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Julie Lagarrigue à Bordeaux : un concert de bouts de rêve et d’argile

2 Fév

De bouts de rêve de d’argile…

Samedi 26 janvier, c’est au Théâtre Artisse à Bordeaux que la tournée de présentation des chansons du quatrième album de Julie Lagarrigue (Julie et le Vélo qui Pleure), « Amours Sorcières », dont l’enregistrement se profile à grand pas, ouvrait les fioles pour envoûter le public de parfums insolites et grisants, et affoler la boussole de nos certitudes. Tempête d’émotions tourbillonnaires tendues à bout de notes, du bout des mots, offertes, inoculées même, à la faveur d’un moment qui sont de ceux où les cœurs « encore s’étonnent de voir les coquelicots pousser », grandir les ombres, et scintiller des étoiles autour de la « reine désastres ». Accompagnée de ses deux complices, Anthony Martin à la guitare et au banjo et Ziad Ben Youssef à l’oud, c’est au piano le plus souvent, et au tambour-instrument qu’emprunte à tour de rôle chacun des musiciens- que Julie Lagarrigue fait jaillir les lueurs des failles d’une humanité qui danse sur ses blessures, avec les terreurs qui parfois nous écartèlent (« Schizophrène »), et s’irrigue à une intarissable source d’amour et de poésie. Poésie d’un regard transcendant habité de félinité et de tendresse, émaillé d’humour et furtivement visité par quelques spectres de passage dans cette voix : Barbara, Juliette et Cora Vaucaire m’ont semblé tour à tour rôder aux alentours pour que leurs présences se dissipent aussi tôt et rendent l’incarnation de son chant à l’artiste bordelaise.

« Il nous faudra planter du cœur » chante-t-elle dans la chanson « Le jardin manque d’eau ». Et du cœur, elle en planta, en fit germer et même éclore durant le spectacle qui devait répondre par deux rappels aux sollicitations du public, avec deux titres du précédent album « Fragile, debout » et « Léon qui gronde » (ode savoureuse à la non moins savoureuse cuvée Léon Qui Gronde de l’ami vigneron Norbert du Château Courtey) ainsi qu’une seconde version différemment instrumentalisée de la chanson « Le beau de la forêt » à laquelle les deux propositions d’arrangements musicaux donnent de la gueule, et deux gueules très différentes. Si Julie Lagarrigue se plaisait à fredonner « je parle comme je sens », à en juger par l’intensité des applaudissements, que de cœurs ont dû sentir ce soir là comme elle chantait !

Avec un répertoire plus lumineux, parfois même drôle (« Mon mec est un scientifique »), plus intime aussi, et peut-être un soupçon moins animé du goût de l’étrange que ceux des albums précédents, c’est quand même de vie et d’amour, de nature et de féminité, d’histoires lointaines ou proches (« Si tu la voyais »), de recherche de soi et de quête de l’autre (« Doucement je me décristalise », « Le beau de la foret ») et de sentiments humains, que l’artiste nous parle en un langage musical atypique et innovateur, en même temps que fidèle à l’esprit de la Chanson à texte. Il confirme une évidence pour quiconque dont la route a un jour croisé une chanson qui en a dévié la trajectoire et réorienté le sens à l’écart d’un itinéraire semblant tracé d’avance : celle du pouvoir magique des chansons. Et les chansons de Julie Lagarrigue sont indéniablement de celles qui possèdent ce pouvoir, celui de changer la vie de quelqu’un, de quelques uns.

prochaines dates : 23 février à Lège Cap Ferret, 08 mars au Teich, 09 mars à Périgueux.

Un appel à souscription pour participer au financement de l’album « Amours Sorcières » et partager l’aventure est en ligne ici :

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Miren Funke

Photos : Miren Funke

Merci à Agnès Doherty

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