Anatomie de la joie…

23 Avr


Au premier abord, on peut se dire que Fleur de Tolbiac en quête du gène de la joie, c’est aussi peu probable que Buster Keaton animant un séminaire sur le sourire. Et dans sa détermination de neuroscientifique résolue, elle a une semaine pour extraire -si on peut dire- de la sémillante Camille Corbillard le secret de la joie. L’entreprise s’avère …  inattendue, mademoiselle Corbillard, comme son nom ne l’indique pas, est une inoxydable disciple du bonheur. Elle virevolte en rires salvateurs dans toutes les circonstances et les pires adversités. Comme si elle avait été définitivement vaccinée contre les avanies de la vie. C’est une Betty Boop blonde boostée à la joie de vivre … Quand Fleur mélancolise au piano, avec les grands compositeurs romantiques, Camille s’envole avec Chopin mixé Claude François… mais disserte aussi avec finesse sur le bémol qui peut donner une couleur tristitude – osons le néologisme- à L’hymne à la joie. Comme elles osent les cocktails les plus bigarrés dans cette fantasia burlesque et musicale. Car si l’une des recherches de Fleur porte sur ce qui lie les émotions et la musique, démonstration à l’appui, c’est par un kaléïdoscope tout azimuth dans le répertoire avec un sens de l’à-propos, et de l’autodérision dignes des Victoires de l’Amusique  que Camille  explore le sujet. Et quand les impitoyables constats du réel sont insuffisants, c’est par le rêve que Camille fait chanter un personnage de son folklore d’enfance, mais pour ça, chut,  je dis rien, ne pas divulgâcher l’apparition nocturne enchantée. Tout l’arc en ciel de l’humour traverse la scène dans une farandole burlesque, rythmée comme un ragtime de la grande époque, incidemment je pense à Cab Calloway pour ce théâtre musical archi-tonique. Comment ça se termine ? Si je vous dis: « c’est normal » c’est peut-être que la fin du monde, c’est normal. Mais la fin du monde étant remise provisoirement à une date ultérieure, vous avez les lundis et mardis jusqu’au 8 Mai pour faire le point sur le gène de la joie. Et par les temps qui courent, c’est une quête salutaire.

Les infos ICI ——————————————>

 

Et pour quelques images de plus,

Norbert Gabriel

Anatomie de la joie,  de et avec : Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol
Mise en scène : Yann de Monterno, assisté par Jérôme Gayzal
Collaboration artistique : Éric Verdin
et les costumes sont de ? Donald Cardwell ? Ou Chanel ? Ou Tati ? À vous de voir ..

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