Archive | mai, 2019

Entretien avec la chorale anarchiste Le Cri du Peuple à l’occasion du Festival contre le racisme et les stéréotypes

31 Mai

 

Samedi 11 mai avait lieu à l’espace Le Rocher de Palmer de Cenon, près de Bordeaux, le Festival contre le racisme et les stéréotypes, organisé à l’initiative de Solidaire 33. La journée proposant au public conférences, ateliers et débats sur le thème, ainsi que la pièce musicale d’HK « Du cœur à l’outrage » et plusieurs concerts, s’annonçait être un de ces évènements bénéfiques et dynamisants qui rassemblent les gens, voient se rejoindre les copains, se produire des rencontres, se nouer des liens, et enrichissent de poésie les cœurs venus se ressourcer à la chaleur humaine et au partage des valeurs généreuses et altruistes. De valeurs et de poésie, il en fut précisément question durant la représentation de la chorale anarchiste Le Cri du Peuple, ensemble vocal bordelais qui depuis plusieurs années donne vigoureusement de la voix et porte la force des convictions en musique, à l’occasion de moments militants et en soutien à des causes précises, comme ce fut le cas le mois précédent, durant l’initiative évènementielle «Bienvenue» consacrée au thème de l’accueil des réfugiés. De mémoire aussi, la particularité du Cri du Peuple étant de chanter un répertoire constitué de chants de lutte anarchistes, qui, s’il comporte des morceaux récents connus de tous les libertaires au moins, a pris le parti d’extirper de l’oubli et de l’anonymat des chansons égarées ou ignorées du patrimoine musical anarchiste français, et de leur redonner vie et écho. A les entendre résonner à nouveau, c’est plus que le saisissement d’un mouvement de cœur au souvenir de ces anciens rêves et de ces colères justes qui animaient l’idéalisme des âmes insurgées qu’on savoure ; c’est aussi une œuvre de salubrité et de sauvegarde culturelle qui enchante la survivance d’un esprit et les combats qui l’incarnent. Une œuvre en préliminaire de laquelle Le Cri du Peuple avait choisi exceptionnellement d’interpréter en duo avec HK, la chanson « Ta récompense » de son groupe HK et les Saltimbanks. Quelques instants après la fin du concert plusieurs membres de la formation acceptaient de nous raconter leur aventure.

 

-Bonjour et merci de nous accorder un entretien après votre concert. Comment est née l’idée de cette chorale ?

-Christine : Il y avait un groupe de chants de luttes qui avait été fondé par Nadia de la Fiancée du Pirate à Langoiran avec des copines à elle. Nadia était une amie et comme j’habitais Bordeaux, je l’ai pas mal tannée pour qu’elle fasse ça à Bordeaux. Je ne sais pas si ça l’a influencée, mais il se trouve qu’elle a décidé de transporter ce groupe à Bordeaux, ce qui faisait loin pour les copines de Langoiran, donc on a fait appel à des copains et des copines. Du coup le groupe a débuté au local « Rastacouère » à Bordeaux en 2003-2004, notamment avec moi et Muriel. Tu as là le canal historique.

-Muriel : Il y avait au début pas mal de chansons en langues étrangères, « Pinelli », l’histoire de cet anarchiste défenestré en Italie dans les années 1970, une autre chanson d’Amérique latine, une chanson catalane, « L’Estaca », beaucoup de chansons antimilitaristes aussi. Et puis on a fait un set spécial en Espagnol pour la commémoration de la révolution espagnole en 2006. En fait au départ c’était un groupe de chansons historiques militantes qui reprenait les classiques.

-Christine : Le principe du Cri du Peuple, c’est qu’il reste une partie des gens qui étaient là au départ, nous trois en fait , plus Anne-Laure qui est revenue il y a 2 ou 3 ans , et qui faisait partie du groupe de Langoiran . Il y a toujours eu des gens qui passaient et qui repartaient, le plus souvent, car c’était des gens jeunes, des étudiant.es, qui repartaient s’installer ailleurs ensuite. Et puis parfois certain.es sont parti.es, car il.les trouvaient notre discours trop radical. Par exemple la dernière chanson que nous avons chantée ce soir sur « Le vote » est typiquement le genre de chansons clivantes, qui a pu faire que certain.es ne se sentaient pas de la chanter, étant en désaccord. Clairement Le Cri du Peuple est une chorale anarchiste ; mais il y a des gens dedans qui ne sont pas anarchistes, et on a le droit de ne pas l’être, et de ne pas toujours en accord avec les paroles. On n’est pas obligé d’être anarchiste pour chanter dans notre chorale, mais il y a des principes anarchistes non négociables que nous défendons ; si on n’y adhère pas, on peut aller dans une autre chorale, mais on n’est pas obligé d’être anarchiste pour chanter avec nous, si ça ne gène pas d’assumer les paroles des chansons.

Muriel : Mais le choix du répertoire que l’on chante est de mettre en avant cette mémoire là, qui n’est pas beaucoup chantée. On peut entendre « Bella ciao » ou « l’Internationale » partout ; mais nous avons choisi de déterrer des chants qu’on n’entend nulle part ailleurs, car nous sommes spécifiquement anarchistes. On n’est pas une chorale de rebellitude mainstream.

 

-Aujourd’hui vous avez pu interpréter un titre d’HK et Les Saltimbanks en duo avec HK. Avez souvent l’occasion de partager des moments artistiques comme celui -là ?

-Muriel : C’est le truc sympa qu’on a réussi à faire avec d’autres chorales ou artistes. On avait fait un concert avec La Chorale à Deux Balles. Et c’est marrant, car on essaye de trouver des chants en commun et de monter un truc un peu spécial pour la soirée.

-Christine : Quand La Collectore avait fait le présentation de son dernier album sur scène à Barbey, on était monté chanter avec eux. Le mois dernier on a chanté avec El Comunero qui interprète un set de chants de la Révolution Espagnole .

-Muriel : On a chanté pour le festival Bienvenue. Donc il y a toujours ce côté où on essaye de partager des moments, comme on a fait cet après-midi avec HK, même si c’était un peu improvisé.

 

-L’évènement Bienvenue, qui a réuni au mois d’avril des moments artistiques et festifs ainsi que des débats et conférences autour du thème de l’accueil des réfugiés en France et en Europe, tout comme ce Festival contre le racisme et les stéréotypes qui se tient aujourd’hui, n’est pas la seule occasion militante où vous vous êtes produits. Est-ce primordial pour vous de chanter pour soutenir ?

-Muriel : L’autre particularité c’est que nous ne chantons pas n’importe où quand même. Ce n’est pas parce que les gens ne voudraient pas qu’on y chante. Mais nous ne souhaitons pas aller chanter dans un bar super commercial par exemple qui voudrait nous faire venir parce que c’est trop fun de s’encanailler avec des anarchistes. On choisit les endroits où on chante et on aime bien chanter en soutien à des causes. On ne va pas aller dans un lieu beauf ou sexiste ; ça fait partie de nos principes d’affirmer qu’on ne va pas nous utiliser n’importe où. Et depuis le début on avait également l’idée de chanter dans les manifestations, ou des moments de lutte comme des piquets de grèves ou des blocages, parce que ça donne la pêche de pouvoir manifester en chanson. Quand tu bloques un dépôt et que tu dois attendre toute la nuit, c’est cool de chanter et se redonner de la vigueur. Lorsqu’on a chanté l’autre jour sous La Tente à Son sur les quais pour Bienvenue, c’était vraiment un soutien à un moment de lutte et aux réfugié.es . On a pas mal chanté en soutien aux réfugié.es , car la situation à Bordeaux est quand même grave et ils ont vraiment besoin d’aide, d’argent aussi, donc faire passer le chapeau pour eux en fin de concert n’est pas inutile. Et pour nous, ça donne du sens à ce qu’on chante : ce n’est pas que du folklore.

-Christine : Et l’idée c’est aussi de faire des sous pour les caisses de soutien. On ne va pas cautionner n’importe quoi, ce qui ne veut pas dire que parfois on ne s’est pas peut-être fourvoyé. On essaye effectivement d’avoir aussi un discours féministe en même temps qu’anarchiste, parce que ça ne va pas toujours de pair ; il faut le savoir.

 

-Au sujet de la cause féministe justement, Le Cri du Peuple a été pendant longtemps une chorale quasi-entièrement féminine, ce qui pouvait laisser croire qu’elle était strictement réservée aux filles. Aujourd’hui deux garçons participaient. L’introduction de garçons dans la chorale est-elle due à l’abandon d’un principe d’exclusivité féminine?

-Christine : Non. Il y en a quatre actuellement. Pendant très longtemps la chorale a été mixte ; c’était moitié-moitié. Il y a 2 ans, tous les gars étaient partis.

-Muriel : Il y a des moments de creux dans l’existence de la chorale ; on la maintient, mais elle a parfois été un peu en veilleuse, car il n’y avait plus trop de monde. Mais cette chorale existe, et repart chaque fois.

-Christine : On n’accepte pas non plus n’importe qui.

 

-Quels sont vos critères d’acceptation ? Chanter juste ?

-Muriel : Non ! Le seul critère que l’on n’impose pas, c’est de chanter juste, et c’est parfois dommage.

-Christine : Il y a souvent des gens qui pensent chanter faux, et qui en fait avec la pratique s’aperçoivent qu’ils peuvent chanter juste.

-Pat : Pour revenir à la présence de garçons, on n’a jamais décrété qu’on était une chorale purement féminine, donc on est content.e d’avoir des camarades garçons avec nous. Par contre tu as peut-être remarqué que sur certaines chansons comme « Toutes des putes » ou « Non, c’est non », ils se mettent en retrait.

-Julien : Quand je suis arrivé j’étais persuadé que la chorale était non-mixte, car je les avais vues chanter quelques fois. Et c’est Marina qui m’en a parlé et assuré que ce n’était pas le cas. J’étais plutôt timide au début, mais ça s’est bien passé : j’ai trouvé de suite ma place et rencontré une bienveillance énorme.

-Pat : Tu vois dans les critères, il y a ça : la bienveillance. Parfois on refuse des gens, car on est suffisamment nombreu.ses et bien rodé.es comme ça, mais ce n’est pas discriminatoire.

-Christine : Personnellement j’ai beaucoup insisté pour qu’il y ait plus de garçon. Et puis les camarades qui viennent, nous les connaissons ; on sait que ce n’est pas n’importe qui. On ne recrute pas vraiment ; ça marche un peu par cooptation. Les nouveaux , par exemple , sont des camarades de Boris ou Julien .

-Muriel : Ce sont quand même des gens qu’on côtoie, et dont on sait que pour eux ce n’est pas juste un truc artistique funky, et que ce sont des gens à qui ces chansons parlent.

-Christine : On ne souhaite pas non plus se retrouver avec des mecs qui vont nous expliquer la vie. Par exemple si on décide de faire un morceau, nous les femmes, sur le féminisme, sans que les garçons chantent, nos camarades le respectent ; il n’est pas question de discuter le bout de gras avec un relou qui va nous expliquer qu’il est aussi féministe que nous et vouloir s’imposer.

-Julien : Et puis on est 15 au total dans la chorale, donc il ne faut pas qu’il y ait trop de décalage non plus entre les idées de chacun, si on veut que l’alchimie du groupe continue de fonctionner. Là on sait qu’on pense à peu près tous la même chose d’un point de vue militant.

 

-Votre répertoire a évolué depuis les débuts, où on entendait bien plus de chants internationaux lors des représentations, qui ont laissé la place à des morceaux issus du patrimoine anarchiste français, souvent méconnus, que vous avez sortis de l’oubli. Est-ce par soucis linguistique ou par désir de faire revivre les chants d’un répertoire en voie de disparition?

-Muriel : Dans l’évolution, on a de plus en plus laissé tomber des chants en langue étrangère, par soucis que les gens du public comprennent ce qu’on chante. Sur un concert comme celui de cet après-midi, si les gens ne parlent pas l’Espagnol ou l’Anglais, c’est compliqué. Du coup on a resserré petit à petit le répertoire autour des chants de lutte en Français, y compris « Homophobia » qui est une chanson du groupe punk britannique Chumbawamba, dont on a traduit les couplets en conservant uniquement le refrain en Anglais, car ça aurait été dommage que les gens ne comprennent pas ce que raconte le texte.

-Christine : D’ailleurs les gens sont désormais plus concentrés et plus en phase avec le set qu’avant.

 

-Muriel, tout à l’heure durant le set, tu as présenté Le Cri du Peuple comme un « passeur de mémoire », mais vous avez également intégré dans le set des morceaux récents issus de la scène punk alternative comme « Homophobia » justement ou « No pasaran » du groupe Les Cadavres. Est-ce à dire que vous considérez ces titres aussi comme appartenant au patrimoine de la chanson militante ?

-Muriel : C’est très compliqué, parce qu’à un moment, les anciennes du groupe, on en a eu marre de chanter toujours la même chose. Tu ne peux pas faire ça pendant des années. Donc on a voulu un peu renouveler, et on s’est dit qu’effectivement il y a des chants de lutte plus récents, qui ont de la gueule, qui veulent dire des choses, et c’est aussi finalement notre patrimoine. Je pense que la culture punk, c’est du patrimoine ; ça a un sens dans le milieu anarchiste, parce que le Punk a beaucoup collé à l’actualité et aux idées anarchistes.

-Christine : Et puis ce morceau des Cadavres a une histoire : on a fait un projet il y a trois ans qui s’appelait « Le Cri du Punk » avec un double set qui reprenait des morceaux du Cri du Peuple, et des morceaux punks, amplifié, avec des musiciens de plusieurs groupes bordelais ; nous étions une vingtaine sur scène.

 

-D’ailleurs vous chantez notamment un morceau typiquement issu du patrimoine bordelais, « Mon voisin vient de loin », créé par LaReplik [https://www.facebook.com/la.replik.pirates/] et repris plus d’une fois. Est-ce un clin d’œil affectif à la culture locale ou y a-t-il d’autres critères qui entrent en compte pour le choix des morceaux ?

-Christine : Nadia qui était dans la chorale avait été batteuse de LaReplik. On l’a repris et on l’a fait écouter une fois à Ludo [NDLR Ludo Tranier, chanteur de LaReplik et de Buscavida  (Voir ICI )

-Muriel : On aime ces trucs là aussi ! Et pour revenir au choix des chansons, parfois c’est conflictuel ; très souvent sur dix propositions nous en rejetons neuf.

-Christine : C’est compliqué : Parfois le thème n’est pas percutant ; parfois c’est souvent la forme qui va poser problème.

-Muriel : Oui : le premier critère rédhibitoire, c’est qu’il faut que ce soit réalisable en chorale. Il y a des chansons inchantables une fois qu’on leur a retiré les instruments. Si ça risque de ne rien rendre, ce n’est pas la peine. Et une fois que c’est recevable, car on peut en faire quelque chose en chorale, on s’engueule. C’est dur, car parfois certain.es peuvent en avoir un sentiment d’injustice.

-Christine : C’est toujours une blessure d’ego, lorsque tu proposes des chansons que tu aimes à un collectif et que c’est systématiquement ou souvent rejeté. Mais c’est très dur de choisir un morceau pour Le Cri du Peuple qui soit pertinent.

-Marina : Par exemple aujourd’hui, on a chanté « Le vote », mais on ne l’a pas tou.tes chanté. Y a des chansons que tout le monde ne se sent pas de chanter. On peut chanter une chanson à plusieurs, sans qu’elle fasse forcément consensus et les personnes qui n’ont pas envie de la chanter peuvent s’en abstenir.

-Muriel : Je ne suis pas entièrement d’accord, car je pense que la chorale ne ressemblerait à rien, si chaque fois, il y avait deux ou trois personnes qui s’abstenaient de chanter.

-Christine : L’anti-électoralisme est un sujet très clivant, car dans Le Cri du Peuple, il y a des gens qui ne sont pas anarchistes et qui votent. Du coup il.les ne chantent pas cette chanson, mais ça fait plusieurs années qu’on la fait, et même si elle est un peu nase –on est d’accord, elle vaut que dalle artistiquement-, ça fait des années qu’on se fait un peu plaisir à la chanter en quittant la scène. Donc qu’il y ait des gens qui ne la chantent pas, ce n’est pas grave. Par contre sur le set constitué, il faut quand même qu’il y ait consensus.

-Marina : Personnellement il y a des chansons que je n’apprécie pas beaucoup, mais qui par contre ne sont pas en désaccord avec mes valeurs et ne vont pas à l’encontre de ce que je suis ; par conséquent je les chante quand même.

-Muriel : Pour prendre l’exemple de « La rengaine », lorsqu’on a découvert cette chanson, on l’a kiffé dans la seconde et on s’est dit qu’il fallait en faire quelque chose, tellement c’est beau. On a été quelques une à faire nos autoritaires pour l’imposer alors qu’on avait décidé de ne pas modifier le set. On s’est fait grave engueuler ! Mais on avait envie d’embarquer tout le monde dans notre coup de cœur. Et ça valait le coup. Quand c’est compliqué et que ça bloque vraiment, on ne va pas se prendre la tête et on laisse tomber, car la priorité est quand même de se faire plaisir ensemble. S’il y a trop de conflit, ça veut dire qu’il ne faut pas prendre la chanson, car ça ne marchera pas.

-Boris : Justement dans cette chanson nous avons modifié un propos qui gênait certain.es.

-Muriel : Oui parce que cette chanson a été écrite avec dans le refrain une référence qui parle de « la chambre à gaz des banquiers ». Alors on s’est dit qu’en 2019, on ne pouvait pas chanter ça. La Shoah, c’est quelque chose de particulier qu’on ne peut pas instrumentaliser. Alors on a changé pour « la guillotine des banquiers ».

 

-Concernant les chansons comme « Je vote » que vous chantez sur l’air de « Se Canto » avec des paroles qui n’ont aucun rapport avec l’original, qui écrit les textes ?

-Muriel : C’est un texte que je tiens du milieu militant nantais, car je suis originaire de Nantes. Et lorsque je suis arrivée à Bordeaux, je chantais ça dans les fins de soirées, avec d’autres chants bretons ; c’était un peu le « off ».

 

à suivre entretien avec HK…

 

 

Miren Funke

photos : Miren, Kafar 33 (photo de Ludo de Buascavida)

Lien : https://www.facebook.com/lecridupeuplebordeaux/

Lien du festival https://www.facebook.com/events/556377694836345/

Isabelle Serve, des proies pour l’ombre …

30 Mai

Je ne fais des chroniques que lorsque j’ai un coup de cœur.
Donc je ne parle que de celles ou ceux que j’aime. Mais quand il s’agit d’une pote, c’est un peu plus emmerdant, me direz-vous… Car ça fouette le copinage à plein nez!
Alors je vous réponds oui. On peut le voir de cette manière.
Sauf que non en fait.
Parce que l’auteure dont je veux causer aujourd’hui n’est pas qu’une amie. Elle a un talent d’écriture, une signature, une patte, un style au couteau, au cordeau. Ainsi fait-elle, par exemple, dans le haïku.
Personnellement, c’est un genre qui me passe en général au-dessus de la tête. Mais quand Isabelle balance ses quelques mots, ses deux-trois phrases, son rythme me parle. C’est incisif, moderne, engagé. Ces vers tapent, secouent. Ils sont limpides, puissants, justes.
Donc forcément, quand elle a décidé de sortir un roman, je ne pouvais qu’avoir l’eau à la bouche.
Pourtant le pari était risqué. Car Isabelle nous a concocté un polar… Genre littéraire éculé s’il en est, casse-gueule à souhait. Vu et revu. Lu et relu. Mais si ma Serve sait dépoussiérer les haïkus, elle sait aussi redonner un sang neuf et battant au roman policier. Heureusement pour moi ! Sinon j’aurais été bien en peine de lui dire – les yeux dans les yeux – que j’avais aimé son bouquin alors que bof.
Voici en deux mots, le point de départ « Des proies pour l’ombre » : une flic cassée, sur le fil, qui ne tient que par sa famille de cœur, ses collègues du commissariat de Pigalle. Une affaire résolue qui – comme le Diable – lui tire les pieds pour l’entraîner jusqu’au déséquilibre. Rouvrir la boîte de Pandore d’un dossier violent, sordide, qui avait laissé la commune de Plœmeur en Bretagne, KO debout. Isabelle a la plume acérée, viscérale. Le désespoir au bord des lèvres, la rage pour moteur, son héroïne Elisa Bercot n’a rien d’une caricature. Elle enquête avec cohérence, rigueur, sans tenir compte des conséquences ni pour elle, ni pour celles des habitants. Son seul objectif étant de faire jaillir la vérité, quelles qu’en soient les conséquences.
Ce roman noir, au souffle court, fait plaisir à lire pour les amateurs du genre. Le suspens est serré, l’intrigue bien dissimulée. Le sordide n’y est pas vulgaire. Il n’est que la part inhumaine des hommes qui habitent Plœmeur. Isabelle Serve, ma pote, ma copine, est bien une auteure. Même si elle a choisi un éditeur alternatif à un « officiel », que son choix ne vous fasse pas douter de ses qualités.
Simplement, comme d’autres, elle veut simplement vivre un peu mieux du fruit de son travail. Mais c’est un autre sujet.
Le cœur de celui-ci, c’est de vous convaincre de vous pencher sur les mots d’Isabelle Serve en numérique ou en format papier.
Si ça vous tente, sans copinage, c’est par ici.

Clic sur la librairie–>

Fabienne Desseux

 

Gilbert Laffaille, Kaléidoscope …

29 Mai

Le kaléidoscope est un instrument optique réfléchissant à l’infini et en couleurs la lumière extérieure. Le nom vient du grec, kalos signifie « beau », eidos « image », et skopein « regarder ..

Cette image représente bien le Kaléidoscope de Gilbert Laffaille, un livre qui raconte sa vie, d’homme et d’artiste, où tout s’entrelace, où de multiples ricochets invitent à la balade dans  le temps des belles ritournelles quand elles jouaient avec des vrais musiciens, avec des instruments fragiles et sensibles, une guitare a une âme, un ordinateur, c’est moins sûr… Le parcours de vie est ponctué des chansons qui ont construit un répertoire riche, nourri de toutes les musiques, chroniques de l’air du temps, gentiment ironiques, subtilement piquantes, de cet humour mouillé d’acide quand les travers du monde génèrent des coups de rage – impuissante- et cyranesquement déterminée quand même… même si c’est bien plus beau lorsque c’est inutile. Mais à la fin de l’envoi, l’escrimeur du verbe touche en plein coeur.

On pourrait aussi sous titrer ce Kaléidoscope, « les drôlatiques tribulations d’un rêveur lucide ».   Osons l’oxymore. Au cours de ce voyage de 40 ans avec Gilbert Laffaille, on suit un funambule bien résolu à suivre cette prescription: « Il faudrait être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. » Et envers et contre tout, c’est un bel exemple …

Il y aurait tant à dire sur ce Kaléidoscope, la somme des chansons et des sketches de l’auteur, panorama de la chanson française entre 1968 et 2018, biographie, les aléas du métier, les fantaisies de la vie d’artiste… et plutôt que d’en discourir plus ou moins pertinemment, voici quelques lignes qui expriment très exactement ce qui me pousse à lire et relire ce livre sans modération, et avec jubilation.

  • On ne lit pas un kaléidoscope. On le tient entre deux doigts et l’on plonge, fasciné par une image, et cependant déjà soumis au plaisir de bouger imperceptiblement la main, de faire disloquer les journaux de couleur. Tout est si fluide et doucement changeant. Philippe Delerm
  • Gilbert Laffaille devrait être le dramaturge vengeur de notre temps. Il en a la puissance ricanante, les tripes, la lucidité, la souffrance, le talent authentique de l’écrivain pétri de la langue, inspiré par la langue. Claude Duneton.

J’ajoute volontiers, en invitant Camus : «… l’artiste, qu’il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu’engagé. Il ne s’agit pas en effet pour l’artiste d’un engagement volontaire, mais plutôt d’un service militaire obligatoire. Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps. (…) L’artiste, comme les autres, doit ramer à son tour, sans mourir, s’il le peut, c’est-à-dire en continuant de vivre et de créer. »

Il me semble qu’il y a assez de pistes et de témoins pour justifier que Kaléidoscope de Gilbert Laffaille a sa place dans les livres qui aident à comprendre notre époque.

Editions Christian Pirot 2019

Camus « Discours de Suède »
Avec quelques mots empruntés à Aznavour, Cyrano, Prévert…

 

Norbert Gabriel

Louis Ville et puis demain…

24 Mai

Photo©NGabriel

Puisqu’il semble me poser la question « Qu’est-ce que tu me trouves ? » moi je trouve Louis Ville unique en son genre, celui des chroniqueurs qui ont nourri leurs chansons d’Edgar Allan Poe, Bukowski, James Ellroy et Robert Doisneau ou Willy Ronis selon les époques de son parcours. Aujourd’hui, je pense à ce haïku de Jérôme Rousseaux Ignatus, dédié à celle qui irradie qui réchauffe,

 

L’amour dure
quand il devient
Tendre.

Comme si les heures de la rage se partageaient avec les heures de l’amour , ici et maintenant. La voix de l’imprécateur s’attendrit, comme si le ptit Louis qui courait dans la rue faisait un clin d’oeil en passant. Peut-être pour rassurer celui qui ne souvient plus ?

La voix de Louis Ville ses textes taillés au burin, ses fresques ciselées à l’eau forte, ses ballades bluesy illustrent (en paraphrasant Fallet avec sa veine whisky et sa veine Beaujolais) un courant Gin/Bourbon et un courant Marsala, ce vin italien aux saveurs multiples, parfois doux parfois sec, avec des musiques riches, puissantes, pas besoin d’une déferlante de décibels, ça groove profond et inspiré, violoncelle, guitare, contrebasse, piano, avec en final un instrumental piano dans lequel Louis Ville renvoie les ados des fifties aux belles nuits de radio avec « Pour ceux qui aiment le jazz » ou Jazz en liberté…

« Et puis demain« ...  Six plages magnifiques, et l’envie irrésistible de le retrouver en spectacle mais en attendant, voici deux morceaux d’anthologie des précédents albums,

et pour finir la jolie ballade ..

 

Le site de Louis Ville c’est là, pour écouter, et plus,

©NGabriel

 

Clic sur la guitare —>

 

 

 

 

Norbert Gabriel

 

Louis Ville c’est aussi –> un-bluesman-francais

Clara Ysé au Silencio

23 Mai

Dans la voix de Clara Ysé, il y a les échos d’un chant profond, le chant venu du fond de l’être, un mouvement de rivière libre, de fleuve puissant , furieux ou nonchalant, irrésistible, une rhapsodie un peu sauvage, celle de Sydney Bechet dans « La nuit est une sorcière » ou « La colline du Delta »… Une voix ample comme le sax soprano ou le violoncelle, une voix à chanter toutes les couleurs du monde, quand la musique est l’étendard des combattants qui n’abdiquent jamais.

Dans la voix de Clara Ysé, il y a l’opéra de la vie, la liberté farouche de Carmen, la passionaria sans peur, qui flambe et force le destin, et rejoint ses frangines dans la marche en avant, celles des « Rimes féminines » de Juliette,

celles qui surent s’ébattre,
Qui surent aimer qui surent se battre,
pour toute arme ayant leur fierté ,
Et pour amante la liberté..

Dans la salle intime du Silencio, ce fut un moment intense, une présence qui fait exploser l’espace, avec ses musiciens, on voyageait aussi bien dans les grandes steppes que dans les vertigineux paysages de la Cordillère des Andes, là où la voix peut résonner pas delà les nuages.

Clara Ysé fait partie des auteures ayant une exigence d’écriture poussée à l’extrême… C’est une interprète aux choix d’un éclectisme allant de Barbara à « La Celestina » ou « La Llorona »…  Il me semble avoir entrevu dans un coin de la scène une ombre qui ressemblait à Billie Holiday, un mirage peut-être ?  ou peut-être pas…  Strange dream …

Une nouveauté pour finir: « La louve » qu’on espère trouver sur un CD à venir. C’était en concert au Silencio,  le 22 Mai,

et pour écouter quelques unes de ses chansons,

suivez la piste →

 

Sauf erreur, Clara Ysé était accompagnée de son groupe composé de Yulian Diamanti (chant, cocomposition), Camille El-Bacha (piano, arrangements), Marc Karapetian (basse), Saddam Novruzbayov (clarinette, balaban, flûte) et Naghib Shanbehzadeh (batterie, percussions).

Vous avez sans doute compris que j’ai beaucoup aimé, et que ce n’est qu’un début ..

Et pour quelques photos de plus,

Photos ©NGabriel2019

Norbert Gabriel

Clin d’oeil à Sidney avec un extrait symbolique ..

La rencontre

Tatie Jambon rock star for ever …

21 Mai

ALLO ALLO,   Tatie Jambon est nommée 3 fois aux Trophées de la Comédie musicale, voyez et votez, c’est là, —>

urne tatie

( Chronique sortie de spectacle en 2018)

On vous a peut-être dit que les bébés étaient livrés par des cigognes , dans une rose pour les filles dans un chou pour les gars… C’est même pas vrai, et Tatie Jambon va vous l’expliquer afin que vous n’ayez pas l’air trop bête devant vos enfants qui , pour la plupart, sont assez bien informés des choses de la vie. Et Tatie ne se cantonne pas à cette leçon de sciences élémentaires, c’est en prise directe avec les temps présents que Valérie Bour et Marianne James ont déroulé ce voyage dans le patchwork des amours arc-en-ciel et des contes à revisiter à l’aune de la société des années 2000. Sans faux nez maquillé de niaiseries bébétifiantes, et avec des musiques de toutes les couleurs bien servies par la voix de diva tout terrain de Miss James, narquoise, impertinente, rieuse et mal polie diraient les constipés du sourire; mais tendre et toujours pertinente dans son approche des faits de société qui font bruisser les volailles faisant l’opinion dans les poulaillers d’acajou… (C’est beau comme du Voulchon & Souzy.)

Dans cette fresque ludique, mi-comedia del arte mi-comédie musicale; et 100% jubilatoire, on peut retenir en fil rouge quelques mots de Paulo Coelho, qui sonnent comme du Prévert:

Le bonheur est quelque chose qui se multiplie quand il se divise.

Le Vatican ne s’est pas pas prononcé – pour le moment – sur cette nouvelle vision de l’arithmétique et sur ce ce spectacle mais on peut rappeler que le patron avait dit comme message testimonial « Aimez-vous les uns les autres » sans autre précision ni exclusion. Comprend qui veut, comprend qui peut.

Chers parents, grands parents, cousins-cousines, voisins-voisines, tantines et tontons, n’hésitez pas à trouver un ou deux enfants pour vous accompagner vers La Grande Comédie, où Marianne, Sébastien, Philippe vous régaleront de très belles chansons, paroles et musiques réjouissantes et toniques, sensibles et humanistes. Et attendez-vous à savoir qu’il faut quand même être vigilant dans ce monde qui boîte, « On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle. »

Pour embarquer avec Air Licorne, on réserve ici —>

 

 

 

 

Et pour quelques photos de plus,

Photos ©NGabriel2918

 

 

Pascale Locquin Rêver encore …

16 Mai

C’est comme une chanson qui serait offerte dans une rencontre de hasard, et on découvre une amie de toujours, avec le charme d’un concert presqu’intime.

C’est la simplicité épurée des sentiments, le chant des hommes, disait Nazim Hikmet, le chant des femmes qui traversent les orages et les printemps, vaille que vaille, avec le courage des oiseaux (cf Dominique A) ou la détermination des oiseaux de passage vent debout et sans faillir.

Ça devient cyranesque aujourd’hui de faire des chansons sans les artifices de saison quand les puces électroniques remplacent les musiciens.. Et pourtant, quel charme intemporel ce trio voix guitare accordéon … ça viendrait de Louisiane on s’esbaudirait en dythirambes éblouis…

Seulement voilà… Pourtant, il me semble que Danièle Messia ou la Mimi de St Julien sont plutôt d’accord avec cette frangine de cœur et de choeur.

Rêver encore, pleurer parfois, chanter toujours, dément songe ?

Vogue la vie sur le fil du temps
Vogue la vie même dans le vent
Le vent soulève le temps d’avant
La vie en fait autant.

Norbert Gabriel

Le FB de Pascale c’est là —>  (et l’album aussi)

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Véronique Pestel Paroles de sages, femmes de parole…

13 Mai

En faisant quelques retours sur les choses importantes de sa vie d’artiste, Véronique Pestel dit qu’elle a choisi de faire de la chanson « à texte » … Etiquette diversement perçue selon l’angle avec lequel on l’aborde. Dans Itsi bitsi petit bikini, il y a aussi du texte, c’est un autre genre. Et même dans les chansons pour les pieds, on trouve des paroles.

D’où peut-être une précision utile pour compléter sa carte d’identité ACI, Véronique Pestel nous propose de la chanson qui raconte, c’est une conteuse chroniqueuse à la manière des Choses vues de monsieur Hugo, avec des portraits et des paysages sensibles, paroles et musiques dans un joli carrousel souriant, réaliste, indigné, toute la palette des sentiments d’une humaine témoin de son temps. Qui n’est pas toujours réjouissant, mais vaille que vaille, comme Vanina, elle sera toujours debout. On croise parmi ses figures tutélaires Colette ou Viviane Forrester, la Mimi de St Julien ou un philosophe un peu narquois qui demande «- Quel est le désespoir du philosophe ? – C’est la réponse à la question... »*

Rien à ajouter à ce qui est ci-dessous, c’est parfait.

Vous connaissez beaucoup d’interprètes  qui passent ainsi allègrement de la chanson à la littérature ?  Qui vous incitent, une fois revenu chez vous,  à ouvrir ces livres dont elle vous a magnifiquement dits des extraits et qui ont fait le miel des ses chansons ?”   Serge Pauthe, extrait de sa chronique à la suite du spectacle “Paroles de sages, Femmes de paroles” donné à Buis-Les-Baronnies pour Amnesty international, le 23 mars 2019.

 

Ecoutez, deux aspects de son art,

 

Et Jeanne Hébuterne

suite des infos sur la guitare –>

 

 

Et pour quelques images de plus, sur la péniche Le Marcounet, avec les Dimanchanteurs de Patrick Engel.

Photos ©Ngabriel 2019

Norbert Gabriel

 *  La formulation exacte de Véronique Pestal est  « En philosophie, la réponse est le désespoir de la question ». »   La citation  était de mémoire en ce qui me concerne.

Céline Faucher chante Pauline Julien…

11 Mai

Photos©NGabriel2019

Céline Faucher est l’excellence de l’interprète et l’interprète par excellence. C’est particulièrement évident dans ce spectacle où les chansons du répertoire de Pauline Julien induisent souvent une sorte de transformation physique dans les expressions, c’est très troublant… Dans dans cette approche biographique de Pauline par ses chansons, on retrouve beaucoup des grands auteurs archi connus aujourd’hui, mais qui étaient plus ou moins débutants dans les années 55-60 quand Pauline Julien les découvrait à Paris. Pour les ‘importer’ au Canada. Pas seulement au Québec. Pauline Julien avait à cœur de porter ses chansons urbi et orbi, avec l’attention de proposer des interprétations dans la langue locale… Source de scandale quand la Québécoise flamboyante chante en anglais dans le Canada anglais.

A noter dans ce florilège, une belle re-découverte la version de Suzanne dans la traduction de Gilbert Langevin qu’on peut estimer comme la meilleure.. et qu’on trouve uniquement sur l’album de Pauline Julien Comme je crie… comme je chante (1968) ou en scène avec Céline Faucher.

Qui est conteuse quand elle relate les étapes de la vie de battante de la passionaria du Québec, et l’illustration par les chansons vient tout naturellement. C’est un florilège de la chanson engagée sur les voies de la reconnaissance, des femmes en général, c’est la voix des Québécoises en marche vers un monde « où on aurait l’âme à la tendresse, et où il n’y aurait plus d’étrangers »… Ça reste un sujet toujours à la une.

Ces chansons ont quelques décennies, et elles sont toujours aussi actuelles, le duo avec Patrick Laviosa est impeccable, parfaitement compatible avec des salles de dimensions diverses, encore que Céline Faucher ait le goût bien affirmé de chanter au contact du public… Pour cela le Petit Théâtre du Bonheur est parfait.

Après cette tournée printanière, Céline Faucher a promis de revenir à l’automne, préparez vos agendas, et à l’occasion, faites du lobbying dans vos olympias régionaux, il y eût un temps où la presse interrogeait:  « Qui a peur de Pauline Julien ? » pas nous pas nous,  dit l’écho français…

 

Et pour quelques photos de plus,

 

 

Norbert Gabriel

 

Un autre reportage sur ce spectacle, à l’Arthé Café, par Danièle Sala, entrez et vous trouverez,

Chez Céline, c’est là –>clic sur le racoon joyeux

 

 

 

Clara Ysé… Le monde s’est dédoublé …

10 Mai

 

Photo : © Sylvain Gripoix

Parfois il arrive des petits miracles … Il est presque minuit, de retour at home d’une flânerie noctambule printanière, dans le réflexe de l’âne qui se gratte, play the TSF, et les premières notes me scotchent au récepteur… Par bonheur l’animateur désannonce : Clara Ysé. En urgence absolue, je convoque le web, et youtube, c’est la confirmation d’une artiste hors du commun… La première image qui me vient est celle de « Tous les matins du monde » quand on entre dans un univers où tout est élégance sobre et raffinée, exigence et élévation, chatoiement des mots et des notes, avec la puissance sans esbrouffe et l’amplitude sensuelle de la viole de gambe qui fait entrer de plain-pied dans la beauté à l’état pur.

Au jeu un peu superflu des références disons que pour l’ensemble voix-textes-arrangements on pense à la grande Catherine Ribeiro, Hélène Martin aussi, de celles qui dès leur apparition marquent de leur empreinte unique le monde de la musique. Et certaines chansons portent en elles une densité émotionnelle dont on ne connait peut-être pas les ressorts intimes, mais elle touchent en plein coeur.

Voyez  pourquoi en écoutant …

 

 

La llorona

 

 

 

Le FB de Clara Ysé    clic ici—>

 

 

 

 

Last but not least,  il semble que cet album EP ne soit pas sur le marché « physique » mais on peut le télécharger
c’est ici : –>

Norbert Gabriel

On peut la retrouver   sous son nom Clara Dufourmantelle  dans « La Celestina »

 

 

 

 

 

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