« Comme si je projetais des ombres sur un mur » : entretien avec Roman Gaume à la veille de la sortie de l’album « Square One »

29 Jan

Huit ans, trois albums et des centaines de concerts à travers l’Europe dans les bottes, c’est déjà un beau début de trajectoire que Roman Gaume a amorcé et conduit à la tête de son groupe Roman Electric Band, cheminant dans les sillons d’un Rock pionnier, farouche et animal, puissant et instinctif. Abandon de nom mal adapté ou désir de signifier un léger changement de cap, d’injecter dans sa musique d’autres essences et de l’ouvrir à d’autres horizons, d’autres chromatismes sonores, comme le laissent entendre quelques nouveaux morceaux livrés à nos oreilles où le magnétisme de l’énergie rock épouse, sans toutefois lui concéder trop de terrain, le velours envoûté de la Folk mélancolique et un brin de douceur acoustique, c’est désormais sous le patronyme de Gaume que l’artiste et ses musiciens poursuivent la route, semblant partis, pour reprendre les mots du poète, « ivres d’une rêve héroïque et brutal » (J-M. de Heredia), où l’esthétique phonétique de l’écriture en Anglais aimante d’autant plus. A la veille de la sortie du prochain album « Square One » qui sera présenté en « release party » au Stéréolux de Nantes le 2 mars prochain, et pour lequel un financement participatif est en cours jusqu’au 4 février ici : https://fr.ulule.com/gaume-square-one/ Roman Gaume a accepté de nous accorder un entretien.

 

– Bonjour Roman et merci d’accepter cet entretien. En quoi l’entité-s’il est permis de la nommer ainsi- Gaume diffère de ton précédent groupe Roman Electric Band ? S’agit-il d’un projet parallèle pour y exprimer autre chose ?

Ce ne sont pas du tout deux projets parallèles : Roman Electric Band a muté en Gaume. Bien sûr au début, nous avons mis en avant des chansons plus pop ; mais le groupe reste tout aussi rock qu’avant. Ceux qui viendront nous voir sur scène s’en rendront compte. L’évolution a été une envie surtout de changer de nom, parce que Roman Electric Band n’était pas un bon nom pour moi, dans la mesure où je peux faire aussi des plans solo et continuer de m’appeler Gaume, ce qui aurait été plus bizarre avec l’autre nom qui de fait me fermait la porte du solo et de l’acoustique. J’avais aussi envie de faire une Pop-rock un peu plus actuelle, moderne, avec une nouvelle couleur. Mais je n’ai pas changé de projet et je n’ai pas arrêté de faire du Rock-rock’n’roll du jour au lendemain. Si on va voir Gaume en concert, on prendra des watts dans la gueule et des grand riffs de guitare aussi. C’est en effet un peu plus ouvert et moderne, moins classic rock, un peu plus indie.

– Qu’est-ce qui t’a entraîné vers le choix de la langue anglaise pour t’exprimer ?

Déjà l’Anglais fait partie de ma jeune vie ; j’ai baigné dans l’anglophone depuis gamin : j’ai fini ma scolarité au centre franco-américain. Donc je parle anglais depuis assez longtemps. Ensuite j’ai écouté évidemment beaucoup de groupes anglais, des classiques. De fait ce que je voulais retranscrire, c’était anglophone. Je me suis identifié à plein de choses : d’abord les classiques, Beattles, Led Zeppelin, Rolling Stones, et maintenant les Artic Monkeys, Elliott Smith, Last Shadow Puppets. Ce sont les influences que j’ai eu pour cet album. Elliott Smith est une de mes grandes idoles : c’est un faux Punk, avec beaucoup de mélancolie et de grandes rasades de guitares.

– Quand la musique est-elle entrée dans ta vie ?

J’ai commencé la guitare à dix-sept ans, assez tard. C’est l’âge où on est content de se trouver une vocation. J’ai arrêté les études pour suivre cette voie, dans une école de musique à Nancy, avant de partir vivre à Paris, puis de m’installer à Nantes en 2010-2011, date à laquelle j’ai sorti mon premier album. Je n’ai commencé à tourner vraiment qu’à partir de ce moment là, même si j’avais fait quelques trucs avant.

– As-tu des sujets de prédilections dont tu aimes parler dans tes chansons ?

Les thématiques sont en fait un mix de mes états d’âme que je mets en poésie, en tous cas dans une forme poétique, en cherchant de belles images, de belles rimes, comme si je projetais des ombres sur un mur. C’est un peu une façon d’écrire inspirée des textes d’Alex Turner ou Elliott Smith d’ailleurs. Je ne m’attaque pas à des sujets précis ; ce sont mes états d’âme mis dans une chanson. Et puis je puise aussi l’inspiration dans la littérature poétique ou souvent dans le troisième art ou le cinéma. Il y a plein de dialogues qui m’inspirent dans le cinéma anglophone, parce qu’ils ont des punch-line terribles…Je peux partir de là et essayer de rebondir et je bricole mes textes.

– Les musiciens qui t’accompagnent développent un jeu témoignant de cohérence et d’évidence aussi. Te suivent-ils depuis longtemps ?

Pas tous. Le bassiste est avec moi depuis dix ans effectivement. Mais ça a pas mal tourné à la batterie, et il y a eu plusieurs autres musiciens. C’est ce que rend pratique aussi et honnête le fait de s’appeler Gaume : qui que ce soit derrière moi, même si les musiciens changent, ça reste toujours Gaume. Le but c’est que les morceaux soient joués et que le chanteur soit sur scène.

– Et comment as-tu rencontré Tristan Nihouarn (Matmatah) qui a collaboré à ton troisième album « Let’s make the circle bigger »?

On a collaboré sur le troisième album de Roman Electric Band, et puis je suis partie en première partie de tournée avec Matmatah. C’est quelqu’un qui suit le projet depuis longtemps ; c’est même lui qui m’a recommandé de m’appeler Gaume. Lui connaît bien le problème de jouer dans un groupe dont l’identité et l’existence se trouve remises en cause par le départ d’un musicien. Il a même fait un album solo à la suite de la rupture de Matmatah. Il m’avait fait tout un speech pour me convaincre de m’appeler Gaume, en disant que c’était court, efficace etc… Finalement des années après j’ai suivi son conseil. J’ai vraiment plaisir à garder contact avec lui et les musiciens de Matmatah ; ce sont de très belles personnes.

– Comme c’est le cas pour beaucoup d’artistes indépendants, un financement participatif est en court pour vous aider à faire face aux frais de production de l’album qui va sortir. Un mot dessus ?

En fait nous avons monté notre structure associative qui s’appelle Free Your Art. C’est elle qui produit Gaume. Nous fonctionnons donc en auto-production via notre label associatif, à défaut d’avoir un label qui nous finance. Le financement participatif est là pour payer les frais qu’on a eus pour l’album qui sort et nous aider à rembourser un peu, puisqu’on a emprunté pour le produire. On voudrait aussi faire de la promo, des clips ; bref il y a plein de frais autour de l’album. Donc le financement est là pour nous aider à promouvoir un maximum l’album. Les dates de concert à venir, le 15 février à Bayonne et ensuite dans les Vosges et à Nevers sont annoncées sur le site.

 

 

Miren Funke

photos : source facebook de Gaume, sauf photo 7 (Carolyn C)

lien : https://www.gaumemusic.com/

https://www.facebook.com/GAUMEMUSIC/?tn-str=k*F

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :