Rencontres Marc Robine 2017, 5 ème soirée.

16 Juil


–  Viens t’asseoir, il y a des places à côté de nous, à moins que tu préfères t’asseoir sur les genoux d’Alain Vannaire ? dit Martine à ce gosse en chemise blanche et lunettes rondes, cheveux blonds très courts, assis sur l’escalier.  Non non, j’ai une place réservée, je vais y aller... .  Et il  se lève en disant :  Et maintenant, applaudissez Manu Galure !  Fou rire, on ne l’avait pas reconnu !

Il se met au piano et attaque par une chanson de son troisième album en solitaire, après ses débuts dans le groupe : Les Ptits T’hommes.  Que de la pluie :  Maman :

 Et quand je suis pas sage maman / Fait bouillir de l’eau / Et trempe mes pieds dedans … Et quand je pleure une rivière / On me laisse tout seul / Et quand je pleure toute la mer / On me laisse tout seul / Tout seul avec mon grand frère.  Douloureuse nostalgie de l’enfance, qu’il conjure en faisant valser son piano :

Tourner en rond sans cavalière

C’est une danse singulière

Alors j’échoue à la buvette

Et je me prends une musette

Chaland perdu je me Garonne

Et je noie mes rimes gasconnes

Ma chanson vide comme un tube

Il faudrait que tu me Danube.

Valse moi, valse moi

Il manque un pied à mon poème

Je voudrais que tu me Bohème…

( Paroles de Bernard Joyet).

Et il enchaîne , Trois petits cochons, ( pas pour les enfants), Ramène moi à la maison, Que de la pluie :

La pluie tombe à grosses gouttes

Tous les chats que la nuit dégoûte

Se retrouvent chez moi

Les oiseaux n’ont plus pied

Et je suis dépité

Je déteste les chats

Mais tandis que ça mouille

On entend les grenouilles

Qui nagent de bonheur

Et sont tout en sueur

Ce n’est que de la pluie, que de la pluie 

Qui nous tombe dessus…

En faisant le pitre entre deux chansons,  anecdotes et calembours, (à propos, si quelqu’un sait pourquoi il n’y a pas de voie Q à la gare de Bercy, à Paris,  dites le lui, ça l’inquiète vraiment) façon Higelin , à qui il fait forcément penser.

La fantaisie, l’humour, la poésie, le surréalisme, l’énergie, un répertoire aussi varié qu’improbable, qui va de ses propres compositions à Guillaume d’Aquitaine, le premier troubadour, dont il chante une chanson traduite de l’occitan du 11ème siècle, ou une chanson de Marie Dubas, il a  aussi du Boby Lapointe et un gène de grain de folie de Charles Trenet en lui. Trenet, qu’il a chanté dans le spectacle : Les enfants s’ennuient le dimanche.

Auteur, compositeur, interprète, il a aussi collaboré avec Juliette qui a signé la direction artistique de Vacarme, album coup de cœur de l’académie Charles Cros, avec Sarlo, musique de la chanson L’amour à 12 ans, avec Nicolas Bacchus, et Agnès Bihl, pour qui il a composé la musique de La manif. et il a  fait la première partie d’Higelin en tournée en 2012.

Enfin, c’est un garçon épatant au talent fou.

Troubadour des temps modernes, à l’équinoxe d’automne, le 22 septembre prochain, il va démarrer son tour de France à pied et en chansons, durant deux ans, et à raison de 20 km par jour,  dans tous les lieux où il pourra chanter, y compris chez l’habitant, la carte de France de son parcours est sur son site, avec un formulaire à remplir, si vous souhaitez l’accueillir. Un détail important, il aime le vin rouge.

Pour voir son tour de France, clic sur la carte,

france-terroir

Encore un long entracte, pour préparer la scène pour le deuxième concert, et on comprend pourquoi, quand on découvre le nombre d’instruments de musiques qui envahissent tout l’espace : Ukulélé basse
Banjo
Congas
Tumba
Bongos
Petites percussions
Piano
Orgue
Accordéon
Flûte à bec
Clarinette
Trompette
Sampleur 

Et plus……( message des Escrocs, merci!)  et aussi harmonica.

Les Escrocs, que l’on n’avait pas vus sur scène depuis 10 ans, arrivent, avec leur nouveau spectacle, toujours aussi drôles, impertinents, avec des chansons bien ancrées dans le quotidien, dénonçant avec humour la haine de l’étranger :

 

Tu les aimes pas,
Les autres marionnettes,
Celles en djellaba
Et turban sur la tête.
Elles font des prières,
Toi, t’en as pas besoin,
T’as du bon camembert
Et t’as du bon vin.
Pendant que tu cavales,
Amassant de l’oseille,
Elles n’ont pour capital

Qu’un rayon de soleil. ( Loukoum et camembert)

D’autres, plus tendres et poétiques, ou nostalgiques,

où est le temps des troubadours dans des costumes de velours l’âme légère et bucolique allant de comtés en duchés porter poèmes et musiques contre la table et le coucher.

grivoises, parfois féroces, sur des musiques aux multiples influences, qui vont du jazz à la salsa, en passant par le reggae, le rap, ou un air de biguine, multi-instrumentistes, ils aiment jouer sur tous les tons.

Entre deux chansons, ils nous racontent ce que chacun a fait durant ces 10 ans, Eric Toulis a fait un bout de chemin seul, avec succès, et trois albums : Soyons bref, Soyons classe, Centrale vapeur .

Hervé Koury, alias professeur Koury, a travaillé avec d’autres chanteurs, Adamo en temps que musicien, Bénabar, a enregistré un CD, et Didier Morel, alias docteur Morel a été approfondir sa science des percussion en Amérique du sud.

Et puis, comme le dit si joliment Eric Toulis : On avait gagné le jackpot avec Les assedic, ça nous a permis de bien vivre pendant 10 ans :

Assedic
Je t’écrirai de temps en temps
Toi tu m’enverras mon virement
Directement
Tout là-bas, dans mon île
ASSEDIC
Enfin ma place au soleil
À moi les ciels vermeils
Et les beaux voyages…
M’en priver ce serait dommage
ASSEDIC  

Et ils reviennent sur scène casqués, avec leurs bidons de Solexine pour chanter Mobylette :

Ben nous on roule en mobylette,
Et y’a pas de honte à ça,
Le scooter prend la vedette,
Oui mais nous on aime pas ça, (Couché!)
Pour promener les demoiselles,
Rien ne vaut la Gabrielle,

(Le charme divin, de ce bel engin,
Qui fume et qui pète,
Jolie promenade, dans les pétarades,
Et le bruit des mobylettes,

avec les choeurs féminins du public : Solexine xine, xine…. Et les choeurs masculins: Zoom Vroom Vroom, Sole Sole Solexine » .

La soirée de clôture de ces treizièmes rencontres, sous le signe de la jeunesse, de la féminité, de la diversité, après les remerciements aux nombreux bénévoles de l’association On connait la chanson, aux techniciens, au public, se termine par un poème d’un spectateur venu d’Espagne, lu par Fabrice Peronnaud , beaucoup de spectateurs venus de loin pour cette soirée de clôture, d’Espagne, de Belgique,  et même d’autres artistes venus en spectateurs, comme Yvan Dautin, puis,  la chanson de Danielle Messia interprétée par Marc Robine : Le Paradis des musiciens :

Quand j’ vas mourir, moi
J’ veux aller dans l’ paradis des musiciens
Là où tout l’ monde, ça s’ met ensemble
Là où ça chante de belles chansons
Là où tout l’ monde, ça s’ met ensemble
Et ça joue toute la nuit
Quand j’ vas mourir, moi
J’ veux aller dans l’ paradis des musiciens …

Et c’est tout le public qui chante avec lui.

Voilà, cinq jours riches en émotions, en coups de cœur, en rencontres, en amitié, on se dit au-revoir et à l’année prochaine…

Je reviendrai dans un prochain article sur les coulisses des rencontres, la chorale des spectateurs, l’atelier d’écriture, etc …


Danièle Sala

 

Et pour quelques images de plus, et de Martine Fargeix, voilà !

 

 

NB : un grand salut à Catherine Reverseau, qui éclaire avec talent tous les spectacles d’On connait la chanson, et de La Capitainerie de Joze. (NGabriel)

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