Hexagone hiver 2019

11 Fév

Un dixième numéro d’Hexagone, dans lequel l’empreinte Pitiot réveille les sursauts populaires. Il en est question tout au long de l’éditorial de David Desreumaux : Les raisons de se soulever pour contester la politique du gouvernement Macron sont innombrables et légitimes… En ces temps de morosité et de repli sur soi, entourés et cernés par la musique et la chanson d’ascenseur, nous avons voulu, avec ce numéro 10, marquer clairement nos convictions en mettant à l’honneur une chanson de chair et d’âme.

Chanson de chair et d’âme, c’est le cœur du sujet, dans ce long dossier consacré à Thomas Pitiot. On ne peut parler du chanteur sans parler de l’homme, de ses voyages en terres d’humanité, de ses engagements, la militance farouchement chevillée au corps et à l’âme. Ici, pas de langue de bois. Juste un cœur gros comme ça.

Thomas Pitiot est né et a été élevé en Seine-Saint-Denis, dans un milieu modeste, mais pour lui, la richesse est ailleurs : J’ai passé quarante ans de ma vie dans un HLM, mais j’ai l’impression que l’héritage qui m’a été légué est très riche spirituellement et culturellement… à l’image de ce qu’ont été mes parents, développant une curiosité pour la diversité, pour les autres.

C’est cet héritage culturel et humain qui fait la singularité artistique de Thomas Pitiot, dès son premier album Le tramway du bonheur, en 2002, album de témoignage et de gratitude pour cette banlieue qui l’a vu grandir, et qui l’a construit, une chanson synthèse d’une expérience, de la chanson française du monde. Thomas Pitiot a reçu autant qu’il a donné des gens de sa cité Maurice Thorez à Dugny, dix ans d’engagements dans une association de quartier, aide aux devoirs, théâtre, danse, sorties culturelles, etc, il est devenu membre de ces familles : A travers ces rencontres, de nombreuses fenêtres ouvertes sur l’Afrique, des envies de tirer le fil de ces parcours d’exil, il m’en reste tant de choses. Quelles que soient les histoires des uns et des autres, il y a quelque chose de plus profond qui nous relie, c’est notre humanité.

Il souligne l’importance de ses études en science politique dans son parcours de chanteur indépendant, il retient la construction de la pensée, l’organisation de celle-ci, la mise en place des raisonnements, tout ce qui sert à convaincre, à justifier ses envies, sa légitimité.

Après un début de comédien, c’est sur scène qu’il s’épanouira, avec le contact, la relation au public : J’ai besoin de la chose vécue pour de vrai. Et c’est en 2001 qu’il opte définitivement pour la chanson, huit albums à son actif depuis Le tramway du bonheur en 2002.

Thomas Pitiot se raconte longuement, le chanteur et l’homme de conviction ne font qu’un, ses convictions sont telles que vous vous laissez embarquer avec plaisir dans les aventures qu’il vous propose, dit Patrick Winzelle, membre de l’équipe de programmation d’Aubercail, dans son regard extérieur, et c’est vrai, d’autant plus convainquant quand on est pratiquant de la même famille politique et humaniste.

Il n’oublie pas de remercier toutes les associations de militants, en marge des médias officiels, qui l’ont entouré, soutenu, sans qui son métier ne serait pas possible, comme Chant’Appart, la CCAS, les petits festivals, les lieux alternatifs.

Aubercail 2016 photo N Gabriel

Et c’est dans le cadre du festival d’Aubercail, qui rend chaque année hommage à un artiste , pas n’importe lequel, Colette Magny, François Béranger, Allain Leprest, Léo Ferré, Boby Lapointe, Prévert, Boris Vian… Et en 2014, c’est le tour à Ferrat, c’est là donc qu’a été créé ce spectacle collectif : C’est un joli nom camarade, seize artistes sur scène, une grande diversité de styles différents, à travers plusieurs générations, qui interprètent Ferrat, mais Ferrat est sans frontières, comme la chanson. Les mots s’accompagnent de toutes les musiques, il suffit de savoir les marier, précise Thomas Pitiot. Spectacle, qui a tourné ensuite dans plusieurs festivals, dans six villes, dont quatre communistes, et Thomas Pitiot rappelle à cette occasion le rôle important de ces villes pour la promotion de la chanson : Pour avoir vu tomber plusieurs villes de la banlieue rouge, j’ai pu constater l’anéantissement des réseaux et des pratiques liés à la chanson avec les changements de couleur politique.
De ce spectacle est né un disque, sorti en novembre 2018, C’est un joli nom camarade-L’empreinte Ferrat. Pour en savoir plus sur ce spectacle, c’est là , clic –>

 

Cet entretien conduit par David Desreumaux, sous le titre Le pari d’une clairière, se termine par un constat, et une note d’espoir : Bien sûr il existe des auteurs qui ont des choses à dire ! Mais les espaces pour le dire n’existent quasiment plus, ils sont monopolisés par une chanson qui se consomme, qui se digère à une vitesse phénoménale…

Pourtant la chanson qui prend le temps et qui parie sur l’intelligence existe bel et bien…La chanson libre qui ne répond à aucun diktat commercial, qui se transmet du cœur au cœur… A nous de résister et d’inventer des espaces pour qu’elle continue à enchanter le plus grand nombre. Et ce combat, il est éminemment politique.

Thomas Pitiot partage la couverture de ce numéro avec la chanteuse québécoise, Samuele, c’est Eric Kaija Guerrier qui nous en parle. L’occasion pour nous, de découvrir un exquis témoignage d’une sensibilité hors du commun. Samuele a grandit dans un environnement musical, maman musicienne, papa auteur, compositeur et interprète, Gaston Mandeville et tout naturellement, la musique devient pour elle un métier à plein temps.  Multi-instrumentiste, Samuele balance sa poésie intime et engagée sur des mélodies pop-rock-blues, gagnante de la grande finale du festival international de la chanson de Granby en 2O16, coup de cœur de l’académie Charles Cros pour son album Les filles sages vont au paradis. Les autres où elles veulent, Samuele, deux albums, et deux EP, le dernier sorti en 2018, Dis-moi, commence à écrire des chansons pour les autres, signe déjà d’une reconnaissance certaine.

Roxane Joseph, elle, nous fait part de son Rencart avec Reno Bistran, Bancal troubadour, encore un artiste bien sympathique, comme dit Roxane : signe particulier sympathique. Après l’aventure avec Eric Ksouri, Renaud Pierre, alias Reno Bistan, fait cavalier seul, trouvant son bancal équilibre entre théâtre, bals populaires, et chanson, sur trois pattes, rescapé des naufrages et des désillusions, humain bien vivant, fantasque utopiste portant à bout de bras son cœur gros comme le monde. Il  prépare un nouvel album pour le printemps.

Vu de l’extérieur, par Pascal Pistone, pianiste, chef-d’orchestre, auteur-compositeur-interprète, musicologue, maître de conférence à l’université Bordeaux Montaigne, dont il dirige la filière musique depuis 2006 se pose la question : L’université peut-elle former des poètes maudits ?

Quand on sait que la plupart des auteurs-compositeurs-interprètes sont autodidactes, en marge des institutions, comme Léo Ferré, par exemple, ce n’est pas évident. Pourtant, plusieurs artistes de la nouvelle vague de la chanson française sont passés par des cursus d’enseignement supérieur, comme Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Raphaël, Juliette, Camille, entre autres, et Thomas Pitiot aussi. Pascal Pistone pèse le pour, le contre, dit la pression venue d’en haut sur les journalistes de Radio France pour que la création de cette nouvelle filière bordelaise ne soit pas mentionnée,  et c’est précisément là où il ne faut pas céder à la tentation d’adapter l’université au seul monde de l’entreprise, et au seul modèle capitaliste. Il y a pourtant tant à apprendre autour de la chanson et de la musique outre les cours techniques, son histoire, son rôle social, tout ce qui permet d’aiguiser l’esprit critique, et de s’affirmer, de former des esprits libres, qui ne cherchent pas à imiter, qui ne se soumettent pas au premier système imposé, qui osent s’affirmer sans complexe, imposer leur vision personnelle et engagée du monde, de la culture, des autres arts, sans courir après un art commercial ou démagogique.

Patrick Engel, lui, fait le tour des collectifs d’artistes : C’est une chanson qui nous rassemble. Où l’on voit que l’union fait la force, dans tous les domaines artistiques : La solidarité, loin d’être un vain mot, s’avère alors l’une des plus belles idées de l’humanité qui puisse être… Associations autour d’un projet, autour d’un label,  FRACA, pour trois filles, qui défendent les artistes, et la place des femmes dans l’industrie musicale, Katel, Emilie Marsh, Robi, ou collectif par envie, vingt ans d’amitié fidèle sur les planches et dans la vie pour Les Fouteurs de joie, association pour le partage des ressources et des énergies de chacun, mais aussi des critiques, et des désillusions, ce sont Les beaux esprits. Association pour la création d’un spectacle commandé par Les Trois Baudets, autour des chansons de la période Canetti, et qui poursuit son aventure dans de nombreuses salles, avec succès,   Zaza Fournier, Cléa Vincent, et Luciole ont créé le spectacle Garçons l’ addiction, avec sur scène, Cléa Vincent Zaza Fournier, en alternance, Carmen Maria Vega et Chloé Lacan. Ou simplement association née d’un hasard inespéré, avec Partie à trois, trois garçons qui conjuguent leurs différences en toute complicité, Gérald Genty, Askehoug et Guillo.

 

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Photo DDesreumaux

Dans la collection d’hiver, c’est un Nolandais qui se confie à David Desreumaux :

Dick Annegarn Les villes d’un Nolandais

Tous les artistes parlent d’eux-mêmes, et moi je parle des villes, dit il, en effet, il a rassemblé dans son dernier et 19 ème album,( 2018), sans compter les compilations, participations, rééditions, etc…  12 chansons piochées dans son répertoire : 12 villes, 12 chansons. Mais Dick Annegarn ne fait rien comme les autres, il préfère l’odeur de la terre d’un géranium au parfum des roses, et voit les villes, non pas en touriste, non pas en utopiste, mais dans le concret,  et l’imaginaire à la fois, pouvant faire une chanson sur une ville où il n’a jamais été. Pour lui, une ville n’est pas forcément belle, elle peut être une souffrance, une personne dans laquelle il n’y a personne, dit-il, mais C’est émouvant une ville. Une ville me touche sans que je ne touche à une personne physiquement. C’est rimbaldien d’ailleurs, l’amour est un désir, ce n’est pas un plaisir.

Observateur ,collecteur d’émotions, de sensations, de l’existant, Dick Annegarn pense que la langue a besoin d’être chahutée pour être intéressante, et conclue par cette belle phrase : La chanson existera toujours. Au commencement était le verbe, et probablement le verbe chanter. Et à la fin aussi. Entre les deux, je voyage.

Et c’est Philippe Kapp qui nous fait ensuite faire plus ample connaissance avec Bertrand Louis, un artiste très discret, et pourtant à la tête d’une œuvre de six opus, à travers rock électronique, pop, et musique contemporaine qui se fait sentir dans son dernier album Baudelaire : Celui qui déclare volontiers «  Je ne suis pas un chanteur, je suis un musicien qui chante » aime l’exigence et la rigueur en matière de composition, héritées de ses années de conservatoire.  

Photo DR

Puis Michel Gallas nous mène sur Les Chemins croisés de Monique Brun, qui raconte son parcours,  avec ce goût du chant qui ne l’a jamais quittée et a pris des formes multiples, depuis ses premiers pas sur scène, à 9 ans, au Théâtre du gymnase à Marseille, où jouait son père, puis  l’opéra, le bel canto : Verdi ou Puccini, par exemple, se fredonnaient aussi familièrement qu’une chanson populaire,  une trentaine d’années dans différentes compagnies théâtrales, puis le théâtre itinérant Dromesko, une dizaine d’année, sous chapiteau,  et ce désir de longue date de chanter s’est vraiment réalisé avec Gérard Morel et quelques amis, chanteurs et musiciens qui ont créé La guinguette des fines gueules, un bien joli concept de chansons aux saveurs en tout genre, engagée comme comédienne pour assurer les bla-bla entre deux prestations, ils m’ont embarquée dans une quinzaine de leurs chansons. Tombée fraternellement en amour avec Entre 2 Caisses, elle crée avec eux Arriette et chahut pour quatre chantistes et une comédienne, où elle ne fait que chanter. Il en reste un album et une durable amitié. Puis le spectacle solo sur Ferré, 4 ans de réflexion, et le déclic, le livre d’ entretiens de Léo Ferré, aux éditions La mémoire qui chante, Monique Brun a alors trouvé comment donner vie aux mots de Léo Ferré, entre parole et mélodies, spectacle joué des centaines de fois. En solo aussi dans Ascolta, promenade philosophique sur le chemin des arts et de la vie. C’était magnifique, il en reste la trace de soixante-dix tableaux et la certitude d’avoir vécu un moment de partage inédit.

Pour Monique Brun, il n’y a pas de cloison entre chanson et théâtre, et  Michèle Bernard, subjuguée par le spectacle sur Ferré, va proposer à Monique Brun d’inventer avec elle un spectacle, elles vont alors tisser Un p’tit rêve très court, entre leurs mots et les chansons de Michèle Bernard : Il s’agit aussi d’une réflexion, non dénuée d’humour, sur la destinée humaine et le parcours si bref d’une vie : Le désir du bonheur sur une terre en désordre.

Les projets de Monique Brun pour demain ? S’accorder un temps et voir venir, mais le silence n’est pas sans surprise. En attendant Léo 38 court toujours, et Les Fantômes aussi. Quand au P’tit rêve, il n’a pas dit son dernier mot.

 

Un regard de David Desreumaux sur Mariscal, Explorateur insaisissable .

Mariscal, qui, à 41 ans a déjà connu plusieurs vies artistiques.

Chanteur de groupes rock,  dans des petits lieux, puis en solo, à partir de 2006, remarqué dans les festivals, remplissant les salles  jusqu’au Québec, chaque chanson est comme un regard qui voyage,  coach vocal, metteur en scène,  et différentes aventures musicales, théâtrales ou pédagogiques. Pas d’album pour le moment, mais des pistes se dessinent avec son bassiste et ami, Jeff Hallam. En attendant, on peut écouter sur You Tube : Plus le temps, paroles et musique sublimes. :

 

Entre deux articles de fond, les rubriques habituelles, comme ces Fiches pratiques à destination des musiciens : Les ficelles du métier, par Boule. Là, il est question des loges d’artistes, un conseil, parmi d’autres : Laisser tout en bordel, malgré le manque de budget, il y a toujours une femme de ménage en contrat précaire… Ranger la mettrait en péril.

 

Les chroniques d’albums, et aussi de livres, sont nombreuses, autant de références pour nous aider à choisir les meilleurs, mais comme il n’y a que de bonnes critiques, le choix est bien difficile ! Par exemple, Mon Totem, Yves Jamait, Féloche, Chimie vivante, L’empreinte Ferrat, C’est un joli nom camarade, Cali, chante Léo Ferré, Pascal Rinaldi, Sur un fil, Pierre Perret, Humour Liberté, Arthur de la Taille : Ministère des ondes, le livre  Zibilababoue, Allain Leprest inédit, textes à vocation théâtrales, et tant d’autres.

Une page, signée Nicolas Brulebois, est consacrée à l’album de Jean-Michel Piton : Musiques & Mots de l’âme, Nicolas Brulebois qui rappelle la polémique qui a enflammée les réseaux sociaux, sur les poètes et la chanson, et cet album prouve, si besoin est, qu’il reste encore de belles anthologies à mettre au pied desquelles déposer des notes. Et Jean-Michel Piton n’en est pas à son coup d’essai pour chanter les poètes, il reprend dans cet album quelques anciens morceaux, et six nouveautés, chansons réenregistrées, avec des espaces de pure musicalité, cordes, guitares, violoncelle, ou reggae électrique selon les textes, le texte du poème reste primordial. La poésie, ici, n’est pas uniquement présentée sous des atours fragiles ou anciens : elle est Musique & mots de l’âme, bien sûr… Mais raccord avec la fureur électrique du monde.

 

Alors, C’était mieux maintenant… ? Jules pense que oui, à propos de Nino Ferrer, à l’évidence, Jules aime Nino Ferrer, et il n’est pas le seul. Sa préférée ? C’est Madame Robert : qui caractéristique à elle seule l’oeuvre de Nino … Je classe cet album dans les plus grands albums de rock de tous les temps. Et que personne ne vienne me dire «  On ne dit pas : C’est génial » mais j’aime bien, hein.. .Que je récupère mes ( mauvais) caractères.

©Francis Vernhet

J’ai apprécié aussi le parcours photographique de Francis Vernhet, Francis Vernhet, c’est 30 ans d’images et de musique, photographe de scène, il a collaboré avec Paroles et Musique, Chorus, Télérama, Le nouvel observateur. Et il explique les circonstances de chaque photo présentée dans ces pages, en commençant par une photo de 1962, issue de mon premier film, faite avec le Kodak Retinette que je venais de recevoir en cadeau de Noël : Un portrait de famille de mes grands-parents de Corrèze chez qui je passais toutes mes petites vacances, j’avais 7 ans. Une photo en noir et blanc qui me touche beaucoup, parce que les vacances en Corrèze, j’ai aussi connu ça toute mon enfance… Ses photos de scènes sont magnifiques, dommage que l’arrivée du numérique mette en péril ce beau métier !

 

Photo D Desreumaux

Revenons à la Collection d’hiver, avec Miossec Du je au nous, propos recueillis par David Desreumaux.

Christophe Miossec, revenu sur le devant de la scène, après 25 ans de carrière,  avec son onzième album, Les rescapés, album né après la tournée de Mammifères, et après une tournée, vers l’heure d’entrer sur scène, le cerveau se met à s’agiter, on a le trac… C’est intéressant de composer dans ces moments là ! C’est cette énergie qui a été à l’origine de la dynamique du disque. Christophe Miossec parle de chimie organique : organique, que l’on sente la chair et l’os. Que l’on devine l’homme, la femme derrière chaque son, à propos de son dernier album, le plus personnel depuis Boire, dit il, où il s’est le plus investi pour les musiques, arrangements minimalistes à partir de vieux instruments, comme les boites à rythme des années 70 : J’aime leur chaleur, leur inégalité… Avec elles, certains vieux fantômes, certains bouts d’adolescence me sont revenus. s’interdisant notamment les ordinateurs. Mais cet album est aussi le plus ouvert sur le monde et ses travers. Des chansons entre alerte et accalmies, un diagnostic de l’humain entre cynisme, acceptation, et même autodérision  dans Je suis devenu :   Je me suis fait tout seul et je me suis raté.

Nous sommes, sans doute la chanson la plus percutante de l’album, nous met devant le fait accompli, nous sommes des survivants :

On n’a plus le temps car ce n’est plus possible de freiner
On n’a plus le temps car c’est comme ci les jeux étaient déjà faits
On n’a plus le temps mais on fait comme si de rien n’était
On n’a plus le temps même si sous la pluie on sait danser.

Avec Les rescapés,nous sommes tous embarqués sur le même radeau de sauvetage, traversant les tempêtes, évitant les naufrages :

La mer elle est inhumaine
Quand elle prend les corps, elle les prend bien vivants.

C’est La vie comme un voyage, avec ses moments de calme, ses tempêtes.

On retrouvera Miossec, sa guitare et ses musiciens sur scène pour faire vivre Les rescapés.

Toujours dans la Collection d’hiver, on retrouve, (avec plaisir), Féloche : Un chant son, vu par Dora Balagny.

Photo DDesreumaux

Félix Le Bars, fort de ses trois albums et de ses dix ans de carrière, fait montre de bien des ressorts artistiques.

Après nous avoir dépaysés avec La vie cajun,  après nous avoir enchantés d’une langue sifflée des îles Canaries dans Silbo, il revient, toujours avec sa mandoline,  et dans la continuité de ses précédents albums : On ne part pas de rien, on ajoute une pièce de plus, avec sa Chimie vivante. Conçu suite au décès de son père Hugues Le Bars, musicien réputé pour ses génériques radio et musiques de films, Chimie vivante est envisagé comme un album de transmission, coécrit avec des amis très proches : Le poète Nicolas Lepont et le scientifique Christophe Alexandre.

Transmission, entre son père, lui, et son fils, avec les mots délirants de son fils de 4 ans, enregistrés par hasard, avec le fameux poum tchack que j’avais enregistré avec mon père : J’ai eu l’impression que nous étions connectés par la musique, mon père, mon fils et moi.

INTERLUDE MUSICAL

Que de coïncidences ! Comme cette chanson, Tara tari, en hommage à Capucine Trochet, qui écoutait beaucoup Silbo aux Canaries, et Féloche, écoutant l’histoire de cette femme à la radio, puis par elle, lors d’une rencontre à Paris, cette femme souffrant des articulations qui a défié  l’Atlantique sur un petit bateau de pêche, Féloche a eu envie d’écrire cette chanson pour elle, c’est fou cette histoire dit Féloche.

Oui, et tout l’album Chimie vivante, c’est fou, c’est dingue, c’est la jubilation, l’étonnement, l’émerveillement de l’enfance, une alchimie sonore  qui bouscule toutes les certitudes, c’est la passion de vivre, c’est Féloche, et pour l’avoir vu sur scène, je sais que ça fait un bien fou.

Féloche un chant son sans  chansons chaussettes, qu’on se le dise ! ( bon exercice de diction!).

 

Un regard sur Laura Wild Aventurière de l’intime, par David Desreumaux

Déjà un beau parcours artistique pour cette voyageuse qui a parcouru le monde, et a touché à tout : poésie, théâtre, mise en scène, chant lyrique et jazz, performance, clown, mime, conte, chant d’improvisation et chant traditionnel…en scène, Laura dévoile une présence étonnante, un univers personnel authentique et une belle capacité d’improvisation

Et elle n’est qu’au début de son aventure artistique : Et nous serons là pour savoir où elle nous amènera.

C’est encore David Desreumaux qui nous invite à rencontrer un Obsédé textuel, en la personne d’Alain Sourigues.

Photo DDesreumaux

Alain Sourigues a commencé ses deux carrières en même temps, facteur et chanteur, facteur, il l’a été dix ans…Pour des raisons alimentaires, puis s’est définitivement consacré à la chanson en 1996, faisant paraître son premier album : Dernier album l’année suivante.

Pour lui, pas de clichés, pas de chansons engagées, ce sont les mots qui mènent ses chansons : Mon souci, sans prétention, c’est de faire bouger un petit peu le langage… Je vois la chose comme un sculpteur, avec de la terre glaise. Quelque chose d’assez physique. Cet incorrigible procrastinateur qui sort un album tous les 6 / 8 ans, aime jouer avec la langue, et En dehors de l’écriture, mon plaisir c’est de faire le spectacle, c’est d’être sur les planches.Communier avec le public : j’essaie de créer quelque chose de l’ordre du rapprochement physique, il faut qu’il y ait une communion entre le public et moi, ma manière de faire les choses, et le public.

Alain Sourigues travaille aussi avec Jean Mouchès, dans un atelier de réparation de chanson, réparer, modifier, adapter ou customiser les chansons, récentes ou anciennes, selon les besoins. C’est un joyeux spectacle qui tourne en ce moment.

 

Photo DR

Et Gilles Vigneault : Le précepte de Delphes, entretien conçu par David Desreumaux, propos recueillis par Christian Camerlynck, son ami de longue date, au Québec, retranscrit par Flavie Girbal.

 

Gilles Vigneault, qui vient de fêter ses 90 ans,  bon pied bon œil, revient sur les convictions qui ont guidé sa vie et son œuvre. Foncièrement attaché à l’expression folklorique et liturgique, il déploie une philosophie où la parabole vient éclairer un discours qui prend pour exemple la Nature et l’enseignement des anciens. Indépendance du Québec, vertus chamaniques de la chanson, ouverture à l’autre, Gilles Vigneault nous invite à un voyage initiatique…

On ne saurait mieux dire. L’exemple de la nature : La chanson est une porte qui s’ouvre sur l’univers.

Le pouvoir d’une chanson :  Gilles Vigneault raconte comment un jeune homme est venu le remercier, ayant été réveillé du coma, suite à un accident, par une de ses chansons. Une femme lui a écrit que son père a été guéri d’Alzheimer, après avoir écouté J’ai pour toi un lac.

L’importance du français : C’est une langue extraordinaire qui a porté ce qu’on sait en littérature, en poésie, en chanson, en roman, en philosophie. Langue qui est plus à l’abri au Québec qu’en France : En France on dit shopping, et ici, magasinage.

L’importance des racines, et là on revient à l’exemple de la nature, de l’arbre : Je suis comme un arbre en voyage / Je m’en vais racines en l’air / Je cherche un pays de mon âge / Un bout de terrain pour l’hiver…( Sonnet de l’arbre in Exergues, 1975)… « Le silence de la forêt, c’est du savoir-vivre ». Les arbres ont beaucoup à dire, et pour les écouter, il faut se taire.

L’eau : On est de la terre comme de sa mère. Et on est de la mer comme d’un lieu de naissance

L’ouverture vers l’autre : La chanson est un miroir de poche qui permet de se voir, de faire des signaux à l’autre sémaphore et de regarder vers l’autre.

La liturgie : Une des plus belles paroles de l’évangile, c’est la parole avant la communion : «  Dis seulement une parole et mon âme sera guérie. » Jésus connaissais le pouvoir de la parole.

Et ce pouvoir passe par les mots, de préférence des mots d’une syllabe : avec une syllabe on est souvent dans le concret alors qu’avec des mots de trois syllabes ont est dans l’abstrait.

Gilles Vigneault, auteur-compositeur-interprète, né en 1928 à Natashqan au Québec,  venu à 32 ans à la chanson, a une quarantaine d’albums a son actif, il est aussi écrivain, poète, conteur, auteur de nombreux livres. Ce poète chantant est avant tout un grand humaniste qui nous invite à vivre debout, chanson éponyme  de son dernier album (2014) :

Vivre… Vivre debout
Pour me survivre
Délesté de mes vieux tabous
Mais le coeur toujours prêt à suivre
Le pas pressé du caribou
Vivre… Vivre debout!
Vivre les peurs fermées mais la conscience ouverte
Sur l’horizon tremblant entre hier et demain
Vivre entre le début et la fin du chemin

Les cinq sens au repos, le sixième en alerte
Savoir trois électrons que j’appelle mon âme
Jouant au joli jeu de l’immortalité
Voir l’avenir… rêver d’être et d’avoir été
Et mon coeur qui s’entête à tirer sur les rames
Vivre… Vivre debout…
J’apprivoise le temps en réduisant l’espace
Et sans me retourner pour entrevoir le port
Ce passage obligé qui se prend pour la mort
M’apparaît lumineux comme l’oeil d’un rapace
Vivre debout et prêt à partir à toute heure
Boire et dormir debout comme font les chevaux
Le pas de liberté inscrit dans leurs sabots
Puisqu’il y a toujours péril en la demeure

Vivre… Vivre debout
Pour me survivre
Délesté de mes vieux tabous
Mais le coeur toujours prêt à suivre
Le pas pressé du caribou
Vivre… Vivre debout!

Entretien complété par une émouvante lettre ouverte de Michel Bühler à son ami de longue date Gilles Vigneault, Michel Bühler qui a découvert Gilles Vigneault un matin de 1968, à la radio, et : Un nuage de neige poudreuse jaillit du transistor ! Un gars chantait d’une voix écorchée «  Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver ! ». Passé le premier émerveillement, je me dis, «  Ce type est de chez nous !  » 

Puis, il y eut l’écoute tes chansons mille fois écoutées…Je les connais par cœur. Puis la rencontre à Genève, et depuis, ils ne se sont plus quittés, Michel Bühler a fait souvent les premières parties des concerts de Gilles Vigneault, ils se sont rencontrés en famille, Gilles Vigneault avait mis à la disposition de Michel Bühler et de son épouse, une maison à Natashquan… Maison qui porte aujourd’hui la mention officielle : «  Consulat de Suisse à Natashquan. ». Michel Bühler qui finit sa lettre ainsi : Pour tout, merci Gilles.

 

Un joli dessin de Flavie Girbal toute en couleurs acidulées, illustre son article La voix du sud, sur la MJC de Venelles, qui revient de loin, suite à la suppression de la subvention du Conseil régional, c’était sans compter sur la solidarité des artistes, Bruno Durruty, programmateur bénévole de la MJC témoigne : Etre bénéficiaire d’un tel élan, c’est émouvant et ça fout la pêche. Depuis, la subvention a été votée, et il y a une belle programmation à venir pour fêter ses 15 ans d’existence : http://www.mjc-venelles.org/

 

David Desreumaux nous raconte aussi l’histoire d’EPM, ( Edition, production, marketing), dans un entretien avec son directeur depuis 2013, Christian de Tarlé. Le label EPM, créé par François Dacla et Léo Ferré, en 1986, EPM a aujourd’hui un effectif de 4 membres, et Christian de Tarlé coordonne et participe à l’aspect créatif, professionnel et commercial du label, label cent pour cent indépendant qui laisse une totale liberté aux artistes, et quand on sait que parmi les artistes du label, il y a Anne Sylvestre, Michèle Bernard, Francesca Solleville, Georges Chelon,  Véronique Pestel, Marc Ogeret, etc, on comprend que ce label défend la chanson à texte, la chanson qui véhicule la poésie. Et ça marche, quand le secteur de l’industrie du disque connaît la crise, depuis le début des années 2000, EPM continue à produire régulièrement des albums.

 

Vus sur scène : Retours de concerts, par Jacques Vassal, Nicolas Brulebois, Mad, et David Desreumaux.

Et c’est Jacques Vassal qui nous parle d’ Attention les feuilles ! qui a eu lieu en octobre dernier, on est sûr, avec Attention les feuilles ! De rencontrer aujourd’hui les talents de demain. « Nous préférons la qualité, la diversité au simple remplissage des salles. »  

Cette année, Courir les rues, des mots, des cuivres, poésie, humour, et une bétonnière, utilisée pour réparer les bêtises d’hier…

Guillaume Farley, d’abord musicien, bassiste, ayant collaboré avec de nombreux artistes, puis chanteur, conteur d’histoires qui captivent l’auditoire. Une belle rencontre.

Ottilie, Une femme à la présence singulière, provocante, et même dérangeante…Le temps de rentrer dans son univers, et qui contraste avec la désarmante gentillesse de la personne. Une chanteuse aux multiples influences, du chant diphtonique mongol aux psalmodies soufies, guitares, percussions et samples en tradition de Finlande.

Les petits chanteurs à la Gueule de Bois,  un trio humoristique venu du Jura suisse, trois chanteurs multi-instrumentistes qui ont donné le meilleur d’eux-même à l’auditorium de l’observatoire, chansons polissonnes, très drôles, et très bien écrites. A revoir ou à découvrir.

Volo, Les frères Volovitch, Frédo et Olivier pour les intimes, forment un duo solide, touchant. Et même un trio maintenant, avec Alexis Campet à la basse et aux guitares.

Julie-Marie, Un vent de fraîcheur, l’effronterie de la jeunesse, la franchise et la maîtrise des mots, et militante active d’une association d’aide aux migrants.

Diversité donc, et qualité pour ce festival.

Ignatus au café de la Danse NG2018

Ignatus Solo au théâtre de l’île Saint-Louis, le 23 octobre 2018, par Nicolas Brulebois

Jérôme Rousseau, alias Ignatus, aussi à l’aise en groupe, avec guitares électriques et électro-acoustique, qu’en solo en simple piano-voix, comme ce soir là :  On est venu, on a vu, et Ignatus a vaincu nos inquiétudes. .. grâce à une interprétation alternant sensibilité à fleur de peau et humour débridé.

 

Bancal Cheri-Au Pan Piper, le 5 octobre, par Mad :

Un quarteron d’artisans-compagnons de la chanson-qui bouge, Dimoné, Nicolas Jules, Imbert Imbert et  Roland Bourbon, le batteur, qui ont mis le feu au Pan Piper, entre rock, chansons, et humour débridé.

 

Les Rencontres Matthieu-Côte à Cébazat le 11 novembre 2018, par David Desreumaux  :

Tous les ans, le 11 novembre marque un temps fort du festival Sémaphore en chanson, créé en 2000, sous l’impulsion de la ville de Cébazat. Ce jour-là se déroulent Les Rencontres Matthieu-Côte, un tremplin pour les auteurs-compositeurs-interprètes en devenir : Ce tremplin de référence suscite autant l’intérêt du public que celui de nombreux professionnels, qui n’hésitent pas à faire le déplacement pour découvrir de jeunes artistes et:ou remettre un prix-qui une programmation, qui une résidence artistique.Nombreux sont ceux qui ont déjà bénéficié de ces coups de pouce, comme Jules Nectar, Askehoug, etc. Parmi les découvertes de cette année, Nina Blue, Nirman ( prix de la guitare et du festival Pause Guitare), le grand gagnant du jour, Fafapunk, accompagné de Mikael Cointepas à la basse, et Tomislav à la guitare, Difficile de passer après ce Fafapunk bouillant comme de la braise.

Et c’est Auren ( prix de Radio Arverne) qui lui succède : De la folk-song pur jus, élégante et parfois désarmante.

Puis Ben Herbert Larue, ( prix C’ma chanson, prix de Saint-Nectaire) : Après l’électro, la pop, le rock, la folk, voici venu le temps du slam, profondément ancré dans une culture populaire et traditionnelle de la chose chantée.

Pour terminer cet après-midi, Bodie, un trio féminin composé de Cécile Hercule, Joko et Emilie Marsh, Bodie peut se vivre comme une comédie musicale où la caricature tient une bonne place. Elles ont raflé le prix du public, en plus des prix de la Baie des singes, et de la 2Deuche et des arts scéniques.

En conclusion : Excellent cru, ces rencontres Matthieu-Côte 2018 auront mis en avant huit groupes ou artistes aussi différents que remarquables…La relève est là, et bien là. De quoi nous réjouir encore longtemps.

Puis, Flavie Girbal a rencontré Fred Hidalgo, à l’occasion de la sortie de son livre, Jacques Brel, le voyage au bout de la vie, une version augmentée de son précédent livre sur Brel : L’aventure commence à l’aurore :

Jacques Brel aux Marquises «  Le monde sommeille par manque d’imprudence. »

On sait la passion de Fred Hidalgo  pour la chanson, passion de toute une vie, qui vient, en partie, d’un souvenir d’enfance : L’écoute de Quand on a que l’amour, en 1957. Et la suite n’a fait que confirmer cette passion pour Brel.

Fred Hidalgo dit sa frustration de n’avoir jamais rencontré Jacques Brel, et le désir d’aller aux Marquises, avec Mauricette, son épouse,sur ses traces : Ce voyage n’était au départ qu’une quête personnelle. Nous voulions percer ce mystère : comment est-il possible que, quarante ans après sa disparition, on parle de Jacques Brel avec une telle ferveur, lui qui n’a vécu que dix ans de chansons au sommet... Et sur place, avec les nombreux témoignages de gens qui avaient côtoyés Brel, Fred Hidalgo a eu envie de raconter son voyage, sur son blog Si ça vous chante : Ce qui ne devait faire que trois publications est devenu un livre après que Jean Théfaine et Didier Daeninckx m’ont suggéré de poursuivre le travail. L’aventure commence à l’aurore, en 2013, n’était pas prémédité, mais est né du choc que nous avons eu sur place à côtoyer les proches de Brel.

Mais, mis en confiance par la lecture du livre, les Marquisiens ont continué leurs témoignages de plus belle, et il y eut matière à faire un deuxième livre : La différence avec la première édition est que ce livre naît de confidences de gens désormais devenus mes amis.

Livre dédié notamment à l’imprésario Charles Marouani, qui a abondamment ouvert ses archives, et livré ses confidences à Fred Hidalgo : Charley Marouani est finalement le seul personnage de la première vie de Brel a avoir été son ami en Polynésie. Il est à la fois le témoin de son arrivée à Hiva Oa, de l’enregistrement du dernier album, et de ses derniers jours.

Voyage au bout de la vie, confirme donc, avec les confidences des proches de Jacques Brel aux Marquises, que Brel, lui, a donné vie à ses idées, au péril de la sienne ! On se dit, à postériori, qu’on a pas eu tort d’aimer Brel chanteur. Le papillon est sorti de sa chysalide aux Marquises. Il avait beau être un auteur-compositeur-interprète hors normes, l’homme restait en devenir et sa vie aux Marquises représente un véritablement accomplissement. Et sans pour autant abandonner la chanson, La preuve en est cet album Les Marquises, qui est un chef-d’oeuvre.

Alors, cette phrase, que Flavie a mise en titre de son article : Le monde sommeille par manque d’imprudence, phrase tirée de la chanson Jojo, que Brel a écrite pour son ami décédé quelques mois plus tôt, cette phrase fut-elle un guide pour Mauricette et Fred, comme elle l’a été pour Brel, qui a accompli tous ses rêves ? Brel, C’était un homme de rêves et de défis successifs, la chanson, il arrêtera aussitôt de chanter après avoir compris qu’il risquait d’utiliser les ficelles du métier à des fins commerciales, puis le cinéma : c’était un excellent comédien. Mais ça ne lui suffit pas, il réalise deux films comme metteur en scène, puis, Après qu’on lui a retiré un poumon, il décide de larguer tout, et de mettre les voiles, enfin, épuisé et dégoûté par le bateau, il parvient au bout de son rêve de navigation et choisit l’aviation. L’avion a été son ultime passion… Chaque fois, il a mis en pratique son principe d’imprudence. C’est aussi ce principe qui fait que Fred Hidalgo et Mauricette ont renoncé à une carrière  qui s’ouvrait à eux, pour se lancer dans l’aventure de Paroles et Musique, puis de Chorus : Et c’est ainsi que pendant trente ans, avec Chorus aussi, en tirant le diable par la queue, nous avons eu le bonheur de vivre nos rêves. On retrouve Fred Hidalgo, toujours actif sur la toile, là –>

Quant à Mad, il raconte dans sa  dixième chronique assassine Rosbif saignant : Que Dieu sauve l‘arène, comment il fut mandaté pour couvrir un concert des Hurlements d’Léo, et Garance aux arènes de Lutèce, et les mésaventures occasionnées par  ce déplacement, en concluant : Lolo Kebous a beau dire que les arènes de Lulu sont le plus beau club de Paname à ciel ouvert, plus jamais on y reverra mon melon !

 

Pour les annonces de spectacles à venir,
voyez la belle programmation du Théâtre des collines, à Annecy, de mars à mai –>

 

 

Pour les albums, il y a aussi l’Anthologie 50 titres dont 15 titres rares ou inédits (Double CD digipack), de Francesca Solleville, disponible depuis le 19 janvier  Et je termine sur ces mots de Francesca, au sujet de ce double album : Mes amours :

Mes amours, mes amours, je leur suis fidèle… vers vous je lève le poing, à vous je donne la main… D’hier en lendemain, de potence en destin, jamais le combat ne m’a paru si beau… D’elle à Louis, de Ferré à Allain, je vous passe mes mots… Francesca.

 

Hexagone se referme avec la très belle photo de Leïla Huissoud, , son album Auguste est chroniqué p 108 d’Hexagone n°9,  où l’on peut retrouver aussi son entretien avec David Desreumaux : Lumière sur un clown sans fard.

Pour les formalités d’abonnement miss Flavie vous attend ici,

 

Danièle Sala

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3 Réponses to “Hexagone hiver 2019”

  1. Fred Hidalgo février 12, 2019 à 10 h 57 min #

    Merci pour cet article sur le nouveau numéro d’une revue qui le mérite bien. J’aurais adoré qu’il y en ait de tels à propos de « Paroles et Musique » ou de « Chorus »… mais la chanson, considérée alors comme un simple divertissement (et toujours et peut-être de plus en plus aujourd’hui, hélas), n’engendrait guère ce genre d’exercice sérieux et pointu à une époque, en outre (1980-2000), où Internet n’existait pas ou n’en était encore qu’à ses premiers balbutiements ; du moins les sites et les blogs consacrés à la chanson. Vive le progrès (…quand il ne se substitue pas à l’existant, quand il ajoute sans rien retrancher) ! Et vive la presse papier qui a toujours sa partition à jouer (de façon différente et complémentaire de la Toile) ! Vivent donc « Hexagone » et « Le Blog du Doigt dans l’oeil » !
    Fred Hidalgo

    Aimé par 2 personnes

    • leblogdudoigtdansloeil février 12, 2019 à 11 h 56 min #

      Merci m’sieur Hidalgo, merci … On essaie d’être si possible dans la trace ou l’esprit Chorus,, la pédagogie de l’enthousiasme …

      J'aime

    • Danièle Sala février 12, 2019 à 12 h 23 min #

      Le blog du doigt dans l’oeil est un blog d’amateurs de la chanson, au sens noble du terme,la chanson  » de chair et de sang », celle qui véhicule la poésie, mais aussi d’amateurs de la scène vivante, du théâtre, qui est de plus en plus lié à la scène chanson, de la littérature, un blog collectif ouvert à tous, et, oui,  » on reste dans l’esprit de chorus, la pédagogie de l’enthousiasme ». Merci infiniment Fred pour votre commentaire.

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