Archive | octobre, 2021

Concert du Cri du Peuple en soutien au collectif anarchiste grec Rouvikonas pour dénoncer une machination judiciaire dont sont victimes deux de ses militants

25 Oct

Samedi 16 octobre dernier Le Cri du Peuple, dont les membres sont impliqués dans l’élan de solidarité avec le peuple grec, qui a organisé l’acheminement de plusieurs convois de vivres vers Athènes, au cours des dernières années, en particulier à destination du quartier Exarcheia, refuge des migrants et des démunis, défendu par le collectif anarchiste Rouvikonas, donnait un concert de soutien, dans la Maison d’Artistes à Pessac (33), à ce groupe politique, cible d’attaques juridiques à répétition, et plus particulièrement à deux de ses membres, Giorgos Kalaitzidis et Nikos Mataragkas, accusés du meurtre d’un dealer, dont ils avaient déjà été innocentés une première fois, avant que la justice grecque ne relance une autre procédure. Leur procès qui se tient actuellement prend des allures de mascarade, les trois témoins à charge s’étant rétractés, affirmant avoir été contraints de faire de fausses dépositions par les policiers, et plus de 300 témoins à décharges s’étant manifestés pour être entendus. L’affaire, relayée essentiellement sur les réseaux sociaux par le philosophe et réalisateur Yannis Youlountas, en dépit du silence incompréhensible des médias de masse, suscite une vague d’indignation et de solidarité à travers le monde entier, tant elle dégage des relents nauséabonds, rappelant les machinations judiciaires dont furent victimes des innocents que les autorités cherchaient à incriminer en raison de leurs convictions politiques, obédiences religieuses ou appartenances ethniques, que des pouvoirs étatiques considèrent comme des menaces et cherchent à criminaliser. On pense à Sacco et Vanzetti, à Dreyfus, et à bien d’autres. On pense aussi à Georges Ibrahim Abdallah qui entame sa 38ème année d’incarcération, et pour réclamer la libération duquel plus de mille personnes se sont réunies une fois encore ce weekend même, devant la prison de Lannemezan.

Des soutiens se mobilisent dans plusieurs pays, inquiétés par le sort de Giorgos et Nikos, et craignant, au vu de l’acharnement des autorités grecques à éliminer l’organisation Rouvikonas du paysage politique grec, qu’en dépit du bon sens et des évidences, deux innocents soient condamnés pour servir une logique politique et des pratiques répressives d’un  autre temps. En effet Rouvikonas, qui n’est ni une organisation terroriste, ni encore moins une mafia criminogène, est depuis plusieurs années une épine dans le pied du gouvernement et des logiques capitalistes qui affament et appauvrissent la population, puisque, de par ses activités concrètes  et son activisme sur le terrain, auprès des citoyens, ses membres démontrent, de manière plus pragmatique qu’idéologique, qu’une gestion collective et un partage équitable des biens, et une reprise en main du pouvoir par le peuple au quotidien sont viables. L’organisation, qui bénéficie d’une large sympathie populaire, sécurise et défend notamment le quartier athénien d’Exarcheia, contre les attaques des fascistes du parti Aube Dorée, et protège les réfugiés de la police.  

C’est dans un contexte de silence médiatique et de léthargie des grandes organisations politiques classiques au sujet de la situation actuelle en Grèce, que Le Cri du Peuple nous a demandé de lui donner la parole pour informer sur cette cause.

 

IMG_7329 (2)– Bonjour, et merci de cet entretien pour un concert qui se produit dans un contexte particulier. Pouvez-vous nous expliquer ?

– Sarah : Deux personnes faisant parti des Rouvikonas, un groupe anarchiste grec, principalement basé dans le quartier Exarcheia d’Athènes, sont accusées de meurtre d’un dealer de drogues. Le procès s’est tenu mercredi 13, au cours duquel les témoins qui avaient été présentés ainsi par la police se sont rétractés, en affirmant que ce n’était pas ces deux personnes qu’ils avaient vues, et l’une de ces témoins a expliqué avoir été contrainte pas les policier à faire une fausse déposition pour incriminer ces militants. Il est apparu que les témoignages à charge avaient été mis en place par la police pour emprisonner ces personnes et criminaliser le groupe militant anarchiste. Donc ce soir nous jouons en soutien aux Rouvikonas dans le cadre de cette procédure particulière, mais aussi par rapport à toutes tentatives de les éliminer dont ils sont la cible d’une façon générale depuis des années.

 

– Pourquoi les Rouvikonas sont-ils la cible de tels acharnements judiciaires ?

– Sarah : C’est-à-dire que les Rouvikonas gèrent le quartier d’Exarcheia, où beaucoup de migrants ont trouvé refuge, et que la justice et le gouvernement n’apprécient pas qu’ils empêchent la police d’y pénétrer pour chasser des miséreux, et en interdisent aussi l’accès aux militants fascistes d’Aube Dorée et aux dealers de drogues. Il y a déjà eu un attentat, contre le Notara 26, un squat de familles de réfugiés, que des terroristes de ce parti d’extrême-droite ont incendié. Les fascistes grecs sont capables de ça. Donc il est compréhensible que les Rouvikonas s’opposent à leur présence dans le quartier, et pas que pour des raisons idéologiques.

– Marina : Ils ont également mené pas mal d’actions concrètes les dernières années : ils sont entrés au parlement grec ; ils ont attaqué la banque centrale qui tenait toutes les informations concernant les surendettements des citoyens grecs et ont planté tout le système informatique et détruit les documents. Ce sont donc des activistes qui agissent pour changer les choses vraiment dans le quotidien des gens, et ça fait peur au gouvernement. Le premier ministre a déclaré que l’objectif était d’éliminer les Rouvikonas, et la situation factuelle de souveraineté autogérée du quartier Exarcheia. Ce ne sont pourtant pas des terroristes : ils ne tuent pas. Mais ils réalisent des actions directes de sabotage. Nous en avions rencontrés, qui étaient venus ici, lors d’une projection du dernier film de Yannis Youlountas, parler d’une petite chaine télévisuelle qu’ils avaient crée sur Internet pour informer sur les manifestations en Grèce, mais du coté militant et non pas du côté de la voix officielle policière. Ils nous ont expliqué qu’eux ne faisaient pas de discours didactique en enseignant aux gens ce qu’est l’anarchie et leur disant comment vivre, mais qu’ils agissaient par des actions concrètes d’entre-aide, par exemple en arrivant dans un village sans ressource alimentaire avec des vivres qu’ils posaient au milieu de la place, en invitant les habitants à gérer eux-mêmes et tout seuls le partage. C’est par l’exemple qu’ils montrent que l’autogestion est viable, et cela fait peur à un gouvernement capitaliste.

– Sarah : Et il y a aussi le fait qu’ils tiennent des squats de réfugiés et organisent l’accueil des migrants qu’ils protègent des persécutions policières, et pas seulement à Exarcheia. J’y suis moi-même allée, et j’ai constaté que ces gens sont des activistes qui investissent la vie du quartier, avec plein de lieux autogérés, et sont soutenus par la population. C’est réel et concret. Et ce mouvement bénéficiant d’une large sympathie populaire, il est vu comme une menace par les autorités.

– Marina : C’est quand même une des rares organisations politique, dont, lorsque ses tracts sont vus par terre, les gens se baissent pour les ramasser et les lire! En France, lorsque les tracts de n’importe quel parti ou syndicat sont par terre, on peut attendre avant que quelqu’un s’y intéresse. Ça illustre quand même la sympathie populaire dont bénéficient les Rouvikonas. Pourtant dans les médias européens de masse, on n’entend absolument rien sur la Grèce et cette situation. Il y a là bas un peuple qui est en train de souffrir énormément, une grosse crise économique, des gens démunis et affamés à la rue.

 

unnamed– Et une justice peu respectueuse des droits de l’homme ?  La thèse avancée par les soutiens des Rouvikonas est-elle qu’il s’agit d’une machination incriminant des innocents pour discréditer leur groupe politique ?

– Marina : Vu ce qu’ils s’est passé durant les premières audiences, oui, puisque les trois témoins à charge se sont rétractés. C’est pourquoi Le Cri du Peuple a décidé de s’engager parmi leurs soutiens.

– Sarah : Une grosse campagne de soutien a été lancée par Yannis Youlountas sur les réseaux sociaux. Il communique énormément sur ce procès, et il y a eu beaucoup de réactions de soutien en France et dans le monde, même si les médias, dans leur majorité, ont passé cela sous silence jusqu’ici.   

 

Miren Funke

 

Remerciements à Floreal pour les photos.

Liens :

  • Blog de Yannis Youlountas et articles :

http://blogyy.net/2021/10/14/e-proces-fabrique-des-membres-de-rouvikonas-fait-leffet-dune-bombe-en-grece/?fbclid=IwAR2kN3tP_DoHtX3G473pvaQF_bFSENC-AzXyjwf6My7w7nZPEyg_kGXdDE8

http://blogyy.net/2021/10/13/les-temoins-devoilent-la-machination-de-letat/

  • Caisse solidaire pour aider les frais de justice de Giorgos et Nikos :

https://fr.gofundme.com/f/soutien-giorgos-et-nikos-athnes?fbclid=IwAR3lQBx9kPDU9wQRqvZd_IqEWHVCO9NNYjbn0pioV7w7zBuH0dHuPsHmnb8

 

Romain Didier , «  Souviens-moi… »

9 Oct

 

RD souvRomain Didier a un gros défaut, il a trop de qualités… Auteur, compositeur, musicien, autant de domaines où il excelle, et en plus dans un monde où l’ego, le moi-je, le moi-moi, et moi et moi et moi, sont les leit-motiv les plus fréquents, il joue collectif, discret, un détour avec Francis Lemarque, les spectacles symphoniques Leprest son compagnon de route,  des tours de piste avec Pantin-Pantine, Francilie, Pinocchio ou Gulliver, tout lui est bon pour créer, et dans son piano tout noir, ( lire ICI  ) il y a toutes les musiques du monde. Mais c’est peut-être trop dans le circuit formaté au code-barre qui comprend mal les artistes polytalentueux.

Son nouvel album « Souviens-moi » pourrait être une synthèse de quelques décennies de création, en illustrant cette phrase de Philippe Forest : «Que toute chanson soit autobiographique c’est certain.  Simplement c’est l’autobiographie de celui qui écoute. »

Et en évoquant les souvenirs, je ne peux m’empêcher de souligner cette chanson prophétique, écrite il y a bien 35 ans et qui résonne avec un écho particulièrement pertinent aujourd’hui , Pleure pas …  Clic sur l’image,

piano rd

https://www.youtube.com/watch?v=rGIk1uxfRmo

Ce sont les chroniques de la vie balagan*, foutoir foutraque, mais on n’a que celle-là, et malgré tout, en voyageant dans les chansons de Romain Didier, il me semble qu’elle pourrait être supportable.

Son nouvel album ? Qu’en dire ? Rien d’autre que c’est une oasis où on oublie les emmerdes et les arias du quotidien, on n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle…

En vente libre depuis le 24 Septembre ..

Le site de Romain Didier, c’est là —-> https://romain-didier.fr/

* la vie balagan référence à Marceline Loridan

Norbert Gabriel

Francesca Solleville et Eric Mie …

7 Oct

Je chante excuse moi …

Cette chanson peut être le titre générique de cette chronique …

https://www.youtube.com/watch?v=31evYkv9iAk

le temps de vivreLa chanson est aussi un témoin de l’histoire contemporaine, et Francesca Solleville en est une des interprètes émérites, la rebelle inspirée qui n’a jamais abdiqué … Un coffret chez EPM offre une rétrospective des années 60 à 1981. Ici les chansons ne sont pas des « morceaux » ou un numéro, mais des pages de nos vies … Camarade Chili, Demande aux femmes, Complainte pour Angela Davis, Le front des travailleurs, Est-ce ainsi que les hommes vivent … dans ce coffret de 5 CD et 128 chansons, un livret complet est accompagné de 6 pages qui sont à la fois une biographie de l’artiste et un panorama de la chanson qui raconte 60 ans d’Histoire (pages signées Michel Kemper)

Chez EPM et les disquaires.

Eric Mie Rural

RuralIl y a du Couté, du Woody, du Richepin ou du Pete Seegers dans les gènes de ce rural qui peint des tableaux de vie, la vie rugueuse et si la musique est belle, les mots sont parfois acidulés face aux incohérences de l’Histoire, tableaux de ce pays de l’Est – de la France- qui en vu des vertes et des pas mûres depuis des siècles, et malgré Verdun en point d’horreur suprême, la vie continue, grâce à cet emmerdant emmerdeur qui s’accroche à nos rêves, cyranesque battant, Don Quichotte résolu, il fera plier un de ces jours les moulins à vent, qui ne manquent pas par les temps qui courent … Mais comme dit un des Volfoni, j’y trouve un goût de pomme, et c’est bien agréable … Vous ne connaissez pas Pomme, oh malheureux, courez-y vite, elle « allège le poids des malheurs, en réinventant des couleurs, illumine ainsi toutes nos vies… Au fil des chansons j’ai eu une pensée pour Moustaki, qui aurait sûrement aimé cette façon de balancer quelques rafales avec la voix tendre d’un poète humaniste…


Résiste avec cette élégance de ceux qui ne s’arment que de rire …

En vente libre chez https://ericmie.bandcamp.com/album/rural

 

Norbert Gabriel

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