Eric Frasiak à l’Arthé Café

18 Déc

Photos Martine Fargeix

Salle bondée, chaude ambiance pour accueillir Eric Frasiak et son pianiste Benoît Dangien, ce dimanche soir à l’Arthé Café. Encore une première fois sur scène pour moi, et j’ai compris pourquoi il y avait tant de fans dans la salle.

En noir et gilet noir et rouge, avec son chapeau noir de San Francisco sous lequel bout une marmite de blues man contestataire et humaniste, avec son pianiste, en noir, casquette, lunettes et moustache assorties, pianiste aux multiples talents, chanteur et joueur de mélodica,  Eric est à la guitare, et la boite à rythme est chinoise, vu la scène un peu juste ! Il attaque avec Sous mon chapeau :

Sous mon chapeau, y’a tous ces vers qui prennent leur pied / A me bousculer les neurones / Qu’écrivent des trucs qui font chialer / Ou qui gueulent dans l’vent des cyclones / C’est pour pas qu’mes idées s’envolent / Qu’elles partent trop tôt / Que j’les garde au chaud, ces belles babioles / Sous mon chapeau…

Il chante surtout les chansons de son dernier album, le 7ème : Sous mon chapeau, en se racontant entre chaque chanson, et ça l’agace vraiment ce Z à son nom, tant qu’il en a fait une chanson :

Mais qu’est-ce que j’leur ai fait à tous 
Journaux, radios, télévisions 
Pour qu’à chaque fois sous ma frimousse 
Y’a ce Z qui m’file des boutons 
C’est pas comme un meuble IKEA 
ça s’écrit sans complications 
Juste F-R-A-S-I-A-K 

Il ne sera pas question de François Béranger ce soir, non pas qu’Eric Frasiak ait tué son père spirituel, mais il en est la réincarnation, François Béranger a dit : Chanter, c’est pas vivre mais l’espérer. Chanter, c’est survivre quand on est vidé.  Eric Frasiak a tout hérité de lui, la tendresse, l’humour, l’amour, la révolte contre les injustices et la bêtise humaine, un regard lucide sur l’actualité, et l’espoir malgré tout, il nous donne l’humanité en partage, avec tous ses travers, peintre  bouleversant d’une société à la dérive, il trempe sa plume dans tous les encriers de la vie, le noir quand toute la France est plongée dans l’horreur des attentats de Charlie Hebdo :

Je suis humain :

Il n’y a qu’une seule cartouche d’encre noire / Dans mon stylo désarmé / Juste une plume trempée d’espoir / D’un monde de fraternité.

Une encre d’eau qui pleure, pour un bouleversant hommage à Barbara Weldens :

La vie, la rage
C’est face où pile
De l’eau qui pleure
Sur le pavé
C’est le bonheur
Qui s’est taillé

Comme un éclair
Un courant d’air
Coup de tonnerre
L’amour par terre .

L’encre des yeux de son père, un polonais taiseux, sur le jardin abandonné, Le jardin de papa :

Si tu voyais l’jardin dans l’état
ça t’f’rait comme du chagrin, du tracas
Une des graines que t’as s’mé c’était moi
Et tu vas lui manquer, mon papa.

L’encre bleue des mers, passages pour les migrants qui tentent de survivre :

Je n’ai plus de terre
Plus aucun chez moi
Sous le feu, la guerre
Fous de Dieu et soldats
Je n’ai plus de terre
Que ce rêve là
Au bout de la mer
L’île de Lampedusa…

L’encre bleue de la tendresse, quand il chante : Je t’écris :

Je t’écris ces mots de silence
Pour que ces rimes parlent à tes sens
Parce que se taire en dit parfois
Plus que la grammaire à nos voix.

L’encre grise de la nostalgie du grand Est dont il est originaire, Charleville-Mézières, des cheminées des hauts fourneaux de l’est qui dorment dans un silence  qui peut être définitif, où l’on ne voit plus guère Monsieur Boulot, et pourtant :

On t’aimait bien dans le quartier 
On comptait tous un peu sur toi 
Pour la bagnole , pour le loyer 
Pour boucler la fin des douze mois 
Mais quand on t’vois à la télé 
Prendre la pause et faire le beau 
On s’dit qu’le fric t’a bien changé 
Pourtant tu m’manque M. Boulot

L’encre blues de sa ville d’adoption :

Barle-Duc City Blues :

C’est pas New York USA de Gainsbourg 
Ni la ville rose de Nougaro, Toulouse 
C’est pas Paris au mois d’mai d’Aznavour 
Mais c’est ma chanson, BAR LE DUC City Blues …

J’ai atterri là par hasard 
A une consonne des parisiens 
Parce qu’il faut bien vivr’ quelque part 
Et qu’ici c’était sur mon chemin 
J’ai pas dit qu’c’était l’amour fou 
C’est pas non plus la terre promise 
Mais quand j’reviens de je n’sais ou 

C’est là que j’pose mes valises

Mais c’est chez moi, BAR LE DUC City Blues.

L’encre blues des fonds de verres :

J’ traîne mon folk au fond des bars
Pour des loulous qui pensent qu’à boire…

  J’traîne mes mélodies , mes accords
Pour dire aux cons qu’j’suis pas d’accord
Pour moi aussi dans cette histoire
Semer ma p’tite graine d’ananar 

J’traîne mon blues à Bar Le Duc
Où c’est là qu’j’écris tous ces trucs
Qui m’emmèneront un peu partout
Simplement pour être avec vous.

L’encre en Technicolor de Noël :

Comme le beau sapin, j’ai les boules
Quand j’vois ces cadeaux de maboul
Qui par milliers finiront d’main
Sur E Bay ou sur le Bon Coin
Même le p’tit jésus dans sa crèche
Lui, qu’est plutôt né dans la dèche
Se dit qu’des ânes et puis des bœufs
Il en a fait beaucoup l ‘Bon Dieu.

L’encre couleur d’asphalte, le long des routes, au volant d’un 44 tonnes :

Dans mon bazar de 44 tonnes
Derrière mon volant, tout seul, peinard
Musique à fond, faut pas qu’je dorme
Long is the route for un bon plumard.

L’encre Tango de la jet’set :

C’est connaître Paris et dormir chez Hilton
Un string en haut des cuisses qu’a d’secret pour personne
C’est faire du cinéma sans réalisateur
C’est compter sur papa pour avoir son 4 heures
Au rendez-vous des snobs, pour la une de Gala :
« Ce soir avec ma robe, Porsche ou Testarossa. »

L’encre haut débit d’ADSL, pour les toqués d’internet :

Quand y’a une coupure internet 
C’est le monde entier qui s’arrête 
Les mots d’amour dans les modems 
Ca remplace pas les vrais « Je t’aime » 

J’t’avais même pas imaginé, 
T’étais pas né 

Puis une espèce hélas courante d’encre peu sympathique, celle là : Y’a pas d’danger qu’elle disparaisse, ça s’reproduit l’hiver, l’été, ça fait pas trop dans la finesse… Espèce de cons. Que l’on reprend à l’unisson.

L’encre amère du constat politique de notre pays :

Comme on compte pour des prunes faut nous lâcher la grappe
C’est jamais dans les urnes que le bonheur s’attrape

Mais l’encre pétillante de La poésie  reprend le dessus :

Ces p’tites pages de bonheur, un peu comme du Rimbaud 
Qu’on écrit dans nos cœurs sans rimes et sans dico 
Ces p’tits morceaux d’la vie, comme de la limonade 
Qui moussent et qui pétillent, ça mérite le Pléiade 
Les copains de nuits blanches qui passent à la maison 
Chanter quelques boutanches et vider des chansons 
Les histoires de ce mec vers les trois heures du mat’

 

De nombreux rappels, on tape dans les mains… Chacun à son rythme, comme nous le fait remarquer Eric Frasiak, et  après les traditionnelles dédicaces des albums, la fameuse soupe de Marc, suivie d’un repas pour une partie du public, Eric fait le tour des tables, parle avec les uns et les autres, et c’est un bonheur prolongé, en toute simplicité.

Encore une soirée mémorable, et l’on attend avec impatience le huitième album d’Eric Frasiak qui est en bonne voie.

Danièle Sala

Et pour quelques photos de plus,

 

Chez Frasiak, c’est là –>

Il y  a toutes les infos sur sa vie son oeuvre sa route ..  clic sur la borne.

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Tio Brassens par Christina Rosmini…

18 Déc

Itinéraire d’une enfant de Brassens… c’est la petite princesse du croque notes qui a tricoté à son Tio Brassens un bel habit en patchwork de souvenirs reconnaissants et aimants pour ce tonton virtuel qui l’aidée à grandir pour devenir une femme citoyenne à part entière.

C’est une histoire où une famille déracinée a trouvé un lieu où faire sa vie. Et dans ce voyage intime de migrants espagnols, les chansons de Brassens ont forgé une identité française, celle de Voltaire, de Rabelais, Musset, Villon, de tous les poètes…  et s’il n’en restait qu’un, Hugo serait celui-là.

Si je devais illustrer par une image le patchwork tricoté par Christina, ce serait peut-être par un tableau de Klimt, une composition raffinée et élaborée suggérant toutes les nuances de l’âme humaine quand elle est humaniste. Tricoté, selon Christina Rosmini, avec toutes les paroles de Brassens, pas uniquement celles des chansons, et c’est là ce qui fait de spectacle un moment rare, c’est tout Brassens qu’on entend à travers Christina : l’archétype paternel solaire , universel, protecteur et émancipateur.

Il y a urgence, ce spectacle est à Paris pour deux jours encore, mardi 18 et mercredi 19, et que vous soyez fan de Brassens ou pas, c’est l’opportunité de découvrir « cette toute nouvelle création (-) un véritable hymne à la poésie et la joie avec cette pointe de truculence et d’humour propre au maître » . (Jean Dominique Rega Vaucluse matin)

Libération rappelle que ce spectacle a été récompensé par le Molière du meilleur spectacle musical en 2017. Et les amis de Georges lui ont remis le Grand Prix d’Interprétation Féminine 2018.

Last but not last, les émules de Django et les disciples de Crolla seront émus de retrouver dans les notes de Bruno Caviglia l’écho des guitares de Victor Apicella et de Barthélémy Rosso, ces tricoteurs de dentelles musicales qui soulignent avec finesse la griffe méditerranéenne que Christina Rosmini exalte avec bonheur et jubilation.

Du point de vue d’un vieux routier des spectacles qui doit bien avoir 30 à 40 spectacles Brassens au compteur, c’est une révélation et un bonheur rare de redécouvrir Brassens.

C’est ici que ça se passe pour tout savoir sur les créateurs de ce spectacle , et réserver,

clic sur la guitare.. → (une Favino-Brassens)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

Cadeaux de Noel d’exception…

16 Déc

Vous avez écrit votre lettre au Père Noël mais par les temps qui courent on n’est jamais sûr de la transmission de courrier en zones utopiques, et puis le Père Noël se fait vieux, il a peut être oublié qu’il existait. Donc quelques pistes hors pistes des grands circuits saturés de produits, quelques pépites rares autant dans le fond que la forme ; et en numéro UN, Ricet-Barrier « La mythologie » ça vous dit rien ?? Normal, les moins de 20 ans ne peuvent se souvenir de cette merveille de 1999, et par un de ces petits miracles réjouissants, en voilà un petit stock exhumé d’une cave de Montaligère, prêt à garnir vos petits souliers.. Et puis, La mythologie, c’est toujours instructif, surtout vue par Ricet.. C’est dans la petite boutique des merveilles de Mistiroux que vous pouvez le commander, premiers arrivés premiers servis, mais il n’y en a pas des milliers .. Clic sur le matou, et vous y êtes,

(C’est l’enregistrement d’un concert de 1999, qui reprend les chansons d’un album 33t de 1978)

 

Autre cadeau choisi, « La promesse du baiser » outre le thème séduisant, l’objet est un chef d’oeuvre, le voilà, merci à Dominique Babilotte de cette belle création. A l’heure où la chanson se dématérialise en virtualités volatiles, il est agréable de trouver un album d’artiste dans toute l’acception du terme.

Voyez ici, tout y est, clic sur l’album ci dessus,

 

Troisième proposition Musiques&et mots de l’âme, de Jean-Michel Piton,

Ce nouveau disque est une partie des poèmes  que Jean-Michel a mis en musique tout au long de sa carrière, certains sont d’écriture et d’inspiration contemporaine, d’autres sont plus classiques. Avec  Alexis Denis-Cailler, Jean-Baptiste Noujam, Tibo Niobé, Quentin Julliard, Bachir Roulmi, Niobé…  contrebasse, violoncelle, guitares, percussions..  et Alice. ( On clique sur l’image pour avoir les infos utiles )

 

Et puis aussi un livre d’images qui chantent, avec Bernard Lavilliers, au Cherche-Midi, dans toutes les vraies librairies, celles où on voit les livres, on les touche, on discute avec les libraires, qui payent leurs impôts en France, et sont des combattants de la culture, la vie, quoi !

 

 

Dans la boutique MistiMusicShop – qui se balade de temps en temps sur les festivals- on trouve aussi, (sélection des dernières livraisons)

CHANSON

Anne Peko – « Ma Cantate à Barbara » :

 https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1572

Jean-Michel Caradec – « L’intégrale » : https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1573

Michèle Bernard & Monique Brun – « Un p’tit rêve très court » : 

https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1574

Charles Aznavour – « Je m’voyais déjà » :

 https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1575

Laurent Berger – « L’âme des maraudeurs » : 

https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1576

Chanson Plus Bifluorée – « A table » : https://www.mistimusicshop.com/catalog/product_info.php?products_id=1578

L’Empreinte Ferrat – « C’est un joli nom Camarade » : http://k6.re/UfXz8 

Jur – « Il était fou » : http://k6.re/b0rpK

Liz Van Deuq – « Vanités » : http://k6.re/fAR=Z

Suissa – « Animal savant » : http://k6.re/fH9pM

Bruno Brel – « Flammes » : http://k6.re/b4S4i 

Bruno Brel – « Brel, mon maître » : http://k6.re/wdCFt 

Annick Cisaruk & David Venitucci – « La vie en vrac » : http://k6.re/wk-tV 

Jacques Brel – « Grand Jacques » : http://k6.re/dkIN=

Anne Sylvestre – « Florilège » : http://k6.re/FdgbB

Lucien La Movaiz Graine – « Juste en face » : http://k6.re/IhJHl

Colette Magny – « De Melocoton à Kevork » (3 CD) : http://k6.re/HBF04 

Christina Rosmini – « Lalita » : http://k6.re/vSD2A

Christina Rosmini – « Tio Brassens » : http://k6.re/Rlc1R 

Barbara d’Alcantara – « Une petite brise » : http://k6.re/m=J63

Georges Chelon – « Ma nouvelle compilation (2 CD) » : http://k6.re/st4kV

Sacha Distel – « Sacha show » : http://k6.re/v1mpq

Ziako – « Né en voyage » : http://k6.re/tmPQx

Les Flow – « Intime conviction » : http://k6.re/faRe_

Coko et Danito – « Le cri du Poilu » : http://k6.re/AUQoB

Gérard Pierron – « Rétrospective Gaston Couté 1977-2008 (3 CD) » : http://k6.re/xL3HD

Alexis HK – « Georges & moi » : http://k6.re/-aE=r

Alexis HK – « Comme un ours » : http://k6.re/GPPyN

Marie-Josée Neuville – « Sur deux nattes (2 CD) » : http://k6.re/2Avdq 

Chanson Plus Bifluorée – Peinture à carreaux : http://k6.re/Gcxh1

Chanson Plus Bifluorée – Poèmes enchantés : http://k6.re/C36Fn

Mireille Rivat – Poésies rebelles : http://k6.re/YQzy_

La Goutte – Advienne que pourra : http://k6.re/gKhHV

Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent : http://k6.re/wMQCD

Nathalie Solence – Montrés du doigt : http://k6.re/lcrL5

POP / ROCK :

Marianne Faithfull – « Come and Stay With Me » : http://k6.re/b-zbk

ENFANTS :

Chante, Danse et Mime – « Les émotions » : http://k6.re/6saaX

The Amazing Keystone Big Band – « La voix Ella » : http://k6.re/PxBMp

Mandarine – « Le carnet de chant » : http://k6.re/TEWlK

JAZZ / BLUES :

Ray Lema – « Transcendance » : http://k6.re/G8aGr

The Amazing Keystone Big Band – « We love Ella » : http://k6.re/iad=q

Eric Le Lann & Paul Lay – « Thanks a Million » : http://k6.re/k6TKf

MUSIQUE DU MONDE / FRANCE :

Guilhem Desq – « Visions » : http://k6.re/g971B

LA REUNION :

Ann O’Aro – « Ann O’Aro » : http://k6.re/Ny_pE 

B.O.F. :

Alfred Hitchcock – « The Classic Soundtrack Collection » (4 CD) : http://k6.re/WJvts 

 

C’est ici,  c’est en vente libre et livré chez vous –>

 

 

 

 

Norb’ Père Noel

Festival Musicalarue 2018 : entretien avec Matmatah

14 Déc

 

Le public de Luxey fut cette année particulièrement joyeux de retrouver à l’affiche du festival Musicalarue le groupe Matmatah, contraint l’année précédente d’interrompre son concert, après avoir interprété six chansons, à cause d’une tempête cataclysmique déchirant le ciel landais d’orages et d’éclairs, qui donnaient pourtant au moment une merveilleuse saveur d’apocalypse météorologique digne de la Bretagne. Héroïques face aux éléments déchaînés jusqu’à la fin du morceau, les artistes avaient finalement dû se ranger à la décision des organisateurs d’annuler la soirée, promettant au public de revenir. Promesse tenue au bout d’une tournée de plus d’un an, au cours de laquelle les chansons du nouvel album du groupe reformé après 9 ans de séparation, « Plates Coutures », rencontrèrent, souvent en salle comble, un public composé bien sûr d’anciens adeptes, mais également de plus jeunes générations, et enjoué autant par la découverte des nouvelles compositions que par la reprises des anciens succès du groupe, dont les premières notes tintent à présent comme des amorces d’hymnes populaires. C’est le privilège des artistes ayant ancré au cœur des gens et dans l’histoire de la Chanson des titres qui désormais appartiennent plus à leur public qu’à eux-mêmes. Il n’en fut pas autrement cette année à Luxey. Le groupe, porteur de nouveaux morceaux aux propos incisifs et pertinents, agença habillement son concert avec intuition, intelligence et un sens très généreux de la complicité avec le public. Matmatah nous ayant auparavant déjà accordé deux entretiens, il nous semblait peu opportun de revenir plus qu’il ne fallait sur les sujets précédemment évoquées. Néanmoins c’est avec grand plaisir que nous retrouvions dans l’après-midi Manu Baroux (guitare), Benoît Fournier (batterie/percussions), et Tristan Nihouarn (dit Stan, chant et guitare) accompagnés du musicien additionnel Julien Carton (claviers/chœurs/harmonica) pour une nouvelle rencontre.

– Messieurs bonjour et merci de nous accorder cet entretien. La question porte sur la chanson « Nous y sommes » et s’adresse plus particulièrement à Stan, puisqu’en ton absence lors du premier entretien où elle avait été effleurée, Manu et Eric nous avaient répondu avec humour qu’il fallait te la poser, car ils n’étaient pas certains d’avoir compris ce que tu voulais y exprimer. Le titres accroche la question de la fin de la civilisation humaine et interpelle sur celle du transhumanisme. Qu’est-ce qui t’a porté à d’aborder ce sujet ?

– Stan : On m’a souvent parlé de chanson écolo ; ce n’est pas du tout une chanson écolo. Ou faussement. C’est même plutôt une chanson super-cynique qui dédouane l’humanité de ses méfaits. L’écologie finalement, c’est quoi ? C’est un concept humain inventé par les humains pour les humains. Il ne s’agit pas de sauver la planète ; la planète n’a pas besoin de nous : elle se sauvera d’elle même. Il ne s’agit que de sauver notre environnement, dans lequel on évolue. Sauver la planète, c’est prétentieux. Aujourd’hui j’écrirais peut-être cette chanson autrement. Je pense que l’humanité, c’est juste la planète qui a attrapé un rhume. Et ça passera. On est à un tournant de notre civilisation : on parle de plus en plus d’un point de non-retour.

– Manu : On en parle, parce que les gens en souffrent. On commence à sentir les effets climatiques ; ça devient du concret. Donc « finalement, c’est peut-être vrai en fait… »

– Stan : Cette chanson est donc cyniquement un constat. Et puis nous sommes des produits de la nature. C’est la nature qui nous a créés. Donc si on en est arrivés là, c’est que la nature a fait en sorte qu’on en arrive là. Je pense qu’il y aura une auto-régulation à un moment donné. Je ne sais pas comment ça va se passer, mais j’ai l’impression que ça va se passer plus tôt que prévu.

– Manu : Ben oui, regardez les dommages collatéraux : le pauvre homme (désignant Benoît resté stoïque), il n’a pas bougé depuis vingt minutes. Donc ça commence par les groupes de Rock, attention !

– Stan : Donc le transhumanisme est peut-être une évolution vers autre chose. La nature survivra à la destruction de l’humanité. Le problème c’est qu’on a tendance à un peu dégager toutes les autres espèces. Mais nous dégager nous mêmes, c’est naturel.

 

– Lors d’un des tous derniers concerts de votre tournée, à Rouillac (Charente), juste avant d’interpréter la chanson « Overcom » qui cisèle un constat acerbe sur la société de sur-communication et sur-médiatisation, tu avais ironiquement taquiné le public parmi lequel quelques personnes filmaient ou photographiaient le concert avec leur téléphone portable. Ces nouvelles mœurs consternent beaucoup d’artistes. Y vois-tu une dérive comportementale agaçante, inquiétante, ou simplement amusante ?

– Stan : J’en parle souvent, encore qu’on a la chance d’avoir un public qui ne pratique pas trop ça. Jack White a interdit les téléphones à ses concerts, et plein de gens commencent à y penser.

– Manu : On n’est pas les pires : certains artistes se voient filmés au portable durant tout le concert.

– Stan : J’ai arrêté de faire de la photo quand je pars en voyage. Parce que quand tu passes ton voyage l’oeil dans l’objectif, t’as été en voyage dans ton Canon en fait. Mais c’est bien de ne pas faire de photo, et de vivre le moment présent.

– Manu (prenant un « selfie » de lui et Stan avec son portable) : Mais on n’est un peu victimes de la société aussi…

 

 

– L’album « Plates Coutures » par lequel vous êtes revenus au devant du public sur les scènes et les ondes s’empare de thématiques sociétales très actuelles par un angle de vue concerné sinon engagé, et laisse par delà la beauté de sa poésie et la finesse de sa réalisation, le sentiment d’un groupe revenu avec beaucoup de choses à dire. Il comporte néanmoins un titre un peu « ovniesque », quasiment instrumental, « Margipop », semblant tellement en décalage avec l’esprit de chansons à propos qu’on se demande bien quel est le sien. Son sens serait-il de rappeler justement qu’une chanson n’a peut-être pas besoin de porter un message autre que celui de sa propre existence pour être utile ?

– Stan : Cette chanson, pour le coup c’est du bricolage : elle a été terminée le jour du mix. Il n’y avait pas du tout de voix dessus, et on s’est dit qu’il manquait quand même quelques voix. Du coup pendant que le gars était en train de mixer à côté, on lui envoyait des pistes en lui disant de rajouter. Mais c’est vraiment du bricolage ; on ne savait pas trop où on allait. On ne le sait toujours pas d’ailleurs…

– Manu : C’était vraiment pour s’amuser. C’est un défouloir un peu.

– Stan : On ne l’avait pas fait depuis longtemps, ça, d’avoir un morceaux instrumental sur un disque. Mais on en a fait, sur le premier album.

 

– Même si l’album n’aborde pas à proprement parler un sujet urgent qui interpelle nos sociétés européennes, le sauvetage et l’accueil de personnes réfugiées politiques, économiques, climatiques, sanitaires, qui arrivent sur nos côtes pour demander asile, on vous sent, par exemple à travers la chanson « Peshmerga » concernés aussi par les luttes et les drames qui se jouent loin de nos frontières. Un peu partout en France cette année des mobilisations citoyennes et des programmations événementielles ont eu lieu avec le soutien d’acteurs des scènes artistique et culturelle pour affirmer l’attachement de nos concitoyens au principe d’accueil et d’assistance de personnes en danger et leur refus du cynisme des politiques migratoires pratiquées ici à l’heure actuelle. Est-ce une cause que vous envisageriez de soutenir ?

– Stan : On pourrait écrire là dessus, mais si c’est pour enfoncer des portes ouvertes, ce n’est pas vraiment utile. On est tous des migrants. Déjà on vient tous d’Éthiopie ; l’humanité s’est construite comme ça. C’est quoi la différence entre nous ? C’est ça l’humanité. Nous sommes des nomades à la base. La sédentarité ne concerne finalement qu’une petite partie de l’humanité et de son histoire.

– Manu : C’est quand même le genre de sujet qui est délicat, car c’est bien beau de dire « il faut » prendre des gens, mais moi, personnellement je n’ai pris personne chez moi. Bien sûr on a des autorités politiques qui sont sensées nous représenter et prendre des décisions pour nous. Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, très loin de là. Mais je me méfie du côté « donneur de leçon », parce que sur le papier, c’est facile à dire. Personnellement je n’ai rien fait en ce sens. Maintenant je pense que si on nous demande notre soutien pour quelque chose, on le fera.

 

– Au cours de cette tournée, le public est massivement venu au rendez-vous des retrouvailles et vous a témoigné un accueil chaleureux et enthousiaste. Est-ce là une motivation supplémentaire qui vous propulse vers une seconde jeunesse -Eric nous parlait l’an dernier d’un « Matmatah deuxième période »- et l’envie de poursuivre et d’écrire un bout de route ensemble ?

– Stan : Oui, ça démange. On est un peu tristes de finir la tournée, parce que c’est un chapitre qui se tourne, mais on a hâte de la terminer quand même, parce que ça démange d’écrire de nouvelles chansons. On n’écrit pas trop en tournée ; on n’a plus de conneries à dire.

 

– Mais on accumule de la matière peut-être ?

– Stan : Oui, on engrange.

 

– A propos de continuation de route, une dernière question au sujet de Julien, le musicien additionnel qui vous accompagne désormais partout et semble se faire de plus en plus indispensable à vos côtés : comment envisagez-vous la suite ?

– Benoît (s’adressant à Julien) : Eh oui, tu commences à pousser maintenant un petit peu.

– Stan : Tu commences à ressembler à un homme… Mais il est quand même en piteux état. On l’avait pas récupéré dans cet état là ; il était tout neuf. Il a quand même pris une sacrée claque. Mais je crois que c’est à lui qu’il faut poser la question.

– Julien : Qu’est-ce que je t’avais répondu à Rouillac?

– Que tu n’avais pas de boule de cristal…

– Stan : En tous cas, ça fonctionne. On n’a eu que de bons échos.

– Manu : Et en plus le fait qu’il n’ait pas encore la puberté permet de défalquer les impôts. C’est un bon plan !

 

 

 

Miren Funke

photos : Carolyn C, Océane Agoutborde, Miren.

Nous remercions Julien Banes pour sa gentillesse.

 

liens : le site c’est là –>

 

 

Et le FB ici –>

 

 

 

 

Révolutions en chanson…

13 Déc

Aujourd’hui, je refais ainsi la définition de la révolution. Une grande lumière mise au service d’une grande justice.  Victor Hugo

De tous temps et partout, des esclaves dans les champs de coton aux peuples opprimés, les hommes ont chanté les injustices, leurs engagements militants, leurs révoltes, leur envie de changer de vie, de monde.

Et le monde entier a été ébranlé par la révolution française de 1789. La déclaration des droits de l’homme fut le coup de clairon de la pensée des lumières, a dit François Furet, historien spécialiste de cette révolution qui a marqué une ère nouvelle dans toute l’Europe et jusqu’en Amérique latine. En précisant que bien sûr, il y a des abus, quand l’idéologie et la violence prennent le pas sur la raison, quand Les Dieux ont soif, rappelons que c’est un homme de gauche, écrivain, académicien qui a dénoncé ces abus, Anatole France.

Révolutions, chants de résistance, chansons contestataires, voici un choix subjectif de ces chansons, pour illustrer ces révoltes, depuis 1789 à nos jours.

Et pour commencer, la chanson emblématique de la Révolution de 1789, Ah ! ça ira, qui fut chantée pour la première fois en mai 1790, son auteur est un chanteur des rues, Ladré, il a adapté les paroles sur un air connu à l’époque, Le carillon national. Une des versions du Ah ! Ça ira, par Edith Piaf :

 

Et c’est toujours le peuple qui paye Les pots cassés, chanson révolutionnaire de 1795 :

 

Inévitablement, il y a La Marseillaise, qui fut d’abord un chant de guerre pour l’armée du Rhin, mais qui est devenu le symbole de la révolution française, un hymne universel de la liberté, un appel à la lutte contre les monarques et l’esclavage, un chant qui a accompagné de nombreuses révolutions dans le monde, et qui est devenu définitivement notre hymne national le 14 février 1879 :

 

Et le premier arbre de la liberté fut planté en 1782 par le comte Camille d’Albon, dans son jardin de Franconville, en hommage à Guillaume Tell. Légende ou vérité ? L’histoire officielle dit que c’est à Saint-Gaudent qu’a été planté le premier arbre de la liberté, en 1790, par le prêtre révolutionnaire Norbert Pressac. Et c’est à ce même endroit, que François Mitterrand ouvre les cérémonies du Bicentenaire de la Révolution en plantant un arbre de la liberté, en 1989. Ces plantations se multiplient sous la révolution, dans toute la France, dans les colonies, et dans tous les pays que traversaient les soldats. Cette coutume revient avec la révolution de 1848, abolie sous Louis XVIII, elle revient avec le retour de la république, en 1870, et pour chaque commémoration de la révolution, pour l’armistice de 1918, pour la libération de 1945.

 

Nous avons ensuite les chansons du mouvement ouvrier de 1830 à 1914, comme Le chant des ouvriers de Pierre Dupont, plus connu pour la chanson J’ai deux grands bœufs dans mon étable :

Ou Le chant des canuts, écrit en 1894 par Aristide Bruant :

Puis, il y eut la commune, troisième révolution après 1789 et 1830, appelée aussi Révolution de Février, Louis Philippe n’a pas pris conscience de la gravité des événements qui se préparaient, il se contenta de sourire et de dire : Mon prince, je ne crains rien… Je suis nécessaire.

Il y eu donc L’internationale, chanson écrite par Eugène Pottier, d’abord poème à la gloire de L’internationale ouvrière, en juin 1871, en pleine répression de la commune de Paris, et dont la musique est de Pierre Degeyter. Chanson qui est devenue le symbole des luttes sociales dans le monde :

 

Et le temps des cerises, écrite par Jean-Baptiste Clément en 1866, sur une musique d’Antoine Renard en 1868, chantée ici par Cora Vaucaire :

 

Pour les chansons de la guerre Franco-prussienne, Le Violon brisé est un chant nationaliste revanchard. Il date de 1876, sur des paroles de René de Saint-Prest et une musique de Victor Herpin. Comme La Fiancée alsacienne, le chant exalte le sentiment patriotique après la perte de l’Alsace-Lorraine :

 

Parmi les chants anarchistes de fin XIX ème siècle, La Ravachole, chanson attribuée à Sébastien Faure, publiée en 1894 dans l’almanach du père Peinard. chantée ici par Les quatre barbus  :

 

Pour les chansons de mutinerie et de révolte de la guerre de 14 / 18, La chanson de Craonne, une chanson dont on ne connaît pas l’auteur, chantée par les soldats français de la première guerre mondiale, censurée par le gouvernement militaire de l’époque, jugée subversive et antimilitariste, la version de Marc Ogeret :

 

Et La butte rouge, chantée là par Zebda :

 

On arrive aux chants de la résistance de la deuxième guerre mondiale, comme Le chant des marais, ou Chant des déportés, au départ un chant allemand, chant de Börgermoor, composé en 1933 par les prisonniers du camp de concentration de  Börgermoor,  le mineur Johann Esser et le  metteur en scène Wolfgang Langhoff,  sur une musique de Rudi Goguel, et j’ai choisi cette version des élèves de CM2 de l’école Jean Zay de Nantes  :

 

Le chant des partisans, hymne de la résistance française sous l’occupation de l’Allemagne nazie, dont la musique, inspirée par un chant populaire russe, a été composée par Anna Marly, une française, émigrée russe qui avait quitté la France pour Londres en 1940, et les paroles ont été écrites par Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon, en 1943, alors qu’ils venaient de rejoindre Les forces françaises libres :

Là, un détour par l’Italie s’impose avec cette chanson qui au départ fut une chanson de révolte des mondines, esclaves dans les rizières du nord de l’Italie, cette chanson devient un succès international, de par ses paroles universelles :

Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes, Nous travaillerons en liberté. et elle est encore chantée de nos jours dans les manifs.

La vraie histoire de cette chanson est là : Ô bella ciao : https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/tag/o-bella-ciao/

Plus près de nous, les chansons anarchistes de la fin du XXème siècle, comme Ni Dieu ni maître, ou Les anarchistes de Léo Ferré,

Et là, un détour par l’Espagne s’impose, avec cette chanson de Serge Utgé Royo : Pardon si vous avez mal à l’Espagne :

Chanson trotskiste des années 70 : Sans la nommer de Georges Moustaki :

 

Et parmi les chansons autour de mai 68, nous avons, entre autres, Les nouveaux partisans, Dominique Grange :

Paris Mai, Nougaro :

La révolution, par Evariste :

Société, tu m’auras pas, Renaud  :

Puis on a évolué vers l’écologie, et l’on se révolte contre les espèces en voie de disparition, la banquise arctique qui ne cesse de diminuer, le réchauffement climatique, contre la destruction de la planète Terre. Et avec la pollution, il est de plus en plus difficile de respirer :

Le monde change :

Les petits jardins disparaissent :

La terre meurt :

 

Et l’on chante Les éoliennes :

 

Il y a eu aussi le printemps des révolutions arabes, où l’on chantait la liberté espérée  :

Et les attentats de l’Etat islamiste qui ont fait de nombreuses victimes en France, et dans le monde : En 2015 le monde a perdu toute l’humanité… Et là, ce sont des révoltes contre la barbarie et pour défendre la liberté d’expression, et toutes les libertés.

Et l’attentat le plus meurtrier en France depuis la seconde guerre mondiale, au Bataclan, le 13 novembre 2015 :

Ils étaient cœur français ou international
Ils étaient la rosée qui pleure de sous le châle
Ils étaient des promesses, ils étaient des bourgeons
Qui font monter tristesse, ils étaient des chansons
Ils étaient des familles, ils étaient des amis
Ils étaient ce qui brille dans le ciel de la nuit
Ils étaient amoureux ceux qui se sont blottis
L’un contre l’autre à deux, contre la tyrannie.

 

Il y a aussi le problème des migrants, qui arrivent, pour les plus chanceux, combien périssent en mer ? en bateau, fuyant les guerres, la misère, les dictatures, et qui sont refoulés, traités comme du bétail :

et le racisme qui persiste : Lily de Pierre Perret :

Les sans papiers :

 

Et toutes les infractions gouvernementales à la devise de notre pays : Liberté Egalité Fraternité, et à Loi constitutionnelle n°95-880 du 4 août 1995 – art. 8 et dont le principe est, enfin devrait être si il était appliqué : Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Phrase qui vient d’Abraham Lincoln : La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Le peuple, de plus en plus accablé de taxes, le peuple à qui on rogne peu à peu tous les droits et progrès sociaux acquis de haute lutte par nos parents, aujourd’hui, le fossé se creuse entre les toujours plus riches et le peuple, et oui, Y’en a marre !

 

On voit de plus en plus de SDF, le nombre de morts dans les rues augmente d’années en année, 7000 SDF sont morts en France en deux ans :

 

Alors Que reste t-il ? De l’homme qui tenait une rose / Reste t-il encore quelque chose ? Des drapeaux rouges, des drapeaux noirs / Que reste t-il en nos mémoires ? / Des bribes de luttes perdues / Des rêves, des fruits défendus… ( Chanson du jour sur Nos Enchanteurs, merci Catherine Laugier).

 

Mais 50 ans après 68, le peuple bouge encore et demande justice, Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique disait Platon, mais nos gouvernants sont bien loin d’écouter cette musique, étrangers au quotidien de la grande majorité des français.

Gilets jaunes ou chiffon rouge, même combat ?

 

Quel avenir pour les générations futures ? Restera t-il un chant d’oiseau ?

Enfants, enfants, la terre est ronde
Criez plus fort
Pour que se réveille le monde
S’il n’est pas mort…

Rêver…Un impossible rêve ? Un peu d’espoir ? Le Rouge après le noir ?

 

 

Danièle Sala

 

NB:  On peut ajouter aussi Ni Marx ni Jésus d’Herbert Pagani pour les forces de la rue… C’est assez actuel … mais c’était en 1972.. pour une histoire qui devait commencer vers les années 2000..

Prophétique ??

 

Jeanne Plante est chafouin…

11 Déc

Théâtre de Poche Montparnasse 10 Décembre 2018 ©NGabriel

Mademoiselle Jeanne est chafouin, sa vie est un charivari d’aventures amoureuses plus ou moins foutraques, et ça fait rire le public.. C’est pas qu’il ait mauvais fond, le public, mais Jeanne Plante, en attendant le grand amour idéal occupe son vide sentimental en faisant des chansons, c’est elle qui le dit.. On peut y croire… ou pas. Mais elle les chante. C’est un grand kaléïdoscope désopilant et néanmoins sensuel, dans une fantasia débridée de geisha sous extasy résolue à conquérir, déguster, dévorer, tous les roméos potentiels de la mythologie selon Aphrodite, Eros et Brigitte Lahaie un soir de bamboche contemporaine… (Ne craignons pas l’hyperbole langagière)

Dans les gènes de Jeanne il doit y avoir un cocktail des grandes héroïnes emblématiques, Mistinguett’, Arletty, Betty Boop, Louise Brooks, la belle Otéro, Anaïs Nin, les grandes amoureuses les grandes vestales de l’amour, toutes les filles d’aujourd’hui qui font à peu près ce que font tous les hommes depuis la nuit des temps, vous devinez quoi … Et si vous devinez pas, allez prendre quelques informations aux cours du soir de mademoiselle Plante. C’est aussi une ménagère accomplie, la preuve par la bouillabaise* des crustacés en folie qu’on peut résumer par une grande partouze culinaire et marine que nous dirons très éducative dans le fonds et la forme. Epicée et colorée…

Entre deux exubérantes fantaisies, le temps de l’amour passe aussi par des mots qui touchent, autour d’un bouton de veste et les émotions qu’il fait revivre… Et si la vie c’est jamais comme on veut, elle n’est pas toujours chafouin. Ce qu’on retient de cette soirée folle dingue tonique: aimez vous les unes les autres, et le monde ira mieux.

Dans le casting de cette comédie musicale échevelée, c’est le mot juste, il y a quelques guest stars qui viennent rendre hommage à Jeanne Plante, entre autres Ray Charles avec Georgia in my mind, bluffant, et quelques autres singing lovers dont vous aurez la surprise, je ne vais pas tout vous dire et divulgacher, ce serait dommage. .

Mais vous montrer quelques images, pour vérifier que c’est un spectacle total façon Broadway et Las Vegas, mademoiselle Jeanne ne se refuse rien, et elle le vaut bien comme disait Marylin à Carmen.. ou à Circé …

C’était le 10 Décembre au Théâtre de Poche Montparnasse, la vie de Jeanne, c’est un bon remède contre la chafouinerie et les morosités des temps de froidure.

  • Recette de Vincent Roca.

 

 

Pour suivre Jeanne Plante sur les routes, c’est là–>  https://www.facebook.com/jeanneplanteofficiel/

 

Pour Paris, à l’Européen en mars 2019,  on réserve ICI —>CLIC sur l’affiche,

Et pour quelques images de plus,

 

Clic sur l’image et Jeanne s’épanouira en grand

 

Norbert Gabriel

La vie en vrac à Ivry…

8 Déc

Montage La vie ivry 3751x2682

Ou comment la lumière sublime la musique…

Il y a un peu plus de 2 ans, La vie en vrac tenait la scène au Théâtre de la Contrescarpe, l’éloge enthousiaste ci-dessous reste d’actualité, mais après avoir occupé des scènes de toutes dimensions, c’est au théâtre Antoine Vitez que ce spectacle passe à une dimension supérieure grâce à un travail sur la lumière d’une qualité rare, Véronique Chanard bravo ! On peut rappeler ce que disait un maître des lumières à son élève: « Eclaire bien les artistes que j’entende bien les paroles. » Annick Cisaruk et David Venitucci sont très bien mis en lumière, c’est parfait.

3 Mars 2016 au Théâtre de la Contrescarpe.

Annick Cisaruk a trouvé son Mac Orlan, c’est Yanowski. Yanowski a trouvé le Stradivarius qui lui permet d’élargir sa palette à cette vie de femme-flamme qui mord la vie à pleine bouche, et la chante à pleine voix, c’est Annick Cisaruk. Et ils ont trouvé le musicien pour composer cette rhapsodie baroque et sauvage, David Venitucci, tiercé gagnant.

La vie en vrac AC AAAA 02-03-2016 20-26-034C’est une Carmen des steppes qui a décidé, jeune fille, de suivre la route bohémienne, le chemin des saltimbanques, des oiseaux de passage, les migrateurs éternels avides d’autres horizons. Au risque de se brûler les ailes, au risque de cramer sa vie dans des voyages imprudents. Mais flamboyants. (Suite ICI)

Il y a deux ans quelques images tentaient de donner une idée de cette fresque picaresque,

 

©NGabriel2016… CLIC SUR L’IMAGE ET ELLE GRANDIT…

 

C’est ce samedi à 20 h et le week end prochain qu’il faut aller toutes affaires cessantes au Théâtre Antoine Vitez..

C’est ici pour réserver clic sur le rideau —>

 

 

 

 

 

Norbert Gabriel

C’est un joli nom camarade…

7 Déc

C’est un joli nom camarade
C’est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s’épanouissaient
Camarade

 

 

Photo ©DDesreumaux Hexagone  …. de gauche à droite:  Wally, Imbert-Imbert, Julie Rousseau, Valeria Altaver, Zora Bensliman, Michel Kanuty  Jules, Mao Sidibé Nicolas Bacchus, Jérémie Bossone, Florence Saint Prix, Tedji, Thomas Pitiot, Balthaze, Viviane Arnoux,  Amen Viana, Franck La Rocca.    En cliquant sur l’image, c’est magique, elle s »agrandit..

Le rendez-vous était pris depuis quelques temps, les billets aussi, car la promesse de retrouver cette belle troupe d’artistes chatouillait agréablement les souvenirs de celles et ceux qui avaient eu le privilège d’être à la création au Festival Aubercail il y a 4 ans dans la belle ambiance du Magic Mirrors. Et en 2018 Paris ouvrait ses bras et l’Alhambra pour cette fête à Ferrat.  Salle comble et comblée après 3 heures d’émotions partagées

Yvan Perey : Oui c’était une belle soirée . J’avais hâte d’assister à ce spectacle car je trouve que Jean Ferrat est rarement repris par des jeunes chanteurs (contrairement à Ferré , Brel ou Brassens.) Et ils s’en sont plutôt bien tirés en sachant y insuffler chacun leur personnalité, avec des sensibilités musicales différentes , de l’humour … Le choix des chansons était assez judicieux, les grands classiques sont joliment revisités (« La Montagne », « Nuit et Brouillard » , « Potemkine « ,  » Aimer à perdre la raison  » ) mais aussi des chansons plus rares comme  » Si j’étais peintre ou maçon » , « Horizontalement » (chanson à la misogynie gainsbourienne ) ou d’autres qui semblaient être d’une brûlante actualité ( » Le bruit des bottes » , « HouHou méfions-nous » …) Coup de chapeau aux musiciens et en particulier à l’accordéoniste Viviane Arnoux (qui fut aussi celle d’Hugues Aufray qui a été fêté aussi hier soir ) et Michel Kanuty aux claviers. Bravo à celui qui est à l’origine de ce projet !

Je regrette juste que les auteurs des chansons n’aient pas été cités (hormis Guy Thomas pour  » Le bruit des bottes  » ). L’auteur de « Potemkine » est Georges Coulonges , l’auteur de  » Ma Môme  » est Pierre Frachet , l’auteur de  » Maria  » est Jean-Claude Massoulier … et bien sûr Aragon pour  » Que serais-je sans toi ?  » et  » La complainte de Pablo Néruda «  .

En effet, c’était très enlevé, joyeux, tendre, et drôlement mis en situation, témoin cette interprétation de « la chanson misogyne gainsbourienne » par Valeria Altaver qui retourne brillamment la situation car messieurs, vous aussi pouvez être une affaire horizontalement et pas trop verticalement… La réalité et la parité sont à l’ordre du jour…

Le spectacle vivant étant par définition évolutif, la salle a pu faire chorus avec Jules qui avait invité virtuellement un autre ardéchois célèbre Hugues Aufray, tout peut arriver avec ces artistes de bonne compagnie, heureux d’être ensemble sur le plateau, devant un public en majorité acquis à Ferrat, et qui a applaudi des interprétations très différentes, voire décapantes des standards revisités avec une certaine audace… Et c’était bien..

Wally a ouvert la fête avec  L’amour est cerise , on a suivi avec enthousiasme en groupe en ligue et en procession dans la foulée de Zora, Julie a charmé avec Berceuse, que Ferrat aimait beaucoup, Jérémie a fait revivre Ouralou, autant de poèmes qui élargissent la palette Ferrat.

Nicolas Bacchus a bien résumé la direction indiquée par Thomas Pitiot: toutes les chansons revues dans tous les genres musicaux, pari tenu, quoi que…  je ne souviens pas d’avoir entendu une version tyrolienne, et pas non plus une polka piquée bretonne, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour la suite… 

Pour saluer ces talents et faire l’inventaire des chansons,

il y a un album, allez voir ce qui en est dit sur Nos Enchanteurs, tout y est.

Clic sur l’album —→

Et puis, un spectacle peut voyager, il doit voyager, soyez des spectateurs actifs, faites du lobbying pour qu’il soit invité par chez vous … Même si vous êtes dans un fief pas spécialement gaucho, le temps est propice au dialogue … Enfin j’espère …

Le site https://oceannomade.net/

 

On trouve l’album dans la boutique MistiMusicShop

demandez au chat il vous ouvrira, 

Et pour quelques images de plus,

 

 

Norbert Gabriel

Pierre Paul Danzin à l’Arthé Café

5 Déc

Silhouette débonnaire de grand gaillard, mi-Caussimon mi-Joyet, visage jovial, sourire d’enfant, yeux pétillants, cheveux longs et bouclés sous une casquette à carreaux, tel se présente Pierre Paul Danzin, accompagné de son frère Alex, jeune homme brun, barbe et fine moustache bien taillées, vêtu de noir jusqu’à la casquette . Pierre Paul prend sa clarinette, Alex sa guitare, pour une longue intro musicale, et l’on comprend immédiatement qu’on a devant nous deux musiciens de grand talent. Juste un p’tit coup de fil à passer, allo seigneur, allo Allah, allo Yahvé, ça ne se passe pas très bien sur terre, est-ce que ça ira mieux quand nous serons athées pratiquants 

Et c’est avec Maintenant que Pierre Paul commence son tour de chant, une chanson de son prochain album qui doit paraître au printemps prochain : Aujourd’hui, c’est demain.

( Voir le bulletin de souscription ci-dessous).

Pierre Paul Danzin enchaîne les chansons, de sa voix chaude et mélodieuse, modulant les phrases selon les chansons, avec une diction parfaite, et sans micro, en toute complicité avec son frère à la guitare, ou à l’ukulélé pour des morceaux plus exotiques, Alex, qui mêle parfois sa voix à celle de son frère et chansons agrémentées d’envolées de clarinette, de flûte, par exemple pour couvrir le cri des mouettes du public, ou de rifs de guitare.

Avec Pierre Paul Danzin, chanson d’expression, spectacle vivant sont des mots qui prennent tout leurs sens, il vit ses chansons, en gestes, en expressions du visage, il nous amène dans des voyages, des moments de vie, avec un regard humaniste, lucide, parfois caustique, mais la tendresse reprend toujours le dessus et l’espoir tient son horizon . Chanteur, conteur, clown, musicomédien, poète, sculpteur de mots, musicien, clarinettiste virtuose, acteur, cela fait plus de vingt ans qu’il exerce son métier d’artiste-artisan aux multiples talents. Prix Brassens du public 2017, coup de cœur du Centre de la chanson en 2016, lauréat du Grand prix Léo Ferré Les mémoires de la mer, il a fait les premières parties de nombreux artistes, notamment Allain Leprest, Sarcloret, Gérard Pierron, ou Francesca Solleville.

Et c’est sous le regard de son copain Leprest, qui fait partie des beaux fantômes de l’Arthé Café, et qu’il a côtoyé durant deux ans, avec la compagnie C’est pas si grave, pour le spectacle Pantin-Pantine, d’Allain Leprest et Romain Didier, Pierre Paul Danzin nous chante deux chansons coécrites avec Leprest, la première, Robe de bois, robe de fer, magnifique chanson féministe :

Oh ! Femmes déchirées sans souffrance / Femme qu’on aime comme on ment / Et jamais mortes pour la France / Sur les pierres de nos monuments / La femme ici bas vit l’enfer / Et les hommes le paradis…

Et la deuxième un peu plus tard : Jojo, Jojo étant le frère d’Allain Leprest, chanson écrite à l’occasion de l’ anniversaire de Pépita, fille de Jojo, de l’album Charivaris :

Pépite ma petite
Ne vieillit pas trop vite
On le sait trop déjà
Que chaque anniversaire
N’use que si l’on s’en sert
Les chiens font pas des chats
J’ai honte de songer
Qu’un jour un étranger
Me piquera tes sourires
Volera mon numéro
Du clown double zéro
Poil au nez, poêle à frire
Y a papa padapada papa !

Et tout le monde reprend en choeur…
L’espoir, un poème mis en musique, comme le sont toutes les chansons de son dernier album Bleu Cobalt, 16 poèmes choisis sur 40 écrits à l’occasion de sa quarantaine, et mis en musique par Antoine Dubois, Matthieu Duret et Alexandre Danzin, l’album le plus poétiquement rock’n’roll, le plus abouti, le plus intime, c’est lui-même qui nous l’a dit, et c’est le ressenti que j’ai eu à l’écoute de cet album.

L’espoir, qu’il faut garder pour rester debout :

C’est lui qui peut changer le monde / A l’heure où l’on baisse les bras / Qui dit que tant que la terre est ronde / On peut sauver même le climat / Il donne envie de se lever / De s’insurger qu’on en veut pas / D’un avenir téléguidé / De la naissance jusqu’au trépas / Il faudrait pas le décevoir / L’espoir.

L’antichambre, de son album Les moineaux d’Egare, nostalgie du temps qui passe, l’antichambre, la dernière demeure  :

Quel âge est il madame à ta montre de femme
Quand les aiguilles deviennent des rides
Madame Aride ?
Quel âge est il très chère
A l’Horloge des mères
Quand viennent leurs filles de soixante ans
Dans l’Antichambre ?

Madame ça va, sur la perte d’emploi :

Ell’ m’attendait devant la grille
De l’usine, je l’ai reconnue
Elle n’était pas de ma famille
Par le bras elle m’a retenu
Alors je l’ai suivi docile
Vers un bistrot dans l’avenue
Et j’ai bu comme un imbécile
A mon licenciement venu
Depuis partout ell’ m’accompagne
Et je la traîn’ comme un boulet
Las de la ville, de la campagne
Je suis devenu son valet …

L’enfance, vue de La cour d’école, car personne ne sort indemne de son enfance, nous dit Paul Pierre :

Tout autour de la cour, il y a des grilles vertes ;
Y a des murs, y a des tours (elles sont jamais ouvertes) ;
Y a trois arbres dans trois ronds, qui surgissent du béton ;
On durait un bouquet de trois fleurs de pavé !
Deux, trois fleurs de pavé !
 

Au-dessus de la cour, y a un carré de ciel,
Des nuages, tous les jours, de l’air, artificiel…
Un moineau a croisé une colombe en prison,
S’est sauvé, envolé, puis vint sur mon balcon…
Puis vint sur mon balcon… 

Chien d’ivrogne, de Leprest,

Le tango des rides, chanson ironique sur les vieux qui occupent les plages en été :

C’est une sacrée révolution / De voir sous les ridés la plage…
Les petits riens, tous ces petits riens qui embellissent la vie :
Il aura fallu que j’en aime tant,
Pour qu’un jour je sache ce qui vraiment m’émeut ;
Les oiseaux de la mer et le vin si fameux,
La chanson de Prévert, les femmes, le printemps…
Un morceau très rock-langoureux extrait de Bleu Cobalt : Arabica d’automne :
J’ai la gorge gouttière et le chat bien pantois.
Quel est ce sentiment qui m’affecte et m’étonne ?
J’entends les cliquetis de ces perles salées
Résonner en mon corps si langoureusement…

Caravelle , chanson inspirée par ces enfants enlevés à leurs familles réunionnaises, pour repeupler la Creuse, le Gard, le Tarn, la Lozère, les Pyrénées orientales, sous l’autorité de Michel Debré qui était alors député de La Réunion, ces enfants qui ont dû souvent rêver de voler par dessus les nuages pour retrouver leur île :

Vogue dont caravelle,
L’indien est océan,
L’Afrique en est plus belle,
Les arbres flamboyants
Fleurissent à noël
S’embaument au nouvel an.
Vogue dont caravelle
Au gré du vent…

La mer inspire aussi Pierre Paul Danzin, dans l’écume des bières, il pense à l’amertume chantante des marins d’aujourd’hui :

Les fous de Bassan
Hissons, hissons amis les voiles,
Dévoilons le drapeau des goélands,
Des albatros sans une étoile,
Chantons les fous de Bassan

Deux parties d’une heure chacune, chansons entrecoupées de traits d’humour, de rires, de bravos, de partage avec le public, nombreux ce dimanche soir, et c’est une ovation pour Pierre Paul et Alex Danzin, suivie de deux chansons en rappel, une du fantôme moustachu qui trône à côté du feu de bois de l’Arthé Café, Ma môme de Jean Ferrat, et une d’un autre moustachu, Brassens : La mauvaise réputation, interprétation très personnelle de Pierre Paul Danzin que le public reprend en choeur.

Maï et Marc Usclade viennent ensuite rejoindre les artistes, et ce sont des remerciements partagés, des frères Danzin pour l’accueil chaleureux qu’ils ont reçus à l’Arthé Café, et de Maï et Marc, pour l’un des très grands moments de l’Arthé Café que nous avons eu ce dimanche soir.

Nous avons prolongé ce moment en échangeant avec les amis habitués, et les nouveaux, avec Pierre Paul Danzin, qui dédicaçait ses albums, et faisait passer la feuille de souscription pour son prochain album Aujourd’hui, c’est demain.

Danièle Sala

 

 

Et pour quelques photos de plus , par Martine Fargeix,

La bohème

29 Nov

Après avoir chanté sur tous les chemins du monde, et dans plusieurs langues, Charles Aznavour, le chanteur français le plus connu au niveau international,  promène désormais sa bohème dans les champs d’étoiles. La bohème, un de ses plus grands succès a fait le tour de la planète, cette chanson, dont il a composé la musique, sur des paroles de Jacques Plante, est née en 1965, alors qu’ Aznavour avait 12 ans de scène derrière lui, et commençait  à avoir du succès. Un peu autobiographique, Aznavour a pas mal galéré, beaucoup critiqué à ses débuts, il a mis des années à s’imposer sur scène, c’est la chanson d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, la nostalgie d’un Montmartre où les artistes avaient la vie dure,  mais d’une richesse artistique exceptionnelle.

Si vous voulez suivre ma caravane pour un choix subjectif de versions de La bohème par Aznavour, et par quelques uns de ceux qui ont repris cette chanson, en français, et dans bien d’autres langues, je vous emmène…

Cette chanson  avait été proposée tout d’abord à Georges Guétary pour son opérette Monsieur Carnaval, mais la maison de disque de Charles Aznavour, flairant le succès, le  presse d’enregistrer sa propre version, et ce fut aussitôt un immense succès,  la querelle déclenchée par Georges Guétary, on comprend sa déception, et par les maisons de disque, s’arrêtera, grâce à Frédéric Dard, et  avec le succès de Georges Guétary avec cette même chanson :

La version de Charles Aznavour en français, qui commence en piano voix, et continue avec l’orchestre :

Charles Aznavour, qui multipliait les versions internationales de ses chansons, chante ici La bohème en cinq langues, signalées sur la vidéo par des drapeaux :

Toujours Aznavour, et La bohème en anglais   :

En italien :

En espagnol, toujours avec une belle orchestration  :

La bohème a été interprétée  par des chanteurs du monde entier dans de nombreuses langues, ici Idir chante la bohème en kabyle :

En arabe, par Rarah Messai Mahjoub :

En arménien, par Erg Ergoc :

Toujours en arménien, avec des vues et des peintures de Montmartre :

Une version envoûtante, en japonais, par Naomi Chiaki :

En brésilien et la musique qui va avec,  par le Trio Esperança, sous le titre Uma Bela História  :

Une version plus jazzy avec Nicolas Jaar :

En espagnol par Concha Buika, une version dépouillée en piano voix, qui met en valeur la voix de diva du jazz de cette chanteuse espagnole :

Rythmes guitares, swing,  avec Kenji Girac  :

Electro-pop avec le groupe anglais Dubstar :

Catherine Ringer et Corneille, un duo de choc, apprécié et applaudi par Aznavour :

L’étonnant vibrato d’Erza :

Et Pierre Richard, dans le film On peut toujours rêver :

Aznavour avec Les enfoirés, clic sur l’image, ou sur le lien..

https://www.deezer.com/fr/track/108966924

 

L’ interprétation sobre de Bénabar en piano voix :

 

Une version en russe :

Et bien d’autres encore, plus ou moins réussies, et toutes celles qui restent à découvrir.

Voilà, j’ai parcouru, ce jour, avec grand plaisir, et Un brin de nostalgie, les chemins nomades d’une très belle chanson dite de variétés,  d’un chanteur populaire, pour moi, ça n’a rien de péjoratif, je ne suis d’aucune chapelle,  et je plussoie Christian Camerlynck pour dire qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les émotions. Les chansons d’Aznavour, comme celles de Bécaud, et beaucoup d’autres, ont jalonné ma vie, simplement, tout comme Charles Trenet,

Moi, j’aime le Music-Hall
C’est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes

J’aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud

On dira tout c’qu’on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l’école
Où l’on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s’émouvoir
En s’fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J’aim’rai toujours le music-hall

 

Danièle Sala

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