Pentimento « La commode aux tiroirs »

30 Juin

Ou comment refaire une histoire selon sa subjectivité ..

– Choisir un livre, comment ? Il y a les conseils avisés de ceux qui savent, critiques officiels de la bonne école littéraire, les recommandations d’amis, ou les injonctions publicitaires … Pourquoi pas ? Et puis il y a la méthode de l’imbécile de base, moi, qui voit une couverture plus ou moins attirante, qui ouvre à la première page du texte, et qui lit les premières lignes, et qui part en voyage avec ce livre… Trainer dans les librairies j’ai commencé à 13/14 ans, pour un achat prévu, et des découvertes sur les bases ci-dessus.

– Découvrir un roman, en connaissant l’histoire de la famille de l’auteur, peut infléchir la lecture et transformer -dans l’esprit du lecteur- ce roman en récit issu de témoignages. Et parfois, dans ce cas précis, la subjectivité du lecteur, induite par son histoire familiale personnelle, transforme ce qui est un roman né de silences, en roman-récit lu comme un témoignage des personnages réels. Des personnages qui n’ont jamais rien dit de la tragédie de l’exil.

Ma subjectivité de lecteur a été parasitée par ma propre histoire familiale d’émigration italienne et espagnole, mais sans rapport avec la guerre d’Espagne, c’était quelques années avant. Et si du côté italien , la mémoire a été bien partagée et transmise (par mon grand père né en 1896, j’ai le sentiment d’avoir connu Garibladi, le héros de sa jeunesse) du côté espagnol, avec beaucoup de non-dit sur une naissance illégitime, les silences ont généré des légendes dont l’origine est encore indéfinie aujourd’hui.

  • Et en lisant la mémoire réinventée des abuelas d’Olivia Ruiz, j’entends en filigrane ce que me racontait Giovanni l’italien, et j’essaie d’imaginer ce que n’ont pas dit mes grands parents espagnols. Avec cet entrelacs de mémoires réinventées , dans la lecture de ce roman, j’entends les voix de Rita, de Giovanni et Innocencia Lerma-Gabriel comme des tranches de vie, alors que la fiction a mis en scène ces tranches de vie.
    En écho, j’entends quelques autres voix, « Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende . » ou aussi « Je suis un mensonge qui dit la réalité. » Le livre d’Olivia Ruiz est un roman qui dit la vérité. Magistralement.
  • Ce roman est né de silences, dit Olivia Ruiz, peut-on ajouter, en clin d’oeil que parfois le silence est d’or ?

 

Norbert Gabriel

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