Archive | février, 2017

Pasolini Musica

12 Fév

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Nous avons tous le souvenir de chansons qui nous ont tatoué la mémoire de traces indélébiles, liées à un moment de vie, à des circonstances particulières, et souvent c’est par le cinéma qu’elles nous ont  touchés en plein cœur. Comme si l’addition de l’image et de la musique faisait un alliage inoxydable qui défie le temps… Le cinéma est né muet mais très vite la musique s’est associée aux images, en langage universel. Charlot était accessible à tous, directement, d’Hollywood à Nagasaki, de Belleville à St Pierre de Rome, et de la place de Jaude au Corcovado… Le film de déroulait, et un musicien,  un pianiste en général, accompagnait l’action au feeling… (avec des sortes des partitions, « pantomimes lumineuses »,  musiques originales afin de soutenir l’action des personnages dessinés)
Et le premier film « parlant » en simultané avec l’action était un dessin animé chantant : Steamboat Willie, troisième film de la série Mickey Mouse, c’est la naissance officielle du personnage. Il est également le premier à avoir bénéficié d’une bande sonore synchronisée dès sa sortie. C’était en 1928.

Passons à ce spectacle, Pasolini musica, (pour les images, cliquez  sur les  photos et vous les aurez en grand écran…)

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Du mystique, et caustique,  « L’Evangile selon St Matthieu » au provocateur « Les 120 jours de Sodome » il ne dérogera jamais à sa ligne de conduite, un engagement radical, sans concession. Ce portrait est bien rendu dans ce spectacle qui met en avant toutes les musiques traitées en art majeur. On entend des oeuvres de Manos Hadjidakis, Bellini, Bach, Domenico Modugno,  de Martino, Giovanni  Fusco, Piero Umiliani, Piero Piccioni,  et des chansons originales de Dmitri Negrimoski.

 

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Stéphanie Boré est la diva lyrique, Eva Kovic la diva gouailleuse, Solène Ménard la musicienne, André Roche le concepteur et metteur en scène pour donner à Miguel-Ange Sarmiento qui incarne Pasolini toute la dimension de ce combattant qui s’est défini  en précisant, « Mon travail consiste à montrer les choses et les êtres dans leur sacralité. »

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Attention la dernière parisienne de ce spectacle est le 16 Février, au Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait. Pour réserver, téléphonez au 01 46 36 98 60.

Et pour quelques images de plus…

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Et le dernier mot à Pier-Paolo Pasolini:

Il faut s’engager non seulement dans l’écriture, mais dans la vie.

Norbert Gabriel

Et la chanson dans tout ça?

11 Fév

Au lendemain des Victoires – en chantant- de la Musique,  un petit retour avec notre ami Orwell, de plus en plus d’actualité, et d’autant plus inquiétant…

Pour mémoire…Orwell- 2 vérité

Ce que disait Orwell en 1948..

Extrait de “1984″ :

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur.” … “L’air avait couru dans Londres pendant les dernières semaines. C’était une de ces innombrables chansons, toutes semblables, que la sous section du Commissariat à la Musique publiait pour les prolétaires. (…) Mais la femme chantait d’une voix si mélodieuse qu’elle transformait en chant presque agréable la plus horrible stupidité …”

Toute ressemblance avec quelques chansons play-listées n’est absolument pas fortuite.

A peu près 10 ans plus tard…

Albert-Camus_8464Ce que disait Camus en 1957 (Extrait du Discours du 10 décembre 1957 )

(…) L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

(…)

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que, partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie.

(…)

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et pour conclure (conférence du 14 Dec 1957)

(…) À partir du moment où l’abstention elle-même est considérée comme un choix, puni ou loué comme tel, l’artiste, qu’il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu’engagé. Il ne s’agit pas en effet pour l’artiste d’un engagement volontaire, mais plutôt d’un service militaire obligatoire. Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps. Il doit s’y résigner, même s’il juge que cette galère sent le hareng, que les gardes-chiourme y sont vraiment trop nombreux et que, de surcroît, le cap est mal pris. Nous sommes en pleine mer. L’artiste, comme les autres, doit ramer à son tour, sans mourir, s’il le peut, c’est-à-dire en continuant de vivre et de créer. (…)

Le discours de Suède est disponible en Folio, tout comme « 1984 » d’Orwell.

La morale de cette histoire, larirette, c’est que tout peut finir par des chansons, mais peut-être pas n’importe lesquelles.

Bonne lecture… 

Norbert Gabriel

Une chanson pour la route…  des vacances? Voilà… avec mademoiselle Gibson 

Prévert n’est pas un poète…

9 Fév



prevert-collageMais quoi ? Qu’en est-il ? Comme une expression populaire, faire le Jacques  ?

Expression française de la fin du XIXème siècle  dont le prénom Jacques est utilisé autant que Gilles et Guillaume pour désigner le bénêt du village. De plus, les nobles prirent pour habitude dès le XIVème siècle de nommer des jacques les vilains c’est à dire la classe des paysans. D’ailleurs, la jacquerie de l’époque était le soulèvement des paysans contre les seigneurs. La haute société composée de la noblesse, sous-estimant cette catégorie de la population la gratifia de ce surnom à connotation méprisante et péjorative.

Finalement, ça lui va bien à Prévert, jouer à l’imbécile pour mieux souligner les aberrations du quotidien et de son époque… Dans une de ses multiples vies, le cinéma a eu une place essentielle, avec son frère Pierre, avec Paul Grimault, avec Carné, Jean Paul Le Chanois, Renoir, Autant-Lara, Grémillon, Franju… C’est une ballade biographique à travers ce monde d’images que proposent Christian Cailleaux et Hervé Bourhis, dans un superbe livre édité par Aire Libre, en partenariat avec France Inter…

Ça se raconte pas, mais on peut feuilleter.

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Au fil des pages, on suit les grandes étapes de la vie de Jacques Prévert, enfance, la guerre de 14-18, et toutes les rencontres qui seront le fil rouge d’un parcours bigarré, et qui feront  de sa « contrebande » un vivier d’artistes de toutes les couleurs.

Et pour tout savoir, voyez Fatras, www.jacquesprevert.fr

 

Norbert Gabriel

 

Yves Jamait en concert à Bordeaux (Théâtre Femina), entretien avec l’artiste

8 Fév

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Samedi 21 janvier, Yves Jamait était en concert au Théâtre Femina à Bordeaux, dans le cadre de la tournée de son dernier album (ou presque) « Je me souviens », dont un enregistrement live vient tout juste de sortir. Accompagné de ses trois musiciens multi-instrumentistes, et complices à souhait, Samuel Garcia (claviers, accordéon, bandonéon), Mario Cimenti (batterie, percussions, clarinette, saxophone), et Jérôme Broyer (guitare), le chanteur bourguignon, à pleins poumons, cœur en bataille, venait interpréter ses dernières chansons ainsi que quelques titres plus anciens –quelques « classiques » même peut-on dire- non sans taquiner gentiment au passage le public bordelais avec quelques réflexions ayant trait à la culture viticole. L’humour justement fut le principal ressort par lequel  l’artiste tint son public en haleine entre et même pendant ses chansons. Élucubrations comiques et postures cabotines, certaines mises en scènes, d’autres plus spontanées, s’intercalaient entre les interprétations habitées et tendres (« Etc » qui ouvrait le concert), entières et déchirées (« Vierzon », « Jean Louis », « J’en veux encore ») empreintes d’humour et de malice (« Y en a qui », « Salauds » qu’Yves Jamait laissa ses musiciens prolonger a capella avec le public avant de revenir en rappel pour finir seul avec une reprise de « Suzanne » de Leonard Cohen), plus amères et bouleversantes (« Je passais par hasard », « Qu’est-ce que tu fous ») ou encore vibrantes (« Le bleu », « Je me souviens », « J’ai appris » sur le décès de son ami Jean-Louis Foulquier). Le quatuor ne lâcha pas le public de tout le spectacle, et le public ne le lâcha pas non plus, basculant du frisson aux éclats de rires. A sortir de près de trois heures de spectacle, ravis, sourire aux lèvres, et s’attarder à échanger des impressions et engager des discussions avec des inconnus, voisins de siège pour un soir,  on se dit que c’est aussi du lien social que fabrique la chanson, et que le jour d’après ne sera pas un dimanche comme tant d’ autres. Même si le temps emporte tout, le sourire des regards, les larmes des nostalgies, le partage du plaisir nécessaire, les émotions et la chaleur humaine d’un moment, et ces petits bonheurs semés sur nos solitudes sont ce que nous aussi emportons. Dans nos cœurs. Et moi aussi, j’en veux encore

Quelques heures avant le concert, Yves Jamait acceptait de répondre à nos questions.

 

yves-jamait-210117-4– Yves, bonjour et merci de nous recevoir. Nous nous étions vus à Luxey en août. Comment se sont passées les choses depuis ?

– On n’a pas beaucoup tourné cet été après le festival Musicalarue à Luxey. On a recommencé en septembre. Un album live est sorti, l’album de ce qu’on est en train de faire ; c’est ce qui est drôle : les gens ont la possibilité de repartir avec leur souvenir. Techniquement ce n’était pas possible il y a quelques années. Mais le niveau de jeu des musiciens fait qu’on n’a quasiment rien eu à retoucher sur les prises. On a été trois jours dans le même endroit, où les prises de son ont été réalisées.

 

vlcsnap-2017-02-03-14h19m10s116– Le titre de ton dernier album « Je me souviens » peut sembler évocateur d’une invitation à la nostalgie, voire au constat de la disparition avec des titres comme « Le temps emporte tout » ou « Les poings de mon frère ». Or si le disque regarde quelque peu vers le passé, il est très tourné également vers l’avenir, à l’image de la chanson « J’en veux encore », et regorge d’enthousiasme et d’amour de la vie. Cette dimension double correspond-elle à ce que tu voulais exprimer, et d’ailleurs y a-t-il eu conceptualisation de l’album ?

 

– Prendre pour exemple les deux chansons opposées, « Le temps emporte tout » et « J’en veux encore » résume bien la chose. Je pense que ce qu’on est, ce que je suis, ce que tu es, dépend de notre passé. La moindre ride que j’ai aujourd’hui a été construite par le passé. C’est ce qui est intéressant dans le thème. Il ne s’agit pas de dire que c’était mieux avant. Je ne conceptualise rien du tout. En général, je me débrouille pour avoir 12 ou 14 chansons, puis je regarde les thèmes qui s’en dégagent. Par exemple la chanson « Je me souviens » était marquante pour moi, parce que c’était un petit clin d’œil à Georges Perec -au Québec aussi, puisque c’est le slogan du pays, mais je ne le savais pas- et à son bouquin qui justement s’appelle Je me souviens. J’aime bien cette façon de cumuler les souvenirs, de dire « je me souviens… je souviens » et de tout balancer. On ne peut pourtant pas taxer l’auteur de nostalgique. Sami Frey en avait joué le texte en spectacle, monté sur un vélo. Donc le titre de la chanson m’intéressait pour regrouper tout l’ensemble de l’album, et le concept est venu après. Mais en amont, je ne conceptualise pas ; je laisse ça à Deleuze et aux philosophes. Il y a parfois des choses qu’ont a envie d’exprimer et qui ne sortent pas, ou bien qui donnent de mauvaises chansons. Dans ce cas, je les laisse de côté pour plus tard. Une belle idée peut venir, mais une belle idée ne fait pas forcément une bonne chanson. D’un autre côté, on peut avoir une petite mélodie qui passe en tête, ou même juste un mot, et ça peut devenir une bonne chanson, du moins, ce que moi, j’estime être bon à ce moment là pour moi ; ça n’a rien à voir avec des critères de beauté ou de jugement universel bien sûr.

 

yves-jamait-210117-8– Ton écriture a beaucoup évolué entre les premiers albums, dont on pourrait qualifier les textes de  réalistes et descriptifs, et celui-ci où on remarque l’utilisation plus présente d’images poétiques, de métaphores ou encore de narration évasive laissant plus de place à l’interprétation de l’auditeur. Est-ce une démarche volontaire ou un mouvement peut-être influencé par l’écriture d’autres auteurs ?

– C’est vrai. De plus en plus, j’aime bien ça. Je pense qu’il faut que je fasse attention à ne pas trop basculer là dedans, parce qu’à ce moment-là, je m’adresserais à d’autres gens. Je n’ai pas envie de m’adresser uniquement à une élite. L’idée que j’ai été élevé par une marraine analphabète et qu’elle puisse écouter mes chansons et y avoir accès importe beaucoup. Donc je ferai toujours attention à ça. Mais je constate aussi que mon écriture change et évolue, même si elle reste quand même dans des fondamentaux que j’ai à la base. Les premières chansons relevaient d’une espèce d’urgence de dire les choses. Une fois passé cela, je ne vais pas me répéter trente mille fois. Sur le deuxième album, j’ai continué la lancée du premier, et puis à partir du troisième, j’étais un peu mieux « installé » entre guillemets en tant qu’artiste, et j’ai eu plus de possibilités, notamment en travaillant avec des potes comme Bernard Joyet, Allain Leprest et Dorothée Daniel qui m’ont écrit des chansons, et ça a été une expérience. Après j’ai repris les rênes de l’écriture, parce que je ne voulais pas tout lâcher non plus. Mais à chaque album, ça évolue. Alors y en a qui se sont mis à dire que je m’étais vendu et que j’étais devenu commercial. C’est d’ailleurs marrant, parce qu’on a commencé à me dire commercial au moment justement où nous commencions à faire de l’artisanal et à tout produire nous-mêmes. « Saison 4 » et « Amor Fati » sont les deux albums autoproduits, et effectivement ce sont ceux qui paraissent les plus « produits » en terme de travail du son, alors ce n’étais pas le cas en réalité. Ils correspondaient à une envie du moment. Mais pour te répondre, l’évolution de mon écriture n’est pas volontaire. Je l’ai juste constatée. C’est l’exercice de l’écriture qui fait que par moments je m’aperçois, par exemple à l’occasion d’une belle métaphore, que l’écriture a évolué. C’est pour cela que je note des idées, des métaphores, des petites choses qui me plaisent bien, sans même savoir dans quoi je vais les mettre.

 

yves-jamait-210117-7– Es-tu du genre à noter de petits bouts de phrases ou des mots et les garder ?

– Oui, partout. Maintenant que j’ai un I-phone, c’est très pratique. Je note tout le temps ; ça va de suite dans un coin. J’en ai toute une liste, et aussi des choses qui reviennent en tête. Et au bout d’un moment, quand la cocotte commence à bien chauffer, j’ouvre la soupape et je regarde si je peux en faire quelque chose. Je suis déjà en train de penser le prochain disque; il y a déjà 4 ou 5 chansons. Je les ai passées en pâture à mes musiciens avec qui je joue et qui les ont arrangées, et ils m’en ont rendu 5, dont une dont je me suis dit que ce n’était pas une bonne chanson et que je n’allais pas la retenir. Le sujet en était pourtant bien, mais comme je l’ai dit, on ne fait pas forcément une bonne chanson avec un bon sujet. J’étais parti d’une belle idée, et je ne sais plus quoi en faire. Comme quoi, rien n’est gagné à l’avance ! C’est un travail de funambule, une recherche d’équilibre entre le texte, la musique, l’interprétation, les arrangements, qui me convient, et qui en tout cas convient aux gens qui m’écoutent. Mais il n’y a pas de recette. Il m’est arrivé de partir d’une bonne idée, et qu’elle soit mal exploitée ; et inversement. Par exemple, là, mes musiciens m’ont rendu deux chansons arrangées qu’ils ont sublimées. Il y a parfois des choses que je garde dix ou douze ans avant de les utiliser. Et quand je vais fouiller dans mes notes, il arrive que je m’en serve pour un sujet qui convient, que je refasse une construction de mes pensées, qui ne sont pas pascaliennes, mais qui sont les miennes. Parfois j’écris juste pour écrire, sans savoir ce que je veux dire ; je pars juste d’un mot que j’ai envie d’utiliser. Par exemple la chanson « Le coquelicot » est née juste parce que j’adorais  le mot « coquelicot » et le son qu’il fait en bouche ; je savais que j’allais écrire une chanson avec ce mot dedans, mais au départ sans savoir de quoi elle parlerait.  Ce qui me plaît, c’est le laisser aller. C’est pour cela que je ne saurais pas dire ce que sera mon écriture dans 5 ou 6 ans.  Peut-être même ne sera-t-elle plus rien, parce que je serai vide ou n’y trouverai plus de goût, ou que ce ne sera pas intéressant. J’aime aussi la prose. A partir du moment où j’écris, je prends plaisir à tourner les phrases et jouer avec. On acquiert aussi une exigence du texte qu’on n’a pas forcément au début.  Des tas de gens me disent qu’ils ont des sujets pour mes chansons. Mais les sujets, fondamentalement, on s’en fout. Ils deviennent intéressants une fois que la chanson est faite. Bien sûr je préfère avoir un sujet intelligent. Mais la forme est intéressante pour amener le fond. Tu peux vouloir dire que le feu brûle et que les méchants ne sont pas gentils, mais le dire autrement et ça aura de la gueule.

 

vlcsnap-2017-02-06-14h29m14s223– A propos de sujet, peux-tu nous parler de la chanson « Je passais par hasard » qui aborde le thème de la violence conjugale, et aussi celui de la désillusion qui comprend que derrière les belles façades du bonheur apparent d’un couple ou d’une famille « idéale » se cachent parfois de sordides horreurs ?

– C’est un sujet que j’avais envie d’aborder depuis longtemps; cela faisait peut-être six ou sept ans que j’étais après. Depuis le premier album en fait, mais je ne trouvais rien au début. Et puis j’ai trouvé l’amorce « Je passais par hasard… » que j’ai gardée de côté pendant trois ans. Puis lors d’un atelier d’écriture organisé par Cabrel, Brice Homs m’a donné le conseil suivant : il m’a dit que ce que l’on prend pour un début de chanson est parfois en fait un refrain. Et ça a tout rouvert et m’a donné une porte par laquelle j’ai pu me glisser, et la chanson est venue.  Quand j’ai arrêté de me dire que c’était un début et pensé la phrase comme un refrain, tout le reste est venu. C’est aussi le cas de deux ou trois autres chansons comme « Les mains de femmes » : j’avais quelques strophes en tête sans arriver à leur trouver de suite, et puis le déclic s’est produit à partir du moment où j’en ai fait une valse. De « Même sans toi » également : j’avais envie de parler de la mer, d’exprimer ce qu’on peut ressentir devant cette immensité, et je bloquais. Et c’est devenu une chanson sur le deuil, parce que j’avais juste écrit en bas de la feuille « c’est beau sans toi » à 2h du matin avant de m’endormir, et le lendemain, tout est venu.

 

pic_0101– Depuis les débuts, ta musique a traversé plusieurs horizons, notamment rock et blues ou des musiques exotiques et incline vers divers genres. Ne regardes-tu pas de façon amusée le cliché du chanteur « gavroche » à gouaille de chanson française-musette que certains médias te collent encore aujourd’hui ?

– Si ! Musette…  J’ai du faire 5 valses en 6 albums, et on trouve ça « musette ». Parfois pour faire le sketch, je m’amuse sur scène à dire au public « est-ce que vous avez bien conscience que vous venez de voir un spectacle de chansons néo-réalistes à tendance musette ? ». Mais ça, c’est à cause de la casquette. Personne n’a jamais dit à Sean Connery qu’il avait une tête de Gavroche, ni à Camille Bazbaz, qui pourtant à la même casquette que moi. Et parce que j’ai un accordéoniste, et parce qu’on a débuté avec l’album « De verre en vers », où d’ailleurs il n’y a que le titre « Adieu à jamais » qui est une valse. Je pense que ça relève d’une envie de nous mettre dans des cases. Mais je m’en fous. J’ai la chance d’avoir un public, je tourne pas mal, et je pense que les gens qui viennent me voir ne s’occupent pas de ça. Et puis quand bien même je ferais du musette, je ne verrais pas le mal ! Je fais de la musique pour que les gens s’amusent, s’éclatent dessus et l’éprouvent de la même façon. C’est pour ça que je n’ai pas envie de m’en défendre ; parce que je ne vais pas gueuler contre une musique envers laquelle je n’ai pas de haine particulière. Je fais de la variété, c’est-à-dire la musique qui m’intéresse, et je vais piquer un peu partout des musiques pour mettre sur mes chansons. Si demain une de mes chansons fonctionne sur de l’Electro, je mettrais de l’Electro. Mais je ne ferais pas de l’Electro comme concept, en me disant qu’il faut que j’en mette sur mon prochain album. Il y a une chanson de Pascal Rinaldi que j’adore, « Il faut qu’on s’ touche », sur laquelle il a mis un Electro, qui maintenant est un peu dépassé, mais qui sert vraiment bien la chanson. Mais je ne conceptualiserais pas l’utilisation de l’Electro à tout prix, parce que ça fait « branchouille ». Les chansons « d’arrangement », c’est à dire quand l’arrangement devient le concept, plus que la chanson elle-même, ça ne m’intéresse pas. Ça plait aux types des Beaux Arts ; mais, moi, ça ne m’intéresse pas. 

 

pic_0063– Le danger est-il identique à celui d’une musique trop léchée et soignée qui risque de mettre un beau texte en retrait ?

– Oui, c’est ce que je dis : une chanson, c’est un équilibre et c’est le chanteur ou la chanteuse qui doit trouver cet équilibre.

 

– On peut comprendre que le cliché ne t’encombre pas l’esprit. Mais cela ne t’agace-t-il pas de constater que les journalistes qui le véhiculent n’ont visiblement jamais écouté tes disques ?

yves-jamait-210117-15 – Tu es soumis à la limite culturelle de certains journalistes. Ils casent les chanteurs dans des cases. Et puis honnêtement il n’y en a pas beaucoup qui écoutent. Il ne faut pas rêver ! Déjà quand ils parlent de politique, il faut voir comment ils se plantent ; alors quand ils parlent d’art ou de culture, tu imagines… Yves Jamait, ils n’en ont rien à faire. Mais je ne leur en veux même pas ; ce n’est pas grave en soi. Y en a plein qui ont compris cela : qu’on parle en bien ou en mal de toi, l’essentiel est qu’on parle de toi. C’est comme cela que ça fonctionne aujourd’hui : on n’a pas arrêté de parler de Trump en mal, à juste titre d’ailleurs, et pourtant il est président des États-Unis maintenant. A sortir des énormités toutes plus grosses les unes que les autres, il a compris que l’essentiel était de faire parler de lui. C’est ce qu’on a fait avec le Front National. Je suis navré de ça, mais je pense que je me suis fait avoir par le Parti Socialiste, qui a monté le Front National en épingle ; et j’ai fait partie de ceux qui étaient sur la Place de l’Étoile aux premières scènes de Touche Pas à Mon Pote, avec Coluche et Guy Bedos. Mais on s’est fait avoir, parce que le Front National, c’est le PS qui l’a inventé et s’en est servi comme garde-fou constamment, et aujourd’hui, il est là. Il en a été de même avec Hitler, et j’entends rarement la remise en cause du rôle du gouvernement politique allemand de l’époque dans son ascension au pouvoir. Pourtant il n’est pas arrivé tout seul. Et je suis inquiet de ce que font nos politiques aujourd’hui. Personnellement je ne suis pas dans la culture depuis longtemps, mais depuis 15 ans, j’en ai fait des ouvertures de saison, et quand j’entends tous ces gens avec de beaux discours qui savent parler du « lien social » avec une pédanterie pas possible, j’ai la sensation qu’avec mes chansons je fais plus de lien social qu’eux. Les gens de culture ont une grosse responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui, et j’ai pu voir un peu ce que c’était que ces gens qui sont dans l‘entre-soi, qui parlent de culture, qui font de grands discours, que personnellement je serais bien incapable de faire. Je ne veux accuser personne particulièrement, mais c’est un monde d’entre-soi. Il m’est arrivé de discuter avec des directeurs de théâtre qui me conseillaient de ne pas parler de tel ou tel sujet, pour ne pas passer pour un réac… Moi, je dis des conneries, je m’amuse avec les gens, parce que je ne veux pas qu’ils se fassent chier aux spectacles. Je fais du divertissement, pas de l’art. On est vite taxé de populiste. Mais c’est quoi ce délire ? S’occuper des gens, c’est populiste ? Qui n’est pas populiste en ce moment de période pré-électorale ? Ils viennent tous lécher le cul du peuple, et ne promettent que des choses qu’ils ne feront pas, et on le sait tous. Ce n’est pas que Le Pen qui est populiste ; ils le sont tous. Cela fait des années qu’on répète aux gens qu’ils votent comme des abrutis. Certes, mais si les gens ne sont pas contents ? Il faut comprendre qu’ils n’ont pas tous fait sciences politiques. Bien sûr la voiture qu’un ouvrier prend pour aller travailler pompe du gasoil et pollue. Mais qu’on ne construise pas de voitures ! S’il n’y en a pas, il n’en prendra pas. C’est un peu facile de culpabiliser les gens. Le type qui bosse dur toute la semaine, quand il va voir un spectacle en fin de semaine, il veut s’éclater, pas s’ennuyer. Et alors ? N’en a-t-il pas le droit ? Si on le laisse de côté en lui disant que c’est un con et qu’il ne peut pas aller voir Tartuffe, il ne faut pas s’étonner qu’il finisse devant TF1.

 

– Revenons à l’album. Tu as fait appel à Daniel Bravo et Emmanuel Eveno du groupe Tryo pour les arrangements. Est-ce plutôt stimulant ou frustrant de laisser la main à autrui pour habiller ses propres chansons ?

– Avec Didier, ça faisait deux ou trois albums qu’on avait envie d’un arrangeur, et comme les maisons de disque ne comprennent pas ce que je fais, elles étaient bien contentes de cette envie, en se disant que si je pouvais être un peu moderne, on me comprendrait mieux et ma musique serait plus accessible. En parlant avec le manageur de Tryo, il m’a invité à proposer le travail à Daniel et Emmanuel. J’ai donc envoyé mes morceaux, et ils les ont arrangés avec des guitares, des percussions, de la flûte… Mais pour moi, il manquait de l’accordéon et des claviers. pic_0060J’ai donc demandé à Saml [Samuel Garcia] de s’occuper d’intégrer ces instruments dans les arrangements. Personnellement, laisser la main ne m’a pas frustré. Je ne suis pas musicien, ni arrangeur. Et comme on composait toujours entre nous auparavant, j’avais fini par trouver ça un peu consanguin. Je suis prêt à passer la main à n’importe qui, à partir du moment où je reconnais mes chansons et qu’elles se trouvent sublimées par les arrangements. C’est surtout l’album « Amor Fati » que j’avais beaucoup arrangé avec Sam ; on s’était enfermés tous les deux. Mais je ne le ferais pas à pic_0111chaque album, parce que j’ai des idées un peu ringardes en musique et j’en ai conscience. J’ai constamment été ringard dans mes écoutes musicales ! C’est-à-dire qu’à 15 ans, j’écoutais Le Forestier, Brel et Moustaki quand mes potes écoutaient Barclay James Harvest, Yes ou Genesis . J’entendais de loin ; je trouvais ça sympa. Mais ce qui me touchait, c’était la chanson. Quand tu écoutes Henri Tachan, tu ne passes pas pour le plus grand des modernes.

 

vlcsnap-2017-02-06-14h29m43s38-As-tu vécu le fait de confier ta musique à une nouvelle équipe comme une prise de risque nécessaire ? Et d’ailleurs, quel est le plus grand des risques pour un artiste de l’exploration d’autres univers sonores ou du confort d’une continuité ?

– Les deux.  Je n’ai jamais eu la sensation d’être en train de prendre des risques, comme je n’ai jamais eu la sensation d’être en train de changer ou de bouleverser ce que je faisais. Pour moi, ça évolue bien sûr, mais je ne me pose pas trop la question. Évidemment il y aura toujours des mots ou des choses que je remettrais dans mes chansons, comme Cabrel avec ses cailloux et ses chemins ; j’ai certainement mes tics d’écriture aussi. Mais je n’ai ni la sensation de stagner, ni celle de prendre des risques. Avant-hier j’ai joué avec un rappeur en première partie, qui m’a invité à chanter sur un morceau, et j’ai trouvé ça super bien.

 

– Peux-tu nous parler de la chanson « J’ai appris » qui parle du décès de Jean-Louis Foulquier ?

Jean-Louis Foulquier, born June 24, 1943 in La Rochelle, is an actor and radio host. He directs the Francofolies festival in La Rochelle for 20 years (1985-2005). On 29 August 2008, after more than forty years of service, he was fired by France Inter. Paris (75), France on March, 2012. Photo by Nicolas Messyasz / Abacapress.COM

Photo by Nicolas Messyasz

– Ça a été une belle épaule, Jean-Louis. Déjà c’était quelqu’un que j’écoutais, dont je connaissais l’existence. Avant qu’il meure, il m’avait appelé; il était encore plein de projets, dont un spectacle autour de Dimey. Il était plein d’enthousiasme et très rassurant. C’était un homme émouvant; j’ai eu l’occasion de partager 15 jours avec lui dans sa maison à l’Ile de Ré. J’en parle sur scène d’ailleurs, en disant que comme lui était noctambule et moi insomniaque, on passait des nuits à causer. Il a été jeté de France Inter comme un malpropre, sans préavis, alors que ça faisait 35 ans qu’il travaillait pour la radio.

 

yves-jamait-210117-17– Une dernière question, plus sociale, ou humanitaire dirons nous : dans deux chansons « Nous nous reverrons » et « C’était hier » tu abordes le problème de l’expulsion des sans-papiers. En quoi cette question te touche-t-elle de manière intime?

– Écoute, j’avais un copain marié à une Sénégalaise, et à l’époque des premières lois sous Sarkozy, il n’arrivait même pas à pouvoir faire venir la grand-mère de ses enfants. Ça devenait n’importe quoi ! Je ne sais pas s’il faut ou pas expulser des gens vers leur pays d’origine, mais déjà on peut le faire bien ; on n’est pas obligé de traiter les gens comme des merdes. La chanson « C’était hier » a été écrite suite à l’expulsion d’une famille dont les enfants fréquentaient l’école de ma fille : on a débarqué à 6h du matin chez eux,  et les parents ne voulant pas sortir, on a pris les enfants, les a fait monter dans le bus et partir le bus pour que la famille coure après. Mais c’est quoi, ça ? On est obligés de se comporter comme la Gestapo pour faire ça ? Ce n’est pas moi qui invente que c’est une rafle : c’en est une. Je ne suis pas politologue; je ne sais pas s’il faut renvoyer ou non ces gens, et je ne peux pas dire s’il faut régulariser tout le monde. Mais s’il faut les renvoyer, on ne le fait pas comme ça. Pour anecdote, je me suis battu y a quelques temps pour un sans-papier, qui les a obtenus d’ailleurs, et j’en suis très content. La personne qui devait s’occuper de son dossier ne voulait même pas lui adresser la parole, et quand je suis monté en personne la voir, le ton a changé : « ah Monsieur Jamait… ». Pour qu’il obtienne ses papiers, ça m’a coûté deux places de Zénith pour une soirée France Bleu: la vie d’un homme vaut deux places pour le Zénith !  

 

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Miren Funke

Photos : Carolyn C (1 ; 2 ; 4 ; 5 ; 9 ; 13), Miren Funke (3 ; 6 ; 7 ; 8 ; 10 ; 11 ; 12 ; 14)

Nous remercions chaleureusement Didier Grebot et Nicolas Cohen,

et Aline Schick-Rodriguez pour son aide

et

Liens : http://www.jamait.fr/

https://www.facebook.com/yvesjamait/

 

Kent, La grande illusion…

7 Fév

kent-couvLa grande illusion, c’est quoi ? C’est un nouvel album avec 10 nouvelles chansons. Mais encore…
De quoi parlent ces chansons ?
Du regard des autres ? de la façon dont on se perçoit, dont on nous perçoit ? de la mort, des survivants ? de la reconnaissance, des humains inhumains ?
Leurs phrases sont pleines d’images vagues et précises à la fois, à chacun d’y entendre ce qu’il veut, d’y coller ses propres émotions… ses propres tragédies… ses propres questionnements…
Et ça donne l’impression de chansons altruistes, sans nombrilisme… comme la rencontre avec un ami qui sait écouter et pas uniquement parler de lui.

Des arrangements (signés Tahiti Boy mais taillés sur mesure en concertation avec l’auteur compositeur et les musiciens) donnent une nouvelle vie à des titres qui existaient déjà sous d’autres formes. D’ailleurs, au souvenir des oranges bleues en piano voix, je ne pensais pas qu’elle deviendrait un jour l’une des plus fortes de ce nouveau répertoire, autant sur disque que sur scène.

Et L’heure des adieux, où il met en scène sa propre mort, reste toujours aussi émouvante avec ce nouvel habillage.

Sur cet album, la section rythmique est efficace et fait la part belle aux basses, aux battements de coeur.
Les synthés, les guitares s’ajoutent aux sonorités pop, à l’esprit rock, et parfois les pianos aériens amènent un souffle de subtilité.

Les choeurs et les saxos sensuels qui, sur le papier, pouvaient sembler kitsch enrichissent des partitions assez osées.
Encore une fois, Kent ne cède pas à la facilité. « La grande illusion » est l’un de ses meilleurs albums et j’insiste volontairement sur « l’un des… » parce que les raccourcis me gonflent, surtout quand ils font l’impasse sur une vingtaine d’années productives balisées de disques audacieux.

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PHOTO, FRANK LORIOU

Un artiste audacieux… Ça lui va bien… aventureux aussi ! Tel un Indiana Jones aux multiples facettes, parfois le prof charmeur et posé, parfois la bête de scène intrépide qui n’a pas peur de mêler provocation, hurlement, sentiments, romances… le fouet en moins, peut-être. La complexité en plus.
Ce nouvel album, c’est un alliage de morceaux surréalistes, de textes universels, de chansons impudiques ou de courts métrages avec par exemple la grande illusion qu’on écoute comme on voit un film…

Et en cadeau de fin (même si je ne suis pas pressée qu’arrive l’heure des adieux): le droit de se vautrer dans la mélancolie…

Car invariablement, après avoir écouté cet album dense et puissant plusieurs fois de suite, j’écoute le coeur en automne en boucle, ma préférée, parce qu’elle rassemble tout ce que j’aime dans ce disque: la voix, l’écho, la modernité et le classicisme, la voix, la construction épique, la voix, le chant de l’âme…

Valérie Bour

Kent sera aussi en concert au Flow (4 port des Invalides  75007 Paris)  le 9 mars puis en tournée, clic sur l’équipage.

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Site officiel : http://kent-artiste.com/

Nilda en Auvergne

6 Fév

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Le Rexy est plein à craquer, complet, les riomois sont venus au rendez-vous, un public de connaisseurs qui n’est pas venu par hasard. Quand les lumières s’éteignent, le silence se fait, on entend des pas feutrés sur la scène, et il apparaît sous les applaudissements . Svelte, cheveux longs qui ont blanchi avec le temps, tout de noir vêtu, écharpe rouge , il a troqué le sempiternel pantalon pattes d’éléphant contre un jean fendu au genou droit, il a la dégaine d’un éternel adolescent !

Et c’est un bonsoir en toute simplicité, suivi d’un long préambule qui fait suite à l’annonce d’unesoirée cinéma Esto es to que hay, en présence de la réalisatrice Léa Rinaldi . Il explique comment le groupe Los Aldeanos , groupe contestataire de Cuba s’est fait récupérer par les anti-castristes, alors qu’ils ne veulent pas nourrir la polémique. Il s’excuse d’être long sur le sujet : Ne vous inquiétez pas, je vais chanter !

photos-nilda-fernandez-riomnbEt il attaque seul, en guitare voix, avec On t’a appris :

On t’a appris à te taire

Au milieu d’une forêt de gens

Qui portent des muselières

Que portaient leurs parents .

Après plusieurs chansons d’un registre intimiste, romantique à la poésie mélancolique, il est rejoint par sa nouvelle équipe de jeunes musiciens, Ze Gang, et les guitares s’allument, la batterie s’affole, l’accordéon s’époumone, entre vague à l’âme et rock’n’roll . En effet, ses nouvelles chansons sont plutôt folk-rock, ou carrément rock, et il enchaîne, mêlant les chansons plus anciennes aux nouvelles, faisant naître les clameurs du public quand il entonne Madrid Madrid ou Nos Fiançailles .

Quelques messages engagés se glissent dans ses chansons, sans être moralistes, la pollution, les manipulations, la condition féminine. Tendre troubadour ou écorché vif, il est toujours authentique, généreux. Chanteur voyageur qui a pris racine et inspiration partout où il est passé, du Québec à New-York, de l’Afrique en Russie, de la Havane à Santiago, Entre Lyon et Barcelone, ou à Venise où il nous invite:

Faut que je t’invite à Venise avant que l’eau l’ait noyée

Tu peux laisser tes valises, on fera tout dans la journée

Je voudrais pas qu’un long séjour nous épuise

Faut que je t’invite à Venise avant que l’eau l’ait noyée

Avant que l’eau des banquises vienne couvrir le monde entier

On ira sur les jetées qui s’enlisent …

 

Il balaye les frontières, toujours ouvert à de nouvelles aventures musicales et humaines. Nilda Fernandez chante en français, en espagnol, sa langue maternelle, ou en anglais, il porte son chant nomade sur tous les chemins, préférant les salles à dimensions humaines aux violents projecteurs .

Après deux heures de chansons, et plusieurs rappels, c’est avec La Gitana , que le public enthousiaste chante avec lui, mucho, mucho, mucho mas , qu’il nous quitte … Nous le retrouverons un moment plus tard, au bar, assailli de bises féminines . Pour conclure, je laisse la parole à Nilda qui a enchanté et réveillé le public auvergnat ce vendredi soir :

L’artiste n’est pas là pour faire rêver mais pour réveiller .

Parce que rêver, c’est dormir.

Et pour quelques images de plus…  Merci à André Hébrard.

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Et pour les dates, oeuvres et toutes ces choses,

on va ici  —->ze-store

Danièle Sala

Sortie d’album « Fragiles, debout »

5 Fév

… de Julie Lagarrigue/Julie et le Vélo qui Pleure.couv-ext-jpeg

 

D’après l’esquisse qu’en avait fait Julie Lagarrigue, auteure-compositrice et interprète du groupe Julie et le Vélo qui Pleure, lors de l’entretien qu’elle nous avait accordé en août ( voir ici ), on imaginait son troisième album à venir beau, très beau. A l’approche de sa sortie officielle, qui sera solennisée le 24 février, à l’occasion d’un concert à Lormont (33), c’est peu dire que « Fragiles, debout », dont l’artiste nous a réservé le privilège de l’écoute, tient et transcende même ses promesses.
Toujours accompagnée des musiciens du Vélo qui Pleure (Anthony Martin, Ziad Ben Youssef, et Frederic Dongey) Julie Lagarrigue, qui, cette fois, sort l’album sous son nom propre, explore plus originalement et consciencieusement encore l’univers d’une chanson française, dont sa voix sobre à l’élégance sans artifice et les instruments traditionnels exilés d’autres cultures des musiciens (oud, bendhir, guitare 7 cordes, cavaquinho et percussions) inventent, au gré des créations, la singularité hétérochrome et lunaire, en se jouant des conformismes.
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Issu de prises live réalisées par Luc Uyttersprot au studio La Tour au château de Montenton (47), traitées et mixées avec subtilité par le guitariste Anthony Martin, et masterisées par Alexis Bardinet à Globe Audio, l’enregistrement recentre palpablement la musique sur un son acoustique, élagué de surcharge instrumentale, sans toutefois s’être appauvri de trop de dépouillement, pour laisser plus d’audibilité à la voix de la chanteuse que ne le faisaient les deux précédents albums ; la compréhension des textes n’en est que mieux mise en valeur. En parlant de voix, si l’on trouvera probablement toujours comme un faux-air de Barbara au timbre de l’interprète, y entendre une tentative d’imitation calculée relèverait de l’erreur grossière : sincérité et naturel s’expriment par ses cordes. Et les cordes d’ailleurs, vocales ou instrumentales, nous embarquent à la traversée d’autres cultures, du Brésil au Moyen Orient, en passant par l’Afrique, auxquelles se frotte et s’enrichit la chanson française. Ce sont autant de parfums exotiques que respire, par exemple, l’air de la chanson « Léon qui gronde», hymne poétique et charnel spécialement composée en hommage à la cuvée « Léon qui gronde » du vigneron Norbert Depaire (Château Courtey), ami de l’artiste qui viendra proposer une dégustation de sa dernière cuvée  lors du concert de sortie de l’album.
En douze chansons sincères et bouleversantes, « Fragiles, debout » visite et renverse, avec poésie, mixité et harmonie, des thèmes universels (« Sombre » sur le destin des réfugiés, la fuite et l’exil, « Transparence » sur l’amour, « Raccrochez-moi » sur la essai-com-de-presse-copienormalité et la difficulté de comprendre l’autre, « Dans mon tambour » sur l’isolement mental), approchés d’un regard sensible, onirique, et toujours original. C’est d’une même cohérence que les musiques aux accents mêlés et les textes de Julie Lagarrigue expriment l’autre, le sens de la différence (domaine familier à l’artiste qui est également art-thérapeute en milieu hospitalier), l’étranger et l’étrange, l’exil et l’accueil, l’échange et le lien, le drame et l’espoir, la gravité, la force et la beauté de la vie. Ils nous redisent, de manière indispensable et généreuse, l’impérieux besoin de rencontres, d’amours, de révoltes, de résistance et d’ouverture d’esprit.

Nous souhaitons bien des dates à la tournée de cet album qui s’amorce, et rappelons, pour ceux qui ne peuvent se rendre à Bordeaux, qu’il est encore possible de pré-commander l’album jusqu’au 17 février, via la page

http://www.leetchi.com/c/projets-de-julie-lagarrigue

 

Miren Funke

Dates de tournée : http://leveloquipleure.fr/agenda/

Liens : site : http://leveloquipleure.fr/

Facebook : https://www.facebook.com/leveloquipleure/?fref=ts

 

Un après-midi d’été avec Pierre Delorme…

4 Fév

delorme-couvCet album, sorti il y a quelques jours, ne devrait pas rester confidentiel. Mais où sont donc les  Foules sentimentales, attirées par les étoiles, de Souchon ? Préfèrent-elles la Star’ac sur leurs petits écrans, ou leurs idoles sur grand écran à Bercy ?
Un après-midi d’été, quatrième album de Pierre Delorme, est un régal pour oreilles délicates, une plume élégante, raffinée, une voix bien posée, sur des airs de guitares qui vibrent de toutes les nuances, au gré des chansons .
Des souvenirs personnels, comme Première nuit :

Nous bavardions dessous la lampe
Et parfois je prenais sa main
A la vitre comme une estampe
La lune allait son chemin …

Ou J’ai dormi dans le lit d’une fée :

J’ai dormi dans le lit d’une fée
Une nuit, je ne saurais pas dire
Les chemins, les hasards du désir
J’ai dormi dans le lit d’une fée …

Souvenirs, ou rêves :

Je te rencontrerai dans un rêve
Je serai endormi sous un arbre
Ou même sur mon lit dans ma chambre
Parmi mes souvenirs en désordre .
Le jour traversera les persiennes…

Ou initiation à l’astronomie, avec une dénicheuse d’étoiles :

Mais l’amour nous rend imbéciles
Comme dans le proverbe chinois
Au lieu de regarder l’étoile
Je n’ai regardé que son doigt …

Mais aussi le triste constat sur un monde toujours à refaire :

Nous qui pensions avoir mis cul par dessus tête les vieilles idées
Avoir jeté aux oubliettes les vieux sermons, les vieux curés
L’avenir nous a fait faux bond, et il faut tout recommencer.
 ( Il faut tout recommencer) .

Ou encore Le grenadier, bouleversante chanson , en hommage au regretté René Troin, un des trois gars de Crapauds et Rossignols, et à son livre La Crau :

En passant près d’un grenadier
J’ai entendu battre le cœur
Des pierres comme a écrit René
J’ai entendu bruisser dans l’air
Des voix d’enfants, des rires clairs
Et le pas lourd des journaliers
Des maçons et des émigrés
Tous ceux là qui allaient à pied
Dans la chaleur de l’été …

On retrouve tout au long des chansons, des références littéraires, musicales, ou picturales comme ici :

C’est long, c’est lourd, c’est triste la vie
C’est pas moi qui l’dit, c’est Louis,
ça manque de points de suspension,
Il faut toujours des précisions .
Nous on voulait voir l’temps qui passe
Avec du flou, des grands espaces
Voir la lumière dans les vitrau
x

Et les grands arbres de Corot. ( Les arbres de Corot) .

Le souvenir d’un luthier de guitare de Lyon :

La guitare d’Alexandre a au moins quarante ans
Et des airs à revendre
Cachés au-dedans.
Les notes que jouaient
Les amis qui passèrent
Jouer de la guitare
Un soir chez Alexandre …

Et dans les références musicales, quand l’horizon est tout gris, on voyage dans le Missouri, avec Pat et Charlie :

Quand par ici, rien ne sourit
Quand le soleil est au tapis
J’écoute jouer Pat et Charlie
Et le p’tit gars du Missouri
On dira ce qu’on veut, la vie
C’est pas toujours joli, joli
Alors j’écoute Pat et Charlie
Et mon horizon s’éclaircit … 

Ou dans les rues de Lyon, où les fantômes familiers reviennent à la mémoire, le temps d’une flânerie, le temps d’un coup de vent …

Ils me tiennent le bras quelque pas en silence
C’est le long d’une rue, sur un quai, n’importe où
Un boulevard, un café, un endroit, une place
Où nous étions venus, où nous sommes passés
Ils posent quelquefois la main sur mon épaule
Je suis seul à les voir, transparents et légers …

Balades ou ballades musicales et poétiques, dans les souvenirs, les rêves, l’amitié, la vie, et puis s’arrêter au bord d’une rivière, comme un pêcheur immobile …

Etre amoureux d’une rivière
D’une chevelure, d’un prénom
Etre amoureux dans la clairière
Aimer pour un oui, pour un non .
Amoureux d’un air de guitare
Comme on aime jouer en rêvant …

On peut être amoureux souvent et même de bien des choses. Le ver de terre l’est bien d’une étoile, alors …  C’est Pierre Delorme qui le dit , et moi je dis que je suis amoureuse des chansons de Pierre Delorme , que cet album est un grand cru , à savourer sans modération, et tant pis pour ceux qui passeront à côté !
On peut se procurer l’album, Un après-midi d’été, à cette adresse :

Pierre Delorme, 39 rue Paul Verlaine, 69100 Villeurbanne .

Pour en savoir plus sur Pierre Delorme, son site :  http://pierredelorme.free.fr/

Et pour quelques notes de guitare de plus….

Pierre Delorme est un très fin guitariste, pas besoin d'avoir une oreille particulièrement sensible aux cordes pour s'en rendre compte. Il est de ces musiciens qui font l'amour à leurs instruments, c'est une raison de plus d'avoir cet album... Voici quelques lignes et un lien qui intéresseront tous les musiciens... Il ne m’a jamais paru nécessaire de trop arranger les chansons, je n’aime pas les arrangements trop pleins où le silence n’a plus de place, j’aime bien qu’on entende encore le silence autour des instruments, que les sons ne soient pas trop abstraits, qu’on sente la présence de quelqu’un en train de jouer. Ça n’est possible qu’avec peu d’instruments à la fois. http://www.crapaudsetrossignols.fr/2014/01/09/oh-la-guitare-3/

Pierre Delorme est un très fin guitariste, pas besoin d’avoir une oreille particulièrement sensible aux cordes pour s’en rendre compte. Il est de ces musiciens qui font l’amour à leurs instruments, c’est une raison de plus d’avoir cet album… Voici quelques lignes et un lien qui intéresseront tous les musiciens…  (NG)
Il ne m’a jamais paru nécessaire de trop arranger les chansons, je n’aime pas les arrangements trop pleins où le silence n’a plus de place, j’aime bien qu’on entende encore le silence autour des instruments, que les sons ne soient pas trop abstraits, qu’on sente la présence de quelqu’un en train de jouer. Ça n’est possible qu’avec peu d’instruments à la fois. (Pierre Delorme)
http://www.crapaudsetrossignols.fr/2014/01/09/oh-la-guitare-3/

 

Danièle Sala

 

Cinéma et chanson française…

3 Fév

Histoires de …

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C’est du cinéma avec de vrais morceaux de chanson française dedans. Pour la première projection publique le 1 er février ( au Cinéma Luminor) voici dans l’ordre de passage,Vincent Delerm, Elise Caron, Rodolphe Burger et Izia. Le principe est de confier à chaque réalisateur le tournage d’un film de 20 à 30 mn environ, en deux jours.

Premières impressions, les 4 films sont tous assez différents dans le fond et la forme.

Vincent Delerm est le seul à aborder l’aspect création chanson, avec des réflexions fines sur la façon dont ses mots-images impliquent le public dans son art de balladin, on est dans l’intime de la création.

Avec Elise Caron et Rodolphe Burger, on tourne autour de l’univers quotidien qui nourrit cette création, illustration ou décor de vie..

Avec Izia c’est un court métrage western, une fiction qui montre un spectacle façon Sergio Léone /Morricone, une chanteuse dans un saloon bien crade and the show must go on.

Si ce bla-bla ne vous éclaire pas suffisamment sur ces productions, c’est normal, et fait exprès, le cinéma c’est fait pour être regardé, et c’est ici qu’on vous attend. Bonnes séances. Clap  sur la bobine et ça tourne…

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Norbert Gabriel

Fin de partie

1 Fév
Chanter, chanter des fois ça m´fout l´cafard … disait Leprest.

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Chanteur ?  Il y a pire, faire le plumitif chansonnesque…  Si on est un peu lucide, c’est la déprime assurée. A moins de faire le thuriféraire de Kendji Girac,  de M. Pokora, des fesses de Rihana, ou du dernier produit du showbiznesse, si on a l’idée farfelue de s’intéresser à la « jeune chanson francophone » par les temps qui courent, on va tout droit dans les tréfonds de l’underground, où gîtent quelques chapelles se confortant souvent dans un entre-soi limite sectaire. Ensuite, il y a les supports éventuels de nos prurits de plumiteux en quête de tribune. Etant donné la situation de la presse en général, et celle sinistrée de la presse chanson, il reste l’illusion des blogs, ça mange pas de pain, c’est gratuit, et c’est lu par personne, à part quelques utopistes qui croient encore à une quelconque utilité de ces BOCM, (Bulletins Officiels de la Chanson en Marge*…) Soyons lucide, ça sert à faire reluire l’ego des artistes si la chronique est bonne, ça remplit les dossiers des attachés de presse, ça fait gonfler le jabot des chroniqueurs qui ont poussé leur cri, c’est bien ! Mais un grand cri enthousiaste dans un grand désert silencieux, ça ne génère au mieux qu’un ou deux échos, ceux de l’heureux louangé et de sa famille, c’est déjà ça, mais c’est quand même très facultatif en terme de communication utile, et faire connaître l’artiste en question.

Récemment, je lisais une litanie de regrets suite à un site disparu depuis le décès de son créateur… Bien qu’utile par ses infos, ce site affichait un nombre de visites ridicule par rapport au travail et aux contenus… Un exemple ? Vous vous réconfortez d’avoir un million de visites sur votre site que vous alimentez depuis 10 ans… OK ! Si vous avez l’imprudence de faire un simple calcul arithmétique, vous constatez que ça fait dans 275 visiteurs par jour, donc moins de 3 (abonnés?) par département. Et là, ça vous défrise illico l’autosatisfaction. Et encore, dans les 275, il doit bien y avoir un pourcentage non négligeable de robots qui indexent, et qui passent un dixième de seconde sur l’article de 1500 signes que vous avez mis un après midi à peaufiner, à relire, et faire relire. Et là, ça ne donne qu’une envie, faire de la tapisserie, ou mieux de la pâtisserie, vous aurez peut-être une chance d’avoir des « clients » dont la gourmandise vous rassurera… Le temps de finir la tarte. Ou la bouteille, car ça peut conduire aussi aux consolations vineuses. Quand j’ai lu, je bois double?  (Merci Allain..)

good-byeBonne route quand même à tous ces funambules de la ritournelle qui continuent à flotter dans les remous sans couler dans les grands fonds. Moi, j’arrête.

Chanter ? À perdre la raison, peut-être… Heureusement que ce n’est pas raisonnable; si une certaine chanson continuera à courir les rues en fille libre, elle risque d’y croiser souvent celles qui sont encartées par les proxos du show, et les marchands qui la bradent aux petits écrans. Et dans ces foires commerciales, le folliculaire est réduit à bricoler quelques libelles qui s’envolent au premier courant d’air, mais tout n’est pas si noir, tous ces supports virtuels si peu utiles qu’on lit virtuellement, ou pas,  ont une qualité, ils ne concourent pas à la déforestation de nos sous-bois ou de l’Amazonie. On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

D’ailleurs, dans ce marasme universel, il y a parfois des apparitions quasi miraculeuses, comme la revue dite « Hexagone le Mook  » une vraie belle revue riche et luxueuse, qui fera date, et qui, espérons-le, vivra plus longtemps que le temps d’une chanson. Pour ça, lecteurs résistants de tous les pays, soyez cohérents, abonnez-vous…  Que ce ne soit pas un rêve éphémère.

Et pour finir, en chanson, en voilà une qui s’impose…

Norbert Gabriel

*BOCM: marque déposée par un célèbre activiste de la CFQ qui se reconnaîtra peut-être..

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