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David Mc Neil…

18 Fév

Comment naissent les chansons ?

Les chansons naissent dans la frime
Et les dictionnaires de rimes
S’y ennuient*

.
J’avais plutôt dans la mémoire,

 Les chansons naissent dans la brume ,
dans une dominante bleue
Où le mauve fait ce qu’il peut,
la page blanche se noircit laissant parfois une éclaircie
Une lisière dans la marge Où passe comme un vent du large

Cette paraphrase de Jean-Piere Kernoa – dans Mauve– est venue en filigrane après avoir lu « Quatre mots, trois dessins et quelques chansons. »

Pour David Mc Neil, les sources sont multiples, que ce soit sur mesure – pour les amis ou collègues choisis-  ou en toute liberté poétique, il a tracé une route personnelle entre road movie hippie et chroniqueur amusé de la vie qui va. Sur les routes d’un Kerouac nonchalant ou dans les bleus méditerranéens, c’est le chemin d’un bluesman désinvolte, un flaneur au regard Doisneau, éternel amoureux des belles passantes celles de Brassens ou de Passy, de Zanzibar ou de Paname,

Qu’on soit Johnny Cash ou Coltrane
C’est toujours la même poussière qu’on traîne
Comme la petite fugueuse
Qui nous chantait Freight Train
Du temps qu’on était beaux

C’est aussi l’allégorie de la nostalgie d’Angie, ou les douzes mesures d’un blues, ce blues qui n’a pas grand chose à voir avec le R&B dont le R est celui de Roux et le B celui de comBaluzier… C’est un beau livre, grave et gracieux, élégant, qui raconte un peu de sa vie et beaucoup de ses chansons, et réciproquement. Intime sans être impudique, souvenirs d’un esthète, seul dans son coin, mais avec de bons compagnonnages, par exemple ceux-là,

Et dans « Ma guitare et moi, partenaire de création,  quelque chose qui a dû plaire à Jo Moustaki…

Cette balade musicale et biographique est une excellente synthèse de tout ce qui fait naître une chanson quand elle fleurit sous la plume d’un inventeur d’histoires loin  des fourches caudines de la dictature du code barre et du marketing.

Et pour quelques pages de plus  dans les romans et récits  de David Mc Neil,

  • Lettres à Mademoiselle Blumenfeld, L’Arpenteur, 1991; Gallimard, coll. « Folio » no 2474.
    Tous les bars de Zanzibar
    , Gallimard, 1994, coll. « Blanche » ; 1994, coll. « Folio » no 2827.
    Si je ne suis pas revenu dans trente ans, prévenez mon ambassade, Gallimard, 1996, coll. « Blanche ».
    La Dernière Phrase, Gallimard, coll. « Blanche », 1999.
    Quelques pas dans les pas d’un ange Gallimard, coll. « Blanche », 2003 ; coll. « Folio » no 4183.
    Tangage et roulis, Gallimard, coll. Blanche, 2006 – prix Le Vaudeville
    Angie ou les Douze mesures d’un blues, Gallimard, coll. « Blanche », 2007.
    28 boulevard des Capucines. Un soir à l’Olympia, Gallimard, coll. « Blanche », 2012.
    Quatre mots, trois dessins et quelques chansons, Gallimard, coll. « Blanche », 2013.
    Un vautour au pied du lit, Gallimard, coll. « Blanche », 2017.

Il y a aussi de belles pages dans des livres disques « jeune public » témoin avec ces lignes, là on peut se dire qu’il est urgent de retrouver son enfance,

Quand les chats étaient verts C’était il y a longtemps, quand les chats étaient verts du début du printemps à la fin de l’hiver. Mais sont venus des snobs qui, un jour sans raison, voulurent changer de robe comme on change de saison… Commença l’escalade de « tout gris » en « tigré », noir et blanc, marmelade, différents pedigrees. Mélangeant des peintures, mêlant l’or et l’argent, s’échangeant des teintures afin de plaire aux gens… Voici les chats qui prennent toutes les couleurs, toutes sauf le vert, dont l’espèce disparaît. On essaya d’en retrouver, en vain. Puis ce fut la guerre des couleurs, et l’exclusion. Mais comme le goût des gens est très souvent changeant, ils achetèrent les chiens d’un marchand dalmatien.

Retrouver l’enfance et  partir en voyage avec ce message «Si je ne suis pas revenu dans trente ans, prévenez mon ambassade. »  Le  temps de faire le tour de tous les bars, de se tricoter  quelques souvenirs, et revenir dans son village vivre le reste de son âge,  mais

Qu’on soit Mozart  ou Chopin
Ou qu’on soit John Coltrane
Pussy Cats c’est toujours
Le même vieux blues qu’on traîne.

Hasta la vista… 

Norbert Gabriel

*Extrait de Mauve, JP Kernoa/Maxime Le Forestier

 Le site  de David Mc Neil  c’est là —>

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