Prim’Dufs 16 février 2017

26 Fév

tribal-musette-couvLes Primitifs du Futur

Définir en quelques mots cette tribu unique en son genre est un exercice intéressant, mais assez complexe. Pourrait-on dire que c’est un cocktail à base de swing-musette auquel s’ajoutent quelques épices délicatement choisis dans les musiques américaines, celles de Belleville ou de Bastille, ou des îles Ukulélé, quand l’accordéon chante avec un oud ou une mandole, un violon et un bandonéon, des guitares manouches, vibraphone et harmonica, des cuivres et des drums, un banjo et une flûte traversière, une cabrette d’Auvergne et une sorte de harpe japonaise -koto- faisant chorus avec le thérémine, des voix et des choeurs, du scat et de la valse, du xylophone et une contrebasse… j’ai oublié personne ?

Faire court avec cette bande qui fluctue de 10/11 en formation réduite scène, et 52 sur album n’est pas chose aisée.En deux mots et un dessin, disons Tribal musette, c’est l’option qui résume le mieux leurs musiques d’un monde où les frontières tombent devant les notes de guitare et l’accordéon voyageur. Musiques populaires au sens le plus riche.

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Photos©NGabriel2017

L’alchimiste de cette fantasia musicale est un homme plutôt discret, deus ex machina qui conduit sa compagnie avec souplesse et bienveillance. Une tribu qui se retrouve toujours avec une joie partagée, contagieuse, et un public heureux.

Au fil de temps Dominique Cravic s’est installé naturellement dans la scène du spectacle vivant musical le plus éclectique, avec une curiosité et un goût de la découverte en parfaite adéquation avec le goût de vivre de Pierre Barouh.  L’un comme l’autre ont fait de leur vie un art de rencontres, les plus inattendues parfois, mais toujours créatives. On peut y croiser les ombres amicales de Didier Roussin de Gus et Tony, Viseur et Murena, Duprat et Crumb, présences réelles ou virtuelles, avec Cordes et Lames… il a rêvé d’une communauté ouverte et chaleureuse de baladins polyvalents, et il l’a faite… Fête de retrouvailles entre amis de plus de … (30 ans ? 40?) comme le jeudi 16 février dans un Studio de l’Ermitage sold out et plein à craquer c’est vraiment le cas de le dire… Les Prim’Dufs, ça va ça vient, ça revient parfois tous les 10 ans, Tribal Musette étant de 2008, peut-on attendre quelque chose en 2018 ?

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Miéko Miyazaki

Et privilège du spectacle vivant, un inédit, un blues « japonais » qui permet de mieux découvrir cette très fine musicienne et son koto, entre poésie musicale et swing tonique.

Tribal musette comme Cocktail d’amour&Blues story, on peut les écouter et les récouter régulièrement, chaque fois on découvre quelque chose, 3 p’tites notes que le 52 ème musicien a glissées entre un solo de violon-Mathilde, un riff de ukulélé-rock, comme si l’album se régénérait chaque fois. C’est ça l’alchimie Cravic… Vivement 2018, on n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

Sur scène, il y avait, dans un ordre aléatoire, de gauche à droite, en commençant par les filles, Mathilde Febrer, Claire Elzière, Miéko Miyazaki, Fay Lovsky, et les garçons, Bertrand Auger, Daniel Huck, Jean-Michel Davis, Jean-Philippe Viret, Daniel Colin, et Dominique Cravic, Hervé Legeay et Max Robin, Khireddine Medjoubi, Mohammed Baazi et  Michel Esbelin…

Et dans la suite qui assure les intendances, Nina-Loup, « Pépette Luter », et même Daniel Richard…

Dans cette soirée extraordinaire, le spectateur ébloui n’est pas au mieux pour faire des photos, mais néanmoins, on peut avoir quelques images d’ambiance… 

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Bis a dit la foule enthousiaste…  Bon d’accord.

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Norbert Gabriel

On peut aller chez Frémeaux pour trouver de belles choses, ouvrez le catalogue,

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Et ici pour Tribal Musette, ouvrez l’album,

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2 Réponses vers “Prim’Dufs 16 février 2017”

  1. pépète Luter mars 1, 2017 à 18 h 28 min #

    bravo, super soirée et super article, merci MOsieur NOrbert

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  2. leblogdudoigtdansloeil mars 10, 2017 à 0 h 07 min #

    Transmis par Claire Elzière…

    Sur le site de Jazz Hot prenez le temps de lire le très bel article écrit par Mathieu Perez suite au concert de Dominique Cravic et les Primitifs du Futur au Studio de l’Ermitage à Paris en février 2017.
    Les Primitifs du Futur © Mathieu Perez
    C’est, sans aucun doute, l’un des plus beaux événements de l’hiver: la reformation exceptionnelle des Primitifs du Futur. Et exceptionnelle également fut cette soirée du 16 février au Studio de l’Ermitage. Ces derniers temps, ils se font rares. Certains ont pu les voir (en sextet) au Duc des Lombards en 2012, ou en 2014 aux Nuits de Nacre, à Tulle, et au Bluegrassfestival, à Rotterdam. Du coup, les retrouvailles n’en étaient que plus chaleureuses (une tournée est en préparation au Canada et aux Etats-Unis).
    Autour du guitariste-chanteur-compositeur-arrangeur Dominique Cravic, ils étaient huit sur scène : Claire Elzière (voc), Daniel Huck (voc, as), Bertrand Auger (ts, ss, cl), Daniel Colin (acc), Jean-Michel Davis (vib, dm), Jean-Philippe Viret (b), Mathilde Febrer (vln), Fay Lovsky (voc, uku, thrm, scie musicale). Sans oublier les invités! Ils étaient nombreux pour nous offrir un concert plein de grâce, de beauté, d’humour, d’émotion.
    «World Musette», «Tribal Musette», les titres de leurs disques (aux pochettes splendides de Robert Crumb) annoncent la couleur: du musette, du swing, de la chanson française, de la fantaisie, de la nostalgie, des parfums exotiques, et des histoires. Cet orchestre remarquable nous raconte avant tout de belles histoires. Dans la «Java viennoise», Claire Elzière nous chante les aventures de la fille de Freud, qui a le béguin pour un certain Louis le Gambilleur. Puis, direction Cuba avec «Kid Chocolat», le champion du monde de boxe poids plumes dans les années 1930, et puis «Chanson pour Louise Brooks». Avant de repartir pour la Chine avec la «Valse chinoise», et le quartier de Barbès avec «La Femme panthère et l’homme sandwich», Daniel Huck et Fay Lovsky nous offrent un blues plein d’humour. Du scat à la chanson française, de l’ukulélé à la scie musicale et au thérémine, du 18e arrondissement de Paris à l’autre bout du monde, l’imagerie ne pourrait être plus poétique. Chez les Primitifs du Futur, tout est poétique, tout est original, tout est subtil.
    Dans la seconde partie de la soirée, place aux chansons à textes ciselées. En ouverture, la valse hawaïenne «J’écoute la guitare», chantée en 1932 par Jean Lumière, suivie de la superbe chanson «Ton manteau gris» (Cravic, Paringaux). Histoires d’amitié aussi. Les invités se succèdent, chacun avec un instrument qui ajoute une saveur supplémentaire à l’orchestre, et une étrangeté aussi. Voilà les guitaristes Hervé Legeay et Max Robin pour «La bicyclette» en hommage au grand Pierre Barouh, qui s’est éteint le 28 décembre 2016. Evocation aussi du génial Allain Leprest, avec «Marabout Tabou», dont Dominique Cravic et Claire Elzière défendent le répertoire (et lui ont consacré le disque Claire Elzière chante Allain Leprest, Saravah, 2014, un vrai bijou). La Japonaise Mieko Miyazaki, vêtue d’une tenue traditionnelle, monte sur scène. Elle installe son koto, une sorte de longue cithare posée à plat, et nous joue un blues! L’effet est épastrouillant. Et ce n’est pas fini! Voilà les musiciens algériens Mohamed El Yazid Baazi (oud) – grand défenseur de la musique chaâbi – et Khireddine Medjoubi (darbouka). L’orchestre nous joue alors une «Valse orientale» et «C’est la Goutte d’Or qui fait déborder la valse». Un plaisir! Le dernier thème de cette magnifique soirée est peut-être l’un des plus nostalgiques des Primitifs du Futur (d’autant plus qu’il est dédié à Dédé Roussin): le «Dernier musette» avec, en ouverture, Daniel Colin à l’accordéon puis Michel Esbelin à la cabrette, la cornemuse auvergnate. En rappel, «Passez la monnaie» (la version française de «We’re in the Money», chantée dans le film Gold Diggers of 1933 de Mervyn LeRoy). Un signe envoyé par le pince-sans-rire Dominique Cravic aux programmateurs de clubs et de festivals qui seraient bien inspirés de donner à cet orchestre la place qu’il mérite? MP

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