de remporter le prix du public et le prix Catalyse Georges Moustaki.

SANSEVERINO-CLICHY-29-01-2018-©david-desreumaux-2-1300x867

Photo DDesreumaux

Et, surprise ! C’est Mad, l’affreux jojo du Rosbif saignant qui nous propose un Sanseverino servi chaud en le présentant comme un Bluesman facétieux : Connu et reconnu comme chanteur populaire et musicien hors pair, Stéphane Sanseverino se la joue Bateleur Joe avec son huitième album Montreuil/Memphis. Surtout ne pas lui mettre d’étiquette, comme celle de jazz manouche qui lui colle à la peau depuis des années, alors qu’il n’a fait que deux albums sur huit de ce genre, lui aime le changement, se marrer, mais pas que : Faut qu’ils s’y fassent, je ne suis pas juste un amuseur public.

Une fiche pratique, très drôle bien qu’étant réaliste sur les ficelles du métier, Les premières parties, par Boule. Un petit exemple : Avant de partir, PENSEZ à VIDER les FRIGOS des loges en guise de DEDOMMAGEMENT, ainsi que les corbeilles de confiseries et autres barres chocolatées. VOS enfants seront contents.

Toujours beaucoup d’albums récents chroniqués, Un florilège d’Anne Sylvestre 60 ans de chansons en 3 CD-45 titres, Juliette : J’aime pas la chanson, Frédéric Bobin :  Les larmes d’or, Les hurlements de Léo : Luna de papel, Môrice Benin : L’inespéré entre les lignes, Jules Nectar : Nos rêves, Pigalle : Ballade en mélancolie, Les Escrocs : Super-héros, Dominique A : Toute latitude, un CD-DVD de Michèle Bernard : Scène & canapé, pour ne citer que ceux que j’ai écoutés, et des dizaines d’autres à découvrir. Qui dit que la chanson française se porte mal ?

Et est-ce-que C‘était mieux maintenant ? Pour Jules qui se la joue nostalgique du quatrième album des Satellites intitulé 4, c’était bien avant, aussi … 25 ans déjà, et il se referait bien un concert avec eux dans son jardin.

Un grand dossier de 17 pages est consacré à Zaza Fournier, entretien avec David Desreumaux, Née  d’une mère hollandaise et d’un père marseillais, elle regrette Paris d’où elle est partie à l’âge de 10 ans, pour vivre une adolescence morose dans un petit village de l’Oise, où ses refuges sont la littérature et la musique, puis c’est la révélation, avec un 20/20 pour un passage du Cid récité au lycée, elle prend au sérieux son désir de théâtre, et s’inscrit au Cours Florent, puis vient à la chanson par amour, faut dire qu’elle s’était entraînée, à 12 ans, enfermée dans sa chambre, à chanter tout Piaf avec pour seul micro sa brosse à cheveux ! C’est un garçon qui m’a fait chanter pour de vrai la première fois. C’est par amour. Ce garçon, c’est Jack Lahana, aujourd’hui son compagnon, et réalisateur de ses deux premiers albums. La chanson par la scène précise t-elle : Avec la scène, j’ai l’impression d’être en état de recherche permanent.

A la question qui vient comme ça, au cours de l’entretien : Si tu te demandes si tu seras encore chanteuse à 60 ans , elle a une jolie réponse : Tu sais, c’est comme les gosses qui courent au bord de la falaise et qui n’ont pas peur. Tout à coup tu grandis, tu vieillis, et tu as le vertige.

Le regard extérieur sur Zaza Fournier, c’est Arièle Butaux, musicienne, écrivain, femme de radio.

Elle aime tout de Zaza Arièle : J’aime chez Zaza La précision du trait, la miniature parfaite, la mélodie qui va te rester dans la tête comme une bonne vieille chanson italienne. Ses chansons sont en technicolor : ça claque, ça porte, ça secoue !

Et l’on continue avec Zaza Fournier et son nouveau spectacle : Le déluge. Un spectacle théâtre / chansons qui raconte le déluge intime qui bouscule et fait surgir le sauvage qui sommeille en chacun de nous, est il possible d’être libre et ensemble à la fois ? Le déluge pose cette question : peut on être à la fois libre et ensemble, profondément soi-même et avec les autres ?

Trois filles sur scène, avec Diane Villanueva aux percussions et Juliette Serrad au violoncelle, pour un spectacle qui devrait marquer les esprits.

Pour clore le chapitre Zaza Fournier, paroles et musique de La jeune fille aux fleurs, que l’on peut aussi écouter sur Youtube, ou encore mieux sur son album Le départ : Si tu as le cœur blessé / Offre moi des fleurs séchées / Des lys ou du mimosa / Si tu rêve encoe de moi / Si tu t’en vas sans regrets / Quelques brins de serpolet…

logo_Moustaki_rond-3Retour en image sur le huitième Prix Georges Moustaki, avec de superbes photos de Chantal Bou- Hanna et Frédéric Petit, les finalistes, Gatica, prix du jury, Gervaise, prix du public, Mehdi Krüger prix de la selection FestiScib, For The Hacker, lauréat de la sélection FrancoFans.

Et c’est avec Jacques Bertin que je prends un malin plaisir à décrypter ses réponses aux questions de Nicolas Brulebois. Entretien qui a lieu entre Mouffetard et Contrescarpe : quartier de pauvres, d’aventuriers et d’artistes.

Parmi ses projets, un qui lui tient à cœur, la maison de l’histoire de la chanson, un beau projet qui est aujourd’hui en bonne voie, puisqu’il semble que le ministère de la Culture ait la volonté de s’impliquer, et un projet d’album humoristique qui pourrait s’intituler : Chansons à la con, étonnant, non ? Il parle aussi de son dernier album, plus varié que les précédents, avec moins de musiciens, pour raisons économiques. Il y a un poème de Valery Larbaud que j’aime beaucoup,  Voeux d’un poète :

Lorsque je serai mort depuis plusieurs années,
Et que dans le brouillard les cabs se heurteront,
Comme aujourd’hui (les choses n’étant pas changées)
Puissé-je être une main fraîche sur quelque front !
Sur le front de quelqu’un qui chantonne en voiture
Au long de Brompton Road, Marylebone ou Holborn,
Et regarde en songeant à la littérature
Les hauts monuments noirs dans l’air épais et jaune.
Oui, puissé-je être la pensée obscure et douce
Qu’on porte avec secret dans le bruit des cités,
Le repos d’un instant dans le vent qui nous pousse,
Enfants perdus parmi la foire aux vanités ;
Et qu’on mette à mes débuts dans l’éternité,
L’ornement simple, à la Toussaint, d’un peu de mousse. 

(Valery Larbaud, Les Poésies d’A.O. Barnabooth, 1913).

 

Une autre chanson : La vague évoque le sort des migrants, que la France a du mal à gérer.

On en sait plus sur sa façon d’écrire ses chansons, et de les travailler avec sa guitare, son passé de chroniqueur à Politis, et les polémiques suscitées par certaines chroniques, son respect pour les anarchistes, qui sont dit il, respectueux et bien élevés : je les trouve humainement corrects, honnêtes, contrairement aux trotsk’s , mao, ou stals, pour qui il ne serait qu’un petit bourgeois, un salopard.

Parmi les découvertes de printemps, à noter chez EPM Musique, deux albums majeurs, Ziaco : Né en voyage et Les cyclamens de Pierre Margot qui sera en concert au Lavoir Moderne Parisien, les 1er et 2 juin.

Coffees & Cigarettes et leur Hop’n’roll fantasy n’échappent pas au regard de David Desreumaux, Renaud Druel affirme ne pas être capable d’écrire autrement qu’au travers d’images

Claire Pommet, alias Pomme, elle, est une belle promesse, selon Dora Balagny.

Elle a déjà des kilomètres de concerts au compteur, depuis ses débuts musicaux en famille, son coup de cœur pour l’autoharpe : J’aime l’esthétique de l’autoharpe, sa sonorité un peu elfique, ses classes vocales de dix ans dans une chorale, jusqu’à ses premières parties de Benjamin Biolay, Yael Naim ou La Grande Sophie, et son premier album sorti en octobre dernier. Elle sera en concert au Printemps de Bourges le 28 avril, et à La Cigale le 20 juin.

Et ce sont des Embruns de chansons nous viennent de Ronan, sous le regard de Michel Gallas. Ronan, qui, ayant fait l’expérience de plusieurs groupes, Toultoutim, avec Jules Nectar, et un album en 2011, comme accordéoniste des NotaiRes et des Maristo pour trois albums, en tant qu’ACI pour le quintette Les Vents Malins, dont il sortira un EP,  crée ensuite un répertoire plus plus intimiste et personnel : il chante des histoires de la vie et de rêves enfouis dans un vocabulaire imagé et singulier, et nous transporte dans une poésie réaliste où les mots s’entrechoquent et se percutent. Volutes, son album autoproduit sorti en 2017 est chroniqué p. 64 d’Hexagone n° 4 .

Et toi tu fais quoi ? C’est le titre du premier album de Joëlle Saint-Pierre dont Flavie Girbal nous fait le portrait. Elle nous vient du Québec, c’est fou ce qu’on aime la chanson francophone là-bas ! Mais dit-elle : Je me sens extrêmement moins chanteuse que musicienne. Et comme elle ne peut pas trimbaler son marimba partout, c’est son vibraphone qui l’accompagne dans ses tournées. Le vibraphone convoque le nord magnétique et les grands espaces enneigés.

Encore une belle découverte,  Phanee de Pool, la slapeuse à part, qui a rendu son arme et sa carte de policière fin 2017, pour se consacrer à la chanson, avec une immense envie de croquer la vie : Je suis une gourmande, j’ai envie de jouer partout, dans des lieux insolites…comme un poulailler… Et déjà reconnue, elle a remporté le prix du public et quatre dates de concerts au concours de La médaille d’or de Saignelégier.

Un petit tour à Lyon où il y a des lieux sans lesquels la chanson ne serait pas ce qu’elle est, et A thou Bout d’Chant est de ceux là. Avec Karine Daviet comme guide. Marc David et Frédérique Gagnol ont fait de ce lieu une place forte de la chanson, et Lucas et Matthias ont repris cette salle en 2015,  avec des choix qui reflètent la diversité musicale de la chanson française et de la modernité.

Et une visite guidée de La Manufacture Chanson, société coopérative d’artistes au service de la chanson. avec David Desreumaux, et son gérant Stéphane Riva. Un lieu, des professionnels qui accompagnent, forment, conseillent, sont le lien avec de nombreux partenaires, festivals, actions artistiques auprès de différents publics et différents lieux, leur objectif : permettre aux artistes de transmettre et de partager leur passion de la chanson.

Photo DR.

Et si nous allions rendre visite à Serge Rezvani, en plein cœur de Pigalle où il vit avec sa compagne depuis quinze ans, l’actrice Marie-José Nat ?  C’est David Desreumaux et Flavie Girbal qui nous y invitent. Peintre, graveur, écrivain ( plus de 40 romans, 15 pièces de théâtre, et deux recueils de poésie), et auteur-compositeur-interprète de chansons, auteur de la célèbre chanson du film Jules et Jim chantée par Jeanne Moreau : Le tourbillon de la vie. Alors, touche-à-tout ? Non, dit-il : Tout me touche, ne pas se répéter, faire toujours la même chose, même si ça va à l’encontre du marché : je suis curieux de ce que je ne sais pas, je dis souvent que j’ai plusieurs arcs à ma flèche, je dirais que c’est toujours la recherche de ce que je ne sais pas en moi et en nous tous, parce qu’on finit toujours par être des portes-parole.

Pour finir en râlant, le Rosbif saignant de Mad, qui raconte les péripéties de son concert, avec Monique, sortie conseillée par Hexagone : On m’y reprendra à suivre Monique dans ses sorties conseillées par Hexagone. Pour voir des voleurs de poule de cet acabit, ce sera sans moi ! Je n’en dirai pas plus, sinon que les voleurs de poule sont Sanseverino et ses musiciens ! Voir l’article de Mad p 48.

Voilà un petit aperçu de tout ce que vous pourrez découvrir en long et en large dans ce numéro de printemps d’Hexagone , sans oublier deux festivals importants dans les semaines à venir, Festiv’en marche du 17 au 21 mai à Mouhet ( 36), avec Rémo Gary, Melissmel, Bernard Joyet, Boule, Eric Mie, Lucie Manusset, Zoé Malouvet, Les frères Scopitone. Et L’air du temps aux Bains-Douches de Lignère-en-Berry, avec Sandra Nkaké, Anne Sylvestre, Sanseverino, Loïc Lantoine, Magyd Cherfi, Frédéric Fromet, Babx.

Bel été en musique et en chansons, d’écoutes en lectures, de bars en bistrots, de scènes en scènes, de festival en festival !

Pour savoir ce qu’il en est du super mook Hexagone et l’avoir chez vous, demandez à Flavie,

et elle vous répondra, c’est une fille bien élevée –>

 

 

 

 

Pour la web radio Hexagone, c’est là ->

 

 

 

Danièle Sala

 

 

 

Publicités

Cabaret Barouh …

2 Avr

Il me semble entendre la voix de Pierre Barouh qui murmure, les rendez vous d’ailleurs, c’est tout-à-fait ce qui me plait pour prolonger l’art des rencontres…

Et puis si Pierre est ailleurs il y aura son pianiste, Pierre-François Blanchard, qu’on voit ici dans ses oeuvres… Tout est précisé ci-dessous, on réserve et on y va.

Norbert Gabriel

Urbain Kinga, C’est une parisienne…

30 Mar

La parisienne

Urbain Kinga. On ne sait pas grand chose de lui, sinon qu’il continue son bonhomme de chemin en chansons, et en musique, avec talent, très discret, mais toujours amoureux, des femmes, qu’il aime belles au naturel, de la vie, avec une philosophie de la sagesse universelle et mystérieuse à la fois. Humaniste sans être moraliste. Toutes ses chansons ici encore en témoignent, le thème principal étant l’amour : L’amour est une énergie qui fait vivre, nous dit il.

Il en est à son quatrième album. Après Kercy en 1993, Zouc Frisson en 1998, et Maison hantée en 2012,  C’est une parisienne, dix chansons, dont deux reprises des précédents album, Belle au naturel, et Dis lui.

Album qui commence par un remerciement, la santé est ici représentée par la marche  :  Marcher, nous marchons tous / Chacun son rythme, certains avec assurance… Merci aux professionnels de santé, ces femmes et ces hommes qui nous aiment et nous soignent.

Et l’on entre dans la danse, sur des musiques aux multiples couleurs. Urbain, comment qualifierais-tu ces musiques ?

 Pop-musique teintée de  rock, funk, et world- Music .

Merci pour ces précisions. Pas très bavard, Urbain !

Pour en savoir un peu plus sur l’univers musical d’Urbain Kinga, c’est son arrangeur Grégory Boutinon, que j’ai alors questionné, voici sa réponse, et merci à lui :

  • Cela fait plusieurs années que nous travaillons ensemble avec Urbain Kinga, depuis l’album « Maison hantée » (2012). Généralement, Urbain apporte des idées de textes et mélodies que nous retravaillons ensemble. Dans un premier temps, nous essayons les chansons piano/voix, puis essayons d’envisager leurs univers sonores. Nous avions la volonté pour ce dernier opus de nous orienter vers des couleurs  un peu moins rock que précédemment, en explorant des couleurs funk, électro, musiques du monde. Les instruments choisis ont découlé de cette volonté, avec des machines pour les rythmiques, des synthétiseurs, mais aussi des guitares acoustiques, électriques, des percussions traditionnelles. 

En tout cas, ça balance pas mal ! Même la parisienne danse le Kassa, sur une musique virevoltante rythmée par le djembé et le dunun, et ça fait vibrer !

La parisienne, une femme libre, au cœur généreux, aux yeux pleins d’amours, : à la beauté sauvage elle fait rêver / Au caractère libre elle fait rêver… Mais noon noon noon… Inaccessible ?

Invitation à la danse, invitation à s’aimer :

Aimez-vous : Aimez-vous sans détour / Vous irez bien. Dans ce monde qui brûle / aimez vous, vous irez mieux / …Sans détour, j’en suis fier / Sans détour, je vous aime / Croyez moi, sans manière, sans filet / Je vous aime.

Aimer rend les femmes plus belles : Aimer sans rien attendre / Aimer sans rien espérer / Aimer tout simplement / Tu seras plus belle.

Ah ! Nos histoires d’amour !  Nos moments d’enfance, ancrés dans nos mémoires / Nos histoires d’amour restent gravées dans nos mémoires / On l’appelle madame depuis des années / Elle en rêve encore de son premier amour…

Mais comment lui dire, comment leur dire, à toutes ces femmes, aux yeux bleus, verts,  marrons, ou noirs, alors, Dis lui, toi : A cette femme si belle qui danse, qui sourit, qui a de jolis yeux / Dis lui qu’elle a de très beaux yeux / Dis lui qu’elle a un très joli sourire / Mais comment faire ?

L’amour, toujours, même après une déception : Mais pourquoi je t’aime ? La vie semble s’arrêter après une déception / La vie semble s’arrêter après un chagrin d’amour…Mais Il y a des raisons que la raison ne connaît pas. ..Et je me demande pourquoi je t’aime…

Ce ne sont pas les filles formatées à l’idée d’une beauté artificielle qu’il aime, non, il aime la femme Belle au naturel : Tu es belle au naturel, tu es belle au réveil, je t’aime comme tu es, malgré la nuit qui s’invite, ton regard n’a pas changé…

C’est l’amour qui mène la danse tout au long de cet album, avec ses interrogations, ses joies et ses peines, très agréable à écouter, ça met des fourmis dans les pieds, et du baume au cœur.

On peut se procurer l’album d’Urbain Kinga en lui envoyant un message privé sur Messenger, son facebook : https//fr-fr.facebook.com/public/Urbain-    Kinga

Des extraits de l’album sont disponibles sur SOUNDCLOUD .COM

https://fr-fr.facebook.com/public/Urbain-Kinga

https://soundcloud.com/urbain-kinga/urbain-kinga-aimez-vous-extrait

Danièle Sala

Interprètes et Claud Michaud, et Elles…

29 Mar

C’était pour la sortie officielle de son nouvel album, Comme si j’avais des Elles ..

Claud Michaud a offert mardi une très belle soirée au cours de laquelle il a interprété des chansons écrites par des femmes et ce fut la redécouverte de ces paroles&musiques, rajeunies, réactualisées, non pas que les versions originelles par leurs auteures soient obsolètes, mais inconsciemment, on les relie à leur année de naissance. Et lorsque Claud Michaud les chante, elles sont d’ici et maintenant. Et elles prennent un relief nouveau. Avec « De la main gauche » marquée par la voix de Danièle Messia,  sa touche féminine, son timbre frémissant, un peu voilé, une voix aux nuances violettes*, Claud Michaud apporte sa voix virile de baryton, et pourtant la fragilité est sous-jacente.

Parmi les redécouvertes, il y a La petite fugue  écrite à deux mains Catherine et Maxime Le Forestier, et chantée à 3 voix, celle de Claud Michaud, celle de Clélia Bressat-Blum – l’excellente partenaire pianiste- et la voix de son piano, une merveille de musicalité..

Photos NGabriel 2018

Après les chansons de l’album, Claud Michaud prolonge la soirée en guitare voix, avec un bonus très spécial en rappel:  Moi mes souliers … en polonais… ça change du joual … ou du ch’ti de nos amis des Hauts de France, nouvelle nomenclature de cette  région chère à Christian Camerlynck qui prend le relais dans deux billets dont il nous fit la primeur en début de soirée. Et dans ce moment de prolongations, un de ces petits miracles du spectacle vivant, un sifflement très doux venu de la salle accompagne le chanteur dans un duo spontané, harmonieux  et inattendu..  Un vrai moment de grâce …

La chanson art populaire majeur ?

La chanson est peut-être un art mineur,  je n’en sais rien et je m’en fiche parce que je sais que c’est le seul art ou on n’a  pas forcément besoin d’apprendre le solfège, ou un instrument de musique. La chanson, c’est le plus grand dénominateur commun des arts. Chacun peut se la voler et se la garder rien que pour soi. Bien sur qu’il y en aura d’autres qui chanteront la même chanson mais pas pour les mêmes raisons. Chaque chanson entre, un jour, dans le jardin secret de quelqu’une, de quelqu’un.  Une chanson c’est un chant d’amour, mais c’est aussi un cri de colère, un cri de guerre contre le malheur et les souffrances. Les chansons sont des mots dont on se souvient grâce à une mélodie, grâce à une petite musique de nos jours et de nos nuits. Des mots qui nous disent, sans qu’on ait besoin de se raconter.
C’est une berceuse que l’on chante aux autres pour dire : tendresse, douceur, bonheur, vivre.
C’est une berceuse que l’on se chante à soi-même comme un « doudou d’enfant » que l’on serre sur le coeur avant de s’endormir.
C’est une petite chanson que l’on chante pour se donner du courage pour le jour qui nait.
Ce sont musiques et paroles qui s’envolent à la rencontre d’autres musiques, d’autres langues, d’autres cultures.

La gloire des interprètes…

Un interprète c’est quoi ? C’est un voleur de chanson des autres, c’est un usurpateur, un imposteur. C’est aussi un artisan des mots et des mélodies qui écrit, compose des tours de chant, qui fait un patchwork avec les mots des autres et qui, réunissant la chanson d’une telle la marie avec la chanson d’un tel et engendre alors un regard différent.  Un regard, une écoute différente. J’ai posé la question à l’ami Bruno Ruiz et il m’a dit : « C’est un serveur qui commence par se servir lui-même » Je suis assez d’accord et il goûte les plats avant de les servir.

Certains même écrivent des spectacles complets, racontent des vies avec les chansons des autres et c’est passionnant. Madame Raymonde (Denis D’Arcangelo), Laurent Viel, Elsa Gelly….)  

Qu’auraient été les chansons de Gilles Vigneault, de Ferré sans Catherine Sauvage, les poèmes et chansons de Prévert et Kosma sans Cora Vaucaire, Yves Montand, celles de Debronckart sans Marie Thérèse Orain. Aragon et Ferrat sans Francesca Solleville.

Johnny Hallyday en personne était surtout un interprète. Piaf était une interprète d’abord, elle a écrit des chansons, certaines très célèbres, La vie en rose, pour Marianne Michel, et L’hymne à l’amour, pour elle, mais elle a toujours fait appel à des auteurs multiples pour enrichir sa palette d’interprète, et Colette Renard et Patachou…

Les interprètes sont rarement mis en valeur. Il serait temps d’en parler ils gardent, préservent et font vivre le patrimoine chanson

J’ai entendu Anne Sylvestre dire , « et pourquoi les femmes chantent des chansons écrites par des hommes ?.  Aujourd’hui les chansons d’Anne Sylvestre sont chantées par de nombreux interprètes femmes ou hommes et c’est tant mieux.

PS : Demande-t-on à un comédien de réécrire Molière, Shakespeare, Dumas, Feydeau, Courteline, Guitry, NON Alors pourquoi le demander aux chanteurs ?

Christian Camerlynck

Tout est dit et bien dit, et j’ajoute ces vers de Moustaki

Tu me diras que j’ai tort de chanter
La révolution et la liberté,
Que tout cela ne sert à rien,
Que ce n’est pas encore pour demain …
Tu me diras que j’ai tort ou raison,
Ça ne me fera pas changer de chanson,
Je te la donne comme elle est,
Tu pourras en faire ce qu’il te plaît.

Avec la voix des interprètes qui font vivre ces chansons…

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu,  leurs chansons courent encore dans les rues..

Last, but not last, dans ses remerciements, Claud Michaud a salué avec chaleur une photographe qui le suit depuis quelques années, Chantal Bou-Hanna  dont voici une de ses photos de l’artiste… et pour en voir d’autres, clic sur la guitare.

*Herbert Pagani demandait à ses compositeurs des accords « rouge-orange »  des harmonies « jaune d’or.. »  et ça marchait..

Norbert Gabriel

*

La vie en rose à travers le monde…

26 Mar

Autre chanson française (sans équivoque*) qui  fait le tour du monde dans différentes voix et dans différents courants du jazz… Presque 2000 versions connues à ce jour… Pour mémoire, et l’histoire de cette chanson, clic sur la partition.

 

En tête de play-list, la grande Melody Gardot, qui comme son nom ne l’indique pas est américaine

Melody Gardot

 

et en tête de liste pour le jazz instrumental, mais pas que, Louis Armstrong en 1950

 

Anat Cohen (Clarinette, Sax sœur d’Avishai Cohen )

 

RichardGalliano et Winton Marsalis

 

Sophie Milman

 

Le Maître Jazz Manouche, et María Eugenia Lauría

 

Marlon Geles – Sax

 

Audrey Hepburn

et en français

 

 

Et aussi en français par l’excellente Rhiannon Giddens dans une version d’une grande élégance, mais pas spécialement folk (Rhiannon étant une des grandes du blues et du folk, certains voient du folk partout..  )

 

 

 

Joséphine Baker

 

Iggy Pop

 

ZAZ (un des relais contemporains les plus efficaces de la chanson française , c’est une des artistes qui bat des records avec ses tournées à l’étranger)

 

Daniela Andrade

 

Madonna

 

Grace Jones

 

Lady Gaga

 

Laura &Anton

Marlène Dietrich

 

Diane Dufresne la plus .. tout …

 

Au gré de ces écoutes, vous aurez le loisir de découvrir pas mal d’autres choses, mais pour finir, voici la créatrice de cette chanson…

Marianne Michel

Norbert Gabriel

 

  • * chanson française « sans équivoque »  car identifiée clairement, ce qui n’est pas tout-à-fait le cas de « My way »  Comme d’habitude, perçue souvent comme américaine. Idem pour  » La Mer  été adaptée en anglais par Jack Lawrence en 1946 sous le titre Beyond the Sea, interprétée notamment par Bobby Darin en 1960 et George Benson en 1984. On dénombrait en 2001 près de 4 000 interprétations de cette chanson en différentes langues, mais sous le titre Beyond the sea le plus souvent.

Pierre Margot, Kamaïeu Les cyclamens…

25 Mar

 

Oui, ça valait le coup de patienter deux ans, ( depuis la souscription), pour enfin écouter ce florilège de chansons, écrites entre 1995 et 2017 .

Je n’ose présenter Pierre Margot aux lecteurs de ce blog, on a tant parlé de ses prouesses dans divers domaines ici-même. Artiste aux multiples talents, musicien,  quelques soixante musiques originales composées pour le théâtre, et autres spectacles, comme la danse contemporaine, et c’est surtout avec le piano qu’il compose pour ses chansons, acteur, metteur en scène de spectacles musicaux, grand chambellan des nuits de la pleine lune, Clochard stellaire, etc…

Cet album de chansons est le troisième de Pierre Margot, après Le rire des colombes, en 1999, album éponyme de son premier spectacle de chansons au café de la danse, et Kamaïeu en 2009.

Treize chansons bien envoyées, aux thèmes variés, qui inspirent la réflexion, réflexion sur le monde qui va de travers, la misère :  

  Dis moi l’amie, dis moi donc, as tu lu / L’indignation de ce vieil homme / Sentinelle assourdissante / De nos consciences en chewing-gum ?

La pollution des océans :

Y’a des images qui hurlent à tous les vents / De grands baleiniers qui massacrent par beau temps / La mélodie des mers, la diva des océans…

Un monde difficile pour la jeune fille handicapée qui rêve d’entrer chez le marchande de chaussures :

Je n’suis jamais, jamais allée là-bas /  Pour voir la devanture du marchand de chaussures / A cause des trois marches de bien belle facture / Hélas bien trop hautes, je ne les gravirai pas / Pour voir les escarpins, semelles de crêpe, dessus en satin.

Un monde où l’argent est roi, et jeu dangereux entre les mains des Golden Boy :

Coup de grisou et r’tour de flamme dans une mine de fer / L’action s’effondre aux pieds des actionnaires de Lucifer / La famine guette au coin d’une rue son amie la misère  / Pour un dîner aux croque-morts à la santé des coroners / Les énarques arnaquent dans les arcanes du pouvoir.

Un nouveau monde qui lâche ses bombes / Sur l’ancien monde / Et me laisse un goût / Amer, immonde.

Un monde parfois tellement désespérant et semé de doutes, qu’on en envie d’aller voir ailleurs,

Mes rêves de bonheur / Enfin se détendent / La foire aux aigreurs / Dissémine ses stands / J’ai plus peur de prendre / Une corde pour me pendre / Vers un autre ailleurs.

Alors, à quoi servent les Paraboles dans ce monde désabusé qui ne croit plus en rien ?

Aujourd’hui les paraboles / C’est con, c’est creux comme une cass’role, ça s’achète en tête de gondole, ça fleurit sur l’toit des écoles, c’est tourné vers les cieux, comme d’autres vers le bon dieu. C’est con, c’est creux. C’est Dieu.

A quoi servent les leçons de morales dans les écoles, quand on voit  que les humains sont capables du pire, les curés qui se prennent pour des anges et violent des gamins, la haine des étrangers, pourtant :

S’ils sont gris, rouges ou marrons, ce sont des gens comme vous et moi / Que dans mon sang coule l’histoire de ces femmes et d’leurs gamins / C’est inscrit dans leurs regards, on est tous des africains.

De quoi désespérer ? Devenir le Margart, comme Gainsbarre ou Renard ?

Pourquoi pas un bon vieux sale Margart / Tout pour la gloire et les dollars / T’as qu’à ranger ta conscience au placard.

Et puis non !

Non vraiment Margot, c’est plus doux qu’un chamallow… J’aime autant laisser Margart au placard / Et r’tourner chanter dans les bars / Bonjour l’amour, adieu la gloire.

Où alors s’en sortir par une pirouette en glorifiant le vice, avec Le joker :

J‘ai trop pleuré mes morts / J’veux qu’on rie sur ma tombe / J’ai trop conjuré le sort / J’entends rire les colombes / Ô vice, je te chante.

Et puis se réfugier dans le rêve, avec des mots ravaudeurs de lumière, comme L’enfant qui veut voir la licorne / Derrière le mur de barbelés / A des yeux dont le ciel s’étonne / De rêves prêts à s’envoler.

Se réfugier dans la musique. Que serait ce monde désespérant sans la musique ? :

La musique et sa transparence, j’en veux pour quand je serai grand, j’en veux jusqu’à la dissonance. Pour sertir la braise du temps.

Trouver refuge auprès de Mira d’or :

Je voudrais soulever de ma main la frange cuivrée qui pleure dans ses yeux / Pour en chasser le chagrin tout au bout des rêves, déposer mes lèvres, y passer ma vie / Perle de lune égarée au pays des étoiles.

Pierre Margot a mis le temps qu’il fallait pour Rassembler des paroles de saisons, y adjoindre des mélodies fraîchement cueillies, saisir le tout à la sauce pop/rock, assaisonner de sauce électrique, déposer une cuillère de lyrisme, une pincée d’insolence, un zest d’électro, servir le tout sur un lit de tendresse.

Une recette de chef étoilé, quoi d’étonnant quand on est Grand Chambellan des nuits de la pleine lune !  

Et des invités de choix pour parfaire le tout, Georges de Cagliari pour ce très beau poème La licorne et l’enfant, Nathalie Miravette, compositrice de la musique du Marchand de chaussures, Claire Guyot, la sirène de La Légende des mers, Serge Duchesne et son cor, Jennifer Quillet pour les choeurs de L’Amérimonde  Les cyclamens, avec Jessica Quillet, et Claire Guyot. Jean-Pierre Bouchaudon à la guitare, Gilles Papiri à la basse et Julien Audigier à la batterie pour Le Joker, encore Serge Duchesne au cor, Jennifer Quillet à la trompette,Cédric Ricard au saxophone baryton pour La vie qu’on mène.

Ce qu’il reste dans les oreilles et dans le cœur, après l’écoute de cet album, c’est la vie qu’on voit à sa fenêtre ouverte sur le monde avec lucidité, et parfois désespérance, mais Pierre Margot  a le désespoir élégant et poétique, la vie qu’on rêve, et la vie qu’on mène, malgré tout, :

La vie qu’on mène, sauve l’essentiel / Pare à l’urgent, classe les problèmes / Verse au matin une coulée de miel sur les chagrins / Noyés la veille.

Danièle Sala

La maison EPM c’est là –>

 

 

 

 

Depuis quelques années, on a pu découvrir quelques unes de ces chansons dans divers spectacles, dont le point commun est de réunir une belle et joyeuse bande de saltimbanques tous terrains, pourvu que ce soit sur des scènes comme celle du Vingtième Théâtre, c’est l’Illustre Théâtre et la Comédia del Arte, avec une touche d’Hellzapoppin chez les Marx Brothers, mais en mieux. Dans les archives souvenirs photos, voici quelques uns des piliers de la bande à Margot…

Photos NGabriel de 2008 à 2016/17

 

Photos NGabriel de 2008 à 2016/17

 

Dans les  photos, il y a  Jennifer Quillet, Serge Duchesne ‘Glops’ , Claire Guyot, Nathalie Miravette, les frères  Lemire, Georges de Cagliari, Agnès Bihl, Anne Sylvestre, Jessica Quillet, Nicolas Bacchus, Steph’,  Marianne James, Lise Martin, Sara Veyron, Frank Halimi  et quelques autres..   (NGabriel)

Les feuilles mortes spécial guitare…

24 Mar

Quelques notes de guitare, avec Les feuilles mortes en voyage dans tous les genres de musiques… Suite à la précédente page sur quelques  interprétations des Feuilles mortes dans le monde

Sélection subjective très ciblée autour de la guitare dans presque toutes ses déclinaisons..

 

Commençons  avec cette séquence qui terminait  la petite suite sur les feuilles mortes, bis répétita avec Biréli à la guitare, et Stochelo Rosenberg et des amis…

Retrouvons Rosenberg un des plus fins musiciens du moment..

Et Bireli Lagrene – Autumn Leaves ( Gypsy Jazz Improvisation )

Intermède classique avec Yenne Lee ( with her arrangement of the Joseph Kosma standard Autumn Leaves. She’s playing a great 2004 Pepe Romero Jr. classical guitar in cedar and maple.

Pour les non initiés le luthier Pepe Romero est un genre de Stradivarius de la guitare..

Sylvain Luc

Et même avec une guitare à 7 cordes par Jeremy Choi

Satoshi Gogo

Shunga Jung (repéré par Michel Haumont)

Retour vers les USA

Chet Atkins

Chet Atkins/Pascal Paulhe

 

Et Joe Pass ( un des guitaristes que Crolla aimait beaucoup)

Jim Hall et Ron Carter duo guitares jazz

-Clive Carroll  Dream Guitars Performance

 

Larry Carlton quartet

Quelques festivals

Ladi Geisler Trio SUMMERJAZZ-Festival in Pinneberg 7.August 2010

 

Et dans le genre acrobatique Stanley Jordan

 Adrien Moignard : Festival Jazz d’Houlgate (Août 2011)

 

Une des conclusions possibles?  La chanson c’est paroles et musiques, et c’est par la musique qu’elle voyage le plus souvent, et qu’elle fait découvrir un pays et sa culture.  Avec une guitare, un bout de trottoir et deux spectateurs, il  y a un début de spectacle, et peut-être une rencontre… (Saravah  Pierre Barouh…) Je me demande parfois si les musiques urbaines souvent peu mélodiques pourront traverser les frontières et les années …  Mais ceci est une autre histoire, ce n’est qu’un début continuons le débat…

Norbert Gabriel

Féminine(s) au Forum Léo Ferré..

19 Mar

La vie d’une chanson peut parfois s’enrichir quand elle a la chance d’être adoptée par d’autres voix, qui vont lui donner des couleurs ravivées, des dentelles nouvelle mode. C’est la gloire des interprètes, comme Céline Faucher et Christine Laville, frangines de scène, d’inviter la fine fleur des « sorcières comme les autres » à cette célébration amoureuse de leurs belles histoires de femmes, émouvantes, drôles, sensibles, caustiques, enragées, fragiles, indestructibles, vivantes.

Voici donc dans leurs voix mêlées, Anne Sylvestre, Pauline Julien, Diane Dufresne, Véronique Sanson, Clémence Desrochers, Véronique Pestel, Lili Cros, Evelyne Gallet, Marie-Claire Seguin, Sylvie Tremblay, Manon Vincent,Barbara, Denise Boucher, Michèle Bernard, Marie-Paule Belle, pour illustrer avec délicatesse, fantaisie, verdeur, toutes les nuances de la féminitude dans une sorte de rhapsodie baroque et tonique…

Suggestion à l’attention des instances culturelles francophones, et plus si affinités, cette soirée pourrait être programmée, mettons le titre long*,

« Chansons pour l’édification des jeunes générations, les instruire sur l’histoire des femmes battantes avec leurs plumes alertes aux encres décomplexées. » (Proposition validée par l’ENA et La Sorbonne)

Et même si une peine d’amour minable vient nuancer la marche en avant vers l’utopie possible de l’égalité fraternelle ,

Je veux me saouler de printemps,
Je veux m’en payer, des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l’heure blême
Et jusqu’à mon souffle dernier,
Je veux encore dire « je t’aime »
Et vouloir mourir d’aimer.

Pour bien terminer la soirée, la carte postale de Pauline,

Ce soir j’ai l’âme à la tendresse , Tendre tendre, douce douce, Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce…. Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse, Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui, Cette amitié dans la continuité , Un mot un regard un silence un sourire une lettre…

( L’âme à la tendresse, Pauline Julien).

  • *Emprunt à Félix Leclerc  ‘La veuve’.

Pour une approche plus complète de ce spectacle,

voir ici –>

 

 

 

Norbert Gabriel

 

Et pour quelques images de plus,

Photos NGabriel 2018

David Desreumaux, photographe…

16 Mar

Quand la photographie est un art majeur.

Allez le vérifier en faisant un tour vers La Manufacture Chanson  (Métro Père  Lachaise) vous y admirerez quelques portraits de femmes…  qui chantent,  pas des photos de scène, plutôt des portraits sensibles, intimes,  femmes mises en image par un maître des lumières.  Regarder, admirer, c’est tout.

Et pour les derniers vers, cette chanson de Nougaro, parce que tout finit par des chansons…

 

Norbert Gabriel

 

PS  Et bravo pour l’accrochage des photos, aéré, chacune impeccablement encadrée a son espace de respiration si on peut dire…

Sortie de l’album « It’s Never Too Late » de M. Dewis : entretien avec l’auteur-compositeur et interprète pour parler de Chanson Folk francophone

16 Mar

L’album s’ouvre avec le morceau « Nick Drake ». D’entrée, l’hommage à l’artiste britannique revendique sans équivoque une influence majeure qui annonce sinon le décor d’un univers, néanmoins loin de s’orienter à ce seul repère, les teintes mélancoliques qui l’ombragent et l’enluminent aussi. Premier disque solo du chanteur M.Dewis, qui sortira officiellement le 06 avril, « It’s Never Too Late » porte un titre trompeur : si la phrase anglaise tirée de la chanson éponyme baptise l’album, c’est bel et bien la Chanson Francophone que l’artiste invite à s’incarner dans la chair de la musique Folk. Une proposition originale qui sème dans nos oreilles des compositions harmonieuses dans lesquelles le Français engage son habileté à jouer avec une culture musicale, trop souvent considérée à tort comme réservée à la tradition anglo-américaine, et qui fait écho à quelques années de distances à l’inventivité du groupe rennais Dahlia. L’enregistrement, au respect du son naturel et organique, parfois cristallin, des guitares et à la présence envoutante de cordes (violoncelle, violon alto, contrebasse, mandoline), s’écoutent comme un voyage qui nous fait passer d’un paysage à l’autre, au gré d’humeurs mélancoliques et d’une sombre douceur, ou de moments plus rythmés emballant la cadence avec entrain. On pourrait certes trouver, au fil de ces morceaux, l’écho de plus d’une influence musicale. Pourtant il est impossible d’en préciser une dominante sur la créativité de l’artiste, tant celui-ci propose, développe, recentre et dépolarise, recroqueville puis élargit un univers tout personnel traversé d’émotions. Un entretien récent avec Dewis Mira (M.Dewis) nous fournissait l’occasion de nous pencher sur le propos de l’artiste.

 

– Dewis, bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Tu es un artiste assez impliqué dans la vie musicale locale avec ton groupe Sons on Acoustic qui reprend des classiques de folk. Comment le projet parallèle de ce premier album solo de compositions originales est-il né ?

– Dans un premier temps, on morpionne localement, et si on arrive à faire prendre le projet sur le reste du territoire, tant mieux. Jusqu’à présent, j’avais surtout des groupes de reprise. Depuis trois ans je joue avec Sons of Acoustic, que j’ai crée, c’est une formation qui interprète des reprises de musique folk / pop et se produit à raison de 30 / 40 dates par an. Cela fait longtemps que j’écris de mon côté, mais j’avais gardé ça pour moi ; je voulais le murir au fur et à mesure. Avant de faire un album complet, il faut toujours avoir 25 ou 30 titres pour avoir une sélection. Je souhaitais allez plus vers le qualitatif pour pouvoir démarcher des lieux de spectacle avec un public venu pour ça. Je ne veux pas mélanger Sons of Acoustic, qui se produit essentiellement dans des restaurants, des campings, des pubs, pour jouer des reprises, et ce que je fais avec mon projet M.Dewis : ce sont deux projets vraiment distincts. Nous avons juste fait 3-4 dates avant la sortie de mon album pour tester les chansons et les présenter au public. Mais tout est différent pour chacun des projets : quand je fais les concerts de mes productions, on a un éclairagiste, un ingénieur du son ; on essaye de faire de beaux spectacles un peu plus haut de gamme. Non pas que nos concerts avec le groupe de reprises soient sans soucis de qualité, mais ce n’est pas la même chose de jouer dans un restaurant que de jouer devant un public venu exprès pour t’écouter. Ce n’est pas la même clientèle, si on peut dire. En plus je ne pense pas que la clientèle d’un bar attende ça : elle vient autant pour faire un repas convivial qu’entendre de la musique, sans forcément devoir écouter attentivement, et aime bien retrouver ses repères, avec des standards. Les coûts engagés ne sont pas les mêmes non plus : faire un album coûte cher, et les rémunérations des musiciens ne sont pas les mêmes. Mes compositions sont travaillées pour être jouées dans des théâtres, amphithéâtres, salles de concert et les festivals.

 

– Parlons de tes influences : Nick Drake en est une énorme, et revendiquée. Or le chanteur n’est pas le plus populaire et accessible des artistes de Folk. En quoi sa musique te parle-t-elle particulièrement ?

Pour moi, c’est le summum de ce qui se fait en musique. C’est vraiment l’univers qui me touche le plus. Bien sur il n’y a pas que lui dans la musique Folk. J’adore Bob Dylan, Neil Young, John Mayer et tant d’autres…  aussi. Mais chez Drake il y a cet esprit mélancolique qui nous plonge tout de suite dans un univers particulier. C’est vraiment mon artiste favori. Mon album comporte d’ailleurs un titre en son hommage. Je l’ai découvert il n’y a pas si longtemps, peut-être trois ans, en fouinant. Ce sont des univers pseudo « parallèles » : en France les gens ne connaissent pas bien la musique folk. Du coup il faut fouiner sur internet, dans les magazines spécialisés, chez les petits disquaires… Et à force, je suis tombé dessus un jour, et dès le premier titre, j’ai pris une grosse claque. Je pense m’être rapproché de lui en écoutant Scott Matthews, qui, lui, joue toujours, et s’est énormément inspiré de Nick Drake. Il avait d’ailleurs fait un album complet de reprises en hommage à Drake. Ce que j’aime dans la musique folk c’est la largesse de style qui peut  tirer vers le rock, le blues, la chanson, les musiques traditionnelles, irlandaises ou autres… Il reste toujours une base accès guitare-voix, avec des textes ; mais autour beaucoup de choses peuvent se greffer. Ce qui laisse une liberté artistique vraiment large. Je n’écoute pas que ça ; mais c’est vraiment ce que j’aime jouer. A l’écoute de mon album, on peut entendre qu’il y a un ensemble d’influences, mais  on ne peut pas m’identifier vraiment à un autre artiste en particulier. Et pour moi, c’est une réussite, car la base artistique est là : avoir son univers propre. 

 

– Contrairement à la plupart des artistes qui s’insèrent dans l’univers folk, tu n’as pas choisi d’utiliser l’anglais pour tes textes. Comment articules-tu ta musique avec l’usage du français et pour exprimer quoi ?

Je n’ai pas de thématique privilégiée a priori. Quand  on est artiste, on a toujours un univers propre, beaucoup de choses se passent à l’intérieur de nous, ce qui a du arriver à Nick Drake. Et il est vrai qu’il ne faut pas écrire des chansons pour que ça marche, surtout dans la Folk mélancolique qui porte des genres de sentiment qui ne vont pas du tout avec le commercial. Mais il ne faut pas non plus tomber dans le piège de rentrer dans une spirale. Si je m’écoutais, je ne ferais que des chansons très tristes, avec des accords qui tirent vers le bas, avec des textes assez pessimistes. Il faut de temps en temps essayer de se forcer à sortir de ça aussi. Mais pour moi ce n’est pas du tout déprimant d’écouter de la musique mélancolique : c’est l’effet inverse qu’elle me procure. C’est presque un exutoire. Le fait d’en écouter ou d’en jouer et de partager ça, d’être en communion avec des personnes, plutôt que seul dans cet univers, fait beaucoup de bien. Je ne me retrouve pas du tout dans l’époque actuelle, un peu volage et superficielle, où on écoute des chansons plutôt anecdotiques et légères. Je ne me force jamais à écrire ; ça me vient. Ce qui explique que je n’ai pas de thématiques pré-choisies. Pour ce qui est du Français, d’abord je ne parle pas couramment anglais, donc étant « jusqu’au boutiste » ce serait très compliqué pour moi d’écrire dans une langue où je ne peux pas exprimer exactement mon sentiment. J’ai fait l’essai, puisque « I live in New York » et un autre titre que je n’ai pas retenu pour l’album avaient été écrits en anglais à la base. Et en prenant l’avis de plusieurs anglophones différents, je me suis aperçu qu’ils n’avaient pas la même correction, bien qu’étant tous très calés en anglais… . C’est très complexe d’avoir les bons termes, les bonnes expressions. Quand on écrit des chansons, même déjà en français, il y a des choses abstraites, ou des expressions qui ne sont pas parfaites : on se permet des libertés avec la langue. Mais c’est très complexe à faire lorsqu’on ne maîtrise pas parfaitement une langue. De toute manière, je n’aurais pas fait un album complet en anglais ; mais j’aurais bien voulu inclure un ou deux titres dans la langue de Shakespeare, ne serait-ce que pour m’ouvrir d’autres portes… Et puis il y a déjà de plus en plus de groupes français qui veulent « copier » ce qu’ils ne sont pas, et du coup de moins en moins d’artistes francophones. Ce qui peut s’expliquer également par le fait que le français est beaucoup plus difficile à faire sonner en chant ; les sons et les articulations ne sont pas chantants comme ceux de l’anglais. Si je devais comparer mon style à un artiste français connu, je penserais à Gerald de Palmas, (bien que cet exercice soit difficile, car je pense avoir mon style propre… ). J’aime bien l’exploration du côté pessimiste et déprimé chez lui, associé au fait que bien qu’étant une star, il a toujours quelque chose d’authentique, à part peut-être sur son dernier album où il a dévié dans des recherches sonores synthétiques avec notamment des boîtes à rythme…. J’aime aussi beaucoup Francis Cabrel. Je trouve qu’il se bonifie avec le temps ainsi que la qualité de ses albums, et qu’il sait s’entourer de musiciens de haut vol, qui ont tout compris de ce qu’il veut faire passer, ce qui n’est pas chose facile…. Ceci dit  J’aime bien la musique douée de simplicité. Et paradoxalement c’est ce qu’il y a de plus dur à jouer, car tout doit être au bon endroit. Parfois on a l’impression que c’est simple, mais c’est finalement très compliqué à réaliser. Pour moi une chanson bien écrite est belle interprétée juste en guitare-voix : ce ne sont pas les arrangements qui font une chanson. Les arrangements sont des cerises sur le gâteau, qui peuvent le rendre meilleur s’il est bon à la base, mais qui ne le rendront pas bon s’il est mauvais. C’est un peu ce qu’on peut reprocher à pas mal de musiques actuelles : si on enlève les arrangements, il ne reste rien qui tienne la route.

 

– Le son de ton disque est pourtant très travaillé, et on y entend un dessein singulier. Le résultat correspond-il au sens dans lequel tu voulais que ta musique se dirige ?

J’aime beaucoup le travail du son ; je trouve ça très important. D’ailleurs si tu écoutes bien l’album, tu entendras un cachet particulier, un grain. Je m’y intéresse beaucoup et m’y entends pas trop mal. J’ai été présent tout au long de la production et j’ai vraiment tenu à ce qu’il soit réalisé à mon oreille. Je savais exactement où je voulais aller. Mon univers est assez large : quand on passe d’un titre comme « I live in New York » à « Les cœurs d’hiver », c’est le jour et la nuit. Je ne voulais pas les mêmes sons tout le long, et c’est d’autant plus difficile de garder un fil conducteur avec des univers bien séparés d’un titre à l’autre. En définitive, c’est un peu comme un voyage : des choses différentes se passent au fur et à mesure. J’ai du me battre pour ça, car même dans les studios régionaux, il y a cette volonté de formater selon des habitudes. En plus depuis plusieurs années, il y a une grosse guerre du volume : on pousse les compressions à fond pour rehausser les petits sons et tasser les gros pics sonores, et optimiser ainsi l’ensemble du signal. C’est bien d’en user, mais quand c’est bien dosé. Hélas sur la plupart des productions actuelles, il s’agit juste de faire du volume, au détriment de la dynamique. Je ne voulais vraiment pas aller vers ça ; d’ailleurs le volume de l’album est légèrement en dessous des grosses productions, mais pas le son ! Selon moi (car le son c’est aussi beaucoup une affaire de goût), la qualité du son de l’album est vraiment bonne, avec beaucoup de travail dans les medium, sans dénaturer la voix, beaucoup de chaleur, le respect du son boisé des guitares. Je voulais que ce soit un peu feutré, organique, tout en étant suffisamment moderne et « punchy » quand c’est nécessaire. Par exemple il arrive à De Palmas en voulant faire trop feutré de produire des sons trop mats à mon goût. Je préfère les sons plus ouverts, aérés, un peu à la Bashung sur ses derniers albums, qui sont de pures merveilles.  C’est ce qui rend le son naturel, acoustique. Les productions commerciales obéissent souvent à des structures précises. Quand on veut inscrire des sentiments un peu plus profonds, ça ne fonctionne pas. Je suis obligé de jouer en m’écartant de ces structures pour créer des espaces d’attente et jouer ainsi avec les émotions. C’est un ensemble de choses qui permet aux émotions de passer ou pas. Si on part avec des structures préétablies qu’on doit respecter pour faire un titre radio, on est bloqué dès le départ dans sa création. Après j’aime bien la pop aussi ; il y a des titres « commerciaux » qui me plaisent beaucoup et mon album lui-même compte quelques titres qui peuvent passer en format radio sans aucuns soucis, quand le sentiment va bien avec et que le but de base n’était pas de se réduire à un format type, ça peu aussi fonctionner ! C’est un peu comme dans la vie : quand quelque chose doit être beau ou bon, on prend le temps de le réaliser, et quand ça doit être vif et dynamique, on va vite. Ce n’est pas pour forcément faire du compliqué qu’on prend le temps : par exemple Nick Drake possède des morceaux qui jouent la même ritournelle tout le long ; mais c’est la ritournelle parfaite, jouée parfaitement et avec les mots parfaits posés dessus. Plein de chansons tournent autour de 4 accords et sont très belles ainsi. Parfois certains musiciens donnent l’impression de vouloir un peu trop faire dans la démonstration et l’affirmation que si ce n’est pas complexe, ce n’est pas de la musique. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça. J’adore le vieux blues rural tout comme la musique folk, qui sont des styles assez simple à la base, qui portent une intention, une émotion, et les tripes de l’interprète. C’est plus ça qui compte que la recherche du trop.

 

– Jouer parallèlement avec ton groupe des reprises de folk nourrit-il ta création personnelle ou est-ce pour toi un métier « alimentaire » ?

Je n’ai jamais pris la musique dans un esprit nourricier. Avant je faisais des animations, et effectivement c’était pour gagner ma vie. Et ça ne me plaisait pas trop, alors j’ai arrêté, pour pouvoir réaliser mon projet personnel. Il faut savoir qu’hélas les animations marchent beaucoup mieux que les concerts de nos jours, et j’étais vraiment débordé : je tournais aux alentours de 80 dates par an, entre les animations et les concerts. A mon grand regret beaucoup de gens sortent non pas pour faire une découverte culturelle ou artistique, mais pour se mettre un coup dans le nez et danser. Ce qui fait qu’un karaoké est plein, et une soirée DJ est noire de monde, alors que pour faire se déplacer les gens pour un concert, il faut vraiment se battre, du moins lorsqu’on n’est pas passé à la télé. Telle est la triste réalité ; j’espère qu’en diffusant le message, petit à petit, cela aidera à faire changer les mentalités.  Et je pense que c’est le cas, car pour les premiers concerts qu’on a faits, il y avait  du monde, et ça a plu. Il y a pas mal de précommande pour l’album, et quelques radios s’intéressent au projet. Donc ça ne s’annonce pas trop mal. Mais je suis quand même terre à terre et je ne suis jamais parti du principe que j’allais devenir une star. Le but est de se professionnaliser et de faire ce métier correctement : mettre sur papier et en musique ce qu’on a sur le cœur et dans la tête et le partager ; faire de beaux concerts avec de beaux musiciens, pour un bon public. Et toujours dans l’esprit acoustique : la musique folk, c’est vraiment mon esprit.

 

– Combien de musiciens t’accompagnent ?

Le plus souvent, nous jouons en trio sur scène. Parfois un quatrième musicien nous rejoint ; parfois il m’arrive de jouer seul pour une petite salle et de petits concerts intimistes que je nomme : « juste vous et moi ». Pour le moment nous sommes en plein démarchage pour trouver des dates, avec mon association SDL04 Production. Nous l’avons créé pour aider à produire mon album dans un premier temps, puis  par la suite produire aussi d’autres artistes et promouvoir, pourquoi pas, un festival de musique Folk. C’était nécessaire d’avoir un coup de main, car c’est un travail de fou que de trouver à la fois des distributeurs pour l’album, des dates de concert, des propositions de radios ou télés locales ou nationales, le presse, l’administratif, les visuels, les répétitions, séances studio, et j’en passe….

 

– Quels sont les media qui vous soutiennent ?

France Bleue Provence va nous consacrer une émission. Fréquence Mistral, une radio locale, mais qui est tout de même la plus grosse radio régionale de France, car elle possède plusieurs pôles, nous diffuse sur tout son réseau. Elle a une approche avec une liberté de ton et de temps qui permet de diffuser de la qualité et de s’intéresser à l’art avant tout. Il y a aussi Radio Meuse FM, Stud FM, LRDR, pas mal de quotidiens comme La Provence ou encore HPI,  ainsi que quelques web radios qui nous diffusent. Donc ça fait son chemin petit à petit, et c’est beau, car c’est quand même un métier de business où il est difficile de se faire écouter. Bien sur il est trop tôt pour faire un bilan, mais peu à peu, on se crée un réseau.

 

Miren Funke

 

Sortie le 06/04 sur www.mdewis.com et sur toutes les plateformes de téléchargement légal et de streaming.Disponible en prévente via : www.mdewis.com/boutique

 

Contact : SDL04 Production, sdl04production@gmail.com, tél : 06 50 38 37 63

Liens : https://www.mdewis.com/

https://www.facebook.com/dewis.mira.3

https://www.facebook.com/groups/1917980681801776/4

chaine youtube : https://www.youtube.com/channel/UCLcSCAyp0DzYXIzIG4al5yQ

 

 

%d blogueurs aiment cette page :