Tri Yann, Before Ireland Can Go Free…

28 Sep

Prolégoméne : Il y a quelques années, voire quelques décennies, le negro spiritual m’a saisi comme si j’avais dans les gènes une partie de cette histoire. Quelques années plus tard, même effet avec Tri Yann quand ils chantent Yé jacobites avec un poème de Sean O’Casey en intro, et une transition avec un solo de flûte qui vous emmène d’une ambiance poético nostalgique vers l’histoire d’une tragédie, je me suis senti irlandais asservi par l’Angleterre. Comme le peuple du blues avait été asservi par les colonisateurs européens . Ye Jacobites by Name est une chanson traditionnelle écossaise qui fait référence aux révoltes jacobites qui ont eu lieu en Écosse entre 1688 et 1746. La chanson est à l’origine une attaque contre les Jacobites vue du point de vue whig, mais Robert Burns la réécrit vers 1791 pour en faire une chanson avec une vision antiguerre et humaniste plus générale. Cette version est celle qui est connue au XXIe siècle. Quand Tri Yann compose l’album, c’est avec le souci d’une certaine cohérence dans la succession des chansons, et bien évidemment le poème de Sean O’Casey se situe avant Ye jacobites avec la transition de la flûte. Or dans quelques rééditions en CD, le poème de O’Casey a disparu. Et l’ordre des chansons est assez différent. Quelque employé de la maison de disque a refait à son idée , en supprimant ce poème parlé , quoi ? Dans un album de chansons, pas de musique ? Dans la même logique, un ignare a supprimé des inserts parlés dans Mégalopolis une comédie musicale, ce qui fait que sur la version CD on ne comprend plus ce qui se passe.. Pour revenir à Tri Yann, c’est une séquence de 6’26 qui avait été composée sur l’histoire de l’Irlande, la voilà dans sa version originale, le poème de Sean O’Casey suivi de Ye jacobites..

anti wars songs

AVANT QUE L’IRLANDE NE SOIT LIBRE (traduction de Jean-Louis Jossic)

Au début de la bataille
Plus d’un homme, d’une femme ou d’un enfant
Avaient quitté travail, mari et jeux
Un enfant foudroyé sur le pas de la porte
Un vieillard les bras en croix sur la chaussée
Un jeune homme près d’un réverbère
Qu’il a agrippé quand la balle l’a touché
Il a glissé, toujours cramponné et il est mort
Son visage curieusement blanc
Regardant le ciel
Comme s’il demandait pourquoi
Son bras raidi enlaçant toujours le réverbère
Une jeune femme en vêtements d’été
Peut être rentrant en hâte à la maison
En entendant la fusillade
Mais pas assez vite…
Sur son corsage blanc brillant
Une tâche pourpre de mort
S’étendant en plein milieu du dos

Vous n’aviez signé aucune proclamation
Forcé aucune porte
Pressé aucune gâchette
Oh je sais cela
Mais l’Irlande, l’Irlande avait besoin de vous tout de même
Et d’autres mourront encore
Avant que l’Irlande ne soit libre.

You Jacobites by Name, lend an ear, lend an ear,
You Jacobites by Name, lend an ear;
You Jacobites by Name,
Your thoughts I will proclaim,
Some says you are to blame for this Wear.
  suite ICI.

Version intégrale Tri Yann Cliquez sur l’album, tri======>

 

et en bonus Le texte original de Sean O’Casey

In the battle’s prologue
Many a common man, woman and child had said
Goodbye to work and love and play
A child surprised in the door way
An old man stretched in the street
A young man near a lamp post
Which he had clutched when the bullet struck him
And down which he had clip when he died
His curiously white face containing
Wide eyes staring upwards
As if asking the sky : why this had happened
A stiff arm still half-encircling the lamp standard
A young lacy in holiday attire
Lying on her face maybe hurrying home
When she heard the uproar
But going too slow…
Or on the brilliant white blouse
A purple patch of death
Spreading over the middle of the back

You signed no proclamation
You invaded no building
You pulled no trigger
I know
I know but Ireland needed you all the same
Many will die like that
Before Ireland can go free.

Et quelques liens musicaux,

Moralité, quand vous voyez des rééditions d’albums, essayez de vérifier si c’est bien fidèle à l’album original, conçu et réalisé les par les artistes et non par des gestionnaires de fonds de catalogue qui ne connaissent pas grand chose  des artistes qu’ils « compilent »…

 

Norbert Gabriel

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Une Réponse to “Tri Yann, Before Ireland Can Go Free…”

  1. Danièle Sala septembre 28, 2017 à 10 h 58 min #

    L’engagement en chanson, ( je suis dedans avec l’article de Patrick Engel dans Hexagone n° 5 ), ça sert aussi à ça, se rassembler en se sentant de la famille des humains opprimés , et de ceux qui risquent leurs vies en chantant :  » Chanter, c’est parler, c’est ouvrir sa gueule. Et c’est bien. » Victoria Delarozière. Merci pour cet appel à la vigilance et préférons toujours les originaux, quand c’est possible, aux compilations.

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