Archive | avril, 2019

Lettre entr’ouverte à Jean-Louis Murat…

27 Avr

Mon Jean-Louis,

Je me fais familier pour l’occasion, et peut-être vais-je me mettre au diapason de ton furieux babil de grincheux atrabilaire, mais pour être bref et concis : « Tu me les brises menu ! » Parce que ta propension à baver aigre sur tes collègues me gâche l’écoute de Lilith, ou de Col de la Croix Morand, et autres ballades dont je me régalais souvent, mais là, ça passe beaucoup moins bien depuis quelques jours …

Ceci n’est important que pour moi au final, spectateur lambda et folliculaire mineur, mais en ces temps où tout le monde veut pousser son cri, pourquoi pas moi ? Et puis c’est pas dans les Inrocks, ça sortira pas d’ici. N’empêche …

Du coup, (!) je suis allé me rincer les oreilles avec quelques merveilles de Rhiannon Giddens ou Kate Wolf, ça m’évite de voir tes paysages musicaux pollués par des propos que je qualifierais de pochetron déglingué si j’étais d’humeur malengrouine.. Et puisqu’on est dans une sorte de communauté, arverniquement parlant, un p’tit coup de potion à base de gentiane, ça peut pas te faire de mal, en voici les vertus pour soigner les gastrites, coliques, flatulences- verbales et autres- , diarrhées, vomissements, nausées, digestions difficiles..

On en trouve, de la gentiane, dans nos régions verdoyantes, on y produit l’« Avèze », la « Salers » des fleurons réputés des médecines naturelles, pub gratuite.

Pourtant c’était bien, col de la Croix-Morand

mais pour le moment je vais voyager ailleurs le temps que ça passe, si ça passe. Les chanteurs plus attachés à cracher sur les collègues, quels qu’ils soient, qu’à chanter de la beauté, c’est pas mon truc, donc je vais visiter ces montagnes là … question d’air pur …

Kate Wolf

Et en bonus bienvenu, Rhiannon Giddens ,

et  Emily Loizeau

Je reviendrai peut-être du côté de la Croix Morand, peut-être…

 

Norbert Gabriel

PS:  mais parfois, cher Jean-Louis, tu fais preuve de bon sens.

Fabienne Desseux est « Virée! »

26 Avr

virée couv db 25-04-2019 14-03-39.JPGÇa peut arriver à tout le monde… Dans les salons où babillent les pontifes énarquisants, on dit « disponible en recherche d’emploi » dans le peuple plus radical et synthétique, on dit plutôt « chomdu »…

Donc il peut arriver , un jour ou l’autre que vous découvriez cette situation dont on sort rarement indemne. Dans cette hypothèse proposons une stratégie selon le principe biens connu de Végèce, (in Epitoma Rei Militaris) , Si vis pacem para bellum... En gros, visse les boulons avant de partir au boulot. (traduction libre) ..

Et pour ce faire, procurez-vous vite fait le bréviaire des néo chomistes, « Virée ! » de Fabienne Desseux, 227 épisodes en 19 mois d’un journal sur le blog qu’elle a ouvert sur un réseau bien connu.

Au fil des jours, on découvre les arcanes du parcours d’obstacles qu’est une « recherche d’emploi » quand il est vain de traverser la rue, comme n’importe quel pékin aventurier naïf. Et on se passionne pour les expériences de cette battante qui n’abdique jamais, qui témoigne au jour le jour avec un humour teinté d’acide, une autodérision salutaire, cruellement lucide et avec un style dru que n’aurait pas désavoué Audiard dans ses élans lyrico-rageurs…

Tout est parfaitement documenté sur les palinodies et aberrations des différentes officines qui prétendent remettre l’égaré du boulot dans le droit chemin du salariat bien encadré. Mais le cadre en question devient de plus en plus incertain. Si en plus on est une femme, on cumule le jackpot des malus qui vous entr’ouvrent le placard des « incasables en quête d’un job illusoire ».

Même si la marcheuse de fond a remplacé l’escarpin mondain par la chaussure de marathon, c’est jamais gagné. A lire ce protest song de la chômeuse de province, -pourtant c’est beau, Nevers- on se marre beaucoup, comme dans un film de Mocky, le rire est parfois grinçant, le topo pas rigolo, mais on se dit qu’on aura des munitions quand un jupitre quelconque de la start up nation évoquera les chômeurs qui se payent des vacances aux Bahamas avec leurs indemnités.. On n’est pas dans la situation fillonesque d’un élu désavoué dont les revenus ne réduisent pas drastiquement le caviar quotidien. Et si dans l’entourage, quelque hurluberlu pontifie qu’on trouve toujours du travail quand on veut vraiment, dites lui de revenir quand il aura lu « Virée ! »

Paru en Avril 2019, en poche, 7 € pour 411 pages dans « Histoire et documents  Editions De Borée» c’est un indispensable dans la bibliothèque sociale du XXI ème siècle …

Et je le redis, c’est un régal à lire. Envers et contre tout.

That’s all folks !

Norbert Gabriel

 

Vous pouvez aussi retrouver  Fabienne dans le Huffpost –>

 

 

L’Association Amitié Barsac Sénégal se mobilise pour la petite Fatou entre deux festivals

25 Avr

C’est au festival Musicalarue à Luxey (Landes) que nous avions rencontré, en août dernier, le responsable de l’association Amitié Barsac Sénégal, Lamine Traoure, en compagnie du chanteur Naby et de Tiken Jah Fakoly à qui il était venu parler dans le but de trouver un parrainage artistique pour mieux faire connaître l’association et ses activités . C’est ICI.  .

Consciente de la nécessité de développer l’alphabétisation et l’accès à l’éducation en Afrique, qui seules garantiront l’avènement de générations de citoyens responsables, Amitié Barsac Sénégal œuvre, depuis sa fondation en 2011, à la scolarisation des enfants dans la région du Saloum (Sénégal), via sa participation au financement d’écoles et de lieux de soin et de prise en charge médicale, et a pris le parti de défendre et promouvoir cette juste cause à travers l’organisation ici en Gironde d’événements culturels et artistiques. En marge de son principal festival qui a lieu chaque année en septembre à Barsac, dans la région du Sauternes (entre Bordeaux et Langon), l’association multiplie les initiatives et les activités culturelles (concerts, stages de danse, expositions d’artisanat d’art équitable et d’instruments de musique, découverte culinaire, rencontres et repas collectifs), et a ainsi établi en quelques années un pont culturel entre le Sénégal et la localité girondine, avec un esprit festif, ludique et instructif qui abat les murs de l’ignorance dressés entre les peuples à coup d’échanges humains, de partage et de témoignages de solidarité.

Si les membres de l’association ont su s’organiser depuis le but de façon autonome et avec un sens de la débrouille certain, sans attendre d’aide extérieure pour agir, imaginer, et créer du meilleur dans ce monde à défaut d’un monde meilleur, ils n’en demeurent pas moins en recherche d’artistes sensibilisés à la cause qu’ils défendent et susceptibles de s’impliquer un peu en parrainant l’association pour lui permettre de faire entendre l’écho de sa voix plus amplement.

C’est également par démarche solidaire qu’Amitié Barsac Sénégal a elle-même choisi de parrainer une enfant au Sénégal, la petite Fatou, atteinte d’un cancer nécessitant des soins importants auxquels ses parents ne peuvent faire face seuls financièrement, le pays étant dépourvu de système de sécurité sociale. Pour les aider, un appel aux dons est lancé via une cagnotte solidaire en ligne à laquelle chacun peut contribuer, même modestement, jusqu’au 18 mai

 

Clic sur la bourse –>

A ceux que le besoin d’entendre leur sensibilité partagée, leurs rêves portés et leurs convictions soutenues poétiquement a fait aimer la Chanson,

A ceux que l’amour des chansons et la foi dans la sincérité des propos et des idées qu’elles propagent ont fait prendre conscience du pouvoir des paroles et de l’importance des actes et des gestes, aussi humbles soient-ils,

Merci de relayer l’appel pour rendre le sourire et l’espoir d’une vie à construire à Fatou.

 

Miren Funke

Liens d’Amitié Barsac Sénégal :

Le Site

et le Facebook,

 

Anatomie de la joie…

23 Avr


Au premier abord, on peut se dire que Fleur de Tolbiac en quête du gène de la joie, c’est aussi peu probable que Buster Keaton animant un séminaire sur le sourire. Et dans sa détermination de neuroscientifique résolue, elle a une semaine pour extraire -si on peut dire- de la sémillante Camille Corbillard le secret de la joie. L’entreprise s’avère …  inattendue, mademoiselle Corbillard, comme son nom ne l’indique pas, est une inoxydable disciple du bonheur. Elle virevolte en rires salvateurs dans toutes les circonstances et les pires adversités. Comme si elle avait été définitivement vaccinée contre les avanies de la vie. C’est une Betty Boop blonde boostée à la joie de vivre … Quand Fleur mélancolise au piano, avec les grands compositeurs romantiques, Camille s’envole avec Chopin mixé Claude François… mais disserte aussi avec finesse sur le bémol qui peut donner une couleur tristitude – osons le néologisme- à L’hymne à la joie. Comme elles osent les cocktails les plus bigarrés dans cette fantasia burlesque et musicale. Car si l’une des recherches de Fleur porte sur ce qui lie les émotions et la musique, démonstration à l’appui, c’est par un kaléïdoscope tout azimuth dans le répertoire avec un sens de l’à-propos, et de l’autodérision dignes des Victoires de l’Amusique  que Camille  explore le sujet. Et quand les impitoyables constats du réel sont insuffisants, c’est par le rêve que Camille fait chanter un personnage de son folklore d’enfance, mais pour ça, chut,  je dis rien, ne pas divulgâcher l’apparition nocturne enchantée. Tout l’arc en ciel de l’humour traverse la scène dans une farandole burlesque, rythmée comme un ragtime de la grande époque, incidemment je pense à Cab Calloway pour ce théâtre musical archi-tonique. Comment ça se termine ? Si je vous dis: « c’est normal » c’est peut-être que la fin du monde, c’est normal. Mais la fin du monde étant remise provisoirement à une date ultérieure, vous avez les lundis et mardis jusqu’au 8 Mai pour faire le point sur le gène de la joie. Et par les temps qui courent, c’est une quête salutaire.

Les infos ICI ——————————————>

Norbert Gabriel

Anatomie de la joie,  de et avec : Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol
Mise en scène : Yann de Monterno, assisté par Jérôme Gayzal
Collaboration artistique : Éric Verdin
et les costumes sont de ? Donald Cardwell ? Ou Chanel ? Ou Tati ? À vous de voir ..

L’écrivain Pierre Barrault est barré !

8 Avr

Photo DR

Elle est facile celle-là vous me direz. Eh bien non, figurez-vous ! Parce que lire « L’aide à l’emploi » n’est pas si simple. Sauf si vous êtes… barré. Dans ce cas, ça coule de source.

Pierre Barrault cherche un emploi. Ou non. Pas aisé de le définir. Ce qui est certain, c’est qu’il a trop lu Ionesco et trop regardé les Monty Python. Pour cette raison, Barrault – ou plutôt son héros Artalbur – ouvre des portes depuis chez lui qui le mènent ailleurs. Ou pas. Grimpe dans des bus qui le transportent où il faut. Ou pas. Au restaurant, chez son médecin, dans un magasin. Artalbur se fait écraser. Souvent. Parce qu’il a l’intestin trop long ; enfin je crois. Il rencontre aussi énormément son conseiller d’aide à l’emploi qui ne l’aide pas beaucoup. Un conseiller qui lui téléphone chaque matin. Qui lui propose un poste dans une société, laquelle vend des démons en bois à trois yeux. Mais pour se faire engager, il faut impérativement se faire greffer un troisième œil.  C’est un peu contraignant. Son conseiller lui dit de toquer à plein de portes, d’essayer, même s’il n’a pas le profil, au cas où, on ne sait jamais… Mais même s’il se prend les pieds dans son intestin, Artalbur ne veut pas bosser à tout prix. Il ne veut pas bosser en vérité. Des hommes avec des mallettes en cuir critiquent notre chômeur ne-sachant-pas-chômer avant que la bise soit venue. Parce que les hommes avec des mallettes en cuir sont des gens sérieux, eux.

Artalbur dort, mange, fait couler des bains et du café. Il cherche une sortie, une issue dans le labyrinthe de la recherche d’emploi. Dans une société menteuse, violente, absurde. Car, dans le monde d’Artalbur, on peut être radié si on refuse l’installation de lapins rouges dans son salon. Le conseiller conseille tout et n’importe quoi, mais pense qu’ils vont s’en sortir. Tous les deux. Comment ? Aucune idée. Car dans l’univers fantasque et cruel d’Artalbur, les humains sont des baudruches, des déchets qui font semblant d’être libres. Tous vivent sous le règne de Cron où (à force de ne pas traverser assez de rues) on vous pose des bracelets électroniques. Car ne pas travailler offre la liberté. Cela déstabilise Cron et le système. Et ceci est une vraie folie.

Alors ne croyez pas que j’ai pu vous résumer « L’aide à l’emploi » du barré Barrault…
Si vous ouvrez ses pages, soit vous jetterez le bouquin au loin, au bout de 60 lignes. Soit vous serez absorbé par l’écriture folle et hallucinée de cet auteur. Vous vous laisserez porter par les courants contraires d’une écriture désaxée. Le sourire aux lèvres et l’angoisse au fond du ventre. A l’écart de toute logique.

Mais voilà. S’il y avait une logique dans la recherche d’emploi, ça se saurait !          

« L’aide à l’emploi ». Pierre Barrault. Editions Louise Bottu
Le site des éditions, clic sur la couv’ —>

Fabienne Desseux

 

Jérémie Bossone à l’Arthé Café…

2 Avr

Photos Martine Barbecot Fargeix

C’est dans le cadre du sixième festival Ernest Montpied, un festival qui grandit au fil des ans, au cœur des Combrailles, et qui se déroule cette année du 29 mars au 21 avril, avec des rencontres, des concerts, du théâtre, des balades, des expos, spectacles enfants, cinéma, chansons françaises, poésie, entrées en libre participation, gratuit pour les enfants, que Jérémie Bossone et son frère Benjamin sont venus ce dimanche soir à l’Arthé Café.

C’est Didier Moguelet, secrétaire, chargé de la communication et des évenements du SIET Brayauds et Combrailles qui vient nous présenter ce festival, suivi de Maï Usclade qui nous présente les frères Bossone. C’est au Carrefour de la chanson à Clermont-Ferrand, que Maï a rencontré Jérémie Bossone, en 2011, tout comme Martine Fargeix qui était chargée des photos. Et, inévitablement, toutes deux ont eu un premier coup de cœur pour cet HVNI de la chanson, humain volant ( et voguant) non identifiable… Je préfère à Ovni, car Jérémie est loin d’être un objet !

Maï nous rappelle le parcours de Jérémie, sa notoriété croissante, les nombreux prix reçus pour ses albums, et le premier prix littéraire 2019 pour son roman Crimson Glory.

Jérémie Bossone lance un sonore Bonsoir avant d’avertir les très nombreux spectateurs présents : Y’a du monde ! J’espère que vous serez aussi nombreux à l’arrivée, on va voir les résistants ! …Mais quand même, c’est la quatrième fois que je viens à l’Arthé Café, et j’aimerais bien revenir encore... Alors on s’accroche !

C’est avec Pirate qu’il envoie la couleur, accompagné de sa guitare électrique, de son harmonica, et de son frère Benjamin au clavier  :

Au bal des connards
Je plante un drapeau noir
Que nul ne s’en étonne
Quand les pourris s’éclatent
Il faut s’ fair pirate
Pour rester honnête homme.

Pirate, un cri de révolte contre les grands de ce monde, extrait de son tout récent album Les mélancolies pirates, qui n’est pas vraiment un album, Bossone ne fait jamais rien comme tout le monde ! Mais plutôt un rap-opéra métissé, sauvage, irrévérencieux, poétique et rebelle, la rencontre d’un enfant aventurier, lui, et d’un capitaine sans bateau, Kapuche : Ce disque est un baromètre. Il mesure le degré d’extension des cœurs et des esprits, nos aptitudes à l’aventure. Je l’ai commis comme on commet un crime, comme on donne un coup de sabre, comme on éclate d’un grand rire.

J’avoue, des fois j’explose…

Et il vise juste, en plein cœur, brandissant sa guitare comme un sabre de pirate, avec un jeu de scène époustouflant, un visage expressif, un sourire de gamin qui se crispe parfois, tantôt tendre, romantique, quand il chante l’enfance, nous racontant que, lorsqu’il fait des reprises, il ne choisit pas les chansons qu’il aime vraiment, celles-là, il les garde pour lui, reprendre une chanson, c’est inventer la magie, avec une exception pour Mon enfance de Barbara, qui lui colle à la peau :

Il ne faut jamais revenir
aux temps cachés des souvenirs
du temps béni de son enfance.
Car parmi tous les souvenirs
ceux de l’enfance sont les pires,
ceux de l’enfance nous déchirent. 

Et son interprétation est bouleversante de vérité. Alors, une dernière partie de Playmobil ? les yeux fermés, tout à l’intérieur :

Dernier défi lancé bien haut
Dernier challenge, avant qu’on s’ range
Dernier vol émerveillé au
Pays des ang’, ensuite on s’ range.

Dernier fuck off aux imbéciles
Avant que tous ces cons nous mangent
Dernièr’ partie de Playmobil
Après j’ les range, après j’ me range…

Il se range…Derrière Kapuche, provocateur, aventurier, conquistador, traversant les tempêtes de la vie, ne capitulant jamais dans sa quête de vainqueur :

Il faut vivre en vainqueurs jusqu’à ce qu’on les brise
En serrant sur nos cœurs tout c’que les cons méprisent
On aime jamais trop ce qu’on con dit « futile »…
Et puis c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !
Il faut vivre en brûlant de splendeur et de rage
S’abreuver de ciels bleus, d’amitiés, de voyages
Avoir le désespoir qui chante tel Cyrano !
Voilà ce que j’ai chaque jour sur mon radeau !

Il alterne ainsi les chansons, J’aime ce qui est différent dit-il, en évoquant le beau sourire de Patricia, ou son amour pour Scarlet : Oui, mais en attendant, ce soir

Il reste collé près du bar
Où Scarlett le frôl’ de ses doigts
En espérant qu’il l’emmèn’ra
Ce soir peut-être…

Et une chanson du dimanche : La tombe :

Cette tombe était la sienne
En ce jour, oui, mais demain,
Cette tombe ell’ sera mienne
C’est la ronde des humains.

Ou encore, à ne pas mettre dans toutes les oreilles prévient-il : Spirale, le tourbillon de la vie quotidienne d’un artiste, et la déception amoureuse :

On chante, on s’aime
On s’plante, on saigne
On respir’ mal
Dans les spirales…

Prenant sa guitare folk pour nous chanter une chanson inédite qui raconte l’histoire de l’exode cherokee, La piste des larmes, pendant l’hiver de 1838-1839 où 4000 indiens ont trouvé la mort, Une fleur qui s’est élevée sur leur douleur, la toute blanche cherokee rose, sur les terres que vos larmes arrosent, elle fleurit comme un blason. Ou encore un lied  : Cuckoo.

Mais il faut qu’il bouge, et même si la scène est petite, il le fait bien, chansons théâtralisées, on comprend pourquoi il a eu aussi le prix du meilleur acteur au cours Florent en 2004 .

Mais ce n’est plus lui, c’est l’autre lui, Kapuche qui prend le relais, Kapuche qui vient du hip-hop, du rap, qui a des valeurs humanistes, Kapuche qui lui a ouvert les chemins de l’aventure, qui lui a appris l’amitié, Allez viens Kapuche, dit Jérémie Bossone, en référence à Jeff de Brel, debout Kapuche, pour l’aventure la poésie, tous sur un radeau pourri.
C’est Kapuche qui est Loin devant :

« Vous êtes mille » ? Bah je suis loin devant
Vous avancez la plume au cul
La mienne ell’ s’abreuve à mon sang
Vous avez la gueul’ des vaincus

Moi je suis loin devant
Vos mots sont pris dans l’ starting-block
Moi j’ai d’jà mis la rime en cloque
Il est quelle heur’ ? Victoire o’clock !
Ouais je suis loin devant !

Et de prévenir le public, un peu trop sage à son goût : Personne n’a foutu le camp ? Y’a pire qui vous attend ! Et c’est le rapeur-pirate Kapuche qui se lance dans l’aventure des Mélancolies pirates, et là, faut pas avoir le mal de mer, ça tangue, ça tempête, ça souffle, fini le temps de nos vies sages, ça gronde, putain, c’est ça la vie… Et l’aventure, c’est être un pirate qui frappe, qui rappe / Qui tient bon le cap, et t’es cap ou t’es pas cap, mac !

C’est fini, nous annonce t-il tout à coup…Mais pas pour longtemps, les rappels se font pressants, et c’est La Mélancollectivité générale !

Tous les jours sont des tueurs
Ils étouff’ nos lueurs
Reste un parfum de fleur
Et tous ensemble à jamais

Nous sommes
Pris
Dans
La
Mélancolie

Et puis, il arrive toujours un moment où l’on a plus rien à dire :
Putain, quand on a rien à dire
« Ce n’est pas à coups de silence
Que l’on se bâtit son empire »
Tels sont les mots de ma conscience

Ell’ parle, et moi j’ai rien à dire.

Rien à dire ? Pas facile de dire sur ce phénomène inclassable, indéfinissable, tellement pluriel, mais pour moi incontournable, parce qu’il me bouleverse, m’émerveille, me surprend, et que j’ai une folle envie de le suivre, alors, on continue l’aventure, à l’abordage moussaillons !

Merci à Maï et Marc pour cette soirée d’exception, pour tout ce qu’ils apportent aux amoureux de la chanson, pour leur exigence de qualité, et leur gentillesse. Merci aux organisateurs du Festival Ernest Montpied, une manifestation, humaine et culturelle, de qualité et merci à Martine Fargeix, pour ses photos, et sa disponibilité.

http://www.tourisme-combrailles.fr/festival-ernest-montpied-saint-hilaire-la-croix.html

Danièle Sala

 

Pour le livre Crimson Glory →

 

 

 

 

Pour l’album —>

 

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