Archive | novembre, 2018

La bohème

29 Nov

Après avoir chanté sur tous les chemins du monde, et dans plusieurs langues, Charles Aznavour, le chanteur français le plus connu au niveau international,  promène désormais sa bohème dans les champs d’étoiles. La bohème, un de ses plus grands succès a fait le tour de la planète, cette chanson, dont il a composé la musique, sur des paroles de Jacques Plante, est née en 1965, alors qu’ Aznavour avait 12 ans de scène derrière lui, et commençait  à avoir du succès. Un peu autobiographique, Aznavour a pas mal galéré, beaucoup critiqué à ses débuts, il a mis des années à s’imposer sur scène, c’est la chanson d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, la nostalgie d’un Montmartre où les artistes avaient la vie dure,  mais d’une richesse artistique exceptionnelle.

Si vous voulez suivre ma caravane pour un choix subjectif de versions de La bohème par Aznavour, et par quelques uns de ceux qui ont repris cette chanson, en français, et dans bien d’autres langues, je vous emmène…

Cette chanson  avait été proposée tout d’abord à Georges Guétary pour son opérette Monsieur Carnaval, mais la maison de disque de Charles Aznavour, flairant le succès, le  presse d’enregistrer sa propre version, et ce fut aussitôt un immense succès,  la querelle déclenchée par Georges Guétary, on comprend sa déception, et par les maisons de disque, s’arrêtera, grâce à Frédéric Dard, et  avec le succès de Georges Guétary avec cette même chanson :

La version de Charles Aznavour en français, qui commence en piano voix, et continue avec l’orchestre :

Charles Aznavour, qui multipliait les versions internationales de ses chansons, chante ici La bohème en cinq langues, signalées sur la vidéo par des drapeaux :

Toujours Aznavour, et La bohème en anglais   :

En italien :

En espagnol, toujours avec une belle orchestration  :

La bohème a été interprétée  par des chanteurs du monde entier dans de nombreuses langues, ici Idir chante la bohème en kabyle :

En arabe, par Rarah Messai Mahjoub :

En arménien, par Erg Ergoc :

Toujours en arménien, avec des vues et des peintures de Montmartre :

Une version envoûtante, en japonais, par Naomi Chiaki :

En brésilien et la musique qui va avec,  par le Trio Esperança, sous le titre Uma Bela História  :

Une version plus jazzy avec Nicolas Jaar :

En espagnol par Concha Buika, une version dépouillée en piano voix, qui met en valeur la voix de diva du jazz de cette chanteuse espagnole :

Rythmes guitares, swing,  avec Kenji Girac  :

Electro-pop avec le groupe anglais Dubstar :

Catherine Ringer et Corneille, un duo de choc, apprécié et applaudi par Aznavour :

L’étonnant vibrato d’Erza :

Et Pierre Richard, dans le film On peut toujours rêver :

Aznavour avec Les enfoirés, clic sur l’image, ou sur le lien..

https://www.deezer.com/fr/track/108966924

 

L’ interprétation sobre de Bénabar en piano voix :

 

Une version en russe :

Et bien d’autres encore, plus ou moins réussies, et toutes celles qui restent à découvrir.

Voilà, j’ai parcouru, ce jour, avec grand plaisir, et Un brin de nostalgie, les chemins nomades d’une très belle chanson dite de variétés,  d’un chanteur populaire, pour moi, ça n’a rien de péjoratif, je ne suis d’aucune chapelle,  et je plussoie Christian Camerlynck pour dire qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les émotions. Les chansons d’Aznavour, comme celles de Bécaud, et beaucoup d’autres, ont jalonné ma vie, simplement, tout comme Charles Trenet,

Moi, j’aime le Music-Hall
C’est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes

J’aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud

On dira tout c’qu’on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l’école
Où l’on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s’émouvoir
En s’fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J’aim’rai toujours le music-hall

 

Danièle Sala

L’étranger…

27 Nov

                                  

             L’autre est un homme non pas dans, mais malgré sa différence. 

(Claude Levi Stauss).

Et l’autre peut habiter en nous-même.

Appréhender l’autre, l’identifier, le différencier, attester qu’il existe, s’enrichir de ses différences, même si il vient heurter notre ego, se confronter à l’étrangeté du monde, nous sommes tous l’étranger de quelqu’un :   Au rebours du commun, on reçoit plus facilement la différence que la ressemblance en nous.  ( Montaigne).

De la nostalgie d’Un américain à Paris, Gershwin, qui rêve de son pays natal, à Mamadou, le citron pressé de François Béranger, en passant par Lily de Pierre Perret, qui vient de son plein gré vider les poubelles à Paris,  l’étranger à qui l’auvergnat a donné quatre bouts de pain, quand dans sa vie il faisait faim,  ( Brassens ), de Sarah, une petite fille Comme toi, ( Jean-Jacques Goldman ) :

C’était une petite fille sans histoires et très sage 
Mais elle n’est pas née comme toi ici et maintenant ,

de L’italien de Reggiani, qui a trouvé ses allumettes dans une rue du Massachussetts, des immigrés de Marc Robine : Ils ne parlent pas mon langage / Viennent d’Espagne ou d’Algérie / C’est pas par plaisir qu’ils voyagent...

 

à ce pauvre paysan / Qui cultivait depuis longtemps / Son tout petit lopin de terre, chassé de partout, et qui est mort avec son seul trésor, une étoile d’or :

 

Du pied-noir qui doit quitter le pays où il est né : Adieu mon pays, Enrico Macias, à Federico Garcia Lorca qui n’atteindra jamais Grenade, ( Jean Ferrat ), ou Le polonais qui traîne encore son vieux chagrin ( Jean Ferrat ), Mon pote le gitan de Mouloudji, qui est un gars curieux, de tout temps, cet étranger a inspiré les auteurs, les poètes, les chansonniers.

L’étranger de Camus, celui qui est étranger à son sort, indifférent au monde, parce que le monde est indifférent à son égard.

L’étranger de Baudelaire, chanté par Léo Ferré, montre le désarroi d’un homme qui n’ a que la beauté de la nature pour seule famille, pour seule patrie. Les violons de la mélodie accentuent ce désarroi.

Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? 
 J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

 

Ce même poème, peut-être encore plus poignant, sans musique, par  Jean Babilée :

 

Léo Ferré qui a aussi chanté Les étrangers, avec toujours une très belle orchestration.

 

Quand la mer se ramène avec des étrangers 
Homme ou chien c’est pareil on les r’garde naviguer 
Et dans les rues d’Lorient ou d’Brest pour les sauver 
Y a toujours un marin qui rallume son voilier.

 

Et avec Ivry Gitlis au violon :

 

Il a aussi chanté L’étrangère d’Aragon

 

La version éblouissante d’Yves Montand :

 

 

Comme un étranger dans la ville de Gilles Marchal décrit un homme perdu dans une ville étrangère :

 

Harry Nilsson et Gilles Marchal

 

La version d’Eddy Mitchell, plus blues :

 

La version originale par Fred Neil :

 

 

Un poème de Prévert,  porte-parole des sans noms, des opprimés, des migrants, des mal aimés, Hommes de pays loin / Cobayes des colonies  / apatrides d’Aubervilliers / Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel / Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris  / Vous êtes de la ville / Vous êtes de sa vie / Même si mal en vivez / Même si vous en mourez   et hélas toujours d’actualité, Etranges étrangers, a été mis en musique et interprété par de nombreux artistes.

Ici, Prévert lui-même, accompagné par Henri Crolla :

 

Une version très touchante, juste accompagnée de percussions de André Minvielle :

 

Poème dit, accompagné à la guitare, avec Yasmina qui danse, par Les Rim’ailleurs :

 

Une très belle version par le groupe féminin Evasion :

 

Très simplement dit par Tété, chanteur français né à Dakar, avec une intro au piano, et quelques chants d’oiseaux :

 

L’exilé de Bernard Lavilliers, sur des musiques tropicales :

Juste un homme parmi les hommes tout seul dans Paris 
Plus rester, plus partir, plus rêver, en finir 
Naufragé solitaire exilé volontaire.

 

L’étranger  paroles de Robert Malleron, musique de Marguerite Monnot, par Damia :

 

Ou par Edith Piaf :

 

L’étranger de Léonard Cohen, celui qui veut échanger le jeu auquel il joue contre un refuge, et reprise en français par Graeme Allwright :

 

L’étranger au paradis, chanson qui provient de la comédie musicale Kismet, de Robert Wright et Georges Forest, sur une mélodie inspirée des danses polovtsiennes de Borodine.

Stanger in paradise, ici chantée par Naren Santayana :

 

Une des meilleures  versions est celle de Tony Bennett :

 

Chantée en français par Luis Mariano :

 

Ou Dario Moreno :

 

La version qui a été propulsée sur les ondes, en 1955, et lancé définitivement la carrière de Gloria Lasso :

 

L’étranger de Gerald de Palmas :

 

 

Un très beau poème d’Aragon sur la fragilité, la précarité de vivre, devenir étranger à soi-même : J’arrive où je suis étranger,

Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger,

Mis en musique par Jean Ferrat :

 

Reprise par Raphaël :

 

 

La chanson, tube de l’été 1966, qui a fait l’objet d’un imbroglio judiciaire, Strangers in the night, de Kaempfert possède en effet 22 accords de Magic Tango de Philippe Gérard, par Frank Sinatra :

 

Une version plus jazzy de Matt Monro :

 

 

Alors, où aller pour ces étrangers qui fuient la misère, la guerre, les dictatures :

Où aller ? Où aller / Je ne sais pas où aller, chante l’ivoirien Tiken Jah Fakoly :

J’ai vendu mon bateau
Ici, il n’y a plus de poisson
Et j’ai vendu mon âme
Il n’y avait plus d’espoir
J’ai vendu ma femme,
Mon amour, mes enfants
Pour ne pas mourir à mon tour. :

 

Tiken Jah Fakoly qui chante aussi Ouvrez les frontières :

 

 

Alpha Blondy ne mâche pas ses mots pour dénoncer le racisme : Sale racisme

 

 

Armée française :

 

 

Où aller pour les sans papier ?

Sans papier,
Je suis sans papier
Sans papier
Je suis sans papier.

Tu es venu chez moi
Tu as racheté ma terre
Tu as tout pris chez moi
Tu m’as arraché ma terre
Je n’ai plus rien chez moi 
Je viens chercher sur ta terre
Tu me rejettes chez toi, 
Je suis exclu sur ta terre… Chante Meiwei

 

Hélas, on ne choisit pas l’endroit où l’on naît,  comme le chante Maxime Le Forestier, Etre né quelque part, c’est toujours un hasard :

Pourtant, comme l’affirme HK et les saltimbanques, nous sommes tous citoyens du monde !

 

Beaucoup de chansons de colère, de désespoir, d’appels au secours, quelques unes plus angéliques ou optimistes, mais c’est l’espoir qui tient debout les rêveurs, les utopistes.

Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où il n’y aurait plus d’étranger ?

 

C’est par cette chanson de Pauline Julien, qui a quitté ce monde il y a 20 ans, en 1998, parce qu’elle ne pouvait plus chanter, que je conclus ce tour d’horizon, mais ce n’est pas une fin en soi, si vous avez envie de rajouter des chansons sur ce sujet, il doit y en avoir beaucoup plus…

Danièle Sala

 

 

Qui a peur de Pauline Julien ?

23 Nov

 Quand y a la mer et puis les chevaux 
Qui font des tours comme au ciné 
Mais qu’ dans tes bras, c’est bien plus beau 
Quand y a la mer et puis les chevaux 

Quand la raison n’a plus raison 
Et qu’ nos yeux jouent à s’ renverser 
Et qu’on n’ sait plus qui est l’ patron 
Quand la raison n’a plus raison… 

C’est par ces mots de Léo Ferré que Céline Faucher nous embarque dans l’univers de Pauline Julien qui avait interprété  cette chanson, dans les cabarets de la rive gauche, à Paris, dans les années cinquante, elle chantait Ferré, mais aussi Brecht,  Boris Vian, puis son répertoire s’est enrichi, avec Charles Trenet, Aznavour, Gainsbourg, Brel, ou Montand. Céline Faucher raconte Pauline Julien entre deux chansons, nous dit que c’est elle qui lui a donné le goût de l’indépendance, de la liberté, elles ont la même force et la même tendresse, le même humour, le même amour de l’autre, les mêmes engagements, le même amour de la vie, et l’une et l’autre, pour rassembler les humains, elles chantent, la chanson, c’est leur vie, Quand Pauline Julien n’a plus pu chanter, elle a préféré partir, le 1er octobre 1998, et ça fait plus de trente ans que Céline Faucher chante, et raconte les gens de son pays, et aussi Anne Sylvestre, et bien d’autres. Mais c’est le répertoire de Pauline Julien qu’elle a le plus exploré,  fait connaître, défendu avec fougue et tendresse, et colporté sur les routes du Québec et de France.

Tout au long de la soirée, on redécouvre les plus belles chansons du répertoire francophone, certaines un peu oubliées,  mais épatantes, Bilbao song, de Brecht, adapté par Boris Vian, La chanson du capitalisme, Je ne peux pas rentrer chez moi, d’Aznavour, Une noix de Charles Trenet, La chanson de Prévert, On oublie rien de Brel, et bien sûr Anne Sylvestre, dans la deuxième partie de soirée.  Pauline Julien a dit : Je n’ai aucun problème à chanter Anne Sylvestre au Québec, parce qu’elle parle comme moi.

En 1957, Pauline Julien rentre au Québec, après avoir fait découvrir des chanteurs français, elle défend la nouvelle chanson québécoise comme Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Calvé, Léveillée, Blanchet,  Ferland, Georges Dor, etc…

Puis elle se partage entre le Québec et la France, et c’est en 1962 qu’elle sort son premier disque Enfin. Parmi les chansons de ce premier disque, Céline Faucher nous chante La marquise coton, J’entends, j’entends, d’Aragon et Ferrat.  Jack Monoloy, de Gilles Vigneault,  l’interprétation de cette chanson lui vaudra le second prix au festival de Sopot, en Pologne, en 1964 ,  La chanson de Prévert, de Gainsbourg, Quand l’amour est mort de Bécaud et Delanoë,  ou encore On oublie rien de Brel et Gérard Jouannest.  Et c’est en 1968 qu’elle commence à écrire ses propres textes.

Et ce sont surtout des chansons québécoises, qu’elle ira chanter en Russie, au printemps 1967, comme Les gens de mon pays, La Manic,  Jack Monoloy,  c’est significatif, révélateur d’une personnalité particulière qui exprime  l’universel, parmi une multitude de chansons, seules restent celles qui sont authentiques,  qui portent des témoignages de vie, de lutte, qui font vibrer en nous des émotions partagées, et durant toute sa vie, Pauline Julien a  été une combattante en chanson, de coups de gueule en sourires de tendresse, une insoumise se défendant de vouloir faire passer des messages, elle a chanté sa vérité,  interprétant des chansons d’auteurs progressistes qui lui ont donné ce goût de la liberté, et les siennes, combattante pour les droits des femmes, et pour les droits humains.  Emprisonnée pendant une semaine, en 1970, quand l’armée canadienne faisait la chasse aux indépendantistes, elle fait chanter les femmes en prison : Je ne chante pas la liberté qu’on nous donne, mais celle qu’on nous prend. Chanter, pour moi, c’est mon mode d’expression, c’est toute ma vie. . Et ce sont aussi les mots de Céline Faucher.

Le début de la carrière internationale de Pauline Julien est en 1969, avec des critiques dithyrambiques partout, sauf au Québec ! Qui a peur de Pauline Julien  ? C’est le nouveau spectacle de Céline Faucher.

Céline Faucher qui nous rapporte cette anecdote : Un jour que Pauline Julien chantait  La Manic à Toronto, en anglais, un spectateur s’est écrié, dans la salle : En français ! Ce à quoi elle a répondu, quand je vais chanter dans le monde, par respect,  je chante dans la langue du pays, à Toronto, je chante en anglais, au Québec, je chante en français.

Après une pause bavardage, une deuxième partie du spectacle, des chansons encore, au plus près de Pauline Julien, de ses combats et de ses rencontres. Bozo les culottes, de Raymond Lévesque :

Il a fait sauter un monument
À la mémoire des conquérants..


Bozo-les-culottes. Pour protéger les québécois.  Mais :

Quand on est de la race des pionniers
On est fait pour être oublié
Bozo-les-culottes.

Ne vous mariez pas les filles…  de Boris Vian :

Avez-vous vu un homme à poil 
Sortir soudain d’la salle de bains 
Dégoulinant par tous les poils 
Et la moustache pleine de chagrin ? 

Une version de Gilbert Langevin de Suzanne de Léonard Cohen,  l’Etranger, paroles de Pauline Julien, musique de Jacques Perron :

Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes s’aiment entre eux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où les hommes soient heureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Un monde amoureux
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où il n’y aurait plus d’étranger

une interprétation bouleversante d’ Une sorcière comme les autres, d’Anne Sylvestre, sa sœur de cœur et de scène. Ensemble, en 1988, elles ont créé un spectacle de chanson théâtralisé devenu mythique, spectacle conçu et écrit par Denise Boucher, Anne Sylvestre et Pauline Julien : Gémeaux croisées.  Et pour la première fois, l’album du spectacle est réédité, un double album CD,  disponible là, clic sur l’album –>

Et pour clore ce parcours raconté et chanté d’une voix harmonieuse et profonde, qui colle impeccablement aux chansons de Pauline Julien, et magistralement accompagnée par un pianiste aux multiples talents, Patrick Laviosa, Céline Faucher nous a mis L’âme à la tendresse, une des plus belles chansons écrites par Pauline Julien, que les privilégiés présents ont repris en choeur :

Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui Cette amitié dans la continuité Un mot un regard un silence un sourire une lettre…

Après le repas convivial pris ensemble, on a continué à chanter. Maï a chanté sa Corse, accompagnée par Marc à la guitare, et par un guitariste-spectateur, d’autres ont chanté Montand, et  Les feuilles mortes, Reggiani, Le barbier de Belleville, Henri Genès, La tantina de Burgos,  Le général à vendre des Frères Jacques, et chaque fois qu’il y avait un trou de mémoire, c’est Patrick Laviosa, le pianiste, qui venait compléter, il nous a aussi chanté avec brio une chanson tyrolienne Le coucou de ma grand-mère, d’Andréani. Et Céline Faucher est revenue, à la demande générale, nous chanter Les gens de mon pays, de Gilles Vigneault.

Encore une soirée toute en amitié et en partage, comme savent nous en proposer Maï et Marc Usclade, à l’Arthé café. Un grand merci à eux, et à Céline Faucher, qui contribue à faire perdurer le souvenir de Pauline Julien,  artiste et femme d’exception, qui est aujourd’hui bien oubliée des médias.

C’est avec Jean-Paul Liégeois, auteur de livres sur la chanson, éditeur, et l’un des trois fondateurs d’Initiatives chansons, que Céline Faucher a construit ce spectacle, et la bonne nouvelle, c’est qu’il y aura une suite…

Danièle  Sala

L’actualité de Céline Faucher c’est là, clic sur le Racoon joyeux –>

Sy

Arthur de la Taille, rencontre …

22 Nov

La vie d’artiste? À partir d’une question ouverte pour commencer lors d’une rencontre découverte avec un artiste dont on ne connait que l’album récent, on peut avoir d’entrée ce qui est au centre de sa réflexion sur son métier. Selon Beethoven, « Le génie c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration. »

Ou selon Brassens: « Sans travail le talent n’est qu’une sale manie

C’est sur cette tonalité qu’Arthur de la Taille répond spontanément à la demande: Parlez moi de votre vie d’artiste.

La vie d’artiste c’est un travail de tous les jours, se lever et travailler la guitare et le chant, pour continuer à y croire… par exemple quand je vais chanter dans un hôpital ou pour des enfants, leur chanter du Fréro Delavéga ou Dick Annegarn ou La souris verte, et tant que je suis en contact avec cette matière, je me sens bien, et ensuite à partir de ça, j’essaie de proposer des choses qui sont dans le format commercial au sens noble du terme pour que le plus grand nombre de gens puisse s’y intéresser,

Ça a commencé vers 14 ans avec la guitare, j’écoutais tous les genres de musique, avec un oncle musicien (orchestre du Splendid) puis un déménagement m’a éloigné de tout ce que j’aimais, le sport, le hockey, et un autre oncle m’a fait découvrir les musiques des années 70 et je me suis mis à la guitare, et j’ai commencé à penser en faire un métier. Une autre rencontre, à Bordeaux a été la découverte du jazz manouche, avec un savoir faire spécifique à la guitare qui m’a permis de mettre un pied dans le métier. En accompagnateur..

La chanson, j’y suis arrivé par les anciens, elle était là depuis le début, j’écoutais Trenet Brassens, et dès que je me suis senti plus libre sur le plan instrumental – c’est le moment où est arrivé Sansévérino- ça m’a vraiment donné envie de faire mes chansons. Avec ma sœur on avait monté le duo Calame…  Style duo vocal-guitare avec des chansons de tous les répertoires, des reprises, pour tourner dans les cafés concerts, Higelin, Barbara que ma sœur chantait, Nino Ferrer, des chansons personnelles, ce duo a bien fonctionné durant 10 ans, il existe toujours mais on a eu envie de se découvrir l’un sans l’autre… Chanter à deux est passionnant mais ça peut aussi enfermer… Il y a une rigueur parfois contraignante, en solo on peut se lâcher plus facilement.. Actuellement elle explore un registre anglophone … » 

La vie d’artiste finalement c’est être embarqué dans son siècle, être ouvert à tout ce qui peut donner de nouvelles pistes, dont la résultante est cet album, « Ministère des Ondes » (voir ICI )

Arthur de la Taille était aux Trois Baudets il y a quelques jours, suivez sa route balladine … Clic sur la photo …

Last but not least,   selon les dates de concerts, Arthur de la Taille  se produit dans des formations qui vont du solo au quintet

et voici son contact en contact scène : Mistiroux Productions – 09 52 57 37 82 / 06 83 58 54 51 – info@mistirouxprod.com

 

Et pour en savoir plus sur Calame Duo, c’est là  –>

 

 

 

Pour rappel, l’album est en vente partout et surtout ici.   Clic on the cat ..

 

 

Norbert Gabriel

Têtes de chien « Faces cachées »

22 Nov

Le monde de la chanson et de la musique nous fait parfois la surprise de créations originales dans tous les sens du terme. Ici on a la conjonction d’un ensemble vocal de très haut niveau, de chansons populaires entrées dans le folklore pour tous les âges, mais réhabilitées pourrait-on dire, de leurs couleurs moins naïvement pimpantes que celles des comptines enfantines où elles ont été reléguées… Couleurs bigarrées, parce que parfois, il y a des choses qu’on ne dit pas ouvertement, quelques coquineries érotiques, ou douleurs escamotées qu’on a oubliées aujourd’hui dans les ritournelles anodines chantées dès la maternelle.

Avec des arrangements vocaux  qui voyagent dans les musiques les plus sophistiquées, on est passé de la dimension Disney à celle de Goya ou Rembrandt, ou de Vinci, c’est aussi une part de l’histoire populaire qu’on découvre dans ce panorama, l’amour, la mort, et toutes ces choses de la vie pas toujours rigolote…

 

Scénographie et  décor en parfaite harmonie avec la subtilité du travail de remise en forme de ces chansons éternelles, c’est un spectacle unique en son genre… Une sorte d’opéra moderne de nos refrains d’enfance, épuré, drôle, tendre, cruel, la vie…

 

 

Philippe Bellet – Justin Bonnet – Henri Costa – Didier Verdeille – Grégory Veux Quintette a capella contemporain pour chansons traditionnelles présentent

FACES CACHEES

20 « tubes » de chansons populaires revisitées … Au Clair de la lune – La Claire Fontaine – A La Pêche aux moules – Aux Marches du palais – Perrine était servante… Ne pleure pas Jeannette – Il était un petit navire – Nous n’irons plus au bois… Pauvre soldat…

Nouveau spectacle

Mercredi 28 novembre à 20 h

Dimanche 9 décembre à 18h – mercredi 12 décembre à 20 h

Théâtre de Ménilmontant – 15 rue du retrait – 75020 Paris

Tout public pour « anciens » et « nouveaux » enfants

Nouvel album (disponible au théâtre)

Sortie le 4 décembre chez TO&MA – DifferAnt

Norbert Gabriel

Les introuvables, ou presque …

14 Nov

En cherchant fortune dans les brocantes, foires à tout, vide-greniers et autres bric-à-brac de chiffonniers, on peut trouver pour quelques sous des raretés quasi introuvables…  En voici quelques unes.

C’est le dessin de la pochette qui fait l’intérêt de cet album, un dessin de Fabien Loris, l’aquoiboniste ami de Mouloudji, comédien (c’est lui qui chante « Les enfants qui s’aiment » dans Les portes de la nuit) compagnon de route de Prévert et Grimault.

 

La nuit est une sorcière et La colline du Delta

Cet album contient le ballet de Sidney Bechet, « La nuit est un sorcière »  enregistré à Paris en Mai 1953; on le trouve facilement, mais il contient surtout « La colline du Delta »   la negro rhapsody que Bechet a commencé à composer vers 1928-30.  et qui n’a jamais été finalisée dans son ensemble.  Il n’a pas pu l’enregistrer, mais Claude Luter l’a fait en 1964.  Avec l’orchestre de Gérard Calvi, il y  a eu deux éditions en 1964 et 1993.

Extrait

 

Il existe  aussi avec cette couverture en vinyle et CD   

disponible a priori chez discOgs  clic sur la couv –>

…..

Et un véritable introuvable ,

Ricet-Barrier et la mythologie, (avec un des dessins du livret, auteur Will Maltaite)  une excellente leçon d’histoire antique, qui montre que les environs de l’Olympe étaient fréquentés par une famille de dépravés de tout acabit, à se demander si c’est bien raisonnable d’enseigner ça à des enfants…  Quoi que aujourd’hui…  Dix chants élégiaques… Et des liaisons textuelles -pas trop dangereuses- de Ricet-Barrier.

Pourquoi Ricet a-t-il choisi la Mythologie grecque plutôt que Paul Claudel ou les évangiles ?  Peut-être parce que dans la mythologie… comment dire ?  comme dit Ricet, les histoires d’amour sont bien plus croustillantes… ( en fait il dit les histoires de cul, mais bon) Les aventures de Diane ont dû réjouir Brassens, car la verve y est débridée… Voilà voilà …

 

et un dernier autour de Ferré,

 

Celui-là  doit être plus facile à trouver, existe en CD, pour en savoir plus, clic par là –> 

 

Bonne pêche …

 

Norbert Gabriel

Tout pour la chanson…

3 Nov

Communiqué de Patrick Engel à l’intention de tous les amateurs de chanson  de la région parisienne.

Lili Cros La Voix  (photo ©NGabriel)

Vous êtes chanteur, chanteuse ou bien dans la profession d’une façon ou d’une autre : vous êtes concernés !

La médiathèque Valeyre vous propose de découvrir son tout nouveau fonds de référence de plus de 45000 disques consacré uniquement à la chanson française actuelle, mais aussi historique, ainsi que ses déclinaisons (rock français, mais aussi rap, blues, jazz, musiques du monde ou classique en lien avec la chanson.)

Ce fonds spécialisé a vocation à faire référence dans le réseau des 70 médiathèques parisiennes, et il est à noter que beaucoup de documents présents dans cette collection sont introuvables ailleurs, y compris à la Médiathèque Musicale de Paris et à la Réserve Centrale. 

 Notre objectif final : proposer à notre public curieux et exigeant des albums de qualité sortant un peu des sentiers battus et du commercialement correct…    Vous pourrez également y consulter et emprunter la presse spécialisée (Hexagone, Francofans, Je chante…).

Nul doute que vous puissiez y trouver votre bonheur, faire de belles découvertes et même y trouver d’ores et déjà votre propre(s) disque(s)…. 

Si ce n’est pas encore le cas, parlons en !

                                                                                                                                 L’emprunt est conditionné à un abonnement de 30,50€ valable dans tout le réseau parisien, mais à l’occasion de l’inauguration du fonds Chanson, vous pourrez vous inscrire gratuitement sur place en mentionnant le mot de passe « Chanson »…

N’hésitez pas à faire tourner largement l’information auprès de vos amis et collègues, ce fonds est le votre, c’est par vous et pour vous qu’il sera vivant !   Si je ne suis pas en service public, demandez Patrick lors de votre visite, nous avons certainement beaucoup à échanger pour faire vivre la chanson que nous aimons…

Bibliothèque-discothèque Valeyre

24, rue de Rochechouart – 75009 PARIS

Métro Cadet.  Tel. 01.42.85.27.56

Horaires : mardi, jeudi, vendredi 12h-19h
mercredi, samedi 10h-18h

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