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Entretien avec Mauro Ceballos pour parler de « Confin Art » : une initiative qui propose gratuitement aux enfants de France et du monde des dessins à colorier expliquant les thèmes liés à la pandémie et leur transmettant des principes solidaires pour résister aux angoisses et souffrances avec poésie, douceur et créativité

1 Mai

A l’heure où nombre d’artistes et travailleurs  de l’économie artistique s’angoissent légitimement pour l’avenir du secteur culturel et évènementiel et leur propre survie, certains ont choisi de mettre leur talent au service de la solidarité humaine pour épauler nos contemporains dans nos résistances individuelles et collective aux peurs, aux chagrins et au pessimisme en cette période anxiogène. Artiste pluridisciplinaire, Mauro Ceballos, batteur et percussionniste du groupe Guaka [Lire ici et ici], et auteur de la bande dessinée «Di Vin sang», entièrement réalisée et teintée avec des vins pour raconter l’histoire méconnue des liens entre Bordeaux, sa ville de résidence, et le Chili, son pays d’origine, et de l’épopée de l’implantation des vignobles et de la production de vin sur ses terres, qui a connu un large succès l’an dernier, produit depuis le début du confinement des dessins publiés gratuitement via les réseaux sociaux à destination des enfants, que ceux-ci peuvent imprimer chez eux pour les peindre et les colorier. L’initiative « Confin Art » qui a rapidement rencontré une popularité croissante ici et au-delà des frontières françaises, étant proposée en quatre langues, se révèle, en plus d’un moyen d’occuper les enfants quotidiennement durant les longues heures du confinement, être un outil pédagogique et un soutien psychologique intelligent et accessible à tous, dont les bienfaits se mesurent au nombre expansif des utilisations, partages et réactions enthousiastes qu’elle suscite. Elle œuvre à l’accompagnement des familles non seulement en occupant l’ennui et réveillant la créativité des enfants, mais également en abordant à travers chaque dessin des thèmes relatifs à la pandémie, compliqués et douloureux émotionnellement, parfois inintelligibles pour les plus petits, que l’auteur tente de leur expliquer simplement avec tact et douceur pour amener du réconfort, du bien-être et de la poésie, inculquer des principes de précaution, protection et soucis des autres, et rendre la période plus supportable -et sans doute même engendrer quelques vocations artistiques-. Décidé à poursuivre la démarche au moins jusqu’à la fin du confinement, Mauro Ceballos nous a accordé un entretien pour en parler.

 

– Mauro bonjour et merci de nous accorder cet entretien. Comment t’es venue l’idée de cette initiative ?

En fait un jour avant le début du confinement, j’avais épuisé mon papier de dessin, et ne pouvais donc plus continuer à travailler avec du papier de qualité. Et comme mes deux filles étaient loin, l’une en Espagne et l’autre dans le nord de la France, j’ai cherché de quelle manière je pourrais les accompagner tous les jours, d’autant que je comprenais en regardant les exemples des autres pays que cette histoire allait prendre beaucoup de temps. Mes filles ne comprenaient pas pourquoi il fallait rester confinés, ni ce qu’était ce virus. J’ai voulu par des dessins leur expliquer ce qu’est un virus, ce qui nous arrive, quelles mesures peuvent nous protéger et comment on peut s’occuper à la maison, pour rendre l’enfermement plus supportable. Les deux premières semaines, il y avait eu beaucoup d’interventions dans les médias pour les adultes, mais rien pour expliquer aux enfants. Les enfants étaient complètement écartés de l’information. J’ai donc cherché comment expliquer avec des dessins aux enfants, à mes propres enfants d’abord. Et puis je les ai publiés sur la page facebook bordelaise «wanted community Bordeaux» [Lire ici], et leur visionnage et popularité a explosé. Il y a eu plus de trois cent messages et commentaires de soutien. Je n’avais pas pensé au préalable que d’autres enfants pouvaient se servir aussi de mes dessins, et j’ai été très touché par ces réactions. J’ai décidé de réaliser des dessins pour accompagner mes enfants chaque jour et de les publier pour que les autres aussi puissent s’en servir. Et puis trois voisins ont vu ça, l’un étant rédacteur, l’autre graphiste, et le dernier réalisateur de vidéos, et m’ont proposé de créer un groupe de travail. Ils m’ont donné un sacré coup de main pour impliquer la presse. Il y a pas mal de chose en France, pas encore dans les presses étrangères, mais petit à petit, il y a une expansion. On a tout fait nous même ; c’est le système hyper méga « D ». Nous avons mis en place des supports de presse et fait une vidéo, en quatre langues : Français, Anglais, Espagnol et Japonais. J’ai aussi commencé à travailler avec une personne russophone pour les traduire en Russe.

 

– Dans quel but ?

Comme je connais pas mal de monde dans plusieurs pays, des gens rencontrés au cours des tournées, et que le confinement existe partout, l’idée est de rendre l’initiative accessible aux citoyens d’autres pays. Cela a bien pris en Espagne, au Chili, au Mexique, en Italie et ça s’est propagé très vite. Aujourd’hui des milliers de parents s’en servent tous les jours et même des enfants harcèlent leurs parents pour qu’ils leur impriment les dessins. Et comme les gens envoyaient des messages de soutien ou remerciement, je me suis dis qu’il serait intéressant d’offrir les dessins accompagnés, chaque jour, d’un message d’une personne, un peu leader d’opinion de chaque pays, puisqu’avec Guaka, nous nous sommes liés à beaucoup de stars au cours des tournées. Un ami, vedette du cirque Arlette Gruss, qui a pu retourner au Chili avant le confinement a écrit un message ; et comme c’est un clown, il est connu des enfants et des parents. Des personnels travaillant à la télé, et aussi beaucoup de musiciens ont fait de même, comme Denis Barthe et les Hyènes [ici], Sergent Garcia, Shaka Ponk [ici], des acteurs et membres du Buena Vista Social Club. L’idée est de lancer un truc différent chaque jour et comme ce sont des gens très connus, ils partagent la page, ce qui fait qu’il y a de plus en plus d’enfants qui ont accès aux dessins.

 

– T’es-tu heurté à des réactions négatives ?

Oui, il y en a eu ; il y en a toujours. Philippe Poutou par exemple a participé, et des commentaires mal intentionnés s’en sont pris à lui en le traitant d’opportuniste et de tout. C’était la première fois que j’associais un homme politique à mon travail, et dès que tu fais rentrer la politique quelque part, il y a toujours des réactions virulentes. Heureusement d’autres ont pris sa défense. Moi, je ne réponds qu’aux commentaires bienveillants. Mais quand il y a des choses moches, je ne réponds pas. En plus mon travail est pour les enfants, pas pour eux. Ils doivent être tellement malheureux pour écrire des commentaires aussi malsains au sujet de dessins pour les enfants. Le malsain, il faut le tuer tout de suite, sinon après il te contamine. J’avais appelé Philippe, parce que c’est un pote, et il m’a écrit un mot très sympa. Mais après il y a toujours des gens cons et aigris qui essayent de salir ce qu’on fait de constructif. Mais si on en tient compte, on n’en finit jamais.

 

– Le but de tes dessins n’est pas uniquement d’occuper des enfants pour rendre le confinement supportable, mais aussi de les aider à comprendre l’actualité que nous subissons. Quels messages peut-on faire passer à des enfants ?

J’essaye de passer des messages très compliqués simplement. Une chose dont on ne parle pas par exemple est que beaucoup d’enfants sont en train de perdre leurs grands parents, sans pouvoir leur dire au revoir ni les accompagner pour l’enterrement. C’est tragique et ça complique le deuil. Mon travail vise donc à traiter ces thèmes. J’en suis actuellement à plus de 90 dessins, car parfois j’en créé plusieurs par jour, suivant les thèmes à aborder, mon inspiration du moment aussi. Si on calcule que ça va prendre entre 30 et 40mn à un enfant pour peindre un dessin, à raison de quatre dessins par jour on peut les occuper deux heures, ce qui est une sacrée pause pour les parents. C’est donc une aide pour les parents, car ça leur dégage du temps et en même temps j’essaye d’expliquer des choses aux enfants. Ce ne sont pas juste des dessins à la con qui ne racontent rien. Et comme les enfants peignent et colorient les dessins, ça leur créé une certaine connexion à l’image qui fait qu’ils s’en rappellent. Cette semaine par exemple le thème choisi est la violence dans les foyers, envers les femmes ou les enfants, les hommes aussi, les couples qui se déchirent. Il faut être non pas consensuel, mais doux pour traiter ces thématiques et proposer des solutions pour vivre un peu mieux le confinement. Je me rappelle que quand j’étais petit, mes parents se battaient tout le temps et j’essayais de dessiner des choses que je trouvais positives, et j’arrivais à calmer les choses. Je voulais juste qu’ils puissent s’aimer, pas se battre. Maintenant je vois la même problématique dans tous les pays. Il faut pouvoir expliquer aux enfants, leur donner des clés, et un peu de joie. Qu’au moins un enfant enfermé toute la journée avec des parents en train de se déchirer puisse s’évader dans le dessin. Psychologiquement ça peut les aider à affronter ces malheurs qu’ils sont en train de vivre. Et puis aussi leur apprendre les questions d’hygiène, à découvrir la musique, le théâtre, construire des jeux, faire attention aux handicapés. Je n’ai pas encore traité le thème des anciens, mais je vais le faire d’ici une ou deux semaines, car il y a dans les Ehpad des papis et des mamies qui peignent aussi. L’idée est surtout d’expliquer qu’il faut se protéger et rester confinés, et essayer de s’occuper et de rendre la vie plus belle. J’essaye aussi de m’inspirer des histoires des victimes du nazisme qui étaient dans les camps, des cosmonautes aussi qui passent un an enfermés dans une cabine spatiale éloignés de leurs proches, des gens qui sont en prison, des étudiants qui sont obligés de rester dans des chambres de 9m², enfin plein de choses auxquelles on ne pense pas lorsqu’on vit dans un endroit spacieux. Je pense toujours à ces gens et les messages sont aussi par rapport à eux. Et je pense aussi ce travail comme celui des dessinateurs de journaux qui dessinent tous les jours en rapport à l’actualité. Je n’ai pas encore touché les thèmes de la mort, de la perte, de la misère ; mais je préfère parler de tout cela à travers l’imaginaire et la solidarité. Ce n’est pas toujours évident, parce qu’on vit quand même dans un monde de merde. Mais il faut au moins essayer de le faire pour les enfants, sans être pédant, juste avec le cœur. C’est une forme de résistance : pouvoir résister tous les jours, et aussi être informés de ce qui se passe jour après jour.

 

Mauro Ceballos et ses amis lancent aujourd’hui un financement participatif en ligne pour compiler les 55 dessins réalisés en un album à destination des enfants de soignants et enfants démunis (Ddass, enfants de réfugiés, enfants hospitalisés). Vous pouvez y commander un exemplaire pour vous (15 euros), et pour chaque album acheté, un album sera offert à un de ces enfants, ou contribuer librement ici : ici

 

 

Miren Funke

Photo de Mauro Ceballos : Bacchus

Liens :

Vidéo de présentation : clic sur la télé–>

 

 

 

 

 

Facebook de l’artiste ->

 

 

et ici —->

 

 

 

 

 

Les comptines de Kikobert…

5 Déc

A quoi rêve un serpent qui n’a pas de pieds pour marcher (ou faire des vers) , pour danser, pas d’ailes pour voler, pas de voix pour faire rock star dans the voice, et pas de cheveux pour faire le néo punk à crête de coq ? A quoi rêve-t-il ?? Rien de tout ça, vous le saurez en écoutant les comptines de Kikobert, dans un panorama élargi et musical de saynettes courtes et rigolotes, malicieuses et zoologiquement pertinentes, on ne saurait contester l’évidence de l’hippopotam-tam ou le désarroi de la coccinelle qui a perdu ses points, et son permis de vol ? Peut-être … L’avis des animaux est une source permanente de petites historiettes où l’on voit en filigrane des tableaux façon Prévert sur une bande musicale inspirée de Gershwin… ou d’un petit rag time guilleret qui dope l’escargot marathonien, tout est possible. Et c’est éducatif, la vie du ver de terre est une initiation maligne à l’arithmétique et la zoologie.

Cet album a été testé et écouté et ré écouté par mademoiselle Nina, 2 ans et demi, qui le conseille sans réserve à tous les parents… C’est un joli cadeau à accrocher dans le sapin .. et c’est un livre disque à lire et écouter , et réciproquement.  Et à colorier, si la boite de crayons de couleurs est aussi dans le sapin..

Auteur, compositeur, interprète : Nicolas Berton dit KIKOBERT  avec aussi la pétillante Liz Cherhal, c’est une offre qu’on ne peut refuser …

Le site de Kikobert c’est là
clic sur le moineau  —–>

 

 

 

Norbert Gabriel

Demandez l’programme !!

11 Fév

kal com  zebreKalimbo c’est aussi un spectacle , après un bel album,

(…) Dans ce conte, les musiques sont nimbées de sortilèges, cette touche nostalgique, envoûtante, majestueuse et magique… Comme un conte, magique et cruel parfois, profondément humain. Kalimbo, c’est la genèse du peuple du blues…

L’article complet ICI.  Spectacle jeune public et public jeune.

Le spectacle tourne aussi dans les départements, suivez le guide, c’est là.

 

Pour les jeunes de plus de 18 ans qui peuvent se coucher tard, voici une proposition honnête, quoi que…

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Pour en savoir plus….

 

Salut mec-001Et un rappel c’est lundi 15 Février 2016 que La Cigale bruissera pour Mec, Allain Leprest et Edward Perraud, de quoi est-il question ? Voir ICI.

 

Last but not least, vous avez des envies de chanson, de musique ? MistiMusicShop est ouvert jour et nuit, urbi et orbi.

Mistmusic

Norbert Gabriel

Un éléphant à New-York

4 Fév

Un élephant couvDès la couverture, où se côtoient visible, invisible, clair obscur, l’infiniment petit et l’infiniment grand,, on fond d’emblée pour le regard bienveillant des 2 protagonistes.

La taille du livre permet de donner vie à de grandes fresques avec une multitude de détails qui donneront envie d’y revenir. Le point de vue est toujours original et se révèle être un vrai support pour l’imagination.

Dans les illustrations aussi, on aime repérer des références amies, Babar, Marylin ou Elvis se succèdent ou se retrouvent, d’une page à l’autre…

Tout est raconté comme si cet événement extraordinaire était normal. Il n’y a pas de jugement. Pas de préjugés, de regard inquisiteur. Un vrai bonheur !

Et puis, on y apprend des choses sur la ville de New York, sur la peinture aussi. Aux parents d’accompagner les enfants à aller plus loin ou de laisser simplement leur regard s’éduquer en intégrant des informations subliminales.

Le lecteur s’interroge sur l’amitié ou se voit décomplexé d’avoir lui aussi un ami imaginaire.

Un élephant image

Adrien, 7 ans : ce livre est super. En premier parce que certaines images sont drôles et bien dessinées. Et aussi parce que l’éléphant est mon animal préféré et que le livre est grand, comme un éléphant !
C’est l’histoire d’un enfant appelé John. Un jour, il a découvert un éléphant d’Asie (on le reconnaît parce qu’il a de petites oreilles) devant sa maison.
Quand on regarde les images, on ne sait pas tout de suite de quoi ça parle, il faut lire pour comprendre.

L’enfant est allé le dire à ses parents. Ça ne les a pas étonnés car ils savent que c’est un rêveur.

Dans les grandes images, il y a plein de petites choses à découvrir. Ce qui me plaît dans l’histoire, c’est qu’on ne sait pas si c’est vrai ou si c’est un rêve et s’il doit faire de la place dans la maison pour l’éléphant.
C’est juste un peu dommage qu’il n’y ait pas de CD avec le livre.

Solange Lebrun et Adrien

« Un éléphant à New-York » (Seuil jeunesse) de Benoît Broyart, illustré par Delphine Jacquot

Allo, Père Noël?

10 Déc

traineauVous avez installé le sapin, ça brille, ça scintille, maintenant il est temps de penser à ce que vous allez mettre dessous. Dans les propositions qui déferlent en avalanches, en voici quelques unes, avec des cadeaux que vous ne trouverez pas au supermarché du coin, et qui raviront les yeux et les oreilles de ceux qui les recevront. Du spectacle à la maison, des artistes dans tous les genres, des productions d’artisans d’art, tranches de scènes, spectacles à partager éventuellement avec des amis choisis, au coin du feu ou du radiateur, dans un fauteuil ou au fond de votre lit douillet, tout est possible…

Les boutiques sont ici, elles se visitent de Dunkerque à Tamanrasset, de la Terre Adélie à Novosibirsk, c’est dire si elles sont bien ouvertes.
Livraison à domicile, entrée libre, c’est ici :

Bandeau Airyc 2

Entrée  

Mistmusic

Entrée

bach

Entrée

La visite est gratuite, faites suivre à vos amis, ça peut leur donner des idées de cadeaux à vous faire. Et pas que pour Noël d’ailleurs…

Norbert Gabriel

Papy Superflash

3 Déc
Encore un beau livre-disque paru cette année chez Benjamins Media.
Papy 1C’est l’histoire d’un papy pas comme les autres qui cache sous sa moustache, dans ses chaussons et derrière son journal,
un super-héros comme en rêvent tous les enfants.
Par manque d’exercice, papy est un peu rouillé et va s’entraîner pour retrouver ses super-pouvoirs avant d’affronter Pyroman, le méchant qui menace de faire bruler les parcs de la ville !
Papy-Superflash_imagelivreBon alors, « Papy Superflash », c’est une histoire sympa qui interroge les petits enfants sur l’histoire de leurs grands-parents, la transmission, la complicité intergénérationnelle.
Une histoire sympa avec du suspens…mais qui va gagner à la fin ? le méchant vilain complètement dingue ou le gentil papy écolo trop beau en costume moulant ?
Une histoire sympa à lire aussi sans le disque dans un beau livre, un bel objet au look rétro avec des illustrations inspirées des comics (genre dans lequel Ed, illustrateur argentin qui vit à Barcelone, a créé beaucoup d’albums)
Une histoire sympa dans un beau livre, on a dit, et accompagné d’un beau disque de 17 minutes, tout à fait cohérent avec le contenu du récit et avec les super visuels… Une histoire sympa racontée par Benoît Broyard, l’auteur du livre (racontée, pas jouée, car il reste lecteur et non comédien, dit-il volontiers) et chantée occasionnellement par 4 enfants, très sympas eux aussi.
Une histoire sympa avec une réalisation sonore remarquable signée Ludovic Rocca, des bruitages très réussis (enfin, à quelques exceptions près vue la réflexion d’une petite fille de 4 ans qui écoutait le disque en ma compagnie :  « quelqu’un a pété dans l’histoire ? c’est pas de l’orage quand-même ?! »)
Une histoire sympa truffée de musiques seventies efficaces qui nous replongent en un instant dans les séries de notre jeunesse et qu’on partage volontiers avec nos chers petits, ébahis.
Un vrai beau livre-disque donc, le jury des Pépites du salon du livre de Montreuil ne s’y est pas trompé en le sélectionnant parmi les finalistes de la Pépite audio.
Pour info, le livre est disponible aussi sur demande en braille et gros caractères, une démarche unique et plus que louable !
Solange Lebrun

La mémé et la mouche

6 Nov
La mémé 1D’abord, j’ai ouvert le livret qui renferme les textes denses, livret nécessaire pour des oreilles françaises le temps de se familiariser avec le rythme et le débit québécois…
Alors j’ai lu le livret…ce n’est pas pour faire ma crâneuse mais je suis assez fière d’y lire les noms de Bïa aux adaptations texte et HellmanThomas Hellman (ici en duo avec Emilie Clepper), deux artistes dont j’ai les disques dans ma discothèque (qui date du temps où on achetait encore des disques).
A première vue, l’album est euphorisant comme quand Chanson plus bifluorée chante « Tigidou le caribou » ou des chansons de la Bolduc (ok, là, c’est pour crâner).
La mémé 2

On aime le violon et le banjo, un peu comme on aimait quand Charles Ingalls arrêtait de couper du bois pour faire de la musique… sauf qu’à Walnut Grove, il n’y avait pas de poutine ni de tires d’érable dans la cabane à sucre… Pour info quand-même, ce disque est un hommage à Alan Mills (1913-1977), auteur, compositeur, interprète très prolifique de Montréal.

Voilà, voilà, avec tout ça, on a bien rigolé, on a appris des choses (l’alphabet, les mois de l’année, les instruments de musique etc), on a bien dansé pis c’est le moment de la chanson douce, la respiration, le slow au milieu d’un bal folk étourdissant et survitaminé… On y retrouve la voix douce de Thomas, un peu déformée sur les autres titres par l’excitation des chansons pour enfants…?
Allez zou, on reprendra bien encore un petit coup de guimbarde avant d’aller se coucher ?
Petit clip de la chanson phare :
Solange Lebrun

P’tit nez de cochon

20 Oct

Ptit nez dessin

Qui n’a jamais souffert d’une petite moquerie ou de l’acharnement de gamins virulents qui ont besoin de se défouler ? Parce qu’on a tous des défauts, parce qu’on est tous humains, parce qu’on a tous des complexes, même miss France en maillot de bain…
Je ne voudrais pas gâcher le suspens et vous raconter le dénouement mais « P’tit nez de cochon » est à mettre entre toutes les mains.. .parce que ça finit bien, parce qu’il n’y a pas plus beau cadeau à faire à un enfant que de l’amour et de la confiance en lui… pour ne pas rester seul avec son mal-être…
P’tit nez de cochon, c’est un sobriquet cruel, d’autant plus cruel quand on est sensible, qu’on se sent moche et que son père est boucher…

Ptit nez couvCe livre est un pied de nez (de cochon) à la différence, c’est une aide précieuse aux enfants en souffrance qui portent le poids du manque d’estime de soi…d’ailleurs, c’est étrange, vous ne trouvez pas ? étrange comme quelque-chose d’absent peut être aussi pesant… bref…

Ça, c’était pour le fond, pour le texte de Pog… Quant à la forme, aux visuels signés Annette Boisnard, ils sont d’une déchirante justesse. Ce sont des illustrations poétiques et touchantes qui rendent justice à cette petite fille, parce que la laideur n’est pas forcément là où on l’imaginait… parce que ceux qui se permettent de ricaner manquent définitivement de la plus essentielle des beautés, la beauté intérieure…

Et cette saine lecture est valable aussi pour les adultes : il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir et apaiser ses traumatismes…

Solange Lebrun

Pour en savoir plus, voyez ici.

Mon voisin, de Marie Dorléans, par Guillaume Gallienne

30 Sep
Mon V couvIl n’est jamais trop tard pour parler des belles choses…
« Mon voisin » est un livre disque sorti en 2012, écrit et illustré par Marie Dorléans, et interprété par l’excellent Guillaume Gallienne (de la Comédie Française et accessoirement aussi Jolitorax dans le film « Astérix au service de sa majesté » pour donner l’étendue de son talent)
Cessez donc de culpabiliser si ce soir vous préférez faire tranquillement votre vaisselle dans le silence ou regarder un épisode de Grey’s anatomy (ça marche aussi avec Homeland ou Downton Abbey) plutôt que de lire pour la énième fois le livre préféré de vos rejetons, en n’omettant aucune virgule et aucun travestissement de voix.
Mon v gallienneLaissez-les goûter au luxe de fermer les yeux et d’entendre Tonton Guillaume leur raconter son histoire.
Une histoire faite d’évocations sonores, où se mêlent réalité et imaginaire.
Celle d’un monsieur tranquille dont le nouveau voisin, quelque peu bruyant, est source d’innombrables rêveries et suppositions farfelues.
Le jeu d’acteur tout en nuance et subtilité emporte l’auditeur dans les frasques de son personnage.
La réalisation du disque, assez sobre et discrète, mélange les bruits de bouche et les bruitages.
Min v pieuvreSimplicité et sophistication sont au rendez-vous. D’ailleurs, les illustrations du livre sont parfaitement cohérentes avec l’impression ressentie à l’écoute du disque…
elles présentent à la fois des dessins classiques, qui feraient penser à des gravures en noir et blanc du 19ème siècle, et des couleurs vives et modernes pour symboliser l’imaginaire.
Mon voisinMention spéciale pour les bonus (marque de fabrique des éditions des braques), l’entonnoir et les rébus comme des petits jeux  pour compléter l’histoire qui, s’il faut lui trouver un défaut, aurait mérité d’être un poil plus longue !
En bref, un bel objet, un beau disque et un texte original qui désamorce avec le sourire les petites trouilles, les gros cauchemars et les fantômes sous les lits.
Solange Lebrun
Mon V couv
Mon voisin  ( 5-8 ans)     Coup de coeur Académie Charles Cros
Texte et illustrations Marie Dorléans
Raconté par Guillaume Gallienne de la comédie française
Editions des Braques
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