Archive | 0 h 45 min

La Roulette Rustre en ballades en Novembre

8 Nov

Romain, Emilie, Florent, Camille, Chris… Photos NGabriel2017

 

Pour démarrer les 16 èmes Ballades en Novembre, la Roulette Rustre a ouvert la scène avec plus de deux heures de folie joyeuse, dans un carrousel éblouissant de mots et de musiques d’une richesse et d’une créativité rares. Ça vous embarque dans une sarabande extravertie, un opéra balagan* , une tarentelle hyper vitaminée qu’un Arlequin rocker aurait métissée avec une rhapsodie de la rue quand la rue se met à chanter le temps des cerises ou le temps des noyaux… On y croise des tableaux à la Prévert, dans une mise en scène dynamique façon  Tex Avery dans ses meilleurs jours, on entre dans une forêt magique et sa chorale fantastique, avec les miaulements complices ou un peu sarcastiques du violon, les feulements ou les caresses des cuivres sensuels, les éclats de lumière des guitares, le grondement bonhomme du soubassophone, et la batterie en cœur battant la chamade ou la charge. Et dans ce cocktail de vie les voix se marient, les instruments s’échangent, autour de Flo Rustre, tout le monde chante, duos, trios, quatuor ou quintuor, du mélancolique au cri rageur, du poétique au rire taquin, ouvre ton cœur et ta fenêtre, gratte la peinture des conventions, et sors des carapaces castratrices.

Ils sont comme ces oiseaux de passage dont l’air qu’ils respirent ferait brûler nos poumons, mais c’est la flamme de la vie. Et elle crée de la lumière, des espoirs peut-être chimériques, mais on ne sait pas tant qu’on n’a pas essayé l’utopie, un chemin inexploré ?

Ils vont, par l’étendue ample, rois de l’espace.
Là-bas, ils trouveront de l’amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c’est le pays de l’étrange et du rêve,
C’est l’horizon perdu par delà les sommets,
C’est le bleu paradis, c’est la lointaine grève..

Ces vers de Jean Richepin leur vont bien, mais les baladins de la Roulette Rustre, c’est ici et maintenant qu’ils nous offrent le pays de l’étrange et du rêve, comme des enfants terriblement résolus à partager les élixirs et les potions à faire danser le monde. Qui en a bien besoin. Poètes tendres et enragés, cracheurs de feu et de sourires, on ne sort pas indemne d’une soirée avec La Roulette Rustre, on tire toujours le bon numéro, celui qui vous fait le cœur battant et le corps léger… Amoureux de tout, même du train qu’on va rater…

Ah oui ? Ça a duré plus de deux heures ? Il n’y a plus de train pour le retour ? M’en fous, je vais bien trouver un banc pour regarder le ciel nuageux et sombre, et même s’il pleut un peu, j’ai assez d’étoiles dans les yeux pour voir des constellations par milliers.

Mais… Mais les fées veillent, l’une d’elle m’embarque dans son carrosse, il reste 6 mn pour le dernier train, et j’ai 3 mn pour regarder mon ciel étoilé devant la gare… La vie est belle comme un concert de la Roulette Rustre.

Vous n’y étiez pas ? Pas grave, leurs albums vous font vivre tout ça, sans les images, mais en voici quelques unes, c’est déjà ça…


Et éventuellement vous pouvez faire une prolongation avec cette chronique bilan de ma première rencontre avec la Roulette, dix ans presque, je n’en retire pas une virgule, dans l’annonce de l’album anniversaire,

Clic sur la Roulette, tous les liens utiles y sont ——>

Merci aux participants à leur insu, de leur plein gré,

  • Marceline Loridan-Ivens pour « La vie balagan » en hébreu, balagan, c’est « désordre, bordélique » mais sa vie a été un beau désordre malgré tout,

  • et Jean Richepin  pour ses oiseaux de passage. (Extrait de la version intégrale)

Norbert Gabriel

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :