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Compilation: « Des Standards de Philippe Jolly »…

26 Jan
Sortie de la compilation « Des Standards de Philippe Jolly » : 16 artistes et groupes réunis pour rendre justice au chanteur. Entretien avec Bebert (groupes Stalag/Les Standards), Kick (Strychnine) et Boubou (Strychnine/Les Standards)

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Ce mois de janvier 2018 augure pour le rock français quelques belles émotions à vivre ou revivre, restituées à l’air du temps, après avoir sommeillé sous la poussière des ans, avec la sortie de l’album « Les Standards de Philippe Jolly » compilant 17 titres, dont 16 reprises par autant d’artistes et groupes de chansons du charismatique chanteur des Standards, et un titre original issu de son album solo « Figures de Femmes ». Groupe fougueux, prolifique et atypique, Les Standards furent, avec Strychnine, Stalag et d’autres, parmi les formations les plus flamboyantes et importantes de la scène rock bordelaise des années 80. Pourtant si la musique des Standards et la poésie de Philippe Jolly ont laissé dans le cœur de nombreux adeptes et passionnés la trace d’une référence prégnante et influente, c’est peu dire que les talents du chanteur et parolier décédé en 2010, n’ont été jusqu’ici que trop injustement négligés par la postérité et abandonnés à un oubli intolérable. Il était temps que justice leur soit rendue. Et c’est à l’initiative de son ami Raymond Bélliard, dit Bébert, bassiste des Standards, que de nombreux musiciens ont souhaité participer à cette juste cause et témoigner de leurs souvenirs, leur reconnaissance, leur estime pour la créativité de Philippe Jolly, de leur attachement au personnage aussi, avec conscience, tendresse, générosité et conviction. Entièrement auto-produit et supervisé par Bébert, le projet abouti donnera lieu le 03 février au Théâtre Barbey à Bordeaux à un concert collectif, dont les organisateurs ont souhaité l’entrée à prix libre : l’occasion pour la responsabilité de chacun d’apporter son soutien financier délibéré à cette démarche résultant d’un investissement personnel obstiné, l’occasion aussi de repartir avec un souvenir rare, puis qu’outre la compilation, y seront également disponibles à la vente des stocks retrouvés de Cd des Standards et de vinyles de Philippe Jolly. C’est au cours d’entretiens successivement menés, que nous avons choisi de regrouper pour des raisons de lisibilité, que trois des amis du chanteur impliqués dans cette aventure, Bebert (bassiste de Stalag et des Standards), Kick (chanteur et guitariste de Strychnine) et Boubou (batteur de Strychnine et des Standards, puis de Gamine entre autres) ont accepté de nous en parler.

 

– Bonjour, et merci de nous accorder du temps pour parler de ce beau projet. Comment est née l’idée de réaliser ce disque ?

– Kick : Ça fait un moment qu’on en parle avec Bebert, qui est à l’origine de la chose. Il a été bassiste dans Les Standards, et c’était un ami proche de Philippe, donc ça lui tenait vraiment à cœur de sortir ça. Et à moi aussi. Ils avaient commencé un peu après Strychnine, et fait quelques unes de nos premières parties au début ; et ensuite quand Strychnine s’est arrêté en 1982, notre batteur Boubou a rejoint Les Standards. Quant à Francis Tisné et Claude Ghighi qui sont également présents sur le disque, ils ont été respectivement bassiste et guitariste au sein de Strychnine au début, alors que François Renou était guitariste des Standards. Tout ça, ce sont donc des histoires d’amitié entre gens qui se connaissent très bien. Et puis ça a pris longtemps à se finaliser, car il y a quand même 16 groupes qui participent au disque, donc il a fallu faire venir tout le monde au studio qui est en coproduction.

– Bébert : Ça fait deux ans que j’ai commencé à penser au projet sérieusement. J’ai toujours fait de la musique ; je ne suis pas un grand musicien, mais je suis un passionné. Et il m’arrive de jouer des chansons qui ont plus de 80 ans : pour qu’une chanson vive, il faut que des gens la jouent. Par association d’idée, je me suis donc dit que les chansons de Philippe s’éteindraient, sauf si on les jouait. L’idée est partie de ce constat. Philippe était un ami d’enfance : il me disait que nous étions à la maternelle ensemble déjà. Nous venions du même endroit, Biscarosse, et nous sommes arrivés ensemble sur Bordeaux. Il était bien meilleur musicien que moi, et il a monté Les Standards, alors que j’intégrais Stalag. Et puis après je l’ai rejoins dans Les Standards ; j’en étais très fier, car pour moi ça voulait dire que j’avais progressé techniquement.

 

– Quelle a été la motivation principale de la démarche ? Un hommage ?

– Bébert : « Hommage », « Tribute », j’ai horreur de ça. Je le dis depuis le début. D’ailleurs tu as vu le titre du disque : « Des Standards de Philippe Jolly ». Alors bien sûr c’est un clin d’œil au nom du groupe. Mais ce n’est pas que ça : ça n’est pas un « tribute ». Pour moi un tribute est quelque chose lié à la mort. Or ce disque n’est pas lié à la mort de Philippe, mais à la vie de ses chansons. C’est tout l’opposé. Mais simplement il n’y a pas de mot qui exprime cela, du moins je ne l’ai pas trouvé, et les gens ont l’habitude de nommé « hommage » ce type de compilation de reprises.

– Kick : Le but était que le disque existe pour lui rendre justice, plus qu’hommage. Pour moi c’est un des meilleurs auteurs qui ait eu en langue française dans cette génération là. Et comme beaucoup de gens ne le connaissent pas ou plus, j’espère que ça va remettre en lumière ce qu’il a fait. Dans cette génération là, on écrivait beaucoup en Français quand même, mais Philippe avait un style d’écriture à lui, et une superbe personnalité. Il a eu une vie de bluesman un peu, avec les mêmes problèmes que tu peux lire dans les vieilles biographies de Blues sur des artistes qui avaient beaucoup de talent et qui n’ont pas connu la réussite qu’ils auraient méritée, et qui ont, pour certains, fini par s’autodétruire. Mais ce n’est pas fini : j’espère, et c’est l’intérêt de cette démarche, qu’en écoutant des morceaux, les gens vont se dire que c’était vachement bien. Je fais le parallèle avec le Blues, car je suis plongé dans cette histoire : des musiciens de Blues sont restés ignorés ou oubliés pendant 40 ou 50 ans, et aujourd’hui on ne jure que par eux, alors que des gens très connus de leur vivant ne sont pas vraiment passés à la postérité. Et si on fait ce qu’il faut pour remettre en lumière ce qu’a fait Philippe, j’espère que dans 20 ans, on parlera plus de lui que de Jean-Louis Aubert.  

– Bébert : Voilà. Le but essentiel de ma démarche est de faire revivre ses chansons pour ceux qui les connaissent et aussi de les faire connaitre à ceux qui ne les connaissent pas. Dans le milieu rock bordelais, il est évident que c’est un mec très important. Tout le monde te le dira. C’est un poète, un sauvage. Et puis sur scène, c’était un showman. Il suffit de regarder sa prestation à l’émission « Les Enfants du Rock » pour le voir. Quand tu jouais avec lui et que tu arrivais sur scène, tu étais quelqu’un d’autre. Lui, c’était un personnage. Jouer, c’est un spectacle ; ce n’est pas que jouer les chansons que tu as apprises.

– Kick : Tout ça nous tient à cœur, parce que c’était un mec qui avait beaucoup de talent, qui écrivait de très beaux textes. J’ai joué avec eux ; il a joué avec moi sur le morceau que j’ai fait pour la compilation « Snapshots », aux claviers et au chant. Boubou a joué avec lui pendant des années, Bebert et Charp [membre de Quidam, premier groupe de Philippe Jolly] présent sur la compilation aussi. J’espère que peut-être d’autres groupes reprendront d’autres morceaux ; souvent de jeunes groupes cherchent des reprises à faire, et de rock avec des textes en français qui tiennent la route, il n’y en a pas tant que ça. Chez Philippe il y a de quoi faire.  

 

– Qu’est-ce qui faisait selon vous des Standards un groupe atypique ?

– Bébert : Sa plume ! Et puis François Renou avait une part importante dans la couleur des Standards, et le jeu de Boubou, qui avait rejoint le groupe aussi. Mais tous ceux qui ont participé au groupe en ont fait un groupe atypique. Tous les groupes « st » de Bordeaux chantaient en Français : Stalag, Strychnine, STO… Tous les groupes sont différents. Kick est différent aussi, tout comme le chanteur de Stalag. Tous avaient leur truc particulier. Pourtant c’est évident que Les Standards étaient atypiques. Il y a eu un changement dans la musique dans les années 76-77, et tous ces groupes là ont fait partie du début de l’explosion et de cette période charnière. Donc ça leur donne une légitimité supplémentaire, même s’il y a eu et il y aura toujours de très bons groupes. C’est en ça que c’est hyper important en musique.

– Kick : D’ailleurs François Renou, le guitariste des Standards, qui a composé pas mal de morceaux avec Philippe, a participé au disque, sur un morceau avec Ze Closh. Charp, qui était membre de Quidam, le premier groupe de Philippe, également.

 

– Ne vous étiez-vous pas rencontrés au festival punk de Mont de Marsan de 1977 ?

– Bébert : Kick y était ; il jouait. Philippe y jouait aussi, avec son groupe d’avant, Quidam. Les deux ont fait l’ouverture de ce festival : ce n’est pas rien ! J’y étais en tant que spectateur. C’est un souvenir extraordinaire ; ça a été quelque chose de très important dans le paysage musical mondial. Mythique.

 

– Boubou, comment as-tu rejoint l’aventure des Standards ?

– Boubou : On s’est connus il y a très longtemps. La première fois que je l’ai rencontré, c’était aux alentours du festival de Mont de Marsan. Quidam avait ouvert la seconde journée du festival ; je les connaissais déjà d’un peu avant. C’était un groupe de Biscarosse qui venait jouer dans les MJC à Bordeaux. Et puis à la fin de Strychnine, il m’a dit qu’il cherchait un batteur pour Les Standards, et j’ai tout de suite rejoint le groupe avec joie. C’était une période troublée… On a arrêté Strychnine au 1er de l’an 1982. Je répétais alors avec un groupe de Dreux, Les Paparazzi, et j’ai débauché le bassiste des Paparazzi, Didier Rousseau –un super bassiste qui jouait sur une Rickenbacker-, pour qu’il vienne jouer avec moi dans Les Standards. Il a joué quelques mois avec nous, jusqu’à Boulevard du Rock, avant de partir pour un autre groupe. L’intégration s’est passée très facilement : on a appris les morceaux existants de suite, et on s’est vite mis à composer. Philippe était très prolifique ; et entre lui et François ça composait beaucoup. Il était jeune et fringant !

 

– Pourquoi as-tu eu envie de jouer avec lui ?

– Boubou : Parce que je l’aimais ! Il était brillant, attachant. Beaucoup moins « dark » que Darc. Mais il écrivait de très beaux textes. Et de mon côté, je ne voulais pas retourner vers un groupe sans répertoire, qui part de zéro. C’est long et fastidieux. Ce qui m’intéressait était de m’adapter au répertoire des Standards, le modifier un peu à ma sauce, mettre ma patte. J’ai fait ça avec tous les groupes dans lesquels j’ai joué par la suite. Bien sur je connaissais déjà leur répertoire, puisqu’on faisait souvent des concerts ensemble. Et puis il y avait un lien amical fort. On se voyait souvent ; à l’époque on travaillait dans les mêmes bars. Et on faisait souvent des concerts ensemble, avec Strychnine, Les Standards, Stalag, STO : enfin tous les « st » ! On était potes. Tout m’intéressait en lui : les textes, la musique, le personnage. Il était charismatique. La scène, c’était son truc. Je regrette qu’il soit mort à 53 ans ; c’est dramatique.

 

– Qu’avais-tu envie d’apporter à sa musique ?

– Boubou : De la puissance ! Je suis un batteur puissant. Le précédent batteur des Standards, Jeff, jouait bien, même s’il avait un jeu un peu timide, mais qui collait bien avec le style du groupe quand même. Moi, je joue « gros bras », et ça a fait évoluer le style du groupe ; ça a changé sa couleur sonore. Le jeu du batteur y fait souvent : si tu enlèves le batteur de Led Zeppelin du groupe, ce n’est plus Led Zeppelin, idem avec les Who, les Rolling Stones, etc… La batterie, c’est une manière de faire groover le groupe ; ça précise l’identité.

 

– Jusqu’à quand es-tu resté membre des Standards ?

– Boubou : Jusqu’à la fin, vers 1985-86. L’histoire du groupe s’est terminée en eau de boudin. On avait fait notre mini-album, un 6 ou 7 titres, dont la pochette avait été faite par un type des Beaux Arts. Je la trouve moche, et en prime il n’y a pas le nom du groupe dessus, juste celui de l’album « Jack et Jerry ». Ce qui faisait que les disquaires ne savaient pas où le ranger ni où le trouver quand on leur demandait, et que ça a été un gros bide, car il s’est mal vendu. Ça m’a foutu le moral en berne. Et par ailleurs, le bassiste était en train de construire son studio d’enregistrement, Le Chalet ; le guitariste était en train de monter le magazine Club et Concerts, ce qui lui prenait aussi pas mal de temps. Et puis il y avait l’usure du groupe : ça durait depuis 7 ans, sans reconnaissance. D’une manière générale les groupes bordelais de cette époque n’ont pas eu beaucoup de reconnaissance, au niveau national. Le premier qui en a eu une a été Noir Désir. Mais il y a eu de très bons groupes avant, comme Camera Silens et d’autres, qui n’ont eu aucun écho national, et se sont essoufflés, faute de reconnaissance par la presse notamment. Quand tu n’as pas de papier écrit sur toi, les maisons de disque ne s’intéressent pas à toi. Alors tu rames d’autoproduction en autoproduction ; et au bout d’un moment, ça use. Surtout quand tu es jeune : tu as envie que ça se passe vite. Avec l’âge, tu peux attendre. Mais quand tu as 20 ans, il faut que ça bouge. Quand tu vois Starshooter, Lili Drop, et tous ces groupes qui à l’époque étaient suivis par la presse, et donc dont les disques étaient produits, il y a de quoi être désolé d’avoir le sentiment de ne pas avancer, faute de soutien. Après Philippe a fait son album solo en 1987 ; je l’ai alors un peu suivi sur scène, même si je ne jouais pas sur l’album, car à l’époque, j’avais déjà rejoint le groupe Gamine. Kick a raison de parler d’une vie de bluesman : Philippe a fait des piano-bars pendant des années, sans vraiment en retirer grand chose.

 

– Comment s’est développé le projet avec les artistes qui y participent ?

– Bébert : J’ai été voir The Lookers, qui sont du Pays Basque, puisque j’y habite à présent. Je leur ai demandé si ça les branchait de reprendre une chanson. Ils m’ont répondu « oui » très rapidement, et comme ils ont été les premiers, ils ont pu choisir la chanson qu’ils voulaient interpréter. Je m’étais mis en tête que si eux disaient oui, l’idée était bonne et que ça allait faire son chemin.

– Kick : J’avais déjà repris la chanson « En Equilibre » de Philippe sur mon album « Forcené », donc une version remixée figure sur le disque. Mais à part cet enregistrement qui était déjà fait, et le titre « Figures de Femmes » issu de l’album solo de Philippe, tous les morceaux ont été enregistrés pour la compilation, dont « Le Sermon de Jack le Prêcheur » que nous avons repris avec Strychnine. Certains artistes, comme Bebert, moi, Charp, sont présents sur plusieurs morceaux. 

 

Avez-vous contactés vous-mêmes tous les participants, ou y a-t-il des artistes qui se sont proposés spontanément en entendant parler du projet ?

– Bébert : Il y en a un qui s’est proposé spontanément : Allan qui joue dans le groupe Au Pays des Matins Calmes. C’est un ami du fils de Jeff, le premier batteur des Standards, ce qui fait que depuis tout gamin, il baignait dans la musique du groupe. Donc quand il a eu vent du projet, il m’a contacté pour en faire partie. Il y a aussi certains groupes que je ne connaissais pas personnellement et qui figurent sur le disque. Mon projet était de faire un CD pour faire vivre les chansons de Philippe, et comme je savais que certains, comme King Kong Blues, en concert reprennent des chansons de lui, je voulais les inviter. Donc a ça créé des liens supplémentaires.

 

– Parmi les participants au disque, il y a bien sûr vos copains, des artistes de la génération de groupes contemporains des Standards. Mais avez-vous été surpris par le fait que des artistes plus jeunes, qui n’ont peut-être pas connu le groupe lorsqu’il jouait, se réfèrent aux chansons de Philippe et désirent lui rendre hommage?

– Kick : Beaucoup de gens ont participé, à la fois des gens de notre génération et de celle de Philippe, et ensuite des plus jeunes. Tous ont répondu, certains que j’ai contactés comme King Kong Blues, et la plupart que Bebert a contacté.

– Bébert : En deuxième position sur le disque il y a Joujou Duo, qui ne connaissait pas du tout Philippe, ni d’Eve, ni d’Adam, et qui a fait une reprise particulière. J’aurais bien aimé avoir plus de groupes beaucoup plus actuels, de musique électronique par exemple. Mais le hasard y fait beaucoup, et à un moment donné il faut aussi arrêter les recherches et faire les choses. Je sais que d’autres gens, à Paris notamment, préparent une chanson, mais n’ont pas pu le faire dans les temps pour qu’elle soit sur le CD.

 

– Peut-on envisager un deuxième disque à venir, si d’autres reprises te parviennent ?

– Bébert : Ce n’est pas prévu. Mais très certainement on pourra les retrouver sur youtube, comme des videos vont aussi se tourner. On ne peut jamais savoir : quand tu fais quelque chose, c’est toujours du « peut-être ». Effectivement si 15 ou 20 autres reprises se présentent, ça vaudra le coup de faire un disque, parce qu’à ce moment là tout sera déjà enregistré ! Mais honnêtement, on ne sait même pas si on va rentabiliser la chose. C’est moi qui ai produit, avec mes fonds personnels, et si tu voyais le vendeur que je suis, tu prendrais peur.

 

– Comment s’est déroulée la réalisation d’un point de vue technique ?

– Bébert : D’un point de vue technique l’essentiel était d’avoir l’argent pour produire. J’ai un certain âge et je travaille ; je n’ai jamais été riche, mais je ne me plains pas. Quand je décide quelque chose, en général, je vais jusqu’au bout. Donc petit à petit, j’ai mis des sous de côté pour ce projet. Une fois que l’aspect financier a été réglé, j’ai commencé à en parler. Et puis il se trouve que William Valverde, qui tient Tribal Studio à Ustaritz au Pays Basque, et que j’ai rencontré dans un concert, et à qui j’ai parlé du projet, m’a rappelé pour me dire que le projet l’intéressait sérieusement. On a commencé à travailler ensemble : j’amenais les fonds pour produire, il fournissait le studio et la partie technique pour enregistrer. Une autre personne m’a beaucoup aidé aussi : Didier Mauroux, vice-président de Bordeaux Rock et chanteur des Stagiaires, qui m’a associé à la semaine de Bordeaux Rock. Et puis nous avons eu le soutien de la presse et d’Eric Roux, directeur du Théâtre Barbey qui accueillera dans sa salle de spectacle le concert du 03 février. L’envie de faire quelque chose pour à Philippe a fédéré beaucoup de gens. Ce n’est pas moi, le truc important là dedans : c’est Philippe. J’ai été celui qui a lancé le projet -et même au départ je ne comptais que le lancer et me retirer ensuite, si William n’avait pas insisté pour que je reste m’en occuper-  et tout un tas de gens ont répondu présents.

– Kick : Il faut dire qu’Eric Roux, tout comme Didier Mauroux, sont des gens de la génération qui a vu Philippe sur scène. Donc ils se sont sentis concernés. La pochette du disque a été réalisée par la dernière compagne de Philippe. Le texte du livret a été écrit par Jean-Pierre du label Rocka Rolla, qui finance mes vinyles ; il était un ami très proche de Philippe. Donc c’est vraiment une histoire d’amitié et de musique, et je trouve ça sympa comme démarche.  

 

– Les groupes lors du concert vont-ils jouer uniquement des chansons de Philippe ?

– Bébert : On n’a pas de pression ! Chaque groupe va jouer un quart d’heure environ, donc des chansons de Philippe et aussi ses compositions propres ; il y aura 12 groupes. Certains ne pourront pas être là, pour raison professionnelle. Bien sur je regrette ceux qui ne seront pas là. Et Philippe aussi, qui ne sera pas là, même s’il est avec nous sur le disque, puisqu’il y a une chanson tirée de son album solo « Figures de Femmes ». Mais l’idée est que ce concert soit une grande fête. J’avais été voir David Wolfberg, qui tient le magasin de musique Cactus à Bordeaux, pour lui demander l’autorisation de mettre la chanson « Figures de Femmes » sur l’album, puisque c’est lui qui avait produit le disque de Philippe à l’époque, et il m’a très gentiment donné un petit stock d’exemplaires de 33 tours qu’il possédait encore. Donc, comme je te le disais, tout le monde a tenu à participer. Le projet a mis deux ans à aboutir, mais le CD est là, et c’est bien. Derrière l’idée est aussi de faire un ou plusieurs concerts : pour moi c’est la cerise sur le gâteau. Et j’espère qu’il y aura du monde.

– Kick : Le disque vinyle de son album solo sera donc disponible lors de la soirée du 03 février à Barbey, et ça vaut le coup de l’avoir, car c’est vraiment un bel album. Et on pourra aussi y trouver des CD des Standards, puisque Boubou en a qu’il va vendre. Le concert, ce sera une fête, et comme l’entrée est en prix libre, j’espère que les gens repartiront avec un disque.

 

– Envisagez-vous aussi de pouvoir diffuser et exporter ça dans d’autres villes ?

– Bebert : Oui, après ça va circuler. J’ai fait ce que j’avais dit : ce disque. Après, je suis musicien, pas businessman. D’ailleurs j’ai plus donné que vendu de disques pour le moment ; je suis très mauvais pour le commerce. Mais il y aura autre chose de prévu après le concert du 03. Déjà au Pays Basque, quelque chose va se faire, parce que plusieurs participants du disque y vivent : Joujou Duo, Barnum, The Lookers, moi-même, et Kick en est originaire. Et puis j’espère qu’à Paris il y aura également une soirée, sans doute pas avec les 17 groupes, mais au moins quelque uns. Mon fils a un label qui s’appelle Control et fait partie du Collectif 23, dans le Xème, qui tient une salle de concert. Donc j’espère que quelque chose pourra se faire à Paris aussi. 

 

– Boubou, lorsque Bébert vous a parlé de son idée de compilation, comment l’as-tu accueillie ?

– Boubou : Ça faisait longtemps qu’il murissait l’idée. Ça m’a fait super plaisir ! Mais je me demandais quel groupe allait venir. Il est vrai qu’au début, je n’y croyais pas trop ; je pensais que c’était un projet en l’air. Notre reprise, avec Strychnine,  a été la première enregistrée, il y a un an et demi, au studio d’Ustaritz. Maintenant j’espère que cette compilation va toucher le plus de monde possible, et diffuser les chansons de Philippe. Comme le disait Kick, j’ai récupéré des exemplaires de la compilation des Standards qu’on a faite avec Bordeaux Rock en 2005, « Il ne fallait pas les réveiller », et qu’on va également vendre lors du concert du 03 février. C’est quasiment l’intégrale des Standards. Je suis très content et ému de participer à cette aventure et je suis reconnaissant à Bébert d’avoir eu le cran de monter et de mener à bien ce projet.

 

Nous remercions Bébert, Kick et Cathy et Boubou et Clarisse

Pour commander le disque : raymond.belliard@wanadoo.fr

Page de l’évènement : https://www.facebook.com/events/2054137658140880/

 

Miren Funke

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