Matmatah (+ Féloche) en concert à Rouillac (16) : entretien avec le guitariste Manu Baroux et le claviériste Julien Carton

30 Déc

Rouillac, charmante petite commune de Charente, aux commerces fermés après 20 h, hormis un camion pizza et son lieu de spectacle polyvalent Le Vingt Sept, aux allures de salle des fêtes communales. L’endroit ne paye pas de mine. En tous cas pas la mine à accueillir en début de décembre un groupe de Rock ayant rempli des zéniths et joué devant des milliers de personnes. Il y avait de quoi surprendre à ce qu’y ait lieu un des derniers concerts de la tournée de Matmatah, avant les deux festins finals du groupe, de retour sur ses terres, à Nantes et Plougastel. L’ambiance décontractée du lieu et la convivialité chaleureuse des membres de l’organisation promettaient à la soirée une proximité humaine comme on les aime.  Sitôt passé l’étonnement, et n’ayant pas eu connaissance de l’annonce d’une première partie, une seconde surprise de taille nous attendait : Féloche et deux complices musiciennes surgirent sur scène pour assurer un premier concert. L’univers un peu fou, un peu sorcier de l’artiste envahit d’un coup l’espace. La formation, bien que minimale (basse, mandoline, percussions et samples) capta d’originalités vivifiantes l’attention du public, en quelques chansons, avec un jeu et une mise en scène aux accents vodous, tantôt drôle, tantôt inquiétante, déguisement animaliers mi-monstrueux à l’appui. Les flots du Cognac ne coulaient pas très loin des eaux du Bayou… Large ovation pour Féloche, qui termina son set par la chanson qui le fit sans doute le mieux connaitre du grand public « Darwin avait Raison », et dont le nouvel album « Silbo » est disponible via son site : http://www.feloche.fr/

 

Quelques instants de répit pour émerger de la torpeur, et Matmatah entrait en scène, démarrant le concert par plusieurs extraits de son dernier album « Plates Coutures », qui signa cette année le retour de la formation sur les ondes. L’occasion de se rendre très vite compte combien les gens étaient réceptifs aux nouvelles chansons du groupe, qu’en début de la tournée, quelques mauvaises langues et esprits mal éclairés avaient jugé trop tôt n’être en mesure d’attirer le public que par l’annonce de sa reformation et l’intérêt nostalgique que les fans de la première heure porteraient encore à ses anciens succès populaires. Matmatah en joua bien sûr certains des plus connus (« Emma », « Au Conditionnel », « La Cerise », ou encore «Lambe en Dro » et « L’Apologie » qui clôtura le rappel). Mais quel mal y a-t-il au plaisir de faire plaisir au gens ? Lorsqu’on a la chance rare d’assumer la paternité de chansons devenues quasiment des hymnes pour toute une génération, il serait égoïste, et quelque part tyrannique, de priver le public de morceaux qui désormais lui appartiennent peut-être plus qu’ils n’appartiennent à leurs auteurs mêmes. Qui imaginerait un concert d’Hubert-Félix Thiéfaine sans « La Fille du Coupeur de Joint », « Les Dingues et les Paumés » ou « Alligator 427 » ? Les Stranglers n’ont pas retiré « Golden Brown » et « Always The Sun » de leur setlist non plus, malgré l’abondance de titres inédits à jouer. Néanmoins, dans le public de Matmatah, il fut difficile ce soir là de détecter une explosion de joie particulière à l’amorce des classiques du groupe : les gens ne se réveillaient pas au moment des « tubes » pour se rendormir à l’écoute des nouveaux morceaux. Bien au contraire. L’effervescence tint la salle d’un bout à l’autre d’un concert très énergique , malgré une fatigue de fin de tournée visible sur les visages des musiciens, qui donnaient pourtant encore tout ce qu’ils avaient, la transpiration en prime, enchainant des titres très rock (« Lésine Pas », « Retour à la Normale », « Nous Y Sommes », « Marée Haute », « Overcom ») et laissant peut-être volontairement de côté des morceaux plus apaisés de leur répertoire, hormis le magnifique « Toboggan », considérablement bien amené en début de rappel et scintillant d’émotions. Finalement le ressenti global que suscita le concert fut en priorité celui d’une cohérence évidente, même d’une certaine homogénéité, au sens où chaque chanson jouée y avait sa place et ne tenait pas un rôle moins indispensable qu’une autre dans l’édification de l’ensemble. Un réel plaisir pour le public et également pour les artistes que l’on vit souvent s’amuser comme des enfants, s’enjouer les uns les autres comme des complices, se veiller les uns les autres comme des amis, et échanger avec le public sans modération. C’est le genre de moment qui nous fait tellement comprendre pourquoi la pratique de la musique se définit par le verbe « jouer », alors que c’est tout autant -sinon plus- une recherche, une expérimentation, un effort, un travail. Mais on ne travaille pas de la musique ; on en joue. Et voilà pourquoi. Quelques heures et quelques bières après a fin du concert, le guitariste Manu Baroux -membre non originel du groupe qui a intégré la formation  après avoir accompagné le projet solo du chanteur Tristan Nihouarn et joué sur la compilation de Matmatah « Antaology », et ancien musicien du groupe Aston Villa et d’Axel Bauer-,  puis Julien Carton, musicien additionnel qui a accompagné Matmatah tout au long de cette tournée (claviers, chœurs, harmonica) acceptaient de nous accorder un entretien.

 

– Bonjour Manu et merci de nous accorder un peu de temps. La tournée touche à sa fin dans deux concerts. Quel sentiment l’accueil du public vous laisse-t-il ?

– Franchement, superbe. Il n’y a pas grand-chose à dire. Déjà, il y a la réalité de se dire que le groupe revient, et que donc il ne faut pas faire de fausse modestie en se disant qu’il n’y aura pas de date ou que les salles seront vides, parce que le groupe est connu malgré tout. L’engouement et la joie des gens sont un régal ; on a fait de belles salles, de beaux festivals. La tournée a été très positive. Et il y a aussi de nouvelles personnes sur la route, dont moi. Le groupe ayant fait cette pause, enfin ce split, on ne sait jamais véritablement sur quoi on va tomber à l’arrivée. Tout le monde s’entend bien dans l’équipe qu’on a sur la route, et ça, ce n’est jamais écrit : quand on part dans un camion avec 15 gars pendant quasiment un an, on ne sait jamais où on met les pieds. Franchement on a beaucoup travaillé, mais on a beaucoup de chance.

 

– Cela a-t-il été une appréhension pour toi qu’il existe des tensions entre certains, lorsque tu as rejoint Matmatah ?

 – Pas vraiment, parce qu’on avait créé un album avant. Donc on avait partagé des moments et des questionnements assez vastes. Ce sont quand même des grands garçons qui ont pris le temps de mettre des choses à plat, des histoires du passé entre eux-mêmes ; donc ça avait été fait avant et d’une façon assez saine, parfois houleuse, parfois beaucoup plus tendre. Et à partir du moment où la musique avance, en général, les choses se décantent. Ce qui devait être réglé l’a été avant. Et quand en plus tu as l’énergie du live et que ça fonctionne bien vis-à-vis du public et entre nous humainement et musicalement, ça roule.

 

– Eric nous expliquait à Luxey que sur les premières dates de la tournée, les places s’étaient vite toutes vendues, alors que le nouvel album n’était pas encore annoncé. Avez-vous eu au fil de la tournée l’impression que le public venait voir le groupe reformé et en profitait pour découvrir l’album sur scène ou bien qu’il venait vous voir après avoir connu et apprécié l’album ?

– Je pense que c’est un mélange de tout. Clairement il semble que les gens attendaient le groupe tout court. Il y a plein de niveaux de lecture : il y a les morceaux mythiques, « Lambe », « L’apologie », « Emma », etc… dont on sait que les gens les écoutent ; il y a l’histoire du groupe par rapport à la scène et au contact avec les gens, ne serait-ce que le fait d’être proches des gens par les mots et la musique, et cette aura de groupe de scène, donc forcément des gens venaient en ayant envie de revoir le groupe qu’ils avaient connu, d’autres pour voir le groupe qu’ils étaient trop jeunes pour avoir vu avant, sachant qu’on n’est pas non plus des grabataires, loin de là ; et puis au fur et à mesure des gens sont venus qui étaient peut-être moins à l’affut de la reformation, mais qui ont entendu parler de la tournée et de l’actualité des nouvelles chansons. Je pense que la teneur de l’album -et ce n’était absolument pas calculé- et le fait qu’il soit très rock dans la musique, mais aussi dans les thématiques abordées s’est rapidement glué relativement facilement, de façon à faire des listes où rapidement quelques nouveaux morceaux se sont imposés sans soucis. Après, et ça, ça arrive avec tous les nouveaux albums, clairement s’il n’y avait pas eu « Lambé », « L’apologie » et autres succès, on ne serait pas là. Donc il ne faut pas se leurrer : les salles se sont remplies avant. Mais la pérennité de la chose, le fait que la tournée continue à se remplir est signe qu’on délivre des bons concerts ; et un bon concert, ce n’est pas que des tubes. Il est important de traiter à sa juste valeur tout ce qui est au milieu, qui d’ailleurs ne vient pas que du dernier album. Pour ce qui concerne le dernier, on sait qu’on a quelques titres qui sont vraiment des gros morceaux de scène, pas nécessairement d’ailleurs les plus rock : un titre comme « Toboggan » marche très bien, même en festival. Et puis à un moment il faut être courageux quand on a un nouvel album, parce que quand les salles se remplissent, si on se repose sur des setlists un peu à l’ancienne, ce n’est pas pérenne. Il faut aussi avoir le courage de jouer et imposer ses morceaux. Il faut jouer les morceaux, et, nous-mêmes, on apprend à les jouer de mieux en mieux, tout en restant réalistes. C’est-à-dire qu’il faut savoir faire plaisir aux gens, aller sur des choses efficaces pour nous aussi, mais pas servir la soupe. Il faut aussi défendre ce qu’on a à défendre. Comme en plus on est fiers de l’album, ça marche. D’où l’intérêt de sortir un single, faire un clip ; si on pense que ça n’a pas d’intérêt, c’est faux. Pour un groupe du format de Matmatah, s’il n’y avait pas eu de nouvel album, ça aurait fonctionné quand même, mais pas comme ça.

 

– Et les thématiques de l’album justement sont très ancrées dans l’actualité, pour ne prendre que l’exemple de « Peshmerga » et « Petite Frappe » qui traitent des dérives actuelles de l’extrémisme religieux. En quoi ce sujet vous touche-t-il particulièrement ?

– Ce qui est très délicat avec ce genre de sujets là, c’est qu’il y a ce qu’on appelle le « politiquement correct ». On ne peut pas dire que les gens n’ont pas été choqués par tout ce qui s’est passé, sur le territoire français, et par écho, forcément dans le monde. A un moment, nous, on est quatre mecs qui se mettent autour d’une table. On fait de la musque, et puis une fois qu’on a fait de la musique pendant huit heures, on se fait à manger, on boit des coups, et forcément ce sont des choses dont on parle comme tout le monde. On n’a pas la science infuse ; on n’en sait pas plus que les autres. Forcément on réfléchit et on se pose des questions comme tout le monde, sans accuser. C’est trop facile d’aller donner des leçons, et ce serait vraiment putassier. Ces deux chansons là partent d’un prisme. On n’est pas politologues, pas  ethnologues ; ce n’est pas notre job. Malgré tout il faut que ça reste de la chanson et de la poésie. Le thème abordé par « Petite Frappe », à savoir la destruction des vieilles pierres, est quelque chose de prégnant, parce que c’est quelque chose dont on peut se passer, on va dire. Et puis cette lecture sur les combattants Peshmerga nous parait un regard sur ce que ça peut faire à l’humanité. Sachant qu’on aurait parfaitement pu faire la même chose en parlant de Hiroshima avant la bombe des Américains, de Diên Biên Phu avant l’intervention de la France. Ce n’est pas pour accuser l’un ou l’autre, mais pour dire que ça nous touche et on essaye de passer par un peu de poésie pour en parler.

 

– Est-ce que l’album a été conçu dans une optique d’aborder des thématiques d’actualité, ou est-ce que ce visage s’est dessiné au fil de la sélection des chansons ?

– Non. Si tu regardes bien, dans la discographie de Matmatah, il y a toujours eu le souci de thématiques comme ça. Après il faut se plonger dans les albums et voir si on connait ces morceaux là ou pas. C’est ce qui est intéressant. Parce que quand on plonge dans le répertoire d’un groupe ou d’un artiste quel qu’il soit, parfois il y a un morceau « fer de lance », et on ignore que derrière il y a des tas d’autres choses ; parfois pas. Mais là, c’est le cas. Il n’y a absolument pas eu de postulat de départ. C’est juste que quand on s’est retrouvés tous les quatre dans une pièce, il y avait un côté « gamin de 15 ans » : on avait envie de jouer vite et fort avec notre savoir faire. Et forcément il faut des mots qui vont avec. Donc naturellement au bout d’un moment on s’est demandé ce qu’on avait envie de dire. On discute, et parfois Stan [Tristant Nihouarn, chanteur] revient le lendemain avec des phrases que notre discussion de la veille lui a inspirées et en proposant un thème. Mais il faut que ça nous plaise à tous. Etant donné qu’on écrit tous ensemble, c’est très important d’être d’accord sur la thématique et d’accord sur le fait d’aller défendre ça sur disque et sur scène.

 

– Avez-vous déjà eu des querelles ou des désaccords sur une chanson ?

– Une chanson, non. Des mots, oui. Parfois il y a eu des textes un peu sensibles autour desquels on s’est pris la tête sur un mot, pour trouver le terme le plus juste et qui nous parle à tous les quatre. Il faut dire ce qu’on a à dire, mais sans être donneur de leçon. C’est un équilibre. Croire que l’écriture se fait comme ça par l’opération du saint esprit, c’est faux.

 

– Tu parlais tout à l’heure du plaisir de se retrouver comme des gamins de 15 ans. Sur scène ce soir, à plusieurs reprises, on a eu le sentiment de voir des enfants qui s’amusaient. Est-ce primordial pour vous de conserver cette âme ?

– Carrément ! Mais ce métier là n’est pas une blague. Nous, on s’amuse, et les gens viennent pour passer un bon moment ; ça ne pose aucun problème. Mais il n’y a aucun souci à switcher sur autre chose à un moment. Pour moi, c’est plus une histoire d’énergie. Il y a une boule d’énergie, aussi sur des chansons sensibles comme « Toboggan », avec un texte énigmatique où chacun met un peu ce qu’il veut. Personnellement je sais de quoi ça parle, et ça demande donc une sensibilité particulière, d’autant qu’à la place où il est dans le set, en général, c’est le moment où les gens gueulent qu’ils veulent « L’Apologie » ou « Les Moutons ». Donc quand je le démarre j’ai intérêt à rentrer vraiment en moi pour ne pas être déconcentré, et pouvoir donner cette sensibilité. Mais ce  que je leur donne, ils me le rendent et ça fonctionne. Après il peut y avoir une énergie plus énervée avec des titres comme « Marée Haute », « Lésine Pas », qui est pourtant une chanson d’amour, ou plus en colère. Alors effectivement il y a le côté gosses qui jouent, et ça peut être avec le sourire, mais ça ne pose pas véritablement de souci de changer d’humeur, à partir du moment où l’énergie reste là.

 

– Ce soir, jusqu’au rappel où vous avez joué « Toboggan, il n’y a quasiment eu que des morceaux plutôt rock. Était-ce un choix spécifique ?

-Ça dépend des moments, ça dépend des salles, des jours de la semaine. Après pour que ça parte en pogo, Il y a aussi des morceaux qui sont faits pour comme « Lésine Pas », « Retour à la Normale ». Mais évidemment il n’y a pas que ça. C’est un tout et globalement je pense que les gens s’y retrouvent, parce qu’il y a quand même un panel. Mais le panel était déjà là avant ; ça ne date pas de mon arrivée, ni de ce dernier album. Il y a toujours eu des choses d’influence hertzienne, des ballades ésotériques, des choses plus punk, enfin une variété de propositions. Parfois ça peut être déroutant ; mais en même temps, personnellement je m’emmerde quand j’entends un groupe qui fait exactement la même chose de bout en bout, même si ça peut être super. En  festival on peut très bien apprécier un groupe qui fait du Ragga de bout en bout ou du Punk de bout en bout : tu viens, tu prends ta tarte, et je comprends. Mais là a priori personne ne s’est plaint d’avoir cette variété ; on se gratte la tête pour construire des setlists cohérentes, pas nécessairement pour que tout le monde s’y retrouve d’ailleurs, mais au moins pour qu’il y ait un flot qui monte et descende.

 

– «Retour à la Normale »est-elle une chanson comme on l’imagine sur la reformation du groupe ?

– Oui, c’est la thématique.

– Ce soir Tristan a fait un petit discours avant la chanson « Overcom » à propos des gens qui viennent dans les concerts et passent plus de temps à filmer avec leur téléphone qu’à profiter véritablement du moment présent. Est-ce une pratique qui vous énerve ?

– A un moment il y en avait beaucoup, au début du concert. D’habitude il n’y en a pas nécessairement beaucoup dans nos concerts, mais ce soir à un moment, sur « Emma » il y en a eu et je me suis demandé comment il allait s’en sortir. C’est-à-dire qu’au premier tube, les gens sortent leur téléphone ; puis après en général une fois qu’ils sont pris par le concert, ils le sortent moins. Mais après tout, qui sommes-nous pour le reprocher aux gens ? On ne leur reproche rien. C’était plutôt pour faire la blague avec les gens, parce que Tristan aime bien charrier les gens, les chercher un petit peu. Mais la vraie problématique de la chanson « Overcom » n’est pas là. Moi-même je suis un gick total de téléphonie, et c’est une drogue dure quand même. Ca a totalement changé notre société, les rapports qu’on a avec les gens. Parfois tu appelles quelqu’un et tu as presque l’impression de le violer, alors que tu veux juste lui parler : « Mais pourquoi tu ne me sms pas ? ». Alors il y a des tas de codes : on sms ces personnes là, on mail ces autres là, on facebook encore d’autres, on appelle d’autres, et y en a d’autres à qui on donne rendez-vous… C’est sans fin. Comme les chaines d’information en continue. Il suffit d’aller voir des personnes âgées quand elles sont assises chez elles devant la télé : il y a la même dramaturgie qu’il pouvait y avoir dans le sacro-saint journal de 20h, sauf que c’est toute la journée. Donc en fait ça entretient une sorte d’angoisse. Encore une fois je ne juge pas, mais malgré tout ça pose question.

 

– Féloche a assuré votre première partie ce soir, et ce n’était pas la première fois que vous jouiez ensemble. Avez-vous donc plaisir à le réinviter ?

– Il ne faut pas côtoyer ce mec là! Vu qu’on a fait plein de dates, on a eu la chance d’avoir plein d’artistes avec nous, et effectivement il a joué sur 4 ou 5 dates avec nous. On l’aime !

 

Intervention de Julien Carton (attention, propos second degré) :

– Tout ce qu’il a dit est complètement faux. Il faut effacer !

 

– Julien, depuis quand accompagnes-tu le groupe ?

– Je n’ai pas joué sur l’album : ils se sont retrouvés à 4 pour la reformation et le disque. Eric [Eric Digaire, bassiste] a une formation au clavier ; à l’origine il ne jouait pas de ma basse. Depuis le début du Matmatah il y a donc toujours eu des parties de clavier en enregistrement, qui n’ont jamais été joués sur scène. C’était la raison de ma venue de pouvoir transposer ces choses sur scène. Je les connais depuis 5-6 ans, parce que j’avais joué sur l’album solo de Tristan, d’ailleurs avec Manu et Scholl [Benoit Fournier, batteur-percussionniste]. Je suis donc venu sur la tournée pour jouer avec eux, car ce nouvel album, ils l’ont écrit en pensant à moi qui serais avec eux sur scène. Enfin ils ont peut-être dit ça pour me flatter… Si je me souviens bien, sur la dernière date de la tournée solo de Tristan, le 23 novembre 2012, Eric était présent dans la salle en tant qu’invité, et est monté sur scène pour prendre la place du bassiste : donc en fait, on avait déjà joué ensemble tous les 5 un morceau sur scène avant : « Derrière ton Dos », que l’ont joue toujours. Ce qui fait que lorsqu’on l’a répété, on s’est regardés bêtement en se disant qu’on l’avait déjà joué ensemble ! Ce ne sont pas des têtes qui me sont inconnues, et je savais où je mettais les pieds. J’avais l’idée que ça allait se passer bien, au moins humainement. Après, je sais qu’ils détestent ce que je fais artistiquement…

 

– Peux-tu nous parler de tes autres projets justement ?

– Je n’ai pas encore de projet solo, même si je commence à créer des trucs. Mais je joue sur scène avec un chanteur de Nancy, Incredible Polo ; ce que je considère un peu comme mon projet à moi aussi, car j’ai réalisé ses deux premiers EP et son album. C’est assez soul, chanté en Anglais. J’ai assez hâte de retrouver la scène avec lui aussi, évidemment sur des formats beaucoup plus petits. Et puis je joue également depuis 2 ans avec un quartet de Jazz, ce qui n’a rien à voir : le quartet du pianiste Franck Woeste, qui joue par ailleurs avec Ibrahim Maalouf. Donc l’année a été un peu chargée pour moi, puisqu’aux moments où Matmatah prenait des pauses, moi, de mon côté, je partais en tournée avec d’autres. En même temps j’avais à cœur de pouvoir aussi garder une activité en dehors. Quand je suis sur scène avec Matmatah, bien sur je défends le projet avec eux, mais ce ne sont pas mes morceaux ; ce n’est pas moi qui ai écrit l’album.

 

– Tu te charges également des chœurs avec Eric, non ?

– Ça fait également partie des raisons pour lesquelles je suis là. Manu en fait un tout petit peu. Sammy, l’ancien guitariste faisait beaucoup de chœurs, et certaines voix lead aussi, comme sur « L’Apologie », que Stan [Tristan] a reprises. Sammy était un guitariste et chanteur : il a avait un rôle très important vocalement. Et Manu qui a repris sa place à la guitare n’a pas du tout le même rôle vocalement. Donc ça faisait partie de mes jobs. En fait j’ai fait assez peu de chœurs avant, et pourtant je me suis au moins autant éclaté à faire ça que jouer du clavier, parce qu’il y a vraiment du travail. Même au bout de 80 dates, je continue d’être surpris de ce que ça fait de chanter. Quand on a commencé la tournée, eux n’avaient pas chanté depuis un moment, moi, je n’étais pas encore aguerri, question voix, donc c’était un peu dur et on avait peur d’assurer cette longue tournée. Mais en fait, plus on chante, plus ça marche tout seul. Enfin je fais mon malin, mais demain on a une grosse date, et si ça se trouve, je n’aurais plus de voix et j’aurais l’air con. Mais a priori je ne suis pas très inquiet, parce que depuis qu’on a repris les salles le 15 novembre, même si j’ai galéré un peu la première semaine, parce qu’on n’avait pas chanté pendant un mois et demi, plus on chante, plus ça se passe bien.

 

– Tu vas dire que tu ne possèdes pas de boule de cristal, mais penses-tu à l’avenir continuer un bout de route avec Matmatah ?

– Sans être présomptueux je crois qu’ils en ont envie, et j’en ai envie aussi. Je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi intense musicalement.          

 

Nous remercions les membres de l’équipe de tournée de Matmatah pour leur convivialité et spécialement Julien Banes pour…heu…ben pour tout.

 

 

Miren Funke

photos de Matmatah : Loïc Cousin (toutes sauf photo 16 prise par Carolyn C.)

photos de Féloche : Miren Funke

Liens : site Matmatah : http://www.matmatah.com/

https://www.facebook.com/Matmatah.official

site Féloche : http://www.feloche.fr/

 

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